Si la  course aux Prix littéraires est moins effrénée au Québec qu’en France, il n’en demeure pas moins que l’attribution d’un prix accorde aux lauréats une visibilité médiatique qui est bien difficile à obtenir, en temps normal. Ce panorama vous convaincra de la qualité et de la diversité de la création littéraire québécoise.

Prix des libraires du Québec 2014 – Roman québécois

L’orangeraie, Larry Tremblay, 2013, Éditions Alto, 168 p., 9782896941698

Quand Amed pleure, Aziz pleure aussi. Quand Aziz rit, Amed rit aussi. Ces frères jumeaux auraient pu vivre paisiblement à l’ombre des orangers. Mais un obus traverse le ciel, tuant leurs grands-parents. La guerre s’empare de leur enfance et sépare leurs destins. Des hommes viennent réclamer vengeance pour le sang versé. Amed, à moins que ce ne soit Aziz, devra consentir au plus grand des sacrifices. Et tous payeront le tribut des martyrs, les morts comme ceux qui restent. Larry Tremblay frappe encore un grand coup, mais vise cette fois le coeur, laissant au lecteur le soin de départager les âmes pures des fourbes, les fanatiques des héros. Un texte à la fois actuel et hors du temps qui possède la force brute des grandes tragédies et le lyrisme des légendes du désert. Lauréat 2014, Prix littéraire des enseignants; Lauréat 2014, Prix du meilleur roman du Salon du livre du Saguenay; Lauréat 2014, Prix des lecteurs du Salon du livre du Saguenay.

Prix des libraires du Québec 2014 – Roman Hors-Québec

Le quatrième mur, Sorj Chalandon, 2013, Éditions Grasset, 325 p., 9782246808718

1976. Sam rêve de monter Antigone d’Anouilh sur un champ de bataille au Liban. Les personnages représenteraient les peuples et croyances de la région : chrétien, Palestinien, druze, chiite, etc. Il espère une heure de répit que tous acceptent. Mais Sam est à l’agonie et fait alors jurer à son ami Georges de prendre sa suite. Prix Goncourt des lycéens 2013.
 
 
 

Prix du Québec Athanase-David 2014

Jean Royer

Le Prix Athanase-David est un des 14 Prix du Québec remis à des personnalités issues des arts et des sciences pour l’ensemble de leurs réalisations. Le prix Athanase-David est décerné en hommage à la carrière d’un écrivain. Beaucoup parmi les plus illustres l’ont reçu : Félix-Antoine Savard (le premier lauréat, 1968), Gabrielle Roy, Hubert Aquin, Anne Hébert, Gaston Miron, etc.

Cette année, c’est à Jean Royer que l’honneur a été accordée.  Poète, Monsieur Royer est également journaliste littéraire et écrit des récits, ainsi que des ouvrages de référence sur la littérature. Il fonde en 1976 la revue de poésie l’Estuaire, encore bien vivante aujourd’hui. De 1978 à 1991, il dirige les pages culturelles du journal Le Devoir où il donne visibilité et priorité aux auteurs québécois. Dans sa carrière, Jean Royer a mené plus de 200 entrevues d’écrivains, avec entre autres Julio Cortázar, Marguerite Duras, Milan Kundera, Georges Perec et Marie Cardinal. Ces entrevues sont réunies en cinq tomes aux éditions l’Hexagone sous le titre Écrivains contemporains. Il dirige les Éditions l’Hexagone de 1991 à 1998 et préside la Rencontre québécoise internationale des écrivains et l’Académie des lettres du Québec de 1996 à 2005.

Pour découvrir les oeuvres de Jean Royer, veuillez cliquer ici.

