Le Délivré

Archive pour la catégorie ‘◦ Aperçus’


21 avril 2015  par nos libraires

Essais et documents : les parutions de mars

Comme chaque mois, notre équipe de libraires passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour en repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces nouveaux titres, question d’aiguiser votre appétit livresque…

SCIENCES HUMAINES

Tout peut changer: Capitalisme et changement climatique, Naomi Klein, 2015, Lux, coll. « Futur proche », 650 p., 9782895961932* (+)

Oubliez tout ce que vous croyez savoir sur le réchauffement climatique. La « vérité qui dérange » ne tient pas aux gaz à effet de serre, la voici : notre modèle économique est en guerre contre la vie sur Terre. Au-delà de la crise écologique, c’est bien une crise existentielle qui est en jeu – celle d’une humanité défendant à corps perdu un mode de vie qui la mène à sa perte. Pourtant, prise à rebours, cette crise pourrait bien ouvrir la voie à une transformation sociale radicale susceptible de faire advenir un monde non seulement habitable, mais aussi plus juste.

Mines de rien: Chroniques insolentes, Isabelle Boisclair, Lucie Joubert et Lori Saint-Martin, 2015, Remue-Ménage, 150 p., 9782890915039*

« Mines de rien est un recueil de plus d’une trentaine de courts textes écrits à 6 mains qui nous engagent dans une réflexion sur le sexisme qui se vit au quotidien, dans des dynamiques trop souvent intégrées et justifiées. En cinq grandes parties (ou cinq étapes faciles), les auteures tentent, à tour de rôle, une mise à jour de notre définition du sexisme, de la salle de bain divisé en deux genres bien distincts au langage dégradant parfois utilisé par des figures publiques. On nous invite à défaire, travailler, reconnaître les stéréotypes et engager un processus qui permettra de redéfinir ce qu’on veut que soit nos féminismes aujourd’hui. Des réflexions intelligentes qui ciblent plusieurs enjeux d’actualité à travers une écriture accessible et directe, qui ne manque surtout pas de mordant. » (Marie-Ève Blais)

Walmart: Journal d’un associé, Hugo Meunier, 2015, Lux, 182 p., 9782895961987*

« Katia, ma boss de La Presse, trouve que je prends mon nouveau travail trop à cœur, que j’en oublie même un peu pourquoi je suis devenu associé. Je ne pense presque plus à mon reportage. Je pense à mes palettes, mes livraisons, mes rotations, mon over et mon facing. Je pense Walmart. » Journaliste à La Presse, Hugo Meunier s’est infiltré pendant trois mois dans une succursale de Walmart, au nord de Montréal. Pendant sa vie d’« associé », il a tenu un journal dans lequel il a consigné avec humour les anecdotes de son quotidien. Les célèbres cris de ralliement, les clients déchaînés, les palettes qui s’écroulent, les absurdes séances de formation, il décrit avec un remarquable sens du détail tout ce qui ponctue les journées de travail des petits salariés de la plus grande entreprise de commerce de détail de la planète. Après cette expérience, le reporter prend la route pour enquêter sur l’empire – du Mexique à Jonquière, en passant par l’Arkansas. S’ajoute alors à son récit de la vie « sur le plancher » un saisissant portrait d’ensemble de Walmart et du culte qu’on y voue au seul dieu que vénère vraiment l’Amérique : l’argent.

Elles étaient seize, Linda Kay, 2015, Presses de l’Université de Montréal, coll. « Champ Libre », 273 p., 9782760632325*

Seize journalistes canadiennes, à l’été 1904, font le voyage en train pour visiter la Foire universelle de Saint-Louis. Au cours de ces dix jours riches en péripéties, elles fondent le Canadian Women’s Press Club (CWPC), premier du genre au pays. S’appuyant sur des lettres et des entrevues, mais surtout sur les articles de journaux produits dans le sillage de l’événement, Linda Kay dresse un portrait saisissant de ces femmes qui avaient en commun de n’avoir que peu de droits civiques, et met en lumière les divergences culturelles entre les membres francophones et anglophones du groupe. À la faveur d’une analyse minutieuse des prises de position individuelles et des dynamiques collectives, elle évoque avec brio les luttes menées par ces femmes, et nous permet de mesurer l’ampleur du chemin parcouru.

11 brefs essais contre l’austérité, Ianik Marcil (dir.), 2015, Somme Toute, 202 p., 9782924283868*

Les politiques d’austérité ne sont pas qu’économiques. Elles sont idéologiques, car elles visent à démanteler l’État et à privatiser des services publics ou à les tarifer, sous prétexte de contraintes budgétaires. Ces 11 brefs essais montrent que les politiques d’austérité saccagent l’État tel que nous l’avons collectivement bâti depuis des décennies, au détriment de la solidarité et de la justice sociale. Ces textes portent un regard critique sur l’impact qu’ont ces politiques au Québec et au Canada sur les grandes institutions de l’État, les réseaux d’éducation et de santé, le soutien scientifique et la protection de l’environnement, mais, d’abord et avant tout, sur les femmes, les familles, les Premières Nations et les plus démunis. Un outil essentiel pour comprendre les effets destructeurs des politiques d’austérité, pour alimenter le débat et contrecarrer l’idéologie dominante. Avec des textes de : Alexa Conradi, Eve-Lyne Couturier, Annie Desrochers, Widia Larivière, Hans Marotte, Benoît Melançon, Melissa Mollen Dupuis, Christian Nadeau, Joëlle Tremblay, Alain Vadeboncoeur, Laure Waridel

 

PSYCHOLOGIE

Clinique du bien-être : la psy face aux nouvelles soufrances psychiques, Miguel Benasayag, 2015, La Découverte, 173 p., 9782707185365*

Le philosophe et psychanalyste plaide pour une adaptation des thérapies aux souffrances psychiques des sociétés contemporaines et expose les particularités d’une thérapie situationnelle inspirée de la psychothérapie phénoménologique alternative.

Les antipsychiatries: Une histoire, Jacques Hochmann, 2015, Odile Jacob, 251 p., 9782738131799*

À toutes les époques, certaines méthodes thérapeutiques de psychiatres pour traiter les troubles mentaux ont été remises en question. L’ouvrage retrace les mouvements opposés à la médecine officielle dans ce domaine, en particulier l’antipsychiatrie anglaise ou la psychiatrie démocratique italienne des années 1970. Il apporte un nouvel éclairage pour les débats actuels.

Le point de rupture: Comment les chocs d’une vie nous guident vers l’essentiel, Marie-Lise Labonté, 2015, Points, coll. « Points Vivre », 267 p., 9782757844595*

La psychothérapeute s’est guérie d’une maladie incurable en découvrant une méthode psychocorporelle, l’approche globale du corps et de l’être. Selon elle, un point de rupture dans la vie bouleverse l’existence et peut être aussi l’occasion de la transformer. Des témoins racontent la période faisant suite à un choc, comment ils ont réagi et vécu leur vie autrement.

 

PHILOSOPHIE

Le meilleur ou le vrai : Spinoza et l’idée de la philosophie, Philippe Danino, 2014, Publications de la Sorbonne, 433 p., 9782859447953*

Analyse de la notion de philosophie chez le penseur hollandais. Loin de faire l’objet d’une définition précise correspondant à un programme de connaissances, celle-ci s’élabore au gré des rencontres (avec le politique, le religieux, le souverain, mais également le vulgaire ou l’ignorant) et consiste à produire et à communiquer ses idées.

666 Friedrich Nietzsche: Dithyrambe beublique, Victor Lévy-Beaulieu, 2015, Trois-Pistoles, 1392 p., 9782895832997* (+)

Ceci n’est pas un livre.
Mais qu’est-ce que les livres,
Qu’est-ce que les cercueils et les linceuls ?
C’est une volonté, c’est une promesse,
Ceci est une dernière rupture des ponts,
C’est un vent marin, une levée d’ancre,
Un bruit de machines, une main à la barre,
Et tonne le canon, avec son panache de feu,
Et rit l’Océan, l’immense !

Back to Baudrillard, Olivier Penot-Lacassagne, 2015, CNRS Éditions, coll. « Histoire », 263 p., 9782271081988*

Entretiens, études, lettres et essais d’intellectuels, d’écrivains et d’universitaires, aussi divers que : Sophie Calle, Michel Deguy, Philippe Dagen, Bernard Edelman, Nathalie Heinich, interrogent la pensée de Jean Baudrillard, philosophe sociologue, qui n’a eu de cesse d’interpeller le présent et de promouvoir le commerce des idées dans leur diversité.

 

CUISINE

Tutti frutti: 90 recettes sucrées et salées de fruits cuisinés, Barbara Gateau, 2015, Éditions de l’Homme, 192 p., 9782761940955*

Cuisiner tous les jours avec des fruits ? Et pourquoi pas ? Grillés, pochés, poêlés, confits, en croûte ou en papillote, les fruits libèrent à la cuisson des arômes surprenants de finesse. Osez les présenter en entrée, les relever de savoureuses épices, les jumeler aux fruits de mer et aux viandes et en faire les vedettes de vos desserts, des plus simples aux plus gourmands! Soupe de betteraves aux pommes et à la feta, cuisses de poulet aux clémentines, carrés d’agneau aux prunes, saumon en papillote à la vanille et à la grenade, figues pochées au jasmin, minibrownies aux poires : découvrez le meilleur des fruits… autrement!

Non coupable, Hubert Cormier, 2015, Éditions de la Semaine, 240 p., 9782897032661*

« Je me sens tellement coupable d’avoir passé au travers du bol de chips. Demain, j’arrête tout et je mange comme il faut », « Ahhh! Si seulement j’avais 15 livres en moins, je pourrais sortir sans gêne, aller danser, m’acheter ceci et faire cela… », « J’ai mangé un morceau de brownie, du coup, mes efforts pour la journée sont anéantis, autant continuer à m’empiffrer  maintenant! »   La culpabilité alimentaire est nocive. Elle s’introduit dans nos vies et, du jour au lendemain, on se sent coupable, sans trop savoir pourquoi. Toutes sortes de raisons peuvent être à l’origine de cette culpabilité alimentaire, mais la finalité demeure la même : on se sent mal dans notre peau et on désire changer d’alimentation, parfois pour le mieux, mais parfois au détriment de notre santé physique et psychologique. Non coupable vous apprendra, dans un premier temps, à reconnaître les situations qui vous font sentir coupable puis à gérer et à apprivoiser cette culpabilité alimentaire pour être en mesure de la faire disparaître. En plus des méthodes et des outils pour apprendre à se déculpabiliser face à l’alimentation, cet ouvrage propose des témoignages de vedettes, des recettes de collations non culpabilisantes, ainsi qu’une foule d’astuces pour mieux manger.

Zéro gluten, Jeanne B. Giacobetti, 2015, La Martinière, 187 p., 9782732465081*

Plus de 80 recettes sans gluten à base de farines alternatives : clam chowder, rillettes de saumon-tarama, quiche aux morilles, pancakes à la banane, cake amandine aux framboises, gâteau amandes-châtaignes, etc. Avec des farines de millet, de lentilles, de maïs, de pois chiches ou de riz complet.

 

BIOGRAPHIES

American Desperado, Jon Roberts et Evan Wright, 2015, Livre de poche, 733 p., 9782253904823*

Jon Roberts naît en 1948 au cœur du Bronx, dans une famille de la mafia new-yorkaise, les Gambino. À 7 ans, il assiste à un assassinat commis par son père. Ce jour-là, il décide de suivre la même voie, celle du crime organisé. Après un passage au Vietnam, il connaît une ascension fulgurante au sein de la mafia : racket, trafic de cocaïne pour le compte du cartel de Medellín, meurtres… C’est une effrayante épopée de réussite criminelle qu’il bâtit dans les années 1970 et 1980. Roberts est enfin arrêté en Colombie mais réussit à s’évader. Rattrapé par la police américaine, il accepte de coopérer avec la justice. Evan Wright est un journaliste et écrivain américain reconnu.

American desperado est le fruit de leurs échanges.

Une lecture hallucinante.

Raymond Gravel, entre le doute et l’espoir, Claude Gravel, 2015, Libre Expression, 264 p., 9782764810187*

En mars 2013, Raymond Gravel avait accepté de se confier à Claude Gravel et de lui laisser rédiger sa biographie. Ils ne se connaissaient pas, mais une confiance mutuelle s’est établie entre eux. « Je n’ai rien à cacher », lui dira l’abbé Gravel. Lorsqu’il a appris, le 28 août 2013, qu’il était atteint d’un grave cancer, Raymond Gravel a tenu à poursuivre ce projet, rencontrant l’auteur presque chaque semaine jusqu’à la fin de sa vie, mettant à sa disposition une documentation personnelle considérable, dont un journal intime qu’il a tenu pendant plus de vingt ans.

L’auteur l’a suivi dans son ministère. Il a rencontré ses proches, il a interviewé des dizaines de laïcs et d’hommes d’Église qui ont cheminé avec ce personnage hors du commun, décédé le 11 août 2014. Pour beaucoup, Raymond Gravel demeure un mystère, « la confluence d’ambiguïtés énormes », dira un de ses grands amis. Avec cette biographie, on en apprend davantage sur l’homme, sur le prêtre, un prêtre différent des autres.

Une carrière au service du coopératisme, Claude Béland, 2015, Fides, 288 p., 9782762138856*

Passant en revue les grandes étapes de sa fructueuse carrière, Claude Béland se raconte à travers l’histoire du coopératisme québécois des soixante-dix dernières années. Du collège à la Faculté de droit, de la Fédération des caisses d’économie du Québec à la présidence du Mouvement Desjardins, de sa participation à la Commission sur l’avenir constitutionnel et ­politique du Québec à sa nouvelle carrière de grand conseiller et d’analyste dans les médias, ce livre retrace les grands moments de la carrière d’un homme qui fut un acteur important de la société québécoise telle que nous la connaissons aujourd’hui.

