Objet : un questionnaire d’auteur, quelque part entre ceux de Proust et de Pivot. Contenu : une quarantaine de questions, générales ou indiscrètes. Consigne : choisissez-en une dizaine, celles qui vous interpellent. Notre invité bande dessinée pour décembre : Réal Godbout.

Enfant, que lisiez-vous ?

Des BD, surtout franco-belges (journal Tintin, journal Spirou), un peu de comic books ; des romans en tous genres, surtout d’aventure (Bob Morane, etc.).

Quel genre de lecteur êtes-vous ?

Éclectique, boulimique, mais irrégulier : quand je commence à lire, je dévore, mais je peux aussi passer de longues périodes sans livre.

Quel qualificatif décrirait votre bibliothèque personnelle?

Très variée, beaucoup de fiction, mais aussi une portion « encyclopédique ». Les images y prennent une place au moins aussi importante que les textes.

Comment êtes-vous devenu auteur ?

J’ai toujours eu un intérêt à la fois pour l’écriture et pour le dessin, sauf à l’adolescence, où j’ai un peu délaissé le dessin (dessin et adolescence étant deux choses incompatibles). Jeune adulte, j’ai pensé combiner ce deux intérêts pour devenir auteur de BD.

Avez-vous un lieu privilégié pour créer ?

Mon atelier, lieu bordélique et poussiéreux, mais rempli de signes et de souvenirs. J’ai déménagé plusieurs fois au cours de ma vie, mais, depuis quarante ans, j’ai toujours la même table à dessin, qui me sert aussi de bureau et de quartier général.

Quelle est l’importance de la documentation dans vos images ?

Considérable. De provenances diverses : livres, magazines, mais surtout Internet. Cependant, je ne copie jamais une image telle quelle dans une BD ou une illustration. J’interprète, je recompose, je réinvente.

Quelles sont vos principales influences ?

En bande dessinée, Hergé et Crumb. Et quelques autres. J’ai aussi des influences en littérature, en peinture, en illustration, en cinéma, mais ce serait trop long à énumérer.

 Couverture de l'édition intégrale des aventures de Michel Risque (à paraître)

Comment est né votre premier livre ?

Auteur de BD, je collaborais au magazine Croc depuis le début. L’idée de faire un recueil à partir des pages de la série Michel Risque, publiée en feuilleton dans le magazine, est venue tout naturellement.

Avez-vous des projets en cours ?

Je travaille depuis cinq ans à l’adaptation en BD du roman de Kafka L’Amérique. Le livre devrait compter environ 160 pages et il est complété aux trois quarts.

Qu’est-ce qui vous contrarie ?

Les problèmes d’ordre pratique. Ils ne font pas que me contrarier, ils me démoralisent, beaucoup plus que les grandes questions existentielles. J’étais autrefois un enfant rêveur et distrait, toujours dans la lune. J’ai dû lutter contre ma nature profonde pour devenir un adulte à peu près responsable et fonctionnel.

Merci, Réal Godbout !

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L’Amérique ou Le Disparu, le blogue de l’auteur