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4 décembre 2015  par nos libraires jeunesse

Littérature jeunesse – La crème de novembre 2015

Noël approche à grands pas et vous manquez d’idées pour gâter vos trésors? Comme chaque mois, notre équipe de libraires spécialisés en littérature jeunesse a passé en revue l’ensemble de la production du mois écoulé pour en repérer les nouveautés incontournables. De quoi répondre à tous les goûts et à tous les intérêts…

ALBUMS QUÉBÉCOIS

Metropolis, Benoit Tardif, Comme des géants, 64 p., 9782924332184

Bâtiments célèbres, plats typiques, légendes urbaines, sports : tout ce qu’on doit connaître avant de visiter une ville! On retrouve les bagels montréalais et new-yorkais (sur lequel je ne prendrai pas position, question d’éviter les débats culinaires), les cabines téléphoniques rouges anglaises, beaucoup de phylactères remplis d’humour et des références parfois plus obscures, mais hautement satisfaisantes lorsqu’on les saisit au vol! (Je pense ici à un certain groupe de musique électronique berlinois dont le nom commence par « k ».) Pour tous les aventuriers urbains! (C. Bond)

Le temps des fleurs, le temps des neiges, Glen Huser, ill. de Philippe Béha, Musique de Giannis Georgantelis, Narration de Guy Nadon, Planète rebelle, coll. « Des mots plein la bouche», 48 p., 9782924174593

Mon amour pour les différentes mythologies n’a d’égal que mon amour pour les albums jeunesse. Ici, je peux retrouver les deux, en plus d’une narration exceptionnelle de Guy Nadon et de jolies chansons dont certaines sont interprétées par des chorales d’enfants! L’album et ses suppléments peuvent agrémenter des cours sur les saisons autant que sur les mythologies, puisque Glen Huser raconte l’enlèvement de Perséphone par Hadès et son influence sur Déméter, déesse de l’agriculture. Sublime! (C. Bond)

Le jouet brisé : un conte de Noël, Louis Émond, ill. de Jean-Luc Trudel, Éditions de la Bagnole, 40 p., 9782897141271

Tout conte de Noël, qu’il finisse bien ou non, se doit d’avoir des moments difficiles à vivre pour le protagoniste. Celui-ci ne fait pas exception : un patron qui nous rappelle M. Scrooge, la précarité financière de Jérôme Trottier qui dure depuis plusieurs mois, des enfants qui pleurent leurs jouets brisés. Malgré tous ces tristes détails, cet album nous donne envie de donner aux autres, de faire des gestes qui semblent anodins, mais qui font toute la différence dans les yeux des gens qui nous entoure. Ce faisant, nous éviterons de devenir comme M. Doublebreast, le patron du magasin où Jérôme est employé, qui n’a manifestement pas encore été visité par les esprits des Noëls passé, présent et futur. Le Père Noël, le vrai, sera fier de nous! (C. Bond)

Aux toilettes, André Marois, ill. de Pierre Pratt, Druide, coll. « Motifs », 32 p., 9782897111687

Voici un magnifique album sur le pouvoir de l’imagination. Le texte d’André Marois est vif, intelligent et rigolo. Les illustrations de Pierre Pratt ajoutent une touche légèrement surannée et rendent à merveille les expressions des enfants, ainsi que le désarroi de leur professeur! Un immense coup de cœur pour un livre qui vous fera voyager autant que si vous aviez été aux toilettes! (P.-A. B.)

ALBUMS ÉTRANGERS

Paloma et le vaste monde, Véronique Ovaldé, ill. de Jeanne Detallante, Actes Sud Junior, 34 p., 9782330056032

Paloma, comme son pilote de père disparu au-dessus du triangle des Bermudes, a besoin de partir de la rue que les siens refusent de quitter depuis la disparition. Les illustrations en noir et blanc nous permettent d’apprécier d’autant plus celles en couleur. Un livre sur le besoin de partir en voyage, quitter le nid familial douillet… toujours pour mieux y revenir. (C. Bond)

Cinq minutes et des sablés, Stéphane Servant, ill. d’Irène Bonacina, Didier Jeunesse, 28 p., 9782278077984

C’est ainsi que je veux partir pour le dernier voyage : au moins cinq minutes plus tard que prévu, après avoir mangé tout plein de biscuits avec la Mort. Cet album nous rappelle combien il est important de profiter des petits moments heureux, en particulier ceux passés en bonne compagnie! On vous offre même une recette de sablés au gingembre pour rendre les beaux moments encore plus formidables! (C. Bond)

Anya et Tigre Blanc, Fred Bernard, ill. de François Roca, Albin Michel Jeunesse, 36 p., 9782226318633

Ce récit a tout pour devenir un conte qui traversera le temps : une contrée qui ne connaît qu’un hiver décliné en quatre formes, une sorcière qui kidnappe des enfants sous l’ordre du tyran qui gouverne la contrée, une héroïne qui ne recule pas devant l’adversité, un tigre de compagnie et une bataille épique menée par Anya et les animaux contre la méchante sorcière! Cela me semble tout indiqué pour lire lors des tempêtes de neige interminables qui nous attendent dans les prochains mois! (C. Bond)

Le Manoir hanté, Florent Lepeytre, ill. par Virginie Vidal, Deux Coqs d’or, 28 p., 9782013979726

Il s’agit du genre d’album qui est aussi plaisant à lire qu’à relire! À la frontière entre l’album et le « cherche et trouve », les personnages se déplacent, se transforment et disparaissent parfois! Les enfants auront du plaisir à chercher Hippolyte et Albertine, les deux fantômes propriétaires du manoir, mais aussi à ne suivre qu’un seul personnage d’une page à l’autre lors d’une énième relecture! Bref, un album avec une très longue durée de vie, presque aussi longue que celle des propriétaires du manoir! (C. Bond)

Julia et les monstres perdus, Ben Hatke, Dargaud jeunesse, 40 p., 9782205074574

Quelle bonne idée Julia a eu d’inviter des monstres perdus pour rendre sa maison moins calme! Sauf que cela crée parfois des désagréments… Les monstres apprendront grâce à Julia qu’il est important que chacun participe aux corvées de la maison pour que tous se sentent bien chez soi sans que tout soit chaotique ni trop calme! Julia et les monstres perdus peut rendre les responsabilités plus attrayantes pour les enfants, sans leur ajouter inutilement de pression. Tout le monde donne un petit peu de soi, et tout va comme sur des roulettes! (C. Bond)

L’homme au violon, Kathy Stinson, ill. de Dušan Petričić, Kaléidoscope, 22 p., 9782877678599

