Le Délivré

Archive pour la catégorie ‘◦ Aperçus’


1 décembre 2014  par nos libraires

Littératures : les parutions d’octobre

Comme chaque mois, notre équipe de libraires passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour en repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces nouveaux titres, question d’aiguiser votre appétit livresque…

LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE

  

Les innocents, Assaf Gavron, 2014, Rivages, 500 p., 9782743628802*

Othniel Assis repère une colline paisible sur les rives du Jourdain et décide de s’y installer en famille. L’administration s’en mêle : ils ne peuvent s’approprier cette terre ; mais nul n’a le droit de les en déloger. Une ferme agricole, puis une communauté plus vaste se déploient, malgré les obstacles. Les Innocents entremêle les vies et destins de plusieurs générations israéliennes. Pionnier imprégné de religion, adolescent qui veut s’amuser sans penser à la guerre, chaque personnage illustre une société aux prises avec ses paradoxes.

Nourri d’influences cosmopolites, d’I. B. Singer à Jonathan Safran Foer, Assaf Gavron offre une vision inédite de son pays et s’impose comme un formidable conteur.

Tristesse de la terre, Eric Vuillard, 2014, Actes Sud, 158 p., 9782330035990*

Alors, le rêve reprend. Des centaines de cavaliers galopent, soulevant des nuages de poussière. On a bien arrosé la piste avec de l’eau, mais on n’y peut rien, le soleil cogne. L’étonnement grandit, les cavaliers sont innombrables, on se demande combien peuvent tenir dans l’arène. C’est qu’elle fait cent mètres de long et cinquante de large ! Les spectateurs applaudissent et hurlent. La foule regarde passer ce simulacre d’un régiment américain, les yeux sortis du crâne. Les enfants poussent pour mieux voir. Le cœur bat. On va enfin connaître la vérité.

Constellation, Adrien Bosc, 2014, Stock, 192 p., 9782234077317*

Le 27 octobre 1949, le nouvel avion d’Air France, le Constellation, lancé par l’extravagant M. Howard Hughes, accueille trente-sept passagers. Le 28 octobre, l’avion ne répond plus à la tour de contrôle. Il a disparu en descendant sur l’île Santa Maria, dans l’archipel des Açores. Aucun survivant. La question que pose Adrien Bosc dans cet ambitieux premier roman n’est pas tant comment, mais pourquoi ? Quel est l’enchaînement d’infimes causalités qui, mises bout à bout, ont précipité l’avion vers le mont Redondo ? Quel est le hasard objectif, notion chère aux surréalistes, qui rend «nécessaire» ce tombeau d’acier ? Et qui sont les passagers ? Si l’on connaît Marcel Cerdan, l’amant boxeur d’Édith Piaf, si l’on se souvient de cette musicienne prodige que fut Ginette Neveu, dont une partie du violon sera retrouvée des années après, l’auteur lie les destins entre eux. «Entendre les morts, écrire leur légende minuscule et offrir à quarante-huit hommes et femmes, comme autant de constellations, vie et récit.»

La patience du franc-tireur, Arturo Perez-Reverte, 2014, Seuil, 258 p., 9782021186567*

Un éditeur charge Alejandra Varela, spécialiste de l’art urbain, de retrouver Sniper, graffeur célèbre pour son talent exceptionnel et ses actions de rue à la limite de la légalité et de la guérilla. Elle doit lui proposer, en même temps qu’une édition de ses œuvres, une grande rétrospective au MoMA. Mais personne n’a jamais vu le visage de Sniper ni ne sait où il se trouve. De Madrid à Lisbonne, de Vérone à Naples, Alejandra se lance alors sur ses traces et se retrouve prisonnière d’un piège mortel à mesure qu’elle comprend les véritables objectifs des performances stupéfiantes de cet artiste radical. Après Le Peintre de batailles, Arturo Pérez-Reverte revient à l’un de ses thèmes de prédilection en interrogeant, au fil d’une traque haletante et impitoyable dans l’univers du graffiti, la fonction de l’art aujourd’hui, pure beauté ou objet de spéculation, et les nouvelles formes de rébellion dans nos sociétés occidentales mondialisées.

La lumière des étoiles mortes, John Banville, 2014, Robert Laffont, 346 p., 9782221133644*

Qu’est-ce qui sépare la mémoire de l’imagination ? Cette question hante Alex alors qu’il se remémore son premier – peut-être son unique – amour, Mme Gray, la mère de son meilleur ami d’adolescence. Pourquoi ces souvenirs resurgissent-ils maintenant, à cinquante ans de distance, se télescopant avec ceux de la mort de sa fille, Cass, dix ans plus tôt ?

Un grand Banville, troublant et sensuel, sur la façon dont les jeux du temps malmènent le cœur humain.

EN FORMAT POCHE

L’ombre de l’eunuque, Jaume Cabre, 2014, Actes Sud/Babel, 479 p., 9782330034405*

L’histoire d’une famille, les Gensana, à travers la Catalogne de la fin du XIXe siècle jusqu’à nos jours. Lors d’un dîner dans un restaurant à Feixes, Miquel Gensana, chroniqueur dans un journal, dévoile la chute de la famille dont il est le dernier représentant. Le lecteur est alors transporté dans l’histoire personnelle du narrateur et dans celle plus générale de la Catalogne.

Transatlantic, Colum McCann, 2014, 10/18, 354 p., 9782264062758*
Entre les États-Unis et l’Irlande, deux siècles de liens commencent avec le premier vol transatlantique en 1919. Mêlant histoire et fiction, un roman sur le déracinement, la perte et le dépassement de soi.

Croc Attack,Assaf Gavron, 2014, Rivages, 384 p., , 9782743628895*

Évoquant le conflit israélo-palestinien, cette tragi-comédie raconte à la fois la banalité, l’absurdité de la vie quotidienne et la réalité bizarre et sanglante de la guerre. Alors que Croc, Israélien, se débrouille pour assumer sa réputation de symbole de la résistance, Fahmi, un jeune Palestinien, lutte pour survivre. Prix Courrier international du meilleur livre étranger 2012.

En Mer, Toine Heijmans, 2014, 10/18, 168 p., 9782264060778*
Lassé par son quotidien, Donald prend trois mois de congé pour naviguer sur son voilier en mer du Nord. Lors de sa dernière étape, Maria, sa fille de 7 ans l’accompagne. Une nuit, alors qu’une terrible tempête se soulève, Donald découvre avec horreur que Maria n’est plus sur le bateau… Premier roman.

Fin de mi-temps pour le soldat Billy Lynn, Ben Fountain, 2014, 10/18, 408 p., 9782264062093*

Parce qu’ils sont rescapés d’une embuscade en Irak, les huit miraculés de l’escouade Bravo deviennent du jour au lendemain les enfants chéris de l’Amérique. Accueillis entre les projecteurs et les honneurs de la Maison-Blanche, ils ont même droit à une tournée victorieuse censée se dérouler à Dallas, lors du grand match de football de Thanksgiving. Pourtant, parmi eux, le jeune Billy Lynn ne se sent pas vraiment l’étoffe d’un héros. Difficile de se plier à la frénésie collective quand on est hanté par ce qu’on a laissé à la guerre et qu’on risque de retrouver bientôt…

 

LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE ET CANADIENNE

Bad girl: Classes de littérature, Nancy Huston, 2014, Actes Sud, 144 p., 9782330037185*

Au plus proche de l’autobiographie, Nancy Huston nous livre ici le récit de sa toute première enfance, cette période si étrange où son père va soudain demander à sa jeune femme, pourtant déjà mère de trois enfants, de quitter la maison, de partir. Puisqu’elle ne se décide pas à renoncer à ses études, qu’elle se sépare de ses enfants et ne demande plus jamais à les revoir. Commence alors une tout autre vie pour la petite, une vie heureuse malgré tout, mais cet abandon habitera à jamais son imaginaire. Un texte fondamental dans la trajectoire littéraire de Nancy Huston.

Maddaddam, Margaret Atwood, 2014, Robert Laffont, coll. « Pavillons », 428 p., 9782221141304*

Avec une verve extraordinaire, une imagination et une inventivité d’écriture sans limites, un humour décapant, Margaret Atwood joue de la dystopie pour bâtir un conte d’un genre unique. Mêlant tout à la fois récit d’aventures et histoire d’amour, pamphlet politique et écologique, réflexion sur la science et la religion, la sexualité et le pouvoir, elle nous offre ici une œuvre d’une grande maturité, un  » roman total  » qui conclut magnifiquement le cycle commencé avec Le Dernier Homme et Le Temple du déluge.

Chercher Sam, Sophie Bienvenu, 2014, Cheval d’août, 172 p., 9782924491003*

Mathieu vit dans la rue. Il l’a choisi. Ce n’est pas un aventurier, et ça n’a rien à voir avec la liberté. Est-ce qu’il s’autodétruit? Est-ce ainsi qu’il se préserve? Peu importe. Sa chienne Sam est là, qui l’aide à continuer. Mais quand elle disparaît, Mathieu doit mettre fin à son errance. Pour la retrouver, il entreprend un voyage dont les bifurcations le ramènent au secret de son passé.

Chercher Sam s’intéresse aux survivants. Dans une langue cassée et tendre, Bienvenu déboîte puis remonte le délicat assemblage de poupées gigognes qui constituent la mémoire humaine, jusqu’au coeur, et jusqu’à la plus petite raison d’espérer.

La danse des obèses, Patrick Isabelle, 2014, Leméac, 240 p., 9782760933835*

Émile, un écrivain trentenaire, s’est muré en lui-même à la suite d’une déception amoureuse ; devenu cynique, il boit, fume et se transforme jusqu’à devenir obèse. Recruté par un richissime artiste visuel ayant l’habitude d’organiser les fêtes les plus courues en villes – et les plus orgiaques -, il se trouve entraîné dans une spirale où quête d’identité et faible estime de soi produisent un cocktail explosif. La danse des obèses est un roman impudique dans lequel l’appât du gain, le sentiment d’être désiré et l’appel des corps s’entremêlent avec douleur et sensualité.

De Marie de l’Incarnation à Nelly Arcan : se dire, se faire par l’écriture intime, Patricia Smart, 2014, Boréal, 448 p., 9782764623459*

Ce livre trouve son origine dans le désir d’explorer les expériences des femmes qui ont accompagné et rendu possibles les grands moments de l’histoire officielle du Québec, de l’arrivée des Français en Amérique du Nord jusqu’à l’accession à la liberté d’expression individuelle et collective apportée par la Révolution tranquille. Les historiennes féministes ont examiné la situation de ces femmes, mais il est rare que nous entendions la voix des protagonistes elles-mêmes ou que nous ayons accès à leur point de vue, que ce soit sur le monde qui les entoure ou sur leurs aventures intérieures. C’est cette voix que Patricia Smart donne à entendre ici. Tous ces textes parlent d’un moi brimé, inhibé, mais qui se refuse à démissionner. Pour ces femmes, la venue à l’écriture fait partie intégrante de la quête de soi et de la prise de possession du monde. Beaucoup plus que de simples révélateurs de réalités sociales, ces écrits intimes appartiennent à la littérature.

 

EN FORMAT POCHE

Les derniers jours de Smokey Nelson, Catherine Mavrikakis, 2014, Héliotrope, coll. « Série P », 313 p., 9782923975498*

Sydney Blanchard était né sous une bonne étoile. Mais dans sa vie, rien ne s’est vraiment passé. Il n’y a eu que ce séjour en prison pour des meurtres qu’il n’a pas commis. Aujourd’hui à bord d’une belle Lincoln blanche, cette grande gueule irascible décide de rentrer à la Nouvelle-Orléans. Pour renouer avec son destin. Après les meurtres de 1989, Pearl Watanabe s’était juré de ne pas remettre les pieds sur le continent américain. La voici qui passe des vacances près d’Atlanta, chez sa fille. Il faut bien essayer de conjurer le sort. À environ une heure de route de là, Ray Ryan ne peut se consoler de l’assassinat de son enfant. Depuis tout ce temps, la voix autoritaire de Dieu ne l’a pourtant jamais abandonné. L’exécution du meurtrier aura bientôt lieu. Au pénitencier de Charlestown, Smokey Nelson, l’assassin, vit ses derniers jours. Catherine Mavrikakis signe ici un roman polyphonique, multicolore, ample. À l’échelle du contient dont il est l’écho.

La chair décevante, Jovette Bernier, 2014, Fides, coll. « Biblio-Fides », 120 p., 9782762138603*

Sur l’écran, sous les feux de la rampe, la souffrance est divine pour la foule. La même souffrance dans la rue et dans les chambres closes, cela s’appelle du déshonneur. […] Il y a quelque chose de plus fort que le courage, la tendresse, le dévouement, le sacrifice; il y a plus fort que toi, l’Amour, et toi, la Mort ; plus fort que tout, plus fort que vous tous, il y a la Vie.

C’est le cœur qui meurt en dernier, Robert Lalonde, 2014, Boréal, coll. « Boréal compact », 168 p., 9782764623503*

Robert Lalonde évoque de façon bouleversante celle qui fut sa mère, femme piégée par le destin et qui d’outre-tombe continue d’entretenir avec son fils un rapport de tendresse et de bataille.

La vie comme une image, Jocelyne Saucier, 2014, BQ, 96 p., 9782894063507*

La vie comme une image met en scène une famille en apparence parfaite, bonne comme un petit pain d’épice, qui observe scrupuleusement les règles de la bienséance et se raccroche au sentiment rassurant du devoir accompli. Rien, décidément, pour donner matière à un roman… Pourtant, à travers la façade de ce bonheur sans faille s’échappent de persistantes odeurs qui décapent le vernis de la respectabilité et dévoilent le drame de l’insignifiant quotidien.

Le mur mitoyen, Catherine Leroux, 2014, Alto, coll. « Coda », 323 p., 9782896942121*

Entre [les personnages du Mur Mitoyen], Catherine Leroux dessine une cloison fine comme un brin d’impossible qui tantôt sépare, tantôt unit, estompant la frontière entre les secrets, la vérité et l’inouï. Une histoire où l’on frappe trois coups sur un mur pour entendre en retour un mystérieux toc toc toc.

 

POÉSIE

Mes ancêtres reviendront de la guerre, François Guerrette, 2014, Poètes de brousse, 68 p., 9782923338774*

Je ne fais confiance qu’aux animaux
qui ont peur de tuer, de chasser
et d’être chassés.

L’été sans erreur, France Théorêt, 2014, Hexagone, coll. « Écritures », 88 p., 9782896480692*

Ce livre prolonge les voies arpentées par France Théorêt dans Bloody Mary (Typo, 2011). Toujours engagée, elle va plus loin dans sa dénonciation et dans sa réconciliation, d’abord avec elle-même, puis avec les autres. La difficulté de se rencontrer, d’être, de parler en son nom ; être une femme en éclats, dans son propre effacement, trop consciente dans la violence humaine ; se dire comme être humain de genre féminin, finalement être ici et là, à se battre pour vivre ou pour trouver l’apaisement, voilà le propos de la poète.

La nuit, tous les dieux sont noirs, Monique Deland, 2014, Noroît, 128 p., 9782890188976*

Un accident est à l’origine d’une singulière traversée. Une chute du corps, une faille, un bris dans la tête, et l’esprit assiste en direct à l’évasion de la conscience. C’est l’occasion d’une double plongée : une investigation au cœur du cycle occulte des naissances et renaissances, et une exploration critique de ce qui fait de l’esprit un organe pensant fixateur de l’identité.

