Le Délivré
Afficher :  tout ce mois-ci | cette année

Articles récents

25 novembre 2014  par Le Délivré

Les Prix des libraires du Québec 2015 – Les livres en nomination

Le dévoilement tant attendu de la liste préliminaire du Prix des libraires du Québec 2015 s’est tenu à la suite de l’inauguration officielle du Salon du livre de Montréal. Les 24 titres - 12 dans la catégorie « Roman québécois » et 12 dans la catégorie « Roman hors Québec », figurant sur cette liste reflètent bien le flair des libraires pour dénicher la crème de la crème.

Cette célébration annuelle, coordonnée par l’Association des libraires du Québec pour la 22e année, met en lumière le rôle essentiel des libraires, celui de découvrir et partager, tout en honorant des auteurs dont les œuvres se sont imposées cette année par leur qualité littéraire et leur originalité.

Le comité de sélection se réunira plus tard en janvier, afin d’établir la liste des cinq finalistes dans chaque catégorie. Le processus de votation pourra alors être enclenché : tous les libraires du Québec, issus des librairies indépendantes, des coopératives en milieu scolaire, du Groupe Archambault, du Groupe Indigo et du Groupe Renaud-Bray, seront appelés à élire deux gagnants, un québécois et un hors Québec. Le nom des lauréats sera annoncé le lundi 11 mai 2015, au Lion d’Or, à Montréal.

Le lauréat québécois se verra attribuer une bourse de 5 000 $ du Conseil des arts et des lettres du Québec, ainsi qu’une œuvre de l’artiste Louis-Georges L’Écuyer, que recevra également le lauréat hors Québec. De plus, l’Association internationale des études québécoises offre au lauréat québécois la possibilité de faire une tournée de promotion dans l’un des pays étrangers où elle a des membres.

Catégorie Roman québécois

Sports et divertissements, Jean-Philipppe Baril Guérard, Éditions de Ta Mère, 9782923553696

Cette semaine, j’ai chanté au karaoké, j’ai nagé, j’ai bu, j’ai mangé de la poutine, j’ai fait de l’escalade, j’ai fait de la coke, j’ai fait du vélo de route, j’ai mangé des assiettes à cent piasses, j’ai fais du yoga en lendemain de brosse, j’ai fait quatre mille dollars en quinze minutes, je me suis prise en photo, j’ai dansé, frenché, fourré dans une ruelle, j’ai lu Nietzsche, j’ai lu des magazines à potins, je suis apparue dans des magazines à potins, j’ai bu du vin rare dans une première de film, je me suis fait reconnaître dans la rue, j’ai joggé, j’ai noyé la nostalgie d’une suite pour piano de Satie, j’ai méprisé beaucoup de gens, j’ai recompté la somme de toutes mes richesses combinées, la beauté, l’argent, la jeunesse, le temps, surtout le temps, et j’ai tout dilapidé à loisir. Bref, j’ai tout fait pour éviter de me poser des questions. Dans une forme inspirée de l’oeuvre du même nom d’Erik Satie, Sports et divertissements suit le quotidien à la fois vide et saturé d’un groupe d’amis qui déploient toutes leurs énergies à s’étourdir, à grands coups d’endorphine, d’art et de substances diverses, naviguant entre l’extraordinaire et le banal, le plaisir et l’ennui, en (plus ou moins) dignes représentants de ce que leur époque a de meilleur et de pire à offrir.

Numéro six, Hervé Bouchard, 2014, Éditions Le Quartanier, 9782896981793

C’est l’histoire d’un personnage portant le numéro six dans le hockey mineur. L’histoire très simple de son apprentissage, alors qu’il évolue dans les catégories atome, moustique, pee-wee, bantam, midget, de six à seize ans à peu près. Je connais très bien cette histoire. Tout le monde connaît très bien cette histoire. C’est là que l’écriture commence: dans le rendre étranger des choses familières. On voit le numéro six apprendre à patiner dans le parc paroissial. On le voit dans les ligues organisées, on le voit dans une école de hockey, il travaille fort pour gagner une place parmi les meilleurs. On le voit au sein de l’équipe légendaire de la ville, il passe près d’un triomphe. On voit la rivalité entre membres de la même équipe pour une fille puis on voit le numéro six fréquenter celle qu’il appellera son Anglaise. On pourrait penser qu’il s’agit d’un récit de formation. Oui. Mais il s’agit surtout d’un récit de déformation. Sur le mode comique, le numéro six fait l’apprentissage de la vie; au bout, il en ressort défait. Telle est la leçon du numéro six.

Nous étions le sel de la mer, Roxanne Bouchard, 2014, VLB éditeur, 9782896495825

« C’est Vital. Ça a l’air qu’il a ramassé un cadavre dans ses filets. Il l’a dit dans sa radio. Tu veux qu’on t’en raconte, des histoires de marins ? Reste avec nous autres pis tu vas en voir, la p’tite ! » Ce matin-là, Vital Bujold a repêché le corps d’une femme qui, jadis, avait viré le cœur des hommes à l’envers. En Gaspésie, la vérité se fait rare, surtout sur les quais de pêche. Les interrogatoires dérivent en placotages, les indices se dispersent sur la grève, les faits s’estompent dans la vague, et le sergent Moralès, enquêteur dans cette affaire, aurait bien besoin d’un double scotch.

Les États-Unis du vent, Daniel Canty, 2014, Éditions La Peuplade, 9782923530727

Fin 2010. De l’automne tardif au début de l’hiver, Daniel Canty devient chercheur de vent. À bord de la Blue Rider, un vénérable camion d’un bleu de minuit coiffé d’une girouette, il s’abandonne à une dérive entièrement dictée par la fluidité des courants aériens. L’aventure l’emporte des plaines herbeuses du Midwest à Chicago la venteuse, il s’engouffre dans le wind tunnel des Grands Lacs, découvre les cités d’industrie perdue de la rust belt, bifurque par les pastoraux territoires amish vers les forêts de Pennsylvanie, terres d’or noir et de guerre civile. Entre travelogue et fabulation, Les États-Unis du vent est un livre aux pieds ailés, où transparaît la carte d’une Amérique invisible, nappée par la lumière des révélations.

Le Feu de mon père, Michael Delisle, 2014, Éditions du Boréal, 9782764622940

Quand Michael Delisle était enfant, ses « oncles », c’est-à-dire les amis de son père, ne disaient pas « arme » mais morceau ou de façon plus métonymique, feu. « J’avais mis mon feu dans le coffre à gant. » « Il s’est débarrassé de son feu. » « Oublie pas ton feu. » Dans ce poignant récit, le poète se remémore son père, le bandit devenu chrétien charismatique, l’homme violent qui ne parlait plus que de Jésus, l’homme détesté qu’on ne peut faire autrement qu’aimer, en dépit de tout. La question qui revient éternellement est celle-ci : où va le feu ? Et la question me revient au chevet de mon père. Je passe mon doigt sur son vieux tatouage de marin (une ancre avec les lettres MN pour merchant navy) qui n’est plus qu’une pastille noire et floue. Ces cellules sont aussi les miennes. Je reconnais la parenté organique et l’odeur qui monte de son corps : un parfum de vieux drap gorgé de phéromones. Cet encens sébacé est mon seul lien avec cet homme, le seul que je reconnaisse. Cet animal m’a donné la vie.

Forêt contraire, Hélène Frédérick, 2014, Éditions Verticales, 9782070143894

Lassée de l’anonymat urbain et sans le sou, la narratrice quitte Paris, où elle faisait ses études, pour retrouver son Québec natal. N’ayant prévenu personne de son retour, elle se construit une nouvelle identité et renoue avec ses désirs, au coeur de la forêt d’Inverness. Elle fait la connaissance d’André, un ancien comédien.

La maison d’une autre, François Gilbert, 2014, Leméac éditeur, 9782760933880

À quelques jours de son mariage avec l’architecte Hirosuke, Nanami voit son existence bouleversée par l’appel d’un amant étranger, qui sollicite son assistance de façon urgente. Dans un dernier sursaut de liberté, elle se laisse emporter par les pulsions inavouables qui s’agitent encore dans les replis de son être. Entre le bien que prône sa famille d’origine paysanne et cette transgression morale à laquelle elle a goûté auprès de touristes de passage, Nanami a construit en elle deux salles de jeu séparées par la paroi bien mince de l’aveuglement volontaire. En équilibre précaire, cette jeune femme s’avance sur le droit fil d’une détresse intérieure fort ambiguë, au risque de voir sa vie basculer dans le filet de ses douleurs fondamentales.

Go West, Gloria, Sarah Rocheville, 2014, Leméac éditeur, 9782760933842

Go West, Gloria est un roman à deux voix, que le lecteur va entendre de manière alternée. La première est celle de Gloria, une jeune thanatologue ayant brutalement quitté le Québec pour s’installer à Winnipeg ; la seconde, celle, posthume, de son père assassiné récemment. Les motifs de la fuite de Gloria ainsi que les circonstances qui ont provoqué la mort de son père s’éclairent peu à peu : celui-ci aurait engagé un tueur pour accomplir son propre meurtre.

Ma vie rouge Kubrick, Simon Roy, 2014, Éditions du Boréal, 9782764623329

The Shining, de Stanley Kubrick, cette histoire étrange située dans un hôtel où s’installent hors saison un écrivain, sa femme et leur garçon aux pouvoirs extrasensoriels, a impressionné une foule de spectateurs depuis sa sortie en 1980. C’est à l’âge de dix ans que Simon Roy a découvert ce film, médusé par une réplique : « Tu aimes les glaces, canard ? » Depuis, il l’a revu au moins quarante-deux fois, sans doute parce qu’il « contient les symptômes tragiques d’une fêlure » qui l’habite depuis des générations. La relation méticuleuse entretenue avec le maléfique récit lui aura permis d’intégrer les éléments troubles de sa « généalogie macabre », d’en accuser le coup. Un ouvrage singulier, stupéfiant.

Azami, Aki Shimazaki, 2014, Leméac / Actes Sud, 9782330038199

Mitsuo Kawano est étonné quand il croise par hasard un ancien copain d’école devenu président d’une importante compagnie. Il est encore plus surpris lorsque celui-ci l’invite dans un club très sélect où travaille une autre ancienne camarade de classe, la belle et mystérieuse Mitsuko, devenue entraîneuse. Mitsuo est un homme satisfait, un père de famille attentionné, et il a un bon métier. Certes, son mariage est désormais sexless, mais il se contente de soulager ses besoins dans les salons érotiques. Revoir Mitsuko, son premier amour, le poussera à revisiter ses années de jeunesse et ses rêves d’alors. Avec ce premier roman d’un nouveau cycle, Aki Shimazaki place sans pitié ses personnages au carrefour de leur vie, là où des choix importants s’imposent, là aussi où se multiplient les inconnus et les possibles.

Le Vertige des insectes, Maude Veilleux, Éditions du Septentrion, coll. Hamac, 9782894487792

«Les paumes de Mathilde se posèrent sur le comptoir de stratifié. La froideur de la surface réveilla la peau engourdie du bout de ses doigts. Ses pieds avaient quitté leurs enveloppes de laine pour se retrouver dans le bain. Un frémissement traversa son corps et retroussa chacun des poils de ses cuisses.» Le décès de sa grand-mère et le départ de son amoureuse pour le Yukon replongent Mathilde au coeur de souvenirs douloureux liés à la mort. Dans l’enceinte de son appartement, elle s’enlise lentement dans la complexité d’un quotidien aux contours sombres. Roman d’atmosphère, Le Vertige des insectes nous fait pénétrer dans un univers où illusion et divagation se collent au corps telle une seconde peau.

L’Angoisse du poisson rouge, Mélissa Verreault, 2014, Éditions La Peuplade, 9782923530826

Manue aime se faire croire que son existence, « digne d’un scénario hollywoodien », est catastrophique. Fabio, jeune Italien immigrant, ne se sent chez lui nulle part, car « lorsqu’on a choisi de quitter sa maison, elle nous devient à jamais interdite ». Leurs chemins se croisent alors que Manue recherche son poisson rouge mystérieusement disparu. Le récit de leur relation s’entremêle avec celui de Sergio, soldat de la Seconde Guerre mondiale, homme mort cent fois. Tous trois s’embarqueront dans une épopée improbable où les méduses détiennent la réponse aux questions existentielles, où les messages sont livrés par pigeon voyageur et où il est parfois nécessaire d’entrer par effraction dans sa propre demeure. Ce roman choral embrasse l’idée que les êtres humains sont liés par des destins communs, donne faim et soif, creuse le passé et désigne l’avenir qu’il est encore permis d’espérer.

Catégorie Roman hors Québec

L’Île du Point Némo, Jean-Marie Blas de Roblès, 2014, Éditions Zulma, 9782843046971

Incroyable machinerie de l’imaginaire, l’Île du Point Némo est un roman d’aventures total, conquérant, tourbillonnaire. Un fabuleux diamant vient d’être dérobé à Lady MacRae. Nous voilà donc embarqués à la poursuite de l’insaisissable Enjambeur Nô. Avec Martial Canterel, richissime dandy opiomane, son vieil ami Holmes (John Shylock), mais aussi Grimod de La Reynière en majordome ou la très inventive Miss Sherrington. Par une mise en abyme jubilatoire, cette intrigue rebondissante vient s’inscrire dans les aléas d’une fabrique de cigares du Périgord noir où, comme aux Caraïbes, se perpétue la tradition de la lecture à voix haute. Bientôt reconvertie en usine de liseuses électroniques par Monsieur Wang, voyeur high-tech et directeur de B@bil Books… Avec une ironie abrasive, Jean-Marie Blas de Roblès ouvre d’extraordinaires horizons de fiction. Cette folle équipée romanesque est aussi une critique radicale des idéologies et des gouvernances anonymes, tentaculaires, doublée d’une piquante réflexion sur l’art littéraire. En baroque inventif, Jean-Marie Bias de Roblès fait feu de tout bois dans ce roman des romans : Vingt Mille Lieues sous les mers, l’Île mystérieuse et toute la littérature populaire du siècle romantique alimentent un brasier d’histoires dont la structure d’ensemble relève de factures ultra-contemporaines héritées diversement des Joyce, Bradbury, ou Philip K. Dick. À cet égard comme à tant d’autres, l’Île du Point Némo est un chef-d’oeuvre.

L’Été des noyés, John Burnside, 2014, Éditions Métailié, 9782864249603

Liv vit avec sa mère dans une région retirée de Norvège. Son seul ami est un vieil homme qui lui raconte des histoires peuplées de sirènes, de trolls… Il lui raconte l’histoire de la huldra, une créature magnifique qui attire les hommes pour les tuer. Un été, deux camarades de Liv meurent noyés. Bientôt un troisième corps est retrouvé et un autre homme disparaît.

Ederlezi: comédie pessimiste, Velibor Colic,  Éditions Gallimard, 9782070145782

L’itinérance d’un célèbre orchestre tzigane du XXe siècle qui a été envoyé dans un camp de concentration, qui a traversé la guerre d’ex-Yougoslavie en 1993 et dont le seul réchappé est Azlan, le meneur, qui atterrit, sans-papiers, à Calais, en 2009. Prix des lecteurs de la Ville de Brive 2014.

