Objet : un questionnaire d’auteur, quelque part entre ceux de Proust et de Pivot. Contenu : une quarantaine de questions, générales ou indiscrètes. Consigne : choisissez-en une dizaine, celles qui vous interpellent.

 Notre invité bande dessinée pour mai : Guillaume Bianco.

Comment êtes-vous devenu lecteur ?

En apprenant l’alphabet à l’école élémentaire.

Enfant, que lisiez-vous ?

Un magazine français qui sortait chaque semaine : Pif Gadget. Et aussi les Hara Kiri, journal satirique de mon père, avec les dessins de Reiser, Cabu, etc.

Quel genre de lecteur êtes-vous ?

Je suis un lecteur laborieux. Fainéant. Je ne fais pas d’efforts. Et refuse d’en faire. Il faut que l’auteur me séduise, m’entraine dans son récit en me tenant par la main.

Quel qualificatif décrirait votre bibliothèque personnelle ?

Absurde.

Quel est le premier livre que vous vous souvenez vous être procuré ?

L’île au trésor de Robert Louis Stevenson.

Quel est le dernier livre que vous avez lu ?

Lastman de Bastien Vivès.

Avez-vous un plaisir de lecture coupable ?

La bande dessinée érotique porno gay.

Quelle a été votre plus belle rencontre littéraire (avec un livre, un auteur, un lecteur ou autre) ?

Il y en a tant. Je ne saurais en choisir une en particulier. Mark Twain peut-être… Ou Henri Charrière avec Papillon… Ou Claude Tillier avec Mon Oncle Benjamin… Pour la BD, dernièrement Yotsuba, un manga génial, une ode à l’enfance.

Comment êtes-vous devenu auteur ?

En racontant des histoires que j’avais dans la tête, par le biais du dessin.

Pourquoi êtes-vous auteur ?

Je ne savais pas quoi faire d’autre. Et puis, c’est l’un des rares métiers qui ne demande pas une formation particulière et qui permet de se coucher et de se lever à l’heure que l’on veut.

Comment vous exprimeriez-vous, si vous n’étiez pas auteur ?

De la même manière que je m’exprime avec autrui lorsque je ne dessine pas. J’aurais aimé avoir un groupe de musique, un bar ou un restaurant à moi, faire du théâtre de marionnette… Ou enseigner quelque chose aux enfants… Genre prof de sport ou je ne sais quoi.

Pour vous, qu’est-ce que la création ?

Du recyclage de ce que l’on perçoit, et qui est régit par nos névroses.

Quels objets, livres ou pièces musicales vous accompagnent en période de création ?

Rien. Ou alors la radio. Les interviews sur France Inter…

Avez-vous un lieu privilégié pour créer ?

Je ne crée pas. Je recycle. Sur un bout de table devant mon ordi. Les idées me viennent sous la douche…  Sans trop que je sache comment ni pourquoi.

 Comment choisissez-vous votre style de dessin ?

On ne le choisit pas. On apprend à l’accepter. Et c’est bien plus difficile.

Quelle est l’importance de la documentation dans vos images ?

Elle est proche du néant. Je déteste me documenter. Ça m’ennuie. J’ai l’impression de perdre mon temps. C’est l’un de mes défauts majeurs d’ailleurs… Ça me perdra certainement, mais l’idée de me documenter pour dessiner un truc me donne envie de changer de métier et d’aller travailler sur un chantier de sidérurgie.

Votre œuvre est-elle marquée par un thème récurrent ?

Ce serait à vous de me le dire… Je lis très rarement mes propres  livres. On me dit que j’ai un peu un humour noir et « décalé » (je ne sais pas ce que cela veut dire). Et que je parle souvent du thème de l’enfance.

Quelles sont vos principales influences ?

Georges Brassens, Jim Henson, les Beatles, Jim Morrison, Han Solo et Crocodile Dundee, qui est le mec le plus cool de la terre…

Quel auteur appréciez-vous pour sa démarche créatrice ?

J’aime l’illustrateur Quentin Blake, car il dessine comme un enfant.

Quel est votre souvenir le plus vif lié à la création ?

La première fois que j’ai vu l’une de mes histoires publiée… Cela m’a fait très bizarre… Cela ne m’appartenait plus… Elle était au lecteur. Je n’ai jamais plus éprouvé cette sensation.

Comment est né votre premier livre ?

Un peu par accident, dans la douleur. J’ai fais mes armes en alimentant les pages d’un journal de BD. Lorsqu’il y en a eu assez, l’éditeur a « mis du carton autour » comme il disait… Et j’avais mon premier livre… Pas très bien foutu, mais c’était le mien.

Quel regard posez-vous aujourd’hui sur vos premiers livres ?

