Objet : un questionnaire d’auteur, quelque part entre ceux de Proust et de Pivot. Contenu : une quarantaine de questions, générales ou indiscrètes. Consigne : choisissez-en une dizaine, celles qui vous interpellent. Notre invité bande dessinée pour octobre : Louis Rémillard.

Enfant, que lisiez-vous ?

Des bandes dessinées, bien sûr ! Les classiques européens : Tintin, Astérix, Les Schtroumpfs, etc. Les super héros américains également. Plus tard, j’ai dérivé vers la bd underground.

Comment êtes-vous devenu auteur ?

C’est en feuilletant une bande dessinée, dans la salle d’attente d’un dentiste, que la révélation m’est apparue. Je me suis dit que si on publiait des trucs aussi médiocres, je pouvais sûrement faire mieux. Depuis, c’est ce que j’essaie de faire.

Extrait de Voyage en zone d’exploitation

Comment vous exprimeriez-vous, si vous n’étiez pas auteur ?

Par l’image, c’est mon créneau de prédilection.

Pour vous, qu’est-ce que la création ?

L’art d’être vivant.

Avez-vous un lieu privilégié pour créer ?

Partout. Ma base opérationnelle est chez moi dans l’espace consacré au travail où se combine la table à dessin et le matériel informatique. Mais j’ai l’habitude de trimbaler mon carnet à dessin presque partout où je vais. Je profite de la caractéristique matérielle minimale que requiert ce médium pour dessiner n’importe où, n’importe quand.

Extrait de Down on the Petawawa

Quelle est l’importance de la documentation dans vos images ?

Essentielle. C’est plus facile de rendre l’illusion du réel par le dessin quand on connaît visuellement ce qu’on veut illustrer. Par la suite, on peut interpréter au gré de sa fantaisie.

Votre œuvre est-elle marquée par un thème récurrent ?

J’ai fait beaucoup de bd inspirée de personnages réels aux particularités qui dépassent bien souvent la fiction. Par cette thématique, j’illustre nos petits travers avec un regard ironique sur la condition humaine. Plus récemment, le road story est le genre de récit que je privilégie.

Quelles sont vos principales influences ?

La vie.

Dessin d’expédition de l’auteur.

Comment est né votre premier livre ?

Par l’intérêt d’un éditeur à le publier. Cet album est une compilation des aventures de Rock et Rolland, scénarisé par mon cousin Denis Rémillard. Ces épisodes avaient étés prépubliés dans le défunt fanzine Bambou.

Quel regard posez-vous aujourd’hui sur vos premiers livres ?

Critique et amusé.

Extrait de Patates Tremblay.

Avez-vous des projets en cours ?

Une fiction historique intitulé Le retour de l’Iroquois. Ce récit sera un roman graphique basé sur des faits historiques qui se sont déroulés au Québec et dans l’état de New York à l’époque de la Nouvelle France. Une approche nouvelle dans ma démarche artistique, mais en continuité avec mes deux précédents ouvrages : un road story dans lequel le voyage compte plus que la destination. Ce projet relate le voyage d’un Iroquois prisonnier des Français et libéré par ceux-ci afin de proposer une paix avec son peuple. Ce parcours fera vivre au lecteur le quotidien du personnage, mais aussi ses pensées et souvenirs qu’il ne manquera pas d’avoir tout au long de son périple solitaire au sein de l’Amérique du nord du XVIIe siècle.

D’autres projets embryonnaires gravitent dans ma cervelle, mais sans trop de conséquences concrètes pour le moment. Je priorise l’Iroquois, dans lequel il me reste énormément de travail à faire et qui n’avance pas assez vite à mon goût.

Qu’est-ce qui vous fait sourire ?

La beauté humaine.

Qu’est-ce qui vous contrarie ?

La bêtise humaine.

 

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Bibliographie sélective

 

Down on the Petawawa, Premières lignes, coll. « Carte blanche », 69 p. 9782923326269
Voyage en zone d’exploitation, Les 400 coups, coll. « Zone convective », 53 p., 9782922103311
Patates Tremblay, L’aleph, 32 p.  9782980441059

 

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