Truman Capote, Lilian Kerjan, 2015, Gallimard, coll. « Folio Biographies », 304 p., 9782070461479*

« Le cerveau peut recevoir des conseils, mais pas le cœur, et l’amour, n’ayant pas de géographie, ne connaît pas de frontières. » Truman Garcia Capote, de son vrai nom Truman Streckfus Persons (1924-1984), voulait être danseur de claquettes ou chanteur de night-club… Il devint écrivain, prolixe et déconcertant. Affirmant « je suis un anormal, les gens ne m’aiment pas », il adorait les cocktails et les feux d’artifice sur le Grand Canal à Venise et possédait une garde-robe des plus extravagantes. Il ne cessa d’éblouir, d’intriguer, de surprendre ; certains le comparèrent à Jean Cocteau, d’autres prétendirent qu’il était l’Elvis Presley des lettres américaines. Son œuvre capte l’air du temps, oblige la société contemporaine à se poser des questions. Petit déjeuner chez Tiffany et De sang-froid en sont les deux titres phares. De ce dernier, il écrit : « C’est une réussite parfaite… parce qu’il est sans style. C’est comme un verre d’eau. Mon rêve. Rien entre l’écriture et le lecteur. »

Maurice « Mad Dog » Vachon, Bertrand Hébert et Pat Laprade, 2015, 312 p., 9782764810415* (+)

« Après leur passionnante histoire de la lutte québécoise, À la semaine prochaine si Dieu le veut, Pat Laprade et Bertrand Hébert nous reviennent avec la biographie d’un des plus colorés et importants lutteurs du Québec : Maurice « Mad Dog » Vachon. Les deux éminents spécialistes de la lutte y relatent notamment le fil de sa carrière, avec tous ces fascinants jeux de coulisses du monde de la lutte professionnelle que l’autobiographie de Vachon, parue en 1988, ne pouvaient révéler… car à l’époque c’était encore l’omertà sur la scénarisation des combats ! « Ça prend pas un dictionnaire pour comprendre ça », nous dit avec ironie la quatrième de couverture en citant une phrase récurrente des entrevues de Mad Dog, un clin d’œil au mépris de certains pour la lutte. Peut-être, mais soulignons la plume alerte et fluide des deux auteurs, qui rend passionnante la vie du plus grand vilain de la lutte québécoise, avec son lot de savoureuses anecdotes. Un plaisir de lecture pour les nostalgiques de Mad Dog autant que pour les amateurs de lutte, jeunes et moins jeunes. » (Maxime Nadeau)

VIE PRATIQUE

Dessine-moi un mouton, Joe-Ann Benoit et Graziella Pettinati, 2015, Québec-Livres, 176 p., 9782764024423*

« S’il te plaît, dessine-moi un mouton ! » demandait le Petit Prince. Depuis la nuit des temps, le dessin est un moyen privilégié de communiquer un message, une émotion, une idée… C’est à partir de cette prémisse que Jo-Ann Benoit et Graziella Pettinati offrent ici le fruit de leur expérience aux parents, aux grands-parents, aux intervenants et aux enseignants afin de leur permettre de mieux comprendre le monde intérieur de l’enfant. Le dessin prépare tout naturellement l’enfant au geste graphique. C’est pourquoi les auteures abordent également cet aspect du développement : Quels crayons donner au tout-petit ? Comment l’aider à bien les tenir ? Comment l’encourager à adopter une position ergonomique ? De quelle façon s’établit la dominance manuelle (gauche ou droite) ? Ce livre répond à ces questions ainsi qu’à bien d’autres qui touchent l’interprétation des dessins. Il vous propose des outils simples pour mieux comprendre l’expression des enfants et pour les préparer à leur entrée à l’école.

Soutenir et accompagner l’enfant malade, Catherine Kozminski, 2015, CHU Sainte-Justine, 112 p., 9782896197194*

Dans un style vif et franc, ce livre relate, dans sa plus grande partie, le cheminement émotif d’une jeune enfant malade et celui, plus « secret » et intérieur, de sa mère. Le quotidien familial, entre la maison et l’hôpital, évoque tous les impacts physiques et psychologiques de la maladie chez l’enfant. Ce point de vue est appuyé par deux textes de soignants qui se trouvent au cœur même de cet accompagnement si particulier de l’enfant et de sa famille, deux textes porteurs d’observations concrètes et de réflexions concernant, entre autres, l’hospitalisation de l’enfant aux besoins particuliers et l’humanisation des soins dans notre système de santé.

Respirez, Eline Snel, 2015, Transcontinental, 224 p., 9782897430634*

Les adolescents sont imprévisibles, fragiles, et parfois franchement difficiles. Ils cherchent à prendre leurs distances de leurs parents, ce qui ne les empêche pas d’avoir besoin de la sécurité que ceux-ci représentent. Ils naviguent entre inertie et stress, provocations et angoisses. Comment trouver la bonne attitude et les bons mots pour les rejoindre et apaiser les tensions ? Conçu d’abord pour les parents, ce livre doublé d’exercices audio apprend aux adultes à utiliser la méditation pour éviter les réactions impulsives et pour se recentrer sur l’essentiel. Respirez comprend également un volet destiné aux ados : des conseils intégrés au fil du texte et cinq méditations guidées leur permettent de surmonter le stress et de se relier au meilleur d’eux-mêmes. Toute simple, cette démarche ne nécessite aucune connaissance préalable. Elle est accessible à quiconque a envie d’améliorer le climat et la communication entre parents et adolescents.

Tisanes: Remèdes et recettes, Pierrette Nardo, 2015, Rustica éditions, 63 p., 9782815305983*

Plus de 100 recettes de tisanes et d’infusions pour une santé et une beauté au naturel : se déstresser, faciliter le sommeil, soigner les courbatures, etc.

Elixirs médicinaux, Erika Laïs, 2015, Rutisca éditions, 63 p., 9782815304986*

50 recettes pour préparer des élixirs médicinaux, classées par type de plantes.

 

ARTS & BEAUX-LIVRES

La musique au tournant des siècles, Brigitte François-Sappey, 2015, Fayard, coll. « Les chemins de la musique », 302 p., 9782213682501*

Les tournants de siècle ont-ils été vécus dans la musique comme des moments particuliers ? Cet essai met en perspective cinq passages d’un siècle à un autre, depuis 1600. Si les passages de 1600, 1800 et 1900 s’accompagnent des revendications de nouvelle musique, celui de 1700 consacre un accomplissement. Qu’en sera-t-il du tournant de l’an 2000 ?

JonOne : The Chronicles, Théophile Pillauts, 2014, David Pluskwa Art contemporain, 352 p., 9791094003008*

Publiée à l’initiative de David Pluskwa, galeriste à Marseille, cette monographie retrace le parcours de l’artiste, depuis ses premiers graffitis en 1979 jusqu’à aujourd’hui. L’ouvrage montre l’évolution de son style, de plus en plus abstrait, coloré et privilégiant l’improvisation.

Alors que plusieurs artistes de rue font leur entrée dans les musées et les collections privées, peu de livres permettent à l’amateur d’apprécier leur production. Avec cet ouvrage, le galeriste David Pluskwa donne accès à l’œuvre de JoneOne caractérisée par sa rapidité d’exécution donnant du mouvement aux couleurs qui recouvrent entièrement la surface; un allover qui mélange calligraphie et dripping. Des reproductions et des photographies accompagnent une biographie ainsi que des témoignages de ceux qui ont été les spectateurs de cette ascension « from Street to Art ». Une première monographie consacrée à un graffeur qui a su adapter l’action painting de Jackson Pollock aux rues de New York, tout en faisant entrer le tag dans les galeries. (Maude Jacob)

Street art: De Banksy à Zacharevic, découvrez les artistes et les œuvres les plus représentatives de l’art urbain du monde entier, Russ Thorne, 2015, Larousse, 191 p., 9782035907967*

Depuis les années 70, les graffitis ont pris possession de nos villes, pour le meilleur et pour le pire. Liberté de parole, créativité ou égocentrisme adolescent et vandalisme, notre regard diffère selon les « œuvres ». Mais, depuis plusieurs années déjà, que ce soit en Amérique latine, en Californie, en Europe ou au Québec, de nombreux artistes ont pris possession de ces innombrables lieux abandonnés, en faisant des oasis de beauté, d’humour, de cynisme ou de revendication. Une façon innovante de se réapproprier la Cité, au plus grand plaisir des citadins… Ce livre dresse un panorama complet des tendances actuelles en art urbain … (Robert Beauchamp)

Dominique Gaucher, André-Louis Paré et Eveline Boulva, 2015, Éditions Plein sud / Expression, Centre d’exposition, 144 p., 9782922256628*

Cet ouvrage richement illustré explore le récent parcours du peintre québécois Dominique Gaucher depuis les années 2000 jusqu’à ses travaux les plus récents. Des œuvres qui, des plus intimes aux plus monumentales, intéresseront tous les publics. Les textes d’André-Louis Paré (critique d’art, commissaire d’expositions et professeur de philosophie, également directeur et rédacteur en chef de la revue Espace) et d’Eveline Boulva (artiste en arts visuels), ainsi qu’un entretien avec l’artiste, offrent des points de vue plus approfondis sur les œuvres reproduites.

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Tous les textes proviennent des éditeurs, sauf lorsqu’il y a mention d’auteur.

Sélection : Caroline Scott – biographies et vie pratique ; Benoit Desmarais – sciences humaines ; Caroline Le Gal – psycho, philo et cuisine ; Marie-Ève Blais – sciences humaines et arts & beaux-livres ; Robert Beauchamp – arts & beaux-livres.


11 avril 2015  par nos libraires

Littératures : les parutions de mars

Comme chaque mois, notre équipe de libraires passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour en repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces nouveaux titres, question d’aiguiser votre appétit livresque…

LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE

Fin de mission, Phil Klay, 2015, Gallmeister, 308 p, 9782351780831*

Un soldat en Irak doit abattre des chiens qui se nourrissent de cadavres, puis, quelques mois après, reprendre place sur son canapé dans une banlieue résidentielle où femme et labrador l’attendent. Un marine affecté aux « Affaires mortuaires » identifie, transporte et inhume des combattants indistinctement irakiens et américains. Pendant ce temps, un jeune officier se voit assigner la tâche absurde d’améliorer la vie des civils en leur apprenant à jouer au base-ball. Dans Fin de mission, Phil Klay emmène le lecteur sur les lignes de front de l’Irak et de l’Afghanistan. Il tente de comprendre ce qui s’est passé là-bas, mais aussi – surtout – de donner un sens au chaos auquel les survivants ont réchappé. Écrit avec un réalisme pur et dur, ce livre fait de Phil Klay l’une des nouvelles voix les plus talentueuses de sa génération.

Priscilla, Nicholas Shakespeare, 2015, Grasset, 523 p., 9782246810735*

Près de trente ans après la mort de sa tante Priscilla, l’auteur retrouve une boîte contenant sa correspondance et des photos. Persuadé depuis toujours qu’elle a connu un destin héroïque pendant la guerre, il décide de mener l’enquête et de faire la lumière sur son passé. Mais c’est une réalité tout autre qu’il ne tarde pas à découvrir. Dans ce texte passionnant qui se lit comme un roman, l’auteur nous raconte la vie secrète d’une femme en temps de guerre et pose une question fondamentale : qui sommes-nous pour condamner les choix de ceux qui, d’une certaine façon, luttaient pour survivre ?

La clarinette, Vassilis Alexakis, 2015, Seuil, 350 p., 9782021167696*

Vassilis s’aperçoit un jour qu’il a oublié le mot «clarinette». Il voit des clarinettes partout, mais le mot ne revient pas, ni en français, sa langue d’adoption, ni en grec, sa langue natale. Pourquoi perd-on la mémoire ? À Paris, son éditeur, qui est aussi son plus ancien et plus cher ami, a un cancer. Il le veille. La maladie progresse. Les souvenirs affluent, émouvants et cocasses. À Athènes aussi la crise mine la société. Le racisme se répand dans la ville autrefois si accueillante pour les métèques. Voici pourtant une jeune fille nommée Orthodoxie qui anime l’équipe de football des SDF, et Lilie, qui, à cent un ans, tricote des pull-overs pour les enfants défavorisés. Au Parthénon, les Anciens ont élevé un autel à l’oubli. On écrit toujours sur des absences, n’est-ce pas ? L’œil vif, la plume rapide, Vassilis Alexakis a quelque chose du funambule sur son fil.

Le géant enfoui, Kazuo Ishiguro, 2015, Fides, 433 p., 9782762138986*

Sur l’île de Bretagne, une Bretagne archaïque, christianisée mais où les vestiges de l’époque romaine récente sont encore bien visibles, un vieux couple, Axl et Beatrice, quittent un jour leur clan et se mettent en route. Ils vont retrouver leur fils adulte qui habite un village situé à quatre jours de marche. Mis à part le fait qu’il est leur fils, ils ont tout oublié de lui. À vrai dire, dans ces contrées, l’oubli semble avoir gagné presque toutes choses, êtres et événements, anciens ou récents. Les gens vivent dans des habitations creusées dans les collines ; des ogres, poussés par la faim, enlèvent des enfants ; des affrontements ont lieu périodiquement entre Bretons et Saxons. Sur fond de menace sourde, avec leurs souvenirs aux trois-quarts effacés, Axl et Beatrice vont par les chemins où ils feront diverses rencontres inquiétantes : des bateliers, des chevaliers, des moines, une jeune fille entravée… Roman terrible et réaliste, puisant dans la matière de Bretagne et dans les romans du roi Arthur ses images les plus fortes, Le géant enfoui est une troublante allégorie du monde moderne.

Le musée de l’inhumanité, William H. Gass, 2015, Cherche Midi, 573 p., 9782749133072*

Joseph Skizzen est un fils d’immigrés autrichiens ayant fui leur terre natale à l’orée de la Seconde Guerre mondiale pour se réfugier aux États-Unis. La vie entière de Joseph est placée sous le signe de l’imposture. Ses parents se sont fait passer pour Juifs afin de négocier leur fuite. Puis le père a abandonné sa famille du jour au lendemain. Livré au « rêve américain », Joseph a grandi, guidé par une règle unique : rester dans la médiocrité pour ne pas se faire remarquer. Devenu professeur de musique, Skizzen, gagné par la misanthropie, a installé dans son grenier un musée particulier : le musée de l’Inhumanité. Il y accumule les témoignages de la nature fondamentalement mauvaise de l’homme. D’une écriture éminemment musicale, le roman de Gass est d’une virtuosité incroyable. On y croise des personnages inoubliables, comme une vendeuse de voitures reine du gospel, une bibliothécaire défraîchie, une prof de français nymphomane… Ou quand la sérénité tente difficilement de s’insinuer dans la peinture tragi-comique d’un monde voué à l’entropie.

 

EN FORMAT POCHE

La passion, Jeanette Winterson, 2015, Points, 211 p., 9782757849460*

Tandis que la débâcle de Russie met fin à l’admiration d’Henri pour Napoléon, à Venise, Villanelle, travestie en homme, s’éprend d’une mystérieuse Dame de pique… qui lui dérobe son cœur. Il déserte son régiment, elle fuit l’Italie : leurs chemins se croisent à Moscou. Entre eux se nouent les fils de la passion et les amants se lancent dans une quête étrange : retrouver le cœur de la jeune femme…

L’homme de Kiev, Bernard Malamud, 2015, Rivages poche, 427 p., 9782743629649*

Yakov Bok quitte son village et s’installe à Kiev. Il aspire à une vie meilleure : un travail, un avenir, du temps pour lire ou pour rêver. Lorsqu’un enfant est découvert assassiné, cet homme comme les autres devient le coupable idéal. Car dans la Russie de Nicolas II, Yakov est d’abord un Juif. L’Homme de Kiev plonge dans les racines du mal, recréant l’Europe vacillante des tsars. Au-delà de la fable morale, Bernard Malamud a écrit un éblouissant roman sur la condition humaine, un chef-d’œuvre qui le place aux côtés de Franz Kafka ou Joseph Roth.

Histoire d’une femme libre, Françoise Giroud, 2015, Gallimard/Folio, 263 p. 9782070462452*

Été 1960. Françoise Giroud vient de subir le plus grand échec de son existence : sa mort. De nombreux verrous bloquant la porte de sa chambre, une dose plus que létale de poison avalée, le téléphone débranché, elle avait tout prévu… sauf que deux solides gaillards iraient jusqu’à défoncer une cloison pour l’arracher à un coma déjà profond. Il lui faudra vivre.