Les bonnes manières, Geneviève Damas, 2014, Éditions du Septentrion, coll.  Hamac, 9782894488034

Les bonnes manières, ce sont douze nouvelles, douze trajectoires de vie, douze points de rupture. C’est l’occasion pour Benny, Samy, Lulu et les autres de regarder les choses en face et, pourquoi pas, de prendre une trajectoire inexplorée, d’affronter ce qui fait peur et peut-être murmurer une vérité qui jamais n’a été dite. Dans ce recueil qui se joue parfois des convenances, l’auteure ajoute des teintes d’humour et d’ironie au ton sensible et poignant qu’on retrouvait dans Si tu passes la rivière.

Réparer les vivants, Maylis de Kerangal, 2014, Éditions Verticales, 9782070144136

De retour du pays de Caux, trois jeunes ont un accident sur la route du Havre. Simon, 19 ans, est déclaré en état de mort cérébrale. Ses parents ayant autorisé le don d’organes, le récit suit le parcours d’une transplantation. Prix étudiants France Culture-Télérama 2014, Grand prix RTL-Lire 2014, prix Orange du Livre 2014, prix Relay 2014, prix Paris Diderot-Esprits libres, 2014.

La condition pavillonnaire, Sophie Divry, 2014, Éditions Noir sur blanc, 9782882503473

La vie d’une femme, M.-A., dans la province française des années 1950 à 2025. Elle grandit, fait des études, trouve un travail, achète une maison, a des enfants, part à la retraite et meurt. Il y a des exutoires à son ennui : l’adultère, l’engagement humanitaire ou l’ésotérisme. Un roman sur la condition féminine des classes moyennes. Mention spéciale du jury au Prix Wepler-Fondation La Poste 2014.

Silo, Hugh Howey, 2013, Éditions Actes Sud, 9782330024307

L’atmosphère de la Terre étant devenue toxique, les survivants vivent dans un immense silo souterrain, avec pour seul lien avec la surface des caméras. Mais les bannis de la société, renvoyés dehors, vont tous, de manière inexpliquée, nettoyer les capteurs des caméras avant de mourir.

Mailman, J. Robert Lennon, 2014, Éditions Monsieur Toussaint Louverture, 9791090724082

Albert Lippincott, dit Mailman, est un étrange facteur, un employé efficace mais névrosé qui lit et photocopie le courrier des autres. Suite au suicide d’un de ses usagers, probablement parce qu’il avait conservé trop longtemps une lettre qui lui était adressée, les événements se précipitent et il doit faire face aux fêlures de sa vie.

En finir avec Eddy Bellegueule, Edouard Louis, 2014, Éditions du Seuil, 9782021117707

Elevé dans une famille ouvrière pauvre de Picardie, Eddy subit les quolibets et la violence de ses camarades, de son père alcoolique et de sa mère revêche qui le trouvent trop efféminé. Lui-même finit par se poser la question de son homosexualité. Premier roman.

Une enfance de rêve, Catherine Millet, 2014, Éditions Flammarion, 9782081237919

Un récit d’apprentissage qui commence par une confession du père de l’auteure de La vie sexuelle de Catherine M. et qui nous plonge dans un « enfer familial » ayant comme décor une banlieue petite-bourgeoise dans les années 1950. Prix de la Coupole 2014.

Un homme amoureux, Karl Ove Knausgaard, 2014, Éditions Denoël, 9782207110010

Dans le deuxième tome de cette autobiographie littéraire, l’auteur aborde le sentiment amoureux, la paternité et le désir d’écrire, à travers le récit de son installation à Stockholm. Dans cette ville, il se lie d’amitié avec Geir, Norvégien exilé comme lui, et reprend contact avec Linda, une poétesse rencontrée l’année précédente. Un choix entre l’amour et la solitude s’impose à lui.

Abysses, Mary Swan, 2014, Éditions Les Allusifs, 9782923682396

1918. La Première Guerre mondiale achève de déverser ses orages d’acier quand Esther et Ruth, des jumelles issues de la bonne société américaine, se portent volontaires pour servir comme cantinières sur le front de bataille français. Les deux jeunes femmes, liées corps et âme par leur gémellité, livrent un récit choral de leur expérience de la barbarie, en plaçant peu à peu, avec l’aide de ceux qui les ont côtoyées, les morceaux d’une tragique mosaïque. Se révèleront graduellement le mystère des ombres de leur passé et les raisons qui les ont poussées à s’engager à préserver l’humanité des êtres, jusqu’à la surprise du dénouement, tout de grâce silencieuse et d’éloquence contenue. Par-delà la pluralité des voix, les fragments qui composent Abysses disent aussi l’absurdité de la tragédie guerrière et l’impossibilité pour l’homme de retenir les enseignements de l’Histoire. Le centenaire de la Grande Guerre est célébré en 2014 ; un siècle peut sembler une éternité, mais il s’agit en réalité d’un bref moment en regard des leçons universelles qu’on tarde à tirer de cette tragédie. Court texte au style puissant et peu conventionnel, rare récit de guerre envisagé d’un point de vue féminin, Abysses est un livre majeur, dans la lignée d’Un siècle de novembre de Walter Wetherell (Les Allusifs).

Pour en savoir plus sur les Prix des libraires du Québec, cliquez ici.

Pour commander les livres mis en nomination pour les Prix des libraires via notre site monet.leslibraires.ca, veuillez cliquer sur les titres sélectionnés.


20 novembre 2014  par Le Délivré

Les Prix littéraires du Québec

Si la  course aux Prix littéraires est moins effrénée au Québec qu’en France, il n’en demeure pas moins que l’attribution d’un prix accorde aux lauréats une visibilité médiatique qui est bien difficile à obtenir, en temps normal. Ce panorama vous convaincra de la qualité et de la diversité de la création littéraire québécoise.

Prix des libraires du Québec 2014 – Roman québécois

L’orangeraie, Larry Tremblay, 2013, Éditions Alto, 168 p., 9782896941698

Quand Amed pleure, Aziz pleure aussi. Quand Aziz rit, Amed rit aussi. Ces frères jumeaux auraient pu vivre paisiblement à l’ombre des orangers. Mais un obus traverse le ciel, tuant leurs grands-parents. La guerre s’empare de leur enfance et sépare leurs destins. Des hommes viennent réclamer vengeance pour le sang versé. Amed, à moins que ce ne soit Aziz, devra consentir au plus grand des sacrifices. Et tous payeront le tribut des martyrs, les morts comme ceux qui restent. Larry Tremblay frappe encore un grand coup, mais vise cette fois le coeur, laissant au lecteur le soin de départager les âmes pures des fourbes, les fanatiques des héros. Un texte à la fois actuel et hors du temps qui possède la force brute des grandes tragédies et le lyrisme des légendes du désert. Lauréat 2014, Prix littéraire des enseignants; Lauréat 2014, Prix du meilleur roman du Salon du livre du Saguenay; Lauréat 2014, Prix des lecteurs du Salon du livre du Saguenay.

Prix des libraires du Québec 2014 – Roman Hors-Québec

Le quatrième mur, Sorj Chalandon, 2013, Éditions Grasset, 325 p., 9782246808718

1976. Sam rêve de monter Antigone d’Anouilh sur un champ de bataille au Liban. Les personnages représenteraient les peuples et croyances de la région : chrétien, Palestinien, druze, chiite, etc. Il espère une heure de répit que tous acceptent. Mais Sam est à l’agonie et fait alors jurer à son ami Georges de prendre sa suite. Prix Goncourt des lycéens 2013.

Prix du Québec Athanase-David 2014

Jean Royer

Le Prix Athanase-David est un des 14 Prix du Québec remis à des personnalités issues des arts et des sciences pour l’ensemble de leurs réalisations. Le prix Athanase-David est décerné en hommage à la carrière d’un écrivain. Beaucoup parmi les plus illustres l’ont reçu : Félix-Antoine Savard (le premier lauréat, 1968), Gabrielle Roy, Hubert Aquin, Anne Hébert, Gaston Miron, etc.

Cette année, c’est à Jean Royer que l’honneur a été accordée.  Poète, Monsieur Royer est également journaliste littéraire et écrit des récits, ainsi que des ouvrages de référence sur la littérature. Il fonde en 1976 la revue de poésie l’Estuaire, encore bien vivante aujourd’hui. De 1978 à 1991, il dirige les pages culturelles du journal Le Devoir où il donne visibilité et priorité aux auteurs québécois. Dans sa carrière, Jean Royer a mené plus de 200 entrevues d’écrivains, avec entre autres Julio Cortázar, Marguerite Duras, Milan Kundera, Georges Perec et Marie Cardinal. Ces entrevues sont réunies en cinq tomes aux éditions l’Hexagone sous le titre Écrivains contemporains. Il dirige les Éditions l’Hexagone de 1991 à 1998 et préside la Rencontre québécoise internationale des écrivains et l’Académie des lettres du Québec de 1996 à 2005.

Pour découvrir les oeuvres de Jean Royer, veuillez cliquer ici.

Grand Prix du livre de Montréal

Le feu de mon père, Michael Delisle, 2014, Éditions du Boréal, 128 p., 9782764622940

Quand Michael Delisle était enfant, ses « oncles », c’est-à-dire les amis de son père, ne disaient pas « arme » mais morceau ou de façon plus métonymique, feu. « J’avais mis mon feu dans le coffre à gant. » « Il s’est débarrassé de son feu. » « Oublie pas ton feu. » Dans ce poignant récit, le poète se remémore son père, le bandit devenu chrétien charismatique, l’homme violent qui ne parlait plus que de Jésus, l’homme détesté qu’on ne peut faire autrement qu’aimer, en dépit de tout. La question qui revient éternellement est celle-ci : où va le feu ? Et la question me revient au chevet de mon père. Je passe mon doigt sur son vieux tatouage de marin (une ancre avec les lettres MN pour merchant navy) qui n’est plus qu’une pastille noire et floue. Ces cellules sont aussi les miennes. Je reconnais la parenté organique et l’odeur qui monte de son corps : un parfum de vieux drap gorgé de phéromones. Cet encens sébacé est mon seul lien avec cet homme, le seul que je reconnaisse. Cet animal m’a donné la vie.

Grand Prix Québécor du Festival International de la Poésie 2014

Sans toi, je n’aurais jamais regardé si haut, Denise Desautels,  2013, Éditions du Noroît, 88 p., 9782890188402

« Lettre à mon fils aurait pu être un autre sous-titre. Le parc Lafontaine, en un seul mot comme autrefois. C’est ce que j’avais spontanément répondu à Paul, ami poète et éditeur, qui m’invitait – il y a déjà dix ans – à participer à la collection « Lieu dit » qu’il venait de créer aux Éditions du Noroît. Pourquoi ? Parce que j’y ai passé presque toute ma vie, de la petite enfance à aujourd’hui, et qu’il occupe depuis près de 40 ans beaucoup de place et de pages dans mon travail de création – qu’il est donc déjà lié à l’acte d’écrire. En fait, il se retrouve, conjugué à plusieurs temps – époques et saisons diverses – dans plusieurs de mes livres, et tout particulièrement dans La promeneuse et l’oiseau (1980), Tombeau de Lou (2000), Pendant la mort (2002) et La marathonienne (2004). Comme lieu de refuge ou de liberté, de plaisir ou d’effroi, de promenade ou d’enlisement, de réflexion ou de fuite. Mais surtout – surtout – parce que tout récemment j’ai pris conscience qu’il était beaucoup plus qu’un lieu à côté duquel j’avais vécu. Qu’il était en fait ma maison, la maison d’enfance ou de famille que je n’ai jamais eue. S’y empilent – comme dans un grenier ou une cave – des tas de souvenirs, des plus intimes aux plus historiques. C’est dans ce coeur francophone de Montréal, en pleine « grande noirceur », entre le monument à L.-H. La Fontaine, les ours noirs de l’ancien zoo et la statue à Dollard, que j’ai entendu pour la première fois le mot « orpheline » ; là que, depuis, la mort n’a jamais cessé de rôder ; là pourtant que l’art et les livres existent. Or, c’est parce que la mort y a été très présente – comme dans mes livres -, et que mon fils m’en a fait un jour la remarque, que j’ai eu envie de m’adresser à lui dans ce texte, sorte d’autofiction qui comporte deux parties : une première d’une trentaine de fragments disons… archéologiques où s’entremêlent le privé et le collectif, et une seconde où, après Joe Brainard, Georges Perec et quelques autres, je reprends la forme des Je me souviens. » D.D.

Prix littéraires du Gouverneur général du Canada 2014

Romans et nouvelles

Bondrée, Andrée A. Michaud, 2014, Éditions Québec Amérique, 304 p., 9782764425053

Été 67. Le soleil brille sur Boundary Pond, un lac frontalier rebaptisé Bondrée par Pierre Landry, un trappeur canuck dont le lointain souvenir ne sera bientôt plus que légende. Le temps est au rire et à l’insouciance. Zaza Mulligan et Sissy Morgan dansent le hula hoop sur le sable chaud, les enfants courent sur la plage et la radio grésille les succès de l’heure dans l’odeur des barbecues. On croit presque au bonheur, puis les pièges de Landry ressurgissent de la terre, et Zaza disparaît, et le ciel s’ennuage.

Poésie

Anarchie de la lumière, José Acquelin, 2014, Éditions du passage, 74 p., 9782922892970

Avec Anarchie de la lumière, José Acquelin signe une suite en prose poétique, qui succède à sa trilogie Critique de l’horizon pur. Concepteur et animateur de nombreuses soirées mêlant poésie et musique, il a pour conviction centrale que tout vrai poème est simultanément le premier et le dernier, un testament et une déclaration de naissance.

Théâtre

Small talk, Carole Fréchette, 2014, Éditions Leméac/Actes Sud, 96 p., 9782760912700

Justine a du mal à communiquer avec ses contemporains. Entre sa mère aphasique, son père retiré dans un silence méditatif, son frère animateur de télé et sa belle-soeur explosive, elle décide de se prendre en main, à coups de conseils glanés sur Internet et d’ateliers divers. Traversant la pièce, un jeune homme blessé dont le destin croisera le sien… De rencontres ardues en discussions improbables, Justine observe les humains un peu comme elle se penche sur son microscope, notant, envieuse, leurs tentatives d’entrer en contact et de « parler petit ». Qu’est-ce qui émane de soi, qu’est-ce qui mène à l’autre dans une conversation ? et qu’est-ce qui se construit ?