Comme un papillon avec une aiguille dans le cœur, Nathalie Thibault, 2014, L’Oie de Cravan, 56 p., 9782922399899*

Ce deuxième livre de Natalie Thibault à l’enseigne de L’Oie de Cravan est d’une beauté fragile tout à fait exceptionnelle. La poésie s’y exprime avec une égale justesse dans les collages de l’auteure et dans ses poèmes proprement dits. La simplicité de ceux-ci cache une émotion complexe, une brisure intime qui touche à l’universel. C’est encore et toujours de l’amour maudit qu’il est question ici.

Ciseaux, Roxane Desjardins, 2014, Herbes rouges, 84 p., 9782894194621*

Pour faire un poème, prenez des ciseaux. Découpez le sens en formes vertes. Mettez les morceaux dans un sac que vous agiterez doucement. Décantez : « je ne pars pas à la beauté envisageable je ne vends pas / mon corps algonquin // je n’ai qu’une chaise à la place des reins pour rester debout ».
Si hasard il y a, il semble, dans Ciseaux, avoir atteint sa cible tant ce livre étonne par la singularité de ses images, la patiente décortication des mécanismes de l’attachement à laquelle il s’adonne :
« l’éclipse retrouvée sous les décombres / à la rafale on aurait mis une maison : / vingt-quatre phares pris dans un terrier de neige ».

 

THÉÂTRE

La dramaturgie classique, Jacques Scherer, 2014, Armand Colin, 718 p., 9782200291273*

Analyse formelle du théâtre français du XVIIe siècle, des structures et composants des pièces classiques, de la prise en compte des contraintes matérielles de la représentation lors de leur mise en scène, et des modes d’adaptation à leur public.

Dictionnaire de la performance et du théâtre contemporaine, Patrice Pavis, 2014, Armand Colin, coll. « Dictionnaire », 293 p., 9782200259068*

Près de 200 entrées sur des notions techniques, théoriques et critiques des champs du théâtre et de la performance artistique depuis les années 1990 : activisme, body art, captation, détournement, effet produit, figure, goût, habitus, etc.

Faire l’amour, Anne-Marie Olivier, 2014, Atelier 10, 110 p., 9782924429167*

Le sexe est intrinsèquement lié à la vie – après tout, chaque être humain résulte d’un acte sexuel, désiré ou non. Mais quel est le parcours sexuel de chacun? Pièce de théâtre documentaire basée sur des histoires véridiques, Faire l’amour parle de la force irrépressible du désir, des amours ratées, de la lumière qui jaillit de la rencontre d’âmes sœurs, de vies cristallisées dans la frustration. Un terrain de jeu exceptionnel, pour mourir de rire, se crisper de douleur et faire éclater la poésie.

Un tango en bord de mer, Philippe Besson, 2014, Julliard, 80 p., 9782260022015*

Ils se sont aimés, déchirés puis quittés. Ils se retrouvent par hasard, au beau milieu de la nuit, dans le bar désert d’un grand hôtel en bord de mer.

La déprime, Denis Bouchard, Rémy Girard, Raymond Legault et Julie Vincent, 2014, Michel Brûlé, 208 p., 9782894856642*

Cette pièce, créée en novembre 1981 et qui est rapidement devenue un «classique» aux côtés de Broue et d’autres grands succès, met en scène toute une galerie de personnages aussi loufoques que sympathiques. Depuis le chauffeur d’autobus injustement congédié au jeune homme qui doit se marier par téléphone, en passant par Jojo la vendeuse de lettre d’amour. En tout, une cinquantaine de personnages, tantôt drôles, tantôt émouvants et attachants. La Déprime c’est 24 heures dans un terminus d’autobus à travers une quarantaine de scènes toutes aussi réalistes et absurdes les unes que les autres.

 

LITTÉRATURE POLICIÈRE

0 POL

Une main encombrante, Henning Mankell, 2014, Seuil, Coll. « Policier», 170 p., 9782021140132*

Dans la province suédoise de Scanie, Wallander, jeune retraité, cherche à acheter une maison à la campagne. Un ami lui en présente une, qui lui plaît immédiatement. En parcourant le jardin, il trébuche sur ce qui se révèle être les os d’une main qui émerge du sol. Au lieu d’entamer une autre vie dans cette maison, Wallander commence une nouvelle enquête.

Kobra, Deon Meyer, 2014, Seuil, coll. « Policier », 438 p., 9782021155006*

Paul Anthony Morris, inventeur d’un logiciel permettant de surveiller les transactions financières, a été enlevé au domaine viticole de Fransshoek, et ses trois gardes tués. Au Cap, les agents de sécurité qui tentaient d’appréhender un voleur, Tyrone Kleinbooi, sont abattus par un mystérieux tireur. Un point commun entre ces deux affaires : des douilles à tête de cobra.

Le ver à soie, Robert Galbraith, 2014, Grasset, 576 p., 9782246810667*

Le détective privé Cormoran Strike, assisté de Robin Ellacott, enquête sur la disparition de l’écrivain Owen Quine. Celui-ci venait de terminer un manuscrit critiquant vertement ses connaissances et dont la publication ferait scandale à coup sûr.

Les neuf cercles, R.J. Ellory, 2014, Sonatine éditions, 450 p., 9782355842696*

John Gaines, traumatisé par la guerre du Vietnam, doit faire face aux secrets d’une petite ville du Mississippi dont il est le shérif. Le corps d’une adolescente gardé intact par la boue, est découvert, vingt ans après le crime. L’enquête du shérif pour découvrir le meurtrier de Nancy Denton va l’emmener au cœur de la part la plus sombre de la nature humaine.

La loi des Sames, Lars Pettersson, Gallimard, coll. « Série Noire », 440 p., 9782070142293*

Anna Magnusson, procureure adjointe à Stockholm, issue du peuple Same de la Laponie norvégienne, retourne à Kautokeino après un appel de sa grand-mère. Par solidarité de clan, elle doit aider son cousin, Nils Mattis, accusé du viol de Karen Margrethe. La jeune femme découvre que le jeune homme est coupable et, malgré les menaces, refuse de répondre à la demande de sa famille.

 

EN FORMAT POCHE

L’appel du coucou, Robert Galbraith, 2014, Livre de poche, coll. « Thriller », 714 p., 9782253001713*

Cormoran Strike, ancien soldat blessé en Afghanistan devenu détective privé, enquête sur le suicide d’un mannequin.

Mauvaise étoile, R. J. Ellory, 2014, livre de poche, coll. « Thriller », 591 p., 9782253176077*

Texas, 1960. Earl Sheridan, un psychopathe, prend deux adolescents en otage pour échapper à la condamnation à mort. Ces deux jeunes sont des demi-frères, habitués des maisons de correction depuis l’assassinat de leur mère. Une sanglante et terrible partie se met en place entre ces trois personnages, ce qu’est loin de soupçonner l’inspecteur Cassidy, qui est sur leurs traces.

7 jours, Deon Meyer, 2014, Points, coll. « Policiers », 524 p., 9782757841440*

Un tueur menace de tuer un policier par jour tant que le meurtrier de l’avocate Hanneke Sloet ne sera pas arrêté. La police du Cap, dans l’impasse, confie l’affaire à Benny Griessel. Mais le policier, fragilisé par ses échecs personnels et sa décision d’arrêter l’alcool, doit reprendre l’enquête de zéro.

Les yeux plus grands que le ventre, Jo Soares, 2014, Folio, coll. « policier », 317 p., 9782070456086*

Rio de Janeiro, à la fin des années 1930. Le commissaire Noronha enquête sur les meurtres en série de femmes obèses, assassinées au moyen de gâteaux. Il est secondé par un ancien policier portugais reconverti dans la pâtisserie, Esteves.

Paru en 2013 sous le titre Meurtres et autres sucreries aux éditions Hurtubise.

Plaintes, Ian Rankin, 2014, livre de poche, coll. « Policier », 620 p., 9782253173748*

Malcom Fox fait partie du service des plaintes qui enquête sur d’autres policiers. Il est chargé de surveiller Jamie Breck, un inspecteur soupçonné de pédophilie. Mais cette affaire est plus complexe qu’elle n’y paraît…

 

SCIENCE-FICTION, FANTASY & FANTASTIQUE

Le fleuve des étoiles, Guy Gabriel Kay, 2014, Alire, 672 p., 9782896151165*

En quatre siècles, la Kitai a bien changé, et monter à cheval, manier arc et épée avec brio ne sont plus des preuves de valeur pour ses habitants. D’ailleurs, l’armée kitane, autrefois conquérante, parvient tout juste à conserver le territoire actuel, déjà amputé des quatorze préfectures du nord cédées au nouvel empire Xiaolu. Or, dans cette Douzième Dynastie, fragilisée par les rivalités entre clans et où l’incroyable précision calligraphique de l’Empereur Wenzong importe plus que ses talents militaires, la guerre menace! C’est dans ce climat tendu que Ren Daiyan, né dans une lointaine province du sud-ouest, a décidé très tôt, envers et contre tous, qu’il deviendrait soldat de la garde impériale. Quant à Lin Shan, qui a reçu la meilleure éducation possible même si elle n’est pas un garçon, ses exceptionnels talents artistiques sa poésie n’a d’égale que celle de Lu Chen, le poète exilé – lui offriront son laissez-passer pour la cour de l’Empereur. Même si tout les oppose, Shan et Daiyan n’ont pourtant qu’un seul et même objectif: celui de redonner à la Kitai sa gloire d’antan, de reconquérir les fleuves et les montagnes perdus… et c’est bien malgré eux qu’ils deviendront des légendes pour tous ceux qui s’agitent sous le fleuve des étoiles.

Les derniers jours du paradis, Robert Charles Wilson, 2014, Denoël, 342 p., 9782207116449*

Un soir de fête nationale, Cassie voit un chauffard écraser un homme qui traversait la chaussée. La victime est en fait un des simulacres de l’Hypercolonie, créatures qui avaient assassiné sept ans plus tôt les parents de la jeune femme. Cette dernière, encore traumatisée, tente d’échapper aux simulacres, en guerre contre ceux qui savent que la Terre de 2014 est un paradis truqué.

La fleur de verre, George R.R. Martin, 2014, ActuSF, coll. « Perles d’épice », 314 p., 9782917689691*

Un mystérieux artefact qui permet de changer de corps… au prix d’un sacrifice terrible. Une étrange auberge où l’on croise de curieux voyageurs… mais où personne n’est ce qu’il prétend être. Des enlèvements inexpliqués… Une ancienne petite amie un peu trop envahissante… Une lutte entre le Bien et le Mal digne des meilleurs pulps des années 1950… Les nouvelles de George R. R. Martin sont autant de redoutables récits à l’écriture implacable, où se côtoient horreur, fantastique et science-fiction. Célèbre grâce à sa série au long cours Le Trône de fer (Game of Thrones), il excelle également dans le format court. Avec La Fleur de verre, cinquième titre de l’auteur aux éditions Actusf, découvrez l’autre facette de ce conteur hors pair. Contient « Le Régime du singe », prix Locus.

High-Opp, Frank Herbert, 2014, Robert Laffont, coll. « Ailleurs et demain », 240 p., 9782221145869*

Après une terrible période de guerre sur terre, un gouvernement mondial bureaucratique entièrement régi par des sondages d’opinion a été constitué. Ceux qui ont la chance d’obtenir des scores élevés, appelés les High-Opps, jouissent de luxueuses demeures, alors que les autres se voient contraints de vivre dans la ville surpeuplée de Warrens, dans des conditions de vie brutales.

La voix de la terre, Bernard Werber, 2014, Albin Michel, 584 p., 9782226259882*

Sept joueurs ont chacun leur vision du futur et tentent d’influencer l’avenir. Mais le huitième joueur, la Terre, n’a pas dit son dernier mot. Dernier volume de la trilogie.

 

FORMAT POCHE

Comment j’ai cuisiné mon père, ma mère… et retrouvé l’amour, S.G. Browe, 2014, Gallimard, coll. « Folio SF », 391 p., 9782070455256*

Depuis qu’il est mort dans un accident de voiture, Andy vit en paria. Enfermé dans le cellier familial, il cuve les bouteilles de son père et suit une thérapie collective aux morts-vivants anonymes. Là-bas, il a repéré Rita, une jeune et jolie suicidée. Un jour, un zombie solitaire les initie aux bienfaits de la chair humaine.

Julian, Robert Charles Wilson, 2014, Gallimard, coll. «FolioSF», 738 p., 9782070459285*

Au XXIIe siècle, alors que les ressources naturelles manquent partout dans le monde, Adam raconte les combats politiques et militaires de son ami depuis l’enfance Julian Comstock, dit l’Agnostique ou le Conquérant, neveu du président des États-Unis.

Blade Runner : les androïdes rêvent-ils de moutons électriques?, Philip K. Dick, 2014, J’ai lu, coll. « Science-fiction », 282 p., 9782290094495*

Rick Deckard est le meilleur élément de la brigade spéciale des blade runners, chargée d’exterminer les androïdes qui s’infiltrent sur Terre. Suite à l’arrivée de huit Nexus 6 qui se sont enfuis de Mars après avoir tué leurs geôliers, Deckard est chargé de supprimer ces robots d’apparence humaine.

Hypérion, Dan Simmons, 2014, Pocket, coll. « Science-fiction », 637 p., 9782266252584*

Alors que la planète Hypérion est menacée par les Extros, sept pèlerins sont chargés par la Sainte Eglise d’empêcher la réouverture des Tombeaux du temps gardé par le gritche. Durant leur voyage, chacun raconte son histoire.

Le post-apocalyptique, Marc Attalah, 2014, ActuSF, «les collections de la maison d’ailleurs», 92 p., 9782917689578*

Quatre essais autour de films, bandes dessinées et livres post-apocalyptiques. Ils proposent un nouveau regard sur ces récits fondés sur les zones et la reconstruction de la société par les humains après le cataclysme.

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Tous les textes proviennent des éditeurs, sauf lorsqu’il y a mention d’auteur.

Sélection : Benoit Desmarais – litt. étrangère ; Maxime Nadeau – litt. québécoise, poésie et théâtre ; Morgane Marvier – policier ; Caroline Scott – science-fiction.


17 novembre 2014  par nos libraires

Essais et documents : les parutions d’octobre

Comme chaque mois, notre équipe de libraires passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour en repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces nouveaux titres, question d’aiguiser votre appétit livresque…

 

SCIENCES HUMAINES

Figures de compassion, Yvon Rivard et Sarah Rocheville (dir.), 2014, Léméac, 160 p., 9782760912212*

Si l’homme est naturellement bon, comme le prétendait Rousseau, si l’altruisme est nécessaire au développement de la biosphère, comme l’affirment l’anthropologie et la science, le phénomène de la compassion n’en demeure pas moins un mystère.C’est sur ce mystère que se penche Figures de compassion. Comment expliquer que l’un donne tout ce qu’il a à plus pauvre que lui ? Qu’un autre s’expose au contact des lépreux, des désespérés, des démunis, ou s’éloigne d’eux par peur ou par respect de leur liberté ? Est-il possible que la compassion puisse être excessive et conduire à l’autodestruction ? Que le monde soit sauvé par les pauvres ? Les auteurs de ce collectif (romanciers, poètes, essayistes, cinéaste, psychanalyste) tentent de répondre à ces questions à partir d’œuvres et de rencontres qui les ont marqués.

L’usure du monde: critique de la déraison touristique, Rodolphe Christin, 2014, L’Échapée, coll. « Pour en finir avec », 107 p., 9782915830866*

L’auteur critique le paradoxe de l’industrie touristique qui repose sur l’imaginaire de l’évasion, mais qui l’annule par sa commercialisation du voyage. Le touriste part à l’étranger chercher la convivialité qu’il ne trouve plus chez lui, mais par sa présence même, il détruit ce qu’il est venu chercher.