Si vous êtes comme moi quelqu’un qui trouve la vie morne et grise sans art, vous serez touchés par cette histoire inspirée de la performance de Joshua Bell, violoniste de renom, dans le métro de Washington DC en 2007. La curiosité musicale d’un petit garçon rend le monde éclatant de couleurs, ce qui est franchement rafraîchissant si on le compare au monde terne des grandes personnes, trop préoccupées par leurs factures et leurs responsabilités! Suite à la lecture de cet album, on a envie de plus souvent regarder l’univers à travers les yeux de l’enfant que nous avons été un jour! (C. Bond)

La Rébellion des Animaux, Solène Gaynecoetche, ill. d’Éric Désiront, Bilboquet, coll. « Les Messagers », 40 p., 9782841814145

Cet album est en fait la genèse du Loup de Six-Cailloux, dans laquelle les lecteurs comprennent une facette de plus de cette vallée entourée d’une forêt où se cachent des pierres magiques… Une belle histoire d’entraide entre les animaux, qui réussiront à mettre de côté leurs différends afin de faire cesser la violence envers leur communauté. Comme dans les deux précédents albums (Le Loup de Six-Cailloux et La Légende de la Vallée), les photographies illuminées sont époustouflantes! On a décidément très envie de découvrir les pouvoirs des cinq pierres restantes! À quand la suite? (C. Bond)

King Kong, Antoine Guilloppé, Gautier-Languereau, 38 p., 9782012202726

Si le texte a été simplifié au maximum pour le rendre accessible à de jeunes lecteurs, certaines illustrations les impressionneront certainement! Entièrement en noir et blanc et abondant de découpes qui témoignent du travail minutieux d’Antoine Guilloppé, ce livre fera un cadeau idéal pour les fans de King Kong ou bien encore de cinéma classique. Une réécriture magistralement bien réussie! (C. Bond)

L’arbre de Noël, Delia Huddy, ill. d’Emily Sutton, Des Éléphants, 40 p., 9782372730136

Mes histoires préférées de Noël, ce sont celles qui mettent de l’avant des récits qu’on présente généralement moins dans les histoires : des familles moins nanties, des orphelins, des petites filles aux allumettes. Bref, tout ce qui s’apparente aux contes traditionnels de Grimm et Andersen! L’arbre de Noël se place clairement en filiation avec ces récits classiques, tout en ayant une fin beaucoup plus heureuse : le sapin tout rabougri, plutôt que d’être transformé en feu de bois comme dans le conte d’Andersen, est plutôt replanté dans un jardin public où il a pu s’épanouir après avoir passé Noël avec un jeune itinérant et son chien. Qui aurait pu savoir que cet humble sapin allait devenir grâce à la magie de Noël? (C. Bond)

Camille est timide, Gilles Baum et Thierry Dedieu, Seuil Jeunesse, 32 p., 9791023505320

Petites questions adressées aux introvertis de ce monde : vous est-il déjà arrivé de vous sentir invisible aux yeux des gens? Avez-vous déjà eu l’impression que les gens ne pensaient pas à vous, qu’ils ne vous remarquaient pas, que vous pourriez disparaître du jour au lendemain sans que personne ne se questionne? Moi, cela m’arrive souvent. Et cet album me rappelle que c’est tout le contraire : mes amis, comme les camarades de classe de Camille, remarquent mon absence et cherchent à me faire sentir bien et acceptée lorsque j’en ai besoin. Pas besoin de fuguer pour cela : se manifester à nos amis est souvent suffisant! (C. Bond)

Charles amoureux d’une princesse, Alex Cousseau, ill. de Philippe-Henri Turin, 48 p., 9791023501803

En quatorze vers je vous offrirai
Cette critique avec humilité.
Que de bonheur de lire tous ces vers
De ce dragon jaune et bleu, ce trouvèr’,
Qui dans les livres sans images apprendra
Que sa princesse n’est pas qui il croit.
À travers les yeux doux de Cornélia
Mignonne princesse il découvrira
Sous la boue, la cendre et le feu brûlant.
Cet album est en tout point séduisant,
Que vous voudrez apprendre à vos enfants
La morale à ces petits dragons,
Qui grâce à ce reptil’ découvriront
Toute l’importance d’être charmant! (C. Bond)

Taupeville, Torben Kuhlmann, NordSud, 28 p., 9782831100920

Taupeville est le parfait album pour parler de pollution et d’industrialisation. Sa particularité découle de l’absence de solution proposée par l’auteur : les pistes de solutions viendront des élèves et des professeurs, des parents et de leurs enfants. Les illustrations sombres accentuent le message du texte, quant à lui simple et efficace. Ce livre laisse présager d’intéressantes discussions! (C. Bond)

Jean-Michel et le Père Noël au bout du rouleau, Magali Le Huche, Actes Sud Junior, 40 p., 9782330056094

Hybride entre l’album et la bande dessinée, Jean-Michel et le Père Noël au bout du rouleau est tout simplement charmant! Kidnapping de super-héros, personnages secondaires jaloux dudit super-héros, le Père Noël qui ne contrôle plus rien, mais une fin heureuse après toutes ces péripéties! Les jeunes lecteurs pourront une fois de plus apprendre l’importance de l’entraide en tout temps, mais surtout pendant le temps des Fêtes. Après tout, on n’a pas besoin d’être un super-héros pour aider les autres, non? (C. Bond)

L’affreux moche Salétouflaire et les Ouloums-Pims, Claude Ponti, l’École des loisirs, 48 p., 9782211226189

Claude Ponti est un auteur dont l’univers décalé est connu et apprécié depuis de nombreuses années. Cette fois, il nous revient avec une fable écologique tout à fait pertinente dans le contexte actuel. On retrouve avec plaisir les jeux de langage ainsi que les illustrations éclatées qui sont la marque de Ponti. Un album essentiel pour les amateurs de l’auteur, mais aussi pour ceux qui veulent découvrir une autre facette de la littérature jeunesse! (P.-.A. B.)

Octobre, Sandra Bessière, ill. de Cristina Sitja Rubio, Notari, coll. « L’oiseau sur le rhino », 42 p., 9782940408993

Voici un magnifique album empreint de douceur et de poésie au sujet de l’automne. Le texte de Bessière est magnifique et invite à s’envelopper dans une couverture pour boire un chocolat chaud. Les illustrations de Sitja Rubio ont un trait brouillon et des couleurs chaudes, ce qui vient appuyer l’histoire d’une belle façon. À lire bien au chaud, lorsqu’il fait gris et que la pluie crépite contre les fenêtres. (P.-A. B.)

Parole de loup, Geoffroy de Pennart, Kaléidoscope, 32 p., 9782877678681

Le loup est de retour, mais il est difficile de savoir ce qui s’est passé avec lui. Entre son témoignage et ce qui s’est réellement passé, il y a une grosse différence! Geoffroy de Pennart nous propose ici un album sur la question du mensonge où l’image est aussi importante que le texte, puisque les deux fournissent des versions différentes des événements. Avec l’humour qu’on lui connaît, de Pennart s’amuse à plonger le loup dans une nouvelle aventure rocambolesque, où les personnages des contes font encore une fois de nombreuses apparitions surprises. Bref, c’est un immense coup de cœur! (P.-A. B.)

