Objet : un questionnaire d’auteur, quelque part entre ceux de Proust et de Pivot. Contenu : une quarantaine de questions, générales ou indiscrètes. Consigne : choisissez-en une dizaine, celles qui vous interpellent. Notre invitée : Annie Bacon.

Enfant, que lisiez-vous?

J’ai toujours eu une prédilection pour l’aventure et le fantastique. À la bibliothèque de Sainte-Julie, j’avais rapidement appris à repérer les « tranches mauves » qui annonçaient les livres de science-fiction. J’étais également une dévoreuse de bandes dessinées. Je pouvais m’installer avec une pile et passer la journée entière en leur compagnie.

Quel est le dernier livre que vous avez lu ?

Je viens de terminer deux livres extraordinaires, que je conseille fortement à tous les adultes qui aiment les livres jeunesse : The Magicians, et The Magician King de Lev Grossman. Ils capturent à merveille le merveilleux des séries Harry Potter et Les Chroniques de Narnia, mais tout en gardant la profondeur émotive et l’impression de réalité des romans pour adultes. Malheureusement, pas encore disponible en français.

Avez-vous un lieu privilégié pour écrire ?

Malgré le fait que la maison comporte un bureau, j’écris simplement installée sur la table de la salle à manger, en plein milieu de la place. Il faut dire que j’ai commencé à écrire lors de mes congés de maternité, et que cette place centrale me permettait une meilleure surveillance de la marmaille ! Comble de l’impolitesse, j’écris souvent avec un pied sur la table.

De quelle manière jouez-vous avec la langue à travers votre écriture ?

J’adore jouer avec la langue. Pour le troisième livre de Victor Cordi, j’ai inventé un patois un peu argotique, et je m’y suis beaucoup amusée ! Si la poésie elle-même m’intéresse très peu, la rime, elle, me passionne. J’ai d’ailleurs plusieurs projets en tête allant dans ce sens !

Votre œuvre est-elle marquée par un thème récurrent ?

Je suis une aventurière frustrée qui se venge en forçant ses personnages à réaliser que l’aventure est plus difficile lorsqu’elle est vécue plutôt que rêvée. C’est une réalisation que Jessica, l’héroïne de Terra Incognita, fait à plus d’une reprise, et qui est au cœur même de l’évolution psychologique de Victor Cordi.

Quel est votre souvenir le plus vif lié à la création ?

Pour le tome 4 de Terra Incognita, soit Le vol des scarpassons, j’ai écrit une scène dans laquelle un des héros se retrouve dans un tunnel sous-marin, et qu’il manque d’air. À la fin de la scène, j’avais moi-même les poumons prêts à éclater… j’avais arrêté de respirer avec lui !

Avez-vous un votre projet d’écriture en cours ?

Le livre trois de Victor Cordi est dans les mains de ma directrice littéraire, et j’ai bien hâte de voir ce qu’elle en pense ! J’ai aussi une encyclopédie du merveilleux très particulière qui arrivera au printemps, fait conjointement avec l’illustratrice Anouk Lacasse (+) et publié chez Boomerang. Finalement, j’ai un conte de Noël et un roman pour tout petits que je devrais envoyer à des éditeurs très bientôt.

Quel livre offririez-vous à un enfant ?

Tout dépend de l’âge !

1 an : Comment ça va, Binou ?  de Dominique Jolin.

2 ans : Ne laissez pas le pigeon conduire le bus de Mo Willems.

3 ans : N’importe quel Petit Poilu de Céline Fraipont et Pierre Bailly.

4 ans : Sur l’île des Zertes de Claude Ponti.

5 ans : 365 pingouins de Jean-Luc Fromental et Joëlle Jolivet.

6 ans : N’importe quoi de Mélanie Watt ou d’Élise Gravel.

7 ans : Billy Stuart T. 1 : Les Zintrépides de Alain M. Bergeron et Samuel Parent

8 ans : Sakura Chasseuse de carte, de Clamp

9 ans : Victor Cordi !!! Bon, d’accord, Les chroniques du bout du monde de Chris Riddell et Paul Stewart alors.

10 ans : Les chroniques de Narnia, de C.S. Lewis.

11 ans : Tobie Lolness de Thimothée de Fombelle.

12 ans : Hanaken de Geneviève Blouin.

13 ans : Les Robots de Isaac Asimov, et à partir de là, ils sont lancés !

Qu’est-ce qui vous anime dans le fait d’écrire pour le jeune public ?

Plus précis encore, j’ai une prédilection pour les 9-11 ans. C’est un âge parfait ! Ils sont assez grands pour que je n’aie pas à simplifier mes idées, et assez jeunes pour embarquer à bras ouvert, sans cynisme et sans retenue. Leur ouverture à l’étrange et au merveilleux est automatique.

Si vous étiez un personnage du conte Le petit chaperon rouge, seriez-vous la fillette, la grand-mère, le loup ou le chasseur ? Pourquoi ?

Je serais sans conteste le chaperon lui-même ! Je suis plutôt naïve, et j’ai tendance à faire confiance aveuglément aux gens, même aux inconnus. Par contre, comme j’ai une bonne étoile, je serais plutôt le chaperon des frères Grimms que celui de Perrault. Pas question de terminer ma vie dans l’estomac du loup !

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Bibliographie

 

Terra incognita T. 1: Les naufragés de Chélon, Annie Bacon, ill. de Sarah Chamaillard, 2007, Phoenix, coll. « Œil-de-chat », 127 p.,  9782923425184*
Terra incognita T. 2: Pirates à bâbord !, Annie Bacon, ill. de Sarah Chamaillard, 2007, Phoenix, coll. « Œil-de-chat », 141 p., 9782923425320*
Terra incognita T. 3: Le fantôme du caporal poltron, Annie Bacon, ill. de Sarah Chamaillard, 2007, Phoenix, coll. « Œil-de-chat », 132 p., 9782923425405*
Terra incognita T. 4: Le vol des scarpassons, Annie Bacon, ill. de Sarah Chamaillard, 2007, Phoenix, coll. « Œil-de-chat », 144 p., 9782923425696*
Victor Cordi T. 1: L’anomalie maléfique, Annie Bacon, ill. de Mathieu Benoit, Courte échelle, coll. « Roman jeunesse », 144 p., 9782896951949*
Victor Cordi T. 2: Le guerrier venu d’ailleurs, Annie Bacon, ill. de Mathieu Benoit, Courte échelle, coll. « Roman jeunesse », 144 p., 9782896951956*

 

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