Grand Prix du livre de Montréal

Le feu de mon père, Michael Delisle, 2014, Éditions du Boréal, 128 p., 9782764622940

Quand Michael Delisle était enfant, ses « oncles », c’est-à-dire les amis de son père, ne disaient pas « arme » mais morceau ou de façon plus métonymique, feu. « J’avais mis mon feu dans le coffre à gant. » « Il s’est débarrassé de son feu. » « Oublie pas ton feu. » Dans ce poignant récit, le poète se remémore son père, le bandit devenu chrétien charismatique, l’homme violent qui ne parlait plus que de Jésus, l’homme détesté qu’on ne peut faire autrement qu’aimer, en dépit de tout. La question qui revient éternellement est celle-ci : où va le feu ? Et la question me revient au chevet de mon père. Je passe mon doigt sur son vieux tatouage de marin (une ancre avec les lettres MN pour merchant navy) qui n’est plus qu’une pastille noire et floue. Ces cellules sont aussi les miennes. Je reconnais la parenté organique et l’odeur qui monte de son corps : un parfum de vieux drap gorgé de phéromones. Cet encens sébacé est mon seul lien avec cet homme, le seul que je reconnaisse. Cet animal m’a donné la vie.

 

Grand Prix Québécor du Festival International de la Poésie 2014

Sans toi, je n’aurais jamais regardé si haut, Denise Desautels,  2013, Éditions du Noroît, 88 p., 9782890188402

« Lettre à mon fils aurait pu être un autre sous-titre. Le parc Lafontaine, en un seul mot comme autrefois. C’est ce que j’avais spontanément répondu à Paul, ami poète et éditeur, qui m’invitait – il y a déjà dix ans – à participer à la collection « Lieu dit » qu’il venait de créer aux Éditions du Noroît. Pourquoi ? Parce que j’y ai passé presque toute ma vie, de la petite enfance à aujourd’hui, et qu’il occupe depuis près de 40 ans beaucoup de place et de pages dans mon travail de création – qu’il est donc déjà lié à l’acte d’écrire. En fait, il se retrouve, conjugué à plusieurs temps – époques et saisons diverses – dans plusieurs de mes livres, et tout particulièrement dans La promeneuse et l’oiseau (1980), Tombeau de Lou (2000), Pendant la mort (2002) et La marathonienne (2004). Comme lieu de refuge ou de liberté, de plaisir ou d’effroi, de promenade ou d’enlisement, de réflexion ou de fuite. Mais surtout – surtout – parce que tout récemment j’ai pris conscience qu’il était beaucoup plus qu’un lieu à côté duquel j’avais vécu. Qu’il était en fait ma maison, la maison d’enfance ou de famille que je n’ai jamais eue. S’y empilent – comme dans un grenier ou une cave – des tas de souvenirs, des plus intimes aux plus historiques. C’est dans ce coeur francophone de Montréal, en pleine « grande noirceur », entre le monument à L.-H. La Fontaine, les ours noirs de l’ancien zoo et la statue à Dollard, que j’ai entendu pour la première fois le mot « orpheline » ; là que, depuis, la mort n’a jamais cessé de rôder ; là pourtant que l’art et les livres existent. Or, c’est parce que la mort y a été très présente – comme dans mes livres -, et que mon fils m’en a fait un jour la remarque, que j’ai eu envie de m’adresser à lui dans ce texte, sorte d’autofiction qui comporte deux parties : une première d’une trentaine de fragments disons… archéologiques où s’entremêlent le privé et le collectif, et une seconde où, après Joe Brainard, Georges Perec et quelques autres, je reprends la forme des Je me souviens. » D.D.

Prix littéraires du Gouverneur général du Canada 2014

Romans et nouvelles

Bondrée, Andrée A. Michaud, 2014, Éditions Québec Amérique, 304 p., 9782764425053

Été 67. Le soleil brille sur Boundary Pond, un lac frontalier rebaptisé Bondrée par Pierre Landry, un trappeur canuck dont le lointain souvenir ne sera bientôt plus que légende. Le temps est au rire et à l’insouciance. Zaza Mulligan et Sissy Morgan dansent le hula hoop sur le sable chaud, les enfants courent sur la plage et la radio grésille les succès de l’heure dans l’odeur des barbecues. On croit presque au bonheur, puis les pièges de Landry ressurgissent de la terre, et Zaza disparaît, et le ciel s’ennuage.