La bulle, Timothée de Fombelle, ill. de Éloïse Scherrer, Gallimard-Jeunesse, coll. « Premières lectures et découvertes », 42 p., 9782070662791

Timothée de Fombelle est un auteur de romans reconnu pour la qualité de ses intrigues et l’intelligence de son propos. Cette fois, il nous offre un premier album, illustré par Éloïse Scherrer. Le résultat est tout simplement splendide. L’histoire est touchante et on s’attache à la fillette qui part à la conquête de cette bulle noire qui la suit depuis qu’elle est toute petite. On aimerait l’aider dans son combat, même si on comprend qu’elle doit y parvenir seule. Les illustrations de Scherrer sont magnifiques et renforcent la puissance du texte de Fombelle. À lire absolument! (P.-A. B.)

A comme baleine, Delphine Chedru, Nathan, 56 p., 9782092558898

Voici un abécédaire très particulier. Sur la page de gauche, on retrouve une lettre, accompagnée d’un dessin illustrant un mot qui commence par cette lettre. Sur la page de droite, on retrouve plusieurs illustrations de mots qui commencent aussi par cette lettre, et un intrus, dont le mot débute par la lettre suivante. Grâce à ce concept original, on s’amuse à nommer les objets illustrés pour débusquer l’intrus, qui se retrouve aussi à la bonne page. Le dessin simple donne un beau cachet aux illustrations, et l’auteure-illustratrice a su jouer d’inventivité pour présenter plusieurs objets à chaque lettre mise en scène. Un très bel abécédaire, accessible pour tous les âges. (P.-A. B.)

Voyage, Aaron Becker. Gautier-Lauguereau, 44 p., 9782012202634

Après nous avoir offert le magnifique « Imagine », Becker récidive ici avec la suite des aventures de la fillette à la craie rouge. Encore une fois, l’absence de texte laisse toute la place aux illustrations sublimes de Becker. Cette fois encore, il nous propose une aventure sur le thème de l’imagination et de l’amitié. Un album incontournable pour les petits et les grands. (P.-A. B.)

Moi, grand, toi, petit, Lilli L’Arronge, Didier jeunesse, 38 p., 9782278081899

Ce magnifique album empreint de tendresse est un véritable bijou. On y apprend les contraires à travers les activités d’un père et de son enfant. Le texte est simple et accessible, et les illustrations sont touchantes et rendent parfaitement les émotions des personnages. Bref, un album à lire blotti dans les bras de papa. Gros, gros coup de cœur! (P.-A. B.)

Le livre sans images, B. J. Novak, École des loisirs, 56 p., 9782211225915

Cet album est très, très particulier. Il vous fera dire des choses absurdes, des choses que vous ne pensiez jamais dire un jour. En plus, il n’y a aucune illustration! Mais si vous pensez que ça en fait un livre sérieux, détrompez-vous. Vos enfants n’auront jamais autant ri qu’en vous entendant lire cet album. Soyez prévenu, ils en redemanderont et vous ne pourrez pas y échapper! Alors, oserez-vous ouvrir « Le livre sans images »? (P.-A. B.)

1000 était une fois, Max Ducos, Sarbacane, 32 p., 9782848658056

Comme son titre l’indique, cet album est une invitation aux situations d’écritures. Les nombreuses possibilités sont drôles, poétiques, mystérieuses, mais toujours porteuses d’émerveillement. Joliment illustré, cet album est un incontournable pour les amateurs d’histoires et ceux qui débordent d’imagination. (P.-A. B.)

Blob, l’animal le plus laid du monde, Joy Sorman, ill. d’Olivier Tallec, Actes Sud Junior, 42 p., 9782330055998

Comment ne pas tomber sous le charme de Blob, l’animal le plus laid du monde? Joy Sorman signe ici un texte très drôle, qui montre avec brio que peu importe l’apparence, la célébrité peut monter à la tête de tout le monde. Quant aux dessins d’Olivier Tallec, ils rendent amplement justice à la laideur de Blob et à sa folie des grandeurs. Bref, un incontournable! (P.-A. B.)

Panique au village des crottes de nez!, Petra Mzryk, ill. de Jean-François Moriceau, Les fourmis rouges, 34 p., 9782369020486

Un album très rigolo qui met en scène de sympathiques crottes de nez. Non, ce n’est pas de la grande littérature, et c’est tant mieux! Le texte de Petra Mzryk est drôle et léger et les illustrations de Moriceau sont tout simplement irrésistibles. Rien de mieux qu’une histoire de crottes de nez avant le dodo, fous rires garantis! (P.-A. B.)

Il était une fois l’alphabet : en vingt-six escales rocambolesques, Oliver Jeffers, Kaléidoscope, 110 p., 9782877678636

Un des meilleurs albums d’Oliver Jeffers. On y retrouve son écriture fine et intelligente, son humour contagieux, et ses dessins brouillons irrésistibles. En plus de 100 pages, Jeffers nous offre un panorama décalé de l’alphabet, à travers 26 histoires rigolotes dans lesquelles certains de ses personnages plus connus font un caméo fort apprécié. Un coup de cœur et un album incontournable, à offrir en cadeau peu importe l’occasion ! (P.-A. B.)

La machine à explorer le temps : Les aventures de Pam et Paul, Meritxell Martí, ill. de Xavier Salomó, Sarbacane, 24 p., 9782848658032

Ce livre-jeu combine le cherche et trouve et le jeu des sept erreurs pour vous offrir un album à l’efficacité diabolique. En effet, au niveau 9, ce ne sont pas moins de 50 erreurs qui se sont glissées dans l’une des deux illustrations! Saluons ici le travail de moine de Xavier Salomó, dont le souci du détail donne des illustrations sublimes dans lesquelles on prend plaisir à se perdre, même après avoir découvert toutes les erreurs. Le tandem Martí- Salomó nous propose ici un livre-jeu complètement addictif. Un gros coup de cœur!

