Le Délivré

Archive pour la catégorie ‘◦ Aperçus’


30 juin 2015  par nos libraires BD

Bandes dessinées : la crème de mai

Comme chaque mois, notre équipe de libraires spécialisés en bandes dessinées passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces récits complets et autres premiers tomes, question d’aiguiser votre appétit livresque…

BANDES DESSINÉES QUÉBÉCOISES – ADULTES

André le Géant: La vie du Géant Ferré, Box Brown, 2015, La Pastèque, 240 p., 9782923841663*

Cette excellente biographie en bande dessinée retrace la vie du fameux lutteur André le Géant, mais pas uniquement. En véritable passionné de la lutte, l’auteur nous livre aussi certains secrets de ce curieux sport/spectacle, et l’ensemble s’avère très surprenant. Nul besoin d’être intéressé par la lutte pour être captivé par ce récit. On y découvre divers aspects de la vie privée d’André : sa relation avec Hulk Hogan, son attachement à son sport, et toutes les difficultés liées à sa grande taille. Une taille surhumaine due à une maladie, l’acromégalie, qui lui valut de nombreuses douleurs à la fin de sa vie. Avec un trait franc et une narration fluide, cette bande dessinée parvient sans mal à rendre son sujet très attachant. (SC)

BANDES DESSINÉES ÉTRANGÈRES – ADULTES

Cigish ou Le maître du je, Florence Dupré la Tour, 2015, Ankama, coll. «Label 619 », 303 p., 9782359103809*

Florence vit une crise existentielle : elle vient de rompre, se retrouve en garde alternée avec des enfants affreux et son activité d’auteure de BD est au plus bas. À vrai dire, elle n’en peut plus d’elle-même : ennuyeuse, trop gentille, elle se fait marcher dessus par tout le monde. Soudain, en pleine messe, la voilà prise d’une illumination mystique : elle décide d’incarner son ancien personnage de jeu de rôles favori, Cigish Hexorotte, un nain nécromancien, un personnage du MAAAL. Sa vie, elle l’envisage désormais comme une aventure, obéissant à sa vieille fiche de personnage. – L’éditeur

Deux frères, Gabriel Bá et Fábio Moon d’après Milton Hatoum, 2015, Urban Comics, coll. « Urban Graphic », 240 p., 9782365776257*

Déjà, avec leur œuvre précédente Daytripper, les frères Fábio Moon et Gabriel Bá nous avaient enchantés. Ils réitèrent ce bonheur avec cette bande dessinée adaptée d’un roman de Milton Hatoum. On est ébloui à la fois par la qualité littéraire, la richesse du récit, et la générosité du dessin. Le noir et blanc, tout en contraste, offre des ambiances somptueuses, de quoi se sentir plongé dans la moiteur de Manaus. Yacoub et Omar sont deux frères jumeaux que tout oppose. Une rivalité au long cours que rien n’apaise, voire qui monte comme une fièvre au fil du récit. Mais c’est finalement la trajectoire de la famille entière qui se dessine, avec ses heurts, ses cicatrices et ses contradictions. On tient ici une bande dessinée superbe, une de celle qui vous laisse quelque chose une fois le livre refermé. (SC)

Le sculpteur, Scott McCloud, 2015, Rue de Sèvres, 485 p., 9782369811244*

Scott McCloud, connu surtout pour ses bandes dessinées théoriques devenues incontournables (L’art Invisible, Faire de la bande dessinée), avait commis aussi ça et là quelques œuvres de fiction, mais rien de traduit en français, et/ou qui ait marqué les mémoires. Cela va changer avec Le Sculpteur, véritable pavé jeté dans la mare du roman graphique. Cette reprise moderne du mythe de Faust, récit-fleuve de presque cinq cents pages, reprend l’idée de Thomas Mann de faire du protagoniste faustien un artiste plutôt qu’un savant. Il s’agit cette fois d’un sculpteur qui se fait proposer d’avoir toutes les dispositions pour laisser sa trace dans l’Histoire en échange de sa vie : il n’a que deux cents jours pour accomplir son chef-d’œuvre. L’histoire est de facture plutôt classique, mais sort des sentiers battus, joue avec les clichés narratifs et utilise astucieusement plusieurs revirements de situation qui ne manqueront pas de surprendre le lecteur. De même, le dessin est assez conventionnel, mais le trait de McCloud réussit de manière étonnamment efficace à transmettre les émotions intenses que vivent ses personnages. Frisant le mélodrame sans jamais s’y perdre vraiment, cette épopée artistique à plusieurs niveaux s’engouffre dans les relations interpersonnelles, l’amour, la mort, le rôle de l’art dans la société, le milieu professionnel et la vie personnelle, et bien d’autres choses. L’enjeu y est énorme et le résultat amplement satisfaisant. Audacieux projet, à la hauteur de ses ambitions. (BN)

Le rapport de Brodeck T.1: L’autre, Manu Larcenet d’après Philippe Claudel, 2015, Dargaud, 158 p., 9782205073850*

Manu Larcenet, l’auteur de bande dessinée qui n’a plus besoin de présentation, vient à peine d’achever sa série culte, Blast, qu’il se lance dans un diptyque tout aussi prometteur. Basé sur le roman de Philippe Claudel, Le rapport de Brodeck raconte le récit d’un petit village allemand, hanté par l’Histoire. Les habitants de ce coin perdu en plein milieu d’une campagne rase ont connu la guerre et les camps de prisonniers. Ce traumatisme les a marqués pour au moins une ou deux générations. Le lecteur a accès à des bribes du passé par les souvenirs du narrateur, chargé par les villageois de raconter ce qui est arrivé à l’étranger qui à eu le malheur de les visiter. Brodeck travaille donc sur son rapport officiel, mais aussi sur son journal dans lequel il compte relater les événements véridiques. La pression des locaux, qui souhaitent voir leur culpabilité s’estomper, se fait de plus en plus sentir. À quel récit a-t-on vraiment accès? Le jeu avec les flashbacks, les différentes pistes narratives qui s’enchevêtrent, et les plans contemplatifs qui dissèquent le paysage et les protagonistes sont autant d’outils que Larcenet maîtrise à merveille, et qui donnent un récit à la fois captivant et intrigant. (BN)

La fourmilière, Michael Deforge, 2015, Atrabile, 112 p., 9782889230303*

Il y a deux sortes d’œuvres bizarres. Celles qui essayent trop, dont le sens se fait attendre et nous échappe tellement qu’il donne une forte impression de n’importe quoi. Puis il y a celles qui font l’effet d’une nouveauté absolue, d’une façon inédite de faire de l’art et de raconter une histoire, une œuvre qui va peut-être changer son médium, à jamais, un peu comme celles de David Cronenberg, William Burroughs ou David Lynch. La fourmilière entre dans cette seconde catégorie. Le graphisme, à la fois insolite, unique et hypnotisant de Michael Deforge, est au service d’une histoire de fourmis s’interrogeant sur leur existence et leur rôle dans la colonie, alors qu’une guerre les oppose aux fourmis rouges. Ces dernières, souffrant d’hallucinations féroces après avoir bu du lait d’araignée, sont devenues incohérentes et hors de contrôle. Il y a quelque chose de fascinant dans La fourmilière, que ce soit son récit déjanté ou son dessin renversant qui transforme les mille-pattes en limousines très très longues, les araignées en têtes de chiens renversées à huit pattes, et les fourmis, en sympathiques humanoïdes angoissés. Un récit qu’on ne peut lâcher des mains, et qui se substitue merveilleusement aux drogues dures. (BN)

Kersten, médecin d’Himmler T.1: Pacte avec le mal, Fabien Bedouel et Pat Perna, 2015, Glénat, coll. « Grafica », 48 p., 9782344000588*

