Le Délivré

Archive pour le mot-clef ‘Salon des nouveautés littératures’


11 avril 2015  par nos libraires

Littératures : les parutions de mars

Comme chaque mois, notre équipe de libraires passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour en repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces nouveaux titres, question d’aiguiser votre appétit livresque…

LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE

Fin de mission, Phil Klay, 2015, Gallmeister, 308 p, 9782351780831*

Un soldat en Irak doit abattre des chiens qui se nourrissent de cadavres, puis, quelques mois après, reprendre place sur son canapé dans une banlieue résidentielle où femme et labrador l’attendent. Un marine affecté aux « Affaires mortuaires » identifie, transporte et inhume des combattants indistinctement irakiens et américains. Pendant ce temps, un jeune officier se voit assigner la tâche absurde d’améliorer la vie des civils en leur apprenant à jouer au base-ball. Dans Fin de mission, Phil Klay emmène le lecteur sur les lignes de front de l’Irak et de l’Afghanistan. Il tente de comprendre ce qui s’est passé là-bas, mais aussi – surtout – de donner un sens au chaos auquel les survivants ont réchappé. Écrit avec un réalisme pur et dur, ce livre fait de Phil Klay l’une des nouvelles voix les plus talentueuses de sa génération.

Priscilla, Nicholas Shakespeare, 2015, Grasset, 523 p., 9782246810735*

Près de trente ans après la mort de sa tante Priscilla, l’auteur retrouve une boîte contenant sa correspondance et des photos. Persuadé depuis toujours qu’elle a connu un destin héroïque pendant la guerre, il décide de mener l’enquête et de faire la lumière sur son passé. Mais c’est une réalité tout autre qu’il ne tarde pas à découvrir. Dans ce texte passionnant qui se lit comme un roman, l’auteur nous raconte la vie secrète d’une femme en temps de guerre et pose une question fondamentale : qui sommes-nous pour condamner les choix de ceux qui, d’une certaine façon, luttaient pour survivre ?

La clarinette, Vassilis Alexakis, 2015, Seuil, 350 p., 9782021167696*

Vassilis s’aperçoit un jour qu’il a oublié le mot «clarinette». Il voit des clarinettes partout, mais le mot ne revient pas, ni en français, sa langue d’adoption, ni en grec, sa langue natale. Pourquoi perd-on la mémoire ? À Paris, son éditeur, qui est aussi son plus ancien et plus cher ami, a un cancer. Il le veille. La maladie progresse. Les souvenirs affluent, émouvants et cocasses. À Athènes aussi la crise mine la société. Le racisme se répand dans la ville autrefois si accueillante pour les métèques. Voici pourtant une jeune fille nommée Orthodoxie qui anime l’équipe de football des SDF, et Lilie, qui, à cent un ans, tricote des pull-overs pour les enfants défavorisés. Au Parthénon, les Anciens ont élevé un autel à l’oubli. On écrit toujours sur des absences, n’est-ce pas ? L’œil vif, la plume rapide, Vassilis Alexakis a quelque chose du funambule sur son fil.

Le géant enfoui, Kazuo Ishiguro, 2015, Fides, 433 p., 9782762138986*

Sur l’île de Bretagne, une Bretagne archaïque, christianisée mais où les vestiges de l’époque romaine récente sont encore bien visibles, un vieux couple, Axl et Beatrice, quittent un jour leur clan et se mettent en route. Ils vont retrouver leur fils adulte qui habite un village situé à quatre jours de marche. Mis à part le fait qu’il est leur fils, ils ont tout oublié de lui. À vrai dire, dans ces contrées, l’oubli semble avoir gagné presque toutes choses, êtres et événements, anciens ou récents. Les gens vivent dans des habitations creusées dans les collines ; des ogres, poussés par la faim, enlèvent des enfants ; des affrontements ont lieu périodiquement entre Bretons et Saxons. Sur fond de menace sourde, avec leurs souvenirs aux trois-quarts effacés, Axl et Beatrice vont par les chemins où ils feront diverses rencontres inquiétantes : des bateliers, des chevaliers, des moines, une jeune fille entravée… Roman terrible et réaliste, puisant dans la matière de Bretagne et dans les romans du roi Arthur ses images les plus fortes, Le géant enfoui est une troublante allégorie du monde moderne.

Le musée de l’inhumanité, William H. Gass, 2015, Cherche Midi, 573 p., 9782749133072*

Joseph Skizzen est un fils d’immigrés autrichiens ayant fui leur terre natale à l’orée de la Seconde Guerre mondiale pour se réfugier aux États-Unis. La vie entière de Joseph est placée sous le signe de l’imposture. Ses parents se sont fait passer pour Juifs afin de négocier leur fuite. Puis le père a abandonné sa famille du jour au lendemain. Livré au « rêve américain », Joseph a grandi, guidé par une règle unique : rester dans la médiocrité pour ne pas se faire remarquer. Devenu professeur de musique, Skizzen, gagné par la misanthropie, a installé dans son grenier un musée particulier : le musée de l’Inhumanité. Il y accumule les témoignages de la nature fondamentalement mauvaise de l’homme. D’une écriture éminemment musicale, le roman de Gass est d’une virtuosité incroyable. On y croise des personnages inoubliables, comme une vendeuse de voitures reine du gospel, une bibliothécaire défraîchie, une prof de français nymphomane… Ou quand la sérénité tente difficilement de s’insinuer dans la peinture tragi-comique d’un monde voué à l’entropie.

 

EN FORMAT POCHE

La passion, Jeanette Winterson, 2015, Points, 211 p., 9782757849460*

Tandis que la débâcle de Russie met fin à l’admiration d’Henri pour Napoléon, à Venise, Villanelle, travestie en homme, s’éprend d’une mystérieuse Dame de pique… qui lui dérobe son cœur. Il déserte son régiment, elle fuit l’Italie : leurs chemins se croisent à Moscou. Entre eux se nouent les fils de la passion et les amants se lancent dans une quête étrange : retrouver le cœur de la jeune femme…

L’homme de Kiev, Bernard Malamud, 2015, Rivages poche, 427 p., 9782743629649*

Yakov Bok quitte son village et s’installe à Kiev. Il aspire à une vie meilleure : un travail, un avenir, du temps pour lire ou pour rêver. Lorsqu’un enfant est découvert assassiné, cet homme comme les autres devient le coupable idéal. Car dans la Russie de Nicolas II, Yakov est d’abord un Juif. L’Homme de Kiev plonge dans les racines du mal, recréant l’Europe vacillante des tsars. Au-delà de la fable morale, Bernard Malamud a écrit un éblouissant roman sur la condition humaine, un chef-d’œuvre qui le place aux côtés de Franz Kafka ou Joseph Roth.

Histoire d’une femme libre, Françoise Giroud, 2015, Gallimard/Folio, 263 p. 9782070462452*

Été 1960. Françoise Giroud vient de subir le plus grand échec de son existence : sa mort. De nombreux verrous bloquant la porte de sa chambre, une dose plus que létale de poison avalée, le téléphone débranché, elle avait tout prévu… sauf que deux solides gaillards iraient jusqu’à défoncer une cloison pour l’arracher à un coma déjà profond. Il lui faudra vivre.

La saison de l’ombre, Léonora Miano, 2015, Pocket, 246 p., 9782266248778*

Au cœur de la brousse subsaharienne, un grand incendie a ravagé les cases du clan Mulongo. Depuis lors, douze hommes manquent à l’appel – les fils aînés pour la plupart. Pendant que les mères cherchent en songe les réponses à leur chagrin, le Conseil interroge les ancêtres, scrute les mystères de l’ombre : que signifie cette disparition ? Pour le salut de la communauté, le chef Mukano et quelques autres décident de partir à leur recherche en territoire bwele, leurs voisins. Peu d’entre eux atteindront l’océan – par où les « hommes aux pieds de poules » emportent leurs enfants…

Le piéton de Hollywood, Will Self, 2015, Points, 473 p., 9782757849972*

«Je vois.» Assis dans son bureau, le Dr Busner reste coi. Que dire à un patient qui annonce pêle-mêle la mort du septième art, le besoin de mener l’enquête à Los Angeles, la crainte d’un assassinat et la nécessité de se promener à pied pour « leur » échapper ?

L’autopsie délirante de la modernité par un dépressif lucide atteint de troubles obsessionnels compulsifs et de pertes de mémoire.

 

LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE ET CANADIENNE

Six degrés de liberté, Nicolas Dickner, 2015, Alto, 300 p., 9782896942183*

Où l’on raconte l’histoire d’une jeune fille qui désire repousser les limites de l’expérience humaine, d’un hacker qui veut optimiser la circulation mondiale des bananes et des coussins, d’une employée de la GRC qui rêve d’en finir une bonne fois pour toutes avec la géographie, d’un septuagénaire qui perd un boulon, d’une acheteuse compulsive bipolaire, de six perruches et d’un chat intermittent, tous unis dans un jeu de société à l’échelle planétaire dont personne ne connaît les règles.

Panik, Geneviève Drolet, 2015, Tête première, 316 p., 9782924207406*

Dehors, toundra. Blanche. Toute blanche. La terre, le ciel. Pas d’horizon. Impossible de fixer quoi que ce soit. Les muscles oculaires ne savent plus. L’aveuglement, le grand. Le blanc. Dans le Grand Nord du nord, dans le froid et le blanc de partout, Dorothée va vivre avec le Yéti, rencontrer des enfants et des adultes, des Inuit et des Blancs du Sud. Sa vie deviendra un long crissement de bottes dans la neige, quand les pierres veulent fendre et les doigts tomber. Dorothée va devoir se trouver et s’apprendre. Entre le western nordique et le roman d’intrigue, Panik est une fable polaire qui met en scène le Nunavut, une contrée méconnue, un endroit où la réalité dépasse la fiction. Geneviève Drolet signe ici son œuvre la plus achevée, un des plus beaux romans du Nord et du Froid qu’il nous ait été donné de lire. Avec ce roman d’une beauté et d’une force inouïes, elle nous montre l’étendue de son immense talent.