 

Poésie

Anarchie de la lumière, José Acquelin, 2014, Éditions du passage, 74 p., 9782922892970

Avec Anarchie de la lumière, José Acquelin signe une suite en prose poétique, qui succède à sa trilogie Critique de l’horizon pur. Concepteur et animateur de nombreuses soirées mêlant poésie et musique, il a pour conviction centrale que tout vrai poème est simultanément le premier et le dernier, un testament et une déclaration de naissance.

Théâtre

Small talk, Carole Fréchette, 2014, Éditions Leméac/Actes Sud, 96 p., 9782760912700

Justine a du mal à communiquer avec ses contemporains. Entre sa mère aphasique, son père retiré dans un silence méditatif, son frère animateur de télé et sa belle-soeur explosive, elle décide de se prendre en main, à coups de conseils glanés sur Internet et d’ateliers divers. Traversant la pièce, un jeune homme blessé dont le destin croisera le sien… De rencontres ardues en discussions improbables, Justine observe les humains un peu comme elle se penche sur son microscope, notant, envieuse, leurs tentatives d’entrer en contact et de « parler petit ». Qu’est-ce qui émane de soi, qu’est-ce qui mène à l’autre dans une conversation ? et qu’est-ce qui se construit ?

Prix Jean-Éthier-Blais 2014 de la Fondation Lionel-Groulx

Évangéline : contes d’Amérique, Joseph Yvon Thériault, 2013, Éditions Québec-Amérique, 400 p., 9782764421352

Qui est Évangéline ? L’héroïne d’un poème de Henry Wadsworth Longfellow, imaginée pour incarner les idéaux d’une Amérique en train de se définir ? Une référence identitaire, muse de la renaissance acadienne ? Un symbole rassembleur des racines des Cadiens de la Louisiane ? La réponse, constate le sociologue Joseph Yvon Thériault, n’a cessé d’évoluer et se trouve aujourd’hui quelque part entre poésie et histoire. Avec Évangéline : Contes d’Amérique, l’auteur explore la naissance et le déploiement de ces trois récits de société, ainsi que le rôle qu’y a joué Évangéline sous ses différentes incarnations. Au ?fil des différentes parties du livre, le lecteur est ainsi amené à rencontrer « Évangéline l’Américaine», « Évangéline l’Acadienne », « Évangéline la Cadienne », héroïnes de trois récits tirant leur source du même conte, Evangeline a Tale of Acadie, relu et réinterprété, voire renié, au gré des traductions et des adaptations successives.Une quatrième partie, « Évangéline postmoderne », s’intéresse à l’avenir d’Évangéline : ces trois contes seraient-ils en voie de se fusionner ? Les identités distinctes survivront-elles à la mondialisation ? C’est à une histoire de l’Amérique du Nord, à travers la voix et le regard d’Évangéline, que ce livre vous convie. Une histoire qui débute à l’aube du XVII????e siècle, sur les côtes de l’Atlantique Nord, avec l’arrivée des premiers colons européens en Acadie française et en Nouvelle-Angleterre, et qui se poursuit jusqu’à la célébration contemporaine de l’Amérique plurielle.

Prix Jovette-Bernier- Ville de Rimouski 2014

Fruits, Carl Leblanc, 2013, Éditions XYZ, 160 p., 9782892617696

« C’est le plus grand des romanciers », disait Balzac. Le hasard est aussi un auteur fécond. Voici quelquesuns de ses fruits : un ami qui resurgit de nulle part à point nommé, un livre qui bouleverse un voyage, un navire improbable, une tache récurrente, des yeux noirs qui nous hantent, Freud qui s’invite… Certaines des coïncidences racontées ici auraient, bien sûr, été retranchées d’un scénario de fiction ; le producteur les aurait jugées trop peu plausibles. Mais voilà, il s’agit d’histoires vraies. Qui donc a le pouvoir de disqualifier le réel ? De rejeter ses pépites ? Pourquoi ne pas s’amuser ? Les fruits du hasard ne demandent qu’à être cueillis. Pas besoin d’être mystique pour y goûter ; ces coïncidences surviennent, voilà tout.