Une excellente BD historique sur un autre oublié de l’Histoire : Felix Kersten. Ce médecin d’origine finlandaise, un peu idéaliste, va connaître une vie sans pareil puisqu’il deviendra le médecin personnel d’Heinrich Himmler, le tristement célèbre chef de la SS dans l’Allemagne nazie. Kersten, très professionnel, considère ce patient hors du commun comme n’importe quel autre, mais la réalité de sa situation va rapidement le rattraper et il devra faire des choix qui auront un impact majeur sur sa vie et celle de centaines de personnes. Une biographie qui se lit comme un thriller sur un personnage méconnu et fascinant. À découvrir. (PP)

Clan, Amazing Améziane, 2015, Le Lombard, 96 p., 9782803634989*

Un jeune Yakusa veut transformer l’ordre établi et remplacer son chef. Ambitieux et sans pitié, Saburo, va se lancer dans une véritable guerre contre les anciens de son clan. Malheureusement pour lui, Kodama, le grand chef, possède un atout secret : Shi, un tueur inégalable qu’il garde en prison parce qu’il est vraiment trop dangereux. Une rivière de sang va couler sous les pas de Shi qui, malgré les années passées en prison, reste toujours très attaché aux anciennes valeurs traditionnelles et à son honneur. Le choc entre Shi, véritable samouraï des temps modernes, et Saburo, apôtre de la modernité et du changement, va faire du bruit et personne n’en sortira indemne. Une BD très cinématographique avec beaucoup d’action, un bon moment de lecture. (PP)

MANHUA

 

Après avoir puisé largement dans le catalogue de DC Comics afin de faire connaître des perles inconnues aux lecteurs de langue française, les éditions Dargaud et leur filiale Urban Comics s’associent à l’éditeur chinois Comicfans pour le lancement d’Urban China, une collection vouée à la promotion du manhua contemporain.

Une première salve de quatre titres vient de nous toucher de plein fouet et l’on ne peut que s’étonner devant l’éclectisme et le parti pris graphique sans concession qui nous est présenté.

Avec son dessin minutieux et des ambiances sombres, Bo Lu relate un épisode marquant de l’Histoire chinoise dans 1937, La bataille de Shanghai (9782372590037*). De son côté, la jeune prodige Xia Da laisse libre cours à son style vaporeux dans Little Yu T.1 (9782372590044*), un shôjo empreint de réalisme magique décrivant le quotidien d’une jeune fille dans un village ancestral. Dans La princesse vagabonde T.1 (9782372590013*), Xia Da change de registre avec les péripéties de la jeune Yongning qui tente de venger la mort de sa famille et de reconquérir le trône impérial au VIIe siècle. Et que dire de Hong Kong comics: Histoire du manhua (9782372590020*), un essai sur la bande dessinée hongkongaise du XXe siècle agrémentée d’une foule de couvertures et de planches.

Quatre autres nouvelles séries et un récit autobiographique paraîtront d’ici décembre, pour notre plus grand bonheur. (RSH)

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Sélection et rédaction d’Hélène Brosseau, Sylvain Cabot, Boris Nonveiller, Patrick Pilote et Réjean St-Hilaire.

 

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26 mai 2015  par nos libraires BD

Bandes dessinées : la crème d’avril 2015

Comme chaque mois, notre équipe de libraires spécialisés en bandes dessinées passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces récits complets et autres premiers tomes, question d’aiguiser votre appétit livresque…

BANDES DESSINÉES ÉTRANGÈRES – ADULTES

Hannah Arendt, Lindsay Grime et Béatrice Fontanel, 2015, Naïve, coll. « Grands Destins de Femmes », 81 p., 9782350213842*

Hannah Arendt relate le parcours à contre-courant de cette intellectuelle juive rebelle et engagée. Fumeuse invétérée, amoureuse de poésie qu’elle récite par cœur, élève puis maîtresse d’Heidegger, elle côtoiera une multitude de gens remarquables, de Bertolt Brecht à Gershom Scholem. Survivant au nazisme en s’exilant aux États-Unis, elle sèmera la controverse par son analyse de la pensée totalitaire. Plus tard, devenue professeure de théorie politique, elle remportera quantité de prix pour ses écrits philosophiques. « Il n’existe pas de pensée dangereuse pour la simple raison que le fait de penser est en lui-même une entreprise très dangereuse. Mais ne pas penser est encore plus dangereux. » Septième biographie en bande dessinée de cette collection devenue indispensable, ces Grands Destins de Femmes sont des plongées elliptiques dans la vie et la pratique de ces femmes extraordinaires et donnent résolument envie de parfaire notre connaissance de leurs œuvres. (HB)

Moi non plus, Émilie Plateau, 2015, Misma, 128 p., 9782916254425*

Moi non plus est l’histoire d’une rupture longue à cicatriser. Émilie se fait larguer, mais, malheureusement, la personne qui est partie ne cesse d’entretenir l’ambiguïté, donc l’espoir. Avec son dessin minimaliste et sa narration très sobre, Émilie Plateau restitue la lente reconstruction d’elle-même avec une justesse épatante. De la détresse à la colère, puis à la rationalisation, elle traverse l’épreuve et les étapes se succèdent de façon très nuancée. Avec un tel sujet, il aurait été facile de sombrer dans l’autocomplaisance et le pathos le plus coupable, mais il n’en est rien. Avec un ton qui n’appartient qu’à elle, Émilie Plateau raconte avec juste ce qu’il faut de cynisme et de recul, et en tire un livre sincère et personnel. (SC)

Le Voleur de livres, Alessandro Tota et Pierre Van Hove, 2015, Futuropolis, 170 p., 9782754810043*

Paris, dans les années 50, Daniel Brodin se veut poète. Il rêve une vie faite de reconnaissance et de célébrité, mais pour l’heure il n’est qu’un étudiant en droit qui vit chez son oncle. Son temps libre, il le passe essentiellement à voler des livres. Arrive le jour où il s’approprie la paternité d’un poème méconnu devant les plus éclairés des poètes parisiens, et c’est le succès. Daniel est bien vite pris pour un poète de génie qu’il n’est pas du tout. Par ailleurs, ses larcins lui font rencontrer une bande d’artistes délinquants, qui voient en l’imposture de Daniel un geste artistique formidable. Ainsi, entre le milieu littéraire et la petite délinquance, Daniel fera son chemin avec en ligne de mire, toujours, la reconnaissance et la célébrité. Un livre superbe. (SC)

Garth Ennis présente Hellblazer T.1, Garth Ennis, Steve Dillon, Will Simpson et David Lloyd, 2015, Urban Comics, coll. « Vertigo Signatures », 374 p., 9782365776059*

Traduite pour la première fois en français, la série Hellblazer prise en main par le scénariste Garth Ennis (Preacher) est l’une des incarnations les plus longues et les plus connues des aventures de John Constantine. Si le premier scénariste de la série avait fait du détective du paranormal un mélange entre les films noirs et le fantastique flirtant avec l‘épouvante, la version de Ennis est une plongée franche dans l’horreur. On s’attarde aussi à creuser la psyché du protagoniste : Constantine découvre qu’il a le cancer des poumons, à cause de sa manie de fumer qui caractérise tellement le personnage. La manière dont Constantine tentera de survivre à la maladie n’est qu’un des fils narratifs qui l’amènent à trafiquer avec les démons, combattre toutes sortes d’esprits et vivre avec la culpabilité de tous ses amis qu’il a vus mourir. Un essentiel pour les amateurs de la série, et une belle manière de la découvrir pour les autres. (BN)

Les Maîtres Anciens, Mahler et Thomas Bernhard, 2015, L’Association, coll. « Ciboulette », 150 p., 9782844145628*