Accueillir la vie nue face à l’extrême qui vient, Paul Chamberland, 2015, VLB, coll. « Le soi et l’autre », 416 p., 9782896494859*

Le « résultat » final de la Destruction s’annonce comme la réduction généralisée des conditions de l’existence à la vie nue : le dénuement, la détresse et le déni de tout droit et de toute dignité. Accueillir la vie nue, telle serait l’ultime opération. On ne pourrait toutefois l’effectuer qu’à la condition d’assumer sa propre vulnérabilité. Ainsi pourrait être dégagée la seule puissance capable de désamorcer les ressorts de la pulsion d’autodestruction qui risque de précipiter l’humanité à sa perte. Tel serait, pour une communauté d’« accueillants », le pari d’une espérance endeuillée.

À la recherche de New Babylon, Dominique Scali, 2015, La Peuplade, 500 p., 9782923530956*

New Babylon n’existe pas. Mais s’il fallait créer cette ville, les duels y seraient permis et il n’y aurait pas d’autre loi que celle interdisant les hommes de loi. On y aurait constamment le souffle coupé, à cause des paysages, et ultimement parce qu’on y finirait la gorge tranchée. Ce serait un endroit dangereux où, enfin, chacun connaîtrait sa vraie valeur. Dans ce western enlevant, qui dépeint avec minutie l’Ouest américain des années 1800, le Révérend Aaron, Charles Teasdale, Russian Bill et Pearl Guthrie fouillent le désert à la poursuite d’un idéal impossible, laissant derrière eux les empreintes de leurs destins. Dans un monde où rien ne dure, « il n’est pas question de fuir la mort, mais de choisir son arène ». À la recherche de New Babylon révèle qu’il faut bâtir soi-même la vi(ll)e rêvée.

Solomon Gurski, Mordecai Richler, 2015, Boréal, 672 p., 9782764623749*

« L’humour qui caractérise ce roman aux multiples échos, sa profondeur, son esprit retors évoquent une heureuse synthèse de Dickens, de Malcolm Lowry et de Philip Roth. Une admirable réussite. » – The Times

Première de cinq nouvelles traductions de romans de Mordecai Richler par nul autre que l’éminent duo de traducteurs formé par Paul Gagné et Lori Saint-Martin, dont le travail a maintes fois été récompensé et souligné. Suivront : Son of a Smaller hero (1955), St. Urbain’s Horseman (1971), Joshua Then and Now (1980), et The Apprenticeship of Duddy Kravitz (1959). Les Éditions du Boréal souhaitent ainsi « permettr[e] aux lecteurs habituels de Richler de retrouver les romans qu’ils connaissent déjà dans un texte français aux accents plus fidèles aux œuvres originales, et aux lecteurs plus jeunes de découvrir un auteur de premier plan, dont les œuvres n’étaient, pour nombre d’entre elles, plus disponibles en français. » Le tout avec une unité de ton que l’on ne retrouvait pas dans l’ensemble des traductions originales. (Maxime Nadeau)

 

EN FORMAT POCHE

Journal, Marie Ugay, 2015, Boréal, coll. « Boréal compact », 336 p., 9782764623787*

Marie Uguay occupe une place à part dans la poésie québécoise. Sa poésie sensuelle, qui chante la beauté du monde, lui a gagné des lecteurs nombreux et fervents. Le destin tragique de Marie Uguay lui confère aussi la marque des êtres d’exception. Comme Nelligan, comme Saint-Denys Garneau, elle est fauchée en pleine jeunesse.
C’est le cancer qui l’emporte à vingt-six ans, en 1981. Il aura fallu attendre plus de vingt ans avant de lire ce journal, publié pour la première fois en 2005 (Boréal). Il fait figure de document unique où prose et poésie se répondent, et qui nous entraîne aux sources mêmes de la création.

Voyage léger, Mélissa Verreault, 2015, Bibliothèque québécoise, 184 p., 9782894063705*

Une jeune photographe entreprend un voyage afin d’échapper à un quotidien morne et sans saveur. Mais une fois à l’aéroport, c’est face à elle-même qu’elle se retrouve. Sa remise en question soudaine et l’introspection qui en découle lui font emprunter une tout autre trajectoire que celle escomptée. La plume limpide et pleine d’espoir de Mélissa Verreault fait entendre le monologue intérieur d’une héroïne mélancolique, dans ce récit fourmillant de détails justes et d’aveux touchants.

Les O’Brien, Peter Behrens, 2015, 10/18, coll. « Littérature étrangère », 571 p., 9782264064516*

1887, dans l’arrière-pays canadien, la famille O’Brien apprend le décès du père. Le jeune Joe s’occupe de ses frères et sœurs et de sa mère. Il parcourt ensuite le continent et après avoir rencontré sa future femme, Iseult, fonde une entreprise et une famille. Racontée du point de vue de Joe, d’Iseult et de leurs enfants, la chronique d’une famille sur trois quarts de siècle.

 

POÉSIE

Pages intimes de ma peau, Josée Yvon, 2015, Écrits des Forges, 165 p., 9782896452828*

Pages intimes de ma peau est un hommage rendu à Josée Yvon dont 2014 marquait le vingtième anniversaire de la mort. Le présent titre réunit La chienne de l’hôtel Tropicana, paru en 1977, Koréphilie (1981) et Filles-missiles (1986), auxquels on a ajouté quelques poèmes de la même époque. Josée Yvon a élaboré une œuvre hors du commun. Elle s’est intéressée à la littérature américaine, plus particulièrement au travail de la Beat Generation, mais elle a aussi été influencée par la littérature lesbienne des année 1960-1970. Son œuvre s’inscrit dans la contre-culture, dont elle a été une représentante fervente. La poète a été l’une des premières, dans sa poésie et dan ses récits, à utiliser différents stratagèmes littéraires comme le mélange des genres, le collage, la langue parlée, et la provocation extrême de style trash, pour faire vivre les personnages de junkies, de travesties, de danseuses érotiques, de prostituées et d’autres paumés. L’univers mis en scène est celui du mal-être et du mal de vivre des blessés de la société, ces exclus à qui elle témoigne respect et affection. Elle oppose le sombre quotidien de ces derniers à celui de l’ensemble des autres citoyens, violemment et radicalement, dans une vision de la société perçue comme privilégiée, standard et uniformisante, mais surtout stéréotypée et aliénante et qui n’hésite pas à ajouter à la misère de ceux, et de celles surtout, qu’elle ne voit pas.

Ouvert l’hiver, Sébastien Dulude, 2015, La Peuplade, coll. « Poésie », 88 p., 9782923530963*

Une maison s’offre ouverte, débarrée, prête à accueillir qui veut se réchauffer ou dormir, simplement. Tombent de ce calendrier d’hiver quelques poèmes blancs – avec la neige, les yeux et le soir –, s’enchaînent une série de petites pièces ciselées que Sébastien Dulude a voulu glaciales dans leur forme et chaudes dans leur langue. Les engelures, le vin chaud, les tuyaux gelés, le calorifère, la buée, la tempête : ouvert l’hiver dessine ces images connues de notre imaginaire nordique, de part et d’autre de fenêtres brillantes, au bord desquelles le sujet hésite. Ces poèmes, délicats mais sonores, obsessivement ficelés, aspirent à confondre beauté et rudesse, chaleur et malaise, dans une intimité teintée d’ambiguïté.

À la cyprine, Eugène Savitzkaya, 2015, Minuit, 96 p., 9782707328281*

Le moindre vent nous décoiffe, le plus petit cri nous fait sursauter, l’acidité nous fait grimacer, l’aigre émeut nos sinus, la douceur nous appelle et nous écœure, le sel relève les saveurs des aliments, le poivre révèle l’amertume de l’orange, la nuit attend le jour et les années s’étirent, le châtaignier doit revivre, le cœur active le sang. Mais, sans la cyprine, point de bonheur en ce monde, ni d’appétit.

Dans l’hiver des villes, Tennessee Williams, 2015, Seghers, coll. « Poésie d’abord », 260 p., 9782232123856*

Un recueil de poèmes sur les thèmes de la sincérité et de la solitude où s’expriment l’empathie du dramaturge pour les personnages marginaux ainsi que son homosexualité.

Anthologie de la poésie chinoise, collectif (Rémi Mathieu, dir.), 2015, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1547 p., 9782070143764*

Une présentation de plus de 1 800 poèmes choisis parmi les œuvres de 401 auteurs et anonymes. Le volume est divisé selon les différentes dynasties depuis l’Antiquité jusqu’à la période contemporaine, depuis Les dix-neuf poèmes anciens jusqu’aux auteurs du XXe siècle comme Haizi, Mao Zadong et Bel Dao.

 

THÉÂTRE

Œuvres complètes d’Anne Hébert T. 5: Théâtre, nouvelles et proses diverses, Anne Hébert (Nathalie Watteyne, dir.), 2015, Presses de l’Université de Montréal, coll. « Bibliothèque du Nouveau Monde », 1036 p., 9782760621879*

La publication de cette édition critique en cinq tomes, au tirage limité, est l’un des projets les plus importants menés par les PUM ces dernières années. En rassemblant tous les textes de l’auteur, l’équipe interuniversitaire dirigée par Nathalie Watteyne a fait un travail colossal qui apporte à l’œuvre de nouveaux éclairages tout en la replaçant dans sa continuité temporelle. Le cinquième volume présente divers contes et nouvelles, dont Le Torrent, des textes dramatiques et des proses diverses, publiés, parus en revue, ou inédits.

À la fois poète, romancière, nouvelliste et dramaturge, Anne Hébert (1916-2000) est l’un des écrivains québécois les plus appréciés et les plus reconnus dans le monde.

L’édition critique de ces textes est menée par une équipe reconnue de spécialistes de l’Université Sherbrooke sous la direction de Nathalie Watteyne, directrice du Centre Anne-Hébert. Elle apporte une nouvelle dimension à l’œuvre.

La robe blanche, Pol Pelletier, 2015, Herbes rouges, 104 p., 9782894195161*

« Tout art est politique.

