Les zombies sont de plus en plus présents en bande dessinée, tel que l’illustrait la première partie de cet article. Si certaines de ces œuvres sont somme toute assez classiques, reprenant les ingrédients habituels d’une du récit de mort-vivant, d’autres titres ou séries tentent de jeter un nouvel éclairage sur le genre, ou de concilier un public plus élargi. C’est sur elles que nous nous attarderons aujourd’hui…

Du zombie un peu différent !

Depuis quelques temps, on retrouve des œuvres telles qu’Orgueil & préjugés et zombies (ainsi que Victorian Undead), dans lesquelles l’auteur mélange l’intrigue de grandes œuvres littéraires avec des attaques de zombies… Bien que cela peu sembler peu orthodoxe pour les grands amoureux des classiques, j’avoue que de voir de grandes dames piocher du zombie m’a bien amusée… À quand Les Hauts de Hurlevent à la sauce loup-garou ?

Dans Post mortem, un peu comme dans Les zombies qui ont mangé le monde, les morts sont ramenés à la vie et intègrent la société des vivants – mais cette fois pour servir d’esclaves. Et les vivants infligent une sévère discrimination à ces morts qui, soi-disant, volent leurs emplois… Mais trois jeunes fortement opposés à la « création » des zombies changent de camp lorsque l’un d’entre eux est zombifié et menacé par un mouvement anti-zombie de plus en plus violent. Toutes les histoires de zombies comportent un aspect de critique sociale, et Post mortem n’y fait pas exception : presque tout le récit vise à critiquer la société des vivants. Après tout, la situation présentée dans ce roman graphique rappelle largement les problèmes liés à l’immigration et le traitement des ethnicités en Europe…

La maison d’Emma Doucet, une veuve ayant un fichu caractère, est une entrave à un projet de développement immobilier de la Ville. Un soir, Emma chute, meurt… et se relève aussitôt. Maintenant zombie, la vieille dame se remémore son passé et se pose des questions au sujet de sa propre mort, et des morts suspectes de ses anciens voisins. Ma vie posthume, une courte série en deux tomes, propose au lecteur une enquête étrange, menée de façon… posthume et ponctuée de cynisme. Les dessins de Zanzim s’accordent à la perfection avec le récit.

Chez Marvel, quelques auteurs se sont posé une question étrange : que se passerait-il si un virus transformerait les vivants en zombies… et que les super héros étaient infectés ? Réponse : ces derniers ne feraient qu’une bouchée des survivants ! Je vous encourage à découvrir Marvel zombies, une série dans laquelle les héros sont des zombies et les zombies sont des héros, surtout si vous êtes un fan de Marvel…

Junko Mizuno s’amuse à prendre des contes de fées classiques et à les transformer en petits bijoux psychédéliques et érotiques. Dans Cinderalla, Cendrillon devient une vivante qui rêve d’être une zombie comme sa méchante belle-mère et son prince adoré. Une bonne fée putréfiée réalise son souhait, et la voici transportée dans un monde de pop-stars grotesques, d’humour noir et de gore mignonnet. À lire absolument pour tous fanatiques du style Gothic Lolita.

Dans Zorn et Dirna, la Mort à disparu, enfermée dans un miroir par un roi peureux. Mais les gens n’en sont pas pour le moins éternels : même si les âmes ne disparaissent pas, les corps vieillissent et s’abiment. Certains, comme Seldnör, ont alors pour métier de gérer les personnes trop « pourries ». C’est l’enfer, c’est le moins que l’ont puisse dire !

Mais l’espoir renait grâce à deux jumeaux qui semblent avoir le pouvoir d’offrir la mort. Évidemment, tout le monde s’arrache ces pauvres enfants. Mêlant un univers médiéval original à des scènes d’action incroyables et des personnages très humains, Zorn et Dirna est une série à ne pas manquer. La parution du tome final, ainsi que la réédition des cinq premiers, sont annoncés pour cet été.

Du zombie en famille

Les parents amateurs de morts-vivants peuvent partager leur passion avec leurs enfants en évitant habilement les récits trop morbides grâce à ces quelques titres jeunesse…

Je vous avais déjà parlé en ces pages de la série Ashrel, dans laquelle Pahn, un jeune palefrenier qui fuit le royaume d’Orwany, rencontre par hasard Ashrel, qui, lui, fuit un groupe de villageois en colère ! Ceux-ci poursuivent Ashrel car il possède un don bien singulier – celui de réveiller les morts, mais sans pour autant leur rendre la vie… Grâce à un style de dessin unique, des personnages attachant et une quête originale, on s’attache vite à Ashrel et on se passionne pour la suite de ses aventures.

Cette série s’adresse surtout à des jeunes adolescents. Pour les plus jeunes, je vous suggère Pierre Tombal, les aventures humoristiques d’un fossoyeur qui discute régulièrement avec ses pensionnaires, ainsi que – vous serez étonnés ! – le premier tome de la série Les Schtroumpfs, intitulé Les Schtroumpfs noirs.

Cette histoire ne comporte pas de zombies au sens strict, mais la structure du récit rappelle étrangement celle du film Night of the Living Dead, le classique de Romero, bien que l’album de Peyo fut publié neuf ans avant la diffusion du film… Le Schtroumpf noir est un Schtroumpf ordinaire, transformé, suite à la piqûre de la mouche Bzz, en une sorte de zombie à la peau d’un noir de jais. Les Schtroumpfs infectés deviennent hargneux et incapables de parler. Pire encore, s’ils mordent la queue d’autres schtroumpfs, ils les contaminent. Les schtroumpfs non-contaminés se barricadent dans le grenier alors que le Grand Schtroumpf cherche une solution permettant de combattre le virus et ainsi sauver la petite société bleue. L’histoire vous semble maintenant très familière, n’est-ce-pas ?

Certains humoristes tels Boulet ont déjà fait un parallèle entre cette histoire et la mode des zombies. On peut bien dire que Peyo était en avance sur son temps !

Finalement, je recommande également aux fanatiques de mangas de jeter un œil sur le numéro 181 du magazine Animeland (mai 2012), qui comprend un article sur les zombies dans la bande dessinée japonaise.

Bonnes lectures, et n’oubliez pas votre kit de survie !

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Orgueils & préjugés et zombies, Tony Lee d’après Jane Austen, Casterman, 9782203034259*
Post-mortem, Pierre Maurel, Gallimard, coll. « Bayou », 978207063855*
Ma vie posthume, t.1 : Ne m’enterrez pas trop vite, Hubert et Zanzim, Glénat, coll. « 1.000 feuilles », 9782723483599*
Marvel zombies, t.1 : La famine, Kirkman, Philips et Chung, Panini Comics, 9782809425642* (rééd. en juillet)
Cinderalla, Junko Mizuno, IMHO, 9782915517002*
Zorn et Dirna, t. 1 : Les laminoirs, Morvan, Bessady et Trannoy, Soleil, 9782845650084* (rééd. en août)
Ashrel , t.1 : Dragon,Valp, Delcourt, 9782756023724*
Pierre Tombal, t.1 : Les 44 premiers trous, Hardy et Cauvin, Dupuis, 9782800113234*
Les Schtroumpfs, t.1 : Les Schtroumpf noirs, Peyo, Dupuis, 9782800101088*

 

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