Sans doute l’une des plus grandes œuvres littéraires de l’Autriche, Maîtres Anciens est le roman le plus célèbre et le plus accompli de Thomas Bernhard. L’auteur de bandes dessinées Mahler s’est fait moins minimaliste que d’habitude pour l’adapter en bande dessinée. Pour tout dire, quand on connaît son sens de l’humour décapant et pince-sans-rire, et quand on voit le travail de découpage qu’il a fait du roman de Bernhard, on imagine difficilement comment l’adaptation aurait pu être mieux exécutée. Le narrateur raconte sa relation avec l’un des plus fréquents visiteurs du musée de l’histoire de l’art de Vienne. Avec sa connaissance démesurée de l’art, et son appréciation quasi nihiliste des grands maîtres, il expose ses idées vis-à-vis la peinture, la vie et tout le reste dans un bavardage incessant. Le narrateur finira par comprendre ce que lui veut le vieux bonhomme qui vient s’asseoir tous les jours sur le même banc du musée, et d’où lui vient son obsession. C’est une excellente relecture, et une belle manière de découvrir un chef-d’œuvre de la littérature. (BN)

Dr Watson T.1 : Le Grand Hiatus, Darko Perovic et Stéphane Betbeder, 2015, Soleil, coll. « 1800 », 46 p., 9782302042711*

La collection 1800 est composée de plusieurs séries d’albums nous proposant des intrigues fantastiques se déroulant au XIXe siècle. Cette nouvelle série, beaucoup plus orientée enquête et ne comportant que quelques petits éléments de fantastique, est des plus intéressantes. On s’intéresse au destin du fameux Docteur Watson peu de temps après la mort de Sherlock Holmes. Le bon docteur a de la difficulté à admettre la perte de son collègue et il va devoir mettre en pratique les techniques que Holmes lui a enseignées pour tenter de retrouver le corps disparu de son ami. L’ombre malfaisante de Moriarty plane sur cette disparition et Watson se retrouve maintenant seul pour lutter contre le génie du mal. L’histoire est originale et le héros, peu habitué à se retrouver à l’avant plan doit faire preuve d’inventivité face aux éléments fantastiques qui surviennent lors du déroulement de son enquête. Vivement la suite. (PP)

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Sélection et rédaction d’Hélène Brosseau, Sylvain Cabot, Boris Nonveiller, Patrick Pilote et Réjean St-Hilaire.

 

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28 avril 2015  par nos libraires BD

Bandes dessinées : la crème de mars

Comme chaque mois, notre équipe de libraires spécialisés en bandes dessinées passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces récits complets et autres premiers tomes, question d’aiguiser votre appétit livresque…

BANDES DESSINÉES ÉTRANGÈRES – ADOS

A Silent Voice T.1, Yoshitoki Oima, 2015, Ki-oon, coll. « Shonen », 183 p., 9782355927713*

Première œuvre de cette jeune mangaka, A Silent Voice a rapidement créé dans son pays un tel engouement que la série a décroché la première place au palmarès des lecteurs devant L’Attaque des Titans. Elle s’est également hissée au sommet d’un jury de 79 éditeurs japonais comme étant le manga de l’année 2014 et son adaptation en animé est déjà annoncée. L’intrigue est centrée sur le handicap de Shoko, malentendante transférée dans une nouvelle école, et de ses rapports difficiles avec son persécuteur Shoya, le leader de la classe, qui la compare à une extraterrestre. Il fera d’elle l’objet de ses agressions psychologiques puis physiques. L’une des meilleures lectures sur le thème de l’intimidation, ce manga nous présente le point de vue du bourreau et nous fait vraiment ressentir le rejet qu’il subira à son tour. Il met en lumière son combat pour survivre à la culpabilité et aux conséquences de ses actes. Série complète en sept volumes. (HB)

Le grand méchant renard, Benjamin Renner, 2015, Delcourt, coll. « Shampooing », 183 p., 9782756051246*

Face à une ferme qui ne le prend pas au sérieux, un renard chétif et peureux cherche à retrouver sa place au sommet de la chaîne alimentaire, sans grand succès. Le loup, qui l’impressionne autant qu’il l’intimide, lui suggère que les œufs sont beaucoup plus faciles à voler que des poules. Le renard vole donc les œufs, les couve, les fait éclore, et devient maman dans le temps de le dire. Cet album aux personnages aussi charmants que drôles suit l’impossible quête d’un renard qui tente malgré toute son innocence et sa bonté de cœur d’être le méchant de l’histoire. (BN)

BANDES DESSINÉES ÉTRANGÈRES – ADULTES

Saru, Daisuke Igarashi, 2015, Sarbacane, 440 p., 9782848657608*

Cette épigraphe, citant une prédiction de Nostradamus, nous laissait déjà présager un récit à saveur apocalyptique, mais ce serait bien mal connaître Daisuke Igarashi que de croire qu’il allait s’en tenir à ce genre généralement assez convenu. Revisitant son idée déjà explorée en quatre courtes histoires dans Sorcières, cet auteur atypique et visionnaire – une sorte d’heureux croisement entre Miyazaki et Jodorowsky – s’attaque, dans ce manga volumineux, à développer le thème de l’élu qui aurait pour mission de réconcilier les deux grandes forces opposées de l’univers, de façon à rétablir le fragile équilibre du monde. Lecture envoûtante combinée à un visuel élégant, l’auteur de la cultissime série Les enfants de la mer démontre encore une fois sa grande érudition, mariant religions, légendes et récits mythologiques dans cette nouvelle œuvre profonde qui s’emploie à célébrer le caractère magique et sacré de la vie. (HB)

L’Enterrement de mes ex, Gauthier, 2015, 6 pieds sous terre, coll. « Plantigrade », 160 p., 9782352121107*

Dès ses premiers émois amoureux, Charlotte semble naturellement attirée par les filles. Si elle vit ses premiers sentiments comme des évidences, les difficultés ne tardent pas à apparaître, que ce soit ses propres questionnements ou le regard oblique des autres. Bien plus qu’un simple parcours sentimental, ce livre aborde la question de la découverte de son orientation sexuelle avec une sensibilité remarquable. L’auteure de La peau de Lapin, confirme là encore, son talent de conteuse. La narration est impeccable de fluidité et parvient à transmettre l’intime, sans jamais s’enliser dans les lourdeurs de l’introspection. (SC)

At Work, Dylan Horrocks, 2015, Casterman, 187 p., 9782203089259*

Pas de long récit ici, mais plutôt une succession d’histoires courtes. Réalisés entre 1986 et 2012, ces travaux de Dylan Horrocks offrent une perspective passionnante sur l’imaginaire de l’auteur. Rappelons que, jusqu’ici, le lectorat francophone n’avait pas grand-chose à se mettre sous la dent. On connaissait Dylan Horrocks pour son roman graphique culte Hicksville, mais rien d’autre n’avait été traduit en français. De sorte que pour les lecteurs francophones, Horrocks est longtemps resté l’auteur d’une seule œuvre. Avec la sortie de Magic Pen et de At Work, le mal est enfin réparé. Depuis ses œuvres de jeunesse, à ses travaux les plus récents, on découvre avec bonheur la richesse de l’univers de Horrocks, où la grande variété narrative qu’il déploie rappelle à tous que la bande dessinée peut tout raconter, et de toutes les manières. C’est sans doute là le Grand Ingrédient de l’œuvre de cet auteur : sa foi incroyable pour la bande dessinée. (SC)

The Wake, Sean Murphy et Scott Snyder, 2015, Urban comics, coll. « Vertigo Deluxe », 240 p., 9782365774208*

L’horreur et la science-fiction sont des genres assez polyvalents, mais il n’est pas donné à tous de combiner les deux de manière efficace. Scott Snyder (American Vampire) et Sean Murphy (Punk Rock Jesus) font équipe pour produire un bijou qui accomplit la rare prouesse d’égaler des œuvres iconiques comme Alien de Ridley Scott et The Thing (L’Effroyable chose) de John Carpenter. Une biologiste sous-marine est interrompue dans son travail pour rejoindre une équipe secrète dans une base située dans les profondeurs de l’océan afin d’investiguer un mystère qui a de quoi surprendre les plus éminents anthropologues, biologistes et mythologues de ce monde. La grande beauté de ce récit à la fois effrayant, intriguant et déjanté est qu’il étonne à chaque page. On a beau penser savoir où nous amène le fil narratif, on continue à être surpris jusqu’à la fin. Et c’est une belle surprise. (BN)