Histoire de l’accouchement dans un Québec moderne, Andrée Rivard, 2014, Remue-Ménage, 450 p., 9782890914919*

Si vous avez vu le jour dans les années 1970, il y a de fortes chances que votre mère ait été attachée à son lit d’hôpital et qu’elle ait subi une épisiotomie à votre naissance. Si vous êtes un enfant des années 1950, elle a probablement été endormie et vous a cherché à son réveil, inquiète, tandis qu’une infirmière vous examinait dans une autre pièce. Loin de n’avoir que des retombées favorables, la médicalisation de la naissance est un phénomène très controversé. Remédiant à l’absence d’ouvrages sur l’histoire récente de la naissance au Québec, ce livre propose une analyse critique de ses transformations durant la seconde moitié du XXe siècle, à partir de l’expérience des mères. Andrée Rivard s’intéresse d’une part au rôle prépondérant qu’ont joué les élites médicales et l’État dans l’élaboration du modèle moderne de l’accouchement. D’autre part, elle documente la lutte des femmes qui résistent depuis le début à cette tendance lourde. Il est également question des politiques en périnatalité et de l’influence des sages-femmes sur les pratiques en obstétrique. Entre changement social et biopolitique, Histoire de l’accouchement dans un Québec moderne cherche à réfuter le déterminisme historique rendant inéluctable l’accouchement médicalisé, tout en démystifiant sa construction sociale.

Nettoyer Montréal, Matthieu Lapointe, 2014, Septentrion, 397 p., 9782894487969*

Corruption, collusion, morale douteuse, Montréal doit assainir ses moeurs politiques. Nous sommes dans la décennie 1940-1950, alors que des groupes de citoyens luttent, en vain, pour la tenue d’une enquête publique sur la tolérance policière des maisons de prostitution, de jeu et de pari. C’est alors qu’entre en scène un dénonciateur-vedette, l’avocat Pacifique « Pax » Plante, ancien directeur adjoint de la police, qui accuse les plus hautes autorités municipales de corruption et de complicité avec la pègre. Mathieu Lapointe retrace la révélation graduelle du scandale au fil des reportages et des enquêtes, en resituant les événements dans leurs contextes tant locaux que nord-américains, à partir de la Seconde Guerre mondiale jusqu’à la première élection à la mairie de Jean Drapeau en 1954. Mathieu Lapointe détient une maîtrise en histoire de l’Université de Montréal et un doctorat en histoire de l’Université York (Toronto). Chercheur invité à l’Institut d’études canadiennes de l’Université McGill, il a récemment été mandaté par la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction (commission Charbonneau) pour réaliser une étude historique des commissions d’enquête québécoises sur la corruption.

Son of a Gun, Justin St. Germain, 2014, Presses de la Cité, 318 p., 9782258105461*

Septembre 2001. Alors que les Twin Towers viennent d’être attaquées à New York, un autre drame, plus intime, se joue à Tombstone, en Arizona. Debbie, la mère de Justin St. Germain, est retrouvée morte dans sa caravane, le corps criblé de balles. Son cinquième mari, Ray, est introuvable.Dix ans plus tard, Justin revient sur ce tragique événement, redécouvrant les paysages désolés de son enfance et ceux qui les ont peuplés, fouillant le passé pour tenter de comprendre l’insondable : la descente aux enfers d’une femme instable, fragile malgré les apparences, et aimante. Sa mère. Que Debbie ait été tuée à Tombstone – ville qui fut le théâtre de la fameuse fusillade d’O.K. Corral – prend alors une autre dimension… Sans complaisance ni apitoiement, Justin St. Germain brosse le portrait d’une société qui n’est pas prête à rendre les armes. Une voix juste et percutante, tout en finesse et émotion.

 

PSYCHOLOGIE

Sigmund Freud en son temps et dans le nôtre, Élisabeth Roudinesco, 2014, seuil, 577 p., 9782021183795*

L’ouverture aux chercheurs de nouvelles archives et la mise à disposition de l’essentiel de la correspondance de Freud sont à l’origine de ce nouvel ouvrage sur le fondateur de la psychanalyse, qui apporte un éclairage nouveau sur l’homme et sur son œuvre.

Finir le jour : rencontres et réflexions en fin de vie, Nathalie Billion, 2014, Fides, 122 p., 9782762138467*

« L’éventualité de la mort, et surtout comment ça va se passer? Ça m’inquiète. » «Lorsque les gens savent que tu vas partir, ils te disent ouvertement ce qu’ils pensent de toi. Tout converge vers le bonheur que tu leur as donné. Ça me touche tellement. » « J’aime les gens qui agissent normalement. Je suis encore là et je suis pareille comme avant. Je ne veux pas qu’on pense juste que je vais mourir. » La fin. Le moment où nous balançons ultimement vers l’inconnu. Ce moment, nous savons tous qu’il sera impossible d’y échapper. Pour certains d’entre nous, cela arrive très vite, sans préméditation. Pour d’autres, le chemin vers ce dénouement se mesure en jours, en heures et finalement, il y a l’instant, juste avant… Écrit dans un style accessible qui évoque le reportage, Finir le jour parle précisément de cette étape et explore les questions liées à la fin de vie. L’auteure est allée à la rencontre de ces femmes et ces hommes en phase terminale pour entendre ce qu’ils avaient à dire sur leur état. Le résultat donne un ouvrage touchant de vérité.

Petit traité de lucidité sur soi-même et sur les autres, Lucie Hawkes, 2014, Payot, 233 p., 9782228911375*

Et si nous acceptions d’être plus lucides sur nous – par exemple, attendons-nous trop des autres ? –, et sur les autres – que sont-ils prêts à nous donner ? Un livre subtil et concret pour cesser de nous gâcher la vie en amour, en amitié ou au travail avec des attentes excessives, irréalistes et forcément sources de déceptions et de tensions dans nos relations.

 

PHILOSOPHIE

Sagesses d’hier et d’aujourd’hui, Luc Ferry, 2014, Flammarion, 814 p., 9782081309869*

Une histoire de la pensée philosophique depuis l’Antiquité à travers l’exposé des idées marquantes de ses grandes figures : Homère, Bouddha, Descartes, Leibniz, Kant, Marx, Freud, Sartre, etc. Refonte d’une série parue dans Le Figaro en 2012.

Esthétique de la liberté, Philippe Nemo, 2014, PUF, 191 p., 9782130619079*

Réflexion philosophique sur les liens entre laideur et servitude, beauté et liberté, tels qu’ils apparaissent dans l’histoire des arts et des mentalités, à travers les textes d’Aristote, de Pic de la Mirandole, de saint Augustin, de Kant, de Proust, de H. Arendt, etc.

Les maîtres à penser de la nouvelle droite, collectif, 2014, marabout, 260 p., 9782895784678*

Depuis longtemps déjà, des intellectuels qui se revendiquent de droite se font l’avocat d’un courant d’idées que le national-socialisme aurait galvaudé et discrédité. Ce livre met en lumière et déconstruit les motifs centraux de la vision du monde que véhicule cette nouvelle droite. La décadence, l’héroïsme, le mythe, la domination, la violence et la mort sont autant d’exemples que l’on retrouve chez six de ses auteurs les plus importants : Georges Sorel, Oswald Spengler, Hans Freyer, Carl Schmitt, Martin Heidegger et Ernst Jünger. Le regain d’intérêt porté à cette tradition de pensée et l’assurance croissante avec laquelle s’affirment aujourd’hui les nouvelles droites rendent l’étude de leurs sources intellectuelles plus actuelles que jamais.

 

CUISINE

Tout est bon, Paltrow Gwyneth, 2014, Marabout, 303 p., 9782501096584*

Des recettes faciles à réaliser et des idées de menus pour réconcilier équilibre et gourmandise : détox, végétarien, sans gluten, en famille ou entre amis, etc.

Le livre gourmand des Îles-de-la-Madeleine : découvertes du terroir et recettes originales, Marie-Christine Rhéaume, 2014, Morue verte, 174 p., 9782981195876*

Dans les cuisines des chefs Olivier Clément et Marie-Christine Rhéaume, découvrez le mariage unique et contemporain des saveurs de la mer et de la terre. Véritable pèlerinage gastronomique, Le livre gourmand des Îles rend hommage, en 30 recettes, au savoir-faire de 22 producteurs, pêcheurs, chasseurs et cueilleurs, qui ont ouvert leurs portes aux deux chefs… et à la photographe Emmanuelle Roberge.

Mettant en vedette le homard, le sanglier, le crabe, le miel, les petits fruits, les pétoncles, le café, les capucines, le fromage, la charcuterie, la bière et les alcools artisanaux de l’archipel, quelques espèces de poissons et bien plus encore, ce petit bonheur de livre de recettes vous fera connaître, goûter et aimer les Îles-de-la-Madeleine.

La boucherie: À chaque viande sa cuisson, Louis-François Marcotte, 2014, Flammarion Québec, 288 p., 9782890776142*

Poêler, rôtir, braiser, confire : pour chaque viande et pour chaque coupe, une cuisson est plus appropriée qu’une autre. Le large éventail des quelque 100 recettes de ce livre en fait la démonstration. Que ce soit en tataki, en mijoté ou en grillade, avec Louis-François la tendreté de la viande est garantie et son goût aussi. La boucherie est une bible pour tous les cuisiniers qui veulent tirer le meilleur parti des viandes qu’ils achètent. Une invitation à découvrir de nouveaux morceaux, des jarrets aux ris de veau. Car, dans un monde où l’on connaît le prix économique et écologique de la viande, savoir cuisiner toutes les coupes est un geste responsable… et savoureux ! L’artisan boucher y tient une place de choix. En épicerie ou au coin de la rue, c’est le professionnel qui sait nous conseiller, préparer la viande, voire faire une bonne partie du travail à notre place ! Piquer le rôti, ficeler la paupiette, brider la volaille : les possibilités sont infinies si on a la bonne recette. Dans La boucherie, les classiques se mettent au goût du jour, à l’exemple de la carbonade, du veau Marengo, du tartare de canard, de la volaille en crapaudine, du navarin d’agneau, de la saucisse en coiffe, des farcis, des roulés… Le vocabulaire, comme le contenu, est vaste et bien appétissant. Bœuf, veau, porc, agneau, volaille : pour chaque viande, le livre s’enrichit de schémas et de listes afin d’identifier les coupes et les types de cuisson qui conviennent. Et, comme une démonstration vaut bien des explications, des capsules vidéo ont été réalisées pour maîtriser les techniques simples utilisées dans les recettes : farcir une côtelette, tailler un carpaccio ou un tartare… On les découvre en scannant le code QR placé dans le livre.

Une pomme par jour…: 70 gourmandises aux pommes, Keda Black, 2014, Marabout, 191 p., 9782501094115*

70 recettes pour les tartes, le goûter, les desserts et les plats : tarte tatin, chausson aux pommes, sabayon au cidre, côtes de porc aux pommes…

 

BIOGRAPHIES

Niki de Saint Phalle, Bernadette Costa-Prades, 2014, Libretto, 109 p., 9782369141303*

Mannequin pour Vogue, Life ou Elle, Niki de Saint Phalle fut d’abord chanteuse avant de commencer à peindre en 1952 sans avoir suivi d’enseignement artistique. Également plasticienne, sculptrice et réalisatrice de films, épouse de l’artiste J. Tinguely, elle devint membre des Nouveaux réalistes. Cette biographie éclaire son parcours et sa personnalité.

Médecin de guerre, Marc Dauphin, 2014, Éditions de l’Homme, 304 p., 9782761941013*

En 2009, le Dr Marc Dauphin s’engage dans une mission qui changera sa vie à jamais. En acceptant d’aller soigner les blessés à l’hôpital militaire de Kandahar, l’urgentologue des Forces armées canadiennes s’expose à vivre les pires scènes d’horreur de sa carrière, mais aussi des instants de grâce, des moments où la vie se révèle plus forte que tout.Ce témoignage nous fait vivre, de l’intérieur, son quotidien dans un pays défiguré par la guerre. Le médecin y relate les cas critiques qu’il a rencontrés et les choix déchirants auxquels il a dû faire face. Surtout, il rend hommage aux enfants, aux soldats et à toutes les victimes qu’il a côtoyées. Ce livre raconte aussi leurs histoires comme autant de leçons de courage et de résilience.

Sur la ligne de feu, Jean-François Lépine, 2014, Libre expression, 448 p., 9782764809457*

Pendant quarante-deux ans à la télévision et à la radio, j’ai toujours eu à portée de main un de mes carnets de notes. À l’écran, ils faisaient partie de l’image. Quand Marc Laurendeau m’a invité à participer à sa magnifique série radiophonique Nos témoins sur la ligne de feu, consacrée aux correspondants de Radio-Canada à l’étranger, j’ai eu envie de redécouvrir et de raconter, à travers les anecdotes tirées de ces carnets, les grands moments de mes expéditions sur la planète, quitte à en être bouleversé. Durant ma vie de journaliste, j’ai couvert deux référendums qui ont déchiré les Québécois. J’ai vu des foules gagner leur liberté, contre l’apartheid en Afrique du Sud, contre l’empire soviétique en Europe. J’ai vu les enfants palestiniens contre les chars israéliens, les Arabes contre leurs dictateurs. J’ai vu les Chinois rejeter Mao pour partir à la conquête du monde. J’ai vu la guerre, au Liban, en Irak, en Iran, en Afghanistan. J’ai vu le monde changer. Issu du parcours noté dans mes carnets, Sur la ligne de feu est un portrait personnel de l’état du monde et de son avenir.

Les acteurs ne savent pas mourir: Récits d’un urgentologue, Alain Vadeboncœur, 2014, Lux, 280 p., 9782895961895*

La médecine d’urgence n’est pas un travail sans histoires, le docteur Alain Vadeboncœur en sait quelque chose. Exerçant ce métier depuis près de 25 ans, il a été le témoin de fins violentes, il a vu des personnes revenir de la mort, il a sauvé des vies in extrémis, il a été confronté à de coriaces malades imaginaires, mais surtout, il a accompagné la douleur de ceux qui perdaient un proche et la joie de ceux qui l’échappaient belle. Cette expérience lui donne une vision sensible et originale de la mort, indissociable de la vie, qu’il transmet ici dans ces récits d’urgence, mais aussi en racontant ses propres expériences, dont celle du décès de son père, l’écrivain Pierre Vadeboncœur. Expert autoproclamé de l’agonie, il nous révèle aussi une vérité jusqu’ici ignorée du grand public : même les meilleurs acteurs ne savent pas jouer la mort… sauf ceux qu’il a lui-même formés.

Lady B, Maya Angelou, 2014, Buchet Chastel, 178 p., 9782283027394*

Angelou évoque un aspect intime de sa vie, les relations avec sa mère, V. Baxter. Envoyée vivre chez sa grand-mère à l’âge de trois ans, Maya grandit avec le sentiment d’avoir été abandonnée. Elle relate avec émotion le cheminement qui l’a menée à la réconciliation et l’amour qui s’est peu à peu développé entre les deux femmes.

 

VIE PRATIQUE

Libérez la créativité de vos enfants, Julia Cameron, 2014, Dangles, 320 p., 9782703310204*

Un livre pratique pour développer le sens de la créativité chez ses enfants tout en réveillant le sien et ainsi contribuer à l’épanouissement de la famille.