La saison de l’ombre, Léonora Miano, 2015, Pocket, 246 p., 9782266248778*

Au cœur de la brousse subsaharienne, un grand incendie a ravagé les cases du clan Mulongo. Depuis lors, douze hommes manquent à l’appel – les fils aînés pour la plupart. Pendant que les mères cherchent en songe les réponses à leur chagrin, le Conseil interroge les ancêtres, scrute les mystères de l’ombre : que signifie cette disparition ? Pour le salut de la communauté, le chef Mukano et quelques autres décident de partir à leur recherche en territoire bwele, leurs voisins. Peu d’entre eux atteindront l’océan – par où les « hommes aux pieds de poules » emportent leurs enfants…

Le piéton de Hollywood, Will Self, 2015, Points, 473 p., 9782757849972*

«Je vois.» Assis dans son bureau, le Dr Busner reste coi. Que dire à un patient qui annonce pêle-mêle la mort du septième art, le besoin de mener l’enquête à Los Angeles, la crainte d’un assassinat et la nécessité de se promener à pied pour « leur » échapper ?

L’autopsie délirante de la modernité par un dépressif lucide atteint de troubles obsessionnels compulsifs et de pertes de mémoire.

 

LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE ET CANADIENNE

Six degrés de liberté, Nicolas Dickner, 2015, Alto, 300 p., 9782896942183*

Où l’on raconte l’histoire d’une jeune fille qui désire repousser les limites de l’expérience humaine, d’un hacker qui veut optimiser la circulation mondiale des bananes et des coussins, d’une employée de la GRC qui rêve d’en finir une bonne fois pour toutes avec la géographie, d’un septuagénaire qui perd un boulon, d’une acheteuse compulsive bipolaire, de six perruches et d’un chat intermittent, tous unis dans un jeu de société à l’échelle planétaire dont personne ne connaît les règles.

Panik, Geneviève Drolet, 2015, Tête première, 316 p., 9782924207406*

Dehors, toundra. Blanche. Toute blanche. La terre, le ciel. Pas d’horizon. Impossible de fixer quoi que ce soit. Les muscles oculaires ne savent plus. L’aveuglement, le grand. Le blanc. Dans le Grand Nord du nord, dans le froid et le blanc de partout, Dorothée va vivre avec le Yéti, rencontrer des enfants et des adultes, des Inuit et des Blancs du Sud. Sa vie deviendra un long crissement de bottes dans la neige, quand les pierres veulent fendre et les doigts tomber. Dorothée va devoir se trouver et s’apprendre. Entre le western nordique et le roman d’intrigue, Panik est une fable polaire qui met en scène le Nunavut, une contrée méconnue, un endroit où la réalité dépasse la fiction. Geneviève Drolet signe ici son œuvre la plus achevée, un des plus beaux romans du Nord et du Froid qu’il nous ait été donné de lire. Avec ce roman d’une beauté et d’une force inouïes, elle nous montre l’étendue de son immense talent.

Accueillir la vie nue face à l’extrême qui vient, Paul Chamberland, 2015, VLB, coll. « Le soi et l’autre », 416 p., 9782896494859*

Le « résultat » final de la Destruction s’annonce comme la réduction généralisée des conditions de l’existence à la vie nue : le dénuement, la détresse et le déni de tout droit et de toute dignité. Accueillir la vie nue, telle serait l’ultime opération. On ne pourrait toutefois l’effectuer qu’à la condition d’assumer sa propre vulnérabilité. Ainsi pourrait être dégagée la seule puissance capable de désamorcer les ressorts de la pulsion d’autodestruction qui risque de précipiter l’humanité à sa perte. Tel serait, pour une communauté d’« accueillants », le pari d’une espérance endeuillée.

À la recherche de New Babylon, Dominique Scali, 2015, La Peuplade, 500 p., 9782923530956*

New Babylon n’existe pas. Mais s’il fallait créer cette ville, les duels y seraient permis et il n’y aurait pas d’autre loi que celle interdisant les hommes de loi. On y aurait constamment le souffle coupé, à cause des paysages, et ultimement parce qu’on y finirait la gorge tranchée. Ce serait un endroit dangereux où, enfin, chacun connaîtrait sa vraie valeur. Dans ce western enlevant, qui dépeint avec minutie l’Ouest américain des années 1800, le Révérend Aaron, Charles Teasdale, Russian Bill et Pearl Guthrie fouillent le désert à la poursuite d’un idéal impossible, laissant derrière eux les empreintes de leurs destins. Dans un monde où rien ne dure, « il n’est pas question de fuir la mort, mais de choisir son arène ». À la recherche de New Babylon révèle qu’il faut bâtir soi-même la vi(ll)e rêvée.

Solomon Gurski, Mordecai Richler, 2015, Boréal, 672 p., 9782764623749*

« L’humour qui caractérise ce roman aux multiples échos, sa profondeur, son esprit retors évoquent une heureuse synthèse de Dickens, de Malcolm Lowry et de Philip Roth. Une admirable réussite. » – The Times

Première de cinq nouvelles traductions de romans de Mordecai Richler par nul autre que l’éminent duo de traducteurs formé par Paul Gagné et Lori Saint-Martin, dont le travail a maintes fois été récompensé et souligné. Suivront : Son of a Smaller hero (1955), St. Urbain’s Horseman (1971), Joshua Then and Now (1980), et The Apprenticeship of Duddy Kravitz (1959). Les Éditions du Boréal souhaitent ainsi « permettr[e] aux lecteurs habituels de Richler de retrouver les romans qu’ils connaissent déjà dans un texte français aux accents plus fidèles aux œuvres originales, et aux lecteurs plus jeunes de découvrir un auteur de premier plan, dont les œuvres n’étaient, pour nombre d’entre elles, plus disponibles en français. » Le tout avec une unité de ton que l’on ne retrouvait pas dans l’ensemble des traductions originales. (Maxime Nadeau)

 

EN FORMAT POCHE

Journal, Marie Ugay, 2015, Boréal, coll. « Boréal compact », 336 p., 9782764623787*

Marie Uguay occupe une place à part dans la poésie québécoise. Sa poésie sensuelle, qui chante la beauté du monde, lui a gagné des lecteurs nombreux et fervents. Le destin tragique de Marie Uguay lui confère aussi la marque des êtres d’exception. Comme Nelligan, comme Saint-Denys Garneau, elle est fauchée en pleine jeunesse.
C’est le cancer qui l’emporte à vingt-six ans, en 1981. Il aura fallu attendre plus de vingt ans avant de lire ce journal, publié pour la première fois en 2005 (Boréal). Il fait figure de document unique où prose et poésie se répondent, et qui nous entraîne aux sources mêmes de la création.

Voyage léger, Mélissa Verreault, 2015, Bibliothèque québécoise, 184 p., 9782894063705*

Une jeune photographe entreprend un voyage afin d’échapper à un quotidien morne et sans saveur. Mais une fois à l’aéroport, c’est face à elle-même qu’elle se retrouve. Sa remise en question soudaine et l’introspection qui en découle lui font emprunter une tout autre trajectoire que celle escomptée. La plume limpide et pleine d’espoir de Mélissa Verreault fait entendre le monologue intérieur d’une héroïne mélancolique, dans ce récit fourmillant de détails justes et d’aveux touchants.

Les O’Brien, Peter Behrens, 2015, 10/18, coll. « Littérature étrangère », 571 p., 9782264064516*

1887, dans l’arrière-pays canadien, la famille O’Brien apprend le décès du père. Le jeune Joe s’occupe de ses frères et sœurs et de sa mère. Il parcourt ensuite le continent et après avoir rencontré sa future femme, Iseult, fonde une entreprise et une famille. Racontée du point de vue de Joe, d’Iseult et de leurs enfants, la chronique d’une famille sur trois quarts de siècle.

 

POÉSIE

Pages intimes de ma peau, Josée Yvon, 2015, Écrits des Forges, 165 p., 9782896452828*

Pages intimes de ma peau est un hommage rendu à Josée Yvon dont 2014 marquait le vingtième anniversaire de la mort. Le présent titre réunit La chienne de l’hôtel Tropicana, paru en 1977, Koréphilie (1981) et Filles-missiles (1986), auxquels on a ajouté quelques poèmes de la même époque. Josée Yvon a élaboré une œuvre hors du commun. Elle s’est intéressée à la littérature américaine, plus particulièrement au travail de la Beat Generation, mais elle a aussi été influencée par la littérature lesbienne des année 1960-1970. Son œuvre s’inscrit dans la contre-culture, dont elle a été une représentante fervente. La poète a été l’une des premières, dans sa poésie et dan ses récits, à utiliser différents stratagèmes littéraires comme le mélange des genres, le collage, la langue parlée, et la provocation extrême de style trash, pour faire vivre les personnages de junkies, de travesties, de danseuses érotiques, de prostituées et d’autres paumés. L’univers mis en scène est celui du mal-être et du mal de vivre des blessés de la société, ces exclus à qui elle témoigne respect et affection. Elle oppose le sombre quotidien de ces derniers à celui de l’ensemble des autres citoyens, violemment et radicalement, dans une vision de la société perçue comme privilégiée, standard et uniformisante, mais surtout stéréotypée et aliénante et qui n’hésite pas à ajouter à la misère de ceux, et de celles surtout, qu’elle ne voit pas.

Ouvert l’hiver, Sébastien Dulude, 2015, La Peuplade, coll. « Poésie », 88 p., 9782923530963*

Une maison s’offre ouverte, débarrée, prête à accueillir qui veut se réchauffer ou dormir, simplement. Tombent de ce calendrier d’hiver quelques poèmes blancs – avec la neige, les yeux et le soir –, s’enchaînent une série de petites pièces ciselées que Sébastien Dulude a voulu glaciales dans leur forme et chaudes dans leur langue. Les engelures, le vin chaud, les tuyaux gelés, le calorifère, la buée, la tempête : ouvert l’hiver dessine ces images connues de notre imaginaire nordique, de part et d’autre de fenêtres brillantes, au bord desquelles le sujet hésite. Ces poèmes, délicats mais sonores, obsessivement ficelés, aspirent à confondre beauté et rudesse, chaleur et malaise, dans une intimité teintée d’ambiguïté.

À la cyprine, Eugène Savitzkaya, 2015, Minuit, 96 p., 9782707328281*

Le moindre vent nous décoiffe, le plus petit cri nous fait sursauter, l’acidité nous fait grimacer, l’aigre émeut nos sinus, la douceur nous appelle et nous écœure, le sel relève les saveurs des aliments, le poivre révèle l’amertume de l’orange, la nuit attend le jour et les années s’étirent, le châtaignier doit revivre, le cœur active le sang. Mais, sans la cyprine, point de bonheur en ce monde, ni d’appétit.

Dans l’hiver des villes, Tennessee Williams, 2015, Seghers, coll. « Poésie d’abord », 260 p., 9782232123856*

Un recueil de poèmes sur les thèmes de la sincérité et de la solitude où s’expriment l’empathie du dramaturge pour les personnages marginaux ainsi que son homosexualité.

Anthologie de la poésie chinoise, collectif (Rémi Mathieu, dir.), 2015, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1547 p., 9782070143764*

Une présentation de plus de 1 800 poèmes choisis parmi les œuvres de 401 auteurs et anonymes. Le volume est divisé selon les différentes dynasties depuis l’Antiquité jusqu’à la période contemporaine, depuis Les dix-neuf poèmes anciens jusqu’aux auteurs du XXe siècle comme Haizi, Mao Zadong et Bel Dao.

 

THÉÂTRE

Œuvres complètes d’Anne Hébert T. 5: Théâtre, nouvelles et proses diverses, Anne Hébert (Nathalie Watteyne, dir.), 2015, Presses de l’Université de Montréal, coll. « Bibliothèque du Nouveau Monde », 1036 p., 9782760621879*

La publication de cette édition critique en cinq tomes, au tirage limité, est l’un des projets les plus importants menés par les PUM ces dernières années. En rassemblant tous les textes de l’auteur, l’équipe interuniversitaire dirigée par Nathalie Watteyne a fait un travail colossal qui apporte à l’œuvre de nouveaux éclairages tout en la replaçant dans sa continuité temporelle. Le cinquième volume présente divers contes et nouvelles, dont Le Torrent, des textes dramatiques et des proses diverses, publiés, parus en revue, ou inédits.

À la fois poète, romancière, nouvelliste et dramaturge, Anne Hébert (1916-2000) est l’un des écrivains québécois les plus appréciés et les plus reconnus dans le monde.

L’édition critique de ces textes est menée par une équipe reconnue de spécialistes de l’Université Sherbrooke sous la direction de Nathalie Watteyne, directrice du Centre Anne-Hébert. Elle apporte une nouvelle dimension à l’œuvre.

La robe blanche, Pol Pelletier, 2015, Herbes rouges, 104 p., 9782894195161*

« Tout art est politique.

Tout artiste se situe par rapport au pouvoir, qu’il-elle le sache ou non, dans sa façon de présenter son monde.

La Robe blanche est l’œuvre qui réunit le plus parfaitement art et politique.

Mon but est de provoquer une révolution. » – Pol Pelletier

La machine à révolte, Annick Lefebvre, 2015, Dramaturges Éditeurs, 56 p., 9782896370818*

«MATHILDE
Avoir su, Océane, on en aurait fait un, nous deux, un pacte. Un pacte de lames de rasoirs dans les veines, de gobage de pilules avec du Jack Daniel’s ou de pendaison double dans un garage double du Plateau Mont-Royal. Si c’est vraiment ça que tu voulais, on aurait pu le faire. Ensemble. Je comprends pas, mon amie, je comprends rien. Je braille ma vie dans ton chandail en y cherchant constamment tes bras pis le reste de ton corps, mais y a rien que mes bras à moi pis le reste de mon corps à moi dans ton coton ouaté préféré ! »

 

LITTÉRATURE POLICIÈRE

Les nuits de Reykjavik, Arnaldur Indridason, 2015, Métailié, coll. « Bibliothèque nordique », 259 p., 9791022601535*

La mort inexpliquée d’un clochard qu’il croisait à chacune de ses rondes de nuit obsède le jeune Erlendur, nouvelle recrue de la police islandaise. Sa première enquête l’entraîne dans les bas-fonds de la ville.

Tous les démons sont ici, Craig Johnson, 2015, Gallmeister, coll. « Noire », 315 p., 9782351780848*

Après avoir été arrêté, Raynaud Shade, un dangereux sociopathe Indien Crow d’adoption, avoue avoir caché un cadavre au cœur des Bighorn Mountains dans le Wyoming. Le shérif Walt Longmire a la mission d’escorter le meurtrier jusqu’au lieu du crime et de récupérer le corps. Mais cette expédition recèle bien des dangers.

Les ombres de Katyn, Philip Kerr, 2015, Éditions du Masque, 476 p., 9782702441596*

Une nouvelle enquête de Bernie Gunther, qui se retrouve dans la forêt de Katyn pour exhumer les 4.000 corps des officiers polonais qui auraient été assassinés à Smolensk, en 1943.

