Les romans historiques pour la jeunesse portant sur le Japon se comptent sur les doigts d’une main. Et si on s’intéresse aux auteurs québécois, il reste pas mal de doigts pour faire autre chose ! À l’occasion de la parution récente de Le sang des samouraïs, dernier tome de la trilogie Hanaken de Geneviève Blouin, pourquoi ne pas en profiter pour explorer cette société fascinante et complexe ? Endossez votre armure laquée, agrippez votre katana et votre wakizashi et plongez dans les aventures de la famille Hanaken !

Pour l’auteure, tout a commencé avec l’idée d’« une jeune fille, en fente sur un genou, son katana parallèle au sol, la pointe dégoulinante de sang. Sa manche et ses cheveux forment comme un rideau. Derrière, on devine un samouraï de haut rang, assis, impassible. » Avec le temps, la jeune fille est devenue Yukié Hanaken, âgée de 14 ans, qui, après la trahison de son père et la mort de ses parents, devient garde du corps du Seigneur Takayama. Avec son frère Sâto, elle est au premier plan des intrigues politiques qui parcourent l’ensemble de la trilogie.

Qui dit roman historique dit recherches. Et dans le cas du Japon, ce n’est pas si simple ! En effet, au fil de la rédaction des trois tomes, Geneviève Blouin a dû réconcilier les points de vue conflictuels des historiens japonais, qui prennent le parti de leurs ancêtres, cinq cents ans plus tard (!) ou encore tenter de comprendre comment les Japonais calculaient l’âge à l’époque (tout le monde vieillissait d’un an lors du Nouvel An chinois !). Malgré tout, l’auteure a cherché à respecter le contexte historique.

Par exemple, Yukié aurait vraiment pu devenir guerrière, puisque les samouraïs forment une caste et non pas un titre réservé aux hommes. Ainsi, une fille née dans une famille de samouraïs suivait le même entraînement que ses frères, et elle pouvait jouer un rôle crucial dans les batailles. Le meilleur exemple est Tomoé Gomen, une samouraï légendaire, qui est aussi l’idole de Yukié !

Même si Yukié et Sâto, les deux personnages principaux, occupent une place spéciale dans son cœur, Geneviève Blouin admet sans détour que son personnage préféré est sans contredit le seigneur Takayama, en raison du mélange de sagesse et de théâtralité qui forme sa personnalité.

Une chose est sûre, Geneviève Blouin a su mettre sa plume et son talent d’historienne à profit pour nous offrir une trilogie enlevante et riche en détails, qui fera le bonheur des lecteurs adolescents et, pourquoi pas, de leurs parents !

Cet article est paru initialement dans le numéro 92 de la revue Les Libraires.