Panthère, Brecht Evens, 2015, Actes Sud, coll. « BD », 126 p., 9782330036805*

Après deux bandes dessinées visuellement impressionnantes (Les amateurs, Les noceurs) Brecht Evens se surpasse à la fois narrativement et graphiquement avec Panthère, un récit sur l’enfance, l’imagination et la séduction. L’histoire commence quand la petite Christine perd son chat. Le prince Panthère vient la consoler en l’amusant avec les récits fabuleux de son pays magique. Lentement s’installe un jeu de chat et de souris. L’apparence du félin change à chaque case comme pour parfaitement s’adapter aux phrases qu’il prononce, ce qui accentue son charme. Ça débute comme un livre jeunesse, mais qui sombre tranquillement dans le malaise, émotion que Brecht Evens maîtrise de mieux en mieux. Un peu comme un Alice au pays des merveilles cruel, Panthère séduit par sa virtuosité et dérange par son propos. Un mélange étrange mais qui fonctionne à merveille. (BN)

Une tête bien vide, Gilbert Hernandez, 2015, Atrabile, coll. « Ichor », 119 p., 9782889230280*

Une tête bien vide commence comme la suite du Saison des billes, l’excellent récit pseudo-autobiographique de Hernandez, mais très rapidement, le récit de la jeunesse d’un jeune garçon des années soixante, hantée par des visions hallucinantes, devient un album autonome sous la forme de l’histoire de la vie complète d’un homme, qui se laisse aller au fil du temps et des modes. On s’attarde surtout sur son adolescence des années 70 et 80, pendant laquelle il découvre la rébellion en même temps que la musique punk. Mais c’est bien plus qu’un roman d’apprentissage. Une tête bien vide est en fait bien le contraire : de son plus jeune âge, jusqu’à sa vieillesse, on est témoin de la vie d’un homme plutôt passif devant tous les événements qui chamboulent son existence. Sa position, et rétrospectivement celle du lecteur, est donc remise en question. Une belle preuve que le meilleur d’Hernandez n’est pas seulement derrière lui. (BN)

Undertaker T.1: Le Mangeur D’Or, Ralph Meyer et Xavier Dorison, 2015, Dargaud, 64 p., 9782505061373*

Annoncé comme le meilleur western en BD depuis Blueberry, ce fossoyeur plaçait la barre très haute avant même sa sortie. On aurait pu s’attendre à rester sur notre faim et à être déçu. Pourtant les auteurs livrent la marchandise et cette nouvelle série est des plus intéressantes. Le héros, au passé trouble et mystérieux, nous séduit et nous entraîne dans une histoire des plus enlevantes. Un départ lent met en place les personnages et la situation, puis l’action éclate et ne cessera pas jusqu’à la dernière case. On reste dans l’expectative et on attend impatiemment la suite. (PP)

Terra Prime T.1: La Colonie, Philippe Ogaki, 2015, Delcourt, coll. « Néopolis », 117 p., 9782756040547*

Une nouvelle série de science-fiction emballante, Terra Prime nous transporte à bord d’un vaisseau-monde recherchant une éventuelle planète à coloniser. La mission est en cours depuis plus de 250 ans et les dissensions à bord commencent à devenir un sérieux problème. Les passagers sont divisés entre l’idée de rester à bord du vaisseau ou de débarquer sur une planète pour la coloniser. Les tensions vont dégénérer en véritable guerre civile, ce qui aura de graves conséquences sur la colonisation. L’héroïne de la série est une jeune biologiste qui souhaite la colonisation, mais qui désapprouve les méthodes du gouvernement. Elle devra faire face à de nombreux obstacles pour voir son objectif se réaliser. Un premier tome très bien rempli, avec une histoire bien écrite, surprenante et captivante. Vivement la suite! (PP)

Balles Perdues, Jef, Matz et Walter Hill, 2015, Rue de Sèvres, 128 p., 9782369810681*

Des histoires sur les gangsters pendant la Prohibition, il y en a des tonnes. Balles Perdues se démarque par la grande qualité de ses planches et par son héros (antihéros) malgré tout sympathique. Roy Nash s’évade de prison pour accomplir une mission pour le compte de la pègre de Chicago. Il devra retrouver des voleurs qui ont refusé de payer leur part au « syndicat » et qui se sont enfuis avec le magot et la femme que Roy aime. Roy ne fait pas dans la dentelle et sa route se retrouve rapidement truffée de cadavres. Il cherche à accomplir sa mission pour sauver son aimée et pour pouvoir se retirer et fuir toute cette violence. Mais un criminel comme lui peut-il aspirer à la rédemption? (PP)

RÉÉDITIONS

Une série phare qui a contribué à faire de Vertigo la maison d’édition culte qu’elle est aujourd’hui, Preacher (Urban Comics, coll. « Vertigo Essentiels », 9782365775823*) a, par son langage cru, ses personnages grandiloquents et son intrigue fleuve, choqué et séduit il y a plus de vingt ans et demeure encore aujourd’hui l’une des meilleurs séries américaines. Cette réédition avec une nouvelle traduction était plus qu’attendue par les bédéphiles francophones. (BN)

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Sélection et rédaction d’Hélène Brosseau, Sylvain Cabot, Boris Nonveiller, Patrick Pilote et Réjean St-Hilaire.

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21 avril 2015  par nos libraires

Essais et documents : les parutions de mars

Comme chaque mois, notre équipe de libraires passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour en repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces nouveaux titres, question d’aiguiser votre appétit livresque…

SCIENCES HUMAINES

Tout peut changer: Capitalisme et changement climatique, Naomi Klein, 2015, Lux, coll. « Futur proche », 650 p., 9782895961932* (+)

Oubliez tout ce que vous croyez savoir sur le réchauffement climatique. La « vérité qui dérange » ne tient pas aux gaz à effet de serre, la voici : notre modèle économique est en guerre contre la vie sur Terre. Au-delà de la crise écologique, c’est bien une crise existentielle qui est en jeu – celle d’une humanité défendant à corps perdu un mode de vie qui la mène à sa perte. Pourtant, prise à rebours, cette crise pourrait bien ouvrir la voie à une transformation sociale radicale susceptible de faire advenir un monde non seulement habitable, mais aussi plus juste.

Mines de rien: Chroniques insolentes, Isabelle Boisclair, Lucie Joubert et Lori Saint-Martin, 2015, Remue-Ménage, 150 p., 9782890915039*

« Mines de rien est un recueil de plus d’une trentaine de courts textes écrits à 6 mains qui nous engagent dans une réflexion sur le sexisme qui se vit au quotidien, dans des dynamiques trop souvent intégrées et justifiées. En cinq grandes parties (ou cinq étapes faciles), les auteures tentent, à tour de rôle, une mise à jour de notre définition du sexisme, de la salle de bain divisé en deux genres bien distincts au langage dégradant parfois utilisé par des figures publiques. On nous invite à défaire, travailler, reconnaître les stéréotypes et engager un processus qui permettra de redéfinir ce qu’on veut que soit nos féminismes aujourd’hui. Des réflexions intelligentes qui ciblent plusieurs enjeux d’actualité à travers une écriture accessible et directe, qui ne manque surtout pas de mordant. » (Marie-Ève Blais)

Walmart: Journal d’un associé, Hugo Meunier, 2015, Lux, 182 p., 9782895961987*

« Katia, ma boss de La Presse, trouve que je prends mon nouveau travail trop à cœur, que j’en oublie même un peu pourquoi je suis devenu associé. Je ne pense presque plus à mon reportage. Je pense à mes palettes, mes livraisons, mes rotations, mon over et mon facing. Je pense Walmart. » Journaliste à La Presse, Hugo Meunier s’est infiltré pendant trois mois dans une succursale de Walmart, au nord de Montréal. Pendant sa vie d’« associé », il a tenu un journal dans lequel il a consigné avec humour les anecdotes de son quotidien. Les célèbres cris de ralliement, les clients déchaînés, les palettes qui s’écroulent, les absurdes séances de formation, il décrit avec un remarquable sens du détail tout ce qui ponctue les journées de travail des petits salariés de la plus grande entreprise de commerce de détail de la planète. Après cette expérience, le reporter prend la route pour enquêter sur l’empire – du Mexique à Jonquière, en passant par l’Arkansas. S’ajoute alors à son récit de la vie « sur le plancher » un saisissant portrait d’ensemble de Walmart et du culte qu’on y voue au seul dieu que vénère vraiment l’Amérique : l’argent.