ROMANS

Harry Potter à l’école des sorciers, J.K. Rowling, ill. de Kim Kay, Gallimard jeunesse, 245 p., 9782070669073

Ce livre comblera les attentes des « Potterheads » collectionneurs! Non seulement cette édition fera des jaloux dans votre entourage, mais vous pourrez en plus retourner à Poudlard pour la énième fois, en passant cette fois-ci dans l’interprétation de l’univers des sorciers de Jim Kay! On se retrouve sur le quai 9 ¾ pour prendre le Poudlard Express, amis sorciers! Une autre année spectaculaire remplie de sortilèges et de potions nous attend! (C. Bond)

TOUT-CARTONS

Petite maman Noël, Lou Beauchesne, ill. de ValMO, Les 400 coups, coll. « Mes premiers coups », 26 p., 9782895406716

Voici un magnifique livre à offrir aux tout petits, pour les faire patienter jusqu’à l’arrivée de Noël. Lou Beauchesne réussit à présenter une Mère Noël rigolotte et attachante sans tomber dans la caricature, et les illustrations de ValMO sont tout simplement craquantes. Un coup de cœur absolu et une magnifique idée cadeau pour les petits lecteurs! (P.-A. B.)

Pourquoi tu pleures?, Michaël Escoffier, ill. de Maud Legrand, Les 400 coups, coll. « Mes premiers coups », 26 p., 9782895406723

Michaël Escoffier est de retour avec une nouvelle aventure rocambolesque pour les tout-petits et il est en grande forme! Appuyé par les magnifiques illustrations de Maud Legrand, l’histoire d’Escoffier est d’une grande tendresse, et comme toujours, l’humour est omniprésent, particulièrement dans la chute! Un livre à lire pour les petits et les grands, parce que la générosité n’a pas d’âge! (P.-A. B.)

Zazou et Léopold : Les formes, Jacques Duquennoy, Bayard Jeunesse, 30 p., 9782747057509

Cet album en tout-carton explique bien comment les formes sont des traits avant tout, qui peuvent ensuite, une fois maîtrisées, se transformer en une multitude de dessins en tout genre! Grâce aux acétates, chaque étape pour réussir à dessiner une forme est déconstruite puis reconstituée aux yeux de l’enfant qui apprend. (C. Bond)

DOCUMENTAIRES

Liberté d’expression : A-t-on le droit de tout dire?, Daniel Schneidermann, ill. d’Étienne Lécroart, La ville brûle, coll. « Jamais trop tôt », 64 p., 9782360120659

Suite aux attentats à Charlie Hebdo, nombre de documentaires sur la liberté d’expression, pour tous les publics, sont parus. Toutefois, je trouvais à chaque fois qu’ils n’étaient pas assez nuancés, trop simplistes et qu’ils oubliaient quelques facettes du sujet. Quand j’ai tenu pour la première fois celui-ci entre mes mains, je m’attendais à retrouver la même chose… puis j’ai aperçu l’éditeur (La ville brûle). Ah! Cela change tout!

Pour l’instant, il s’agit de l’ouvrage le plus complet sur le sujet dans le secteur jeunesse, même s’il est surtout centré sur l’exemple de la France et donc que les lois dont il traite ne nous concernent pas aussi directement. L’auteur considère les jeunes lecteurs exactement pour ce qu’ils sont : des êtres dotés d’un regard intelligent sur la société et capables de saisir des concepts complexes si on se donne la peine de leur expliquer dans des termes qu’ils comprennent. Aucune notion n’est mise de côté : toutes les formes de censure (dont la censure économique), le cas bien particulier de la satire et de l’humour, des religions, et ce, toujours avec respect. Idéal pour les professeurs ou les enseignants qui voudraient aborder le sujet avec subtilité et intelligence! (C. Bond)

Singes, Owen Davey, Gallimard Jeunesse, 35 p., 9782070669486

Les passionnés des primates seront aux anges : un documentaire qui discute de plusieurs facettes de l’évolution des primates, mais qui est aussi joli qu’un album! Les informations contenues dans le livre sont présentées afin de permettre aux jeunes (et aux moins jeunes) lecteurs de les retenir aisément, notamment grâce à un petit questionnaire sur la différenciation des primates des Ancien et Nouveau Mondes. (C. Bond)

Carnet d’Amérique : Journal de voyage, Jean-Luc Bertini, Bulles de savon, 61 p., 9791090597358

S’il existe de nombreux carnets de voyage par et pour des adultes, ceux pour enfants et adolescents sont plutôt rares… Les jeunes amoureux du voyage et de la découverte seront enchantés de découvrir celui-ci, avec ses pages mattes, ses aplats de couleurs et sa mise en page super design. Pas de photographies clichées, que des photos originales de Bertini, qui montrent bien la diversité des États-Unis et la spécificité de chaque lieu américain visité. Une preuve de plus que le continent américain est le meilleur pour tous les genres de « road trip »! (C. Bond)

Let’s Go To London : Abécédaire pour les curieux, Paul Thurlby, ABC Melody, 56 p., 9782368360767

Les amoureux de la capitale de l’Angleterre ne se pourront plus d’avoir envie de posséder ce livre! Dans un style de dessin qui n’est pas sans rappeler Benoît Tardif, nous revisitons les principaux attraits de Londres à travers les yeux de Paul Thurlby, qui a choisi de s’y établir en 2006. Entre carnet de voyage et abécédaire, ce livre est à laisser sur votre table de salon ou sur votre bureau pour que tous y jettent un coup d’oeil. La beauté, ça se partage si bien! (C. Bond)

Les grands conquérants, Frédéric Marais, Gulf Stream, coll. «  Les grands albums », 48 p., 9782354883225

Frédéric Marais nous revient avec un nouveau documentaire étonnant et surprenant, toujours aussi magnifiquement illustré. Cette fois, ce sont les animaux conquérants qui sont à l’honneur. Du dromadaire africain aux écureuils gris américains, en passant par des grenouilles taureau de Floride, découvrez comment certaines espèces se sont imposées sur un territoire qui n’était pas leur habitat naturel. Les courts textes sont appuyés par des illustrations au design rétro sur double pages, ce qui confère à l’ensemble un charme irrésistible. À offrir aux amoureux des animaux qui n’ont pas froid aux yeux! (P.-A. B.)

Le Saint-Laurent, Jacques Pasquet, Bayard Canada, 32 p., 9782895796503

Bourré d’informations pertinentes, présentées de manière structurée mais aérée, ce documentaire est un incontournable pour tous ceux qui désirent en savoir plus sur l’un des symboles du Québec. Pasquet propose des encadrés brefs qui mettent en lumière des informations inusitées ou moins connues. Finalement le découpage du documentaire en thématiques permet au jeune lecteur de s’y retrouver facilement, en plus de dresser un portrait clair et complet du Saint-Laurent. Un must ! (P.-A. B.)

Anim’os, Judith Nouvion, ill. de Florence Guiraud, De La Martinière jeunesse, 168 p., 9782732471020

Dans ce documentaire, on visite littéralement les dessous des animaux, grâce à des volets qui nous dévoilent leurs squelettes. Construites sur des double pages, les fiches de chaque animal sont remplies d’informations pertinentes et d’anecdotes amusantes. Ajoutez à cela une description des particularités de chaque squelette d’animal, et vous obtenez un ouvrage très bien construit. (P.-A. B.)

