Depuis maintenant 34 ans, le Festival international des films sur l’art / FIFA offre aux amateurs d’art et aux cinéphiles montréalais une programmation riche et variée sur tous les langages artistiques et toutes les périodes de l’Histoire de l’art. Du 10 au 20 mars, des milliers d’amateurs se presseront ainsi au festival, passant d’un film sur la censure à Hollywood au portrait d’une photographe contemporaine exceptionnelle, après avoir fait un détour du côté de l’architecture japonaise ou d’un documentaire sur une écrivaine nobélisée quelque peu atypique… Curiosité et éclectisme sont de mise lors de ce Festival qui stimule tous nos intérêts et tous nos sens.  Voici les films qui traitent de littérature, plus spécifiquement…

Bon festival!

Agatha Christie, de Matthew Barrett

L’histoire de la littérature se souviendra peut-être d’elle comme « la femme à qui le crime a le plus rapporté depuis Lucrèce Borgia ». Véritable monument de la littérature policière, Agatha Christie fut aussi populaire que secrète. Pour percer ce mystère, le film mène une enquête à partir d’indices nous révélant une femme bien différente de l’image qu’elle a projetée.

Fitzgerald / Hemingway : Une question de taille, de Claude Ventura

F. Scott Fitzgerald (1896-1940) et Ernest Hemingway (1899-1961), deux archétypes de la figure de l’écrivain. Hemingway, le baroudeur viril et sûr de lui, le travailleur acharné qui écrit comme d’autres boxent. Fitzgerald, le dandy délicat, émotif et tourmenté, au talent aussi fulgurant que fragile. Que se cache-t-il derrière cette légende léguée à la postérité par Hemingway dans Paris est une fête, qui brosse un portrait peu flatteur de Fitzgerald? La réponse est peut-être dans ces lettres que s’échangèrent les deux hommes à partir de 1925, qui racontent l’histoire d’une amitié complexe, où l’admiration côtoie le mépris et où la rivalité n’exclut pas un attachement profond.

My Name Is Fleming, Ian Fleming, de André Schäfer

Avant d’être un personnage de cinéma, James Bond, le célèbre agent secret britannique, fut le héros de romans et nouvelles. Il est en effet né en 1952 de l’imagination féconde de Ian Fleming. Issu d’une famille de la haute société écossaise, diplômé d’Eton et engagé dans le service de renseignements de la marine à la veille de la guerre, Fleming y puise son inspiration pour son personnage. Portrait d’un homme dont la vie et l’œuvre furent étroitement liées.

Recherche Fred Vargas désespérément, de Thibaut Chatel

Fred Vargas, de son vrai nom Frédérique Audoin-Rouzeau, romancière archéologue, a inventé le commissaire Adamsberg, un flic lunaire en veston fatigué qui hante ses «rompols», habités de loups-garous, de pestiférés et de macchabées étranges. Ses livres Pars vite et reviens tardUn lieu incertainL’homme à l’envers et Dans les bois éternels l’ont consacrée reine du polar français. Mais Vargas reste dans l’ombre. Le film part sur ses traces, interroge ses proches, sa soeur jumelle, François Bayrou, ses éditrices. Un portrait s’esquisse en creux de cette écrivaine qui garde son mystère.

Roland Barthes (1915-1980), le théâtre du langage, de Thierry Thomas

Explorateur des signes et des mythologies contemporaines, Roland Barthes (1915-1980) a marqué la scène intellectuelle des années 1960 et 1970. Il a sondé, à travers le théâtre du langage, un imaginaire collectif de la modernité. L’empire des signes, Fragments d’un discours amoureux, La chambre claire… : chacun de ses livres faisait événement, invitant, avec une exigence toute d’élégance, à déchiffrer le monde pour mieux s’ouvrir à l’avenir. Ce portrait tissé à partir d’archives plonge dans son œuvre pour restituer sa présence singulière.

The Alphabet of Fear, de John Albert Jansen

L’écrivaine germano-roumaine Herta Müller (1953) a reçu le prix Nobel de littérature en 2009. Son père a servi dans les SS pendant la Deuxième Guerre mondiale et sa mère a été emprisonnée dans un camp de travail soviétique après la guerre. Ses propres études et sa vie adulte ont été assombries par la répression du régime Ceausescu et le harcèlement continu de la Securitate. Le film s’intéresse aux racines de son œuvre, à la peur mortelle et à l’appétit de vivre qui se manifestent dans tous ses écrits.

The Worlds of Philip K. Dick, de Yann Coquart

Une plongée dans la vie et les écrits de Philip K. Dick (1928-1982), un extraordinaire écrivain de science-fiction, dont l’œuvre a anticipé comme aucune autre le monde paranoïaque et technologique du XXIe siècle, et dont les visions sont une formidable matière adaptée par le cinéma hollywoodien, de Blade Runner à Minority Report. Comme un personnage de ses romans, Philip K. Dick estompe la frontière qui sépare le réel de l’imaginaire, le présent du futur.

Undine Gruenter – Le projet d’aimer, d’Anita Hugi

«La famille nous tient comme une balle dans la tête. » C’est ainsi que s’ouvre le journal littéraire d’Undine Gruenter (1952-2002), entamé à la fin des années 1980, quand l’écrivaine, célèbre inconnue de la littérature européenne, s’installe à Paris. Son Journal est le point de départ de ce film d’auteur qui donne accès, directement par les textes de l’écrivaine, à sa pensée. D’appartement en hôtel, de Montmartre à la Manche, de rues en ruelles, de proches en proches, c’est un portrait poétique que brosse la réalisatrice Anita Hugi.

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