Dépression, Kwame McKenzie, 2014, Modus Vivendi, coll. « Votre santé », 180 p., 9782895238430*

Tout le monde a de temps à autre un moment de déprime ou une baisse de moral. Mais lorsque cette humeur morose affecte toutes les sphères de la vie, qu’elle dure plusieurs semaines ou bien qu’elle génère des pulsions suicidaires, il importe alors de demander de l’aide. Cet ouvrage vous fournit de nombreuses informations pour vous permettre de comprendre ce qu’est la dépression et répondre à vos questions dans un langage simple. Trouvez l’information dont vous avez besoin sur : les symptômes psychologiques et physiques; les facteurs qui rendent dépressif (manque de contrôle sur son avenir, événements stressants, maladies, médicaments, manque de lumière du jour, etc.); les différents types de dépression (récurrente, chronique, réactionnelle, névrotique, psychotique, etc.); l’auto-assistance, l’entraide et les traitements (psychothérapie, antidépresseurs, etc.). Pour tout savoir sur la dépression, consultez cet ouvrage de la collection « Votre santé ».

Mes cours prénataux, Marie Fortier, 2014, Caractère, 280 p., 9782896429646*

La venue d’un enfant est un événement important dans la vie d’une mère et d’un père. Préparer son arrivée permet de bien vivre la grossesse et de planifier l’accouchement de façon adéquate. Mes cours prénataux se veut un ouvrage complet répondant à toutes les questions des parents. Contrairement aux livres habituellement offerts sur le marché, il n’est pas axé principalement sur le développement du fœtus, mais plutôt sur tous les phénomènes liés à la grossesse, la manière de bien la vivre, la préparation à l’accouchement et la réalité du retour à la maison. Un des rares ouvrages sur le sujet écrit par une Québécoise pour les parents du Québec. L’auteure, infirmière de formation et forte de ses 26 ans d’expérience en suivi de grossesse, appuyée par de multiples professionnels tels qu’un gynécologue-obstétricien, une sage-femme, une physiothérapeute, une massothérapeute et plusieurs autres professionnels, a créé un contenu couvrant tous les aspects entourant la venue de bébé.

Le pharmachien, Olivier Bernard, 2014, Les malins, 208 p., 9782896572496*

Avez-vous remarqué la tonne de livre douteux traitant de la « santé » qu’on retrouve en librairie? Prévenir l’eczéma par la pensée positive, guide d’alimentation à base de bouillie verte prédigérée, guérir avec les esprits cosmiques… Comment différencier le vrai du n’importe quoi?
Une bible pour les rationnels et les sceptiques.
Le Pharmachien vous propose sa vision impertinente et réaliste de la santé, des médicaments et de différents personnages qui peuplent les hôpitaux et les cliniques de médicine douce!
Si le rire est une forme de thérapie… euh… eh bien, ce livre devrait vous guérir en tabarnouche!

Prévenir le cancer: Comment réduire les risques, Richard Béliveau et Denis Gingras, 2014, Trécarré, 264 p., 9782895686248*

Maladie effroyable et énigmatique, le cancer est très souvent perçu comme une calamité qui frappe au hasard, une adversité contre laquelle nous sommes impuissants. Ce sentiment d’impuissance n’a cependant pas sa raison d’être, car quantité d’études ont démontré qu’il existe un lien direct entre le tabagisme, le surpoids, la sédentarité, l’alimentation, l’exposition aux rayons ultraviolets, le manque de sommeil et la progression du cancer, et que la plupart des décès dus aux cancers actuels pourraient être évités par de simples modifications du mode de vie. Malheureusement, ce potentiel de prévention demeure encore largement inexploité, car la société de consommation dans laquelle nous vivons, axée sur l’obtention de bénéfices à court terme, n’encourage pas les approches préventives à long terme et peut même favoriser des habitudes qui nuisent au maintien d’une bonne santé. Ce livre fournit les informations nécessaires à ceux qui désirent rompre avec le défaitisme face au cancer et prendre leur destinée en main. Grâce au travail exceptionnel des grandes agences de santé publique, comme le World Cancer Research Fund et l’American Cancer Society, il est possible d’adopter une approche combative face au cancer en appliquant dix grandes recommandations qui peuvent concrètement réduire la probabilité de développer cette maladie. Ces recommandations sont particulièrement importantes pour les survivants du cancer, car elles présentent pour la première fois une approche concrète de réduction du risque des récidives.

 

ARTS & BEAUX-LIVRES

Des textes dans l’espace public, Marc-André Brouillette (dir.), 2014, Du Passage, coll. « Beau-livre », 160 p., 9782922892987*

Monographie au traitement graphique original, cet ouvrage collectif interroge la présence de la création littéraire dans l’espace public et la relation qu’y entretiennent les mots et les lieux. Artistes, critiques, historiens et philosophes présentent leurs réflexions autour d’œuvres qui se caractérisent par un usage étonnant de la parole. Il s’agit là du premier ouvrage consacré explicitement à cette production artistique très originale, qui modifie notre rapport au lieu, à la ville. Une soixantaine de reproductions d’oeuvres monochromes et en couleurs nous ouvrent une fenêtre sur la richesse et la diversité de ces oeuvres et de ces artistes qui écrivent dans et pour l’espace public. Artistes mondialement reconnus aussi bien qu’émergents se côtoient dans cette publication. Retrouvez les oeuvres et interventions de Ken Lum, Gilbert Boyer, Sarkis, Michel Goulet, Rose-Marie E. Goulet, Edgar Heap of Birds, et bien d’autres dans ce bel objet visuel et littéraire !

Écrire le désir : 2000 ans de littérature érotique féminine illustrée, Julia Bracher (dir.), 2014, Éditions Omnibus / Réunion des musées nationaux, 237 p., 9782258092778*

Cette anthologie illustrée met en valeur la place des femmes dans l’écriture érotique tant d’un point de vue historique, social que littéraire. De Sappho, poétesse grecque de l’Antiquité, à Pauline Réage, femme de lettres française du XXe siècle, des extraits de romans, de chansons, de lettres ou de poèmes sont proposés, illustrés de peintures, de gravures ou de photographies d’époque.

Égrégore: Une histoire du mouvement automatiste de Montréal, Ray Ellenwood, 2014, Éditions du Passage, 342 p., 9782924397039*

Des divers groupes et écoles artistiques au Canada, aucun n’a eu un impact aussi important sur la société québécoise que les automatistes. Égrégore est un livre multidisciplinaire qui rassemble des textes cruciaux pour comprendre ce mouvement majeur et quelques-unes des idées les plus débattues de ce siècle concernant l’art, son objet et son rapport à la société. Bien plus qu’une histoire générale, c’est le récit des évolutions personnelles et des dynamiques de groupe, illustré par de nombreux documents d’archives, lettres, récits personnels, articles de journaux, photographies et surtout près de 200 reproductions d’œuvres d’art en couleur et en noir et blanc.

Hokusai: Catalogue intégral, collectif, 2014, Réunion des musées nationaux / Grand-Palais, Paris, 415 p., 9782711861828*

Des estampes polychromes, dessins préparatoires, croquis et peintures venant du Japon et de collectionneurs publics européens. Au total ce catalogue de l’exposition présentée en ce moment à Paris répertorie 550 œuvres et cent notices.

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Tous les textes proviennent des éditeurs, sauf lorsqu’il y a mention d’auteur.

Sélection : Caroline Scott – biographies et vie pratique ; Benoit Desmarais – sciences humaines ; Caroline Le Gal – psycho, philo et cuisine ; Marie-Ève Blais – sciences humaines et arts & beaux-livres ; Robert Beauchamp – arts & beaux-livres.


12 novembre 2014  par nos libraires BD

Bandes dessinées : la crème d’octobre

Comme chaque mois, notre équipe de libraires spécialisés en bandes dessinées passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces récits complets et autres premiers tomes, question d’aiguiser votre appétit livresque…

BANDES DESSINÉES QUÉBÉCOISES – ADULTES

La famille Carter : Don’t forget this song, David Lasky et Frank M. Young, 2014, La Pastèque, 192 p., 9782923841298*

La famille Carter est considérée, à juste titre, comme un des piliers de la musique country moderne. De 1926 à 1943, les trois membres de la famille Carter furent célèbres pour leurs arrangements de chansons folk traditionnelles, souvent glanées par A. P. Carter lui-même lors de pérégrinations dans les Appalaches. La première famille de la musique country a laissé une trace indélébile dans l’histoire de la musique. Frank M. Young et David Lasky nous offrent aujourd’hui leur biographie. – L’éditeur

Les Cousines Vampires, Cathon et Alexandre Fontaine Rousseau, 2014, Pow Pow, 122 p., 9782924049181*

Un exercice de style au ton d’épouvante, d’un humour à la fois référentiel et potache, Les cousines vampires arrive en pleine Halloween et apporte un vent de fraîcheur. Le récit suit Camille, une jeune femme pleine de bonne humeur et d’entrain, qui vient rejoindre sa cousine dans le manoir isolé d’un village perdu en rase campagne. Camille tente de faire retrouver la joie de vivre à la compagne qui avait autrefois égayé son enfance, mais la mélancolie hante cet endroit et la nuit approche. Ne se limitant jamais à la parodie, le récit joue bel et bien avec les codes du genre, mais retient aussi une identité propre. On pourrait même dire que la mixture entre la cinéphilie de son scénariste et le ton bon enfant et hystérique de sa dessinatrice se mélangent en un hybride divertissant assez original. On en aurait pris plus! (BN)

BANDES DESSINÉES ÉTRANGÈRES – ADOS

Jean-Norbert T.1, Mark Retera, 2014, Kramiek, 46 p., 9782889330027*

Il y a quelque chose de bien aux Pays-Bas – mis à part les gros sabots, la contemplation des pales de moulins à vent ou les bicyclettes jetées dans les canaux – et c’est l’humour flamand. Mark Retera est Néerlandais et, à l’instar de plusieurs de ses compatriotes bédéistes; qu’on pense à Willem, Joost Swarte ou Theo van den Boodaard, il participe, lui aussi, à cette tradition typiquement hollandaise d’humour de situations qui utilise le cynisme et l’absurde, allant souvent jusqu’à choquer férocement. Son univers très particulier, peuplé de lutins, de pantalons-tonneaux, d’extraterrestres et de Ku-Klux-clowns entarteurs de Noirs est tout à fait hilarant, mais rien ne battra ses gags mettant en scène les témoins de Schtroumpfova. Ô joie absolue, le deuxième volume arrive incessamment, mais attention, le danger de s’étouffer de rire croît avec l’usage. (HB)

Solo T.1 : Les survivants du chaos, Oscar Martin, 2014, Delcourt, 107 p., 9782756041704*

Dans un monde post-apocalyptique, le jeune Solo, un rat humanoïde mutant, doit quitter sa famille pour augmenter leurs chances de survie. Il affrontera seul les pillards, monstres et autres intempéries sévissant dans le désert où il tente de survivre. Il sera capturé par un clan avide de combats de gladiateurs sanglants. Plutôt habile avec les armes blanches, il devra faire face à des adversaires toujours plus dangereux pour gagner sa liberté. Un savant mélange de Mad Max et de Conan le barbare, Solo ramène au goût du jour le style survivant de l’apocalypse, populaire dans les années ’80. Solo va quand même plus loin en se livrant à certaines réflexions sur son humanité et sa place dans ce monde en ruine. À lire. (PP)

BANDES DESSINÉES ÉTRANGÈRES – ADULTES

Les Pénates, Alexandre Franc et Vincent Sorel, 2014, Casterman, coll. « Professeur Cyclope », 68 p., 9782203089693*

Pierre est un universitaire qui n’aime rien tant que de se plonger dans ses livres sur les Romains. Une passion qui l’absorbe au point qu’il revient trop souvent à Véra, sa femme, de s’occuper seule de leur enfant Bérénice. Endolori par la routine, le couple s’use. Si Véra le constate, Pierre n’y voit goutte. De plus, les Pénates, des divinités domestiques romaines, veillent à leur tendre les pièges ordinaires de la vie. Le sujet a beau être très quotidien et raconté sans effets de manche, Alexandre Franc parvient à en tirer un récit plein de grâce, ou le phénomène d’usure du couple est abordé avec beaucoup d’acuité et de délicatesse. (SC)

Album de famille, Asa Grennvall, 2014, l’Agrume, 112 p., 9791090743243*

Le livre commence avec Ragnar, un ami de la famille Johansson. Il leur rend visite régulièrement, car il est, en réalité, attiré par Mari, la fille aînée. Un soir, un peu ivre, il tente un geste envers elle, mais Mari n’est pas du genre à se laisser faire. Ce livre est l’histoire d’une famille salement abîmée. Comme les pièces d’un casse-tête, chaque personnage intervient à tour de rôle pour donner sa version des faits. Le portrait final est épatant, tant Asa Grennvall rassemble suffisamment de psychologie et de finesse d’écriture pour ne rien épargner à ses personnages tout en restant, en fin de compte très nuancé. (SC)

Le Jardin de Mimi, Yoon-Sun Park, 2014, Misma, 96 p., 9782916254388*

Ça commence comme une de ces bandes dessinées documentaires qui donnent des recettes de bouffe et de jardinage avec un train-train de joie de vivre. Non seulement ce serait réducteur de résumer ainsi Le Jardin de Mimi, mais aussi assez faux. La chatte Mimi est la propriétaire d’un jardin auquel elle tient énormément, mais c’est aussi un chat. Un chat anthropomorphisé, mais un chat quand même, avec ses manies de chasseur, son obsession maladive du lait, et son caractère lunatique. En compagnie de ses poules bavardes, de son ami inventeur et des limaces qui tentent de conquérir très lentement son jardin, les aventures décalées de Mimi ne manqueront pas d’amener la bonne humeur chez le lecteur le plus dépressif. (BN)

Vous êtes tous jaloux de mon jetpack, Tom Gauld, 2014, Alto, coll. « Rubato », 128 p., 9782896941766*

L’auteur écossais Tom Gauld a déjà atteint une certaine renommée dans le monde anglo-saxon grâce à ses strips dans The Guardian et ses bandes dessinées à l’humour très particulier. Malheureusement, il n’est que très peu connu dans la francophonie, ne serait-ce que parce que seules deux de ses bandes dessinées ont été traduites en français. Heureusement, c’est un outrage qui est en train de se résorber, puisqu’un recueil de ses meilleurs gags vient d’être traduit. Des histoires de 3, 4, 5 ou 6 cases, ces planches vont droit au but, et quand elles ne font pas rire aux éclats leur lecteur, elles réussissent toujours à le faire sourire, d’un élan peaufiné et sincère. Avec ses blagues littéraires, des réflexions sur la hiérarchie des genres, et ses exercices de style minimalistes (comme le recueil d’histoires à partir d’un jeu d’échecs), Vous êtes tous jaloux de mon jetpack est un assemblage ingénieux, original et vivifiant mêlant savamment l’humour absurde à l’intelligence narrative. (BN)

Le maître des livres T.1, Umiharu Shinohara, 2014, Komikku, 185 p., 9791091610629*

Cette série de manga est une vraie bibliothèque à elle seule! Et pas n’importe quelle bibliothèque : une bibliothèque spécialisée en littérature jeunesse. Les rayons – pardon! – les pages de ce seinen redonnent à cette littérature toutes ses lettres de noblesse et permettent à tous de redécouvrir les classiques du genre. Attention, en suivant plusieurs personnages passionnés du livre, vous courez le risque de suivre le même chemin qu’eux ! (AP)

Moi, assassin, Keko et Antonio Altarriba, 2014, Denoël Graphic, 134 p., 9782207116883*

Enrique Rodriguez Ramirez est un professeur d’histoire de l’art et un spécialiste réputé sur la représentation de la souffrance dans l’art. C’est aussi un tueur en série. Il ne se présente pas comme un maniaque sadique ou pervers, mais plutôt comme un artiste, un chercheur dans l’art du meurtre. Il se sent obligé d’innover pour chacune de ses « créations », chaque meurtre étant une œuvre d’art unique. L’assassin nous explique sa « démarche artistique » et les raisons motivant ses actes. Un album dérangeant et intense, porté par un graphisme superbe. Incontournable. (PP)

Voix de la nuit, Ulli Lust d’après Marcel Beyer, 2014, Çà et là, 364 p., 9782369902034*

Après la parution en 2010 de Trop n’est pas assez, qui lui valut le prix Artémisia de la bande dessinée féminine de l’année, nous attendions calmement un nouvel opus d’Ulli Lust. Notre patience est récompensée avec cette adaptation d’un roman de Marcel Beyer relatant la rencontre d’Hermann Karnau, un acousticien allemand embrigadé par le régime à cause de sa théorie sur la langue allemande, et Helda Goebbels, la fille aînée du ministre de la propagande nazie. Lust joue habilement sur ces deux univers diamétralement opposés en alternant les tons de bichromie pour chacun des protagonistes : tons sombres et violents pour Hermann, trop investi dans son projet pour réaliser l’horreur qui l’entoure ; teintes plus douces et effacées pour Helga, adolescente qui pressent la catastrophe inéluctable qui les attend dans le bunker d’Hitler. Le son est évidemment omniprésent tout au long du récit, faisant office de métronome lugubre annonçant l’apocalypse d’une idéologie. Cet ouvrage dense et envoûtant est à lire à tout prix. (RSH)

INTÉGRALES ET COMPILATIONS

Soulignons la réédition du premier tome de la série Barbarella (Humanoïdes Associés, 9782731697612*) en grand format et numéroté, considéré par plusieurs comme la première bande dessinée pour adultes lors de sa parution en 1964, et d’un recueil de huit contes cruels et iconoclastes de Roland Topor, Strips panique (Wombat, 9782919186624*), parus entre 1962 et 1996. (RSH)

***

Sélection et rédaction d’Hélène Brosseau, Sylvain Cabot, Boris Nonveiller, Aurélie Philippe, Patrick Pilote et Réjean St-Hilaire.