Prix Jean-Éthier-Blais 2014 de la Fondation Lionel-Groulx

Évangéline : contes d’Amérique, Joseph Yvon Thériault, 2013, Éditions Québec-Amérique, 400 p., 9782764421352

Qui est Évangéline ? L’héroïne d’un poème de Henry Wadsworth Longfellow, imaginée pour incarner les idéaux d’une Amérique en train de se définir ? Une référence identitaire, muse de la renaissance acadienne ? Un symbole rassembleur des racines des Cadiens de la Louisiane ? La réponse, constate le sociologue Joseph Yvon Thériault, n’a cessé d’évoluer et se trouve aujourd’hui quelque part entre poésie et histoire. Avec Évangéline : Contes d’Amérique, l’auteur explore la naissance et le déploiement de ces trois récits de société, ainsi que le rôle qu’y a joué Évangéline sous ses différentes incarnations. Au ?fil des différentes parties du livre, le lecteur est ainsi amené à rencontrer « Évangéline l’Américaine», « Évangéline l’Acadienne », « Évangéline la Cadienne », héroïnes de trois récits tirant leur source du même conte, Evangeline a Tale of Acadie, relu et réinterprété, voire renié, au gré des traductions et des adaptations successives.Une quatrième partie, « Évangéline postmoderne », s’intéresse à l’avenir d’Évangéline : ces trois contes seraient-ils en voie de se fusionner ? Les identités distinctes survivront-elles à la mondialisation ? C’est à une histoire de l’Amérique du Nord, à travers la voix et le regard d’Évangéline, que ce livre vous convie. Une histoire qui débute à l’aube du XVII????e siècle, sur les côtes de l’Atlantique Nord, avec l’arrivée des premiers colons européens en Acadie française et en Nouvelle-Angleterre, et qui se poursuit jusqu’à la célébration contemporaine de l’Amérique plurielle.

Prix Jovette-Bernier- Ville de Rimouski 2014

Fruits, Carl Leblanc, 2013, Éditions XYZ, 160 p., 9782892617696

« C’est le plus grand des romanciers », disait Balzac. Le hasard est aussi un auteur fécond. Voici quelquesuns de ses fruits : un ami qui resurgit de nulle part à point nommé, un livre qui bouleverse un voyage, un navire improbable, une tache récurrente, des yeux noirs qui nous hantent, Freud qui s’invite… Certaines des coïncidences racontées ici auraient, bien sûr, été retranchées d’un scénario de fiction ; le producteur les aurait jugées trop peu plausibles. Mais voilà, il s’agit d’histoires vraies. Qui donc a le pouvoir de disqualifier le réel ? De rejeter ses pépites ? Pourquoi ne pas s’amuser ? Les fruits du hasard ne demandent qu’à être cueillis. Pas besoin d’être mystique pour y goûter ; ces coïncidences surviennent, voilà tout.

Prix du Québec Georges-Émile-Lapalme 2014

Denis Vaugeois

Monsieur Vaugeois s’est vu octroyer le prix Georges-Émile-Lapalme pour la promotion de la langue française. Monsieur Vaugeois fonde en 1988 les éditions du Septentrion dont la vocation première était et est encore de publier des documents historiques. Plus de 700 ouvrages sont aujourd’hui au catalogue. Denis Vaugeois est lui-même l’auteur de plusieurs livres d’histoire, dont America, Champlain. La naissance de l’Amérique française, Les premiers Juifs d’Amérique et Vivre la Conquête.

Pour découvrir les oeuvres de Denis Vaugeois, veuillez cliquer ici.

Prix de l’Assemblée nationale du Québec 2014

Les Wendats du Québec : territoire, économie et identité, 1650-1930, Alain Beaulieu, Stéphanie Béreau et Jean Tanguay, 2013, Éditions GID, 340 p., 9782922668186

L’établissement à Québec en 1650 marque un tournant dans l’histoire des Wendats. Implantés au coeur de la colonie française, ils en subissent rapidement les influences, se convertissant à la religion catholique et adoptant plusieurs éléments de la culture de leurs voisins canadiens. Malgré ces rapprochements, ils « n’en restent pas moins distincts, par leurs habitudes et leur caractère », déjouant les prédictions de ceux qui, au xixe siècle, prévoyaient leur disparition prochaine par amalgame avec la population coloniale. Comme le montre cet ouvrage, les activités de subsistance des Wendats restent inscrites au coeur de leur identité spécifique. Cela est manifeste dans le cas de la chasse, mais aussi des autres activités, comme l’agriculture et l’artisanat, par lesquelles les Wendats assurent non seulement leur survie, mais aussi leur prospérité après le choc de la destruction de la Huronie. S’ils ont une connotation identitaire certaine, les changements qui ponctuent la vie économique des Wendats sont aussi largement influencés par les bouleversements qui touchent le territoire, la manière de se l’approprier, de l’occuper ou de l’utiliser.

Prix littéraires du Gouverneur général du Canada 2014

Essais

Tenir tête, Gabriel Nadeau-Dubois, 2013, Lux Éditeur, 224 p., 9782895961758

Dans ce livre, écrit avec le style qu’on lui connaît, on suit pas à pas Gabriel Nadeau-Dubois au fil des luttes, des rencontres décisives, des assemblées générales, des confrontations avec journalistes, ministres, juges et policiers, mais aussi dans son analyse de la grève de 2012. Chemin faisant, le lecteur prendra acte, non sans stupéfaction, de la misère morale et intellectuelle d’une certaine élite québécoise. Il renouera surtout avec la formidable vigueur des étudiants qui se sont opposés au mercantilisme de cette élite. Tenir tête doit être lu par ceux qui ont partagé la colère des étudiants, mais aussi par les autres, qui se surprendront peut-être à admettre que la cause des étudiants est également la leur.

Traductions

Daniel Poliquin, pour la traduction de :

L’Indien malcommode : un portrait inattendu des Autochtones d’Amérique du Nord, Thomas King, 2014, Éditions du Boréal, 320 p., 9782764622599

L’Indien malcommode est à la fois un ouvrage d’histoire et une subversion de l’histoire officielle. En somme, c’est le résultat de la réflexion personnelle et critique que Thomas King a menée depuis un demi-siècle sur ce que cela signifie d’être Indien aujourd’hui en Amérique du Nord.

Prix Lionel-Groulx 2014 de l’Institut d’histoire de l’Amérique française

Archéologie de l’Amérique coloniale française, Marcel Moussette et Gregory A. Waselkov, 2014, Lévesque éditeur, 464 p., 9782924186381

Un ouvrage de référence incontournable. La première synthèse de la recherche archéologique sur l’Amérique coloniale française. Marcel Moussette et Gregory A. Waselkov proposent une synthèse de la recherche archéologique accomplie sur le vaste territoire de l’Amérique coloniale française. Leur intention est d’en arriver à une meilleure compréhension et explication du fonctionnement ainsi que du développement des colonies françaises d’Amérique à partir des traces et vestiges matériels laissés par les colons. Les auteurs offrent une vision renouvelée d’un domaine riche de promesses.

Prix Michel-Brunet 2014 de l’Institut d’histoire de l’Amérique française

Hydro-Québec et l’État québécois, 1944-2005, Stéphane Savard, 2013, Éditions du Septentrion, 452 p., 9782894487563

Quels ont été les débats, dans le cercle des responsables politiques et administratifs, concernant Hydro-Québec, les territoires qu’elle gère, les techniques qu’elle utilise et l’impact de ses activités sur la vie et l’identité des Québécois et des Autochtones? Stéphane Savard présente, de façon exhaustive et perspicace, le rôle prédominant de la société publique dans la construction nationale, ainsi que son instrumentalisation politique à des fins étatiques ou partisanes. Stéphane Savard est professeur au Département d’histoire de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et membre régulier du Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST). Il se spécialise en histoire politique du Québec et du Canada au XXe siècle. Ses plus récents travaux portent sur les différentes manifestations de la culture politique québécoise, plus particulièrement celles entourant les luttes politiques et prises de parole citoyenne à l’égard des enjeux énergétiques.

Prix Alain-Grandbois 2014 de l’Académie des lettres du Québec

Noeud coulant, Michaël Trahan, 2013, Éditions Le Quartanier, 200 p., 9782896980758

Un mur, le pied d’un mur, l’angle formé par le sol et ce mur, un angle presque droit, une allumette et le noir, le bruit que fait l’allumette en craquant, un puits, le fond d’un puits, une corde, sa lumière noire, une toute petite corde, un monde à usage unique, la peur, la peur dans le corps, la peur en nuage autour de soi et de l’allumette, la pluie qui tombe, un ongle gratte la paroi, un chien pisse, minuit sonne, le sol manque sous les pieds, la honte, le cœur qui bat, la corde de plus en plus usée, un corbeau, une porte, le ciel quand même, la lune, les morts sont de plus en plus morts, c’est noir, le nœud coule, une allumette craque et le mur s’éloigne à mesure que j’approche.

Prix Ringuet 2014 de l’Académie des lettres du Québec

Le voyage d’Ulysse, Yvon Paré, 2013, Éditions XYZ, 450 P., 9782892615890

Ulysse a quitté le Bout du Monde, son village natal, pour un long voyage. Devant lui s’étend le Grand Lac sans fin ni commencement, car Yvon Paré a situé sa version moderne de L’Odyssée dans le paysage grandiose du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Accompagné d’un renard et d’un tamia, Ulysse croise des personnages empruntés tout autant à L’Odyssée qu’à la réalité et aux légendes québécoises et amérindiennes. Et il s’ennuie de Manouane, la belle et ensorcelante Innue. Pourra-t-elle l’attendre comme Pénélope, tricotant un monde à l’endroit, un monde à l’envers ? Le Bout du Monde est peut-être l’île d’Ithaque, car, c’est connu, nous répétons les mêmes histoires, peu importe le temps et les époques…
Prix Victor-Barbeau 2014 de l’Académie des lettres du Québec

Le naufragé du vaisseau d’or : les vies secrètes de Louis Dantin, Yvette Francoli, 2013, Éditions Del Busso, 454 p., 9782923792361

La littérature québécoise a un secret – bien et mal gardé à la fois – qui se cache depuis plus de cent ans sous le nom d’Émile Nelligan. L’une des oeuvres poétiques les plus accomplies et les plus novatrices a été attribuée à un adolescent inculte, sans expérience, et atteint d’une maladie qui affectait à ce point ses facultés qu’il dut vivre interné de l’âge de dix-huit ans jusqu’à sa mort. On a voulu croire que Louis Dantin, préfacier du livre Nelligan et son oeuvre, n’était qu’un simple compilateur qui aurait opéré un tri arbitraire dans de mystérieux cahiers jamais retrouvés, et aurait même dénaturé les textes par des corrections intempestives. Ce livre est pourtant à l’évidence l’ouvre d’un grand mystificateur qui, sous le masque d’un autre, s’amuse à faire sa propre apologie et à créer une énigme faite pour confondre les historiens. Dans une démonstration magistrale qui mettra fin aux spéculations, Yvette Francoli dévoile enfin la vie fascinante de l’un des personnages les plus intrigants de l’histoire littéraire québécoise, celui en qui ses confrères voyaient « une âme d’artiste, une intelligence lumineuse, un esprit d’élite ».

Prix Saint-Pacôme du roman policier 2014

Bondrée, Andrée A. Michaud, 2014, Éditions Québec Amérique, 304 p., 9782764425053

Été 67. Le soleil brille sur Boundary Pond, un lac frontalier rebaptisé Bondrée par Pierre Landry, un trappeur canuck dont le lointain souvenir ne sera bientôt plus que légende. Le temps est au rire et à l’insouciance. Zaza Mulligan et Sissy Morgan dansent le hula hoop sur le sable chaud, les enfants courent sur la plage et la radio grésille les succès de l’heure dans l’odeur des barbecues. On croit presque au bonheur, puis les pièges de Landry ressurgissent de la terre, et Zaza disparaît, et le ciel s’ennuage.

Prix Tenebris 2014 – Meilleur roman, littérature policière de langue française, distribué au Québec 

Sous la surface: on a tous quelque chose à cacher, Martin Michaud, 2013, Éditions Goélette, 384 p.,9782896906000

À Lowel, au Massachussetts, Leah vit avec son mari Patrick, candidat à l’investiture du parti démocrate. À la veille du Super Tuesday, Leah est replongée dans un drame survenu durant sa jeunesse. Vingt-cinq ans plutôt, Chase son grand amour est mort en essayant de sauver une jeune fille de la noyade. Mais elle apprend aujourd’hui que son mari aurait peut-être été impliqué dans cet événement tragique…

Prix Tenebris 2014 – Meilleur vendeur, littérature policière québécoise de langue française 

Saccages, Chrystine Brouillet, 2013, Éditions de la Courte échelle, 320 p., 9782896952892

Dans une rue paisible de Québec, un homme est retrouvé mort, poignardé. Tout le voisinage est sous le choc. Pourquoi ce comptable, si tranquille en apparence, a-t-il été tué ? La détective Maud Graham sent que ce meurtre cache un lourd secret. Ailleurs dans la ville, une jeune femme est bouleversée par la mort de cet homme qui réveille en elle de douloureux souvenirs. Mais autour d’elle, le danger rôde…

Prix littéraires du Gouverneur général du Canada 2014

Littérature jeunesse – Texte

Le jardin d’Amsterdam, Linda Amyot, 2013, Éditions Leméac, 88 p., 9782760942165

Il existe des endroits où la vérité se dévoile plus facilement qu’ailleurs. Le jardin d’Amsterdam est manifestement un de ces lieux propices aux confidences, un jardin où les révélations s’égrènent au rythme d’une tendre amitié. Amyot entrecroise le récit d’Adèle, une vieille femme hantée par un amour d’enfance, et celui de la jeune Élaine, la même héroïne que dans La fille d’en face. Transporté de l’époque de la Deuxième Guerre mondiale à aujourd’hui, de l’Europe à l’Amérique, d’une génération qui s’éteint tranquillement à une autre qui s’engage vers le monde des adultes, le lecteur se trouve confronté à l’écho de son premier amour. Également lauréate du Prix du livre jeunesse des Bibliothèques de Montréal 2014

Littérature jeunesse – illustrations

Le lion et l’oiseau, Texte et illustrations de Marianne Dubuc, 2013, Éditions de la Pastèque, 60 p., 9782923841458

Un jour d’automne, un lion trouve un oiseau blessé de son jardin. Alors que le reste des oiseaux continuent leur route sans lui, le lion décide de prendre soin de l’oiseau. Pourtant, un jour, l’oiseau devra poursuivre sa route…

Prix Cécile-Gagnon de l’Association des écrivaines et des écrivains québécois pour la jeunesse (AEQJ)

Les tranches de vie de Félix Volume 1: Un automne de blé entier, Annie Dubreuil, 2014, Éditions Vents d’Ouest, 176 p., 9782895373483

Grand amateur de biscuits Whippet, Félix mord à pleines dents dans la vie. Sous ses airs de gamin, il dissimule un être surprenant qui ne craint jamais les ennuis, les cicatrices ou le ridicule. Toujours prêt à aider un ami en difficulté ou pour se sortir lui-même d?une impasse, il devient en quelque sorte l?antihéros des temps modernes. Sous forme de chroniques, c?est avec beaucoup d?humour et d?imagination que le jeune garçon nous raconte des tranches de sa vie. Puisque son quotidien n?est pas toujours un feu roulant d?événements rocambolesques, il nous présente son top trois de l?automne. Entre un combat redoutable pour remporter le concours du Roi de l?été, un virage dramatique sur l?autoroute de la saine alimentation et un séjour précoce en classe neige, Félix ressort toujours de ses aventures avec un minimum de dignité et un maximum de plaisir. Telle une poussière de titan, rien ne peut l?arrêter !