Beaucoup de tendresse. J’ai beaucoup de mal à les ouvrir… Je me revois plus jeune, avec mes peurs, mes doutes et mes espoirs.

Laquelle de vos œuvres affectionnez-vous particulièrement ?

Je ne saurais choisir. Et vous ? Vous préférez votre père ou votre mère ?

Quelle importance accordez-vous à l’aspect matériel de vos livres ?

Je ne comprends pas cette très étrange question.

Y a-t-il un de vos livres que vous recommenceriez ? Pourquoi ?

Non. Je suis bien trop fainéant. Il faut aller de l’avant… Sinon on ne publierait jamais de livre à force de vouloir en réécrire les pages.

Avez-vous des projets en cours ?

Oui. Plein. Trop. Beaucoup.

Quel personnage de fiction aimeriez-vous rencontrer ? Et que lui diriez-vous ?

Euh… Mais enfin. Qu’est ce que c’est que cette question ? Je crois que je demanderais au Grand Schtroumpf : « Pourquoi les Schtroumpfs disent-ils tous schtroumpf  ? »

Pour quel dessinateur aimeriez-vous écrire un scénario ?

Je ne me suis jamais posé cette question. J’aime m’amuser avec des copains… Je ne fantasme pas particulièrement sur la mise en image de l’un de mes scénarii par un type en particulier.

De quel scénariste aimeriez-vous dessiner le livre ?

De l’un de mes copains. Jean-Luc Deglin, (Crapule chez Spirou), Julien Neel (Lou ! ), Lewis Trondheim… (Ah! Lui ça y est, je dessine déjà des strips de Zizi Chauve-souris).

Qu’est-ce qui vous fait sourire ?

Vos questions étranges.

Qu’est-ce qui vous contrarie ?

De devoir m’occuper de ma comptabilité.

Qu’est-ce qui vous préoccupe au quotidien ?

De ne plus savoir où j’ai rangé mes papiers pour faire ma déclaration d’impôts.

Y a-t-il une cause qui vous tient à cœur ?

Des causes écologiques.

Que rêviez-vous de faire, enfant ?

Han Solo.

Outre la bande dessinée, quelle forme d’expression vous intéresse ?

Le chant.

Quel est d’après vous l’avenir de la langue française ?

Quoi ???? Mais qu’est ce que vous racontez ? Vos questions sont génialement bizarres !!! Ahhahaha ! L’avenir d’une langue est d’évoluer, comme toutes choses vivantes… Je ne sais pas comment elle évoluera. Et à vrai dire je m’en fous un peu. J’aime les beaux mots, les jolies phrases et la poésie, mais seules l’intention et l’intensité d’une parole comptent…

Quel est d’après vous l’avenir du livre et de l’imprimé ?

Le livre est l’objet le plus moderne qui soit. Pas besoin de batterie pour le lire , on peut le faire tomber dans l’eau, une fois sec, il fonctionne encore, et si votre lave-linge branle, on peut même s’en servir comme cale sans le détériorer. Ce qui n’est pas le cas d’un appareil électronique. Donc je pense que le livre a encore de beaux jours devant lui.

Y a-t-il une citation qui vous interpelle ?

« Si l’on m’ôtait tout ce que les autres m’ont donné, je serais bien peu de choses. » -Georges Brassens

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Le blogue de l’auteur : guillaumebianco.blogspot.ca

 

Bibliographie sélective
 
Eco T.3 : La princesse des nuages, Jérémie Almanza et Guillaume Bianco, 2013, Soleil, coll. « Métamorphose », 80 p., 9782302025417 (À paraître en juin 2013)
Eco T.2 : La bête sans visage, Jérémie Almanza et Guillaume Bianco, 2011, Soleil, coll. « Métamorphose », 80 p., 9782302015654*
Zizi chauve-souris T.1 : Cheveux rester, Guillaume Bianco et Lewis Trondheim, 2012, Dupuis, 48 p., 9782800153377*
Billy Brouillard T.3 : Le chant des sirènes, Guillaume Bianco, 2012, Soleil, coll. « Métamorphose », 128 p., 9782302024502*
Billy Brouillard T.2 : Le petit garçon qui ne croyait plus au Père Noël, Guillaume Bianco, 2010, Soleil, coll. « Métamorphose », 104 p., 9782302013865*
Billy Brouillard T.1 : Le don de trouble vue, Guillaume Bianco, 2008, Soleil, coll. « Métamorphose », 140 p., 9782302003903*
Ernest & Rebecca T.4 : Le pays des cailloux qui marchent, Antonello Dalena et Guillaume Bianco, 2012, Le Lombard, 46 p., 9782803628261*
Ernest & Rebecca T.3 : Pépé bestiole, Antonello Dalena et Guillaume Bianco, 2010, Le Lombard, 46 p., 9782803626335*

 

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