Les temps sauvages, Ian Manook, 2015, Albin Michel, 523 p., 9782226314628*

Une prostituée est assassinée et son fils est porté disparu. Bien que visé par un complot, l’inspecteur Yeruldelgger mène l’enquête avec ses équipiers. Explorant la Mongolie, la Russie et la Chine, ils arrivent finalement au Havre où six jeunes garçons sont retrouvés morts dans un container.

Jeremiah, Hervé Gagnon, 2015, Libre expression, coll. « Expression noire », 360 p., 9782764810613*

Avril 1865. La guerre de Sécession tire à sa fin, et les membres d’une société secrète confédérée, les Knights of the Golden Circle, sont réunis au St. Lawrence Hall Hotel, à Montréal. Leur but : planifier une éventuelle reprise des hostilités et encaisser des traites bancaires américaines d’une valeur de 2,5 millions de livres sterling. Parmi eux, John Wilkes Booth, futur assassin du président Abraham Lincoln, a en sa possession un objet encore plus précieux. Février 1892. Des Noirs montréalais sont sauvagement torturés et assassinés à la manière caractéristique du Ku Klux Klan. Le journaliste du Canadien Joseph Laflamme se lance sur l’affaire en compagnie de l’inspecteur Marcel Arcand, du Département de police de Montréal. Ils croiseront la route d’un personnage légendaire que l’on croit mort depuis 1882 et qui ne reculera devant rien pour retrouver ce que Booth a caché à Montréal.

EN FORMAT POCHE

Ceux qui tombent, Michael Connelly, 2015, Livre de poche, coll. « Policier », 474 p., 9782253904809*

Harry Bosch est de retour pour une nouvelle enquête. Cette fois-ci, il s’agit d’élucider une affaire de viol ayant eu lieu des années auparavant, et le meurtre ou le suicide d’un homme défenestré qui n’est autre que le fils du conseiller Irving, l’ennemi juré de l’inspecteur.

Et à l’heure de votre mort, Jacques Côté, 2015, Alire, 528 p., 9782896151226*

17 septembre 1894… La grande salle de l’hôtel Windsor est bondée de notables. Tous sont venus entendre Georges Villeneuve, médecin-expert à la morgue de Montréal, et son collègue, le docteur Wyatt Johnston, exposer les raisons qui les poussent à demander la construction d’une nouvelle morgue. Villeneuve a à peine terminé son discours quand surgit le lieutenant Bruno Lafontaine : une atrocité s’est produite dans un taudis de Griffintown et il a besoin de son expertise. Sur la scène du crime, une jeune femme gît dans son sang, littéralement éventrée à la suite d’un avortement clandestin. Villeneuve, qui tente d’inculquer aux forces de l’ordre des méthodes d’analyse modernes, découvre bien peu d’indices en raison de l’incurie des agents. L’enquête sera longue et laborieuse. Villeneuve n’en poursuit pas moins ses autopsies à la morgue, ses cours aux étudiants en médecine et, depuis peu, son travail d’assistant-surintendant à l’asile Saint-Jean-de-Dieu, car il a enfin obtenu le poste d’aliéniste qu’il convoitait. Or, quand une deuxième, puis une troisième boucherie sont découvertes, la presse s’enflamme et la pression pour que soit arrêté le fou meurtrier devient intenable. Pour Villeneuve, à cette obligation de résultat immédiat s’ajoute une terrible responsabilité : celle de l’aliéniste, dont le devoir est de protéger à tout prix les personnes atteintes de maladie mentale !

Dark Tiger, William G. Tapply, 2015, Gallmeister, coll. « Totem », 9782351785485*

Depuis sept ans, Stoney Calhoun, ancien vétéran, a perdu la mémoire mais s’est découvert des talents inattendus. Lorsque sa paisible existence se trouve menacée, il est contraint d’enquêter sur le meurtre d’un agent gouvernemental, retrouvé mort au nord de l’Etat, en prenant la place d’un guide de pêche.

Prague fatale, Philip Kerr, 2015, Livre de poche, coll. « Policier », 563 p., 9782253000419*

Berlin, 1942. Capitaine dans le service de renseignement SS, Bernie Gunther est de retour du front de l’Est. Alors qu’il a été affecté au service des homicides et qu’il enquête sur l’assassinat d’un ouvrier néerlandais, il surprend un homme battant sa femme dans la rue et décide de protéger l’inconnue et de l’emmener avec lui à Prague, où Heydrich l’a invité.

Un vent de cendres, Sandrine Collette, 2015, Livre de poche, coll. « Thriller », 286 p., 9782253176022*

Camille enquête sur la disparition mystérieuse de son frère Malo au cœur d’un domaine champenois où il travaillait en tant que vendangeur. Elle peut compter sur l’aide du maître de maison, un homme étrange, muré dans le silence depuis dix ans.

 

SCIENCE-FICTION, FANTASTIQUE & FANTASY

Wild Cards T. 2: Aces High, George R. R. Martin, 2015, Nouveaux millénaires, 539 p., 9782290061084*

Le deuxième volume de nouvelles représentant le monde post-apocalyptique et ravagé d’après 1946, l’année du déclenchement de l’épidémie meurtrière. Les rescapés se divisent en deux catégories : les aces, êtres développant d’étranges capacités, et les jokers, rachitiques rebuts de l’humanité. Avec l’aide d’une organisation maçonnique, un extraterrestre vient les affronter.

Viriconium: Intégrale, John Harrison, 2015, Mnémos, 492 p., 9782354082925*

Durant des millénaires, Viriconium, la cité pastel, fut le dernier refuge de la civilisation, l’ensemble de la planète ayant été pillé et détruit par ses propres habitants. Mais la cité est menacée par le conflit qui oppose les deux reines, en possession des armes antiques à l’origine de la destruction du monde.

Servir froid, Joe Abercrombie, 2015, Bragelonne, 666 p., 9782352948193*

Monza Murcatto est mercenaire au service du grand-duc Orso mais ses victoires l’ont rendue trop populaire pour son employeur. Trahie, le corps brisé, elle est laissée pour morte. Sa vengeance sera terrible, sept hommes devront mourir.

Le château des millions d’années, Stéphane Przybylski, 2015, Le Bélial, 356 p., 9782843441325*

En juin 1939, sous les ordres d’Heinrich Himmler, l’officier Friedrich Saxhäuser participe à une expédition archéologique en Irak dont le but secret consiste à établir une alliance contre les Britanniques. De plus en plus dubitatif à l’égard du nazisme, se sentant espionné, il fait une découverte stupéfiante, dont la possession donnerait un avantage décisif dans le conflit à venir.

Blizzard T. 1: Le secret des Esthètes, Pierre Gaulon, 2015, Mnémos, 283 p., 9782354082895*

Perdus au milieu d’un désert de glace, le magicien Blizzard et son disciple Chasseur luttent pour leur survie. Un jour, une phalange les attaque sans raison apparente, les poussant sur la route, animés du désir de vengeance et le besoin de comprendre.

FORMAT POCHE

Rois du monde T.1: Même pas mort, Jean-Philippe Jaworski, 2015, Folio, coll. « SF », 459 p., 9782070457748*

En Gaule, au cours d’une guerre entre tribus celtes, Ambigat tue son beau-frère Sacrovèse. Ambigat exile sa sœur et les deux fils de celle-ci dans le royaume biturige. Lorsque les deux enfants atteignent l’âge de porter les armes, leur oncle les envoie guerroyer contre les dangereux Ambrones. Prix Imaginales 2014 (Roman francophone).

Docteur Sleep, Stephen King, 2015, Livre de poche, coll. « Fantastique », 459 p., 9782253183600*

Danny Torrance est devenu adulte. Surnommé Docteur Sleep, il travaille dans un hospice, où il utilise ses pouvoirs surnaturels. Il y rencontre Abra, une jeune adolescente qui fuit un inquiétant groupe de voyageurs. Ceux-ci traquent les enfants télépathes pour se nourrir de leur lumière.

Feed T. 3: Red Flag, Mira Grant, 2015, Folio, coll. « SF », 752 p., 9782070459100*

L’oligarchie à la tête de l’Amérique post-zombie monte en puissance. Menacés par le pouvoir, les blogueurs affrontent également des savants prométhéens et un ours mort-vivant.

Le Volcryn, George R. R. Martin, 2015, ActuSF, coll. « Hélios », 172 p., 9782917689806*

Neuf scientifiques embarquent à bord de l’Armageddon, un vaisseau spatial, afin d’aller à la rencontre du Volcryn, un astronef légendaire.

Le dernier apprenti sorcier T. 4 : Le rêve de l’architecte, Ben Aaronovitch, 2015, J’ai lu, coll. « Fantastique », 379 p., 9782290081068*

Une série d’événements criminels, sans lien apparent, conduisent l’agent Peter Grant et l’inspecteur Thomas Nightingale dans les entrailles des immeubles Goldfinger, situés au sud de la Tamise.

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* * *

Tous les textes proviennent des éditeurs, sauf lorsqu’il y a mention d’auteur.

Sélection : Benoit Desmarais – litt. étrangère ; Maxime Nadeau – litt. québécoise, poésie et théâtre ; Morgane Marvier – policier ; Caroline Scott – science-fiction.

 


23 mars 2015  par nos libraires BD

Bandes dessinées : la crème de février

Comme chaque mois, notre équipe de libraires spécialisés en bandes dessinées passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces récits complets et autres premiers tomes, question d’aiguiser votre appétit livresque…

BANDES DESSINÉES QUÉBÉCOISES – PREMIERS LECTEURS

Un ballon sous la pluie, Liniers, 2015, La Pastèque, 48 p., 9782923841687*

C’est samedi, et le samedi, tout est meilleur. Sauf que ce samedi-là, il pleut. C’est pas grave! Mathilda, va expliquer à sa petite sœur que même si il pleut, on peut s’amuser quand même. On connaît Liniers pour sa série Macanudo, une collection de strips loufoques, dans laquelle l’auteur cultive un humour décalé qui n’appartient qu’à lui. Ici, il nous raconte avec tendresse une journée dans la vie de ses filles, et le résultat est simplement et parfaitement adorable. (SC)

BANDES DESSINÉES ÉTRANGÈRES – ADULTES

Quand vous pensiez que j’étais mort: Mon quotidien dans le coma, Matthieu Blanchin, 2015, Futuropolis, 173 p., 9782754808316*

Le jour de l’anniversaire de sa fille, Matthieu Blanchin éprouvera d’atroces migraines provenant de l’hémorragie d’une tumeur cérébrale qui, en comprimant son cerveau, le rendra momentanément aveugle et le plongera dans un coma de trois semaines. Déclaré cliniquement mort puis réanimé, il sera témoin de tous les traitements, sentant les présences et entendant les voix, et ressentira la douleur de ces traitements qu’on lui infligera sans anesthésie, jugeant qu’il ne doit rien ressentir dans cet état. Plus tard, pendant sa convalescence – léthargique, dépressif et incapable de dessiner – il débutera une psychanalyse qui l’amènera à rédiger les souvenirs de cette expérience. De cette cure analytique résulte ce témoignage intense et éprouvant, cette autobiographie du subconscient de celui qui fut propulsé dans de nouvelles dimensions et qui dût s’adapter à re-vivre et à re-naître. (HB)

Feu de paille, Adrien Demont, 2015, Six pieds sous terre, coll. « Plantigrade », 272 p., 9782352121152*

C’est un monde qui oscille sans cesse entre réalité et uchronie, présent et passé. Dans des champs et des bois, dans des rêves et dans des histoires d’enfants qui jouent à se faire peur, Adrien Demont touche du doigt notre inconscient, matérialise nos angoisses et nos émotions enfouies. Derrière un anodin récit de vacances, la peur de l’inconnu perce et semble nous guetter au détour de chaque page. Effroi des rêves de l’enfance, créatures repoussoirs dont on aperçoit l’ombre qui traverse la nuit étoilée… C’est par touches très délicates et avec une science aboutie de la mise en scène qu’on suit le protagoniste principal, Joseph, jusqu’à l’orée de nos propres cauchemars. (L’éditeur)

Le choix, Alain Frappier et Désirée Frappier, 2015, La Ville Brûle, coll. « BD », 119 p., 9782360120567*

Le choix, c’est celui des femmes de reprendre possession de leur corps et de leur avenir, en décidant d’être enceintes ou d’interrompre une grossesse non désirée, dans les meilleures conditions possibles. C’est ce droit qu’elles obtinrent, il y a 40 ans à peine, avec l’adoption de la loi Viel qui rendit l’avortement et la contraception libres et gratuits sur le territoire français. Désirée Frappier – elle-même enfant non-désirée – retrace, avec sa plume admirable (et avec la complicité de son époux aux dessins quasi photographiques), la difficile lutte qu’ont dû mener celles que leurs conjoints, leurs employeurs et l’état contraignaient, jusque-là, à devoir subir la boucherie des avortements clandestins. (HB)

La révolution Pilote: 1968-1972, Nicoby et Éric Aeschimann, 2015, Dargaud, 144 p., 9782205069280*

En 1968, à Paris, il y eut une réunion terrible au journal Pilote. Son rédacteur en chef, l’auguste René Goscinny, fut pris à partie par ses auteurs chevelus et débraillés. Cette rébellion fut l’élément déclencheur qui entraina la naissance du journal l’Écho des savanes, et plus tard de Fluide Glacial (et encore plus tard de Métal Hurlant); en somme, les premiers journaux à s’adresser clairement à un lectorat adulte. Cette réunion aurait donc changé le paysage de la bande dessinée française, rien de moins, en tirant la bande dessinée vers un ton plus mature. Fort de cette hypothèse, Aeschimann et Nicoby sont allés rencontrer quelques auteurs importants de l’époque pour en savoir plus sur cet évènement fondateur. Ainsi, Gotlib, Fred, Druillet, Bretécher, Mandrika et Giraud livrent chacun leur vision des faits, et le résultat est des plus savoureux pour quiconque s’intéresse à l’histoire de la bande dessinée. (SC)

L’encyclopédie des débuts de la Terre, Isabel Greenberg, 2015, Casterman, 174 p., 9782203088528*

À la fois un récit initiatique, une cosmogonie d’un monde imaginaire et une réflexion sur le pouvoir de raconter, l’Encyclopédie des débuts de la Terre est un conte pour adultes moderne et intemporel, qui tient ses racines des vieux mythes et en crée de nouveaux. Le fil conducteur prend la forme d’un garçon de la terre des glaces qui a perdu une partie de son âme. Conteur désigné par son village, il part explorer le monde pour retrouver ce qui lui manque et pour enrichir son répertoire d’histoires. Les différents peuples qu’il va croiser auront tous des mythologies différentes, mais tourneront autour des mêmes divinités, le Dieu-Oiseau et ses enfants corbeaux. Inspirée entre autres par la Bible, les Mille et une nuits, et l’Odyssée, Isabel Greenberg réussit à créer dans sa première bande dessinée une œuvre originale, inventive et qui fait rêver. (BN)

Super graphic: comics et BD decryptés, Tim Leong, 2015, Huginn & Muninn, 192 p., 9782364802971*