Tout artiste se situe par rapport au pouvoir, qu’il-elle le sache ou non, dans sa façon de présenter son monde.

La Robe blanche est l’œuvre qui réunit le plus parfaitement art et politique.

Mon but est de provoquer une révolution. » – Pol Pelletier

La machine à révolte, Annick Lefebvre, 2015, Dramaturges Éditeurs, 56 p., 9782896370818*

«MATHILDE
Avoir su, Océane, on en aurait fait un, nous deux, un pacte. Un pacte de lames de rasoirs dans les veines, de gobage de pilules avec du Jack Daniel’s ou de pendaison double dans un garage double du Plateau Mont-Royal. Si c’est vraiment ça que tu voulais, on aurait pu le faire. Ensemble. Je comprends pas, mon amie, je comprends rien. Je braille ma vie dans ton chandail en y cherchant constamment tes bras pis le reste de ton corps, mais y a rien que mes bras à moi pis le reste de mon corps à moi dans ton coton ouaté préféré ! »

 

LITTÉRATURE POLICIÈRE

Les nuits de Reykjavik, Arnaldur Indridason, 2015, Métailié, coll. « Bibliothèque nordique », 259 p., 9791022601535*

La mort inexpliquée d’un clochard qu’il croisait à chacune de ses rondes de nuit obsède le jeune Erlendur, nouvelle recrue de la police islandaise. Sa première enquête l’entraîne dans les bas-fonds de la ville.

Tous les démons sont ici, Craig Johnson, 2015, Gallmeister, coll. « Noire », 315 p., 9782351780848*

Après avoir été arrêté, Raynaud Shade, un dangereux sociopathe Indien Crow d’adoption, avoue avoir caché un cadavre au cœur des Bighorn Mountains dans le Wyoming. Le shérif Walt Longmire a la mission d’escorter le meurtrier jusqu’au lieu du crime et de récupérer le corps. Mais cette expédition recèle bien des dangers.

Les ombres de Katyn, Philip Kerr, 2015, Éditions du Masque, 476 p., 9782702441596*

Une nouvelle enquête de Bernie Gunther, qui se retrouve dans la forêt de Katyn pour exhumer les 4.000 corps des officiers polonais qui auraient été assassinés à Smolensk, en 1943.

Les temps sauvages, Ian Manook, 2015, Albin Michel, 523 p., 9782226314628*

Une prostituée est assassinée et son fils est porté disparu. Bien que visé par un complot, l’inspecteur Yeruldelgger mène l’enquête avec ses équipiers. Explorant la Mongolie, la Russie et la Chine, ils arrivent finalement au Havre où six jeunes garçons sont retrouvés morts dans un container.

Jeremiah, Hervé Gagnon, 2015, Libre expression, coll. « Expression noire », 360 p., 9782764810613*

Avril 1865. La guerre de Sécession tire à sa fin, et les membres d’une société secrète confédérée, les Knights of the Golden Circle, sont réunis au St. Lawrence Hall Hotel, à Montréal. Leur but : planifier une éventuelle reprise des hostilités et encaisser des traites bancaires américaines d’une valeur de 2,5 millions de livres sterling. Parmi eux, John Wilkes Booth, futur assassin du président Abraham Lincoln, a en sa possession un objet encore plus précieux. Février 1892. Des Noirs montréalais sont sauvagement torturés et assassinés à la manière caractéristique du Ku Klux Klan. Le journaliste du Canadien Joseph Laflamme se lance sur l’affaire en compagnie de l’inspecteur Marcel Arcand, du Département de police de Montréal. Ils croiseront la route d’un personnage légendaire que l’on croit mort depuis 1882 et qui ne reculera devant rien pour retrouver ce que Booth a caché à Montréal.

EN FORMAT POCHE

Ceux qui tombent, Michael Connelly, 2015, Livre de poche, coll. « Policier », 474 p., 9782253904809*

Harry Bosch est de retour pour une nouvelle enquête. Cette fois-ci, il s’agit d’élucider une affaire de viol ayant eu lieu des années auparavant, et le meurtre ou le suicide d’un homme défenestré qui n’est autre que le fils du conseiller Irving, l’ennemi juré de l’inspecteur.

Et à l’heure de votre mort, Jacques Côté, 2015, Alire, 528 p., 9782896151226*

17 septembre 1894… La grande salle de l’hôtel Windsor est bondée de notables. Tous sont venus entendre Georges Villeneuve, médecin-expert à la morgue de Montréal, et son collègue, le docteur Wyatt Johnston, exposer les raisons qui les poussent à demander la construction d’une nouvelle morgue. Villeneuve a à peine terminé son discours quand surgit le lieutenant Bruno Lafontaine : une atrocité s’est produite dans un taudis de Griffintown et il a besoin de son expertise. Sur la scène du crime, une jeune femme gît dans son sang, littéralement éventrée à la suite d’un avortement clandestin. Villeneuve, qui tente d’inculquer aux forces de l’ordre des méthodes d’analyse modernes, découvre bien peu d’indices en raison de l’incurie des agents. L’enquête sera longue et laborieuse. Villeneuve n’en poursuit pas moins ses autopsies à la morgue, ses cours aux étudiants en médecine et, depuis peu, son travail d’assistant-surintendant à l’asile Saint-Jean-de-Dieu, car il a enfin obtenu le poste d’aliéniste qu’il convoitait. Or, quand une deuxième, puis une troisième boucherie sont découvertes, la presse s’enflamme et la pression pour que soit arrêté le fou meurtrier devient intenable. Pour Villeneuve, à cette obligation de résultat immédiat s’ajoute une terrible responsabilité : celle de l’aliéniste, dont le devoir est de protéger à tout prix les personnes atteintes de maladie mentale !

Dark Tiger, William G. Tapply, 2015, Gallmeister, coll. « Totem », 9782351785485*

Depuis sept ans, Stoney Calhoun, ancien vétéran, a perdu la mémoire mais s’est découvert des talents inattendus. Lorsque sa paisible existence se trouve menacée, il est contraint d’enquêter sur le meurtre d’un agent gouvernemental, retrouvé mort au nord de l’Etat, en prenant la place d’un guide de pêche.

Prague fatale, Philip Kerr, 2015, Livre de poche, coll. « Policier », 563 p., 9782253000419*

Berlin, 1942. Capitaine dans le service de renseignement SS, Bernie Gunther est de retour du front de l’Est. Alors qu’il a été affecté au service des homicides et qu’il enquête sur l’assassinat d’un ouvrier néerlandais, il surprend un homme battant sa femme dans la rue et décide de protéger l’inconnue et de l’emmener avec lui à Prague, où Heydrich l’a invité.

Un vent de cendres, Sandrine Collette, 2015, Livre de poche, coll. « Thriller », 286 p., 9782253176022*

Camille enquête sur la disparition mystérieuse de son frère Malo au cœur d’un domaine champenois où il travaillait en tant que vendangeur. Elle peut compter sur l’aide du maître de maison, un homme étrange, muré dans le silence depuis dix ans.

 

SCIENCE-FICTION, FANTASTIQUE & FANTASY

Wild Cards T. 2: Aces High, George R. R. Martin, 2015, Nouveaux millénaires, 539 p., 9782290061084*

Le deuxième volume de nouvelles représentant le monde post-apocalyptique et ravagé d’après 1946, l’année du déclenchement de l’épidémie meurtrière. Les rescapés se divisent en deux catégories : les aces, êtres développant d’étranges capacités, et les jokers, rachitiques rebuts de l’humanité. Avec l’aide d’une organisation maçonnique, un extraterrestre vient les affronter.

Viriconium: Intégrale, John Harrison, 2015, Mnémos, 492 p., 9782354082925*

Durant des millénaires, Viriconium, la cité pastel, fut le dernier refuge de la civilisation, l’ensemble de la planète ayant été pillé et détruit par ses propres habitants. Mais la cité est menacée par le conflit qui oppose les deux reines, en possession des armes antiques à l’origine de la destruction du monde.

Servir froid, Joe Abercrombie, 2015, Bragelonne, 666 p., 9782352948193*

Monza Murcatto est mercenaire au service du grand-duc Orso mais ses victoires l’ont rendue trop populaire pour son employeur. Trahie, le corps brisé, elle est laissée pour morte. Sa vengeance sera terrible, sept hommes devront mourir.

Le château des millions d’années, Stéphane Przybylski, 2015, Le Bélial, 356 p., 9782843441325*

En juin 1939, sous les ordres d’Heinrich Himmler, l’officier Friedrich Saxhäuser participe à une expédition archéologique en Irak dont le but secret consiste à établir une alliance contre les Britanniques. De plus en plus dubitatif à l’égard du nazisme, se sentant espionné, il fait une découverte stupéfiante, dont la possession donnerait un avantage décisif dans le conflit à venir.

Blizzard T. 1: Le secret des Esthètes, Pierre Gaulon, 2015, Mnémos, 283 p., 9782354082895*

Perdus au milieu d’un désert de glace, le magicien Blizzard et son disciple Chasseur luttent pour leur survie. Un jour, une phalange les attaque sans raison apparente, les poussant sur la route, animés du désir de vengeance et le besoin de comprendre.

FORMAT POCHE

Rois du monde T.1: Même pas mort, Jean-Philippe Jaworski, 2015, Folio, coll. « SF », 459 p., 9782070457748*

En Gaule, au cours d’une guerre entre tribus celtes, Ambigat tue son beau-frère Sacrovèse. Ambigat exile sa sœur et les deux fils de celle-ci dans le royaume biturige. Lorsque les deux enfants atteignent l’âge de porter les armes, leur oncle les envoie guerroyer contre les dangereux Ambrones. Prix Imaginales 2014 (Roman francophone).

Docteur Sleep, Stephen King, 2015, Livre de poche, coll. « Fantastique », 459 p., 9782253183600*

Danny Torrance est devenu adulte. Surnommé Docteur Sleep, il travaille dans un hospice, où il utilise ses pouvoirs surnaturels. Il y rencontre Abra, une jeune adolescente qui fuit un inquiétant groupe de voyageurs. Ceux-ci traquent les enfants télépathes pour se nourrir de leur lumière.