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27 octobre 2014  par nos libraires

Littératures : les parutions de septembre

Comme chaque mois, notre équipe de libraires passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour en repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces nouveaux titres, question d’aiguiser votre appétit livresque…

LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE

Hérétiques, Leonardo Padura, 2014, Métailié, 620 p., 9782864249610* (+)

En 1939, un bateau transportant 900 Juifs jette l’ancre à La Havane en attendant l’autorisation de débarquer ses passagers. Daniel Kaminsky et son oncle attendent sur le quai l’arrivée de leur famille et du trésor qu’ils transportent pour payer les contrôleurs : une toile de Rembrandt. Mais le bateau repart vers l’Allemagne. Des années plus tard, le tableau est mis en vente à Londres.

Enon, Paul Harding, 2014, Le Cherche Midi, coll. Lot 49, 286 p., 9782749120805* (+)

« La plupart des hommes de ma famille font de leurs épouses des veuves, et de leurs enfants des orphelins. Je suis l’exception. Ma fille unique, Kate, est morte renversée par une voiture alors qu’elle rentrait de la plage à bicyclette, un après-midi de septembre, il y a un an. Elle avait treize ans. Ma femme Susan et moi nous sommes séparés peu de temps après. »

Ainsi commence Enon, du nom de la bourgade de Nouvelle-Angleterre où Charlie Crosby, détruit par cette tragédie, va entamer une longue descente aux enfers qui le mènera aux confins de la folie. Dans un paysage de fin du monde, Charlie se débat avec les démons de la drogue et le peuple des fantômes qui ne cessent de l’assaillir : celui de sa fille, dont l’existence trop brève se reconstitue à travers le prisme de ses souvenirs chaotiques, mais aussi celui des autres morts d’Enon, endormis sous la terre du petit cimetière paroissial que hante Charlie, errant nuit et jour à la recherche de la délivrance.

Petits oiseaux, Yoko Ogawa, 2014, Actes Sud/Leméac, 268 p., 9782330034382*

Il est le seul à pouvoir apprendre la langue pawpaw afin de communiquer avec son frère aîné, cet enfant rêveur qui ne parle que le langage des oiseaux, n’emploie que ces mots flûtés oubliés depuis longtemps par les humains. Après la mort de leurs parents, les deux hommes demeurent ensemble dans la maison familiale. Parfois, les deux frères décident de « partir en voyage ». Valises en main, ils font halte devant la volière. Ravis de palabrer avec les moineaux de Java, les bengalis ou les canaris citron, ils oublient dans l’instant tout projet de départ. Un jour pourtant le calme du quartier semble en danger, une enfant de l’école disparaît.

La peau de l’ours, Joy Sorman, 2014, Gallimard, 156 p., 9782070146437*

Le narrateur, hybride monstrueux né de l’accouplement d’une femme avec un ours, raconte sa vie malheureuse. Ayant progressivement abandonné tout trait humain pour prendre l’apparence d’une bête, il est vendu à un montreur d’ours puis à un organisateur de combats d’animaux, traverse l’océan pour intégrer la ménagerie d’un cirque où il se lie avec d’autres créatures extraordinaires, avant de faire une rencontre décisive dans la fosse d’un zoo. Ce roman en forme de conte, qui explore l’inquiétante frontière entre humanité et bestialité, nous convie à un singulier voyage dans la peau et la tête d’un ours.

Comment s’en mettre plein les poches en Asie mutante, Mohsin Amid, 2014, Grasset, 252 p., 9782246807827*

Le héros de cette édifiante et rocambolesque épopée, né dans la plus insigne pauvreté, au cœur de la campagne d’un pays anonyme du continent indien, va monter à la ville, parfaire son éducation, rencontrer l’amour, flirter avec la tentation politique, puis faire fortune par le plus inattendu des moyens. Ce sont, en une poignée de pages, quatre-vingts années d’une vie d’homme, « un homme fait de tous les hommes et qui les vaut tous et que vaut n’importe qui » à l’heure de la mondialisation galopante.

EN FORMAT POCHE

Rue des voleurs, Mathias Enard, 2014, Actes Sud/Babel, 345 p., 9782330028619*

À l’heure du Printemps arabe et des révoltes indignées, la Méditerranée s’embrase, l’Europe vacille. Il faut toute la jeunesse, toute la naïveté, toute l’énergie du jeune Tangérois pour s’aventurer sur le champ de bataille. Parcours d’un combattant sans cause, Rue des Voleurs est porté par le rêve d’improbables apaisements, dans un avenir d’avance confisqué, qu’éclairent pourtant la compagnie des livres, l’amour de l’écrit et l’affirmation d’un humanisme arabe.

Le livre de Jonas, Dan Chaon, 2014, Points, 471 p., 9782757836842*

Jonas est un être manquant. Le genre qui garde des cicatrices. Celles qui se voient et celles qui se taisent. La vie lui a volé son frère aîné, Troy, abandonné à la naissance. Et si partir à sa recherche donnait un sens à son existence et guérissait ses blessures ? Au fin fond du Nebraska, Jonas retrouve celui qu’il n’a jamais connu. Réussira-t-il à lui dire la vérité ? Leur bonheur en dépend…

L’homme des hautes solitudes, James Salter, 2014, Points, 249 p., 9782757845561*

Las d’un travail abrutissant sous un soleil de plomb, Rand quitte les plaines californiennes pour Chamonix. C’est le début d’une vie de bohème, rythmée par la pratique de l’escalade, sa passion. Il se lie à Jack, grimpeur qui cherche comme lui à défier les sommets alpins. Au gré d’ascensions de plus en plus ardues, les deux amis n’aspirent qu’à une chose : conquérir enfin la paix des hautes solitudes.

L’invention de nos vies, Karine Tuil, 2014, Livre de Poche, 494 p., 9782253179450*

Sam Tahar, brillant avocat au barreau de New York, semble tout avoir : la célébrité, la fortune, un beau mariage… Mais sa réussite repose sur une imposture. Pour se fabriquer une autre identité en Amérique, il a emprunté les origines juives de son ami de jeunesse Samuel, écrivain raté qui s’enlise dans une banlieue française sous tension. Vingt ans plus tôt, la belle Nina était restée – par pitié – au côté du plus faible. À mi-vie, ces trois comètes se rencontrent à nouveau, et c’est la déflagration… L’histoire d’un triangle amoureux qui percute avec violence la grande Histoire de notre début de siècle.

LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE ET CANADIENNE

Révolutions, Nicolas Dickner et Dominique Forter, 2014, Alto, 432 p., 9782896941957* (+)

Les révolutionnaires français ne se contentèrent pas de guillotiner le roi, de prendre la Bastille et de raccourcir bonne quantité d’aristocrates : ils renversèrent aussi le calendrier, créant douze nouveaux mois dont les noms étaient censés évoquer les divers moments de l’année : vendémiaire, pluviôse, germinal. Deux siècles plus tard, une paire de citoyens curieux, Dominique Fortier et Nicolas Dickner, ont chargé un certain Reginald Jeeves, ingénieux majordome informatique, de leur envoyer quotidiennement le mot du jour qu’ils revisiteraient jusqu’à combler les 366 cases du calendrier. Truffé de petites et de grandes révélations, Révolutions est une entreprise littéraire sans précédant qui décapite joyeusement les idées reçues.

Rien que la vie, Alice Munro, 2014, Boréal, 320 p., 9782764623275* (+)

« Son recueil le plus personnel et le plus autobiographique. […] Avec Rien que la vie, Alice Munro nous emporte avec ses personnages jusqu’aux moments charnières de leurs existences, là où tout peut basculer… » — ICI Radio-Canada

Numéro six, Hervé Bouchard, 2014, Le Quartanier, coll. « Série QR », 176 p., 9782896981793* (+)

C’est l’histoire d’un personnage portant le numéro six dans le hockey mineur. L’histoire très simple de son apprentissage, alors qu’il évolue dans les catégories atome, moustique, pee-wee, bantam, midget, de six à seize ans à peu près. Je connais très bien cette histoire. Tout le monde connaît très bien cette histoire. C’est là que l’écriture commence : dans le rendre étranger des choses familières. On pourrait penser qu’il s’agit d’un récit de formation. Oui. Mais il s’agit surtout d’un récit de déformation. Sur le mode comique, le numéro six fait l’apprentissage de la vie; au bout, il en ressort défait. Telle est la leçon du numéro six.

Une enfance mal fermée, Jean-François Beauchemin, 2014, Leméac, 184 p., 9782760933873*

Il y a dans ces pages un fin saisissement du réel, appréhendé à travers de brefs récits et des escales de réflexion qui ouvrent les portes d’un ermitage salutaire. L’écriture de Jean-François Beauchemin, leste et attentive, filtre à travers les interstices de cette vieille baraque de l’univers d’où nous sortons et où nous finirons tous.

Azami, Aki Shimazaki, 2014, Leméac/Actes Sud, 136 p., 9782330038199* (+)

Mitsuo Kawano, jeune trentenaire, est étonné quand il croise par hasard Gorô Kida, un ancien camarade de classe devenu le président d’une importante compagnie. Il est encore plus surpris lorsque celui-ci l’invite dans un club très sélect où travaille une autre ancienne amie d’école, la belle et mystérieuse Mitsuko, devenue entraîneuse. Mitsuko mène une carrière de rédacteur pour une publication culturelle en attendant de fonder sa propre revue d’histoire. En dépit d’un certain détachement sexuel, il s’entend bien avec Atsuko, la mère de ses deux enfants. Il se contente de fréquenter les salons érotiques pour combler ses besoins. Mais ces retrouvailles fortuites ravivent en lui les rêves et les désirs de jeunesse. Avec sa prose intimiste et précise, Aki Shimazaki explore cette fois ce que l’on devine derrière la paroi trop lisse des apparences.

EN FORMAT POCHE

 Tonbo: Au cœur du Yamato, Aki Shimazaki, Leméac/Actes Sud, coll. « Babel », 120 p., 9782330038175* (+)

« Un court roman tellement simple et limpide qu’on ne doute pas un seul instant que Shimazaki y a travaillé très longuement et consciencieusement afin de poser les mots comme elle pose son regard depuis tant d’années sur ce Japon secret et ouvert aux plus grandes surprises. » — Le blogue La littérature japonaise

Béatrice et Virgile, Yann Martel, 2014, BQ, 216 p., 9782894063552* (+)

« Il y a des images fortes. Et un désir sincère d’approcher autrement une des pires tragédies de l’humanité. […] L’écrivain de 47 ans a réussi, sans l’ombre d’un doute, ceci : écrire un roman sur la difficulté de représenter, par la fiction, l’Holocauste. » — Danielle Laurin, Le Devoir

Des cailloux blancs pour les forêts obscures, Jovette Marchessault, 2014, BQ, 192 p., 9782894063569* (+)

Ce livre raconte un moment dans la vie de Jeanne – depuis sa retraite des Appalaches, au sein d’une petite communauté d’esprits nouveaux –, alors que se meurt sa compagne, Noria. Aviatrice, cette dernière sauve des laboratoires les bêtes torturées à des fins de recherches expérimentales. Sur le seuil de sa vie revient son père avec qui elle s’était réconciliée. Ce médecin lève enfin pour Jeanne l’écrivaine les derniers voiles sur la vie de Noria : sa naissance, son enfance au sein du Ku Kluk Klan, ce fils qu’elle a perdu, et cet amour infini qu’il lui porte.

POÉSIE

Outrenuit, Benoit Jutras, 2014, Herbes Rouges, 130 p., 9782894194591*

Il y a une autre nuit derrière la nuit. Où ma mémoire est faite d’étoiles tombées et mon corps d’apparitions. Où mon visage et ma voix sont des histoires aveugles. Cette nuit ne ressemble à rien. Sa pureté est terrible, son amour est lapidaire. Elle est mon unique prière, mon renversement.

À la croisée des silences, Chloé Sainte-Marie, musique d’Yves Desrosiers et Sylvie Paquette, 2014, Films Gilles Carle, 128 p. (contient deux disques audio totalisant 57 pistes, d’une durée totale de 1:29:43), 622406497026.

Chloé Sainte-Marie repousse les limites de la notion d’album, en présentant À la croisée des silences, une immersion vers la poésie, à travers le parcours d’un livre accessible à tous par sa sensibilité. Sur cet album Chloé Sainte-Marie s’est entourée d’une vingtaine de poètes québécois, dont les mots ont été mis en musique par Yves Desrosiers et Sylvie Paquette, tous les arrangements sont signés Réjean Bouchard. Un album chargé en émotion, qui pointe vers le sacré de la vie, ce qui s’y partage et ce qui s’y perd, mais aussi ce qui s’y crée et ce qui s’y espère.

Le poème est une maison de long séjour, Normand de Bellefeuille, 2014, Noroît, 154 p., 9782890188938* (+)

le poème n’est pas une rue à sens
unique
ni un chien du voisinage
mais plutôt
piano cadencé
et voix querelleuse
le poème est une maison
de long séjour
où l’on fait de mauvais rêves

30 ans de poésie québécoise, Gaston Bellemare (dir.), 2014, de la Grenouillère, coll. « Grandeur de la poésie », 136 p., 9782923949635*

Il y a dans cette anthologie quelque chose de vivant à l’image même de la poésie québécoise. En publiant ces 30 ans de poésie québécoise, nous avons voulu que ce recueil soit un hommage rendu du fond du cœur aux poètes. Nous allions créer une «archive vivante» des lauréats et lauréates d’un des prix les plus prestigieux en poésie.