Prix du Québec Georges-Émile-Lapalme 2014

Denis Vaugeois

Monsieur Vaugeois s’est vu octroyer le prix Georges-Émile-Lapalme pour la promotion de la langue française. Monsieur Vaugeois fonde en 1988 les éditions du Septentrion dont la vocation première était et est encore de publier des documents historiques. Plus de 700 ouvrages sont aujourd’hui au catalogue. Denis Vaugeois est lui-même l’auteur de plusieurs livres d’histoire, dont America, Champlain. La naissance de l’Amérique française, Les premiers Juifs d’Amérique et Vivre la Conquête.

Pour découvrir les oeuvres de Denis Vaugeois, veuillez cliquer ici.

Prix de l’Assemblée nationale du Québec 2014

Les Wendats du Québec : territoire, économie et identité, 1650-1930, Alain Beaulieu, Stéphanie Béreau et Jean Tanguay, 2013, Éditions GID, 340 p., 9782922668186

L’établissement à Québec en 1650 marque un tournant dans l’histoire des Wendats. Implantés au coeur de la colonie française, ils en subissent rapidement les influences, se convertissant à la religion catholique et adoptant plusieurs éléments de la culture de leurs voisins canadiens. Malgré ces rapprochements, ils « n’en restent pas moins distincts, par leurs habitudes et leur caractère », déjouant les prédictions de ceux qui, au xixe siècle, prévoyaient leur disparition prochaine par amalgame avec la population coloniale. Comme le montre cet ouvrage, les activités de subsistance des Wendats restent inscrites au coeur de leur identité spécifique. Cela est manifeste dans le cas de la chasse, mais aussi des autres activités, comme l’agriculture et l’artisanat, par lesquelles les Wendats assurent non seulement leur survie, mais aussi leur prospérité après le choc de la destruction de la Huronie. S’ils ont une connotation identitaire certaine, les changements qui ponctuent la vie économique des Wendats sont aussi largement influencés par les bouleversements qui touchent le territoire, la manière de se l’approprier, de l’occuper ou de l’utiliser.

Prix littéraires du Gouverneur général du Canada 2014

Essais

Tenir tête, Gabriel Nadeau-Dubois, 2013, Lux Éditeur, 224 p., 9782895961758

Dans ce livre, écrit avec le style qu’on lui connaît, on suit pas à pas Gabriel Nadeau-Dubois au fil des luttes, des rencontres décisives, des assemblées générales, des confrontations avec journalistes, ministres, juges et policiers, mais aussi dans son analyse de la grève de 2012. Chemin faisant, le lecteur prendra acte, non sans stupéfaction, de la misère morale et intellectuelle d’une certaine élite québécoise. Il renouera surtout avec la formidable vigueur des étudiants qui se sont opposés au mercantilisme de cette élite. Tenir tête doit être lu par ceux qui ont partagé la colère des étudiants, mais aussi par les autres, qui se surprendront peut-être à admettre que la cause des étudiants est également la leur.

Traductions

Daniel Poliquin, pour la traduction de :

L’Indien malcommode : un portrait inattendu des Autochtones d’Amérique du Nord, Thomas King, 2014, Éditions du Boréal, 320 p., 9782764622599

L’Indien malcommode est à la fois un ouvrage d’histoire et une subversion de l’histoire officielle. En somme, c’est le résultat de la réflexion personnelle et critique que Thomas King a menée depuis un demi-siècle sur ce que cela signifie d’être Indien aujourd’hui en Amérique du Nord.