Peinturlures, les ateliers d’Hervé Tullet : mode d’emploi, Hervé Tullet, Phaidon, 67 p., 9780714869742

Quel superbe documentaire! Hervé Tullet invite parents, professeurs et enfants à plonger avec lui dans la folie artistique qui caractérise son œuvre. À travers des ateliers clairement expliqués, Tullet propose diverses activités qui peuvent être adaptées selon l’âge et le nombre de participants. Il insiste également sur le côté ludique des divers ateliers, ce qui en fait un ouvrage incontournable pour les professeurs et les parents qui veulent s’amuser avec leurs enfants, peu importe leurs talents artistiques. Bravo! (P.-A. B.)

Le grand livre des instruments de musique, Raphaël Martin, ill. de Pronto, De La Martinière jeunesse, 36 p., 9782732471013

Voici l’ouvrage le plus complet sur les instruments de musique à l’usage des enfants. Richement documenté, il contient la définition d’instruments de musiques, des plus communs aux plus farfelus. Grâce à une séparation en rubriques, il est très facile de s’y retrouver et la lecture n’en est que plus agréable. Accompagné par les mises en contexte illustrées hilarantes de Pronto, qui signe également les magnifiques illustrations plus sobres des instruments, ce documentaire est un incontournable pour tous les amoureux de la musique. (P.-A. B.)

* * *

Sélection et rédaction de Caroline Billo, Catherine Bond, Pierre-Alexandre Bonin, Susane Duchesne, Joëlle Hodiesne, Juliette Lopes-Benites, Aurélie Philippe, Louise Pratte et Sonia Simard.

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27 novembre 2015  par nos libraires BD

Bandes dessinées : le choix des libraires

Comme chaque mois, notre équipe de libraires spécialisés en bandes dessinées passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces récits complets et autres premiers tomes, question d’aiguiser votre appétit livresque…

BANDES DESSINÉES ÉTRANGÈRES – ADOS

L’insubmersible Walker Bean T.01, Aaron Renier, 2015, Sarbacane, 208 p., 9782848658261*

À la croisée d’Isaac le Pirate et de Tintin, un conte exubérant ! Bienvenue à bord ! Le jeune Walker n’est pas vraiment un aventurier en herbe, il est même plutôt peureux. Mais il a été bercé par les récits fantastiques contés par son grand-père. Cet ancien amiral dans la marine lui a toujours parlé d’histoires de pirates, de trésors enfouis, de villes englouties. Depuis quelques jours, la santé de son grand-père s’aggrave et il sent que c’est l’heure de dévoiler à Walker, le secret des îles de la Mangue et des deux sœurs Tartessa et Remora. Les deux sirènes-sorcières habitent les abysses des océans, entourées par les squelettes de leurs victimes. Elles tourmentent les hommes grâce à un crâne maléfique qui régule le monde. Walker doit trouver ce crâne. Il part à l’aventure, armé du journal de bord de son grand-père, et s’embarque sur un bateau en direction des îles de la Mangue. Sur celui-ci, il croisera la route de nouveaux amis : la chienne Perrogi, le jeune garçon Shiv et la jeune fille Genoa. Aventure, humour, et récits fantastiques sont les ingrédients de ce récit tout public. – L’éditeur

Seki: Mon voisin de classe T.01, Takuma Morishige, 2015, Akata, 166 p., 9782369740681*

Voici une adorable comédie pour toutes et tous. Rumi est une élève studieuse, qui ne demande qu’à écouter son professeur et suivre son cours tranquillement. Sauf que, Séki, son voisin de classe a un tout autre objectif : ne pas travailler et faire passer le temps. Sans jamais dire un mot, Séki se trouve toutes sortes d’occupations plus farfelues les unes que les autres. Il joue aux dominos, il décape son bureau d’écolier, élève des chats… le tout, pendant le cours et sans jamais se faire prendre. Et c’est la pauvre Rumi qui finit toujours par se faire surprendre par les professeurs, tant les jeux de Séki captivent son attention. La douce fantaisie de ce manga à l’humour gentiment décalé offre une lecture délicieuse. On se régale d’une ironie diffuse assez réjouissante, comme un grand rire qui n’éclate jamais. Espérons que la suite de la série parvienne à se renouveler intelligemment, pour prolonger notre plaisir. (SC)

BANDES DESSINÉES ÉTRANGÈRES – ADULTES, QUÉBÉCOIS

Joker, Benjamin Adam, 2015, La Pastèque, 128 p., 9782923841793*

Récit rocambolesque, fourmillant de personnages, avec une intrigue tentaculaire et un dessin raffiné et précis, Joker séduit par son ambition et sa narration touffue, prolifique mais tout de même très accessible. Prenant comme prémisse de départ trois amis qui, chaque dimanche, lors d’un jeu de cartes, échangent leurs vies, emplois et familles pour une semaine, cette petite histoire qui s’annonçait intimiste déboule en une aventure sociale et politique qui impliquera toute la ville, une famille en fugue, plusieurs meurtres, des magouilles d’une corporation et des rivalités entres les journalistes indépendants et les géants de la presse. À mis chemin entre le polar, le roman-feuilleton et la critique des grands médias et des petites politiques, le dernier Benjamin Adam réussit à tenir son lecteur en haleine, tout en lui proposant beaucoup de matière dans un récit dont la fluidité ne déçoit jamais. (BN)

BANDES DESSINÉES ÉTRANGÈRES – ADULTES

L’attente infinie, Julia Wertz, 2015, L’Agrume, coll. « Littérature graphique », 232 p., 9791090743281*

On pourrait dire de L’Attente infinie qu’il s’agit d’un livre autobiographique puisque dans cet épais volume, Julia Wertz nous livre un récit de vie très personnel. Mais sa force tient avant tout dans la virtuosité de son écriture, à la fois cinglante et hilarante, bourrée d’humour et d’autodérision. Entre 1982 et 2012, Julia Wertz a fait beaucoup de choses: elle a enchaîné toutes sortes de petits boulots, elle a déménagé dans différentes villes, elle est tombée gravement malade, elle s’en est tirée, elle a été embauchée, elle s’est fait virer, elle a aimé (pas trop), elle a lu beaucoup de livres et fait beaucoup de blagues, elle a découvert la BD, elle a été publiée, elle a bu (beaucoup), elle a déprimé, elle a arrêté de boire, elle a grandi, elle a réfléchi et elle a eu envie de le raconter… Un épais volume à l’humour cinglant, plein d’autodérision et de réflexions aussi loufoques qu’existentielles. Qui d’autre que Julia Wertz, à l’esprit libre et décomplexé, pouvait signer cette chronique autobiographique époustouflante? – L’éditeur

