Dans une société idéale, il n’y aurait pas de mois ou de date précise pour mettre en avant les droits des femmes, parce qu’elles ne seraient pas victimes d’inégalités, d’abus et de violences. Dans une société idéale, non patriarcale, les œuvres littéraires des femmes seraient mises en avant et étudiées dans les écoles et universités autant que celles des hommes. On vous conseille d’ailleurs vivement l’ouvrage de Julie Boulanger et Amélie Paquet Le Bal des absentes, qui permet de découvrir de nombreuses œuvres littéraires d’autrices trop souvent oubliées.

Mais comme nous ne sommes pas dans une société idéale, nous vous avons sélectionné des ouvrages écrits par des autrices et illustratrices aux voix fortes, qui remettent en question cette société et bousculent les normes établies.

Pour bien comprendre les enjeux féministes d’hier et d’aujourd’hui, on vous conseille d’attraper Bad féministe de Roxane Gay  et Filles en série de Martine Delvaux. Mais aussi, La théorie, un dimanche de Louky Bersianik, Nicole Brossard, Louise Cotnoir, Louise Dupré, Gail Scott et France Théoret, un ensemble de textes autour des enjeux de la pensée et de l’écriture féministe.

La pensée féministe passe également par la compréhension des mécanismes patriarcaux dans lesquels nous évoluons. Manon Garcia démolit dans son essai percutant, On ne nait pas soumise, on le devient, le cliché qui fait de la femme un être naturellement soumis. Il y a treize ans, Virginie Despentes s’attaquait déjà à déconstruire les normes et à dénoncer la domination masculine dans King Kong théorie, que l’on vous invite à lire et relire. Dénonciation que l’on retrouve également dans La Minotaure de Marieve Maréchale dont on vous parlait il y a peu, dans nos suggestions de lecture. Mais également dans Trente de Marie Darsigny, qui à travers sa peur du cap des 30 ans, souligne la pression sociale que subissent les femmes face au vieillissement.

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Pour faire réagir et avertir leur lectorat, certaines autrices n’hésitent pas à imaginer un futur plus ou moins proche dans lequel les femmes n’auraient plus de liberté, plus de choix, plus de contrôle de leur corps. On pense notamment aux livres Les Heures rouges de Leni Zulmas et La Servante écarlate de Margaret Atwood.

La poésie québécoise n’est pas en reste lorsqu’il s’agit de féminisme. Audrey Hebert évoque dans Hochelagurls, des amitiés entre des femmes qui ont surmonté les épreuves de la vie et qui s’assument. Une plume acérée que l’on retrouve également dans Ne faites pas honte à votre siècle de Daria Colonna, une critique sociale dans laquelle la poétesse s’adresse directement aux lecteurs. À la fois intime et universel, Delete de Daphné B sublime le quotidien que nous connaissons tous.

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Nous vous invitons enfin à (re)découvrir des œuvres classiques d’autrices engagées qui ont inspiré et continuent d’inspirer de nombreuses personnes. Nous vous incitons à lire et relire Une Chambre à soi de Virginia Woolf, ouvrage incontournable dans l’histoire du féminisme. Impossible de ne pas évoquer Simone de Beauvoir qui cherche et analyse les éléments culturels qui conditionnent les femmes dans son essai Le Deuxième sexe. Ou encore Angela Davis avec son essai Femme, race et classe, une analyse critique et comparative du féminisme du siècle dernier en regard des luttes d’émancipation et de libération du peuple noir.

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Bonne lecture à tou.te.s les guerrier.ère.s qui nous suivent !

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