De l’air, Pierre Ouellet, œuvres de David Moore, 2014, Noroît, coll. « Chemins de traverse », 186 p., 9782890188877*

Il n’y a pas de porte d’entrée à un livre. Tous les livres sont des sorties. Celui-ci s’appelle De l’air : il aurait pu s’appeler Exit, Issue de secours, sortie d’urgence. Pas d’introduction au Grand Dehors, pas de conclusion à l’Air. Il faut simplement leur laisser le passage… et s’engouffrer derrière, aspirés par les puissants courants qui nous emportent ailleurs, loin de nos petites Histoires, de notre pauvre Monde, dans des espaces et des temps qui ne comptent pas, qu’on ne mesure pas, parce qu’ils sont ceux du souffle innombrable, inchiffrable et incommensurable que la langue du poème emprunte à ce que les physiciens appellent brise sidérale, tempête solaire, vent cosmique et les théologiens neume, pneuma, paraclet, première et dernière respiration en quoi les corps naissent et renaîtront par l’ouverture du grand diaphragme que l’exercice de la Parole pratique dans le mur de l’Être pour qu’apparaisse enfin ce qui n’est pas. Cet air, ce rien. Que j’entends de loin… dans les rimes et les rythmes où toute langue prend sa source.

THÉÂTRE

Un regard qui te fracasse: Propos sur le théâtre et la mise en scène, Brigitte Haentjens, 2014, Boréal, coll. « Essais et documents », 224 p., 9782764623541* (+)

Brigitte Haentjens est une des figures majeures du théâtre contemporain. Elle a gagné un fidèle auditoire grâce à son audace dans la programmation et à l’exigence qui marque chacune des productions portant sa signature. Elle propose ici un livre hors norme qui nous montre une artiste en plein processus de création. Elle retrace son parcours depuis l’école de théâtre en France. Elle évoque son passage en Ontario francophone, où sa carrière de metteur en scène a éclos, et son installation au Québec. Surtout, elle parle au présent du travail accompli avec la compagnie qu’elle a fondée, Sibyllines.

Monsieur Toussaint, Édouard Glissant, 2014, Mémoire d’encrier, 300 p., 9782897122430* (+)

Toussaint Louverture, le Spartacus noir, héros de la révolution populaire haïtienne, représente un modèle pour l’humanité. Cet ancien esclave chemine, entre paradoxes et clairvoyances, à travers les chemins sinueux de la liberté. Monsieur Toussaint, c’est l’Histoire, la tragédie dans sa part de lumière, de puissance d’errance. Édouard Glissant revisite Toussaint, évoquant la légende mais surtout ce qu’il appelle « La vision prophétique du passé ».

Pour réussir un poulet, Fabien Cloutier, 2014, L’instant même/Dramaturges éditeurs, 80 p., 9782895023579* (+)

On retrouve dans Pour réussir un poulet les personnages qui jalonnent l’univers de Fabien Cloutier. Des êtres dépassés qui, en tentant d’améliorer leur sort, ne peuvent faire autrement que de glisser dans le vortex de la déchéance. Si Fabien Cloutier réussit à nous faire rire, c’est pour mieux nous rappeler que les choses vont mal. De plus en plus mal.

Peroxyde, Simon Boulerice, 2014, Leméac, coll. « Théâtre Leméac », 96 p., 9782760904415* (+)

Une femme dans la cinquantaine, mariée à un culturiste amateur qui ne la regarde plus, cherche à ensoleiller son existence en se faisant teindre les cheveux en couleurs toujours plus ahurissantes. Son coloriste, entre-temps, devient l’amant d’un homme marié qui fait du culturisme… La narratrice de cette double trame, une patineuse artistique au sourire fendu par la lame d’un partenaire, devient elle-même personnage de ce chassé-croisé où virevoltent des êtres atypiques en quête d’autonomie, de rêve, d’humanité.

Le jeu des positions: Discours du théâtre québécois, Louis Patrick Leroux et Hervé Guay (dir.), 2014, Nota Bene, coll. « Séminaires », 407 p., 9782895184928* (+)

Dans un contexte d’émergence de pratiques individuelles reposant sur la singularité artistique, que dit le théâtre québécois actuel ? De quoi cause-t-il s’il n’est plus forcément lié à une cause ? Quel est le nouveau discours de ses artisans ? Notre collectif entend préciser quelles sphères du privé et du public les discours du théâtre québécois contemporain s’approprient, tout en tentant de comprendre l’évolution de ses discours à une époque où les arts de la scène oscillent entre « écritures du plateau » et retour en force de l’auteur dramatique au-devant de la scène.

LITTÉRATURE POLICIÈRE

Meurtres à Westmount, David Montrose, 2014, Hurtubise, 264 p., 9782897234607*

Montréal, fin des années 1940. Russell Teed est enquêteur privé à l’emploi de compagnies, habituellement pour tirer au clair des affaires de fraude. Une vieille connaissance de son Westmount natal lui confie une enquête qui le change de son ordinaire : Martha Scaley veut connaître le véritable état matrimonial de son gendre, John Sark. Une lettre anonyme lui fait soupçonner qu’il était déjà marié avant de convoler en justes noces avec sa fille Inez. Et chez les Scaley, on est riche et respectable, et on ne fait pas dans la bigamie. Arpentez le Montréal bouillonnant de l’après-guerre au côté de Russell Teed, dans une savoureuse traduction de Sophie Cardinal-Corriveau. Si vous avez aimé Chandler, Chase ou Jim Thompson, Meurtre à Westmount vous comblera.

Le détroit du Loup¸ Olivier Truc, 2014, Métailié, coll. « Noir », 409 p., 9782864249634*

Hammerfest est une petite ville de l’extrême nord de la Laponie, habitée par des éleveurs de rennes. Au détour du détroit du Loup, les morts se succèdent, laissant aux compagnies pétrolières tout pouvoir sur la ville. Klemet et Nina enquêtent pour découvrir le fin mot de l’histoire.

Deep Winter, Samuel W. Gailey, 2014, Gallmeister, coll. «Noire », 314 p., 9782351780787*

Danny, colosse orphelin et simple d’esprit depuis une tragédie advenue dans son enfance, retrouve le corps de Mindy, sa seule amie à Wyalusing en Pennsylvanie le soir de son quarantième anniversaire. Accusé de ce meurtre, toute la ville finit par le croire coupable. Une chasse à l’homme est alors lancée par le shérif, son adjoint et ses renforts.

EN FORMAT POCHE

Écorchée, Donato Carrisi, 2014, Livre de poche, coll. « Thriller », 519 p., 9782253179122*

Quand des personnes disparues depuis longtemps réapparaissent pour tuer, Mila Vasquez tente d’échafauder une hypothèse rationnelle pour expliquer ces faits.

SCIENCE-FICTION

Malphas T.4: Grande Liquidation, Patrick Senécal, 2014, Alire, 587 p., 9782896151103*

Parole de Sarkozy, je m’étais juré de ne pas remettre les pieds à Saint-Trailouin. Après tout, la vie de mon fils en dépendait, et c’est pour être près de lui que j’ai ouvert il y a quelques mois une boutique de livres d’occasion à Drummondville. Or, quand Émile m’a annoncé qu’il partait pour la France avec mon ex, j’ai un peu pété les plombs… avant de réaliser que je pourrais peut-être tirer avantage de cette situation. Me voilà donc de retour à Malphas. Avec l’aide de Simon Gracq – ça n’a pas été simple de le convaincre de me faire à nouveau confiance –, je compte enfin mener à terme mon enquête sur ce qui se passe dans la cave du cégep. Et régler une fois pour toutes mon différend avec les Archlax père et fils. Et découvrir la véritable identité de Rachel Red et les motivations secrètes qui l’animent… et rêvons un peu, l’animer à mon tour. Hélas, malgré le subterfuge qui me permettait d’évoluer en sécurité à Malphas, je dois admettre que le plan que j’avais imaginé pour arriver à mes fins a rapidement foiré. Et me voilà de nouveau dans le « gros trouble ». Mais cette fois, je ne suis pas le seul dans le pétrin, car la grève étudiante est imminente à Malphas. Et un raz-de-marée de carrés rouges à Saint-Trailouin, ça risque d’être plus intense qu’ailleurs…

The expanse T.1: L’éveil du Léviathan, James S.A.Corey, 2014, Actes Sud, 624 p., 9782330033118*

L’humanité a colonisé le système solaire. Jim Holden est second sur un transport de glace qui effectue la navette entre les anneaux de Saturne et les stations installées dans la Ceinture d’Astéroïdes. Quand il croise la route du Scopuli, un appareil à l’abandon, il se retrouve en possession d’un secret bien encombrant. Un secret pour lequel certains sont prêts à tuer. De son côté, l’inspecteur Miller recherche une jeune femme. Quand l’enquête le mène au Scopuli et à Holden, Miller comprend que cette jeune femme est peut-être la réponse à tout. S’il ne découvre pas rapidement qui a abandonné ce vaisseau, et pourquoi, le conflit latent entre le gouvernement de la Terre et les Rebelles risque de se réveiller. Avec ce premier volume de la série  Expanse, James S. A. Corey signe « un space opera à tomber à la renverse » (George R. R. Martin).

Après la chute, Nancy Kress, 2014, ActuSF, 260 p., 9782917689684*

L’Apocalypse a eu lieu. Ils ne sont plus qu’une poignée et leur survie ne tient qu’à une machine. Remontant dans le temps, avant la Chute, ils volent nourriture, vêtements… enfants. Mais ces kidnappings ne passent pas inaperçus. Le FBI est sur les dents. Au même moment, une mutation bactérienne affole les scientifiques. Le compte à rebours a commencé. Entre thriller écologique et drame postapocalyptique, Après la chute, couronné par les prix Locus et Nebula, est un vibrant appel à la préservation de la planète. Par l’auteur de L’une rêve, l’autre pas (Grand Prix de l’Imaginaire).

EN FORMAT POCHE

L’armée des morts: Une anthologie zombie, collectif, 2014, Panini, coll. « Eclipse », 515 p., 9782809441345*

Les morts se relèvent et errent dans les rues en traquant les derniers survivants. Christopher Golden, auteur américain à succès, rassemble dans ce recueil 19 nouvelles de zombies par les plus grands auteurs d’aujourd’hui : Joe Hill, Max Brooks, Kelley Armstrong, Tad Williams, John Connolly et bien d’autres…

Fugues, Lewis Shiner, 2014, Gallimard, coll. « Folio SF », 488 p., 9782070455737*

Ray Shackleford, réparateur de matériel hi-fi, se noie dans l’alcool et la musique pour tenter d’oublier une vie de couple chaotique et les brimades de son père. À la mort de ce dernier, sa vie bascule. Il se découvre un don singulier : il a le pouvoir de se projeter dans l’univers de ses groupes de rock favoris, d’enregistrer des versions inédites de leurs chansons. Poussé par Graham Hudson de Carnival Records, il accepte d’enregistrer l’album mythique et inédit des Doors : Celebration of the Lizard. Mais ces fugues vers le passé sont-elles sans conséquence ? Roman initiatique, réflexion sur le deuil, Fugues est aussi un magnifique hommage au rock des années 1960-1970 où l’on croise, entre autres, Jim Morrison, Brian Wilson, Jimi Hendrix ou les Beatles. Il a reçu le World Fantasy Award en 1994.

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Tous les textes proviennent des éditeurs, sauf lorsqu’il y a mention d’auteur.

Sélection : Benoit Desmarais – litt. étrangère ; Maxime Nadeau – litt. québécoise, poésie et théâtre ; Morgane Marvier – policier ; Caroline Scott – science-fiction.

 


17 octobre 2014  par nos libraires

Essais et documents : les parutions de septembre

Comme chaque mois, notre équipe de libraires passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour en repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces nouveaux titres, question d’aiguiser votre appétit livresque…

 

BIOGRAPHIES

Les carnets d’Edith, Edith Velmans, 2014, Libretto, 294 p., 9782369141228*

À La Haye en 1939, une enfant juive de 14 ans est confrontée à la menace nazie. En 1940, la Hollande est envahie : très vite ont lieu les premières déportations. Edith est cachée sous une fausse identité dans une famille protestante, et assiste de loin à la mort des siens. Écrire dans son journal l’aide cependant à tenir.

Chronique d’un cancer ordinaire: Ma vie avec Igor, Dominique Demers, 2014, Québec Amérique, 187 p., 9782764427217*

Le cancer. Un mot horrible, qui fait peur. Pour mieux dompter, apprivoiser et haïr tout à la fois la tumeur maligne qui s’était incrustée dans son sein, l’auteure Dominique Demers a choisi de lui donner un nom : Igor. Armée de son humour, énergisée par son amour du sport et du voyage, la dynamique et impatiente patiente a entrepris les traitements comme elle mène la barque de sa vie : en se lançant des défis, en osant rire de l’absurde et questionner l’intolérable. En acceptant, aussi, qu’il y a des jours gris. Elle livre ici la chronique de cette période charnière, rédigée sous forme de courts billets parfois drôles et parfois déchirants : autant d’instantanés de moments clés, depuis cette sieste fatidique où elle a repéré la masse, le fameux et monstrueux Igor, jusqu’à l’orée de sa rémission. Car, en plus d’être un récit qui propose des réflexions éclairantes pour qui côtoie la réalité du cancer, c’est une histoire qui finit bien.

Deux garçons à la mère, Guylaine Guay, 2014, Libre Expression, 152 p., 9782764810781*

Si la vie est un voyage, certains sont moins linéaires que d’autres. Celui de Guylaine Guay ressemble à s’y méprendre à un joyeux tortillard. Son périple est tout à fait unique puisqu’elle a frappé très fort à la loto-probabilité : ses deux fils, Léo, treize ans, et Clovis, onze ans, sont autistes. Et cent fois par jour, elle fait l’aller-retour sur la planète de ses enfants, ses deux petits extraterrestres, comme elle les surnomme.

Pourtant, elle a choisi de prendre la vie avec mordant et humour afin de dédramatiser et d’apprivoiser tous les jours, toutes les heures, toutes les minutes, cette condition encore méconnue qu’est l’autisme. Rien ne semble vouloir l’arrêter ou la démonter. Au contraire, son enthousiasme est contagieux. Dans Deux garçons à la mère, elle propose un aller simple émotionnel dans la singularité qu’est SA famille. Ce touchant récit nous fait découvrir toute la tendresse d’une femme aux yeux et au cœur ouverts à la différence. La vision de Guylaine Guay est loin d’être ordinaire et ennuyante : c’est une comique, après tout !

Georges Brossard : audace et démesure, Barbara Kahle, 2014, Québec Amérique, 297p., 9782764427262*

Georges Brossard a recueilli des centaines de milliers de bestioles dans plus de 110 pays, fondé l’Insectarium de Montréal, fait l’apologie des arthropodes sur toutes les tribunes médiatiques. Mais il est bien plus que le « fou des insectes » ! Visionnaire, humaniste et philanthrope, il défend tous les laissés-pour-compte.