Super Graphic n’est pas tellement une bande dessinée qu’un livre de graphiques représentant toutes sortes de statistiques en rapport avec les comics de super héros, mais aussi avec les romans graphiques. Les couleurs préférées des super héros, le nombre de personnes qui se font tuer par des humains ou des zombies dans Walking Dead, la quantité de victimes du Punisher, le degré de tristesse dans l’œuvre de Chris Ware, l’arbre généalogique de Donald, la rapidité de Superman et de Flash, le rapport entre la répression et la rébellion dans Persépolis et toutes sortes d’autres informations aussi intrigantes qu’inutiles vous attendent dans ce livre. Tim Leong ne se prend jamais vraiment au sérieux, et certains de ses schémas sont clairement des blagues (assez drôles), mais d’autres laissent deviner beaucoup de travail de recherche, ce qui est tout à son honneur. (BN)

Coffin Hill T.01 : La malédiction des Coffin, Inaki Miranda et Caitlin Kittredge, 2015, Urban Comics, coll. « Vertigo Classiques », 176 p., 9782365775878*

Nouvelle série culte de Vertigo, Coffin Hill est également l’exemple de ce qui ce fait de mieux en bande dessinée d’horreur en ce moment. Inspiré par Lovecraft, Poe et les autres maitres du fantastique du dix-neuvième siècle, ce récit gothique revisite les histoires des sorcières avec un regard à la fois traditionnel et contemporain. Coffin Hill est une petite ville maudite dont la famille fondatrice, descendant des sorcières de Salem, est également maudite de génération en génération. La plus jeune revient au bercail après dix ans d’absence, réparer le mal qu’elle a libéré par mégarde lors d’un rituel commis en blague entre adolescents insouciants. Avec un humour sanglant, Coffin Hill nous fait éprouver quelques bons frissons sur le sujet du passé qu’on fuit et qui nous rattrape sans cesse. (BN)

Sans pardon, Hermann et Yves H., 2015, Le Lombard, coll. « Signé », 58 p., 9782803634958*

Un bandit notoire est pourchassé dans l’ouest sauvage par un marshal aussi intransigeant que lui. Sa fuite le ramène dans son patelin d’origine où il fait la connaissance du fils qu’il a abandonné. Cette rencontre aura des conséquences désastreuses pour tous les protagonistes. Le scénario est plutôt prévisible mais l’histoire est bien menée et le rythme est bon. Les dessins d’Hermann sont toujours d’une grande qualité et on se retrouve avec un autre très bon album de la collection Signé. Voilà le vrai Far West : sans pitié, sans compromis, sans pardon. (PP)

Ulysse 1781 T.01: Le cyclope, Éric Hérenguel et Xavier Dorison, 2015, Delcourt, coll. « Conquistador », 64 p., 9782756040899*

On revisite l’Odyssée à la sauce révolution américaine. Le capitaine Ulysse McHendricks, héros de la guerre d’indépendance, doit retourner chez lui pour secourir sa femme au prise avec des troupes royalistes. Le voyage sera long et parsemé d’embûche. Il existe beaucoup d’adaptations du classique d’Homère, mais celle-ci se démarque par son contexte géographique et historique original. L’Amérique sauvage de la fin du XVIIIe siècle se prête bien aux aventures épiques et demeure suffisamment inconnue et mystérieuse pour donner du ressort à cette BD. Une bonne idée : on se prend au jeu et on passe un bon moment de lecture. (PP)

Drink a LOL: Imbuvable, Ookah et Thom J. Tailor, 2015, Marabout, coll. « Marabulles », 157 p., 9782501099585*

Un recueil de strips mettant en vedette un psychologue cynique amateur de cocktails. Avec son humour noir et décapant et son niveau d’empathie avoisinant le zéro, il n’attire pas vraiment la sympathie. Pourtant, on rit « a lol ». On prend un plaisir coupable à lire les remarques détestables et vitriolées de ce personnage suffisant et parvenu. Les différents personnages qui osent lui adresser la parole en prennent pour leur rhume et ses répliques ne font pas de quartier. Un regard acide sur la superficialité de la société moderne. (PP)

Le Divin, Asaf Hanuka, Tomer Hanuka et Boaz Lavie, 2015, Dargaud, 160 p., 9782205066937*

Mark, spécialiste américain en explosifs, accepte un job dans un pays d’Asie du Sud-est pour le compte de la CIA. De l’argent facile. Mais il se retrouve embarqué dans une guérilla improbable et surréaliste entre l’armée locale, aidée par son collègue américain, et une bande de gamins, menée par deux jumeaux appelés « le Divin » à cause de leurs pouvoirs surnaturels. Cette plongée en enfer est basée sur une histoire vraie, celle de la God’s Army, qui se déroula en Thaïlande et en Birmanie. Puissant, dérangeant et émouvant. (L’éditeur)

Démokratia T.01, Motorô Mase, 2015, Kaze, coll. « Manga », 208 p., 9782820316769*

Fruit de l’émulation entre Taku Maezawa, élève en ingénierie, et Hisashi Iguma, spécialiste en robotique, le concept de Démokratía semble révolutionnaire : 3 000 personnes, recrutées au hasard sur le web, décideront à la majorité via un réseau social des faits et gestes de Maï. Ce robot d’apparence féminine pourrait ainsi devenir le creuset d’un savoir collectif, la convergence de 3 000 intelligences… Mais l’expérience pourrait aussi révéler qu’à l’épreuve du monde réel, démocratie n’est pas toujours synonyme de raison… (L’éditeur)

Yallah bye, Kyungeun Park et Joseph Safieddine, 2015, Le Lombard, 160 p., 9782803634408*

Comme tous les étés, Mustapha emmène sa famille dans son pays d’origine, le Liban. Retrouvailles amicales et soleil au programme. Mais nous sommes en 2006, à Tyr, dans le Sud du pays, et les bombes lâchées par Israël, au nom de la lutte contre le Hezbollah, ont tôt fait de transformer ces vacances en cauchemar… 24 ans plus tôt, dans une situation similaire, Mustapha s’était exilé en France. Que fera-t-il, cette fois-ci, entre impuissance et culpabilité… ? (L’éditeur)

***

Sélection et rédaction d’Hélène Brosseau, Sylvain Cabot, Boris Nonveiller, Patrick Pilote et Réjean St-Hilaire.

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13 mars 2015  par nos libraires

Littératures : les parutions de février

Comme chaque mois, notre équipe de libraires passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour en repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces nouveaux titres, question d’aiguiser votre appétit livresque…

LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE

La confession de la lionne, Mia Couto, 2015, Métaillié, 233 p., 9791022601474*

Lorsque le chasseur Arcanjo Baleiro arrive à Kulumani pour tuer les lions mangeurs d’hommes qui ravagent la région, il se trouve pris dans des relations complexes et énigmatiques, où se mêlent faits, légendes et mythes. Une jeune femme du village, Mariamar, a sa théorie sur l’origine et la nature des attaques des bêtes. Sa sœur, Silência, en a été la dernière victime. L’aventure est racontée par ces deux voix, le chasseur et la jeune fille.

Clair, rapide, déconcertant, Mia Couto montre à travers ses personnages forts et complexes la domination impitoyable sur les femmes, la misère des hommes, la dureté de la pénurie et des paysages. Un grand roman dans la lignée de L’Accordeur de silences.

Fenêtres sur la nuit, Dan Vyleta, 2015, Alto, 592 p., 9782896942022*

1939. Tandis que l’étau nazi se resserre autour de Vienne, une série d’assassinats sordides plonge les résidents d’un immeuble dans l’angoisse. C’est toutefois pour élucider le meurtre de son chien que Speckstein, professeur déchu et espion à la solde du Parti, fait appel au docteur Anton Beer, qui a étudié la psychologie juridique. L’une des patientes de Beer, la jeune et troublante Zuzka, passe ses nuits à épier ses voisins depuis sa fenêtre, d’où elle tente de briser les silences et de déchiffrer les secrets murmurés derrière les portes closes. Et si l’un d’eux avait du sang sur les mains ? À une époque où la présomption d’innocence dépend de la maîtrise de l’art du déguisement et de la dissimulation, il arrive que les fenêtres se transforment en miroirs… Livre noir empreint d’un esprit cinématographique rappelant l’expressionnisme allemand, roman social paranoïaque baigné d’une inquiétante étrangeté, Fenêtres sur la nuit navigue sur la mince frontière séparant la pulsion de mort de l’instinct de survie, là où se rencontrent les meurtriers, les lâches et les innocents.

Danser les ombres, Laurent Gaudé, 2015, Actes Sud, 249 p., 9782330039714*

En ce matin de janvier, la jeune Lucine arrive de Jacmel à Port-au-Prince pour y annoncer un décès. Très vite, dans cette ville où elle a connu les heures glorieuses et sombres des manifestations étudiantes quelques années plus tôt, elle sait qu’elle ne partira plus, qu’elle est revenue construire ici l’avenir qui l’attendait. Hébergée dans une ancienne maison close, elle fait la connaissance d’un groupe d’amis qui se réunit chaque semaine pour de longues parties de dominos. Dans la cour sous les arbres, dans la douceur du temps tranquille, quelque chose frémit qui pourrait être le bonheur, qui donne l’envie d’aimer et d’accomplir sa vie. Mais, le lendemain, la terre qui tremble redistribue les cartes de toute existence… Pour rendre hommage à Haïti, l’île des hommes libres, Danser les ombres tisse un lien entre le passé et l’instant, les ombres et les vivants, les corps et les âmes. D’une plume tendre et fervente, Laurent Gaudé trace au milieu des décombres une cartographie de la fraternité, qui seule peut sauver les hommes de la peur et les morts de l’oubli.

Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie, 2015, Gallimard, 249 p., 9782070142354*

Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études à Philadelphie. Jeune et inexpérimentée, elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l’Amérique, qui compte bien la rejoindre. Mais comment rester soi lorsqu’on change de continent, lorsque soudainement la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais donnés ?

Pendant quinze ans, Ifemelu tentera de trouver sa place aux États-Unis, un pays profondément marqué par le racisme et la discrimination. De défaites en réussites, elle trace son chemin, pour finir par revenir sur ses pas, jusque chez elle, au Nigeria. À la fois drôle et grave, doux mélange de lumière et d’ombre, Americanah est une magnifique histoire d’amour, de soi d’abord mais également des autres, ou d’un autre. De son ton irrévérencieux, Chimamanda Ngozi Adichie fait valser le politiquement correct et les clichés sur la race ou le statut d’immigrant, et parcourt trois continents d’un pas vif et puissant.

Une vie après l’autre, Kate Atkinson, 2015, Grasset, 524 p., 9782246807650*

11 février 1910 : Ursula Todd naît – et meurt aussitôt.

11 février 1910 : Ursula Todd naît – et meurt, quelques minutes plus tard, le cordon ombilical enroulé autour du cou.

11 février 1910 : Ursula Todd naît – le cordon ombilical menace de l’étouffer, mais cette fois le médecin est là pour le couper, et Ursula survit…

Ursula naîtra et mourra de nombreuses fois encore – à cinq ans, noyée ; à douze ans, dans un accident domestique ; ou encore à vingt ans, dans un café de Munich, juste après avoir tiré sur Adolf Hitler et changé ainsi, peut-être, la face du monde… Si l’on avait la possibilité de changer le cours de l’Histoire, souhaiterions-nous vraiment le faire ?

EN FORMAT POCHE

Sous un ciel qui s’écaille, Goran Petrović, 2015, 10/18, 190 p., 9782264055682*

Kraliévo, petite ville serbe. Sous sa voûte étoilée, l’Uranie attire une faune bigarrée : malfrats, artistes ratés, exhibitionnistes, confiés aux bons soins du projectionniste Bonitch et d’un perroquet baptisé Démocratie. Guerres, communisme, dictature – ce drôle de cinéma a survécu aux folies de l’Histoire, jusqu’à cet après-midi de mai 1980, celui de la dernière séance… Avec cette fable savoureuse menée tambour battant, l’Emir Kusturica des lettres serbes signe un portrait cocasse en diable de la nature humaine et de l'(ex-)Yougoslavie.

L’enfant de l’étranger, Allan Hollinghurst, 2015, Livre de Poche, 764 p., 9782253020424*

Tout commence en 1913, dans le jardin de la maison de campagne des Sawle dans le Middlesex. Étudiant à Cambridge, le timide George Sawle a invité aux Deux Arpents un de ses camarades, l’aristocratique et énigmatique Cecil Valance. Ces jours dans la maison familiale et le poème qu’ils inspirent à Cecil vont changer leur destin. Et plus encore celui de Daphné, la sœur de George. En ce printemps où rien n’annonce les proches bouleversements de l’Histoire, un pacte se noue secrètement entre les trois jeunes gens, point de départ d’une fresque saisissante à travers le XXe siècle, par l’un des plus grands romanciers anglais contemporains.

Quand tout est déjà arrivé, Julian Barnes, 2015, Gallimard/Folio, 148 p., 9782070462339*

« Nous vivons à ras de terre, à hauteur d’homme et pourtant – et par conséquent – nous aspirons à nous élever. »

C’est à différentes altitudes que se situent les trois récits qui composent ce livre. Le premier nous conte, avec humour, les différentes tentatives de l’homme pour voir le monde d’en haut. Et il s’attache plus particulièrement à celles de Nadar, qui, à bord d’un ballon, réalisa les premiers clichés aérostatiques en 1858. Le deuxième se penche sur les amours de Sarah Bernhardt avec un bel officier anglais. Nous sommes « à hauteur d’homme ». Le troisième nous parle de ce qui se passe quand « tout est déjà arrivé ». L’être qui nous était le plus proche meurt et l’on tombe « de la plus grande hauteur ». Julian Barnes est dans ce recueil au sommet de son art.

Le chardonneret, Donna Tartt, 2015, Pocket, 1110 p., 9782266250764*

C’est un minuscule tableau de maître. Un oiseau fascinant. Inestimable. La raison pour laquelle Théo Decker, 13 ans, s’est retrouvé en possession de ce chef-d’œuvre de l’art flamand est une longue histoire… Un hasard qui, huit ans après ce jour tragique de pluie et de cendres à New York, l’obsède toujours autant. Des salons huppés de Manhattan aux bas-fonds mafieux d’Amsterdam ou de Las Vegas, Le Chardonneret surveille l’effroyable descente aux enfers de Théo et préside à son étrange destin…

Les dépossédés, Steve Sem-Sandberg, 2015, 10/18, 730 p., 9782264052889*

Le ghetto de Lódz, créé en 1940, deviendra la plus grande ville-atelier de Pologne. À sa tête, Chaïm Rumkowski, directeur tyrannique et pédophile, reste un monstre pour les uns, un héros pour les autres. En nourrissant son roman de l’exigence historique, Sem-Sandberg pénètre les flous et les interdits afin de cerner ce personnage controversé, dont les paradoxes n’autorisent pas toujours de réponses…

 

LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE ET CANADIENNE

T’es où, Célestin?, Alain Poissant, 2015, Sémaphore, 194 p., 9782924461020*

T’es où, Célestin? raconte le destin de Célestin Verdier, un cultivateur devenu patriote durant les troubles de 1837-38 à Napierville, et des répercussions de son engagement, sur lui et sur sa famille. Ce roman rend hommage aux oubliés de l’histoire des Patriotes, les femmes et les enfants.