Elles étaient seize, Linda Kay, 2015, Presses de l’Université de Montréal, coll. « Champ Libre », 273 p., 9782760632325*

Seize journalistes canadiennes, à l’été 1904, font le voyage en train pour visiter la Foire universelle de Saint-Louis. Au cours de ces dix jours riches en péripéties, elles fondent le Canadian Women’s Press Club (CWPC), premier du genre au pays. S’appuyant sur des lettres et des entrevues, mais surtout sur les articles de journaux produits dans le sillage de l’événement, Linda Kay dresse un portrait saisissant de ces femmes qui avaient en commun de n’avoir que peu de droits civiques, et met en lumière les divergences culturelles entre les membres francophones et anglophones du groupe. À la faveur d’une analyse minutieuse des prises de position individuelles et des dynamiques collectives, elle évoque avec brio les luttes menées par ces femmes, et nous permet de mesurer l’ampleur du chemin parcouru.

11 brefs essais contre l’austérité, Ianik Marcil (dir.), 2015, Somme Toute, 202 p., 9782924283868*

Les politiques d’austérité ne sont pas qu’économiques. Elles sont idéologiques, car elles visent à démanteler l’État et à privatiser des services publics ou à les tarifer, sous prétexte de contraintes budgétaires. Ces 11 brefs essais montrent que les politiques d’austérité saccagent l’État tel que nous l’avons collectivement bâti depuis des décennies, au détriment de la solidarité et de la justice sociale. Ces textes portent un regard critique sur l’impact qu’ont ces politiques au Québec et au Canada sur les grandes institutions de l’État, les réseaux d’éducation et de santé, le soutien scientifique et la protection de l’environnement, mais, d’abord et avant tout, sur les femmes, les familles, les Premières Nations et les plus démunis. Un outil essentiel pour comprendre les effets destructeurs des politiques d’austérité, pour alimenter le débat et contrecarrer l’idéologie dominante. Avec des textes de : Alexa Conradi, Eve-Lyne Couturier, Annie Desrochers, Widia Larivière, Hans Marotte, Benoît Melançon, Melissa Mollen Dupuis, Christian Nadeau, Joëlle Tremblay, Alain Vadeboncoeur, Laure Waridel

 

PSYCHOLOGIE

Clinique du bien-être : la psy face aux nouvelles soufrances psychiques, Miguel Benasayag, 2015, La Découverte, 173 p., 9782707185365*

Le philosophe et psychanalyste plaide pour une adaptation des thérapies aux souffrances psychiques des sociétés contemporaines et expose les particularités d’une thérapie situationnelle inspirée de la psychothérapie phénoménologique alternative.

Les antipsychiatries: Une histoire, Jacques Hochmann, 2015, Odile Jacob, 251 p., 9782738131799*

À toutes les époques, certaines méthodes thérapeutiques de psychiatres pour traiter les troubles mentaux ont été remises en question. L’ouvrage retrace les mouvements opposés à la médecine officielle dans ce domaine, en particulier l’antipsychiatrie anglaise ou la psychiatrie démocratique italienne des années 1970. Il apporte un nouvel éclairage pour les débats actuels.

Le point de rupture: Comment les chocs d’une vie nous guident vers l’essentiel, Marie-Lise Labonté, 2015, Points, coll. « Points Vivre », 267 p., 9782757844595*

La psychothérapeute s’est guérie d’une maladie incurable en découvrant une méthode psychocorporelle, l’approche globale du corps et de l’être. Selon elle, un point de rupture dans la vie bouleverse l’existence et peut être aussi l’occasion de la transformer. Des témoins racontent la période faisant suite à un choc, comment ils ont réagi et vécu leur vie autrement.

 

PHILOSOPHIE

Le meilleur ou le vrai : Spinoza et l’idée de la philosophie, Philippe Danino, 2014, Publications de la Sorbonne, 433 p., 9782859447953*

Analyse de la notion de philosophie chez le penseur hollandais. Loin de faire l’objet d’une définition précise correspondant à un programme de connaissances, celle-ci s’élabore au gré des rencontres (avec le politique, le religieux, le souverain, mais également le vulgaire ou l’ignorant) et consiste à produire et à communiquer ses idées.

666 Friedrich Nietzsche: Dithyrambe beublique, Victor Lévy-Beaulieu, 2015, Trois-Pistoles, 1392 p., 9782895832997* (+)

Ceci n’est pas un livre.
Mais qu’est-ce que les livres,
Qu’est-ce que les cercueils et les linceuls ?
C’est une volonté, c’est une promesse,
Ceci est une dernière rupture des ponts,
C’est un vent marin, une levée d’ancre,
Un bruit de machines, une main à la barre,
Et tonne le canon, avec son panache de feu,
Et rit l’Océan, l’immense !

Back to Baudrillard, Olivier Penot-Lacassagne, 2015, CNRS Éditions, coll. « Histoire », 263 p., 9782271081988*

Entretiens, études, lettres et essais d’intellectuels, d’écrivains et d’universitaires, aussi divers que : Sophie Calle, Michel Deguy, Philippe Dagen, Bernard Edelman, Nathalie Heinich, interrogent la pensée de Jean Baudrillard, philosophe sociologue, qui n’a eu de cesse d’interpeller le présent et de promouvoir le commerce des idées dans leur diversité.

 

CUISINE

Tutti frutti: 90 recettes sucrées et salées de fruits cuisinés, Barbara Gateau, 2015, Éditions de l’Homme, 192 p., 9782761940955*

Cuisiner tous les jours avec des fruits ? Et pourquoi pas ? Grillés, pochés, poêlés, confits, en croûte ou en papillote, les fruits libèrent à la cuisson des arômes surprenants de finesse. Osez les présenter en entrée, les relever de savoureuses épices, les jumeler aux fruits de mer et aux viandes et en faire les vedettes de vos desserts, des plus simples aux plus gourmands! Soupe de betteraves aux pommes et à la feta, cuisses de poulet aux clémentines, carrés d’agneau aux prunes, saumon en papillote à la vanille et à la grenade, figues pochées au jasmin, minibrownies aux poires : découvrez le meilleur des fruits… autrement!

Non coupable, Hubert Cormier, 2015, Éditions de la Semaine, 240 p., 9782897032661*

« Je me sens tellement coupable d’avoir passé au travers du bol de chips. Demain, j’arrête tout et je mange comme il faut », « Ahhh! Si seulement j’avais 15 livres en moins, je pourrais sortir sans gêne, aller danser, m’acheter ceci et faire cela… », « J’ai mangé un morceau de brownie, du coup, mes efforts pour la journée sont anéantis, autant continuer à m’empiffrer  maintenant! »   La culpabilité alimentaire est nocive. Elle s’introduit dans nos vies et, du jour au lendemain, on se sent coupable, sans trop savoir pourquoi. Toutes sortes de raisons peuvent être à l’origine de cette culpabilité alimentaire, mais la finalité demeure la même : on se sent mal dans notre peau et on désire changer d’alimentation, parfois pour le mieux, mais parfois au détriment de notre santé physique et psychologique. Non coupable vous apprendra, dans un premier temps, à reconnaître les situations qui vous font sentir coupable puis à gérer et à apprivoiser cette culpabilité alimentaire pour être en mesure de la faire disparaître. En plus des méthodes et des outils pour apprendre à se déculpabiliser face à l’alimentation, cet ouvrage propose des témoignages de vedettes, des recettes de collations non culpabilisantes, ainsi qu’une foule d’astuces pour mieux manger.