 

SCIENCES HUMAINES

Les mots sans les choses, Éric Chauvier, 2014, Allia, 122 p., 9782844858870*

« Travailler dans l’événementiel », en d’autres termes dans « ce qui fait le buzz ». Tel est le souhait de Younes, adolescent de 16 ans de la Seine-Saint-Denis. Quant à vous, peut-être habitez-vous dans une « ville­monde », où le flâneur ne flânerait plus mais participerait au flux mondial d’information. Ces concepts surplombants, plaqués sur des faits ou sur des groupes sans pouvoir les relier à l’expérience individuelle, voilà ce contre quoi Éric Chauvier s’insurge. Dans un même élan, il déboulonne quelques-uns des grands penseurs du monde social, Bourdieu, Lévi-Strauss ou Foucault mais aussi les gender studies tant à la mode, ou encore les théories du care. Freud s’était en son temps inquiété de l’usage intempestif des termes de psychiatrie, tels que « paranoïa » ou « schizophrénie ». Non par élitisme mais par peur du danger que cela représentait : employer des mots lourds de sens pour les appliquer à des situations et des personnes qui ne présenteraient aucun des critères cliniques à même d’en justifier l’emploi. Éric Chauvier dénonce à sa suite les dommages de la vulgarisation scientifique. Plus encore met-il au jour les faux effets d’autorité qui en découlent.

Liberté et propriété, Ellen Meiksins Wood, 2014, Lux, coll. « Humanités », 434 p., 9782895961864*

« La meilleure façon de mettre en lumière les limites des doctrines dominantes, c’est de connaître la tradition canonique et le contexte historique qui les ont vu naître. » Suivant ce précepte, Liberté et propriété retrace l’histoire sociale de la pensée politique de la modernité. Sondant les grands moments politiques de cette période (la cité-État de la Renaissance, la Réforme, les empires espagnols et néerlandais, l’absolutisme français et la Révolution anglaise), Ellen Meiksins Wood pense ensemble la naissance de l’État moderne et la formation du capitalisme. Cet ouvrage fait suite à Des citoyens aux seigneurs, qui couvrait la période allant de l’Antiquité à la fin du Moyen Âge. La grande thèse qui sous-tend cette imposante recherche peut être résumée ainsi : la pensée politique est intrinsèquement liée à l’évolution historique de la relation conflictuelle entre État et propriété privée, et c’est dans cette tension que les sociétés modernes ont accouché d’idées riches et équivoques encore vivantes de nos jours : les droits de la personne, la liberté, l’égalité et la propriété.

Libres d’apprendre: Plaidoyers pour la gratuité scolaire, Gabriel Nadeau-Dubois (dir.), 2014, Écosociété, 200 p., 9782897191504*

Objet d’un large consensus parmi les protagonistes de la Révolution tranquille, la gratuité scolaire est aujourd’hui généralement considérée comme une proposition politique marginale, voire utopique. Portée par des milliers de personnes au printemps 2012, cette revendication est souvent jugée irréaliste dans le contexte budgétaire actuel. Comment a pu s’opérer un tel glissement ? Avec la marchandisation grandissante des universités, la gratuité des études supérieures n’a pourtant jamais été aussi pertinente. C’est ce que cherchent à démontrer les auteur.e.s rassemblé.e.s dans cet ouvrage, chacun.e livrant son plaidoyer selon sa génération, son domaine et sa sensibilité. Unissant leurs voix, ils et elles rappellent qu’instaurer la gratuité scolaire, c’est permettre à tous et toutes d’être libres d’apprendre.

Démocratie.com: Pouvoir, culture et résistance à l’heure des géants de la Silicon Valley, Astra Taylor, 2014, Lux, coll. « Futur proche », 200 p., 9782895961901*

Nombreux sont ceux qui ont salué l’avènement d’internet comme le déferlement d’une force de démocratisation sans précédent. L’apparition d’un espace illimité où tout un chacun pouvait s’exprimer et être entendu ouvrait grand l’horizon des possibles culturels, politiques et économiques. Or, après quelque vingt ans de web, peut-on dire que cette vision s’est concrétisée ? Avec internet, il n’y a pas eu révolution, mais réorganisation affirme Astra Taylor. Le pouvoir a changé de main – les magnats de la Silicon Valley ont remplacé les nababs d’Hollywood – et les pires travers du système médiatique ont proliféré en ligne. Tel qu’il est aujourd’hui, le web reflète et amplifie les inégalités du monde réel au moins autant qu’il ne les atténue. Sans tomber dans un scepticisme stérile, Démocratie.com critique les discours techno-utopiques des penseurs des nouveaux médias et des militants pour le libre accès. Astra Taylor rappelle que la démocratie n’est pas une émanation directe des technologies et que pour faire d’internet une véritable plateforme populaire, il faut créer les conditions d’une culture démocratique durable. Neutralité d’internet, grands monopoles, protection de la vie privée, propriété intellectuelle et industrie culturelle à réinventer… les défis ne manquent pas.

Raison et déraison du mythe, Gérard Bouchard, 2014, Boréal, 230 p., 9782764623350*

Il existe dans toutes les sociétés des valeurs et des croyances qui en viennent à exercer un tel ascendant qu’elles s’imposent aux esprits. D’origine religieuse ou non, elles jouissent d’un statut qui leur permet d’échapper en grande partie à la contestation. Toute remise en question est perçue comme une profanation. Ainsi, qui voudrait rejeter les libertés civiles en Angleterre, l’égalité des citoyens en France, le droit de propriété aux États-Unis, ou bien l’égalité des races en Afrique du Sud, ou encore l’égalité homme-femme au Québec ? S’appuyant sur la raison, mais se nourrissant surtout d’émotion et de sacralité, ces valeurs sont devenues intouchables. Par quel chemin y sont-elles arrivées ? En d’autres mots, comment naît un mythe ? Comment se diffuse-t-il et assure-t-il sa reproduction ? Comment vient-il à décliner ? Et pourquoi ne porte-t-on pas davantage attention à ces représentations puissantes qui expriment les sentiments les plus profonds d’une société, qui nourrissent les identités, les idéologies, qui structurent les visions du passé et de l’avenir, qui inspirent les choix collectifs et balisent le débat public ?

 

PSYCHOLOGIE

Les corps malmenés, Pierre Peuteuil, 2014, Armand Colin, 192 p., 9782200283186*

Anorexie, boulimie, surpoids, obésité, une véritable épidémie de troubles alimentaires a gagné les sociétés modernes. De quoi ces pathologies sont-elles révélatrices ? À l’évidence indicatrices d’une perte des repères nutritionnels, seraient-elles aussi annonciatrices d’une possible modification en devenir du morphotype humain ?

Au-delà des descriptions cliniques de chacune de ces affections, ce sont les similitudes qui les rassemblent que l’auteur, appuyé sur son expérience clinique, révèle. Le rôle de la nourriture d’abord, aux fins de privation mortifiante ou de gavage. Mais aussi et peut-être surtout le corps lui-même, pris en otage par l’anorexique, dictateur de la boulimique, victime expiatoire d’on ne sait trop quel crime chez l’obèse. Pierre Peuteuil nous invite à un autre regard, synthétique, sur les déviances alimentaires et les dérives pondérales. Insistant sur la spécificité individuelle de ces odyssées corporelles, aussi tragiques les unes que les autres, ce livre se veut exposition de la problématique, mais également invitation à réflexion sur les raisons multiples des échecs comme des succès thérapeutiques.

L’estime de soi, Nathalie Oubrayrie-Roussel, 2014, In Press, 290 p., 9782848352886*

Synthèse théorique et pratique sur l’estime de soi, sa dimension évaluative et affective, sa place dans la construction de l’identité aux différents âges de la vie, et dans le déclenchement des psychopathologies.

Petit Bouddha : une approche simple aux questions de la vie, Lori Deschene, 2014, ADA, 2 disques (140 minutes), 9782897360672*

Quel est le sens de la vie ? De quoi avons-nous besoin pour être heureux ? Pourquoi est-il si difficile d’entretenir de bonnes relations ? L’auteure Lori Deschene aborde ces questions, et beaucoup d’autres, en nous racontant de quelle façon elle a elle-même surmonté de nombreuses difficultés, telles que la dépression, la solitude, une faible estime de soi et le sentiment de mener une vie insipide. Petit Bouddha est un guide motivant et plein de sagesse, qui vous mènera sur le chemin de votre propre bonheur, même dans un monde rempli d’incertitudes.

 

PHILOSOPHIE

Jaurès et le réformisme révolutionnaire, Jean-Paul Scot, 2014, 360 p., 9782021155099*

Jaurès n’est pas aujourd’hui honoré comme l’authentique socialiste anticapitaliste et révolutionnaire qu’il fut. Les « réformistes » du parti socialiste édulcorent depuis longtemps la vigueur de sa critique du capitalisme et l’audace de sa conception du socialisme démocratique. Beaucoup ne voient plus en lui qu’un champion de la justice et un réformiste précurseur des compromis sociaux-libéraux. Une relecture « au plus près » des textes de Jaurès permet d’apporter un éclairage nouveau sur sa pensée politique. Loin d’être antimarxiste, Jaurès déclare en 1901 avoir été « toujours dirigé par ce que Marx a nommé magnifiquement l’évolution révolutionnaire ». Cette stratégie consiste à introduire une succession de réformes anticapitalistes « qui annoncent et préparent la société nouvelle, et par leur force organique hâtent la disparition du monde ancien ». Les propos révolutionnaires de Jaurès sont souvent interprétés comme des concessions faites aux « marxistes » pour les rallier à l’unité du parti socialiste, ou comme des postures adaptées à l’exercice de l’opposition. En retraçant le parcours intellectuel de Jaurès, cet essai montre au contraire comment sa pratique des « réformes révolutionnaires » tend vers un au-delà du capitalisme et constitue la clé de lecture de tous ses combats pour la République, la démocratie et le socialisme.

La philosophie de l’absurde, Guiseppe Rensi, 2014, Allia, 205 p., 9782844859006*

Testament spirituel dans lequel G. Rensi (1871-1941) défend l’absurdité comme seule approche possible du monde, loin des idées de progrès et de rationalité de l’histoire.

Histoire des idées politiques, Jean-Claude Ricci, 2014, Dalloz, 516 p., 9782247136827*

Sous une forme simple, agréable à lire, le présent ouvrage  permet de découvrir, au fil des siècles, les solutions et les systèmes imaginés pour rendre meilleurs la vie collective des hommes, l’organisation des sociétés et les gouvernants. La présentation des principaux auteurs et courants de pensée politiques depuis l’Antiquité grecque jusqu’à nos jours nous permet de mieux comprendre notre monde actuel. Dans cette 3e édition, l’auteur introduit la notion de « civilisation du risque » c’est-à-dire les réflexions politiques qui tournent autour de préoccupations d’écologie politique.

S’interroger sur le sens de la vie, Simon Beaudoin, 2014, Liber, 184 p., 9782895784630*

Cet ouvrage porte sur l’homme et sur sa quête de sens. Dans une perspective philosophique, nous y examinons les grands types de discours qui organisent notre rapport au monde et qui contribuent ainsi à la recherche humaine d’une vie plus sensée : la philosophie, la mythologie, la religion et la science. Ces discours offrent à la conscience des peuples et des civilisations leurs repères culturels fondamentaux. Ils déterminent les croyances partagées, les savoirs admis et les valeurs sacrées, d’où l’intérêt de les examiner et de voir comment ils contribuent à nous guider. Cela nous permet bien sûr de circonscrire l’apport singulier de la philosophie à la question du sens de la vie. Nous nous arrêterons en particulier à cet égard à la contribution que nous ont léguée trois grands philosophes de l’Antiquité grecque, Platon, Aristote et Épicure.

 

CUISINE

3 fois par jour, Marilou et Alexandre Champagne, 2014, Cardinal, 256 p., 9782924155745*

Entre le jour où nous aménagions un petit studio près de ma chambre pour y loger quelques assiettes et aujourd’hui, la terre a eu le temps de faire un tour complet, tout comme nos vies. Trois fois par jour est né de la rencontre de deux passions : la mienne pour la cuisine et les arts de la table, et celle d’Alexandre pour la photographie. Après avoir fait nos premiers pas sur le web, c’est avec beaucoup d’amour, de rigueur et d’humour que nous avons créé ensemble ce premier ouvrage dont nous sommes si fiers.

Dans la cuisine de Stefano Faita : plus de 250 recettes de l’entrée au dessert, Stefano Faita, 2014, Trécarré, 448 p., 9782895686323*

Dans la cuisine avec Stefano Faita vous propose de confectionner des repas faciles et délicieux, à partir d’ingrédients simples et frais du jour. À travers 250 recettes qu’il vous fait partager, Stefano dévoile ses nombreux trucs et suggère des moyens de substitution intéressants. Du petit-déjeuner au souper, vous serez comblé par la variété des idées présentées et vous aurez le goût de concocter de délicieux mets pour votre famille ou vos amis. Tout y est : déjeuners, bouchées, pâtes préférées, salades et accompagnements, plats principaux, menus du soir, desserts et boissons. Alors, que ce soit pour tous les jours ou lors de grandes occasions, Stefano vous accompagne « dans la cuisine », de l’entrée au dessert !

Cuisine système D, Jamie Oliver, 2014, Hachette Pratique, coll. « Jamie Oliver and Co », 288 p., 9782012388307*

Après l’incroyable succès de Jamie en 15 min, le chef le plus célèbre de Grande-Bretagne est de retour avec une nouvelle promesse : celle de faire bon, équilibré mais aussi économique ! Des repas rapides, complets et délicieux pour tous les jours de la semaine. Jamie prend le meilleur de la gastronomie, s’inspirant des différentes cultures européennes, indiennes, asiatiques ou de la street-food, pour proposer des recettes bon marché.

Jamie Oliver livre ici toutes ses astuces et bons plans pour vous aider à acheter malin, tirer le meilleur parti des ingrédients, gagner du temps et éviter le gaspillage alimentaire, sans pour autant oublier de proposer des plats sains et surtout savoureux ! Un livre bientôt culte avec 110 recettes simples et savoureuses !

Montréal, 140 découvertes gourmandes: Guide thématique pour croquer la ville, Sophie Suraniti, 2014, Transcontinental, 272 p., 9782897430290*

Où aller pour bruncher autrement qu’aux œufs tournés, patates et « montagne de fruits » ? Pour casser la croûte en fin de soirée sans finir au délicatessen? Pour se régaler entre amis, avec les enfants, avec pitou, ou même en travaillant devant l’ordi? Parce que nos envies et nos besoins diffèrent, ce guide nous emmène dans la métropole gourmande par des voies inexplorées : 15 thèmes inédits regroupent 140 restos, bars ou cafés qui se démarquent.

 

VIE PRATIQUE

La première fois que…: Conseils sages et moins sages pour nouveaux parents, Marianne Prairie, 2014, Caractère, 304 p., 9782896429561*

Dans la vie d’un nouveau parent, les premières fois sont nombreuses. Il y a par exemple : la première fois qu’un étranger pose sa main sur la bedaine de la future mère (un classique !) ; la première fois que maman constate qu’allaiter son enfant peut être compliqué ; la première fois où les parents amènent Bébé aux urgences ; la première fois qu’on voyage à trois ; et même, la première fois qu’on a carrément honte de sa progéniture ! Si plusieurs étapes sont gratifiantes et émouvantes, d’autres inquiètent ou laissent carrément perplexe. La première fois que…  aide les parents à mieux se préparer aux événements marquants dans la vie de leur enfant, à comprendre leurs propres réactions, mais aussi à interpréter les comportements de leur petit. Plus qu’un simple recueil d’états d’âme, le livre fait place à des conseils écrits avec l’humour décapant propre à l’auteure et validés par des professionnels. De plus, les parents sont invités à noter les souvenirs de leurs propres premières fois avec leur enfant, transformant le livre de conseils en livre-souvenir. Un must.