Prix TD de littérature pour l’enfance et la jeunesse 2014

La plus grosse poutine du monde, Andrée Poulin, 2013, Bayard Canada Livres, 160 p., 9782895795674

Thomas a peu de souvenirs de sa mère. Il se rappelle seulement que pour ses cinq ans, elle lui a fait la meilleure poutine au monde. Le lendemain, elle n’était plus là. Elle n’est jamais revenue. Pour souligner ses quatorze ans, Thomas décide de soumettre une idée aux livre Guinness des records. Aidé de son meilleur ami Samuel et de son équipe de soccer, il va cuisiner la plus grosse poutine au monde. Si son record fait le tour de la planète, sa mère le saura et elle reviendra. Il se met alors en quête de commanditaires. La fromagère accepte de l’aider, à condition qu’il prenne sa fille Élie à bord du projet. Il tente ensuite de convaincre la mairesse que l’aréna est l’endroit idéal pour préparer les 600 kilos de poutine et servir les consommateurs. Mme Tartatcheff n’est pas enchantée à l’idée d’y faire entrer de la malbouffe. Thomas et ses amis échafaudent les plans les plus fous pour surmonter ces obstacles, mais des révélations viennent remettre en question le projet « Prodigieuse Poutine ».

Prix Bédélys Québec 2014

L’Amérique ou le Disparu, Réal Godbout, 2013, Éditions de La Pastèque, 182 p., 9782923841359

Dans cette adaptation, l’auteur a cherché à rester aussi fidèle que possible au roman, en respectant généralement le récit, les personnages et l’esprit de l’auteur. Il ne s’agit pas d’une oeuvre sombre et sinistre, mais d’un récit vivant et imagé, avec une touche d’humour absurde. Réal Godbout a mis plus de sept ans de travail pour parvenir à adapter«son» Kafka.

Pour commander ces livres via notre site monet.leslibraires.ca, veuillez cliquer sur les titres sélectionnés


18 novembre 2014  par Le Délivré

Les Prix littéraires de France et du monde francophone

C’est une tradition: chaque automne, un nombre incalculable de jurys se réunissent en France et au Québec pour décider quels romans, recueils de poésie ou essais méritent votre attention. Leurs critères de sélection diffèrent, bien sûr, mais chacun de ces prix littéraires espère miser sur le bon « poulain », qui confirmera son discernemet et son prestique… Les guerres entre les éditeurs sont parfois  impitoyables. Les forces obscures dévoilent leurs pouvoirs économiques ou médiatiques afin d’influencer les membres des jurys, à coup de repas gastronomiques et d’avaloirs convaincants, allons-nous même jusqu’à chuchoter. Voici donc les résultats des courses. C’est maintenant à vous de juger la valeurs de ces oeuvres.

Grand prix Jean-Giono 2014

Les tribulations du dernier Sijilmassi, Fouad Laroui, 2014, Éditions Julliard, 330 p., 9782260021414

Alors que A. Sijilmassi survole la mer d’Andaman, il se pose des questions sur le sens de sa vie d’ingénieur. Il est convaincu que cette vie n’est pas celle qui lui correspond et décide de revenir aux sources, dans son pays d’origine. Arrivé à l’aéroport de Casablanca, il entreprend de rejoindre la ville à pied, ce qui lui vaut de rentrer chez lui encadré par deux gendarmes

Grand prix du Roman de l’Académie française 2014

Constellation, Adrien Bosc, 2014, Éditions Stock, 192 p., 9782234077317

Le 27 octobre 1949, le nouvel avion d’Air France, le Constellation, lancé par l’extravagant M. Howard Hughes, accueille trente-sept passagers. Le 28 octobre, l’avion ne répond plus à la tour de contrôle. Il a disparu en descendant sur l’île Santa Maria, dans l’archipel des Açores. Aucun survivant. La question que pose Adrien Bosc dans cet ambitieux premier roman n’est pas tant comment, mais pourquoi ? Quel est l’enchaînement d’infimes causalités qui, mises bout à bout, ont précipité l’avion vers le mont Redondo ? Quel est le hasard objectif, notion chère aux surréalistes, qui rend «nécessaire» ce tombeau d’acier ? Et qui sont les passagers ? Si l’on connaît Marcel Cerdan, l’amant boxeur d’Édith Piaf, si l’on se souvient de cette musicienne prodige que fut Ginette Neveu, dont une partie du violon sera retrouvée des années après, l’auteur lie les destins entre eux. «Entendre les morts, écrire leur légende minuscule et offrir à quarante-huit hommes et femmes, comme autant de constellations, vie et récit.»

Grand prix RTL-Lire 2014

Réparer les vivants, Maylis de Kerangal, 2014, Éditions verticales, 280 p., 9782070144136

Le cœur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d’autres provinces, ils filaient vers d’autres corps. Réparer les vivants est le roman d’une transplantation cardiaque. Telle une chanson de gestes, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Roman de tension et de patience, d’accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le cœur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l’amour.

Prix des cinq continents de la francophonie 2014

Meursault, contre-enquête, Kamel Daoud, 2014, Éditions Actes Sud, 152 p., 9782330033729

Il est le frère de « l’Arabe » tué par un certain Meursault dont le crime est relaté dans un célèbre roman du XXe siècle. Soixante-dix ans après les faits, Haroun, qui depuis l’enfance a vécu dans l’ombre et le souvenir de l’absent, ne se résigne pas à laisser celui-ci dans l’anonymat : il redonne un nom et une histoire à Moussa, mort par hasard sur une plage trop ensoleillée. Haroun est un vieil homme tourmenté par la frustration. Soir après soir, dans un bar d’Oran, il rumine sa solitude, sa colère contre les hommes qui ont tant besoin d’un dieu, son désarroi face à un pays qui l’a déçu. Étranger parmi les siens, il voudrait mourir enfin… Hommage en forme de contrepoint rendu à L’Étranger d’Albert Camus, Meursault, contre-enquête joue vertigineusement des doubles et des faux-semblants pour évoquer la question de l’identité. En appliquant cette réflexion à l’Algérie contemporaine, Kamel Daoud, connu pour ses articles polémiques, choisit cette fois la littérature pour traduire la complexité des héritages qui conditionnent le présent.

Prix Décembre 2014

Sigmund Freud en son temps et dans le nôtre, Élisabeth Roudinesco, 2014, Éditions du Seuil, 577 p., 9782021183795

Après des décennies de commentaires apologétiques et de dénonciations violentes, nous avons bien du mal aujourd’hui à savoir qui était vraiment Sigmund Freud. Or, depuis la publication des dernières synthèses de référence, de nouvelles archives ont été ouvertes aux chercheurs, et l’essentiel de la correspondance est désormais accessible. L’occasion était d’autant plus belle d’y revenir qu’il restait beaucoup à dire sur l’homme et son oeuvre. Le fondateur de la psychanalyse est d’abord un Viennois de la Belle Époque, sujet de l’empire austro-hongrois, héritier des Lumières allemandes et juives. Quant à la psychanalyse elle-même, elle est le fruit d’une entreprise collective, d’un cénacle romantique au sein duquel Freud aura donné libre cours à sa fascination pour l’irrationnel, les sciences occultes, transformant volontiers ses amis en ennemis, à la fois Faust et Mephisto. Penseur de la modernité mais conservateur en politique, il n’aura cessé d’agir en contradiction avec son oeuvre, toujours au nom de la raison et des Lumières. Le voici en son temps, dans sa famille, entouré de ses collections, de ses femmes, de ses enfants, de ses chiens, le voici enfin en proie au pessimisme face à la montée des extrêmes, pris d’hésitations à l’heure de l’exil à Londres, où il finira sa vie. Le voici dans notre temps aussi, nourrissant nos interrogations de ses propres doutes, de ses échecs, de ses passions.

Prix Femina – Roman français 2014

Bain de lune, Yanick Lahens, 2014, Sabine Wespieser éditeur, 273 p., 9782848051178

Bain de lune. Après trois jours de tempête, un pêcheur découvre, échouée sur la grève, une jeune fille qui semble avoir réchappé à une grande violence. La voix de la naufragée s’élève, qui en appelle à tous les dieux du vaudou et à ses ancêtres, pour tenter de comprendre comment et pourquoi elle s’est retrouvée là. Cette voix expirante viendra scander l’ample roman familial que déploie Yanick Lahens, convoquant les trois générations qui ont précédé la jeune femme afin d’élucider le double mystère de son agression et de son identité. Les Lafleur ont toujours vécu à Anse Bleue, un village d’Haïti où la terre et les eaux se confondent. Entre eux et les Mésidor, devenus les seigneurs des lieux, les liens sont anciens, et le ressentiment aussi. Il date du temps où les Mésidor ont fait main basse sur toutes les bonnes terres de la région. Quand, au marché, Tertulien Mésidor s’arrête comme foudroyé devant l’étal d’Olmène (une Lafleur), l’attirance est réciproque. L’histoire de ces deux-là va s’écrire à rebours des idées reçues sur les femmes soumises et les hommes prédateurs. Mais, dans cette île également balayée par les ouragans politiques, des rumeurs de terreur et de mort ne tardent pas à s’élever. Un voile sombre s’abat pour longtemps sur Anse Bleue. Pour dire le monde nouveau, celui des fratries déchirées, des déprédations, de l’opportunisme politique, Yanick Lahens s’en remet au choeur immémorial des paysans : eux ne sont pas dupes, qui se fient aux seules puissances souterraines. Leurs mots puissants, magiques, donnent à ce roman magistral une violente beauté.

Prix Femina – Roman étranger 2014

Ce qui reste de nos vies, Zeruya Shalev, 2014, Éditions du Gallimard, 415 p., 9782070136988

Hemda Horowitch vit sans doute ses derniers jours, mais l’image de ce lac, près du kibboutz où elle est née, s’impose encore avec force à sa conscience. Les souvenirs plus douloureux de sa longue vie se glissent eux aussi dans sa mémoire, sans qu’elle puisse s’en libérer : son père trop exigeant, un mariage sans amour, puis cette difficulté à aimer équitablement ses deux enfants, Avner et Dina.Ces deux derniers lui rendent visite à l’hôpital de Jérusalem Avner, le fils adoré, y rencontre une femme venue accompagner son amant mourant et entame une étrange relation avec elle. Quant à Dina, la fille mal aimée, elle ne sait comment réagir face à l’éloignement de sa propre fille pour qui elle a sacrifié sa carrière. Débordée par le besoin de donner cet amour à quelqu’un, elle se met en tête d’adopter, envers et contre tous. Son désir de renforcer son foyer pour y accueillir un autre enfant risque bien de faire éclater sa famille…Zeruya Shalev sait parler comme personne des relations mystérieuses qui se tissent entre parents et enfants. Dans une langue puissante, elle évoque la colère, le ressentiment la frustration et la peur qui construisent les familles autant que l’amour et le bonheur d’être ensemble. Ce qui reste de nos vies est certainement son roman le plus envoûtant.

Prix Femina – Essai 2014

Et dans l’éternité, je ne m’ennuierai pas : souvenirs, Paul Veyne, 2014, Éditions Albin Michel, 259 p., 9782226256881

Le spécialiste de l’Antiquité romaine raconte son enfance dans la petite bourgeoisie provençale, puis son entrée au Collège de France, ses amitiés de jeunesse qui lui font rencontrer les plus grands intellectuels du XXe siècle (M. Foucault, R. Aron, R. Char), sa retraite de villageois solitaire, son goût pour la poésie, son scepticisme radical ou ses drames personnels.

Prix de Flore 2014

L’aménagement du territoire, Aurélien Bellanger, 2014, Éditions Gallimard, 477 p., 9782070146079

La France est devenue un paysage lointain. Dans un village oublié par l’histoire, un château se délabre au bord d’une rivière. Les travaux d’une ligne à grande vitesse vont pourtant réveiller quelque chose qui sommeillait ici depuis la nuit des temps. Une machination secrète que chacun va chercher à faire jouer en sa faveur. Le village devient alors le théâtre d’une lutte acharnée entre les opposants au projet et ses promoteurs. D’autres  entrevoient, derrière le passage du train, des enjeux plus complexes. Un capitaine d’industrie croit discerner les frontières de son futur empire. Un préfet retraité est admis dans une société secrète. Un activiste solitaire rêve d’un événement qui relancerait l’histoire. Un vieil aristocrate défend d’étranges théories. Un archéologue est confronté à la plus grande découverte de sa carrière. Les intérêts, les complots, les temps s’entremêlent et menacent de se neutraliser. Tout peut encore advenir. Bientôt, le TGV viendra sceller l’énigme.

Prix du roman FNAC 2014

Le complexe d’Eden Bellwether, Benjamin Wood, 2014, Éditions Zulma, 499 p., 9782843047077

Oscar est un jeune homme qui a préféré se couper de l’emprise de sa famille. Un jour, il se trouve subjugué par des chants provenant d’une chapelle du campus. Il y rencontre Iris et son frère Eden, le joueur d’orgue. Bientôt il comprend que quelque chose se trame et demande de l’aide à Herbert Crest, spécialiste des troubles de la personnalité.

Prix Goncourt – Roman 2014

Pas pleurer, Lydie Salvayre, 2014, Éditions du Seuil, 278 p., 9782021116199

Deux voix entrelacées. Celle, révoltée, de Bernanos, témoin direct de la guerre civile espagnole, qui dénonce la terreur exercée par les nationaux avec la bénédiction de l’Église contre «les mauvais pauvres». Celle, roborative, de Montse, mère de la narratrice et «mauvaise pauvre», qui, soixante-quinze ans après les événements, a tout gommé de sa mémoire, hormis les jours enchantés de l’insurrection libertaire par laquelle s’ouvrit la guerre de 36 dans certaines régions d’Espagne. Deux paroles, deux visions qui résonnent étrangement avec notre présent et font apparaître l’art romanesque de Lydie Salvayre dans toute sa force, entre violence et légèreté, entre brutalité et finesse, porté par une prose tantôt impeccable, tantôt joyeusement malmenée. Lydie Salvayre a obtenu le prix Hermès du Premier roman pour La Déclaration, le prix Novembre (aujourd’hui Prix Décembre) pour La Compagnie des Spectres et le prix François Billetdoux pour BW. Ses livres sont traduits dans une vingtaine de langues. Certains ont fait l’objet d’adaptations théâtrales.

Prix Goncourt du premier roman 2014

Arden, Frédéric Verger, 2014, Éditions Gallimard, 477 p., 9782070139736

1940, Alexandre de Rocoule, ami avec le tailleur juif Salomon Lengyel, dirige le luxueux hôtel d’Arden. Ils ont le même amour de l’opérette et écrivent depuis 1917 des textes inachevés du fait d’un désaccord sur la scène finale. Quand la menace nazie approche, ils vont composer une dernière oeuvre. Également Prix Thyde Monnier 2013 (SGDL) et Prix mémoire Albert-Cohen 2014,

Prix Goncourt de la biographie 2014

Notre Chanel, Jean Lebrun, 2014, Éditions Bleu autour, 276 p., 9782358480581

« Dis, ce livre, tu l’écriras ? » Des années plus tard, Jean Lebrun l’a écrit pour son compagnon Bernard Costa, disparu en 1990. Ce fou de couture, qui savait ses jours comptés, l’avait entraîné à travers la France dans une enquête sur Chanel. En historien et en conteur, Jean Lebrun déroule leur road movie, de l’abbaye d’Aubazine au champ de course de Pau, de la boutique de Biarritz à l’usine de Maretz, d’un château l’autre : Corbère, Le Mesnil-Guillaume… Jusqu’à ce que la mort de Bernard interrompe leur enquête, qui s’arrête avant la résurrection de Chanel, en 1954. Entre la Belle Époque et la Libération, ce récit conduit vers des lieux moins attendus que la rue Cambon ou le Ritz, croise des personnages qu’on ne croyait pas si proches de Mademoiselle, tel Robert Bresson qu’elle couva et inspira. Il fait revivre à la fois l’insaisissable Chanel, et un anonyme de trente-cinq ans qui l’avait choisie pour fée. Ce qu’elle était aussi.