Zéro gluten, Jeanne B. Giacobetti, 2015, La Martinière, 187 p., 9782732465081*

Plus de 80 recettes sans gluten à base de farines alternatives : clam chowder, rillettes de saumon-tarama, quiche aux morilles, pancakes à la banane, cake amandine aux framboises, gâteau amandes-châtaignes, etc. Avec des farines de millet, de lentilles, de maïs, de pois chiches ou de riz complet.

 

BIOGRAPHIES

American Desperado, Jon Roberts et Evan Wright, 2015, Livre de poche, 733 p., 9782253904823*

Jon Roberts naît en 1948 au cœur du Bronx, dans une famille de la mafia new-yorkaise, les Gambino. À 7 ans, il assiste à un assassinat commis par son père. Ce jour-là, il décide de suivre la même voie, celle du crime organisé. Après un passage au Vietnam, il connaît une ascension fulgurante au sein de la mafia : racket, trafic de cocaïne pour le compte du cartel de Medellín, meurtres… C’est une effrayante épopée de réussite criminelle qu’il bâtit dans les années 1970 et 1980. Roberts est enfin arrêté en Colombie mais réussit à s’évader. Rattrapé par la police américaine, il accepte de coopérer avec la justice. Evan Wright est un journaliste et écrivain américain reconnu.

American desperado est le fruit de leurs échanges.

Une lecture hallucinante.

Raymond Gravel, entre le doute et l’espoir, Claude Gravel, 2015, Libre Expression, 264 p., 9782764810187*

En mars 2013, Raymond Gravel avait accepté de se confier à Claude Gravel et de lui laisser rédiger sa biographie. Ils ne se connaissaient pas, mais une confiance mutuelle s’est établie entre eux. « Je n’ai rien à cacher », lui dira l’abbé Gravel. Lorsqu’il a appris, le 28 août 2013, qu’il était atteint d’un grave cancer, Raymond Gravel a tenu à poursuivre ce projet, rencontrant l’auteur presque chaque semaine jusqu’à la fin de sa vie, mettant à sa disposition une documentation personnelle considérable, dont un journal intime qu’il a tenu pendant plus de vingt ans.

L’auteur l’a suivi dans son ministère. Il a rencontré ses proches, il a interviewé des dizaines de laïcs et d’hommes d’Église qui ont cheminé avec ce personnage hors du commun, décédé le 11 août 2014. Pour beaucoup, Raymond Gravel demeure un mystère, « la confluence d’ambiguïtés énormes », dira un de ses grands amis. Avec cette biographie, on en apprend davantage sur l’homme, sur le prêtre, un prêtre différent des autres.

Une carrière au service du coopératisme, Claude Béland, 2015, Fides, 288 p., 9782762138856*

Passant en revue les grandes étapes de sa fructueuse carrière, Claude Béland se raconte à travers l’histoire du coopératisme québécois des soixante-dix dernières années. Du collège à la Faculté de droit, de la Fédération des caisses d’économie du Québec à la présidence du Mouvement Desjardins, de sa participation à la Commission sur l’avenir constitutionnel et ­politique du Québec à sa nouvelle carrière de grand conseiller et d’analyste dans les médias, ce livre retrace les grands moments de la carrière d’un homme qui fut un acteur important de la société québécoise telle que nous la connaissons aujourd’hui.

Truman Capote, Lilian Kerjan, 2015, Gallimard, coll. « Folio Biographies », 304 p., 9782070461479*

« Le cerveau peut recevoir des conseils, mais pas le cœur, et l’amour, n’ayant pas de géographie, ne connaît pas de frontières. » Truman Garcia Capote, de son vrai nom Truman Streckfus Persons (1924-1984), voulait être danseur de claquettes ou chanteur de night-club… Il devint écrivain, prolixe et déconcertant. Affirmant « je suis un anormal, les gens ne m’aiment pas », il adorait les cocktails et les feux d’artifice sur le Grand Canal à Venise et possédait une garde-robe des plus extravagantes. Il ne cessa d’éblouir, d’intriguer, de surprendre ; certains le comparèrent à Jean Cocteau, d’autres prétendirent qu’il était l’Elvis Presley des lettres américaines. Son œuvre capte l’air du temps, oblige la société contemporaine à se poser des questions. Petit déjeuner chez Tiffany et De sang-froid en sont les deux titres phares. De ce dernier, il écrit : « C’est une réussite parfaite… parce qu’il est sans style. C’est comme un verre d’eau. Mon rêve. Rien entre l’écriture et le lecteur. »

Maurice « Mad Dog » Vachon, Bertrand Hébert et Pat Laprade, 2015, 312 p., 9782764810415* (+)

« Après leur passionnante histoire de la lutte québécoise, À la semaine prochaine si Dieu le veut, Pat Laprade et Bertrand Hébert nous reviennent avec la biographie d’un des plus colorés et importants lutteurs du Québec : Maurice « Mad Dog » Vachon. Les deux éminents spécialistes de la lutte y relatent notamment le fil de sa carrière, avec tous ces fascinants jeux de coulisses du monde de la lutte professionnelle que l’autobiographie de Vachon, parue en 1988, ne pouvaient révéler… car à l’époque c’était encore l’omertà sur la scénarisation des combats ! « Ça prend pas un dictionnaire pour comprendre ça », nous dit avec ironie la quatrième de couverture en citant une phrase récurrente des entrevues de Mad Dog, un clin d’œil au mépris de certains pour la lutte. Peut-être, mais soulignons la plume alerte et fluide des deux auteurs, qui rend passionnante la vie du plus grand vilain de la lutte québécoise, avec son lot de savoureuses anecdotes. Un plaisir de lecture pour les nostalgiques de Mad Dog autant que pour les amateurs de lutte, jeunes et moins jeunes. » (Maxime Nadeau)

VIE PRATIQUE

Dessine-moi un mouton, Joe-Ann Benoit et Graziella Pettinati, 2015, Québec-Livres, 176 p., 9782764024423*

« S’il te plaît, dessine-moi un mouton ! » demandait le Petit Prince. Depuis la nuit des temps, le dessin est un moyen privilégié de communiquer un message, une émotion, une idée… C’est à partir de cette prémisse que Jo-Ann Benoit et Graziella Pettinati offrent ici le fruit de leur expérience aux parents, aux grands-parents, aux intervenants et aux enseignants afin de leur permettre de mieux comprendre le monde intérieur de l’enfant. Le dessin prépare tout naturellement l’enfant au geste graphique. C’est pourquoi les auteures abordent également cet aspect du développement : Quels crayons donner au tout-petit ? Comment l’aider à bien les tenir ? Comment l’encourager à adopter une position ergonomique ? De quelle façon s’établit la dominance manuelle (gauche ou droite) ? Ce livre répond à ces questions ainsi qu’à bien d’autres qui touchent l’interprétation des dessins. Il vous propose des outils simples pour mieux comprendre l’expression des enfants et pour les préparer à leur entrée à l’école.

Soutenir et accompagner l’enfant malade, Catherine Kozminski, 2015, CHU Sainte-Justine, 112 p., 9782896197194*

Dans un style vif et franc, ce livre relate, dans sa plus grande partie, le cheminement émotif d’une jeune enfant malade et celui, plus « secret » et intérieur, de sa mère. Le quotidien familial, entre la maison et l’hôpital, évoque tous les impacts physiques et psychologiques de la maladie chez l’enfant. Ce point de vue est appuyé par deux textes de soignants qui se trouvent au cœur même de cet accompagnement si particulier de l’enfant et de sa famille, deux textes porteurs d’observations concrètes et de réflexions concernant, entre autres, l’hospitalisation de l’enfant aux besoins particuliers et l’humanisation des soins dans notre système de santé.

