Le festival international de la bande dessinée d’Angoulême, plus communément appelé festival d’Angoulême, est le principal festival de bande dessinée francophone et le plus important d’Europe en termes de notoriété et de rayonnement culturel. Il a lieu tous les ans en janvier depuis 1974 et associe expositions, débats, rencontres et nombreuses séances de dédicace, les principaux auteurs francophones étant présents. Cette année encore, plusieurs prix ont été décernés lors du festival, véritable baromètre de la production éditoriale.

Grand prix de la ville d’Angoulême

 

Cosey

Né le 14 juin 1950 en Suisse, Cosey, de son vrai nom Bernard Cosendai, entame sa carrière à la fin des années 1960 auprès de son compatriote Derib, auteur de la série Yakari. Figurant parmi les lauréats d’un concours organisé par le journal Spirou, il signe en 1969 une couverture pour l’hebdomadaire. Dessinant par la suite pour différents journaux, il crée en 1975 dans les pages de Tintin un personnage auquel il va se lier durablement :Jonathan. Ni vraiment héros ni franchement anti-héros, Jonathan incarne dès son apparition une bande dessinée nouvelle, où l’aventure, tout en restant tournée vers les voyages lointains, est aussi volontiers introspective. Le personnage apparaît comme une figure un peu à part dans l’imaginaire du héros franco-belge : il se place d’emblée du côté d’une contemplation singulière, arpentant l’Inde, le Népal et le Tibet, en quête des autres comme de lui-même. Cette singularité, le personnage la doit à son créateur, qui lui a prêté ses sentiments, ses interrogations, ses impressions de voyages et ses goûts artistiques. Cosey a ainsi réalisé une bande dessinée que l’on pourrait aujourd’hui apparenter à l’autofiction, chose rare au moment où naît la série.

 

Le Fauve d’or – Prix du meilleur album

Paysage après la bataille

Philippe de Pierpont et Eric Lambé,  2016, Éditions Actes Sud BD / Frémok, 9782330069988

Par une nuit sombre, une jeune femme se rend au camping du Ruisseau, où elle retrouve ses différents pensionnaires et leurs étranges habitudes. Dans ce récit poétique de peu de mots, qui invite à la contemplation et à l’errance, les auteurs proposent de suivre la lente et nécessaire reconstruction d’une femme…

Fauve d’Angoulême – Prix du public Cultura

L’Homme qui tua Lucky Luke

Matthieu Bonhomme, 2016, Éditions Dargaud, 9782884713634

Le temps d’un album, Matthieu Bonhomme se réapproprie Lucky Luke et son univers tout en s’inscrivant dans la continuité de l’œuvre de Morris. Que ce soit dans le trait, l’utilisation des couleurs ou le découpage, les effets de cette histoire au titre choc sont bluffants, et Bonhomme propose un one-shot un peu plus adulte, en marge des aventures traditionnelles du célèbre cowboy solitaire.

Fauve d’Angoulême – Prix spécial du jury

Ce qu’il faut de terre à l’homme

Martin Veyron, 2016, Éditions Dargaud, 9782205072471

Adapté d’une nouvelle de Léon Tolstoï, ce nouveau livre de Martin Veyron (Grand Prix de la Ville d’Angoulême en 2002) met en scène un paysan du XIXe siècle obsédé par la fortune et prêt à tout pour agrandir ses terres… Cette bande dessinée en forme de conte moral s’inscrit dans une veine tragi-comique pour le moins inattendue.

Fauve d’Angoulême – Prix de la série

Chiisakobe tome 4

Minetaro Mochizuki, 2016, Éditions Le Lézard Noir, 9782353480845

Après avoir rencontré le succès dans le manga d’horreur, le Japonais Minetarô Mochizuki change complètement de ton et de style graphique en adaptant un roman célèbre de Shûgorô Yamamoto. Toute la richesse de son écriture se trouve dans cette comédie humaine drôle et touchante, une histoire intime où le trait et la précision du découpage rendent toute la tension du langage corporel des personnages.

Fauve d’Angoulême – Prix révélation

Mauvaises filles

Ancco, 2016, Éditions Cornélius, 9782360811120

Prisonnière d’une société désenchantée, Jin-joo fait les quatre cents coups et tente de fuir sa famille aux côtés de Jung-ae, une autre jeune fille rétive à l’autorité. Dans ce récit sensible en noir et blanc, Ancco revient sur une adolescence difficile passée en Corée du Sud à la fin des années 1990, où la violence semble devoir faire partie du quotidien….

Fauve d’Angoulême – Prix jeunesse

La Jeunesse de Mickey

Tebo, 2016, Éditions Glénat, 9782344014288

Mickey Mouse a (enfin) vieilli, et son arrière-petit neveu ne se lasse pas de questionner son célèbre aïeul sur ses aventures. Et pour cause, depuis sa première apparition en 1928, Mickey a tout vu et tout vécu ! Avec malice, le Français Tebo donne à Mickey un rôle de conteur (voire parfois de menteur), avec un trait qui rend brillamment hommage aux cartoons et à l’animation des premières années.

Fauve d’Angoulême – Prix du patrimoine

 

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Le Club Des Divorcés T2

Kazuo Kamimura, 2016, Éditions Kana, 9782505063698

À Tokyo, la jeune Yuko tient un bar où se réunissent différents habitués, divorcés comme elle, pour boire jusque tard dans la nuit dans l’espoir d’oublier leurs soucis et la honte qu’ils ressentent. Dans ce manga réalisé à l’aube des années 1970, Kamimura dénonce avec vigueur l’opprobre qui est jetée au Japon sur les femmes divorcées…

Fauve d’Angoulême – Fauve polar SNCF

L’Été Diabolik

Alexandre Clérisse et Thierry Smolderen, 2016, Éditions Dargaud, 9782205073454

Baigné de clins d’œil et de références pop, ce récit d’espionnage aux superbes couleurs acidulées se situe à l’été 1967. Pour Antoine, âgé de 15 ans, les découvertes et les surprises vont être mémorables… Après Souvenirs de l’empire de l’atome, les auteurs rendent ici un hommage appuyé au fumetto italien Diabolik.

Pour en savoir plus sur le festival, cliquez ici.

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