La péninsule, Louis-Bernard Robitaille, 2014, Noir sur blanc, coll. « Notabilia », 211 p., 9782882503657*

Dans un monde futur, Jimmy Durante, capitaine chargé des écritures et de l’idéologie au département des Études, a été déchu de ses fonctions. Réfugié dans la péninsule, un périmètre interdit où a eu lieu un accident nucléaire quinze ans auparavant, il vit tranquillement. Il y rencontre Valentina Ordjonikidzé, une ancienne violoncelliste au passé trouble.

Traité des peaux, Catherine Harton, 2015, Marchand de feuilles, 176 p., 9782923896441*

Dans des forêts où les ancêtres appellent la poudrerie le souffle de la mort, une joaillière fabrique des bijoux avec des plumes d’oiseaux, un homme de 54 ans correspond avec celui qui a envoyé un message dans une bouteille jetée à la mer, un autre attend que l’orage éclate pour ouvrir la bouche et le boire en entier. La nature ouvre ses branchies, dans ce livre, où l’on demande et propose le pardon. Le Traité des peaux est rempli de talismans qui viennent de la terre. Ses paysages nous montrent que nous sommes un peuple nordique et que nous ne sommes pas seuls au monde. Nous habitons des lieux peuplés de reliques, où un seul mouvement brusque peut faire migrer toute une colonie.

Cataonie, François Blais, 2015, L’Instant même, 120 p., 9782895023609*

Irrévérence, manipulation des codes, univers décalé, on reconnaît bien dans Cataonie la griffe de François Blais. L’absurdité des situations dans lesquelles il plonge son personnage est proprement hilarante.

Pures et dures, Andrée Ferretti, 2015, XYZ, coll. « Romanichels », 136 p., 9782892618877*

Voici vingt-six nouvelles, chacune ayant pour titre un prénom féminin commençant par une des vingt-six lettres de l’alphabet. Vingt-six portraits de femmes, saisis à un moment crucial de leur vie, et qui illustrent un des rapports particuliers et variés qu’elles entretiennent avec la liberté. Il y a celles qui y aspirent, celles qui en jouissent, celles qui se battent pour l’obtenir et celles qui la troquent contre un besoin plus grand de sécurité. Ces femmes sont de tous les âges. [T]outes réfléchissent sur leurs propres conditions d’existence et plus largement, pour quelques-unes, sur l’état du monde. Chacune à sa manière est une femme engagée, une pure et dure.

EN FORMAT POCHE

Dernier voyage à Buenos Aires, Louis-Bernard Robitaille, 2014, Libretto, 212 p., 9782369141907*

Quelques décennies après son arrivée à Paris dans l’intention d’y réussir comme romancier, Jefferson Woodbridge n’est parvenu qu’à devenir tâcheron et traducteur dans une maison d’édition. Apprenant qu’il va perdre la vue dans six mois, il décide d’aller mettre fin à ses jours à Buenos Aires. L’approche de la mort fait ressurgir le souvenir de Magdalena, une jeune femme rencontrée un soir.

Quelqu’un, Aude, 2015, Bibliothèque Québécoise, 128 p., 9782894063712*

À trente-six ans, Magali, une artiste, est atteinte d’une maladie dégénérative. Paralysée et muette, elle vivote à l’hôpital depuis un an et demi, emprisonnée dans son corps, lorsqu’une chirurgienne désabusée, Dr Jeanne Deblois, se prend d’affection pour elle. La fin de vie de la première sera la planche de salut de la seconde, car entre ces femmes, un courant de dignité et d’acceptation de soi aura le temps de grandir et de fleurir.

 

POÉSIE & THÉÂTRE

La carte de feux, René Lapierre, 2015, Herbes rouges, 228 p., 9782894194973*

Il y a trois cents millions d’années, à la fin du Carbonifère, notre continent franchissait l’équateur et remontait lentement vers le nord. Ce lourd navire, rêvé en 1912 par Alfred Wegener, les géologues l’ont appelé Laurentia. Un tout petit siècle s’est écoulé depuis. Notre monde s’est enfoncé dans l’ivresse et la brutalité. Les croyances les plus dépourvues de fondement se sont multipliées. Elles ont supplanté l’expérience, brûlé les livres, brisé la pensée. Chacun a ses morts. Les deuils sont innombrables. Voici comment cela s’est produit. Voici comment c’est arrivé.

Sœurs, Wajdi Mouawad, 2015, Leméac/Actes Sud, coll. « Actes Sud–Papiers », 48 p., 9782330047016*

Geneviève Bergeron, brillante avocate, pleure dans sa voiture en écoutant les chansons d’amour de Ginette Reno, car si elle a réussi sa carrière professionnelle, sa vie privée est vide d’envies et de désirs.

Grande écoute, Larry Tremblay, 2015, Lansman, coll. « Théâtre à vif », 66 p., 9782807100220*

Roy, vedette de télévision, anime une émission d’entretien dans laquelle il réussit à persuader ses invités de se livrer sans pudeur, usant de séduction et de manipulation, afin de combler les attentes d’un auditoire friand d’aveux intimes. En coulisses, sa vie personnelle est loin de l’image de bonheur conjugal et familial qu’il laisse apparaître.

La Grande Ourse, Yves Bonnefoy, 2015, Galilée, coll. « Lignes fictives », 56 p., 9782718609195*

Le premier recueil rassemble des textes imprimés sur sept volumes distincts parus entre 2010 et 2012. Le second a fait l’objet d’une édition hors commerce en octobre 2014. Tous deux traduisent le souci de porter attention à ces voix qui n’ont de cesse de traverser et remuer l’esprit.

Vers le sud, Juan Gelman, 2014, Gallimard, coll. « Poésie », 396 p., 9782070450824*

Réunit cinq recueils publiés entre 1978 et 1984, dans lesquels le poète en exil partage sa souffrance face à la violence de la dictature argentine et l’assassinat de son fils.

 

LITTÉRATURE POLICIÈRE

Dieux de la pluie, James Lee Burke, 2015, Rivages, coll. « Rivages/Thriller », 521 p., 9782743629441*

En devenant shérif d’une petite ville du Texas proche de la frontière mexicaine, Hackberry Holland espérait laisser derrière lui des souvenirs douloureux. Mais il découvre les corps de neuf femmes immigrées clandestines, point de départ d’une affaire difficile.

La blonde aux yeux noirs, Benjamin Black, 2015, Robert Laffont, 363 p., 9782221156476*

Début des années 1950, dans la ville californienne de Bay City. Le détective Philip Marlowe est engagé par Clare Cavendish, une séduisante jeune femme, pour retrouver son amant, Nico Peterson, disparu dans un accident de voiture avec délit de fuite deux mois plus tôt. Le début de ses ennuis commence.

Le cannibale de Crumlin Road, Sam Millar, 2015, Seuil, coll. « Seuil Policiers », 295 p., 9782021135701*

À Belfast, le privé Karl Kane recherche un homme qui enlève et mutile atrocement ses victimes, de très jeunes femmes, des junkies, exclues de la société. L’enquête va devenir personnelle et enragée quand la propre fille de Kane est enlevée. Bob Hannah, l’homme qu’il soupçonne, est haut placé et la police locale, loin de lui venir en aide, s’avère un obstacle de plus sur sa route.

Le mauvais côté des choses, Jean Lemieux, 2015, Québec Amérique, « Tous continents », 376 p., 9782764428368*

Un soir d’automne, un restaurateur de la Petite-Italie est abattu alors qu’il quitte sa pizzeria. Détail troublant : son cadavre a été amputé de la main droite. S’agit-il de l’œuvre d’un psychopathe ou d’un règlement de comptes lié à la mafia sicilienne ? André Surprenant, nouvellement arrivé au sein de l’escouade des crimes majeurs du SPVM, tentera de démêler l’écheveau de cette enquête, dont les ramifications semblent s’étendre à sa propre histoire familiale. Qui était vraiment son oncle Roger, grâce auquel il a obtenu un poste à Montréal ? Pourquoi son père, dont la présence est de nouveau signalée à Los Angeles, a-t-il disparu en octobre 1970 ? Tandis que Surprenant essaie de faire la lumière sur son passé, mais aussi sur l’identité de celui que la presse a baptisé « l’amputeur des ruelles », les victimes s’accumulent. Et, chaque fois, non loin des cadavres, on trouve une mystérieuse branche d’amélanchier.

Le dico Sherlock Holmes, Jacques Baudou et Paul Gayot, 2015, Les Moutons électriques, coll. « La bibliothèque rouge », 238 p., 9782361831899*

Un dictionnaire thématique consacré au célèbre détective, proposant des notices sur les thèmes, l’exégèse, les sources d’inspiration et les adaptations de l’œuvre de Conan Doyle.

EN FORMAT POCHE

Angle mort, Ingrid Astier, 2015, Gallimard., coll. « Folio Policier », 574 p., 9782070462520*

Diego, jeune braqueur né à Barcelone, vit à Aubervilliers avec son frère Archibaldo. Sa sœur Adriana est trapéziste de cirque. Lorsque le gérant d’un bar de la Villette est assassiné au cours d’un braquage, la police ne tarde pas à remonter jusqu’à lui. Commence alors une traque, du quai des Orfèvres au canal Saint-Denis. Mais Diego l’insaisissable garde toujours un temps d’avance.

Les chiens de Belfast, Sam Millar, Points, coll. « Policier », 282 p., 9782757849552*

Enfant, le détective privé Karl Kane a assisté au viol et au meurtre sauvage de sa mère. Il mène l’enquête sur des assassinats violents, assortis de tortures de plusieurs citoyens de Belfast qui se trouvent être liés à la prison de Woodbank. Reste à prouver les liens entre ces meurtres et ceux, antérieurs de quelques années, de plusieurs femmes qui n’étaient pas toutes des prostituées.

Strad: Une enquête de Louise Morvan, Dominique Sylvain, 2015, Points, coll. « Policier », 253 p., 9782757811955*

Un Stradivarius de 24.000 millions de francs a été volé. La société MDM, propriétaire de l’instrument, a engagé la détective Louise Morvan pour le retrouver. Elle collabore avec l’OCBC (Office central de répression du trafic des biens culturels) et se cache dans un appartement, juste en face de celui de Christian Donovan, un antiquaire spécialiste en instruments anciens. Prix Michel-Lebrun 2001.

L’étrange destin de Katherine Carr, Thomas H. Cook, 2015, Points, coll. « Roman noir », 348 p., 9782757849934*

Sept ans après l’enlèvement et le meurtre de son fils Teddy, Gates, journaliste dans la petite ville de Winthrop, reçoit la visite d’un policier à la retraite, spécialiste des personnes disparues. Ce dernier lui parle de la poétesse Katherine Carr, vue pour la dernière fois au bord de la rivière, vingt ans plus tôt. Cette disparition le renvoie à celle de son fils et finit par l’obséder.

Texas forever, James Lee Burke, 2014, Rivages, coll. « Rivages/Noir », 240 p., 9782743629298*

Après avoir abattu un gardien pour s’échapper d’un camp de prisonniers de Louisiane, Son Holland et Hugh Allison fuient en direction du Texas, où ils comptent rejoindre les Texas Rangers en guerre contre l’armée mexicaine, à la veille de la bataille de Fort Alamo.

 

SCIENCE-FICTION, FANTASTIQUE & FANTASY

Je suis un dragon, Martin Page (Pit Agarmen), 2015, Robert Laffont, 293 p., 9782221144947*

« On s’habitue à être surhumain, et très vite on comprend que ce n’est qu’une des multiples façons que la vie a trouvées pour nous dire qu’on est un inadapté. » Margot est une jeune orpheline timide et solitaire. Un jour, elle découvre sa véritable nature : elle est douée de capacités extraordinaires. Ces pouvoirs la terrifient, elle les dissimule jusqu’à ce qu’un événement tragique la contraigne à se dévoiler. On lui demande alors de mettre ses dons au service de l’humanité. Sa vie se partage désormais entre son quotidien de jeune fille espiègle et des missions d’une grande violence. Adulée et crainte, elle devient une icône. Mais peut-on sauver le monde si l’on s’y sent étranger ? En s’inspirant de l’univers des superhéros, Martin Page se réapproprie les codes habituels du genre. Captivant, bouleversant, Je suis un dragon est un roman sur la puissance de la fragilité et sur la possibilité de réinventer sans cesse nos vies.

Nexus, Ramez Naan, 2015, Presses de la cité, 491 p., 9782258109179*

L’an 2040. Nexus est une nouvelle nano-molécule capable de relier les cerveaux entre eux. Alors que certains veulent l’exploiter, d’autres cherchent à l’anéantir. Kade, un jeune étudiant biologiste, voit dans cette drogue de nouvelles possibilités de communication et un immense progrès pour la société. À l’aide d’une poignée d’amis, il parvient à l’améliorer afin qu’il ne soit plus nécessaire de la consommer régulièrement pour en ressentir les effets. Mais les agences gouvernementales sont à leurs trousses… Sam, une espionne travaillant pour le compte de l’ERD (Emerging Risks Directory), les contraint à coopérer : Kade doit servir d’appât en intégrant l’équipe de Su-Yong Shu, une célèbre et géniale scientifique chinoise soupçonnée par l’ERD de travailler sur une technique lui permettant d’asservir les gens contre leur volonté. Dans un monde où se mêlent scientifiques chinois, moines bouddhistes et agents de la CIA, le jeune homme ne tardera pas à s’apercevoir que les enjeux sont bien plus importants qu’un simple trafic de stupéfiants…

Z pour Zombies, Bernard Perron, Antonio Dominguez Leiva et Samuel Archibald (dir.), PUM, 2015, 220 p., 9782760633834*

Qu’est-ce qu’un zombie ? Un « paradoxe ambulant » précédé d’une odeur nauséabonde, selon certains ; un « héros culturel de l’ère néobaroque », selon d’autres. Parfois comique, le plus souvent terrifiant, cet être putride possède un insatiable appétit pour la chair fraîche et, occasionnellement, le sexe. Le monstre a envahi depuis longtemps la culture populaire : cinéma, bande dessinée, télévision, littérature et jeux vidéo regorgent de sa répugnante présence, qui commence aussi à infester le monde universitaire. À preuve, ce livre où des spécialistes de diverses disciplines se penchent sur le phénomène des morts-vivants, et posent des hypothèses pour mieux comprendre leur incroyable vitalité dans la psyché collective.

FORMAT POCHE

Lignes de vie, Graham Joyce, 2015, Folio, coll. « SF », 461 p., 9782070459117*

À Coventry, durant la Seconde Guerre mondiale, dans une famille de sept sœurs, Cassie, la plus jeune, a eu un petit garçon d’un père inconnu et n’a pas eu le courage de le céder à des parents adoptifs. Comme elle est fantasque et sujette à des troubles mentaux, la matriarche décide que le petit Franck sera élevé par chacune des sœurs. Mais Franck est un enfant qui a des dons surnaturels.