Respirez, Eline Snel, 2015, Transcontinental, 224 p., 9782897430634*

Les adolescents sont imprévisibles, fragiles, et parfois franchement difficiles. Ils cherchent à prendre leurs distances de leurs parents, ce qui ne les empêche pas d’avoir besoin de la sécurité que ceux-ci représentent. Ils naviguent entre inertie et stress, provocations et angoisses. Comment trouver la bonne attitude et les bons mots pour les rejoindre et apaiser les tensions ? Conçu d’abord pour les parents, ce livre doublé d’exercices audio apprend aux adultes à utiliser la méditation pour éviter les réactions impulsives et pour se recentrer sur l’essentiel. Respirez comprend également un volet destiné aux ados : des conseils intégrés au fil du texte et cinq méditations guidées leur permettent de surmonter le stress et de se relier au meilleur d’eux-mêmes. Toute simple, cette démarche ne nécessite aucune connaissance préalable. Elle est accessible à quiconque a envie d’améliorer le climat et la communication entre parents et adolescents.

Tisanes: Remèdes et recettes, Pierrette Nardo, 2015, Rustica éditions, 63 p., 9782815305983*

Plus de 100 recettes de tisanes et d’infusions pour une santé et une beauté au naturel : se déstresser, faciliter le sommeil, soigner les courbatures, etc.

Elixirs médicinaux, Erika Laïs, 2015, Rutisca éditions, 63 p., 9782815304986*

50 recettes pour préparer des élixirs médicinaux, classées par type de plantes.

 

ARTS & BEAUX-LIVRES

La musique au tournant des siècles, Brigitte François-Sappey, 2015, Fayard, coll. « Les chemins de la musique », 302 p., 9782213682501*

Les tournants de siècle ont-ils été vécus dans la musique comme des moments particuliers ? Cet essai met en perspective cinq passages d’un siècle à un autre, depuis 1600. Si les passages de 1600, 1800 et 1900 s’accompagnent des revendications de nouvelle musique, celui de 1700 consacre un accomplissement. Qu’en sera-t-il du tournant de l’an 2000 ?

JonOne : The Chronicles, Théophile Pillauts, 2014, David Pluskwa Art contemporain, 352 p., 9791094003008*

Publiée à l’initiative de David Pluskwa, galeriste à Marseille, cette monographie retrace le parcours de l’artiste, depuis ses premiers graffitis en 1979 jusqu’à aujourd’hui. L’ouvrage montre l’évolution de son style, de plus en plus abstrait, coloré et privilégiant l’improvisation.

Alors que plusieurs artistes de rue font leur entrée dans les musées et les collections privées, peu de livres permettent à l’amateur d’apprécier leur production. Avec cet ouvrage, le galeriste David Pluskwa donne accès à l’œuvre de JoneOne caractérisée par sa rapidité d’exécution donnant du mouvement aux couleurs qui recouvrent entièrement la surface; un allover qui mélange calligraphie et dripping. Des reproductions et des photographies accompagnent une biographie ainsi que des témoignages de ceux qui ont été les spectateurs de cette ascension « from Street to Art ». Une première monographie consacrée à un graffeur qui a su adapter l’action painting de Jackson Pollock aux rues de New York, tout en faisant entrer le tag dans les galeries. (Maude Jacob)

Street art: De Banksy à Zacharevic, découvrez les artistes et les œuvres les plus représentatives de l’art urbain du monde entier, Russ Thorne, 2015, Larousse, 191 p., 9782035907967*

Depuis les années 70, les graffitis ont pris possession de nos villes, pour le meilleur et pour le pire. Liberté de parole, créativité ou égocentrisme adolescent et vandalisme, notre regard diffère selon les « œuvres ». Mais, depuis plusieurs années déjà, que ce soit en Amérique latine, en Californie, en Europe ou au Québec, de nombreux artistes ont pris possession de ces innombrables lieux abandonnés, en faisant des oasis de beauté, d’humour, de cynisme ou de revendication. Une façon innovante de se réapproprier la Cité, au plus grand plaisir des citadins… Ce livre dresse un panorama complet des tendances actuelles en art urbain … (Robert Beauchamp)

Dominique Gaucher, André-Louis Paré et Eveline Boulva, 2015, Éditions Plein sud / Expression, Centre d’exposition, 144 p., 9782922256628*

Cet ouvrage richement illustré explore le récent parcours du peintre québécois Dominique Gaucher depuis les années 2000 jusqu’à ses travaux les plus récents. Des œuvres qui, des plus intimes aux plus monumentales, intéresseront tous les publics. Les textes d’André-Louis Paré (critique d’art, commissaire d’expositions et professeur de philosophie, également directeur et rédacteur en chef de la revue Espace) et d’Eveline Boulva (artiste en arts visuels), ainsi qu’un entretien avec l’artiste, offrent des points de vue plus approfondis sur les œuvres reproduites.

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Tous les textes proviennent des éditeurs, sauf lorsqu’il y a mention d’auteur.

Sélection : Caroline Scott – biographies et vie pratique ; Benoit Desmarais – sciences humaines ; Caroline Le Gal – psycho, philo et cuisine ; Marie-Ève Blais – sciences humaines et arts & beaux-livres ; Robert Beauchamp – arts & beaux-livres.


11 avril 2015  par nos libraires

Littératures : les parutions de mars

Comme chaque mois, notre équipe de libraires passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour en repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces nouveaux titres, question d’aiguiser votre appétit livresque…

LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE

Fin de mission, Phil Klay, 2015, Gallmeister, 308 p, 9782351780831*

Un soldat en Irak doit abattre des chiens qui se nourrissent de cadavres, puis, quelques mois après, reprendre place sur son canapé dans une banlieue résidentielle où femme et labrador l’attendent. Un marine affecté aux « Affaires mortuaires » identifie, transporte et inhume des combattants indistinctement irakiens et américains. Pendant ce temps, un jeune officier se voit assigner la tâche absurde d’améliorer la vie des civils en leur apprenant à jouer au base-ball. Dans Fin de mission, Phil Klay emmène le lecteur sur les lignes de front de l’Irak et de l’Afghanistan. Il tente de comprendre ce qui s’est passé là-bas, mais aussi – surtout – de donner un sens au chaos auquel les survivants ont réchappé. Écrit avec un réalisme pur et dur, ce livre fait de Phil Klay l’une des nouvelles voix les plus talentueuses de sa génération.

Priscilla, Nicholas Shakespeare, 2015, Grasset, 523 p., 9782246810735*

Près de trente ans après la mort de sa tante Priscilla, l’auteur retrouve une boîte contenant sa correspondance et des photos. Persuadé depuis toujours qu’elle a connu un destin héroïque pendant la guerre, il décide de mener l’enquête et de faire la lumière sur son passé. Mais c’est une réalité tout autre qu’il ne tarde pas à découvrir. Dans ce texte passionnant qui se lit comme un roman, l’auteur nous raconte la vie secrète d’une femme en temps de guerre et pose une question fondamentale : qui sommes-nous pour condamner les choix de ceux qui, d’une certaine façon, luttaient pour survivre ?

La clarinette, Vassilis Alexakis, 2015, Seuil, 350 p., 9782021167696*

Vassilis s’aperçoit un jour qu’il a oublié le mot «clarinette». Il voit des clarinettes partout, mais le mot ne revient pas, ni en français, sa langue d’adoption, ni en grec, sa langue natale. Pourquoi perd-on la mémoire ? À Paris, son éditeur, qui est aussi son plus ancien et plus cher ami, a un cancer. Il le veille. La maladie progresse. Les souvenirs affluent, émouvants et cocasses. À Athènes aussi la crise mine la société. Le racisme se répand dans la ville autrefois si accueillante pour les métèques. Voici pourtant une jeune fille nommée Orthodoxie qui anime l’équipe de football des SDF, et Lilie, qui, à cent un ans, tricote des pull-overs pour les enfants défavorisés. Au Parthénon, les Anciens ont élevé un autel à l’oubli. On écrit toujours sur des absences, n’est-ce pas ? L’œil vif, la plume rapide, Vassilis Alexakis a quelque chose du funambule sur son fil.