Prix Goncourt des lycéens 2014

Charlotte, David Foenkinos, 2014, Éditions Gallimard, 220 p., 9782070145683

Ce roman retrace la vie de Charlotte Salomon, artiste peintre morte à vingt-six ans alors qu’elle était enceinte. Après une enfance à Berlin marquée par une tragédie familiale, Charlotte est exclue progressivement par les nazis de toutes les sphères de la société allemande. Elle vit une passion amoureuse fondatrice, avant de devoir tout quitter pour se réfugier en France. Exilée, elle entreprend la composition d’une oeuvre picturale autobiographique d’une modernité fascinante. Se sachant en danger, elle confie ses dessins à son médecin en lui disant : « C’est toute ma vie. » Portrait saisissant d’une femme exceptionnelle, évocation d’un destin tragique, Charlotte est aussi le récit d’une quête. Celle d’un écrivain hanté par une artiste, et qui part à sa recherche.

Prix Interallié

Karpathia, Mathias Menegoz, 2014, Éditions POL, 696 p., 9782818020760

1833. Alexander Korvanyi, capitaine de l’armée hongroise, épouse une jeune Autrichienne et part vivre avec elle en Transylvanie, sur le domaine de ses ancêtres. Ils sont confrontés à une mosaïque complexe et tendue de peuples, de langues, de religions, de juridictions, terreau d’un contexte de crises qui va révéler leurs ambitions et leur caractère, à la frontière de la puissance et du crime.

Prix littéraire Le Monde

Le royaume, Emmanuel Carrère, 2014, Éditions POL, 630 p., 9782818021187

Les débuts de la chrétienté ou comment, à la fin du Ier siècle, Paul et Luc transformèrent une petite secte juive en une religion qui allait conquérir le monde. Cette fresque historique fait revivre le monde méditerranéen d’alors, ses personnages, ses soubresauts religieux et politiques, et propose une réflexion sur le christianisme et ses valeurs.

 

 

Prix des Libraires de France 2014

Kinderzimmer, Valentine Goby, 2013, Éditions Actes Sud, 221 p., 9782330022600

En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plusieurs dizaines de milliers de détenues. Mila a vingt-deux ans quand elle arrive à l’entrée du camp. Autour d’elle, quatre cents visages apeurés. Dans les baraquements, chacune de ces femmes va devoir trouver l’énergie de survivre, au très profond d’elle-même, puiser chaque jour la force d’imaginer demain. Et Mila est enceinte mais elle ne sait pas si ça compte, ni de quelle façon.

Prix littéraire France-Québec 2014

Le mur mitoyen, Catherine Leroux, 2013, Éditions Alto, 323 p., 9782896942121

Madeleine parle toute seule, même quand elle a de la compagnie. Lorsque son fils revient avec une demande qui bouleverse sa vie, elle comprend à qui elle s’adresse quand elle ne parle à personne. En se serrant la main pour la première fois, Ariel et Marie s’évanouissent. Des années plus tard, ils sont mariés, Ariel est à la tête d’un pays en déroute et ils sont sur le point de défaillir de nouveau. Entre deux tremblements de terre, Simon et Carmen tentent de poser à leur mère la question la plus ancienne de leur existence. La réponse qu’elle leur livre malgré elle crée entre eux une fracture digne de la faille de San Andreas. Et quelque part dans le sud des États-Unis, deux petites filles déposent un sou sur le rail d’une voie ferrée. Entre ces personnages, Catherine Leroux dessine une cloison fine comme un brin d’impossible qui tantôt sépare, tantôt unit, estompant la frontière entre les secrets, la vérité et l’inouï. Une histoire où l’on frappe trois coups sur un mur pour entendre en retour un mystérieux toc toc toc.

Prix du Livre Inter 2014

Faillir être flingué, Céline Minard, 2013, Éditions Rivages, 336 p., 9782743625832

Eau-qui-court-sur-la-plaine est une jeune Indienne qui propose ses dons de guérisseuse aux Blancs et aux Indiens. Les personnages qu’elle rencontre dressent une fresque sauvage de l’Ouest américain et de ses mythes.

Prix Médicis – Roman français 2014

Terminus radieux, Antoine Volodine, 2014, Éditions du Seuil, coll. Fiction et Cie, 616 p., 9782021139044

Des années après l’irradiation complète de la Sibérie et l’écroulement de la Deuxième Union soviétique, la région est inhabitable. Des soldats fantômes et autres morts-vivants poursuivent obstinément le rêve soviétique. Le centre du monde se nomme désormais Terminus radieux et Solovieï, chef du village, met ses pouvoirs surnaturels au service de son rêve de toute-puissance.

Prix Médicis – Roman étranger 2014

Lola Bensky, Lily Brett, 2014, Editions de la Grande ourse, 270 p., 9791091416061

Londres 1967 : Lola Bensky, jeune journaliste pour le magazine australien Rock-Out, n’a que 19 ans quand elle se retrouve au coeur de la scène musicale la plus excitante du moment ! Sans diplôme, mais douée, trop grosse et toujours au régime, trop sage pour les sixties, quelles questions cette drôle de fille qui ne connaît rien au rock, n’a jamais étudié le journalisme et dont le seul bagage – et pas des moindres – est d’être l’enfant de deux survivants d’Auschwitz, va-t-elle bien pouvoir poser à ces rock stars en devenir ? Armée de son magnétophone et tartinée de fond de teint, Lola observe, écoute, écrit. À Londres, elle parle bigoudis avec Jimi Hendrix et sexe avec Mick Jagger. À Monterey, elle échange avec Mama Cass sur leurs régimes respectifs et aborde l’amour entre filles, la drogue et l’alcool avec Janis Joplin. Un jour, elle prête même ses faux-cils à Cher… Subtiles, drôles, personnelles, les questions s’enchaînent, dévoilant des portraits inattendus de ces dieux du rock, mais révélant surtout la quête identitaire que Lola mène inconsciemment. Épouse, mère, auteure reconnue, Lola Bensky continue à s’interroger sur ce qui fait la force d’un être humain.

Prix Médicis – Essai 2014

Manifeste incertain Volume 3: La mort de Walter Benjamin, Frédéric Pajak, 2014, Editions Noir sur Blanc, 221 p., 9782882503534

Paris, 1939. Comme tous les ressortissants allemands, W. Benjamin, qui a été interné dans un camp de travailleurs à Nevers puis libéré, s’enfuit de Paris à l’arrivée des troupes de la Wehrmacht. Commence alors une errance dans le Midi puis les Pyrénées. Son destin et celui de Ezra Pound dans l’Italie fasciste s’entrecroisent, formant un tableau de cette époque troublée.

Prix Nobel de littérature 2014

Patrick Modiano*

Patrick Modiano, né le 30 juillet 1945 à Boulogne-Billancourt, est un écrivain français, auteur d’une trentaine de romans primés par de nombreux prix prestigieux parmi lesquels le Grand prix du roman de l’Académie française et le prix Goncourt. Axée sur l’intériorité, la répétition et la nuance, son œuvre romanesque se rapproche d’une forme d’autofiction par sa quête de la jeunesse perdue. Elle se centre essentiellement sur le Paris de l’Occupation et s’attache à dépeindre la vie d’individus ordinaires confrontés au tragique de l’histoire et agissant de manière aléatoire ou opaque. Le 9 octobre 2014, son œuvre est couronnée par le prix Nobel de littérature pour « l’art de la mémoire avec lequel il a évoqué les destinées humaines les plus insaisissables et dévoilé le monde de l’Occupation », comme l’expliquent l’Académie suédoise et son secrétaire perpétuel Peter Englund, qualifiant l’auteur de « Marcel Proust de notre temps » . Six ans après J. M. G. Le Clézio, il devient le 15e homme de lettres français à recevoir cette récompense. Son œuvre est traduite en 36 langues.

Son plus récent roman:

Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier, Patrick Modiano, 2014, Éditions Gallimard, 145 p., 9782070146932

Un jour, deux inconnus qui prétendent avoir retrouvé le carnet d’adresses de l’écrivain Jean Daragane insistent pour le rencontrer. Celui-ci leur accorde un rendez-vous. Il se retrouve alors embarqué malgré lui dans l’enquête que ces deux jeunes mènent sur un certain Guy Torstel.

Pour découvrir son oeuvre:

Romans, Patrick Modiano, 2013, Éditions gallimard, coll. Quarto, 1088 p., 9782070139569

Un recueil de dix romans publiés entre 1975 et 2010. Ces textes réunis forment une autobiographie imaginaire de P. Modiano, un lien avec son enfance, les personnages qui ont marqué sa vie, l’Occupation puis les années d’après-guerre, etc. Ils sont précédés d’un cahier iconographique en noir et blanc.

Villa triste ; Livret de famille ; Rue des boutiques obscures ; Remise de peine ; Chien de printemps ; Dora Bruder ; Accident nocturne ; Un pedigree ; Dans le café de la jeunesse perdue ; L’horizon.

Prix Renaudot 2014

Charlotte, David Foenkinos, 2014, Éditions Gallimard, 220 p., 9782070145683

Ce roman retrace la vie de Charlotte Salomon, artiste peintre morte à vingt-six ans alors qu’elle était enceinte. Après une enfance à Berlin marquée par une tragédie familiale, Charlotte est exclue progressivement par les nazis de toutes les sphères de la société allemande. Elle vit une passion amoureuse fondatrice, avant de devoir tout quitter pour se réfugier en France. Exilée, elle entreprend la composition d’une oeuvre picturale autobiographique d’une modernité fascinante. Se sachant en danger, elle confie ses dessins à son médecin en lui disant : « C’est toute ma vie. » Portrait saisissant d’une femme exceptionnelle, évocation d’un destin tragique, Charlotte est aussi le récit d’une quête. Celle d’un écrivain hanté par une artiste, et qui part à sa recherche.

Prix Renaudot Essai 2014

De chez nous, Christian Authier, 2014, Éditions Stock, 170 p., 9782234077331

Une promenade intime et universelle dans laquelle l’auteur aborde des sujets aussi divers que les premiers résistants, la guerre d’Algérie, le vin, la langue française, le football, la Terre et le ciel, etc. «Les frontières de notre pays sont mouvantes. Elles viennent du passé et ne cessent de se renouveler en guettant l’horizon, elles n’épousent pas une identité nationale réduite à des papiers officiels, une feuille d’impôts ou une carte d’électeur. Pour les dessiner et peindre les visages qui en composent le coeur battant, nous aurons recours à l’Histoire, à la littérature, aux poètes, aux amis, aux vivants et aux morts, à des sentiments ordinaires et rares, à des souvenirs et à des espérances. Nous emprunterons des chemins buissonniers et d’autres plus balisés, des raccourcis et des digressions, des rangentes et des lignes droites. Bienvenue chez nous.»

Prix Renaudot des lycéens 2014

L’amour et les forêts, Éric Reinhardt, 2014, Éditions Gallimard, 9782070143979

Le narrateur, écrivain, décide, contre ses habitudes, de rencontrer une de ses lectrices. Il fait la connaissance de Bénédicte Ombredanne, une femme de 35 ans visiblement blessée par l’existence. Elle lui raconte les tourments de sa vie conjugale et le harcèlement que lui fait subir son mari, un pervers narcissique, qui l’a amenée à développer un cancer.

Tous ces livres sont disponibles en format papier ou numérique via notre site monet.leslibraires.ca en cliquant sur les titres sélectionnés.


17 novembre 2014  par nos libraires

Essais et documents : les parutions d’octobre

Comme chaque mois, notre équipe de libraires passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour en repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces nouveaux titres, question d’aiguiser votre appétit livresque…

 

SCIENCES HUMAINES

Figures de compassion, Yvon Rivard et Sarah Rocheville (dir.), 2014, Léméac, 160 p., 9782760912212*

Si l’homme est naturellement bon, comme le prétendait Rousseau, si l’altruisme est nécessaire au développement de la biosphère, comme l’affirment l’anthropologie et la science, le phénomène de la compassion n’en demeure pas moins un mystère.C’est sur ce mystère que se penche Figures de compassion. Comment expliquer que l’un donne tout ce qu’il a à plus pauvre que lui ? Qu’un autre s’expose au contact des lépreux, des désespérés, des démunis, ou s’éloigne d’eux par peur ou par respect de leur liberté ? Est-il possible que la compassion puisse être excessive et conduire à l’autodestruction ? Que le monde soit sauvé par les pauvres ? Les auteurs de ce collectif (romanciers, poètes, essayistes, cinéaste, psychanalyste) tentent de répondre à ces questions à partir d’œuvres et de rencontres qui les ont marqués.

L’usure du monde: critique de la déraison touristique, Rodolphe Christin, 2014, L’Échapée, coll. « Pour en finir avec », 107 p., 9782915830866*

L’auteur critique le paradoxe de l’industrie touristique qui repose sur l’imaginaire de l’évasion, mais qui l’annule par sa commercialisation du voyage. Le touriste part à l’étranger chercher la convivialité qu’il ne trouve plus chez lui, mais par sa présence même, il détruit ce qu’il est venu chercher.

Histoire de l’accouchement dans un Québec moderne, Andrée Rivard, 2014, Remue-Ménage, 450 p., 9782890914919*

Si vous avez vu le jour dans les années 1970, il y a de fortes chances que votre mère ait été attachée à son lit d’hôpital et qu’elle ait subi une épisiotomie à votre naissance. Si vous êtes un enfant des années 1950, elle a probablement été endormie et vous a cherché à son réveil, inquiète, tandis qu’une infirmière vous examinait dans une autre pièce. Loin de n’avoir que des retombées favorables, la médicalisation de la naissance est un phénomène très controversé. Remédiant à l’absence d’ouvrages sur l’histoire récente de la naissance au Québec, ce livre propose une analyse critique de ses transformations durant la seconde moitié du XXe siècle, à partir de l’expérience des mères. Andrée Rivard s’intéresse d’une part au rôle prépondérant qu’ont joué les élites médicales et l’État dans l’élaboration du modèle moderne de l’accouchement. D’autre part, elle documente la lutte des femmes qui résistent depuis le début à cette tendance lourde. Il est également question des politiques en périnatalité et de l’influence des sages-femmes sur les pratiques en obstétrique. Entre changement social et biopolitique, Histoire de l’accouchement dans un Québec moderne cherche à réfuter le déterminisme historique rendant inéluctable l’accouchement médicalisé, tout en démystifiant sa construction sociale.