Prix Lionel-Groulx 2014 de l’Institut d’histoire de l’Amérique française

Archéologie de l’Amérique coloniale française, Marcel Moussette et Gregory A. Waselkov, 2014, Lévesque éditeur, 464 p., 9782924186381

Un ouvrage de référence incontournable. La première synthèse de la recherche archéologique sur l’Amérique coloniale française. Marcel Moussette et Gregory A. Waselkov proposent une synthèse de la recherche archéologique accomplie sur le vaste territoire de l’Amérique coloniale française. Leur intention est d’en arriver à une meilleure compréhension et explication du fonctionnement ainsi que du développement des colonies françaises d’Amérique à partir des traces et vestiges matériels laissés par les colons. Les auteurs offrent une vision renouvelée d’un domaine riche de promesses.

Prix Michel-Brunet 2014 de l’Institut d’histoire de l’Amérique française

Hydro-Québec et l’État québécois, 1944-2005, Stéphane Savard, 2013, Éditions du Septentrion, 452 p., 9782894487563

Quels ont été les débats, dans le cercle des responsables politiques et administratifs, concernant Hydro-Québec, les territoires qu’elle gère, les techniques qu’elle utilise et l’impact de ses activités sur la vie et l’identité des Québécois et des Autochtones? Stéphane Savard présente, de façon exhaustive et perspicace, le rôle prédominant de la société publique dans la construction nationale, ainsi que son instrumentalisation politique à des fins étatiques ou partisanes. Stéphane Savard est professeur au Département d’histoire de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et membre régulier du Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST). Il se spécialise en histoire politique du Québec et du Canada au XXe siècle. Ses plus récents travaux portent sur les différentes manifestations de la culture politique québécoise, plus particulièrement celles entourant les luttes politiques et prises de parole citoyenne à l’égard des enjeux énergétiques.

Prix Alain-Grandbois 2014 de l’Académie des lettres du Québec

Noeud coulant, Michaël Trahan, 2013, Éditions Le Quartanier, 200 p., 9782896980758

Un mur, le pied d’un mur, l’angle formé par le sol et ce mur, un angle presque droit, une allumette et le noir, le bruit que fait l’allumette en craquant, un puits, le fond d’un puits, une corde, sa lumière noire, une toute petite corde, un monde à usage unique, la peur, la peur dans le corps, la peur en nuage autour de soi et de l’allumette, la pluie qui tombe, un ongle gratte la paroi, un chien pisse, minuit sonne, le sol manque sous les pieds, la honte, le cœur qui bat, la corde de plus en plus usée, un corbeau, une porte, le ciel quand même, la lune, les morts sont de plus en plus morts, c’est noir, le nœud coule, une allumette craque et le mur s’éloigne à mesure que j’approche.

Prix Ringuet 2014 de l’Académie des lettres du Québec

Le voyage d’Ulysse, Yvon Paré, 2013, Éditions XYZ, 450 P., 9782892615890

Ulysse a quitté le Bout du Monde, son village natal, pour un long voyage. Devant lui s’étend le Grand Lac sans fin ni commencement, car Yvon Paré a situé sa version moderne de L’Odyssée dans le paysage grandiose du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Accompagné d’un renard et d’un tamia, Ulysse croise des personnages empruntés tout autant à L’Odyssée qu’à la réalité et aux légendes québécoises et amérindiennes. Et il s’ennuie de Manouane, la belle et ensorcelante Innue. Pourra-t-elle l’attendre comme Pénélope, tricotant un monde à l’endroit, un monde à l’envers ? Le Bout du Monde est peut-être l’île d’Ithaque, car, c’est connu, nous répétons les mêmes histoires, peu importe le temps et les époques…
 
Prix Victor-Barbeau 2014 de l’Académie des lettres du Québec

Le naufragé du vaisseau d’or : les vies secrètes de Louis Dantin, Yvette Francoli, 2013, Éditions Del Busso, 454 p., 9782923792361

