Monter un groupe de rock peut sembler facile. On a besoin d’un guitariste, d’un chanteur, d’un bassiste et d’un batteur. Mais au-delà de la simple composition du groupe, il faut quelque chose de plus pour que ça fonctionne : il faut une cohésion interne entre les membres, il faut une âme. Et si on créait un groupe rock avec des livres, lesquels feraient les meilleurs membres? Voici ma réponse!

Pour commencer, le chanteur. C’est lui qui constitue la vitrine du groupe, la partie visible de l’iceberg, en quelque sorte. Vous avez besoin de quelqu’un qui a un charisme énorme et qui est capable de donner le meilleur spectacle de sa vie, soir après soir. Et pour les besoins de cet article, nous lui confierons également le rôle de guitariste. Pour remplir ce poste, j’ai choisi Life, la biographie de Keith Richards, guitariste et membre fondateur des Rolling Stones.

Elle frappe comme une tonne de brique, tout en nous offrant un regard étonnamment intime sur la vie de l’un des « rockers » les plus médiatisés de la planète. En fait, Life est plus qu’une simple biographie de Richards, c’est une véritable incursion dans le monde du rock des sept dernières décennies, le tout raconté avec une plume inimitable. En fait, le premier constat que l’on fait en terminant sa lecture, c’est de s’étonner qu’il soit encore en vie aujourd’hui pour raconter son parcours pour le moins tumultueux. Il se livre avec une candeur et une honnêteté rafraîchissante, que ce soit au sujet de la composition des plus grands succès des Stones, ou encore sur sa relation de plus en plus conflictuelle avec Mick Jagger.

 

 

Vient ensuite le bassiste. Il représente, à mes yeux, l’essence même du rock. C’est lui qui donne la ligne rythmique aux chansons, celui qui fait vibrer les stades et les salles de spectacle (ou tout simplement votre voiture!). Il faut donc que notre candidat ait un style dur, agressif, capable de prendre aux tripes. Et pour ce rôle, rien ne vaut Le cimetière du diable, d’Anonyme. Troisième tome des aventures du Bourbon Kid, ce roman met en scène le concours « Back from the Dead » (littéralement : « De retour des morts ») qui cherche à couronner le meilleur sosie d’un musicien décédé. Évidemment, puisqu’il est question du Bourbon Kid, les choses ne sont pas aussi simples. Il est donc question d’un contrat pour vendre son âme au Diable, de concurrents transformés en zombies, de quiproquos entre tueurs à gages et de références musicales à tout casser. Entre une Janis Joplin atteinte du syndrome de La Tourette, un Elvis Presley aux talents de tueur impressionnants et un sosie de Michael Jackson qui semble cacher quelque chose, le lecteur n’a qu’à bien se tenir!

 

 

 

Il ne nous reste maintenant que le batteur. C’est le membre du groupe qui agit dans l’ombre, celui dont on oublie le plus souvent le nom. Pourtant, il s’agit aussi du musicien le plus versatile, qui doit autant être en mesure d’effectuer un solo de cinq minutes que d’accompagner les plus belles power ballads. Le batteur doit jouer avec finesse et précision, mais avec beaucoup de puissance, afin de se faire entendre par-dessus les autres instruments. Pour ce rôle ingrat, mais essentiel, j’ai pensé à Beck, une série manga en 34 tomes qui relate (justement!) la formation d’un groupe rock japonais, et ce, de la rencontre entre les différents membres à leur percée internationale. L’intérêt de ce manga se situe à la fois dans les innombrables références et clins d’œil à la musique rock, mais aussi, et surtout, dans les rapports humains entre les membres du groupe, qui arriveront à rester soudés, malgré la pression sans cesse grandissante du star-système japonais et international. Avec l’amitié et l’amour de la musique comme thèmes centraux, Beck est assuré de trouver une place de choix dans votre bibliothèque.

 

 

 

En terminant, est-ce que quelqu’un aurait une idée pour un nom de groupe? Parce que moi, franchement, je sèche!

 

Cet article est paru initialement dans le numéro 85 de la revue Les libraires