Nettoyer Montréal, Matthieu Lapointe, 2014, Septentrion, 397 p., 9782894487969*

Corruption, collusion, morale douteuse, Montréal doit assainir ses moeurs politiques. Nous sommes dans la décennie 1940-1950, alors que des groupes de citoyens luttent, en vain, pour la tenue d’une enquête publique sur la tolérance policière des maisons de prostitution, de jeu et de pari. C’est alors qu’entre en scène un dénonciateur-vedette, l’avocat Pacifique « Pax » Plante, ancien directeur adjoint de la police, qui accuse les plus hautes autorités municipales de corruption et de complicité avec la pègre. Mathieu Lapointe retrace la révélation graduelle du scandale au fil des reportages et des enquêtes, en resituant les événements dans leurs contextes tant locaux que nord-américains, à partir de la Seconde Guerre mondiale jusqu’à la première élection à la mairie de Jean Drapeau en 1954. Mathieu Lapointe détient une maîtrise en histoire de l’Université de Montréal et un doctorat en histoire de l’Université York (Toronto). Chercheur invité à l’Institut d’études canadiennes de l’Université McGill, il a récemment été mandaté par la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction (commission Charbonneau) pour réaliser une étude historique des commissions d’enquête québécoises sur la corruption.

Son of a Gun, Justin St. Germain, 2014, Presses de la Cité, 318 p., 9782258105461*

Septembre 2001. Alors que les Twin Towers viennent d’être attaquées à New York, un autre drame, plus intime, se joue à Tombstone, en Arizona. Debbie, la mère de Justin St. Germain, est retrouvée morte dans sa caravane, le corps criblé de balles. Son cinquième mari, Ray, est introuvable.Dix ans plus tard, Justin revient sur ce tragique événement, redécouvrant les paysages désolés de son enfance et ceux qui les ont peuplés, fouillant le passé pour tenter de comprendre l’insondable : la descente aux enfers d’une femme instable, fragile malgré les apparences, et aimante. Sa mère. Que Debbie ait été tuée à Tombstone – ville qui fut le théâtre de la fameuse fusillade d’O.K. Corral – prend alors une autre dimension… Sans complaisance ni apitoiement, Justin St. Germain brosse le portrait d’une société qui n’est pas prête à rendre les armes. Une voix juste et percutante, tout en finesse et émotion.

 

PSYCHOLOGIE

Sigmund Freud en son temps et dans le nôtre, Élisabeth Roudinesco, 2014, seuil, 577 p., 9782021183795*

L’ouverture aux chercheurs de nouvelles archives et la mise à disposition de l’essentiel de la correspondance de Freud sont à l’origine de ce nouvel ouvrage sur le fondateur de la psychanalyse, qui apporte un éclairage nouveau sur l’homme et sur son œuvre.

Finir le jour : rencontres et réflexions en fin de vie, Nathalie Billion, 2014, Fides, 122 p., 9782762138467*

« L’éventualité de la mort, et surtout comment ça va se passer? Ça m’inquiète. » «Lorsque les gens savent que tu vas partir, ils te disent ouvertement ce qu’ils pensent de toi. Tout converge vers le bonheur que tu leur as donné. Ça me touche tellement. » « J’aime les gens qui agissent normalement. Je suis encore là et je suis pareille comme avant. Je ne veux pas qu’on pense juste que je vais mourir. » La fin. Le moment où nous balançons ultimement vers l’inconnu. Ce moment, nous savons tous qu’il sera impossible d’y échapper. Pour certains d’entre nous, cela arrive très vite, sans préméditation. Pour d’autres, le chemin vers ce dénouement se mesure en jours, en heures et finalement, il y a l’instant, juste avant… Écrit dans un style accessible qui évoque le reportage, Finir le jour parle précisément de cette étape et explore les questions liées à la fin de vie. L’auteure est allée à la rencontre de ces femmes et ces hommes en phase terminale pour entendre ce qu’ils avaient à dire sur leur état. Le résultat donne un ouvrage touchant de vérité.

Petit traité de lucidité sur soi-même et sur les autres, Lucie Hawkes, 2014, Payot, 233 p., 9782228911375*

Et si nous acceptions d’être plus lucides sur nous – par exemple, attendons-nous trop des autres ? –, et sur les autres – que sont-ils prêts à nous donner ? Un livre subtil et concret pour cesser de nous gâcher la vie en amour, en amitié ou au travail avec des attentes excessives, irréalistes et forcément sources de déceptions et de tensions dans nos relations.

 

PHILOSOPHIE

Sagesses d’hier et d’aujourd’hui, Luc Ferry, 2014, Flammarion, 814 p., 9782081309869*

Une histoire de la pensée philosophique depuis l’Antiquité à travers l’exposé des idées marquantes de ses grandes figures : Homère, Bouddha, Descartes, Leibniz, Kant, Marx, Freud, Sartre, etc. Refonte d’une série parue dans Le Figaro en 2012.

Esthétique de la liberté, Philippe Nemo, 2014, PUF, 191 p., 9782130619079*

Réflexion philosophique sur les liens entre laideur et servitude, beauté et liberté, tels qu’ils apparaissent dans l’histoire des arts et des mentalités, à travers les textes d’Aristote, de Pic de la Mirandole, de saint Augustin, de Kant, de Proust, de H. Arendt, etc.

Les maîtres à penser de la nouvelle droite, collectif, 2014, marabout, 260 p., 9782895784678*

Depuis longtemps déjà, des intellectuels qui se revendiquent de droite se font l’avocat d’un courant d’idées que le national-socialisme aurait galvaudé et discrédité. Ce livre met en lumière et déconstruit les motifs centraux de la vision du monde que véhicule cette nouvelle droite. La décadence, l’héroïsme, le mythe, la domination, la violence et la mort sont autant d’exemples que l’on retrouve chez six de ses auteurs les plus importants : Georges Sorel, Oswald Spengler, Hans Freyer, Carl Schmitt, Martin Heidegger et Ernst Jünger. Le regain d’intérêt porté à cette tradition de pensée et l’assurance croissante avec laquelle s’affirment aujourd’hui les nouvelles droites rendent l’étude de leurs sources intellectuelles plus actuelles que jamais.

 

CUISINE

Tout est bon, Paltrow Gwyneth, 2014, Marabout, 303 p., 9782501096584*

Des recettes faciles à réaliser et des idées de menus pour réconcilier équilibre et gourmandise : détox, végétarien, sans gluten, en famille ou entre amis, etc.

Le livre gourmand des Îles-de-la-Madeleine : découvertes du terroir et recettes originales, Marie-Christine Rhéaume, 2014, Morue verte, 174 p., 9782981195876*

Dans les cuisines des chefs Olivier Clément et Marie-Christine Rhéaume, découvrez le mariage unique et contemporain des saveurs de la mer et de la terre. Véritable pèlerinage gastronomique, Le livre gourmand des Îles rend hommage, en 30 recettes, au savoir-faire de 22 producteurs, pêcheurs, chasseurs et cueilleurs, qui ont ouvert leurs portes aux deux chefs… et à la photographe Emmanuelle Roberge.

Mettant en vedette le homard, le sanglier, le crabe, le miel, les petits fruits, les pétoncles, le café, les capucines, le fromage, la charcuterie, la bière et les alcools artisanaux de l’archipel, quelques espèces de poissons et bien plus encore, ce petit bonheur de livre de recettes vous fera connaître, goûter et aimer les Îles-de-la-Madeleine.

La boucherie: À chaque viande sa cuisson, Louis-François Marcotte, 2014, Flammarion Québec, 288 p., 9782890776142*

Poêler, rôtir, braiser, confire : pour chaque viande et pour chaque coupe, une cuisson est plus appropriée qu’une autre. Le large éventail des quelque 100 recettes de ce livre en fait la démonstration. Que ce soit en tataki, en mijoté ou en grillade, avec Louis-François la tendreté de la viande est garantie et son goût aussi. La boucherie est une bible pour tous les cuisiniers qui veulent tirer le meilleur parti des viandes qu’ils achètent. Une invitation à découvrir de nouveaux morceaux, des jarrets aux ris de veau. Car, dans un monde où l’on connaît le prix économique et écologique de la viande, savoir cuisiner toutes les coupes est un geste responsable… et savoureux ! L’artisan boucher y tient une place de choix. En épicerie ou au coin de la rue, c’est le professionnel qui sait nous conseiller, préparer la viande, voire faire une bonne partie du travail à notre place ! Piquer le rôti, ficeler la paupiette, brider la volaille : les possibilités sont infinies si on a la bonne recette. Dans La boucherie, les classiques se mettent au goût du jour, à l’exemple de la carbonade, du veau Marengo, du tartare de canard, de la volaille en crapaudine, du navarin d’agneau, de la saucisse en coiffe, des farcis, des roulés… Le vocabulaire, comme le contenu, est vaste et bien appétissant. Bœuf, veau, porc, agneau, volaille : pour chaque viande, le livre s’enrichit de schémas et de listes afin d’identifier les coupes et les types de cuisson qui conviennent. Et, comme une démonstration vaut bien des explications, des capsules vidéo ont été réalisées pour maîtriser les techniques simples utilisées dans les recettes : farcir une côtelette, tailler un carpaccio ou un tartare… On les découvre en scannant le code QR placé dans le livre.

Une pomme par jour…: 70 gourmandises aux pommes, Keda Black, 2014, Marabout, 191 p., 9782501094115*

70 recettes pour les tartes, le goûter, les desserts et les plats : tarte tatin, chausson aux pommes, sabayon au cidre, côtes de porc aux pommes…

 

BIOGRAPHIES

Niki de Saint Phalle, Bernadette Costa-Prades, 2014, Libretto, 109 p., 9782369141303*

Mannequin pour Vogue, Life ou Elle, Niki de Saint Phalle fut d’abord chanteuse avant de commencer à peindre en 1952 sans avoir suivi d’enseignement artistique. Également plasticienne, sculptrice et réalisatrice de films, épouse de l’artiste J. Tinguely, elle devint membre des Nouveaux réalistes. Cette biographie éclaire son parcours et sa personnalité.

Médecin de guerre, Marc Dauphin, 2014, Éditions de l’Homme, 304 p., 9782761941013*

En 2009, le Dr Marc Dauphin s’engage dans une mission qui changera sa vie à jamais. En acceptant d’aller soigner les blessés à l’hôpital militaire de Kandahar, l’urgentologue des Forces armées canadiennes s’expose à vivre les pires scènes d’horreur de sa carrière, mais aussi des instants de grâce, des moments où la vie se révèle plus forte que tout.Ce témoignage nous fait vivre, de l’intérieur, son quotidien dans un pays défiguré par la guerre. Le médecin y relate les cas critiques qu’il a rencontrés et les choix déchirants auxquels il a dû faire face. Surtout, il rend hommage aux enfants, aux soldats et à toutes les victimes qu’il a côtoyées. Ce livre raconte aussi leurs histoires comme autant de leçons de courage et de résilience.

Sur la ligne de feu, Jean-François Lépine, 2014, Libre expression, 448 p., 9782764809457*

Pendant quarante-deux ans à la télévision et à la radio, j’ai toujours eu à portée de main un de mes carnets de notes. À l’écran, ils faisaient partie de l’image. Quand Marc Laurendeau m’a invité à participer à sa magnifique série radiophonique Nos témoins sur la ligne de feu, consacrée aux correspondants de Radio-Canada à l’étranger, j’ai eu envie de redécouvrir et de raconter, à travers les anecdotes tirées de ces carnets, les grands moments de mes expéditions sur la planète, quitte à en être bouleversé. Durant ma vie de journaliste, j’ai couvert deux référendums qui ont déchiré les Québécois. J’ai vu des foules gagner leur liberté, contre l’apartheid en Afrique du Sud, contre l’empire soviétique en Europe. J’ai vu les enfants palestiniens contre les chars israéliens, les Arabes contre leurs dictateurs. J’ai vu les Chinois rejeter Mao pour partir à la conquête du monde. J’ai vu la guerre, au Liban, en Irak, en Iran, en Afghanistan. J’ai vu le monde changer. Issu du parcours noté dans mes carnets, Sur la ligne de feu est un portrait personnel de l’état du monde et de son avenir.

Les acteurs ne savent pas mourir: Récits d’un urgentologue, Alain Vadeboncœur, 2014, Lux, 280 p., 9782895961895*

La médecine d’urgence n’est pas un travail sans histoires, le docteur Alain Vadeboncœur en sait quelque chose. Exerçant ce métier depuis près de 25 ans, il a été le témoin de fins violentes, il a vu des personnes revenir de la mort, il a sauvé des vies in extrémis, il a été confronté à de coriaces malades imaginaires, mais surtout, il a accompagné la douleur de ceux qui perdaient un proche et la joie de ceux qui l’échappaient belle. Cette expérience lui donne une vision sensible et originale de la mort, indissociable de la vie, qu’il transmet ici dans ces récits d’urgence, mais aussi en racontant ses propres expériences, dont celle du décès de son père, l’écrivain Pierre Vadeboncœur. Expert autoproclamé de l’agonie, il nous révèle aussi une vérité jusqu’ici ignorée du grand public : même les meilleurs acteurs ne savent pas jouer la mort… sauf ceux qu’il a lui-même formés.

Lady B, Maya Angelou, 2014, Buchet Chastel, 178 p., 9782283027394*

Angelou évoque un aspect intime de sa vie, les relations avec sa mère, V. Baxter. Envoyée vivre chez sa grand-mère à l’âge de trois ans, Maya grandit avec le sentiment d’avoir été abandonnée. Elle relate avec émotion le cheminement qui l’a menée à la réconciliation et l’amour qui s’est peu à peu développé entre les deux femmes.

 

VIE PRATIQUE

Libérez la créativité de vos enfants, Julia Cameron, 2014, Dangles, 320 p., 9782703310204*

Un livre pratique pour développer le sens de la créativité chez ses enfants tout en réveillant le sien et ainsi contribuer à l’épanouissement de la famille.

Dépression, Kwame McKenzie, 2014, Modus Vivendi, coll. « Votre santé », 180 p., 9782895238430*

Tout le monde a de temps à autre un moment de déprime ou une baisse de moral. Mais lorsque cette humeur morose affecte toutes les sphères de la vie, qu’elle dure plusieurs semaines ou bien qu’elle génère des pulsions suicidaires, il importe alors de demander de l’aide. Cet ouvrage vous fournit de nombreuses informations pour vous permettre de comprendre ce qu’est la dépression et répondre à vos questions dans un langage simple. Trouvez l’information dont vous avez besoin sur : les symptômes psychologiques et physiques; les facteurs qui rendent dépressif (manque de contrôle sur son avenir, événements stressants, maladies, médicaments, manque de lumière du jour, etc.); les différents types de dépression (récurrente, chronique, réactionnelle, névrotique, psychotique, etc.); l’auto-assistance, l’entraide et les traitements (psychothérapie, antidépresseurs, etc.). Pour tout savoir sur la dépression, consultez cet ouvrage de la collection « Votre santé ».