Ostéoporose, Juliet E. Compston, 2014, Modus Vivendi, coll. «Votre santé », 124 p., 9782895238393*

Fragilité des os, dos courbé et perte de grandeur… et si tous ces signes n’étaient pas dus au vieillissement, mais à l’ostéoporose ? Cet ouvrage vous fournit de nombreuses informations pour vous permettre de comprendre comment se développe l’ostéoporose et répondre à vos questions dans un langage simple.

Le patient et le médecin, Marc Zaffran, 2014, PUM, 256 p., 9782760634060*

Dans l’esprit de tous, la relation entre patient et médecin est simple et naturelle : l’un demande des soins, l’autre les lui prodigue. La réalité est souvent très différente. Soigner est peut-être naturel quand il s’agit de nos proches, mais les professionnels de la santé n’ont souvent ni la formation ni la motivation pour exercer dans les conditions adéquates. Un peu partout, le monde médical reste marqué par une culture peu propice au souci et au respect de l’autre.Certaines attitudes médicales peuvent même être maltraitantes, en particulier à l’égard des femmes. S’appuyant sur des exemples tirés des contextes français et québécois, Marc Zaffran a voulu aller au fond de cette question, qu’il a souvent abordée dans ses différents ouvrages : comment la relation entre patient et médecin peut-elle cesser d’être un rapport de force et devenir, pleinement, une relation de soin — c’est à dire d’entraide, de soutien et de partage. Marc Zaffran a été médecin de famille et en santé des femmes en France de 1983 à 2008. Sous le pseudonyme de Martin Winckler, il est l’auteur entre autres de La maladie de Sachs (1998), Le chœur des femmes (2009) et En souvenir d’André (2012). Il vit à Montréal et a enseigné à l’Université de Montréal, à l’Université McGill et à l’Université d’Ottawa.

Un médecin se confie, Serge Daneault, 2014, La Presse, 184 p., 9782897053017*

À travers des confidences faites à un jeune médecin, à une infirmière et maintenant à un ami face à la maladie, l’auteur invite le lecteur à réfléchir au gré de cette série de lettres pour explorer les multiples facettes du travail de soignant. Cet ouvrage évoque bien sûr l’inéluctable épreuve de la maladie et l’inévitable confrontation avec la mort. Mais il ratisse plus large en abordant entre autres l’affection éprouvée par les proches, la nécessité de trouver la joie, le courage dont il faut faire preuve pour traverser les moments difficiles ou la quête de sens à laquelle tous les êtres humains sont, un jour au l’autre, confrontés. Un médecin se confie n’est pas un ouvrage complaisant. Il se veut plutôt une critique envers une profession qui accapare beaucoup de richesse et de pouvoir dans notre société, oubliant parfois qu’elle est d’abord au service des plus démunis.

SOS docteur: Les petits et grands maux de 50 ans et plus, Harold Christian Dion, 2014, Caractère, 224 p., 9782896429424*

À l’aube de la cinquantaine apparaissent souvent de petits ennuis de santé et des maux chroniques. À l’aide de cas fictifs, dans le même langage qu’il utilise pour répondre à ses patients, Harold Dion, médecin en médecine familiale, recense dans cet ouvrage les maux les plus courants qui amènent les 50 ans et plus dans son cabinet. Pour chacun, il décrit les symptômes, passe en revue les diagnostics possibles et aborde les traitements. Il donne également des conseils sur la prévention qui aideront les babyboomers à préserver leur santé et à profiter d’une longue retraite active. À l’heure où les baby-boomers s’occupent mieux de leur santé que les générations précédentes, où près d’un Québécois sur cinq est sans médecin de famille et que le Web se montre souvent plein de contradictions, ce guide saura informer les gens, les rassurer en leur faisant part de ce qui est normal ou pas, de ce qui mérite une visite en clinique ou non.

 

BEAUX-LIVRES & ARTS

Séries télé: Saison un, Sébastien Hubier et Emmanuel Le Vagueresse (dir.), 2014, Ta Mère, coll : « Pop-en-stock », 310 p., 9782923553672*

Depuis les années 1970-1980, les TV studies sont devenues une discipline majeure qui, depuis les universités anglo-américaines où elles sont nées, se sont répandues dans le monde entier, à l’instar des séries télé elles-mêmes, devenues la forme narrative incontournable de notre époque. Du rôle des références littéraires dans Lost à l’implication du ministère de l’Intérieur dans la production de séries policières cubaines, en passant par la notion de communauté dans Grey’s Anatomy et le conservatisme américain dans Dawson’s Creek, ce volume propose une première collection d’essais variés sur la sérialité télévisuelle. C’est un éventail large, qui nous montre à quel point ce que l’on appelle aujourd’hui « l’âge d’or de la télévision » offre un matériau fécond pour questionner et comprendre les mécanismes internes mouvants de la série télévisuelle ainsi que la place qu’elle occupe dans nos sociétés

Bleu nuit: Histoire d’une cinéphilie nocturne, Éric Falardeau et de Simon Laperrière (dir.), 2014, Somme Toute, 344 p., 9782924283486*

Entre 1986 et 2007, le réseau de télévision Quatre Saisons diffusait tous les samedis soirs une série de films érotiques qui aura eu une répercussion sans précédent sur l’imaginaire d’une génération de spectateurs. Ce programme s’intitulait Bleu Nuit.
 Bleu Nuit: Histoire d’une cinéphilie nocturne brosse un survol historique singulier de la célèbre émission.

Cet ouvrage porte surtout sur le public ayant regardé Bleu nuit et tentera, à travers plusieurs entrevues, critiques et témoignages, d’analyser la véritable formation d’un regard.
 Richement illustré, cet ouvrage collectif regroupe des articles rédigés par des spécialistes de renom, tout comme des souvenirs rapportés par des cinéphiles nostalgiques.

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Tous les textes proviennent des éditeurs, sauf lorsqu’il y a mention d’auteur.

Sélection : Caroline Scott – biographies et vie pratique ; Benoit Desmarais – sciences humaines ; Caroline Le Gal – psycho, philo et cuisine ; Marie-Ève Blais – sciences humaines et arts & beaux-livres.


15 octobre 2014  par nos libraires BD

Bandes dessinées : la crème de septembre

Comme chaque mois, notre équipe de libraires spécialisés en bandes dessinées passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces récits complets et autres premiers tomes, question d’aiguiser votre appétit livresque…

BANDES DESSINÉES QUÉBÉCOISES – ADULTES

Je sais tout, Pierre Bouchard, 2014, Pow Pow, 108 p., 9782924049167*

Savoir des choses, c’est bien. Mais tout savoir, c’est mieux. Ça tombe bien, d’ailleurs, parce que Je sais tout est sans aucun doute le meilleur livre qui soit pour savoir toutes les choses qu’il faut savoir sur les choses dont les gens parlent tout le temps. Des chèques géants aux servants de messe en passant par le saumon et le ballon-balai, tous les sujets de l’heure les plus intemporels sont ici décortiqués avec le genre d’exhaustivité maladive dont raffolent les joueurs de calibre olympique de Quelques arpents de piège. (Résumé de l’éditeur)

BANDES DESSINÉES ÉTRANGÈRES – JEUNESSE

Le voyage d’un hamster extraordinaire, Pauline Martin et Astrid Desbordes, 2014, Albin Michel, coll. « Jeunesse », 127 p., 9782226255013*

Les animaux de la clairière sont invités par le cousin d’ours à se rendre sur la banquise. Hamster suivra ses congénères à contrecœur, malgré son désir de se rendre plutôt sur la lune pour visiter ses supposés cousins… Titre clin d’œil aux récits de Jules Verne, ce qu’il a de vraiment extraordinaire dans ce voyage est sans contredit le caractère exécrable de ce hamster, prétentieux, méprisant, mythomane et gourmand et qui, malgré tous ses défauts, est pourtant accepté par ses amis, lui qui se croit si supérieur et exceptionnel. À partir de 6 ans. (HB)

BANDES DESSINÉES ÉTRANGÈRES – ADULTES

Chez les toubibs, Gus Bofa, 2014, Cornélius, coll. « Victor », 128 p., 9782360810857*

Avant tout, rappelons que Gus Bofa était un dessinateur formidable, largement au-dessus de la meute. Il possédait un trait unique, plus libre, plus léger, et dix fois plus mordant que tous les Alain Saint-Ogan ou Hergé de son époque. Pour notre bonheur, toute son indépendance d’esprit, toute son insoumission, percent à merveille dans Chez les toubibs, recueil de dessins d’humour tiré de son expérience personnelle (initialement publié en 1917). En 1915, Bofa a été grièvement blessé à la jambe. Il a refusé l’amputation que lui offraient les médecins, puis a été baladé d’hôpital en hôpital pendant un an. De cette expérience, il a tiré une série de dessins, cruels et vifs, sur les tristes travers des services de santé en temps de guerre. Le soldat n’y est plus qu’un numéro, voire un organe, soumis à l’inconséquence des chirurgiens. C’est souvent drôle et toujours hallucinant. De surcroît, le livre est superbe, comme toujours avec Cornélius. (SC)

Le chant du cygne T.1 : Déjà morts demain, Cédric Babouche, Xavier Dorison et Emmanuel Herzet, 2014, Le Lombard, 64 p., 9782803634088*

En pleine guerre 14-18, une poignée de poilus se retrouvent détenteur d’un curieux document : la pétition de la Côte 108. Une pétition signée par tant de soldats qu’on lui prêterait le pouvoir de renverser l’Assemblée, et par conséquent l’espoir de faire cesser la boucherie. Encore faut-il que la fameuse pétition arrive jusqu’à Paris, entre les mains de l’homme adéquat. Mis au pied du mur par les autorités, les soldats n’ont plus d’autres choix que de déserter pour porter eux-mêmes le document. Les scénaristes Xavier Dorison (WEST, Long John Silver, Human Stock Exchange et tant d’autres…), et Emmanuel Herzet (Duelliste, Narcos) tissent un récit solide et impeccablement tendu. Quant au dessin, Babouche montre toute sa maîtrise de l’aquarelle avec des ambiances colorées particulièrement généreuses. Une lointaine influence manga se perçoit dans le dynamisme et les choix de cadrages (on pense à Miyazaki), pour un résultat des plus séduisant. (SC)

Mort au Tsar T.1 : Le gouverneur, Thierry Robin et Fabien Nury, 2014, Dargaud, 60 p., 9782205071665*

Après la bande dessinée historique très convaincante sur la mort de Staline, le duo Robin et Nury se surpasse en revenant aux sources de la révolution communiste en Russie. La première partie de Mort au Tsar se déroule en 1904 et suit l’attentat sur la vie du gouverneur général de Moscou, Sergueï Alexandrovitch, un événement clé dans les coulisses de la révolution d’octobre. Il s’est fait beaucoup d’écrits sur cet assassinat politique (Camus, entre autres, s’en est inspiré pour écrire sa pièce, Les Justes), mais on s’est souvent davantage attardé au sort des révolutionnaires qu’à celle du gouverneur. Sans manichéisme, ce premier tome réussit habilement à montrer la tension qu’a connue le principal intéressé, et plusieurs ambiguïtés morales qui peuvent hanter un dirigeant en période de discorde. Le tout sous un ton de thriller politique. (BN)

Supercrooks : Le Casse, Leinil Yu et Mark Millar, 2014, Panini Comics, coll. « Best of Fusion Comics », 128 p., 9782809438314*

Un plan de cambriolage à la Ocean’s 11, dans un univers sanglant de super héros, du style Kick-Ass mais avec de super pouvoirs, c’est ce que propose Supercrooks. L’intrigue réunit une équipe de criminels paumés dotés de pouvoirs surnaturels. À cause des super héros, être hors-la-loi est devenu très dangereux, mais une clique décide de s’attaquer au légendaire super méchant à la retraite, le Bâtard, dont l’un des pouvoirs est de faire exploser des têtes à distance. Mêlant les genres, Supercrooks est une histoire de vol de banque totalement délirante avec des poussées d’adrénaline et de l’hémoglobine à volonté. Comme pour Superior, Nemesis et Kick-Ass, Mark Millar joue brillamment avec les codes des comics tout en établissant une psychologie réaliste des personnages et un style narratif brutal, éclaté et sans concession. (BN)

Tripoli, Youssef Daoudi, 2014, Glénat, 86 p., 9782723489317*

Cette bande dessinée nous montre les débuts sur la scène internationale de ce tout jeune pays que sont les États-Unis au début du XIXe siècle. À cette époque, le commerce dans la mer Méditerranée est menacé par les états barbaresques d’Afrique du nord et les États-Unis doivent payer un lourd tribut au pacha de Tripoli. La capture d’une frégate américaine par les pirates barbaresques incitera le président Jefferson à mettre sur pied une opération d’envergure pour renverser le pacha et mettre sur le trône de Tripoli un prince plus favorable aux intérêts américains. Cette opération marquera la première intervention de l’armée américaine hors de ses frontières, nous sommes en 1804. Un style graphique agréable et précis, une documentation exemplaire, voilà les ingrédients parfaits pour nous raconter cette page méconnue de l’Histoire. À découvrir. (PP)

14-18 T.1 : Le petit soldat (Août 1914), Étienne Le Roux, Loïc Chevalier et Corbeyran, 2014, Delcourt, coll. « Histoire et histoires », 55 p., 9782756035307*

Cette année marque le centenaire de la Première Guerre mondiale et de nombreux ouvrages sur le sujet nous sont présentés. Dans cette abondance de proposition, la série 14-18 est un excellent choix. Le premier tome est très bien réalisé, on nous présente le destin d’un groupe d’amis engagés ensemble dès le début du conflit. La vie des civils restés à l’arrière est aussi abordée puisqu’on nous raconte l’histoire des femmes de nos héros. Un album très bien documenté, abordant le conflit sous de multiples facettes et traitant aussi de la vie sociale du début du XXe siècle en France. Une série très prometteuse, prévue en 10 volumes (2 tomes pour chaque année du conflit). (PP)

Human Target T.1, Javier Pulido, Peter Miligan et Edvin Biukovic, 2014, Urban Comics, coll. « DC Essentiels », 392 p., 9782365775359*

Christopher Chance, surnommé la Cible humaine, est un aventurier qui adopte l’apparence et le mode de vie de ses clients menacés de mort. Engagé pour remplacer un pasteur noir dont les sermons attisent la haine de dealers californiens, Chance éprouve de plus en plus de difficulté à dissocier le vrai du faux. Avec une précision chirurgicale et un sens du rythme machiavélique, Peter Miligan tisse un thriller labyrinthique explorant les tréfonds de l’âme humaine. À lire de toute urgence! (RSH)

Fatale, Cabanes et Manchette, 2014, Dupuis, coll. « Aire Libre », 136 p., 9782800152509*

L’œuvre de Jean-Patrick Manchette, maître du néopolar décédé en 1995, a marqué son époque, et trois de ses onze romans ont déjà été adaptés en bande dessinée. On ne peut donc que se réjouir de l’initiative du fils de l’auteur, Doug Headline, qui fait à nouveau équipe avec le dessinateur Max Cabanes dans cette transposition du roman Fatale. On y suit Aimée Joubert, séduisante jeune veuve fraîchement débarquée dans la ville portuaire de Biéville, et son accession au cercle fermé de la haute bourgeoisie municipale, théâtre de grenouillage où chacun tente de tirer avantage de cette nouvelle venue. Mais quelles sont ses véritables motivations? Avec ce polar social très littéraire, Manchette poursuit son travail de sape de l’idéologie bourgeoise. (RSH)

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Sélection et rédaction d’Hélène Brosseau, Sylvain Cabot, Boris Nonveiller, Patrick Pilote et Réjean St-Hilaire.

 

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