Objet : un questionnaire d’auteur, quelque part entre ceux de Proust et de Pivot. Contenu : une quarantaine de questions, générales ou indiscrètes. Consigne : choisissez-en une dizaine, celles qui vous interpellent. Nos invités bande dessinée pour septembre : Florent Ruppert et Jérôme Mulot.

Comment êtes-vous devenu lecteur ?

Ma mère est bibliothécaire. La mère de Jérôme Mulot aussi d’ailleurs.

Enfant, que lisiez-vous ?

Des BDs… enfin toutes les BDs de la bibliothèque devrais-je dire. Toutes sans exception.

Quel est le premier livre que vous vous souvenez vous être procuré ?

Astérix et Obélix.

Avez-vous un plaisir de lecture coupable ?

La masturbation.

Quelle a été votre plus belle rencontre littéraire (avec un livre, un auteur, un lecteur ou autre) ?

La rencontre avec Jérôme Mulot, qui allait marquer toute ma vie d’auteur.

Pourquoi êtes-vous auteur ?

Pour ne pas avoir de patron et pour pouvoir travailler dans les hôtels et les transports en commun, pour impressionner les gens, pour être invité dans les festivals, pour faire quelque chose de productif de mes idées, de mes perversions et de mes fantasmes .

Comment vous exprimeriez-vous, si vous n’étiez pas auteur ?

En torturant des animaux dans un zoo, ou un truc dans le genre.

Quels objets, livres ou pièces musicales vous accompagnent en période de création ?

Sous forme d’audio book pendant que je dessine : Conan Doyle, Samuel Beckett, Stunt Rock et beaucoup d’autres.

Avez-vous un lieu privilégié pour créer ?

L’atelier, mon lit et les transports en commun.

Comment choisissez-vous votre style de dessin ?

En discutant avec Jérôme Mulot, en faisant des essais, en perdant des heures et des heures à chercher de nouvelles directions alors que la solution est toujours sous notre nez.

Votre œuvre est-elle marquée par un thème récurrent ?

Oui, la prostitution, l’homophobie, le rascisme, la misogynie et la violence gratuite.

Quelles sont vos principales influences ?

Geof Darrow, Liberatore, Leon la terreur, les auteurs de L’Association.

Quel est votre souvenir le plus vif lié à la création ?

Une séance de dédicace à Paris au pied de biche où on a dédicacé 2 livres et demi.

Quel regard posez-vous aujourd’hui sur vos premiers livres ?

Un regard embarrassé.

Laquelle de vos œuvres affectionnez-vous particulièrement ?

Irène et les clochards, parce que c’est un personnage qui me touche et pour qui j’ai beaucoup d’amour et d’affection.

Y a-t-il un de vos livres que vous recommenceriez ? Pourquoi ?

Le royaume, c’est un de nos meilleurs livres, mais le format est très ingrat et peu pratique, je le conseille aux lecteurs les plus courageux.

Avez-vous des projets en cours ?

Une BD pornographique où la représentation du sexe se fait par parabole. Et puis d’autres dont c’est très dur de parler, car ils ne sont pas assez avancés.

Y a-t-il une cause qui vous tient à cœur ?

Oui, depuis peu je suis sympathisant de tous les combats qui visent a dézinguer les spéculateurs qui prennent l’argent des poches des pauvres travailleurs grecs et de tant d’autres.

Outre la bande dessinée, quelle forme d’expression vous intéresse ?

La danse et l’art contemporain.

Quel est d’après vous l’avenir de la langue française ?

Je crois que seul les Québécois se posent cette question dans le monde. L’avenir de la langue française est brillant, lumineux, inventif et en constante évolution.

 

 

***

Bibliographie sélective

Safari monseigneur, 2005, L’Association, coll. « Ciboulette », 64 p., 9782844141743*
Irène et les clochards, 2009, L’Association, coll. « Ciboulette », 120 p., 9782844143549*
Le royaume, 2011, L’Association, 24 p., 9782844144065*
Sol Carrelus, 2008, L’Association, coll. « Eperluette », 80 p., 9782844142870*
La grande odalisque, 2012, Dupuis, coll. « Aire libre », 122 p., 9782800155739*
 
Le site des auteurs

 

* Commandez ces titres sur monet.ruedeslibraires.com en suivant les hyperliens des ISBN.