Feed T. 3: Red Flag, Mira Grant, 2015, Folio, coll. « SF », 752 p., 9782070459100*

L’oligarchie à la tête de l’Amérique post-zombie monte en puissance. Menacés par le pouvoir, les blogueurs affrontent également des savants prométhéens et un ours mort-vivant.

Le Volcryn, George R. R. Martin, 2015, ActuSF, coll. « Hélios », 172 p., 9782917689806*

Neuf scientifiques embarquent à bord de l’Armageddon, un vaisseau spatial, afin d’aller à la rencontre du Volcryn, un astronef légendaire.

Le dernier apprenti sorcier T. 4 : Le rêve de l’architecte, Ben Aaronovitch, 2015, J’ai lu, coll. « Fantastique », 379 p., 9782290081068*

Une série d’événements criminels, sans lien apparent, conduisent l’agent Peter Grant et l’inspecteur Thomas Nightingale dans les entrailles des immeubles Goldfinger, situés au sud de la Tamise.

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Tous les textes proviennent des éditeurs, sauf lorsqu’il y a mention d’auteur.

Sélection : Benoit Desmarais – litt. étrangère ; Maxime Nadeau – litt. québécoise, poésie et théâtre ; Morgane Marvier – policier ; Caroline Scott – science-fiction.

 


13 mars 2015  par nos libraires

Littératures : les parutions de février

Comme chaque mois, notre équipe de libraires passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour en repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces nouveaux titres, question d’aiguiser votre appétit livresque…

LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE

La confession de la lionne, Mia Couto, 2015, Métaillié, 233 p., 9791022601474*

Lorsque le chasseur Arcanjo Baleiro arrive à Kulumani pour tuer les lions mangeurs d’hommes qui ravagent la région, il se trouve pris dans des relations complexes et énigmatiques, où se mêlent faits, légendes et mythes. Une jeune femme du village, Mariamar, a sa théorie sur l’origine et la nature des attaques des bêtes. Sa sœur, Silência, en a été la dernière victime. L’aventure est racontée par ces deux voix, le chasseur et la jeune fille.

Clair, rapide, déconcertant, Mia Couto montre à travers ses personnages forts et complexes la domination impitoyable sur les femmes, la misère des hommes, la dureté de la pénurie et des paysages. Un grand roman dans la lignée de L’Accordeur de silences.

Fenêtres sur la nuit, Dan Vyleta, 2015, Alto, 592 p., 9782896942022*

1939. Tandis que l’étau nazi se resserre autour de Vienne, une série d’assassinats sordides plonge les résidents d’un immeuble dans l’angoisse. C’est toutefois pour élucider le meurtre de son chien que Speckstein, professeur déchu et espion à la solde du Parti, fait appel au docteur Anton Beer, qui a étudié la psychologie juridique. L’une des patientes de Beer, la jeune et troublante Zuzka, passe ses nuits à épier ses voisins depuis sa fenêtre, d’où elle tente de briser les silences et de déchiffrer les secrets murmurés derrière les portes closes. Et si l’un d’eux avait du sang sur les mains ? À une époque où la présomption d’innocence dépend de la maîtrise de l’art du déguisement et de la dissimulation, il arrive que les fenêtres se transforment en miroirs… Livre noir empreint d’un esprit cinématographique rappelant l’expressionnisme allemand, roman social paranoïaque baigné d’une inquiétante étrangeté, Fenêtres sur la nuit navigue sur la mince frontière séparant la pulsion de mort de l’instinct de survie, là où se rencontrent les meurtriers, les lâches et les innocents.

Danser les ombres, Laurent Gaudé, 2015, Actes Sud, 249 p., 9782330039714*

En ce matin de janvier, la jeune Lucine arrive de Jacmel à Port-au-Prince pour y annoncer un décès. Très vite, dans cette ville où elle a connu les heures glorieuses et sombres des manifestations étudiantes quelques années plus tôt, elle sait qu’elle ne partira plus, qu’elle est revenue construire ici l’avenir qui l’attendait. Hébergée dans une ancienne maison close, elle fait la connaissance d’un groupe d’amis qui se réunit chaque semaine pour de longues parties de dominos. Dans la cour sous les arbres, dans la douceur du temps tranquille, quelque chose frémit qui pourrait être le bonheur, qui donne l’envie d’aimer et d’accomplir sa vie. Mais, le lendemain, la terre qui tremble redistribue les cartes de toute existence… Pour rendre hommage à Haïti, l’île des hommes libres, Danser les ombres tisse un lien entre le passé et l’instant, les ombres et les vivants, les corps et les âmes. D’une plume tendre et fervente, Laurent Gaudé trace au milieu des décombres une cartographie de la fraternité, qui seule peut sauver les hommes de la peur et les morts de l’oubli.

Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie, 2015, Gallimard, 249 p., 9782070142354*

Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études à Philadelphie. Jeune et inexpérimentée, elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l’Amérique, qui compte bien la rejoindre. Mais comment rester soi lorsqu’on change de continent, lorsque soudainement la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais donnés ?

Pendant quinze ans, Ifemelu tentera de trouver sa place aux États-Unis, un pays profondément marqué par le racisme et la discrimination. De défaites en réussites, elle trace son chemin, pour finir par revenir sur ses pas, jusque chez elle, au Nigeria. À la fois drôle et grave, doux mélange de lumière et d’ombre, Americanah est une magnifique histoire d’amour, de soi d’abord mais également des autres, ou d’un autre. De son ton irrévérencieux, Chimamanda Ngozi Adichie fait valser le politiquement correct et les clichés sur la race ou le statut d’immigrant, et parcourt trois continents d’un pas vif et puissant.

Une vie après l’autre, Kate Atkinson, 2015, Grasset, 524 p., 9782246807650*

11 février 1910 : Ursula Todd naît – et meurt aussitôt.

11 février 1910 : Ursula Todd naît – et meurt, quelques minutes plus tard, le cordon ombilical enroulé autour du cou.

11 février 1910 : Ursula Todd naît – le cordon ombilical menace de l’étouffer, mais cette fois le médecin est là pour le couper, et Ursula survit…

Ursula naîtra et mourra de nombreuses fois encore – à cinq ans, noyée ; à douze ans, dans un accident domestique ; ou encore à vingt ans, dans un café de Munich, juste après avoir tiré sur Adolf Hitler et changé ainsi, peut-être, la face du monde… Si l’on avait la possibilité de changer le cours de l’Histoire, souhaiterions-nous vraiment le faire ?

EN FORMAT POCHE

Sous un ciel qui s’écaille, Goran Petrović, 2015, 10/18, 190 p., 9782264055682*

Kraliévo, petite ville serbe. Sous sa voûte étoilée, l’Uranie attire une faune bigarrée : malfrats, artistes ratés, exhibitionnistes, confiés aux bons soins du projectionniste Bonitch et d’un perroquet baptisé Démocratie. Guerres, communisme, dictature – ce drôle de cinéma a survécu aux folies de l’Histoire, jusqu’à cet après-midi de mai 1980, celui de la dernière séance… Avec cette fable savoureuse menée tambour battant, l’Emir Kusturica des lettres serbes signe un portrait cocasse en diable de la nature humaine et de l'(ex-)Yougoslavie.

L’enfant de l’étranger, Allan Hollinghurst, 2015, Livre de Poche, 764 p., 9782253020424*

Tout commence en 1913, dans le jardin de la maison de campagne des Sawle dans le Middlesex. Étudiant à Cambridge, le timide George Sawle a invité aux Deux Arpents un de ses camarades, l’aristocratique et énigmatique Cecil Valance. Ces jours dans la maison familiale et le poème qu’ils inspirent à Cecil vont changer leur destin. Et plus encore celui de Daphné, la sœur de George. En ce printemps où rien n’annonce les proches bouleversements de l’Histoire, un pacte se noue secrètement entre les trois jeunes gens, point de départ d’une fresque saisissante à travers le XXe siècle, par l’un des plus grands romanciers anglais contemporains.

Quand tout est déjà arrivé, Julian Barnes, 2015, Gallimard/Folio, 148 p., 9782070462339*

« Nous vivons à ras de terre, à hauteur d’homme et pourtant – et par conséquent – nous aspirons à nous élever. »

C’est à différentes altitudes que se situent les trois récits qui composent ce livre. Le premier nous conte, avec humour, les différentes tentatives de l’homme pour voir le monde d’en haut. Et il s’attache plus particulièrement à celles de Nadar, qui, à bord d’un ballon, réalisa les premiers clichés aérostatiques en 1858. Le deuxième se penche sur les amours de Sarah Bernhardt avec un bel officier anglais. Nous sommes « à hauteur d’homme ». Le troisième nous parle de ce qui se passe quand « tout est déjà arrivé ». L’être qui nous était le plus proche meurt et l’on tombe « de la plus grande hauteur ». Julian Barnes est dans ce recueil au sommet de son art.

Le chardonneret, Donna Tartt, 2015, Pocket, 1110 p., 9782266250764*

C’est un minuscule tableau de maître. Un oiseau fascinant. Inestimable. La raison pour laquelle Théo Decker, 13 ans, s’est retrouvé en possession de ce chef-d’œuvre de l’art flamand est une longue histoire… Un hasard qui, huit ans après ce jour tragique de pluie et de cendres à New York, l’obsède toujours autant. Des salons huppés de Manhattan aux bas-fonds mafieux d’Amsterdam ou de Las Vegas, Le Chardonneret surveille l’effroyable descente aux enfers de Théo et préside à son étrange destin…

Les dépossédés, Steve Sem-Sandberg, 2015, 10/18, 730 p., 9782264052889*

Le ghetto de Lódz, créé en 1940, deviendra la plus grande ville-atelier de Pologne. À sa tête, Chaïm Rumkowski, directeur tyrannique et pédophile, reste un monstre pour les uns, un héros pour les autres. En nourrissant son roman de l’exigence historique, Sem-Sandberg pénètre les flous et les interdits afin de cerner ce personnage controversé, dont les paradoxes n’autorisent pas toujours de réponses…

 

LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE ET CANADIENNE

T’es où, Célestin?, Alain Poissant, 2015, Sémaphore, 194 p., 9782924461020*

T’es où, Célestin? raconte le destin de Célestin Verdier, un cultivateur devenu patriote durant les troubles de 1837-38 à Napierville, et des répercussions de son engagement, sur lui et sur sa famille. Ce roman rend hommage aux oubliés de l’histoire des Patriotes, les femmes et les enfants.