Mes cours prénataux, Marie Fortier, 2014, Caractère, 280 p., 9782896429646*

La venue d’un enfant est un événement important dans la vie d’une mère et d’un père. Préparer son arrivée permet de bien vivre la grossesse et de planifier l’accouchement de façon adéquate. Mes cours prénataux se veut un ouvrage complet répondant à toutes les questions des parents. Contrairement aux livres habituellement offerts sur le marché, il n’est pas axé principalement sur le développement du fœtus, mais plutôt sur tous les phénomènes liés à la grossesse, la manière de bien la vivre, la préparation à l’accouchement et la réalité du retour à la maison. Un des rares ouvrages sur le sujet écrit par une Québécoise pour les parents du Québec. L’auteure, infirmière de formation et forte de ses 26 ans d’expérience en suivi de grossesse, appuyée par de multiples professionnels tels qu’un gynécologue-obstétricien, une sage-femme, une physiothérapeute, une massothérapeute et plusieurs autres professionnels, a créé un contenu couvrant tous les aspects entourant la venue de bébé.

Le pharmachien, Olivier Bernard, 2014, Les malins, 208 p., 9782896572496*

Avez-vous remarqué la tonne de livre douteux traitant de la « santé » qu’on retrouve en librairie? Prévenir l’eczéma par la pensée positive, guide d’alimentation à base de bouillie verte prédigérée, guérir avec les esprits cosmiques… Comment différencier le vrai du n’importe quoi?
Une bible pour les rationnels et les sceptiques.
Le Pharmachien vous propose sa vision impertinente et réaliste de la santé, des médicaments et de différents personnages qui peuplent les hôpitaux et les cliniques de médicine douce!
Si le rire est une forme de thérapie… euh… eh bien, ce livre devrait vous guérir en tabarnouche!

Prévenir le cancer: Comment réduire les risques, Richard Béliveau et Denis Gingras, 2014, Trécarré, 264 p., 9782895686248*

Maladie effroyable et énigmatique, le cancer est très souvent perçu comme une calamité qui frappe au hasard, une adversité contre laquelle nous sommes impuissants. Ce sentiment d’impuissance n’a cependant pas sa raison d’être, car quantité d’études ont démontré qu’il existe un lien direct entre le tabagisme, le surpoids, la sédentarité, l’alimentation, l’exposition aux rayons ultraviolets, le manque de sommeil et la progression du cancer, et que la plupart des décès dus aux cancers actuels pourraient être évités par de simples modifications du mode de vie. Malheureusement, ce potentiel de prévention demeure encore largement inexploité, car la société de consommation dans laquelle nous vivons, axée sur l’obtention de bénéfices à court terme, n’encourage pas les approches préventives à long terme et peut même favoriser des habitudes qui nuisent au maintien d’une bonne santé. Ce livre fournit les informations nécessaires à ceux qui désirent rompre avec le défaitisme face au cancer et prendre leur destinée en main. Grâce au travail exceptionnel des grandes agences de santé publique, comme le World Cancer Research Fund et l’American Cancer Society, il est possible d’adopter une approche combative face au cancer en appliquant dix grandes recommandations qui peuvent concrètement réduire la probabilité de développer cette maladie. Ces recommandations sont particulièrement importantes pour les survivants du cancer, car elles présentent pour la première fois une approche concrète de réduction du risque des récidives.

 

ARTS & BEAUX-LIVRES

Des textes dans l’espace public, Marc-André Brouillette (dir.), 2014, Du Passage, coll. « Beau-livre », 160 p., 9782922892987*

Monographie au traitement graphique original, cet ouvrage collectif interroge la présence de la création littéraire dans l’espace public et la relation qu’y entretiennent les mots et les lieux. Artistes, critiques, historiens et philosophes présentent leurs réflexions autour d’œuvres qui se caractérisent par un usage étonnant de la parole. Il s’agit là du premier ouvrage consacré explicitement à cette production artistique très originale, qui modifie notre rapport au lieu, à la ville. Une soixantaine de reproductions d’oeuvres monochromes et en couleurs nous ouvrent une fenêtre sur la richesse et la diversité de ces oeuvres et de ces artistes qui écrivent dans et pour l’espace public. Artistes mondialement reconnus aussi bien qu’émergents se côtoient dans cette publication. Retrouvez les oeuvres et interventions de Ken Lum, Gilbert Boyer, Sarkis, Michel Goulet, Rose-Marie E. Goulet, Edgar Heap of Birds, et bien d’autres dans ce bel objet visuel et littéraire !

Écrire le désir : 2000 ans de littérature érotique féminine illustrée, Julia Bracher (dir.), 2014, Éditions Omnibus / Réunion des musées nationaux, 237 p., 9782258092778*

Cette anthologie illustrée met en valeur la place des femmes dans l’écriture érotique tant d’un point de vue historique, social que littéraire. De Sappho, poétesse grecque de l’Antiquité, à Pauline Réage, femme de lettres française du XXe siècle, des extraits de romans, de chansons, de lettres ou de poèmes sont proposés, illustrés de peintures, de gravures ou de photographies d’époque.

Égrégore: Une histoire du mouvement automatiste de Montréal, Ray Ellenwood, 2014, Éditions du Passage, 342 p., 9782924397039*

Des divers groupes et écoles artistiques au Canada, aucun n’a eu un impact aussi important sur la société québécoise que les automatistes. Égrégore est un livre multidisciplinaire qui rassemble des textes cruciaux pour comprendre ce mouvement majeur et quelques-unes des idées les plus débattues de ce siècle concernant l’art, son objet et son rapport à la société. Bien plus qu’une histoire générale, c’est le récit des évolutions personnelles et des dynamiques de groupe, illustré par de nombreux documents d’archives, lettres, récits personnels, articles de journaux, photographies et surtout près de 200 reproductions d’œuvres d’art en couleur et en noir et blanc.

Hokusai: Catalogue intégral, collectif, 2014, Réunion des musées nationaux / Grand-Palais, Paris, 415 p., 9782711861828*

Des estampes polychromes, dessins préparatoires, croquis et peintures venant du Japon et de collectionneurs publics européens. Au total ce catalogue de l’exposition présentée en ce moment à Paris répertorie 550 œuvres et cent notices.

* Commandez ces titres sur monet.leslibraires.ca en cliquant sur le titre choisi.

* * *

Tous les textes proviennent des éditeurs, sauf lorsqu’il y a mention d’auteur.

Sélection : Caroline Scott – biographies et vie pratique ; Benoit Desmarais – sciences humaines ; Caroline Le Gal – psycho, philo et cuisine ; Marie-Ève Blais – sciences humaines et arts & beaux-livres ; Robert Beauchamp – arts & beaux-livres.


12 novembre 2014  par nos libraires BD

Bandes dessinées : la crème d’octobre

Comme chaque mois, notre équipe de libraires spécialisés en bandes dessinées passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces récits complets et autres premiers tomes, question d’aiguiser votre appétit livresque…

BANDES DESSINÉES QUÉBÉCOISES – ADULTES

La famille Carter : Don’t forget this song, David Lasky et Frank M. Young, 2014, La Pastèque, 192 p., 9782923841298*

La famille Carter est considérée, à juste titre, comme un des piliers de la musique country moderne. De 1926 à 1943, les trois membres de la famille Carter furent célèbres pour leurs arrangements de chansons folk traditionnelles, souvent glanées par A. P. Carter lui-même lors de pérégrinations dans les Appalaches. La première famille de la musique country a laissé une trace indélébile dans l’histoire de la musique. Frank M. Young et David Lasky nous offrent aujourd’hui leur biographie. – L’éditeur

Les Cousines Vampires, Cathon et Alexandre Fontaine Rousseau, 2014, Pow Pow, 122 p., 9782924049181*

Un exercice de style au ton d’épouvante, d’un humour à la fois référentiel et potache, Les cousines vampires arrive en pleine Halloween et apporte un vent de fraîcheur. Le récit suit Camille, une jeune femme pleine de bonne humeur et d’entrain, qui vient rejoindre sa cousine dans le manoir isolé d’un village perdu en rase campagne. Camille tente de faire retrouver la joie de vivre à la compagne qui avait autrefois égayé son enfance, mais la mélancolie hante cet endroit et la nuit approche. Ne se limitant jamais à la parodie, le récit joue bel et bien avec les codes du genre, mais retient aussi une identité propre. On pourrait même dire que la mixture entre la cinéphilie de son scénariste et le ton bon enfant et hystérique de sa dessinatrice se mélangent en un hybride divertissant assez original. On en aurait pris plus! (BN)

BANDES DESSINÉES ÉTRANGÈRES – ADOS

Jean-Norbert T.1, Mark Retera, 2014, Kramiek, 46 p., 9782889330027*

Il y a quelque chose de bien aux Pays-Bas – mis à part les gros sabots, la contemplation des pales de moulins à vent ou les bicyclettes jetées dans les canaux – et c’est l’humour flamand. Mark Retera est Néerlandais et, à l’instar de plusieurs de ses compatriotes bédéistes; qu’on pense à Willem, Joost Swarte ou Theo van den Boodaard, il participe, lui aussi, à cette tradition typiquement hollandaise d’humour de situations qui utilise le cynisme et l’absurde, allant souvent jusqu’à choquer férocement. Son univers très particulier, peuplé de lutins, de pantalons-tonneaux, d’extraterrestres et de Ku-Klux-clowns entarteurs de Noirs est tout à fait hilarant, mais rien ne battra ses gags mettant en scène les témoins de Schtroumpfova. Ô joie absolue, le deuxième volume arrive incessamment, mais attention, le danger de s’étouffer de rire croît avec l’usage. (HB)

Solo T.1 : Les survivants du chaos, Oscar Martin, 2014, Delcourt, 107 p., 9782756041704*

Dans un monde post-apocalyptique, le jeune Solo, un rat humanoïde mutant, doit quitter sa famille pour augmenter leurs chances de survie. Il affrontera seul les pillards, monstres et autres intempéries sévissant dans le désert où il tente de survivre. Il sera capturé par un clan avide de combats de gladiateurs sanglants. Plutôt habile avec les armes blanches, il devra faire face à des adversaires toujours plus dangereux pour gagner sa liberté. Un savant mélange de Mad Max et de Conan le barbare, Solo ramène au goût du jour le style survivant de l’apocalypse, populaire dans les années ’80. Solo va quand même plus loin en se livrant à certaines réflexions sur son humanité et sa place dans ce monde en ruine. À lire. (PP)

BANDES DESSINÉES ÉTRANGÈRES – ADULTES

Les Pénates, Alexandre Franc et Vincent Sorel, 2014, Casterman, coll. « Professeur Cyclope », 68 p., 9782203089693*

Pierre est un universitaire qui n’aime rien tant que de se plonger dans ses livres sur les Romains. Une passion qui l’absorbe au point qu’il revient trop souvent à Véra, sa femme, de s’occuper seule de leur enfant Bérénice. Endolori par la routine, le couple s’use. Si Véra le constate, Pierre n’y voit goutte. De plus, les Pénates, des divinités domestiques romaines, veillent à leur tendre les pièges ordinaires de la vie. Le sujet a beau être très quotidien et raconté sans effets de manche, Alexandre Franc parvient à en tirer un récit plein de grâce, ou le phénomène d’usure du couple est abordé avec beaucoup d’acuité et de délicatesse. (SC)

Album de famille, Asa Grennvall, 2014, l’Agrume, 112 p., 9791090743243*

Le livre commence avec Ragnar, un ami de la famille Johansson. Il leur rend visite régulièrement, car il est, en réalité, attiré par Mari, la fille aînée. Un soir, un peu ivre, il tente un geste envers elle, mais Mari n’est pas du genre à se laisser faire. Ce livre est l’histoire d’une famille salement abîmée. Comme les pièces d’un casse-tête, chaque personnage intervient à tour de rôle pour donner sa version des faits. Le portrait final est épatant, tant Asa Grennvall rassemble suffisamment de psychologie et de finesse d’écriture pour ne rien épargner à ses personnages tout en restant, en fin de compte très nuancé. (SC)

Le Jardin de Mimi, Yoon-Sun Park, 2014, Misma, 96 p., 9782916254388*

Ça commence comme une de ces bandes dessinées documentaires qui donnent des recettes de bouffe et de jardinage avec un train-train de joie de vivre. Non seulement ce serait réducteur de résumer ainsi Le Jardin de Mimi, mais aussi assez faux. La chatte Mimi est la propriétaire d’un jardin auquel elle tient énormément, mais c’est aussi un chat. Un chat anthropomorphisé, mais un chat quand même, avec ses manies de chasseur, son obsession maladive du lait, et son caractère lunatique. En compagnie de ses poules bavardes, de son ami inventeur et des limaces qui tentent de conquérir très lentement son jardin, les aventures décalées de Mimi ne manqueront pas d’amener la bonne humeur chez le lecteur le plus dépressif. (BN)

Vous êtes tous jaloux de mon jetpack, Tom Gauld, 2014, Alto, coll. « Rubato », 128 p., 9782896941766*

L’auteur écossais Tom Gauld a déjà atteint une certaine renommée dans le monde anglo-saxon grâce à ses strips dans The Guardian et ses bandes dessinées à l’humour très particulier. Malheureusement, il n’est que très peu connu dans la francophonie, ne serait-ce que parce que seules deux de ses bandes dessinées ont été traduites en français. Heureusement, c’est un outrage qui est en train de se résorber, puisqu’un recueil de ses meilleurs gags vient d’être traduit. Des histoires de 3, 4, 5 ou 6 cases, ces planches vont droit au but, et quand elles ne font pas rire aux éclats leur lecteur, elles réussissent toujours à le faire sourire, d’un élan peaufiné et sincère. Avec ses blagues littéraires, des réflexions sur la hiérarchie des genres, et ses exercices de style minimalistes (comme le recueil d’histoires à partir d’un jeu d’échecs), Vous êtes tous jaloux de mon jetpack est un assemblage ingénieux, original et vivifiant mêlant savamment l’humour absurde à l’intelligence narrative. (BN)

Le maître des livres T.1, Umiharu Shinohara, 2014, Komikku, 185 p., 9791091610629*

Cette série de manga est une vraie bibliothèque à elle seule! Et pas n’importe quelle bibliothèque : une bibliothèque spécialisée en littérature jeunesse. Les rayons – pardon! – les pages de ce seinen redonnent à cette littérature toutes ses lettres de noblesse et permettent à tous de redécouvrir les classiques du genre. Attention, en suivant plusieurs personnages passionnés du livre, vous courez le risque de suivre le même chemin qu’eux ! (AP)

Moi, assassin, Keko et Antonio Altarriba, 2014, Denoël Graphic, 134 p., 9782207116883*

Enrique Rodriguez Ramirez est un professeur d’histoire de l’art et un spécialiste réputé sur la représentation de la souffrance dans l’art. C’est aussi un tueur en série. Il ne se présente pas comme un maniaque sadique ou pervers, mais plutôt comme un artiste, un chercheur dans l’art du meurtre. Il se sent obligé d’innover pour chacune de ses « créations », chaque meurtre étant une œuvre d’art unique. L’assassin nous explique sa « démarche artistique » et les raisons motivant ses actes. Un album dérangeant et intense, porté par un graphisme superbe. Incontournable. (PP)

Voix de la nuit, Ulli Lust d’après Marcel Beyer, 2014, Çà et là, 364 p., 9782369902034*

Après la parution en 2010 de Trop n’est pas assez, qui lui valut le prix Artémisia de la bande dessinée féminine de l’année, nous attendions calmement un nouvel opus d’Ulli Lust. Notre patience est récompensée avec cette adaptation d’un roman de Marcel Beyer relatant la rencontre d’Hermann Karnau, un acousticien allemand embrigadé par le régime à cause de sa théorie sur la langue allemande, et Helda Goebbels, la fille aînée du ministre de la propagande nazie. Lust joue habilement sur ces deux univers diamétralement opposés en alternant les tons de bichromie pour chacun des protagonistes : tons sombres et violents pour Hermann, trop investi dans son projet pour réaliser l’horreur qui l’entoure ; teintes plus douces et effacées pour Helga, adolescente qui pressent la catastrophe inéluctable qui les attend dans le bunker d’Hitler. Le son est évidemment omniprésent tout au long du récit, faisant office de métronome lugubre annonçant l’apocalypse d’une idéologie. Cet ouvrage dense et envoûtant est à lire à tout prix. (RSH)

INTÉGRALES ET COMPILATIONS

Soulignons la réédition du premier tome de la série Barbarella (Humanoïdes Associés, 9782731697612*) en grand format et numéroté, considéré par plusieurs comme la première bande dessinée pour adultes lors de sa parution en 1964, et d’un recueil de huit contes cruels et iconoclastes de Roland Topor, Strips panique (Wombat, 9782919186624*), parus entre 1962 et 1996. (RSH)

***

Sélection et rédaction d’Hélène Brosseau, Sylvain Cabot, Boris Nonveiller, Aurélie Philippe, Patrick Pilote et Réjean St-Hilaire.