Carnet de santé foireuse, Pozla, 2015, Delcourt, 368 p., 9782756066394*

On appréciait déjà Pozla pour son dessin sauvage, dynamité aux pétards, inspiré du graffiti, avec la série Monkey Bizness. On découvre avec Carnet de santé foireuse qu’il est aussi un narrateur de premier ordre. Récit tiré de son expérience personnelle, il raconte avec son cœur, ses tripes (ça tombe bien, vu le sujet) et beaucoup d’humour, le parcours de sa pathologie, la maladie de Crohn. Le résultat offre un témoignage d’une puissance folle. Il retrace, sans rien cacher, le long cheminement de sa maladie : les premiers symptômes, le diagnostic tardif et l’hospitalisation longue durée. Nombre de dessins étant justement exécutés depuis son lit d’hôpital, tant dessiner dans son carnet sera, pour l’auteur, le meilleur réconfort. En plus de l’efficacité de sa narration, Pozla fait véritablement exploser toutes ses qualités graphiques pour exprimer ses douleurs au plus juste. La plupart des pages sont de toute beauté. On tient ici un témoignage passionnant, et probablement l’une des meilleures bandes dessinées de l’année. (SC)

Trashed, Derf Backderf, 2015, Çà et Là, 237 p., 9782369902164*

Inspiré de la jeunesse de son auteur qui a été éboueur quelque temps, Trashed est une œuvre de fiction qui campe deux adolescents dont le quotidien consiste à ramasser les poubelles. Aussi désabusés qu’on peut les imaginer, ils nous feront découvrir les détails scabreux, mais souvent intéressants du formidable monde des ordures. On imaginerait difficilement qu’un métier aussi ingrat puisse être le sujet d’une fiction aussi divertissante et attachante que Trashed. Backderf a déjà prouvé avec Punk, rock and mobile homes qu’il maîtrisait parfaitement l’humour burlesque. Cette fois, son art rivalise avec la verve humoristique et scatologique de Rabelais. Chutes de pierres tombales, éclats de merde, carcasses de rongeurs, concerto de piano déchiqueté et fossoyeurs anarchistes disjonctés, on ne nous épargne rien dans ce chef-d’œuvre d’humour qui réussit quand même à informer son lecteur des subtilités de l’industrie de la crasse. (BN)

Capitaine perdu T.01, Jacques Terpant, 2015, Glénat, 56 p., 9782344004500*

En 1763, la France vient de perdre ses colonies du Nouveau Monde. Les Anglais se préparent à prendre possession des forts français et de nombreux « habits rouges » parcourent le territoire pour bien faire comprendre aux « sauvages » qui sont les nouveaux maîtres. Saint-Ange, le capitaine de Fort Chartres, un Français né à Québec, ne peut se résoudre à abandonner son pays et ses frères autochtones. De nombreux chefs de tribus amérindiennes alliés des Français viennent le rencontrer à Fort Chartres pour discuter de la marche à suivre. Quelle sera la décision de Saint-Ange? Une excellente BD historique de Terpant qui nous offre une œuvre fouillée et bien documentée sur un sujet peu exploité. Avec ses planches en couleurs directes qui font honneur aux paysages grandioses de l’Amérique sauvage, nous avons là un album d’une grande qualité. Vivement la suite de ce diptyque. (PP)

Traquemage T.01: Le serment des Pécadous, Relom et Wilfrid Lupano, 2015, Delcourt, coll. « Terres des Légendes », 55 p., 9782756064642*

Un producteur de fromage, dont le troupeau de chèvres et le village ont été anéantis par des troupes de créatures armées, jure de mettre fin à la guerre en tuant les cinq mages à l’origine du conflit. Animé par la rage et accompagné de sa brebis Myrtillle, il fera la rencontre d’une fée alcoolique qui connaît une manière de détruire les magiciens. Ce récit à mi-chemin entre Tolkien et Monty Python est un pur plaisir de lecture. Wilfrid Lupano est au sommet de son art, détournant les poncifs du genre avec truculence. Relom, de son côté, privilégie un style caricatural léché truffé de clins d’œil aux classiques du genre. (RSH)

Chicagoland, Sacha Goerg et Fabrice Colin d’après R.J. Ellory, 2015, Delcourt, coll. « Mirages », 128 p., 9782756063102*

Chicago, années 50. Une jeune institutrice est retrouvée morte, étranglée par un inconnu. Chicagoland est un récit polyphonique décliné en trois temps : la sœur de la victime, l’enquêteur chargé du dossier et l’assassin défilent tour à tour pour tisser un écheveau complexe chargé d’émotions, magnifié par les tons pastel de Sacha Georg. La collection Mirages des éditions Delcourt fait un très beau cadeau aux fans de polar et aux inconditionnels de R. J. Ellory en publiant l’adaptation de trois nouvelles disponibles uniquement en version numérique. (RSH)

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Sélection et rédaction d’Hélène Brosseau, Sylvain Cabot, Boris Nonveiller, Patrick Pilote et Réjean St-Hilaire.

 

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13 novembre 2015  par nos libraires

Le choix des libraires: Essais

Comme chaque mois, notre équipe de libraires passe en revue l’ensemble de la production du mois écoulé pour en repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces nouveaux titres, question d’aiguiser votre appétit livresque…

Arts – Une sélection de Marie-Ève Blais

Robert Frank en Amérique, sous la dir. de Peter Galassi, Éditions Steidl, 200 p., 9783869308258

Recueil de 131 photographies de Robert Frank réalisées dans les années 1950, dont 22 clichés originaux du reportage photo intitulé Américains, enrichi de 100 images inconnues. Né en Suisse, il émigre aux Etats-Unis en 1947 et commence sa carrière de photographe dans des magazines. Il obtient la bourse de la Guggenheim Fondation en 1955, et réalise de nombreux films. Catalogue de l’exposition présentée au Stanford, Cantor Arts Center, du 10 septembre 2014 au 5 janvier 2015.

La main gauche de Jean-Pierre Léaud, André Habib, 2015, Éditions du Boréal, coll. Liberté grande, 320 p., 9782764624098

Il y a les cinémathèques pour les conserver et les programmer, mais qu’est-ce qui demeure en chacun de nous des films que nous avons vus pour la première fois au cinéma ? Que reste-t-il de nos amours cinématographiques ? André Habib se livre à une exploration docte et maniaque de ces restes de cinéma qui s’accumulent, en désordre, dans la mémoire du cinéphile, la sienne et celle d’une vingtaine d’autres fous de cinéma qu’il a interrogés et pour qui le septième art est une passion, un vice impuni. Universitaire mais mordu, il signe un essai sur la cinéphilie qu’il considère comme une discipline anarchique.