La péninsule, Louis-Bernard Robitaille, 2014, Noir sur blanc, coll. « Notabilia », 211 p., 9782882503657*

Dans un monde futur, Jimmy Durante, capitaine chargé des écritures et de l’idéologie au département des Études, a été déchu de ses fonctions. Réfugié dans la péninsule, un périmètre interdit où a eu lieu un accident nucléaire quinze ans auparavant, il vit tranquillement. Il y rencontre Valentina Ordjonikidzé, une ancienne violoncelliste au passé trouble.

Traité des peaux, Catherine Harton, 2015, Marchand de feuilles, 176 p., 9782923896441*

Dans des forêts où les ancêtres appellent la poudrerie le souffle de la mort, une joaillière fabrique des bijoux avec des plumes d’oiseaux, un homme de 54 ans correspond avec celui qui a envoyé un message dans une bouteille jetée à la mer, un autre attend que l’orage éclate pour ouvrir la bouche et le boire en entier. La nature ouvre ses branchies, dans ce livre, où l’on demande et propose le pardon. Le Traité des peaux est rempli de talismans qui viennent de la terre. Ses paysages nous montrent que nous sommes un peuple nordique et que nous ne sommes pas seuls au monde. Nous habitons des lieux peuplés de reliques, où un seul mouvement brusque peut faire migrer toute une colonie.

Cataonie, François Blais, 2015, L’Instant même, 120 p., 9782895023609*

Irrévérence, manipulation des codes, univers décalé, on reconnaît bien dans Cataonie la griffe de François Blais. L’absurdité des situations dans lesquelles il plonge son personnage est proprement hilarante.

Pures et dures, Andrée Ferretti, 2015, XYZ, coll. « Romanichels », 136 p., 9782892618877*

Voici vingt-six nouvelles, chacune ayant pour titre un prénom féminin commençant par une des vingt-six lettres de l’alphabet. Vingt-six portraits de femmes, saisis à un moment crucial de leur vie, et qui illustrent un des rapports particuliers et variés qu’elles entretiennent avec la liberté. Il y a celles qui y aspirent, celles qui en jouissent, celles qui se battent pour l’obtenir et celles qui la troquent contre un besoin plus grand de sécurité. Ces femmes sont de tous les âges. [T]outes réfléchissent sur leurs propres conditions d’existence et plus largement, pour quelques-unes, sur l’état du monde. Chacune à sa manière est une femme engagée, une pure et dure.

EN FORMAT POCHE

Dernier voyage à Buenos Aires, Louis-Bernard Robitaille, 2014, Libretto, 212 p., 9782369141907*

Quelques décennies après son arrivée à Paris dans l’intention d’y réussir comme romancier, Jefferson Woodbridge n’est parvenu qu’à devenir tâcheron et traducteur dans une maison d’édition. Apprenant qu’il va perdre la vue dans six mois, il décide d’aller mettre fin à ses jours à Buenos Aires. L’approche de la mort fait ressurgir le souvenir de Magdalena, une jeune femme rencontrée un soir.

Quelqu’un, Aude, 2015, Bibliothèque Québécoise, 128 p., 9782894063712*

À trente-six ans, Magali, une artiste, est atteinte d’une maladie dégénérative. Paralysée et muette, elle vivote à l’hôpital depuis un an et demi, emprisonnée dans son corps, lorsqu’une chirurgienne désabusée, Dr Jeanne Deblois, se prend d’affection pour elle. La fin de vie de la première sera la planche de salut de la seconde, car entre ces femmes, un courant de dignité et d’acceptation de soi aura le temps de grandir et de fleurir.

 

POÉSIE & THÉÂTRE

La carte de feux, René Lapierre, 2015, Herbes rouges, 228 p., 9782894194973*

Il y a trois cents millions d’années, à la fin du Carbonifère, notre continent franchissait l’équateur et remontait lentement vers le nord. Ce lourd navire, rêvé en 1912 par Alfred Wegener, les géologues l’ont appelé Laurentia. Un tout petit siècle s’est écoulé depuis. Notre monde s’est enfoncé dans l’ivresse et la brutalité. Les croyances les plus dépourvues de fondement se sont multipliées. Elles ont supplanté l’expérience, brûlé les livres, brisé la pensée. Chacun a ses morts. Les deuils sont innombrables. Voici comment cela s’est produit. Voici comment c’est arrivé.

Sœurs, Wajdi Mouawad, 2015, Leméac/Actes Sud, coll. « Actes Sud–Papiers », 48 p., 9782330047016*

Geneviève Bergeron, brillante avocate, pleure dans sa voiture en écoutant les chansons d’amour de Ginette Reno, car si elle a réussi sa carrière professionnelle, sa vie privée est vide d’envies et de désirs.

Grande écoute, Larry Tremblay, 2015, Lansman, coll. « Théâtre à vif », 66 p., 9782807100220*

Roy, vedette de télévision, anime une émission d’entretien dans laquelle il réussit à persuader ses invités de se livrer sans pudeur, usant de séduction et de manipulation, afin de combler les attentes d’un auditoire friand d’aveux intimes. En coulisses, sa vie personnelle est loin de l’image de bonheur conjugal et familial qu’il laisse apparaître.

La Grande Ourse, Yves Bonnefoy, 2015, Galilée, coll. « Lignes fictives », 56 p., 9782718609195*

Le premier recueil rassemble des textes imprimés sur sept volumes distincts parus entre 2010 et 2012. Le second a fait l’objet d’une édition hors commerce en octobre 2014. Tous deux traduisent le souci de porter attention à ces voix qui n’ont de cesse de traverser et remuer l’esprit.

Vers le sud, Juan Gelman, 2014, Gallimard, coll. « Poésie », 396 p., 9782070450824*

Réunit cinq recueils publiés entre 1978 et 1984, dans lesquels le poète en exil partage sa souffrance face à la violence de la dictature argentine et l’assassinat de son fils.

 

LITTÉRATURE POLICIÈRE

Dieux de la pluie, James Lee Burke, 2015, Rivages, coll. « Rivages/Thriller », 521 p., 9782743629441*

En devenant shérif d’une petite ville du Texas proche de la frontière mexicaine, Hackberry Holland espérait laisser derrière lui des souvenirs douloureux. Mais il découvre les corps de neuf femmes immigrées clandestines, point de départ d’une affaire difficile.

La blonde aux yeux noirs, Benjamin Black, 2015, Robert Laffont, 363 p., 9782221156476*

Début des années 1950, dans la ville californienne de Bay City. Le détective Philip Marlowe est engagé par Clare Cavendish, une séduisante jeune femme, pour retrouver son amant, Nico Peterson, disparu dans un accident de voiture avec délit de fuite deux mois plus tôt. Le début de ses ennuis commence.

Le cannibale de Crumlin Road, Sam Millar, 2015, Seuil, coll. « Seuil Policiers », 295 p., 9782021135701*

À Belfast, le privé Karl Kane recherche un homme qui enlève et mutile atrocement ses victimes, de très jeunes femmes, des junkies, exclues de la société. L’enquête va devenir personnelle et enragée quand la propre fille de Kane est enlevée. Bob Hannah, l’homme qu’il soupçonne, est haut placé et la police locale, loin de lui venir en aide, s’avère un obstacle de plus sur sa route.

Le mauvais côté des choses, Jean Lemieux, 2015, Québec Amérique, « Tous continents », 376 p., 9782764428368*

Un soir d’automne, un restaurateur de la Petite-Italie est abattu alors qu’il quitte sa pizzeria. Détail troublant : son cadavre a été amputé de la main droite. S’agit-il de l’œuvre d’un psychopathe ou d’un règlement de comptes lié à la mafia sicilienne ? André Surprenant, nouvellement arrivé au sein de l’escouade des crimes majeurs du SPVM, tentera de démêler l’écheveau de cette enquête, dont les ramifications semblent s’étendre à sa propre histoire familiale. Qui était vraiment son oncle Roger, grâce auquel il a obtenu un poste à Montréal ? Pourquoi son père, dont la présence est de nouveau signalée à Los Angeles, a-t-il disparu en octobre 1970 ? Tandis que Surprenant essaie de faire la lumière sur son passé, mais aussi sur l’identité de celui que la presse a baptisé « l’amputeur des ruelles », les victimes s’accumulent. Et, chaque fois, non loin des cadavres, on trouve une mystérieuse branche d’amélanchier.

Le dico Sherlock Holmes, Jacques Baudou et Paul Gayot, 2015, Les Moutons électriques, coll. « La bibliothèque rouge », 238 p., 9782361831899*

Un dictionnaire thématique consacré au célèbre détective, proposant des notices sur les thèmes, l’exégèse, les sources d’inspiration et les adaptations de l’œuvre de Conan Doyle.

EN FORMAT POCHE

Angle mort, Ingrid Astier, 2015, Gallimard., coll. « Folio Policier », 574 p., 9782070462520*

Diego, jeune braqueur né à Barcelone, vit à Aubervilliers avec son frère Archibaldo. Sa sœur Adriana est trapéziste de cirque. Lorsque le gérant d’un bar de la Villette est assassiné au cours d’un braquage, la police ne tarde pas à remonter jusqu’à lui. Commence alors une traque, du quai des Orfèvres au canal Saint-Denis. Mais Diego l’insaisissable garde toujours un temps d’avance.