Introduction à la littérature fantastique, Tzvetan Todorov, 2015, Points, coll. « Essais », 188 p., 9782757850138*

Une histoire du genre fantastique à travers ses représentants, comme Nerval ou Gautier.

Le prince royal, Robin Hobb, 2015, J’ai lu, 152 p., 9782290102596*

Au Royaume des Six-Duchés, la reine-servante Prudence de Castelcerf accouche d’un bâtard dont la peau porte la robe du cheval de son père. Nommé Pie en référence à la couleur de sa peau, il est élevé par Félicité, amie roturière de Prudence. Monté sur le trône, il doit faire face aux conjurations des nobles qui tiennent à la pureté de la lignée des Loinvoyant.

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Tous les textes proviennent des éditeurs, sauf lorsqu’il y a mention d’auteur.

Sélection : Benoit Desmarais – litt. étrangère ; Maxime Nadeau – litt. québécoise, poésie et théâtre ; Morgane Marvier – policier ; Caroline Scott – science-fiction.


10 mars 2015  par nos libraires

Essais et documents : les parutions de février

Comme chaque mois, notre équipe de libraires passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour en repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces nouveaux titres, question d’aiguiser votre appétit livresque…

SCIENCES HUMAINES

1945: La découverte, Annette Wieviorka, 2015, Seuil, 281 p., 9782021182637*

La découverte des camps de concentration nazis par les Alliés en avril et mai 1945 se fit au hasard de la progression des troupes. Libérer les déportés n’était pas un but de guerre et rien ou presque n’avait été prévu pour eux. Dans chaque camp où ils pénètrent, les soldats alliés découvrent les corps décharnés des survivants, les pyramides de cadavres laissés par les nazis. Correspondants de guerre, deux hommes sont parmi les premiers à entrer dans cet enfer : Meyer Levin, américain, écrivain et journaliste, et Éric Schwab, français, photographe de l’AFP. Tous deux circulent à bord d’une Jeep aux côtés de l’armée américaine. Tous deux sont juifs. Tous deux sont animés par une quête obsédante : le premier recherche ce qui reste du monde juif, le second recherche sa mère déportée. À leurs côtés, nous vivons les premiers moments de cet événement immense dont l’onde de choc n’a cessé d’ébranler la conscience mondiale.

Pré-ludes: autour de l’homme préhistorique, Yves Coppens, 2014, Odile Jacob, 403 p., 9782738131423*

Yves Coppens nous convie dans ce nouveau livre à l’exploration de l’homme et de son mystère. Éminent préhistorien, il nous invite à nous demander comment est née l’humanité, comment, de bipède végétarien doté d’un petit cerveau, l’homme est devenu un être intelligent et omnivore. Yves Coppens revient sur la relation entre l’évolution de l’homme et l’évolution du climat. Il y a 3 millions d’années, en Afrique tropicale, un sévère rafraîchissement ayant en effet asséché la savane, les premiers humains ont dû s’adapter ou disparaître. Il y a dix millénaires, un autre important changement climatique eut lieu : la dernière glaciation s’acheva et les températures se firent plus clémentes. L’homme mit alors fin à sa vie de nomade et se fit agriculteur, puis éleveur. C’est à cette interaction entre le vivant et son milieu qu’Yves Coppens nous convie ici. Car les 7 milliards que nous sommes aujourd’hui appartiennent tous à ce genre humain qui a su s’adapter pour survivre.

La page de l’Antiquité à l’ère du numérique: Histoires, usages, esthétique, Anthony Grafton, 2015, Hazan et Musée du Louvre, coll. « Bibliothèque Hazan », 173 p., 9782754108126* (+)

Issu de quatre conférences données à Paris en juin 2012, l’ouvrage montre que les modes de production et de réception des textes ont été transformés par le numérique. Néanmoins, certains modes de lecture numérique coïncident avec des pratiques présentes depuis l’Antiquité, issues de la tradition manuscrite et du livre imprimé.

Des femmes respectables : Classe et genre en milieu populaire, Beverley Skeggs, 2015, Agone éditeur, coll. « L’ordre des choses », 422 p., 9782748902174* (+)

Enquête auprès de femmes issues de milieux populaires sur leur façon de se construire une position de respectabilité. Pour la sociologue britannique, l’élaboration de l’identité et de la féminité est déterminée par la classe sociale, les relations de pouvoir avec les hommes, l’acquisition de responsabilités, la résistance aux modèles imposés ou encore l’acceptation des normes sexuelles.

Villes rebelles: Du droit à la ville à la révolution urbaine, David Harvey, 2015, Buchet Chastel, coll. « Essais et documents », 295 p., 9782283027516* (+)

Des réflexions sur le modèle citadin et sur son histoire. D.W. Harvey perçoit dans les communautés urbaines une nouvelle classe qu’il nomme le précariat et qui tend à remplacer le prolétariat. Issue de la vie urbaine et de la financiarisation du capitalisme, cette classe se fait de plus en plus revendicative, occupant les places publiques pour résister au système capitaliste.

 

PSYCHOLOGIE

Un lit pour deux: La tendre guerre, Jean-Claude Kaufmann, 2015, Lattès, 200 p., 9782709647588*

Le sociologue mène l’enquête pour décrypter le comportement des couples dans le lit conjugal.

La madeleine et le savant: Balade proustienne du côté de la psychologie cognitive, André Didierjean, 2015, Seuil, 187 p., 9782021105391*

L’auteur propose de faire le lien entre psychologie et littérature en s’appuyant sur l’un des plus grands textes du XXe siècle, l’œuvre de Proust. Il explore ici des thèmes tels que l’attention, la mémoire, l’apprentissage.

Un psychanalyste ordinaire, Francis Hofstein, 2015, Le Félin, coll. « Les marches du temps », 218 p., 9782866458201*

Parus initialement dans la revue L’ordinaire du psychanalyste dans les années 1970, ces articles évoquent la psychanalyse dans ses dimensions pratique, technique et éthique. L’auteur y aborde tour à tour son rapport à J. Lacan, à son rôle, à la clinique, à l’argent ou à la langue.

 

PHILOSOPHIE

Walter Benjamin, Nicolas Hauck, 2015, Sémaphore, coll. « Libre à vous », 96 p., 9782924461051*

Cet essai est une réflexion philosophique sur la pensée de Walter Benjamin appliquée à notre société contemporaine. Cinq thèmes majeurs sont abordés : le fragment(aire) de l’existence ; le souvenir et la mémoire ; la rédemption du langage et la rédemption de l’écriture ; les pertes et les possibilités de l’expérience et, enfin, l’architecture du rêve collectif, ou la psychanalyse de la ville.

La maladie de l’absolu : l’origine du mal et la recherche du bien, Franco Crespi, 2015, Mimesis Edizioni, coll. « Philosophie », 113 p., 9788857524481*

Le sociologue démontre que le mal prend ses racines dans les théories morales métaphysiques, les tentatives d’évasion de l’existence et le manque de reconnaissance réciproque des individus et des groupes sociaux.

L’imaginaire de la greffe: le même et l’autre dans la peau, Philippe St-Germain, 2015, Liber, 146 p., 9782895784814*

La greffe dont il est question ici est celle dont parle la culture relayée par des œuvres d’imagination. Reprenant le Frankenstein de Mary Shelley aussi bien que les films de David Cronenberg, en passant par L’île du docteur Moreau de H. G. Wells et Les yeux sans visage de Georges Franju, l’auteur recense les multiples formes de la greffe au travers desquelles on ne cesse de reprendre l’ambiguïté de la tentation prométhéenne de créer un nouvel homme. Certes souvent sans fondement scientifique, les récits qui en résultent sont pourtant d’une grande richesse pour toutes les tensions qu’ils mettent en lumière : entre corps et âme, intérieur et extérieur, unité et dualité, vie et mort. Car si elle affecte directement le corps, la greffe touche également le greffé dans sa vie intime et psychologique, et soulève un grand nombre de questions identitaires. À l’époque du post-humain, où la médecine procède à des greffes de manière routinière, cette réflexion invite à s’interroger sur ce que nous sommes et sur les effets du déplacement des frontières qui nous définissent.

 

CUISINE

25 assiettes vegan, Marie Laforêt, 2015, La Plage, 70 p., 9782842214043* (+)

Pour composer des assiettes repas végétaliennes et équilibrées, propose des recettes de falafels, de brochettes de tofu fumé et légumes marinés, de velouté de poivron grillé et tartines avocat-tempeh, de galettes avoine-azukis et poêlée aux shiitakés, etc.

Bouillons : les recettes de base, tous les ustensiles et tous les ingrédients !, Sarah Schmidt, Mango, coll. « Les petits basiques », 76 p., 9782317005664*

Recettes de bouillons à base de viande, de poisson, de légumes, etc., classées selon les envies : cuisine du monde, express, tendance ou détoxifiant.

Faire pousser ses graines germées, Rita Galchus, 2015, Broquet, 160 p., 9782896544547*

Excellente source de vitamines et de minéraux, les graines germées sont une délicieuse manière de se faire du bien ! Alfalfa, céréales, lentilles, radis… : chaque graine germée a des qualités nutritionnelles différentes. Alors, prenez votre germoir et faites-les pousser vous-même afin d’en agrémenter vos salades, d’en faire des soupes, des purées, ou même d’en garnir vos wraps ou hamburgers… Pour les réussir à coup sûr, il faut le bon volume d’eau à la température adéquate, assez de lumière, un minimum de matériel… et les nombreux conseils de ce livre. Fraîchement sorties de leur germoir, vos graines germées maison sont croquantes, saines, savoureuses… et économiques !

 

BIOGRAPHIES

Tant que battra mon cœur, Charles Aznavour, 2015, Points, 228 p., 9782757849682*

Le chanteur d’origine arménienne se livre à travers réflexions et souvenirs intimes.

Jean-Michel Basquiat, Michel Nuridsany, 2015, Flammarion, coll. « Grandes biographies », 454 p., 9782081277649*

La vie et l’œuvre de Jean-Michel Basquiat (1960-1988), artiste peintre américain d’origine haïtienne et portoricaine, dont la vie a été traversée par la drogue, le sexe et les rencontres artistiques. Son parcours est replacé dans le contexte social et culturel du New York des années 1970 et 1980.

Roland Barthes, Tiphaine Samoyault, 2015, Seuil, coll. « Fictions & Cie » , 715 p., 9782021010206*

Figure centrale de la pensée de son temps, Roland Barthes (1915-1980) était aussi un être à la marge. Un père mort à la Première Guerre, l’amour inaltérable d’une mère, de longues années passées en sanatorium, la découverte précoce de son homosexualité lui donnent très tôt le sentiment de sa différence. Il a vécu à distance les grands événements de l’histoire contemporaine. Pourtant sa vie est prise dans le mouvement précipité, violent et intense de ce siècle qu’il a contribué à rendre intelligible. Fondée sur un matériau inédit jamais exploré jusqu’ici (archives, journaux, agendas), cette biographie de Barthes éclaire d’un jour nouveau ses engagements, ses refus, ses désirs. Elle détaille la quantité des objets dont il a parlé, les auteurs qu’il a défendus, les mythes qu’il a épinglés, les polémiques qui ont fait sa célébrité, l’écoute des langages de son temps. Et sa puissance d’anticipation ? : si on aime tant le lire encore, c’est qu’il a exploré des territoires originaux et qui sont aujourd’hui les nôtres. Le récit de sa vie donne de la substance et de la cohérence à la trajectoire de Barthes, conduite par le désir, la perspicacité et une extrême sensibilité à la matière du monde. À quoi on peut ajouter une forte réticence à tout discours d’autorité. En faisant reposer la pensée sur le fantasme, il a fait d’elle à la fois un art et une aventure. Entrer dans sa vie, approcher la forme de son existence aident à comprendre comment il fut écrivain et comment il fit de la littérature la vie même.

Raymond Gravel: Le dernier combat, Carl Marchand, 2015, Éditions du Cram, coll. « Portrait », 124 p., 9782897210953*

« J’ai besoin que le monde m’aime. » Voilà, c’est dit… Après neuf mois d’entretiens et de rencontres, Raymond Gravel laisse tomber cette toute petite phrase. Si quelques mots suffisaient à le définir, ce serait ceux-là : ce besoin d’amour viscéral, profond, est à la base de sa personnalité et constitue l’objet de sa quête existentielle. S’il y a une chose que la maladie n’a pas changée chez lui, c’est bien cette soif de communiquer, de discuter pendant des heures. Or, quand vient le temps de parler de lui-même, Raymond Gravel se transforme en homme de peu de mots. Comme si ce n’était pas important. Comme s’il n’en valait pas la peine. Je me suis souvent demandé, en l’écoutant, ce qu’il serait devenu s’il était né une génération plus tard. Ses sermons en chaire auraient peut-être pris une autre forme. Politicien de carrière, homme de scène, motivateur, ou même journaliste pour la télévision : il aurait sans aucun doute exercé un métier lui permettant de capter l’attention des foules. Après tout, si tant de gens l’écoutent, c’est peut-être parce qu’il a quelque chose d’intéressant à raconter. Au fil de ses entretiens avec l’abbé Gravel, au crépuscule de sa vie, Carl Marchand nous donne à lire l’émouvant récit, au jour le jour, du difficile et ultime combat d’un grand humaniste.

Michelle Tisseyre, Michelle Tisseyre, 2015, Pierre Tisseyre, 287 p., 9782896333424*

Née à Montréal le 13 mars 1918, Michelle Tisseyre a été une des pionnières et des personnalités les plus marquantes de la « grande époque » de la télévision de Radio-Canada. Son émission Rendez-vous avec Michelle fut le premier talk-show au Canada. Music-Hall, l’émission de variétés qu’elle animera, fut pendant des années le grand rendez-vous du dimanche soir du Québec tout entier. Aujourd’hui, l’émission phare d’affaires publiques qu’elle anima tour à tour avec Wilfrid Lemoine et Jacques Languirand joua un rôle très important dans l’épanouissement de la Révolution tranquille, dont les grands acteurs passaient sur le plateau quotidiennement et en direct.

Dans cet ouvrage très personnel, elle nous raconte non seulement sa vie intime, son enfance, son adolescence, ses mariages, sa carrière et sa vie de famille, mais ce sont des pans entiers de notre histoire qu’elle fait revivre. Des années folles à l’avènement du Québec contemporain, auquel elle contribua par ses émissions d’avant-garde et par son exemple de femme moderne menant de front une grande carrière et une vie de famille à part entière, c’est un peu notre histoire qu’elle nous raconte. Cette nouvelle édition de son autobiographie, qu’elle a révisée à l’âge de 96 ans, révèle une femme passionnante et se lit comme un roman.

 

VIE PRATIQUE & SPORTS

Mon cours de relaxation pour les enfants, Stéphanie Couturier, 2015, Marabout, 139 p., 9782501098694*

Afin d’apaiser les enfants de leurs peurs ou angoisses, cet ouvrage propose des exercices de respiration et de relaxation.