Polaroids 1958-1987: Andy Warhol, Richard B. Woodward et Reuel Golden, 2015, Éditions Taschen, 560 p., 9783836551564

Photographies de portraits réalisées par Andy Warhol à la fin des années 1950 et jusqu’à sa mort en 1987. Certaines figures emblématiques du XXe siècle comme Mick Jagger, Alfred Hitchcock ou Jack Nicholson sont représentées.

Biographie – Une sélection d’Emmanuelle Cartier

De Saint-Denys Garneau, de Michel Biron, 2015, Éditions du Boréal, 456 p., 9782764624005

La vie du poète Hector de Saint-Denys Garneau est depuis longtemps l’objet d’une fascination étrange. Mais que sait-on au juste du destin énigmatique de cet auteur qui, après avoir publié Regards et Jeux dans l’espace à l’âge de vingt-cinq ans, semble s’être éloigné de tout : de son oeuvre, de ses amis, de la vie elle-même.Que sait-on de cette existence à la fois très brève (il est mort à trente et un ans) et si remplie de silence ? Toutes sortes de rumeurs ont circulé et continuent de circuler à son propos, certaines fondées, d’autres farfelues. Aussi est-il curieux qu’aucune véritable biographie de Garneau n’ait encore vu le jour pour mettre de l’ordre dans ces récits approximatifs, comme si on préférait entretenir le mystère de son existence fuyante, quitte à l’imputer à des causes extérieures, voire à accuser le Canada français d’avoir été le tombeau du poète. Après avoir recueilli de façon systématique toute l’information disponible sur sa vie, tant intellectuelle que matérielle et affective, notamment autour de sa famille, de ses amis et des femmes qui l’ont entouré, après avoir dépouillé des fonds d’archives récemment ouverts à la consultation, ce qui lui a permis de retrouver un grand nombre de lettres inédites, Michel Biron donne ici la première véritable biographie du poète. Il nous présente un Garneau de chair et de sang, présent au monde et à soi-même, pour qui l’écriture n’aurait su avoir ni sens ni valeur si elle n’aidait pas à mieux vivre. Un contrat moral lie l’écrivain à l’homme de tous les jours : on ne peut connaître celui-là sans s’intéresser à celui-ci.

Cuisine et alimentation – Une sélection d’Emmanuelle Cartier

Un dimanche au marché: 100 recettes pour remplir son panier !, recettes de Mélanie Martin, photographies de Julie Méchali, 2015, Éditions Mango, 267 p., 9782317010750

Quoi de plus agréable que de se promener entre les étals du marché et de revenir chez soi, le panier rempli… Du maraîcher au poissonnier, vous découvrirez dans cet ouvrage plus de 100 recettes classiques ou revisitées ! Cuisinez maison et de saison pour retrouver le goût des produits frais ! 100 recettes à base de produits frais. Avec des conseils pour acheter au marché.

Les secrets véganes d’Isa, Isa Chandra Moskowitz, photographies de Vanessa Rees, 2015, Éditions L’Âge d’homme, 307 p., 9782825144565

Que vous soyez un cuisinier végane expérimenté, un parfait débutant, un allergique aux noix, au gluten, au micro-ondes, aux légumes ou simplement à l’affût de nouvelles expériences culinaires, Isa est la personne qu’il vous faut. Les secrets et astuces d’Isa se déclinent en près de 200 recettes succulentes, souvent saines, parfois décadentes et mettent en valeur des produits frais et accessibles. Sans vous en apercevoir, vous allez vous retrouver confortablement installé dans votre canapé avec un bon roman, caressant votre chat pendant qu’un fabuleux Stroganov de tofu et champignons mijote sur le feu dans une cuisine étonnamment bien organisée grâce aux conseils d’Isa.

Comfort food : 100 recettes incontournables : les classiques qui rendent heureux, Jamie Oliver, photographies de David Loftus, 2015, Éditions Hachette Pratique, 406 p., 9782011775948

Cet ouvrage contient, sans aucun doute, mes recettes les plus appétissantes, étonnantes et passionnantes et, surtout, qui font du bien. Je veux parler de ces plaisirs simples et pourtant tellement tentants. Cet ouvrage célèbre les souvenirs, les traditions et les plats de notre enfance. Il met à l’honneur le rituel de la préparation avec des plats qui mettent du baume au coeur et remontent le moral.

Philosophie – Une sélection de Caroline Scott

Art rebelle et contre-culture : création collective underground au Québec, 1967-1977, Anithe de Carvalho, 2015, M Éditeur, coll. Mouvements, 232 p., 9782924327166

Au cours des années 1960 et 1970, les artistes néo-avant-gardiste politisés ont remis en question les conventions artistiques et l’institution traditionnelle en élargissant le champ de l’art et en ouvrant la porte à un art nouveau tourné vers des publics que l’on voulait participatifs. Le monde de l’art délaisse les galeries et les musées pour envahir avec ferveur les espaces publics. Dans ces lieux, on explore de nouvelles formes d’expression artistique. Cette époque pleine d’espérance aurait vu l’art et la vie se conjuguer – elle alimente encore aujourd’hui les esprits rebelles, artistiques et politiques. Loin de s’inscrire dans la défense de cette thèse, ce livre a pour objectif de démythifier ces pratiques artistiques, dont les environnements et les événements participatifs ont été médiatisés en dehors de l’espace institutionnel traditionnel. Pourtant, la néo-avant-garde artistique politisée – ou underground – n’a pas réussi son pari de rester en marge de l’establishment et d’œuvrer à l’extérieur du système ou du champ institutionnel de l’art. Ce livre pose donc la question de l’institutionnalisation de l’art dit subversif au Québec au cours des années 1960 et 1970.

L’angoisse de l’ingénieur, Ernst Bloch, 2015, Éditions Allia, coll. La petite collection, 69 p., 9791030400182

Ce manifeste réunit trois textes écrits entre 1929 et 1955, évoquant le sentiment d’angoisse mêlé aux symboles de la magie et au concept d’utopie, en relation avec la condition humaine et sociale. Le philosophe examine les diverses croyances dans la sorcellerie, rappelle la nécessité du mythe et défend notamment les archétypes énoncés dans les contes abolissant les hiérarchies sociales.

À quoi sert la philosophie?, Thomas De Koninck, 2015, Presses de l’Université Laval, coll. Kairos, 100 p., 9782763789729

Si les problèmes de société et les problèmes politiques s’avèrent de plus en plus complexes, au sens de « tissés ensemble », le déploiement des connaissances va dans le sens opposé, suivant des labyrinthes de plus en plus spécialisés, fragmentés, détachés du tout. C’est assez dire l’importance accrue de la philosophie, qui a, depuis toujours, affaire au tout de la réalité. La philosophie ne sert à rien, en ce sens qu’elle ne sert rien de particulier. Elle est libre, autonome. À quoi sert la philosophie ? À ce compte, à quoi sert la musique ? Ou, sur un autre registre, à quoi sert la santé ? Toutes servent l’être humain. La différence est qu’elles le servent tout entier. Et dans le cas de la philosophie, c’est la vie proprement humaine en toutes ses dimensions qui est servie.