Les chiens de Belfast, Sam Millar, Points, coll. « Policier », 282 p., 9782757849552*

Enfant, le détective privé Karl Kane a assisté au viol et au meurtre sauvage de sa mère. Il mène l’enquête sur des assassinats violents, assortis de tortures de plusieurs citoyens de Belfast qui se trouvent être liés à la prison de Woodbank. Reste à prouver les liens entre ces meurtres et ceux, antérieurs de quelques années, de plusieurs femmes qui n’étaient pas toutes des prostituées.

Strad: Une enquête de Louise Morvan, Dominique Sylvain, 2015, Points, coll. « Policier », 253 p., 9782757811955*

Un Stradivarius de 24.000 millions de francs a été volé. La société MDM, propriétaire de l’instrument, a engagé la détective Louise Morvan pour le retrouver. Elle collabore avec l’OCBC (Office central de répression du trafic des biens culturels) et se cache dans un appartement, juste en face de celui de Christian Donovan, un antiquaire spécialiste en instruments anciens. Prix Michel-Lebrun 2001.

L’étrange destin de Katherine Carr, Thomas H. Cook, 2015, Points, coll. « Roman noir », 348 p., 9782757849934*

Sept ans après l’enlèvement et le meurtre de son fils Teddy, Gates, journaliste dans la petite ville de Winthrop, reçoit la visite d’un policier à la retraite, spécialiste des personnes disparues. Ce dernier lui parle de la poétesse Katherine Carr, vue pour la dernière fois au bord de la rivière, vingt ans plus tôt. Cette disparition le renvoie à celle de son fils et finit par l’obséder.

Texas forever, James Lee Burke, 2014, Rivages, coll. « Rivages/Noir », 240 p., 9782743629298*

Après avoir abattu un gardien pour s’échapper d’un camp de prisonniers de Louisiane, Son Holland et Hugh Allison fuient en direction du Texas, où ils comptent rejoindre les Texas Rangers en guerre contre l’armée mexicaine, à la veille de la bataille de Fort Alamo.

 

SCIENCE-FICTION, FANTASTIQUE & FANTASY

Je suis un dragon, Martin Page (Pit Agarmen), 2015, Robert Laffont, 293 p., 9782221144947*

« On s’habitue à être surhumain, et très vite on comprend que ce n’est qu’une des multiples façons que la vie a trouvées pour nous dire qu’on est un inadapté. » Margot est une jeune orpheline timide et solitaire. Un jour, elle découvre sa véritable nature : elle est douée de capacités extraordinaires. Ces pouvoirs la terrifient, elle les dissimule jusqu’à ce qu’un événement tragique la contraigne à se dévoiler. On lui demande alors de mettre ses dons au service de l’humanité. Sa vie se partage désormais entre son quotidien de jeune fille espiègle et des missions d’une grande violence. Adulée et crainte, elle devient une icône. Mais peut-on sauver le monde si l’on s’y sent étranger ? En s’inspirant de l’univers des superhéros, Martin Page se réapproprie les codes habituels du genre. Captivant, bouleversant, Je suis un dragon est un roman sur la puissance de la fragilité et sur la possibilité de réinventer sans cesse nos vies.

Nexus, Ramez Naan, 2015, Presses de la cité, 491 p., 9782258109179*

L’an 2040. Nexus est une nouvelle nano-molécule capable de relier les cerveaux entre eux. Alors que certains veulent l’exploiter, d’autres cherchent à l’anéantir. Kade, un jeune étudiant biologiste, voit dans cette drogue de nouvelles possibilités de communication et un immense progrès pour la société. À l’aide d’une poignée d’amis, il parvient à l’améliorer afin qu’il ne soit plus nécessaire de la consommer régulièrement pour en ressentir les effets. Mais les agences gouvernementales sont à leurs trousses… Sam, une espionne travaillant pour le compte de l’ERD (Emerging Risks Directory), les contraint à coopérer : Kade doit servir d’appât en intégrant l’équipe de Su-Yong Shu, une célèbre et géniale scientifique chinoise soupçonnée par l’ERD de travailler sur une technique lui permettant d’asservir les gens contre leur volonté. Dans un monde où se mêlent scientifiques chinois, moines bouddhistes et agents de la CIA, le jeune homme ne tardera pas à s’apercevoir que les enjeux sont bien plus importants qu’un simple trafic de stupéfiants…

Z pour Zombies, Bernard Perron, Antonio Dominguez Leiva et Samuel Archibald (dir.), PUM, 2015, 220 p., 9782760633834*

Qu’est-ce qu’un zombie ? Un « paradoxe ambulant » précédé d’une odeur nauséabonde, selon certains ; un « héros culturel de l’ère néobaroque », selon d’autres. Parfois comique, le plus souvent terrifiant, cet être putride possède un insatiable appétit pour la chair fraîche et, occasionnellement, le sexe. Le monstre a envahi depuis longtemps la culture populaire : cinéma, bande dessinée, télévision, littérature et jeux vidéo regorgent de sa répugnante présence, qui commence aussi à infester le monde universitaire. À preuve, ce livre où des spécialistes de diverses disciplines se penchent sur le phénomène des morts-vivants, et posent des hypothèses pour mieux comprendre leur incroyable vitalité dans la psyché collective.

FORMAT POCHE

Lignes de vie, Graham Joyce, 2015, Folio, coll. « SF », 461 p., 9782070459117*

À Coventry, durant la Seconde Guerre mondiale, dans une famille de sept sœurs, Cassie, la plus jeune, a eu un petit garçon d’un père inconnu et n’a pas eu le courage de le céder à des parents adoptifs. Comme elle est fantasque et sujette à des troubles mentaux, la matriarche décide que le petit Franck sera élevé par chacune des sœurs. Mais Franck est un enfant qui a des dons surnaturels.

Introduction à la littérature fantastique, Tzvetan Todorov, 2015, Points, coll. « Essais », 188 p., 9782757850138*

Une histoire du genre fantastique à travers ses représentants, comme Nerval ou Gautier.

Le prince royal, Robin Hobb, 2015, J’ai lu, 152 p., 9782290102596*

Au Royaume des Six-Duchés, la reine-servante Prudence de Castelcerf accouche d’un bâtard dont la peau porte la robe du cheval de son père. Nommé Pie en référence à la couleur de sa peau, il est élevé par Félicité, amie roturière de Prudence. Monté sur le trône, il doit faire face aux conjurations des nobles qui tiennent à la pureté de la lignée des Loinvoyant.

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Tous les textes proviennent des éditeurs, sauf lorsqu’il y a mention d’auteur.

Sélection : Benoit Desmarais – litt. étrangère ; Maxime Nadeau – litt. québécoise, poésie et théâtre ; Morgane Marvier – policier ; Caroline Scott – science-fiction.


11 février 2015  par nos libraires

Littératures : les parutions de janvier

Comme chaque mois, notre équipe de libraires passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour en repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces nouveaux titres, question d’aiguiser votre appétit livresque…

LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE

Lovestar, Andri Snaer Magnason, 2015, Zulma, 428 p., 9782843047008*

Inspiré par la soudaine déroute de toutes sortes d’espèces − des papillons monarques aux ours polaires −, le génial LoveStar, énigmatique fondateur de l’entreprise du même nom, invente un nouveau mode de transmission, libérant l’humanité, pour son plus grand bonheur, de l’universelle emprise de l’électronique. Le système ReGret permet désormais « d’apurer le passé », les enfants qui filent un mauvais coton sont aussitôt rembobinés et, grâce à inLove, les âmes sœurs sont identifiées en toute objectivité par simple calcul de leurs ondes respectives… Quand Indrioi et Sigriour se retrouvent « calculés », ils tombent des nues : leur moitié est ailleurs. Roméo et Juliette postmodernes contrariés par la fatalité, les voilà pris dans les engrenages d’un système monstrueusement désopilant. LoveStar est un roman incisif, satirique et profond, un roman plein d’invention sur notre condition d’homme moderne et sans fil − et notre étrange rapport au monde.

La machine de bois, Miguel Sanchez Neto, 2015, Lux, 300 p., 9782895961789*

Dans le Brésil esclavagiste de la deuxième moitié du XIXe siècle, pris entre l’héritage colonial et l’impérialisme industriel naissant, Francisco João de Azevedo, prêtre passionné de science et de technique, invente des instruments pour libérer l’être humain du joug du travail et favoriser la mutualisation des savoirs. Il rêve…

Mauvais sang ne saurait mentir, Walter Kirn, 2015, Bourgois, 264 p., 9782267027211*

« Ce livre éblouissant dissèque la psychopathie, les tendances perverses de la génération Internet, l’art, l’argent, et la nature même de la croyance. […] Du journalisme tabloïd sans retenue, une forme de reproche à l’Ancien Testament […] : l’abysse nous attend à la prochaine marche de l’escalier. » — James Ellroy

« Walter Kirn scrute l’un des plus grands imposteurs de notre époque avec une éloquence remarquable et brillante. Au passage, il étudie aussi ses propres penchants à la tromperie, qui l’ont rendu si réceptif aux mensonges de l’autre. Une performance captivante !» — Edmund White

Volcaniques, Léonara Miano (dir.), 2015, Mémoire d’encrier, 220 p., 9782897122720*

« Volcaniques: une anthologie du plaisir est un ensemble riche. Les nouvelles dévoilent des figures féminines et des environnements variés. Les âges de la femme y sont également divers, ce qui est heureux. Certains textes ébranleront par leur puissance poétique et/ou érotique. D’autres séduiront par le ton, le phrasé, l’humour ou par une capacité analytique qui a su ne pas prendre l’ascendant sur la narration. Bien des femmes se reconnaîtront dans ces pages, d’où qu’elles soient. Quant aux hommes, ils trouveront peut-être la clé du grand mystère que semble être, pour certains, le plaisir féminin. » — Léonora Miano

La Divine Chanson, Abdourahman A. Waberi, 2015, Zulma, 237 p., 9782843047329*

La Divine Chanson est un roman, un roman amoureux qui s’empare d’une vie exemplaire, celle d’un chanteur, compositeur, poète afro-américain né à Chicago en 1949, dont nul ne saurait méconnaître l’immense génie et la rude destinée : Gil Scott-Heron, réinventé ici sous le nom de Sammy l’enchanteur. Décidément plus humain que bien des bipèdes, c’est un vieux chat roux recueilli dans une rue de Harlem qui nous entraîne, partout où la Divine Chanson continue de tourner, à travers les ghettos noirs ou sur les scènes internationales du jazz − ce « grand courant électrique qui rivalise avec le Gulf Stream ». Et ce n’est pas un moindre mérite du roman que de nous faire découvrir et aimer ce « Bob Dylan noir », depuis l’arrière-pays de l’enfance, « quelque part entre Clarksdale, Mississippi et Savannah, Tennessee », dans le solide giron de Lily, la grand-mère tant aimée, jusqu’aux années de fulgurance. Au terme de ce mémorable et bouleversant voyage, la Divine Chanson ne nous quittera plus.