Sur le beat du Canadien, Jonathan Bernier, 2015, Éditions de l’Homme, 272 p., 9782761941693*

La vie sur le beat du Canadien, c’est bien sûr le plaisir d’être sur la passerelle et de côtoyer les idoles, mais c’est aussi le stress de la chasse aux primeurs, une collaboration parfois ardue avec l’équipe, d’innombrables ennuis techniques et des problèmes éthiques difficiles à résoudre. Jonathan Bernier a rencontré 29 journalistes de divers horizons affectés à la couverture du Tricolore afin de recueillir leurs plus savoureuses anecdotes. Découvrez le travail de ces artisans qui étanchent chaque jour la soif des fans et revivez de l’intérieur des moments marquants du Bleu-Blanc-Rouge: les trois retraites de Guy Lafleur, l’annonce du cancer de Saku Koivu, l’échange de Mike Cammalleri en plein match, la nuit en prison de Tom Kostopoulos et de Chris Higgins, et la bataille du Vendredi saint. Vous refermerez cet ouvrage en saisissant pleinement le sens de la phrase la plus souvent lancée au sein de la confrérie : « Dire que nos femmes pensent qu’on s’amuse ! »

Le père d’aujourd’hui : qui est-il?, Gérald Boutin et Martine de Fréminville, 2015, Éditions Nouvelles, 9782923446479*

Aujourd’hui plus que jamais, la paternité fait parler d’elle, mais comment s’y retrouver dans ce flot d’informations, de prises de positions souvent radicales concernant le père ? Les auteurs ont voulu tendre un fil conducteur à travers ces discours et proposer aux lecteurs un éclairage le plus objectif possible. Entre le père « manquant » et le père trop présent, « encombrant », il existe un espace pour une « paternité revisitée », estiment-ils. La fonction paternelle a beaucoup évolué au cours des dernières décennies : plusieurs recherches indiquent que le « nouveau » père partage davantage avec la mère les tâches reliées à l’éducation des enfants et aux soins de base. Il se montre plus préoccupé que ses prédécesseurs de l’avenir de ses enfants. Cette évolution s’explique par de nombreux facteurs socioculturels, notamment par le fait que les femmes font de plus en plus partie du marché du travail. Tous ces changements ont une influence considérable sur la façon dont les hommes et les femmes conçoivent la paternité aujourd’hui. Plusieurs questions restent encore en suspens : Qui est vraiment le père d’aujourd’hui ? Comment voit-il son rôle par rapport à celui de sa compagne ? Comment vit-il les diverses phases de sa paternité ? Quelle part prend-il à l’éducation de ses enfants et quelle relation établit-il avec eux ? Et enfin, quelle place lui accorde-t-on dans la société actuelle ? Les auteurs ont tenté de répondre à ces questions en recourant à diverses sources d’information, dont des observations cliniques et des témoignages.

Défis rigolos et astuces de pro, Ève Ménard, 2015, Éditions de l’Homme, 136 p., 9782761940580*

Souhaitez-vous aider votre enfant à exprimer ses émotions et à tisser des liens harmonieux ? Son cheminement vers l’autonomie vous semble-t-il interminable ? Aimeriez-vous lui donner un coup de pouce pour développer une meilleure estime de soi, pour apaiser ses craintes à l’idée d’entrer à l’école ? Cherchez-vous des trucs pour encadrer plus efficacement ses comportements inadéquats et mieux récompenser ses efforts ? Les astuces de pro présentées dans ce livre vous proposent des moyens simples et efficaces pour aider votre enfant à s’épanouir au quotidien, tout en s’amusant. Que ce soit sous la forme de jeux et de défis à relever ou d’outils éducatifs à confectionner, ces activités insuffleront de la légèreté dans votre vie de famille et vous fourniront tous les trucs nécessaires pour aider votre enfant à mieux grandir.

 

ARTS & BEAUX-LIVRES

L’imaginaire de l’espace dans le cinéma québécois, Andrée Fortin, 2015, Presses de l’Université Laval (PUL), coll. « Monde culturel », 288 p., 9782763724782*

La façon de concevoir l’espace et les déplacements ne se révèle pas uniquement en scrutant des plans et des cartes : cela exige de saisir l’imaginaire sous-jacent, la représentation de ce qu’est et devrait être la ville, la banlieue ou la campagne, les identités spatiales et l’appropriation de l’espace, dans leur dimension de mémoire et de projet. Les œuvres de création et en particulier le cinéma de fiction présentent un imaginaire, une vision de l’espace habité et habitable. L’imaginaire de l’espace dans le cinéma québécois est ici exploré dans un itinéraire partant des espaces habités (la ville, la banlieue et la campagne), pour aboutir aux espaces identitaires en passant par les espaces de déplacement et de circulation, la place publique et l’espace public.

Fun house: Les années Rock & Folk, Paul Alessandrini, 2015, Le mot et le reste, coll. « Musiques », 278 p., 9782360541621*

Une anthologie des principaux articles de l’auteur, journaliste pour Rock & Folk à partir de 1969 et critique de référence de la musique rock. Ce livre permet de suivre son travail pendant une décennie : concerts, rencontres, découvertes, etc. Au-delà de l’anecdote, il replace le courant rock dans une époque et un contexte social.

Entre cours et jardins d’illusion: Le ballet en Europe (1515-1715), Nathalie Lecomte, 2015, Centre national de la danse, coll. « Histoires », 476 p., 9782914124515*

Cet ouvrage retrace les étapes cruciales de l’histoire du ballet entre 1515 et 1715 : son émergence dans le contexte de la Renaissance humaniste, son apogée au Grand Siècle et le développement de son influence en Europe, son institutionnalisation au sein de l’Académie royale de musique puis son déclin à la mort de Louis XIV, alors que d’autres genres de spectacles dansés prennent sa place.

Jeff Koons: La rétrospective, Scott Rothkopf (dir.), 2015, Éditions du Centre Pompidou, 311 p., 9782844266866*

Génial, imposteur, innovateur, mercantile, que dire de Jeff Koons ? Cet artiste américain qui, dès les années 70, propulsa l’art contemporain au royaume du kitsch le plus accompli, a suivi les traces d’un Andy Warhol des plus sobres, en comparaison… Mais comment se surprendre de l’engouement que connaît Jeff Koons à travers le monde. Ce mélange de porno à la Walt Disney et de Pop Art bon enfant a de quoi scandaliser – ou réjouir, c’est selon – l’Amérique et ceux qu’elle fascine… Ne nous y trompons pas cependant : ce diable d’homme a une connaissance de l’histoire de l’art évidente et son sens de la provocation démontre une intelligence rare. (Robert Beauchamp)

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Tous les textes proviennent des éditeurs, sauf lorsqu’il y a mention d’auteur.

Sélection : Caroline Scott – biographies et vie pratique & sports ; Benoit Desmarais – sciences humaines ; Caroline Le Gal – psycho, philo et cuisine ; Marie-Ève Blais – sciences humaines et arts & beaux-livres ; Robert Beauchamp – arts & beaux-livres.


17 février 2015  par nos libraires BD

Bandes dessinées : la crème de janvier

Comme chaque mois, notre équipe de libraires spécialisés en bandes dessinées passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces récits complets et autres premiers tomes, question d’aiguiser votre appétit livresque…

BANDES DESSINÉES ÉTRANGÈRES – PREMIERS LECTEURS

Bill Bolet le roi des champignons, Lionel Serre et Sylvain Alzial, 2015, Bang Éditions, coll. « Mamut », 56 p., 9788494069598*

Un jeune champignon se prend pour le roi de la forêt et fait subir à ses voisins son mauvais caractère. Une petite BD sympathique inspirée d’un conte russe du XIXème siècle. Bill, malgré sont tempérament exécrable, est vraiment rigolo. Il surestime son importance et se met dans des situations catastrophiques. On aime bien suivre ses péripéties et on espère un peu (secrètement) que quelqu’un le remettra à sa place et lui apprendra les bonnes manières. Vive les bolets ! (PP)

BANDES DESSINÉES ÉTRANGÈRES – ADOS

Sunny T.1, Taiyou Matsumoto, 2015, Kana, coll. « Big Kana », 220 p., 9782505061076*

White, abandonné dans un foyer par sa mère qui ne sait pas s’en occuper, se réfugie au volant de la carcasse d’un vieux modèle de voiture, la Sunny 1200. Planqué dans sa base secrète, il rêve d’un futur glorieux, d’indépendance et surtout de retourner dans sa famille, à la maison… Auteur à part, Taiyou Matsumoto possède un style immédiatement identifiable, tant au niveau du dessin que du scénario, sortant des codes rigides de l’industrie japonaise. Ce talentueux individualiste et spécialiste du monde de l’enfance – qu’on se souvienne du très célébré Tekkon Kinkreet, dessin animé adapté de son fameux manga Amer Béton – nous offre, avec cette chronique de la vie quotidienne, son œuvre la plus limpide, intime et émouvante, s’inspirant de sa propre enfance. (HB)

BANDES DESSINÉES ÉTRANGÈRES – ADULTES

Les Crocodiles, Thomas Mathieu, 2015, Le Lombard, 174 p., 9782803634651*

Cette chronique pourrait se résumer en trois mots : lisez ce livre. Thomas Mathieu transcrit en bande dessinée les témoignages de femmes victimes dans leur quotidien du harcèlement de rue et de la misogynie ordinaire. Restitués avec sobriété, nombre de ces témoignages sont pourtant éprouvants. Mais ce qui est illustré avec plus de finesse encore, c’est la profondeur du phénomène. Notamment, à travers le fait que de nombreuses femmes ont intégré dans leurs quotidiens toutes sortes de stratégies pour éviter les agressions ou commentaires des crocodiles. On referme ce livre secoué, terrifié. On pense à notre amoureuse, notre sœur, notre mère, notre fille, qui ont dû essuyer de multiples frayeurs dont – en tant qu’homme – on n’a même pas idée, et on se dit qu’il faut absolument que ça change. Alors, pour commencer : Lisez ce livre! (SC)

Kinderland, Mawil, 2015, Gallimard, 296 p., 9782070663101*

À la veille de la chute du mur de Berlin, de jeunes Allemands de l’est survivent aux grands drames de la cour d’école sans trop se soucier de la guerre froide qui les rattrape pourtant de temps en temps. Le petit Mirco réussit à esquiver la violence de ses camarades et à se lier d’amitié avec le rebelle Torsten (qui n’est même pas pionnier!) grâce à la magie du ping-pong. Avec ce scénario assez singulier, Mawil réussit à capter l’esprit de la jeunesse et le quotidien d’une époque révolue sans être pédagogique. Loin d’être un récit d’époque, Kinderland prend plutôt le contexte de l’Allemagne comme un bruit de fond, intermittent mais toujours présent, comme l’a sans aucun doute vécu son auteur et ses compatriotes. D’un humour touchant et très humain, cette histoire d’initiation à l’âge adulte possède également une qualité assez unique : elle contient le match de ping-pong le plus épique à jamais avoir été lu. (BN)

La gigantesque barbe du mal, Stephen Collins, 2014, Cambourakis, coll. « Bande dessinée », 248 p., 9782366241136*

Avec sa stature imposante, sa couverture d’énorme barbe qui engloutit tout l’espace du livre et son titre aussi amusant qu’intrigant, la première œuvre pour de Stephen Collins est un très bel objet, plein de promesses. À la lecture de cette fable moderne pour adulte, toutes les attentes sont effectivement comblées : un récit intelligent, bien fait, jamais moralisateur, tout en posant une réflexion pertinente sur le conformisme et l’apport de l’art (et du poil) dans la vie quotidienne. L’histoire, à la fois originale et simple, montre comment l’avènement impromptu d’une barbe inarrêtable peut bousculer une société où tout est bien propre et organisé. Le dessin est tout à fait à la hauteur du texte avec son découpage de cases inventif et ses envolées lyriques barbues. Il est difficile de rester insensible à une bande dessinée aussi simple et efficace que La gigantesque barbe du mal. (BN)

Trillium, Jeff Lemire, 2015, Urban comix, coll. « Vertigo deluxe », 216 p., 9782365774291*

Naviguant entre la bande dessinée d’auteur (Essex County, Jack Joseph, soudeur sous-marin) et les comics américains (Animal man, Constantine) Jeff Lemire signe cette fois-ci un roman graphique qui fait véritablement le pont entre les deux, comme quoi ces genres ne sont pas nécessairement si éloignés. Trillium reprend les codes de la science-fiction classique, de 2001 : odyssée de l’espace, aux space-opéras psychédéliques, et joue avec les attentes du lecteur, que celui-ci comprenne les références ou pas. Le récit, au cœur d’une mission pour sauver ce qui reste de l’humanité, navigue entre l’universel et le particulier et entrelace deux temporalités qui voyagent dans les deux directions (l’envers et l’endroit) du livre. À la fois classique et inventive, cette bande-dessinée plaira à tous les amateurs de science-fiction, et réussira peut-être même à convertir quelques néophytes. (BN)

Cinégeek: Petites pépites inutiles mais réjouissantes du cinéma, Pluttark, 2015, Delcourt, coll. « Tapas »,93 p.,  9782756063522*

Un ovni pour amateur de cinéma, Cinégeek n’est pas une BD proprement dite mais plutôt un recueil d’illustrations humoristiques sur le cinéma. On y retrouve un peu de tout : de l’évolution de la coupe de cheveux de Nicolas Cage à la liste des demeures les plus effrayantes du cinéma que l’on peut visiter. Un pur bonheur pour les fans de cinéma, les néophytes y trouveront aussi leur compte, la liste des sujets abordés pouvant intéresser un peu tout le monde. Un ouvrage original et hilarant. (PP)

Adam Clarks, Antonio Lapone et Régis Hautière, 2015, Glénat, coll. « Treize étrange », 64 p., 9782723485654*

Adam Clarks est un personnage fascinant, un flamboyant jet-setter doublé d’un gentleman cambrioleur qui travaille pour la CIA …et le KGB. Homme à femmes séduisant et voleur audacieux, il a tout pour plaire, en tout cas moi, il m’a plu… beaucoup. Cet album est une pure merveille, la facture graphique est originale et éblouissante, l’histoire est prenante et pleine de rebondissements, le héros est brillant, désinvolte et efficace tout en ne prenant pas les événements trop au sérieux. Un immense plaisir de lecture. C’est rétro, c’est moderne, c’est beau, c’est bon. Bravo ! (PP)

RÉÉDITIONS

La nouvelle encyclopédie de Masse T.1 : A-M, Francis Masse, 2015, Glénat, coll. « 1000 Feuilles », 300 p., 9782344004388*

Voici ENFIN rééditée la première partie de la toute Nouvelle encyclopédie de Masse, traité de macro-rhino-épistémologie, cette science moderne qui parle des autres sciences, sans connaissances particulières et en mettant en scène des personnages à grand nez. Élaborée pendant plus de quarante ans, cette œuvre-phare d’humour scientifique, à mi-chemin entre la doctrine et la ‘Pataphysique, a été pour l’occasion remise en forme, revue, corrigée, réintroduite, agrémentée d’un auto-entretien, enrichie d’une série de photos des sculptures métalliques et augmentée d’un peu plus d’une cinquantaine de nouvelles planches inédites. (HB)

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Sélection et rédaction d’Hélène Brosseau, Sylvain Cabot, Boris Nonveiller, Patrick Pilote et Réjean St-Hilaire.

 

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