Photo : Marco Campanozzi, La Presse.

Objet : un questionnaire d’auteur, quelque part entre ceux de Proust et de Pivot. Contenu : une quarantaine de questions, générales ou indiscrètes. Consigne : choisissez-en une dizaine, celles qui vous interpellent. Notre invitée littérature pour mars : Denise Boucher.

Comment êtes-vous devenu lectrice ?

Je lisais tout ce qui portait des mots.

Enfant, que lisiez-vous ?

Tous les imprimés qui entraient dans notre maison et les Comtesse de Ségur que me prêtait la famille Daveluy de notre ville.

Quel genre de lectrice êtes-vous ?

Du genre qui tombe en amour avec les écritures qui la surprennent.

Quel qualificatif décrirait votre bibliothèque personnelle ?

La dominante des rayons est la poésie.

Avez-vous une méthode de classement ?

Dans une bibliothèque vitrée, je conserve les trésors. Les autres livres sont à l’air libre, le plus possible dans l’ordre alphabétique, et les nouveautés traînent  sur toutes les tables.

Quel est le premier livre que vous vous souvenez vous être procuré ?

La porte étroite d’André Gide.

 

Quel est le dernier livre que vous avez lu ?

La grande mêlée de Michel Tremblay.

Avez-vous un plaisir de lecture coupable ?

La lecture ne me rend jamais coupable.

Quelle a été votre plus belle rencontre littéraire ?

Il y en a eu tant, parce que les livres et les écrivains sont si multiples que je ne saurais choisir, mais je dirai quand même que lire la poésie de Gérald Godin ne cesse de me réjouir.

Comment êtes-vous devenu auteure ?

En voulant explorer moi-même la force des mots pour dire ce que l’on considère indicible.

Pourquoi êtes-vous auteure ?

Parce que c’est tout ce que je sais faire, avec la cuisine.

Comment vous exprimeriez-vous si vous n’étiez pas auteure ?

L’art est un si long apprentissage et l’écriture, qui en est un,  me comblerait tout à fait si je devenais encore plus dense.

Pour vous, qu’est-ce que la création ?

En littérature, il s’agit de faire parler les mots.

Quels objets, livres ou pièces musicales vous accompagnent en période de création ?

Que ma tête et mes mains.

Avez-vous un lieu privilégié pour créer ?

J’imagine en marchant ou en prenant mon bain et j’écris dans la plus petite pièce de la maison où je me suis fait une cellule de moinesse.

Comment faites-vous votre recherche, s’il y a lieu ?

Je trouve en regardant partout.

Votre œuvre est-elle marquée par un thème récurrent ?

Les critiques disent que je suis la poète de l’amour et des voyages, et que j’écris au ras des humains.

Quelles sont vos principales influences ?

Les peintres.

Quels auteurs appréciez-vous pour leur démarche créatrice ?

Godin, Tremblay, Rochefort, Louise Labbé, Garneau, Wittman.

Quel est votre souvenir le plus vif lié à la création ?

La vue des virgules dans Les petits enfants du siècle de Christiane Rochefort.

Comment est né votre premier livre ?

Du  mot  cyprine, qui n’était pas dans les dictionnaires, mais qui se trouvait dans un poème de Nelligan.

Quel regard posez-vous aujourd’hui sur vos premiers livres ?

Un œil amusé devant des intuitions qui m’honorent.

Laquelle de vos œuvres affectionnez-vous particulièrement ?

La prochaine.

Y a-t-il un de vos livres que vous recommenceriez ?

J’ai trop envie d’aller de l’avant pour ça.

Avez-vous des projets en cours ?

Au moins douze.

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Biographie sur le site de l’Île

 

Bibliographie partielle
Au beau milieu, la fin, 2011, Leméac, 157 p., 9782760933378*
Un joint universel, rééd. 2008, Écrits des forges, 129 p., 9782896450589*
Les fées ont soif, rééd. 2008, Typo, 108 p., 9782892952346*
Une voyelle, 2007, Leméac, 313 p., 9782760951396*

 

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