EN FORMAT POCHE

Les poissons ne ferment pas les yeux, Erri De Luca, 2014, Gallimard/Folio, 117 p., 9782070459629*

« À dix ans, on est dans une enveloppe contenant toutes les formes futures. On regarde à l’extérieur en adultes présumés, mais à l’étroit dans une pointure de souliers plus petite. »

Comme chaque été, le narrateur descend de Naples pour passer l’été sur l’île. Il y retrouve le monde des pêcheurs et les plaisirs de la mer mais ne peut échapper à la mutation débutée avec son dixième anniversaire. Une fillette fait irruption sur la plage et, avec elle, trois garçons jaloux. De quoi remettre en question son ignorance du verbe aimer et sa vision de la justice. Erri De Luca nous offre ici le récit envoûtant des mues de l’enfance.

Le livre de Dina, Herbjørg Wassmo, 2014, 10/18, 605 p., 9782264064752*

Sur les hauteurs sauvages de l’extrême Norvège, Dina règne en déesse obscure. Enfant coupable et délaissée, future maîtresse du domaine de Reisnes, elle grandit et traverse son destin dans un bouillonnement féroce que rien ne peut brider. Autour d’elle, le drame se noue dans le feu et la glace. Car Dina, Ève brûlante, éternelle indomptée, chevauche à travers vents sans trouver le repos… Déjà entrée au panthéon de la littérature scandinave, Herbjørg Wassmo signe une immense fresque du nord de la Norvège au XIXe siècle.

Pour trois couronnes, François Garde, 2014, Gallimard/Folio, 340 p., 9782070459377*

Dans le bureau de feu Thomas Colbert, un magnat du commerce maritime, Philippe Zafar, le jeune préposé au classement des archives, découvre un bref texte manuscrit, fort compromettant pour celui qui s’en avérerait l’auteur. Aveux déguisés du défunt ? Exercice littéraire sans conséquence ? Philippe Zafar se lance dans une enquête qui va vite prendre une dimension à laquelle rien ne l’avait préparé. On retrouve dans ce roman d’aventures, déployé sur un siècle et trois continents − de l’Amérique du Nord aux tropiques −, l’écriture vive et talentueuse de François Garde dont le précédent livre, Ce qu’il advint du sauvage blanc, a été récompensé par huit prix littéraires, parmi lesquels le Goncourt du premier roman.

L’honnête tricheuse, Tove Jansson, 2014, Gallimard/Folio, 340 p., 9782253068532*

Cet hiver, à Västerby, la vie est rythmée par la tempête de neige qui n’en finit pas, la construction du chantier naval et l’ouverture de l’unique épicerie du village. Katri semble se satisfaire de son quotidien, qu’elle partage entre son métier de comptable et son frère adoré, Mats. Un jour, elle rencontre Anna Aemelin, une célèbre illustratrice de livres pour enfants décidée à finir ses jours retirée de la société. Lentement, Katri s’immisce dans sa vie… Mais son dévouement est-il sincère ?

Tu montreras ma tête au peuple, François-Henri Désérable, 2014, Gallimard/Folio, 205 p., 9782070459674*

Nouvelles mettant en scène à Paris, pendant la Révolution, des condamnés à mort, peu de temps avant leur exécution : Charlotte Corday, Marie-Antoinette, Adam Lux, Danton, etc. Prix littéraire de la Vocation Bleustein-Blanchet 2013.

LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE ET CANADIENNE

À l’état sauvage, Robert Lalonde, 2015, Boréal, 168 p., 9782764623763*

Un écrivain vit seul dans sa trop grande maison, encore hantée par la présence de son père, avec qui il y a vécu mais qui est depuis longtemps disparu, et par celle de la femme qui vient de le quitter. Son métier l’appelle sans cesse sur la route et l’amène à croiser des hommes qui, à un moment ou à un autre de sa vie, ont contribué à forger celui qu’il est devenu, ou des enfants, qui lui rappellent l’émerveillement ou la fragilité de celui qu’il a été. Robert Lalonde donne ici un roman-mosaïque composé d’une suite d’histoires qui se font écho. S’y dessinent toutes les figures des relations que les hommes peuvent tisser entre eux, mentor, disciple, rival, ami, amant. Dans une prose somptueuse, il peint de manière éblouissante la nature qui entoure ses personnages et où se reflète le moindre mouvement de leur âme.

Les Luminaires, Eleanor Catton, 2015, Alto, 992 p., 9782896941889*

Nouvelle-Zélande, 1866. En pleine ruée vers l’or, l’île voit débarquer sur ses côtes les ambitieux et les désespérés. Parmi eux, le jeune Britannique Walter Moody se retrouve à son insu au cœur d’une réunion secrète tenue dans son hôtel. Là, douze hommes que tout oppose essaient d’élucider des faits étranges qui ont récemment agité la communauté : dans la même nuit, un riche chercheur d’or a disparu, une prostituée a tenté de mettre fin à ses jours et un pauvre ivrogne est mort chez lui en possession d’une immense fortune. Moody succombe alors à l’irrésistible attrait d’un mystère aux mille et un arcanes, aussi vertigineusement envoûtant qu’un ciel étoilé. Formidable entrelacs d’intrigues dont l’ambitieuse construction emprunte à l’astrologie, Les Luminaires se déploie en harmonie avec le mouvement des planètes tel un horoscope funeste, dévoilant dans ses ramifications un inoubliable roman d’amour, une histoire de fantômes, des jeux de pouvoirs et quelques énigmes insolubles.

Le roman sans aventure, Isabelle Daunais, 2015, Boréal, coll. « Essais littéraires », 224 p., 9782764623640*

Pourquoi le roman québécois est-il si peu lu et reconnu à l’étranger, alors qu’à nous, il a tant à dire et paraît si précieux ? […] [En] quoi consiste la vraie singularité du roman québécois ? Des Anciens Canadiens aux Histoires de déserteurs d’André Major, de Maria Chapdelaine et Trente arpents à Poussière sur la ville et Une saison dans la vie d’Emmanuel, sans oublier les œuvres de Gabrielle Roy, Réjean Ducharme, Hubert Aquin ou Jacques Poulin, ce que le roman québécois, à travers la diversité de ses formes et de ses sujets, a de tout à fait unique, constate Isabelle Daunais, c’est l’expérience existentielle particulière sur laquelle il repose et qu’il ne cesse d’illustrer et d’interroger inlassablement.

Demoiselles-cactus, Clara B.-Turcotte, 2015, Leméac, 176 p., 9782760947030*

« Elles sont toutes sales, merveilleusement offensantes. L’une d’elles a des cheveux épais comme de la paille, tout mêlés en arrière, elle porte de petites lunettes affreuses. L’autre, d’origine moyen-orientale, a l’air de s’être coupé les cheveux elle-même. Ils sont super courts, un peu plus long d’un côté, comme un mohawk manqué. Une mini butch. Une fille-cactus. » Ce singulier roman de chair rose et de corps morose fait entendre une voix gracile et assurée, un humour aussi abrasif que vivifiant. Oscillant entre un grincement de dents et une fête galante, il brille de l’éclat baroque et trash des perles de plastique.

La liberté des détours, Mathieu Blais, 2015, Leméac, 192 p., 9782760947023*

Devant un camp de chasse, le dernier du chemin, la voiture de Roberge est venue s’échouer. Le bout de sa fuite est ici, dans une existence réinventée pour les besoins de la cause, mais quelle cause ? Et comment vivre une vie nouvelle quand l’ancienne se rappelle trop à vous, qu’un secret pèse et qu’il ajoute son poids à ceux des autres, découverts peu à peu ? Roberge croyait avoir trouvé un refuge, mais le danger rôde, dedans, dehors, jusqu’à l’étourdissement, jusqu’à l’aboutissement : la liberté a un prix, et on ne peut pas échapper à son sang. Avec pour décor la splendeur rugueuse de la Côte-Nord, Mathieu Blais dessine ici un théâtre d’ombres et de lumière où le plus petit geste et la moindre parole sont lestés par le plomb des balles de calibre .30-30.

POÉSIE & THÉÂTRE

Le corps encaisse, Roger Des Roches, 2015, Herbes Rouges, 86 p., 9782894194942*

Avec Le corps encaisse, Roger Des Roches refabrique pour nous une langue de l’appétit, de l’éclat, de la bousculade, de la profusion. « Je plante un théâtre ici j’écrase le théâtre ici les décors la trace de la vie la chargée j’attends je suis caché je cherche la nourriture urgente j’écris devant vous je suis caché devant vous. »

Sous l’écorce vive: Poésie au jour le jour 2008-2009, Michel Butor, 2014, Fallois, 140 p., 9782877068659*

Recueil des poèmes écrits par M. Butor en 2008, chaque texte étant dédié à une personne à laquelle il rend hommage.

Odes radiophoniques T. 3, Jean-Paul Daoust, 2015, Poètes de brousse, 160 p., 9782923338828*

Poète public s’il en est un, hantant depuis plus de 40 ans les bars, palaces et autres music-hall de Montréal à Paris en passant par New York et San Francisco, Jean-Paul Daoust poursuit avec ce troisième opus le cycle de ses Odes délirantes livrées pour notre plus grand plaisir aux cabarets Plus on est de fous, plus on lit sur les ondes de Radio-Canada : une œuvre disparate, éclatée, touchante, actuelle, toujours hallucinée par la nuit rose.