La littérature québécoise a un secret – bien et mal gardé à la fois – qui se cache depuis plus de cent ans sous le nom d’Émile Nelligan. L’une des oeuvres poétiques les plus accomplies et les plus novatrices a été attribuée à un adolescent inculte, sans expérience, et atteint d’une maladie qui affectait à ce point ses facultés qu’il dut vivre interné de l’âge de dix-huit ans jusqu’à sa mort. On a voulu croire que Louis Dantin, préfacier du livre Nelligan et son oeuvre, n’était qu’un simple compilateur qui aurait opéré un tri arbitraire dans de mystérieux cahiers jamais retrouvés, et aurait même dénaturé les textes par des corrections intempestives. Ce livre est pourtant à l’évidence l’ouvre d’un grand mystificateur qui, sous le masque d’un autre, s’amuse à faire sa propre apologie et à créer une énigme faite pour confondre les historiens. Dans une démonstration magistrale qui mettra fin aux spéculations, Yvette Francoli dévoile enfin la vie fascinante de l’un des personnages les plus intrigants de l’histoire littéraire québécoise, celui en qui ses confrères voyaient « une âme d’artiste, une intelligence lumineuse, un esprit d’élite ».

Prix Saint-Pacôme du roman policier 2014

Bondrée, Andrée A. Michaud, 2014, Éditions Québec Amérique, 304 p., 9782764425053

Été 67. Le soleil brille sur Boundary Pond, un lac frontalier rebaptisé Bondrée par Pierre Landry, un trappeur canuck dont le lointain souvenir ne sera bientôt plus que légende. Le temps est au rire et à l’insouciance. Zaza Mulligan et Sissy Morgan dansent le hula hoop sur le sable chaud, les enfants courent sur la plage et la radio grésille les succès de l’heure dans l’odeur des barbecues. On croit presque au bonheur, puis les pièges de Landry ressurgissent de la terre, et Zaza disparaît, et le ciel s’ennuage.

Prix Tenebris 2014 – Meilleur roman, littérature policière de langue française, distribué au Québec 

Sous la surface: on a tous quelque chose à cacher, Martin Michaud, 2013, Éditions Goélette, 384 p.,9782896906000

À Lowel, au Massachussetts, Leah vit avec son mari Patrick, candidat à l’investiture du parti démocrate. À la veille du Super Tuesday, Leah est replongée dans un drame survenu durant sa jeunesse. Vingt-cinq ans plutôt, Chase son grand amour est mort en essayant de sauver une jeune fille de la noyade. Mais elle apprend aujourd’hui que son mari aurait peut-être été impliqué dans cet événement tragique…

 
 

Prix Tenebris 2014 – Meilleur vendeur, littérature policière québécoise de langue française 

Saccages, Chrystine Brouillet, 2013, Éditions de la Courte échelle, 320 p., 9782896952892

Dans une rue paisible de Québec, un homme est retrouvé mort, poignardé. Tout le voisinage est sous le choc. Pourquoi ce comptable, si tranquille en apparence, a-t-il été tué ? La détective Maud Graham sent que ce meurtre cache un lourd secret. Ailleurs dans la ville, une jeune femme est bouleversée par la mort de cet homme qui réveille en elle de douloureux souvenirs. Mais autour d’elle, le danger rôde…

Prix littéraires du Gouverneur général du Canada 2014

Littérature jeunesse – Texte

Le jardin d’Amsterdam, Linda Amyot, 2013, Éditions Leméac, 88 p., 9782760942165

Il existe des endroits où la vérité se dévoile plus facilement qu’ailleurs. Le jardin d’Amsterdam est manifestement un de ces lieux propices aux confidences, un jardin où les révélations s’égrènent au rythme d’une tendre amitié. Amyot entrecroise le récit d’Adèle, une vieille femme hantée par un amour d’enfance, et celui de la jeune Élaine, la même héroïne que dans La fille d’en face. Transporté de l’époque de la Deuxième Guerre mondiale à aujourd’hui, de l’Europe à l’Amérique, d’une génération qui s’éteint tranquillement à une autre qui s’engage vers le monde des adultes, le lecteur se trouve confronté à l’écho de son premier amour. Également lauréate du Prix du livre jeunesse des Bibliothèques de Montréal 2014