* Commandez ces titres sur monet.leslibraires.ca en suivant les hyperliens des ISBN.

 


7 novembre 2014  par Le Délivré

Littérature jeunesse : la crème d’octobre

Comme chaque mois, notre équipe de libraires spécialisés en littérature jeunesse passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour en repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces nouveaux titres et nouvelles séries, question d’aiguiser votre appétit livresque…

ALBUMS

 

Émile invite une copine, Vincent Cuvellier, ill. de Ronan Badel, Gallimard jeunesse, coll. « Giboulées », 26 pages, 9782070658848*

Émile est de retour pour une nouvelle aventure, mais surprise!, cette fois il n’est pas seul. Mais comment va réagir sa mère en voyant l’amie qu’il reçoit pour le goûter? Et que peuvent-ils bien faire derrière cette porte fermée? Dans un style toujours incisif et direct, Vincent Cuvellier nous donne à lire l’un des meilleurs albums d’Émile depuis ses débuts. Et il est assisté comme toujours par Ronan Badel aux illustrations, qui donnent cette touche unique aux aventures d’Émile. Bref, un petit album qu’on savoure comme un petit gâteau, et qu’on pourra partager avec un copain ou une copine et ce, peu importe son âge! (P.-A. B.)

Ce n’est pas une bonne idée!, Mo Willems, Kaléidoscope, 40 pages, 9782877678285*

Dans son dernier album, Mo Willem nous présente, à la manière d’un vieux film, la rencontre d’un rusé renard et d’une oie bien dodue. Un malentendu s’installe quand l’oie bien naïve tombe sous le charme de Monsieur le renard. Des poussins suivant la scène pour nous tenteront en vain de lui signaler que : « c’est vraiment pas une bonne idée » d’accompagner un renard jusque chez lui, surtout si ce dernier a en tête une soupe bien fumante… Une fin inattendue viendra surprendre le lecteur et des rires éclateront de toutes parts. (S. S.)

101 bonnes raisons de se réjouir d’être un garçon, Beatrice Masini, ill. De Guillaume Long, La Joie de Lire, 60 pages, 9782889082261*

Après avoir fait la liste des 101 bonnes raisons de se réjouir d’être une fille, Beatrice Masini tente cette fois de trouver 101 bonnes raisons de se réjouir d’être un garçon. Avec tendresse et humour, elle fait donc la liste de tout ce qui rend chouette le fait d’être un garçon, sans jamais tomber dans les clichés ou la facilité. Aidée par les dessins à la fois simples et évocateurs de Guillaume Long, elle nous donne à lire un petit album qui plaira aux garçons… et pourquoi pas aux filles! (P.-A. B.)

Zéro ou rien, Oliver Jeffers, Kaléidoscope, série « La famille Ohé », Kaléidoscope, 24 pages, 9782877678193*

Dans cette nouvelle aventure, la famille Ohé s’intéresse aux nombres, afin de répondre à la question « Rien est-il un nombre? ». Présentée de manière ludique avec la touche Jeffers qu’on aime, cette introduction aux nombres permet aux enfants de se familiariser avec les nombres naturels de zéro à neuf, à travers des situations rigolotes mettant en scène des membres de la famille Ohé. Les lecteurs attentifs reconnaîtront même certains personnages de leurs précédentes aventures. Jamais l’apprentissage des nombres n’aura été aussi amusant ! (P.-A. B.)

Les histoires de Marcel, Anthony Browne, Kaléidoscope, 32 pages, 9782877678230*

Anthony Browne nous convie à une nouvelle aventure de l’inimitable Marcel. Cette fois, Marcel franchit une porte double et, à chaque fois, il se retrouve dans un nouvel univers où il vit une aventure merveilleuse. Cet album est probablement l’un des plus réussis de Browne. Sous forme d’hommages aux classiques de la littérature jeunesse, il y donne à lire une multitude d’histoires que le lecteur est appelé à compléter. Et les illustrations regorgent de détails, mais seuls les plus attentifs remarqueront le point commun qui unit chacune d’entre elles. Suivez Marcel dans ses aventures, vous ne le regretterez pas ! (P.-A. B.)

Pas facile d’être un chevalier, Gudule, ill. De Claude K. Dubois, Mijade, collection « Albums », 28 pages, 9782871428954*

Un superbe album pour les touts petits, où il est question de différences et d’amitié. Les dessins tout en douceur de Dubois se marient admirablement au texte léger et craquant de Gudule. Impossible de ne pas tomber sous le charme de Jojo et d’Angèle, deux enfants fort sympathiques qui ont un étrange problème. Ce livre réjouira petits et grands et vous fera sourire à coup sûr! (P.-A. B.)

Jour de vent, Tony Sandoval, Chours, 32 pages, 9782889340002*

Cet album explore avec tact et délicatesse la question de l’angoisse chez l’enfant. Agrémenté d’illustrations joliment délavées, le texte, tout en finesse, nous convie à une belle aventure. Sandoval propose une galerie de personnages colorés et dont la représentation et le comportement changent lorsque la jeune héroïne trouve le courage d’affronter ses peurs. Un très joli conte pour les enfants à qui leur imagination joue des tours. (P.-A. B.)

Les grandes questions d’Archilapin, Astrid Desbordes, ill. de Claudia Boldt, Autrement, 75 pages, 9782746736191*

À travers les réflexions légèrement (hum!) narcissiques d’Archilapin, le lecteur est amené à répondre à une foule de questions sur lui-même. Cet album à saveur philosophique réussit à faire réfléchir sous le couvert de l’absurde et de l’autodérision. Les illustrations de Boldt servent très bien le texte de Desbordes, puisque tous deux sont décalés, à la limite du naïf, et proposent des réflexions extrêmement intéressantes. À mettre entre toutes les mains, que vous soyez un lapin ou non! (P.-A. B.)

Le meilleur livre pour apprendre à dessiner une vache, Hélène Rice, ill. de Ronan Badel, Thierry Magnier, 28 pages, 9782364745056*

Le titre de cet album au format hors norme est à la fois exact et totalement mensonger! Une chose est sûre, il vous fera sourire du début à la fin. À moins que vous ne tentiez vous-même de dessiner une vache selon la méthode décrite dans ce livre. Dans ce cas, nous ne sommes pas responsables de ce qui pourrait vous arriver. Mais ne laissez surtout pas ces considérations nuire à votre lecture. C’est un très bon album, vraiment! Et en plus, les dessins de Badel sont très chouettes (même si on se demande s’il a déjà vu une vache dans sa vie…). Bref, lisez cet album, mais ne venez pas vous plaindre ce qui se passera ensuite! (P.-A. B.)

Corbeau et le secret de la lumière, Marie Barguirdjian, ill. de François Thisdale, Bayard Canada, 24p., 9782895796114*

Un mythe des origines qui ne manquera pas de plaire aux jeunes. Tous ceux qui aiment se faire raconter des histoires et que la mythologie intéresse seront charmés par ce livre. Le texte, signé Marie Barguirdjian, est inspiré d’un mythe d’origine Haïda, peuple amérindien de la côte Ouest du Canada. L’auteure attire l’attention des jeunes d’ici sur un peuple méconnu. Les personnages sont typiques à souhait: la ruse du corbeau, la sagesse du grand-père, l’amour de la jeune fille pour son enfant, tous nous enchantent et piquent notre curiosité. À l’instar du texte, les illustrations nous révèlent le secret de la lumière et son origine. Un album de grande qualité. (S. D.)

Même pas peur, Quentin Gréban, Mijade, 37p., 9782871428343*

Certains livres intègrent des transparents dans leurs pages, mais je dois dire que j’en ai rarement vu aussi judicieusement utilisés que dans le nouvel album de Quentin Gréban. Y a-t-il un fantôme juste ici ? Les transparents changent complètement notre perception des choses, nous rendent incertains, comme si on traversait véritablement une maison hantée et qu’on ne sait plus ce qui est vrai et ce qui nous joue des tours. Je vous laisse avec un petit indice : avez-vous remarqué la couleur des lunettes du grand-frère? (A. P.)

Le chat, le chien, le superhéros, le Chaperon rouge, le loup et la grand-mère, Diane Fox, Christyan Fox, Hurtubise, 32 pages, 9782897234133*

Vous le devinez, cet album nous raconte l’histoire du petit chaperon rouge, sauf que… Sauf que dans cette histoire, le chat tente de raconter ce conte à son copain le chien, mais ce dernier ne fait qu’interrompre le chat. « C’est quoi, le super-pouvoir du petit chaperon rouge? Pourquoi le loup mange pas le petit chaperon rouge tout de suite? Pourquoi le petit chaperon rouge ne reconnaît pas le loup sous le déguisement de grand-mère? » Avec beaucoup d’humour, le tandem Fox explore le conte, les mécanismes de lectures, et ouvre grand la porte aux questionnements soulevés par l’histoire. Le graphisme simple et épuré laisse toute la place à l’humour déjanté des auteurs, et nous donne envie de retrouver ces deux charmants personnages autopsier un autre conte! (J. H.)

ROMANS

Tant que nous sommes vivants, Anne-Laure Bondoux, Gallimard, 296p., 9782070653799*

Anne-Laure Bondoux nous régale encore une fois. On se rapellera la force du récit Les larmes de l’assassin.  Cette fois, Bondoux nous enchante avec une histoire d’amour racontée avec beaucoup d’originalité. La petite Tsell, qui prend la parole dans la deuxième partie du récit, retourne sur les pas de ses parents afin de comprendre sa propre vie. Un brin de magie, des personnages attachants, un rythme soutenu, tous ces ingrédients nous procurent un réel plaisir de lecture. Des commentaires, disséminés tout au long de l’histoire,  ajoutent une touche philosophique qui ne laissera personne indifférent. À ne pas manquer ! (S. D.)

Zombie Ball, Paolo Bacigalupi, Au Diable Vauvert, coll. « Jeunesse », 313 pages, 9782846268059*

Avec son nouveau roman, Paolo Bacigalupi réinvente la littérature zombie en y entremêlant le baseball, une réflexion sur l’immigration aux États-Unis et une féroce critique écologique de notre société moderne. On y retrouve la plume enlevante, l’humour toujours aussi noir et des personnages sympathiques qui se lèvent pour faire obstacle aux visées des grands et des puissants de ce monde. Véritable hymne à l’amitié et au travail d’équipe, « Zombie Ball » est un délirant croisement entre les films de sport familiaux comme « Les Petits Géants » et le roman zombie à son meilleur. (P.-A. B.)

Torsepied, Ellen Potter, Alice édition, coll. « Deuzio », 348p., 9782874222*

Il se dégage de ce livre une légère ambiance gothique et on a l’impression, parfois, de flirter avec le fantastique. Pourtant, rien d’irréel dans ces pages, rien qu’une aventure entre chasse au trésor et quête de vérité. Sur un ton humoristique, les enfants Cherchemidi nous livrent leurs peurs, leurs qualités et leurs défauts, mais surtout ces bizarreries qui font d’eux des personnages crédibles et vraiment attachants. (J’ai personnellement eu un énorme coup de cœur pour l’ainé de la fratrie.) Enfin, la couverture – tout simplement sublime – fait de ce livre un bel objet à posséder. (A. P.)

SÉRIES

Ennemis T4 : le sacrifice, Charlie Higson, Pocket jeunesse, 488p., 9782266245524*

Cette série présente des zombies nouveau genre. Une épidémie a frappé Londres, et toutes les personnes âgées de plus de 16 ans ont perdu leur humanité et sont dévorées par une faim qu’une seule chose peut assouvir : des enfants. Higson nous plonge dans un Londres dévasté, où les enfants sont laissés à eux-mêmes en plus de devoir éviter à tout prix le contact avec les adultes. L’action est au rendez-vous et l’intrigue nous plonge au coeur de la guerre que se livrent survivants et chasseurs. Une formidable série pour les lecteurs matures et avides de sensations fortes. À qui pouvez-vous faire confiance quand les figures d’autorité sont occupées à vous poursuivre pour vous dévorer? (P-A. B.)

Colvert palace T2 : Troisième sous-sol, Patrick Carman, coll. « Estampille », 389p., 9782747044745*

Deuxième roman d’une trilogie, « Troisième sous-sol » est une ode à l’imagination et au goût de l’aventure. L’intrigue se déroule dans un hôtel complètement fou. On plonge avec délice dans ce roman à l’écriture imagée qui s’inspire directement des romans de Roald Dahl. Un retour en enfance assuré pour les lecteurs adultes et une folle aventure pour les lecteurs plus jeunes. Et le plus beau, c’est que le Colvert Palace est loin d’avoir livré tous ses secrets! (P-A. B.)

P’tit cousu T3 : le fantôme de grottegroin, Guy Bass, Bayard, 201p., 9782747052054*

Dans un château lugubre, perché tout en haut d’une colline, vit un savant fou, dont la passion est la création de monstres plus horribles et effrayants les uns que les autres. Cette prémisse, digne de Tim Burton, est en fait l’histoire du P’tit Cousu, un héros atypique et sympathique, qui devra trouver sa place, au milieu des créations de son maître le professeur Érasmus. Au fil de ses aventures, il s’apercevra, avec l’aide de ses fidèles amis : Créature, l’un des monstres créés par le savant fou, et Arabella, une jeune villageoise qui n’a pas froid aux yeux, que l’apparence ne fait pas le monstre! (P-A. B.)

* * *

Sélection et rédaction de Pierre-Alexandre Bonin, Caroline Billo, Susane Duchesne, Joelle Hodiesne, Aurélie Philippe et Sonia Simard.

* Pour commander ces livres via notre site monet.leslibraires.ca, veuillez cliquer sur les titres sélectionnés.



© 2007 Librairie Monet