Appels entrants illimités, David Paquet, 2015, Leméac / Actes Sud, coll. « Actes Sud – Papiers », 32 p., 9782330047153*

Dans un appartement, les situations s’entrecroisent autour de questions d’argent, de relations avec les autres et d’intimité à préserver malgré tout.

Rimes, Dante Alighieri, 2014, Flammarion, 448 p., 9782082102957*

Les 55 poèmes ont pour sujet l’amour, dans la douleur comme dans le bonheur, dont le mystère est à la fois sauveur et meurtrier. Édition bilingue complétée par un appareil critique.

LITTÉRATURE POLICIÈRE

Le cruciverbiste, Claire Cooke, 2015, Goélette, 504 p., 9782896906819*

Le monde immobilier de la Rive-Nord de Montréal est secoué. Joseph Dunstan, un de ses membres reconnu pour ses dettes de jeu, a été assassiné. Vedette de la Sûreté du Québec, la lieutenante-détective Emma Clarke hérite de cette affaire qui s’avère tout sauf simple. Car les cadavres ne tardent pas à s’empiler, et la policière se retrouve bien vite au centre d’un véritable casse-tête où se mêlent le latin, la religion et une mystérieuse grille de mots croisés qui lui parvient par fragments. Ce jeu ignoble, imaginé par un meurtrier des plus provocants, poussera Emma dans ses derniers retranchements. Entêtée et passionnée, elle s’évertuera à relever le défi intellectuel auquel la convie l’assassin, à un point tel qu’elle finira par y prendre goût et tentera de le démasquer coûte que coûte. Dès cette première enquête, Emma Clarke vous séduira par son obstination, son sens de la déduction et sa personnalité hors norme habilement dépeinte par la plume d’une auteure à l’imagination débordante. Traquez les indices avec Emma Clarke grâce à la grille de mots croisés incluse et découvrez, vous aussi, la solution qui la mènera au tueur.

Dark secrets 3: Le tombeau, Hjorth et Rosenfeldt, 2014, Éditions Prisma, 475 p., 9782810413683*

Dans les collines du Jämtland, deux femmes découvrent une main sortant de terre. La police déterre en tout six cadavres : quatre adultes et deux enfants. Sébastian Bergmann et son équipe de profilers arrivent de Stockholm pour mener l’enquête.

Effet papillon, Jussi Adler-Olsen, 2015, Albin Michel, coll. « Thriller », 648 p., 9782226312457*

Marco, un adolescent de 15 ans, a passé toute sa vie au sein d’une bande de jeunes voleurs exploités par son oncle Zola. Un jour, alors qu’il essaie de sortir de la clandestinité, il découvre le cadavre d’un homme, lié à des affaires de corruption internationale, dans le bois derrière les maisons de son ancien clan, et doit fuir, poursuivi par son oncle qui veut le faire taire.

Prière d’achever, John Connolly, 2014, Ombres noires, 9782081349278*

M. Berger est un écrivain tranquille et solitaire. Installé depuis peu à la campagne, il est témoin de la chute d’une femme sous un train. Quelques jours plus tard, la même personne se jette sur les rails. Déstabilisé, il décide de la suivre et arrive dans une librairie tenue par un vieil érudit.

Alibi Hors série: Les 100 polars incontournables, 2014, Ayoba, 146 p., 9791090058101*

Cent chroniques de polars (romans de la rentrée littéraire 2014, incontournables, intemporels, etc.), avec des portraits d’auteurs et des entretiens pour se plonger dans les coulisses de l’édition policière.

EN FORMAT POCHE

Délivrance, Jussi Adler Olsen, 2015, Livre de poche, 732 p., 9782253184386*

À Wick, en Écosse, une bouteille en verre traîne depuis des années sur le rebord d’une fenêtre d’un commissariat. À l’intérieur, une lettre que personne n’a vue, dont les premiers mots sont un appel au secours, écrit en danois, avec du sang. À Copenhague, Carl Morck prend l’affaire en charge et réalise que le message a été écrit dans les années 1990, par un jeune garçon enlevé avec son frère.

Dark secrets, Hjorth et Rosenfeldt, 2014, 10-18, 550 p., 9782264064493*

À la suite de la disparition inexpliquée de Roger, un adolescent de 16 ans, la police de Västeras sollicite l’aide du profiler réputé Sebastian Bergman. Mais ce dernier n’est plus en service depuis que son épouse et sa fille ont été emportées par un tsunami.

Yeruldelgger¸ Ian Manook, 2015, Livre de poche, coll. « Policier », 646 p., 9782253163886*

En Mongolie, alors qu’une guerre sale d’argent et de pouvoir entoure l’exploitation des terres rares, le commissaire Yeruldelgger est envoyé dans la steppe après la découverte du cadavre d’une petite fille. Premier roman.

Chemins de croix, Ken Bruen, 2014, Gallimard, coll. « Folio policier », 349 p., 9782070458875*

Ex-flic reconverti en détective privé, Taylor arpente les rues sombres de Galway. Il s’est juré de ne plus boire d’alcool et doit affronter avec lucidité et sobriété une déchéance pleine de culpabilité. L’assassinat de Cody, son jeune assistant, le ronge. Il est prêt à tout quitter pour les États-Unis mais avant, il veut trouver l’auteur de la dernière vague de terreur qui a envahi la ville.

À cœur perdu, Boileau et Narcejac, 2014, Gallimard, coll. «Folio policier », 225 p., 9782070455324*

Eve, veuve depuis quelques semaines, reçoit un enregistrement de son défunt mari. Ce dernier a été assassiné par son amant, un jeune pianiste, mais le meurtre est passé pour un accident. Bientôt, Eve reçoit d’autres chansons.

SCIENCE-FICTION, FANTASTIQUE & FANTASY

Perceptions, Anne Robillard, 2014, Wellan éditeur, 448p., 9782924442272*

Logan McEwan, divorcé, dans la quarantaine, satisfait de sa petite routine entre l’atelier de réparation d’ordinateurs et son minuscule appartement à Vancouver, voit sa vie chamboulée à tout jamais lorsqu’il se met à faire des régressions spontanées dans ses vies antérieures. Mais quelle est cette grande destinée vers laquelle on le conduit malgré lui? Avec l’aide d’un nouveau guide, Logan, qui continue d’explorer ses vies antérieures, de l’Irlande à Antioche, en passant par le Pérou, la Rome antique, Alexandria, Constantinople, le Honduras et Cluny, s’ouvre enfin son destin. Mais, comme rien n’est facile dans un monde où le bien et le mal se livrent un combat sans merci, l’illumination de l’âme de Logan illuminera des entités obscures, qui tenteront par tous les moyens de l’empêcher d’accomplir sa mission. Qui sont les guerriers de la lumière chargés de protéger Logan? Y parviendront-ils?

Treize, Seth Patrick, 2014, Super 8 éditions, 565 p., 9782370560087*

Jonah Miller, modeste et introverti, est l’un des revivers les plus talentueux. En touchant la victime d’un assassinat, Jonah a l’impression qu’une présence menaçante est tapie de l’autre côté, du côté des morts. Lorsque Daniel Harker, l’homme qui a révélé au monde l’existence des revivers est assassiné, Jonah est chargé d’élucider les causes de ce nouveau meurtre. Premier roman.

De H.P Lovecraft à J.R.R. Tolkien, Francis Valery, 2014, ActuSF, coll « Les collections de la maison d’ailleurs », 95 p., 9782917689776*

Une exploration des univers des deux écrivains. F. Valéry analyse notamment l’élaboration de mondes immenses et le génie créatif qui l’accompagne.

Le club de l’enfer, Peter Straub, 2014, Bragelonne, 576 p., 9782352948070*

Des femmes dans la force de l’âge, fortunées, résidentes d’une banlieue huppée du Connecticut, sont assassinées les unes après les autres. Nora Chancel, épouse de l’héritier de Chancel House, une prestigieuse maison d’édition, est enlevée à son tour par le tueur.

FORMAT POCHE

Feed, Mira Grant, 2014, Gallimard, coll «Folio. SF», 682 p., 9782070459049*

En 2014, l’humanité a vaincu le cancer mais elle est atteinte d’un autre fléau : un virus prend le contrôle des cerveaux et pousse les individus à manger. Vingt ans plus tard, Georgia et Shaun évoquent sur leur blog la campagne présidentielle en cours. Ils découvrent que les victimes de ce virus sont mêlées à une sinistre conspiration.

Intégrale Z, Max Brooks, 2014, le livre de poche, 1030 p., 9782253195122*

Cette intégrale contient :

World War Z. La guerre des zombies a eu lieu, manquant d’éradiquer l’humanité. Le narrateur, en mission pour l’ONU, a parcouru le monde pour rencontrer les survivants de ces années apocalyptiques, dans des cités en ruine et dans les territoires les plus inhospitaliers de la planèt;

« Closure », « Limited » et autres histoires de zombies. Quatre nouvelles inédites en France, précédées d’une introduction de Max Brooks;

Le Guide de survie en territoire zombie. Ne prenez pas à la légère votre bien le plus précieux : la vie. Proposant des exemples précis et des astuces reconnues par des experts de renommée internationale, ce guide contient toutes les clés pour survivre aux hordes de morts vivants.

Un regard en arrière, Edward Bellamy, 2014, Aux forges de vulcain, 376 p., 9782919176298*

Dans le Boston de la fin du XIXe siècle, Julian West, un jeune homme, s’endort pour se réveiller en 2000. Il découvre alors un pays transformé, où le capitalisme et la société de consommation ont laissé place à une société plus équitable et plus écologique. À travers cette utopie politique empreinte de fantaisie, l’auteur souligne les vices de l’Amérique de son temps.

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Tous les textes proviennent des éditeurs, sauf lorsqu’il y a mention d’auteur.

Sélection : Benoit Desmarais – litt. étrangère ; Maxime Nadeau – litt. québécoise, poésie et théâtre ; Morgane Marvier – policier ; Caroline Scott – science-fiction.


© 2007 Librairie Monet