Littérature jeunesse – illustrations

Le lion et l’oiseau, Texte et illustrations de Marianne Dubuc, 2013, Éditions de la Pastèque, 60 p., 9782923841458

Un jour d’automne, un lion trouve un oiseau blessé de son jardin. Alors que le reste des oiseaux continuent leur route sans lui, le lion décide de prendre soin de l’oiseau. Pourtant, un jour, l’oiseau devra poursuivre sa route…

Prix Cécile-Gagnon de l’Association des écrivaines et des écrivains québécois pour la jeunesse (AEQJ)

Les tranches de vie de Félix Volume 1: Un automne de blé entier, Annie Dubreuil, 2014, Éditions Vents d’Ouest, 176 p., 9782895373483

Grand amateur de biscuits Whippet, Félix mord à pleines dents dans la vie. Sous ses airs de gamin, il dissimule un être surprenant qui ne craint jamais les ennuis, les cicatrices ou le ridicule. Toujours prêt à aider un ami en difficulté ou pour se sortir lui-même d’une impasse, il devient en quelque sorte l’antihéros des temps modernes. Sous forme de chroniques, c’est avec beaucoup d?humour et d’imagination que le jeune garçon nous raconte des tranches de sa vie. Puisque son quotidien n?est pas toujours un feu roulant d’événements rocambolesques, il nous présente son top trois de l’automne. Entre un combat redoutable pour remporter le concours du Roi de l?été, un virage dramatique sur l’autoroute de la saine alimentation et un séjour précoce en classe neige, Félix ressort toujours de ses aventures avec un minimum de dignité et un maximum de plaisir. Telle une poussière de titan, rien ne peut l’arrêter !

Prix TD de littérature pour l’enfance et la jeunesse 2014

La plus grosse poutine du monde, Andrée Poulin, 2013, Bayard Canada Livres, 160 p., 9782895795674

Thomas a peu de souvenirs de sa mère. Il se rappelle seulement que pour ses cinq ans, elle lui a fait la meilleure poutine au monde. Le lendemain, elle n’était plus là. Elle n’est jamais revenue. Pour souligner ses quatorze ans, Thomas décide de soumettre une idée aux livre Guinness des records. Aidé de son meilleur ami Samuel et de son équipe de soccer, il va cuisiner la plus grosse poutine au monde. Si son record fait le tour de la planète, sa mère le saura et elle reviendra. Il se met alors en quête de commanditaires. La fromagère accepte de l’aider, à condition qu’il prenne sa fille Élie à bord du projet. Il tente ensuite de convaincre la mairesse que l’aréna est l’endroit idéal pour préparer les 600 kilos de poutine et servir les consommateurs. Mme Tartatcheff n’est pas enchantée à l’idée d’y faire entrer de la malbouffe. Thomas et ses amis échafaudent les plans les plus fous pour surmonter ces obstacles, mais des révélations viennent remettre en question le projet « Prodigieuse Poutine ».

Prix Bédélys Québec 2014

L’Amérique ou le Disparu, Réal Godbout, 2013, Éditions de La Pastèque, 182 p., 9782923841359

Dans cette adaptation, l’auteur a cherché à rester aussi fidèle que possible au roman, en respectant généralement le récit, les personnages et l’esprit de l’auteur. Il ne s’agit pas d’une oeuvre sombre et sinistre, mais d’un récit vivant et imagé, avec une touche d’humour absurde. Réal Godbout a mis plus de sept ans de travail pour parvenir à adapter«son» Kafka.

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