En ce 8 mars 2019, nous voulions souligner la Journée internationale des droits des femmes en vous proposant un panorama (non-exhaustif, et heureusement !) de bandes dessinées permettant d’ouvrir des réflexions sur la place des femmes dans le monde et à mettre entre toutes les mains, sans omettre celles des hommes, bien sûr.

Pour bien débuter votre exploration des concepts, des valeurs et des différents combats du féminisme, n’hésitez pas à faire confiance à La petite bédéthèque des savoirs : Le féminisme d’Anne-Charlotte Husson illustrée par Thomas Mathieu, ou au Commando culotte de Mirion Malle qui aborde de (très) nombreuses facettes (très) problématiques de la question du genre et des représentations de la femme dans la pop-culture, tout ça avec beaucoup d’humour. L’origine du monde, de Liv Strömquist, est quant à elle une œuvre qui permet de lever le voile sur le sexe féminin et ses représentations souvent biaisées, et qui piétine de nombreux tabous dont il est bon d’enfin se débarrasser.

Enfin, Le choix de Désirée et Alain Frappier, nous plonge dans le combat et la douleur des femmes qui ne l’avaient pas, ce choix (encore beaucoup trop remis en question aujourd’hui) avant la loi Veil de 1975, qui a légalisé l’avortement.

La bande dessinée québécoise ne manque pas non plus d’œuvres et d’autrices qui nous font réfléchir.

Avec Longs cheveux roux, Meags Fitzgerald ouvre le dialogue sur la bisexualité de son alter ego dessinée, qui arbore fièrement ses cheveux roux, longtemps considérés comme étant l’apanage des sorcières. Julie Delporte nous emporte dans ses réflexions parfois douloureuses mais nécessaires sur sa place en temps que femme avec Moi aussi je voulais l’emporter.

Autre immersion autobiographique, cette fois, dans l’esprit de Catherine Ocelot, avec La vie d’artiste, qui nous fait l’immense plaisir de venir nous en parler à la librairie pour notre brunch littéraire du 17 mars prochain !

Du côté des destins de femmes, Catel et Bocquet nous ont offert Olympe de Gouges, Kiki de Montparnasse et Joséphine Baker, biographies devenues cultes dans les librairies.

On a également pu découvrir la vie mouvementée de Karen Blixen, La lionne, et sa lutte contre les carcans de la société danoise très religieuse et guindée sous les plumes d’Anne-Caroline Pandolfo et de Terkel Risbjerg.

Claire Fauvel raconte de son côté les épreuves de Phoolan Devi, devenue reine des bandits (ou protectrice des plus faibles, selon les opinions) en Inde, après avoir été mariée de force et violentée parce qu’elle était une femme.

Autre œuvre belle et poignante, Les mauvaises herbes, dans laquelle la talentueuse Keum Suk Gendry-Kim livre le témoignage des femmes coréennes vendues comme esclaves sexuelles aux soldats japonais occupant la Corée pendant la Seconde Guerre Mondiale.

En Corée toujours, Song Aram dessine un récit intimiste en partie autobiographique avec Deux femmes, où l’on se heurte à la réalité de la société coréenne, conservatrice et patriarcale.

Pedro Riera s’est quant à lui inspiré de témoignages de femmes yéménites pour La voiture d’Intisar et Intisar en exil, qui mettent en scène une femme qui se bat pour ne pas plier sous les nombreux diktats de son pays.

Et comment ne pas mentionner le désormais classique et incontournable Persepolis de Marjane Satrapi, épopée autobiographique d’une femme iranienne qui cherche sa place dans un pays en pleine ébullition où la condition de la femme est sans cesse remise en question.

Les adaptations littéraires ne sont pas en reste quand il s’agit de mettre en scène de beaux personnages féminins. Lucie Durbiano nous offre notamment une très belle réécriture du piquant et facétieux Claudine à l’école de Colette, quand Magali Le Huche illustre brillamment les jeunes sorcières Pome et Verte de Marie Desplechin et que Claire Fauvel adapte La guerre de Catherine de Julia Billet. On retrouve également les Quatre sœurs de Malikah Ferdjoukh, croquées avec brio par Cati Baur.

Force est de constater (avec plaisir !) que la bande dessinée se pare de plus en plus d’héroïnes fortes et non stéréotypées (en tout cas, de moins en moins stéréotypées), et notamment la bande dessinée destinée aux jeunes lecteurs.

Les bergères guerrières d’Amélie Fléchais et Jonathan Garnier mettent en exergue des jeunes filles chevauchant des moutons qui sauvent la mise de leur village et prennent leurs destins en main, tandis que les éclectiques Lumberjanes de Noelle Stevenson, Grace Ellis et Brooke Allen dépoussièrent les éclaireuses et que L’esprit du camp de Michel Falardeau (aka Axelle Lenoir) et Cab nous offrent une très belle gang de filles drôles, profondes, diverses et intenses.

 

Pendant que Miss Marvel apporte fraîcheur et engagement dans le monde du comics, Mathieu Bablet et son collectif nous plongent dans des Midnight Tales sous forme de courtes histoires qui revisitent mythes et sorcellerie tout en abordant la place des femmes dans l’histoire et dans le monde.

Enfin, Tillie Walden, à qui l’on doit déjà le très beau Spinning, s’attaque cette année à la science-fiction avec Dans un rayon de soleil, où l’on est entourée de femmes dans un univers onirique qui oscille entre le présent et le passé, et où les histoires d’amour s’écrivent au féminin.

 

 

On espère que ces conseils de lecture vont vous inspirer, et on vous souhaite une bonne lecture engagée !

Pour aller plus loin, on vous propose ici quelques essais et romans qui nous tiennent à cœur !

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