Magic : une métaphysique du lien, Laurent De Sutter, 2015, Presses universitaires de France, 111 p., 9782130730897

Interrogeant l’apparition du concept de lien social chez Rousseau et Durkheim, l’auteur avance que, pour comprendre ce qui lie les hommes, il faut peut-être regarder du côté du droit, un droit qui aurait retrouvé sa magie. De Montesquieu à G. Bruno, de G. Tarde à M. Mauss, l’auteur s’attache au droit comme dernière manifestation de la magie dans un monde qui croyait pouvoir s’en passer.

Lettres spirituelles d’un philosophe sceptique, Giuseppe Rensi, 2015, Éditions Allia, coll. La petite collection, 175 p., 9791030400304

Un voyage philosophique répondant à des interrogations de tous ordres, du mystère de la pensée à la perception du quotidien, évoquant des philosophes tels que Spinoza, Sénèque ou Platon et de grands courants de pensée comme le bouddhisme.

Sciencs sociales – Une sélection de Caroline Scott

Le jour où l’Amérique a vu la guerre : 1943 : le traumatisme de la bataille de Tarawa, Cyril Azouvi, 2015, LUX éditeur, 140 p., 9782895962007

Fin 1943, après deux ans de combats lointains et relativement indolores pour les États-Unis, la population américaine qui, jusque-là, soutenait inconditionnellement la décision d’intervenir dans la Deuxième Guerre mondiale, est soudainement frappée d’effroi. La cause de ce vacillement: les violentes images tournées lors de la bataille de Tarawa. La prise de ce minuscule atoll du Pacifique se fait de justesse, en trois jours, au prix de 1 000 morts et de 2 000 blessés du côté américain seulement. C’est le premier carnage essuyé par les boys depuis leur entrée en guerre et c’est aussi la première fois qu’une équipe de cameramen de l’armée filme les combats… et les cadavres. Cyril Azouvi a recueilli les souvenirs de Norman Hatch, vétéran des marines qui a fait Tarawa armé d’une caméra. Il relate ici la bataille, puis l’impact qu’ont eu les images sur l’opinion publique alors qu’y germait l’idée saugrenue qu’une guerre peut être propre.

Le libre jeu : réflexion sur l’appropriation de l’activité ludique, Maude Bonenfant, 2015, Éditions Liber, 152 p., 9782895784975

« Le jeu est souvent défini selon les catégories manichéennes du  » bien  » et du  » mal « . Ici, il est accusé d’être cause d’une perte de temps, d’aliénation, de renfermement, de perte de repères ; là, loué pour être un moyen de socialiser, d’apprendre, de se découvrir, de se divertir. À la vérité, le jeu est inextricablement lié à des considérations éthiques et appelle à un questionnement sur le rapport que le joueur entretient avec lui. Les philosophes l’ont compris depuis longtemps. Il est l’occasion d’apprivoiser l’indétermination du monde en développant des moyens de se l’approprier. Ce que nous faisons du jeu est un apprentissage de ce que nous pouvons faire de notre vie. L’espace d’appropriation n’est pas exclusif à l’objet-jeu et le jeu, considéré comme une technique, devient un moyen de nous ménager un espace de liberté dans les limites de notre vie. Le jeu devient ainsi une éthique de vie. En s’appropriant le jeu du monde, en en actualisant la part virtuelle grâce à son imagination, l’individu prend d’autant plus part à la création du sens du monde. »

Ces valeurs dont on parle si peu, Jacques Grand’Maison, 2015, Éditions Carte blanche, 136 p., 9782895902720

«J’ai écrit ce livre sur les chemins de la Maison Pallia-Vie,de la Rivière-du-Nord, avec tout le temps nécessaire pourfaire un bilan de vie. Mais vous ne lirez pas ici une autobiographie,même si j’ai puisé dans mes soixante ans detravail, et que j’ai voulu retenir l’essentiel de ce que m’ontappris les nombreux compagnes et compagnons de route.J’ai cherché à réfléchir à l’histoire récente du Québec, àl’évolution des moeurs et aux courants souterrains, tropsouvent méconnus sinon refoulés. J’utilise la métaphorede l’humus qui régénère la vie, de l’humus humain capabled’aller chercher au fond de soi des forces, du sens et dela confiance qu’on ne soupçonnait pas posséder; un peucomme les bouillons de culture et leur créativité au plancollectif. J’espère avoir réussi à dégager des dynamiquesde sens, de relances d’espoir et de foi. »

Amerindia : essais d’ethnohistoire autochtone, Roland Viau, 2015, Presses de l’université de Montréal, 247 p., 9782760635838

De nos jours, on ne défend plus l’idée que les peuples autochtones conquis et colonisés étaient sans culture ou sans histoire, tout en reconnaissant néanmoins que leur histoire était obscure et leur univers culturel opaque pour les premiers voyageurs européens. Roland Viau écrit ici la rencontre entre l’Europe et l’Amerindia en donnant la parole à l’Autre. Sa perspective est globale, proche de la world history – symbiose entre les disciplines de la mémoire: ethnologie, histoire et archéologie – et loin de la vision d’un monde façonné par le seul Occident. Sans poursuivre le procès d’intention fait aux colonisateurs de l’Amérique du Nord, l’auteur dresse un portrait saisissant des Autochtones à travers le récit de leurs traditions orales, leurs cosmologies et leurs mythes. Il nous invite à penser le monde dans sa longue durée et dans la compréhension des relations souvent conflictuelles entre les sociétés dominantes du Nord et les nations encore globalement dominées du Sud.

Mater la meute : la militarisation de la gestion policière des manifestationssuivi de: Le marché global de la violence, Lesley J. Wood et Mathieu Rigouste, 2015, LUX éditeur, 314 p., 9782895962045

La restructuration néolibérale des institutions économiques et politiques entraîne une militarisation progressive des forces policières et de leurs tactiques de maintien de l’ordre. Surveillance, infiltration, brigades spéciales, armes sublétales, arrestations préventives… en Amérique du Nord comme en Europe, il semble que tous les moyens soient bons pour neutraliser la contestation sociale. Refusant de céder au schématisme habituel qui fait des forces de l’ordre un simple instrument des élites politiques, la sociologue Lesley J. Wood revient sur l’histoire récente de la police nord-américaine pour mettre au jour les dynamiques complexes qui la traversent. Dans « Le marché global de la violence » en fin d’ouvrage, Mathieu Rigouste revient sur les mutations du maintien de l’ordre en France.

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