Le géant enfoui, Kazuo Ishiguro, 2015, Fides, 433 p., 9782762138986*

Sur l’île de Bretagne, une Bretagne archaïque, christianisée mais où les vestiges de l’époque romaine récente sont encore bien visibles, un vieux couple, Axl et Beatrice, quittent un jour leur clan et se mettent en route. Ils vont retrouver leur fils adulte qui habite un village situé à quatre jours de marche. Mis à part le fait qu’il est leur fils, ils ont tout oublié de lui. À vrai dire, dans ces contrées, l’oubli semble avoir gagné presque toutes choses, êtres et événements, anciens ou récents. Les gens vivent dans des habitations creusées dans les collines ; des ogres, poussés par la faim, enlèvent des enfants ; des affrontements ont lieu périodiquement entre Bretons et Saxons. Sur fond de menace sourde, avec leurs souvenirs aux trois-quarts effacés, Axl et Beatrice vont par les chemins où ils feront diverses rencontres inquiétantes : des bateliers, des chevaliers, des moines, une jeune fille entravée… Roman terrible et réaliste, puisant dans la matière de Bretagne et dans les romans du roi Arthur ses images les plus fortes, Le géant enfoui est une troublante allégorie du monde moderne.

Le musée de l’inhumanité, William H. Gass, 2015, Cherche Midi, 573 p., 9782749133072*

Joseph Skizzen est un fils d’immigrés autrichiens ayant fui leur terre natale à l’orée de la Seconde Guerre mondiale pour se réfugier aux États-Unis. La vie entière de Joseph est placée sous le signe de l’imposture. Ses parents se sont fait passer pour Juifs afin de négocier leur fuite. Puis le père a abandonné sa famille du jour au lendemain. Livré au « rêve américain », Joseph a grandi, guidé par une règle unique : rester dans la médiocrité pour ne pas se faire remarquer. Devenu professeur de musique, Skizzen, gagné par la misanthropie, a installé dans son grenier un musée particulier : le musée de l’Inhumanité. Il y accumule les témoignages de la nature fondamentalement mauvaise de l’homme. D’une écriture éminemment musicale, le roman de Gass est d’une virtuosité incroyable. On y croise des personnages inoubliables, comme une vendeuse de voitures reine du gospel, une bibliothécaire défraîchie, une prof de français nymphomane… Ou quand la sérénité tente difficilement de s’insinuer dans la peinture tragi-comique d’un monde voué à l’entropie.

 

EN FORMAT POCHE

La passion, Jeanette Winterson, 2015, Points, 211 p., 9782757849460*

Tandis que la débâcle de Russie met fin à l’admiration d’Henri pour Napoléon, à Venise, Villanelle, travestie en homme, s’éprend d’une mystérieuse Dame de pique… qui lui dérobe son cœur. Il déserte son régiment, elle fuit l’Italie : leurs chemins se croisent à Moscou. Entre eux se nouent les fils de la passion et les amants se lancent dans une quête étrange : retrouver le cœur de la jeune femme…

L’homme de Kiev, Bernard Malamud, 2015, Rivages poche, 427 p., 9782743629649*

Yakov Bok quitte son village et s’installe à Kiev. Il aspire à une vie meilleure : un travail, un avenir, du temps pour lire ou pour rêver. Lorsqu’un enfant est découvert assassiné, cet homme comme les autres devient le coupable idéal. Car dans la Russie de Nicolas II, Yakov est d’abord un Juif. L’Homme de Kiev plonge dans les racines du mal, recréant l’Europe vacillante des tsars. Au-delà de la fable morale, Bernard Malamud a écrit un éblouissant roman sur la condition humaine, un chef-d’œuvre qui le place aux côtés de Franz Kafka ou Joseph Roth.

Histoire d’une femme libre, Françoise Giroud, 2015, Gallimard/Folio, 263 p. 9782070462452*

Été 1960. Françoise Giroud vient de subir le plus grand échec de son existence : sa mort. De nombreux verrous bloquant la porte de sa chambre, une dose plus que létale de poison avalée, le téléphone débranché, elle avait tout prévu… sauf que deux solides gaillards iraient jusqu’à défoncer une cloison pour l’arracher à un coma déjà profond. Il lui faudra vivre.

La saison de l’ombre, Léonora Miano, 2015, Pocket, 246 p., 9782266248778*

Au cœur de la brousse subsaharienne, un grand incendie a ravagé les cases du clan Mulongo. Depuis lors, douze hommes manquent à l’appel – les fils aînés pour la plupart. Pendant que les mères cherchent en songe les réponses à leur chagrin, le Conseil interroge les ancêtres, scrute les mystères de l’ombre : que signifie cette disparition ? Pour le salut de la communauté, le chef Mukano et quelques autres décident de partir à leur recherche en territoire bwele, leurs voisins. Peu d’entre eux atteindront l’océan – par où les « hommes aux pieds de poules » emportent leurs enfants…

Le piéton de Hollywood, Will Self, 2015, Points, 473 p., 9782757849972*

«Je vois.» Assis dans son bureau, le Dr Busner reste coi. Que dire à un patient qui annonce pêle-mêle la mort du septième art, le besoin de mener l’enquête à Los Angeles, la crainte d’un assassinat et la nécessité de se promener à pied pour « leur » échapper ?

L’autopsie délirante de la modernité par un dépressif lucide atteint de troubles obsessionnels compulsifs et de pertes de mémoire.

 

LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE ET CANADIENNE

Six degrés de liberté, Nicolas Dickner, 2015, Alto, 300 p., 9782896942183*

Où l’on raconte l’histoire d’une jeune fille qui désire repousser les limites de l’expérience humaine, d’un hacker qui veut optimiser la circulation mondiale des bananes et des coussins, d’une employée de la GRC qui rêve d’en finir une bonne fois pour toutes avec la géographie, d’un septuagénaire qui perd un boulon, d’une acheteuse compulsive bipolaire, de six perruches et d’un chat intermittent, tous unis dans un jeu de société à l’échelle planétaire dont personne ne connaît les règles.

Panik, Geneviève Drolet, 2015, Tête première, 316 p., 9782924207406*

Dehors, toundra. Blanche. Toute blanche. La terre, le ciel. Pas d’horizon. Impossible de fixer quoi que ce soit. Les muscles oculaires ne savent plus. L’aveuglement, le grand. Le blanc. Dans le Grand Nord du nord, dans le froid et le blanc de partout, Dorothée va vivre avec le Yéti, rencontrer des enfants et des adultes, des Inuit et des Blancs du Sud. Sa vie deviendra un long crissement de bottes dans la neige, quand les pierres veulent fendre et les doigts tomber. Dorothée va devoir se trouver et s’apprendre. Entre le western nordique et le roman d’intrigue, Panik est une fable polaire qui met en scène le Nunavut, une contrée méconnue, un endroit où la réalité dépasse la fiction. Geneviève Drolet signe ici son œuvre la plus achevée, un des plus beaux romans du Nord et du Froid qu’il nous ait été donné de lire. Avec ce roman d’une beauté et d’une force inouïes, elle nous montre l’étendue de son immense talent.

Accueillir la vie nue face à l’extrême qui vient, Paul Chamberland, 2015, VLB, coll. « Le soi et l’autre », 416 p., 9782896494859*

Le « résultat » final de la Destruction s’annonce comme la réduction généralisée des conditions de l’existence à la vie nue : le dénuement, la détresse et le déni de tout droit et de toute dignité. Accueillir la vie nue, telle serait l’ultime opération. On ne pourrait toutefois l’effectuer qu’à la condition d’assumer sa propre vulnérabilité. Ainsi pourrait être dégagée la seule puissance capable de désamorcer les ressorts de la pulsion d’autodestruction qui risque de précipiter l’humanité à sa perte. Tel serait, pour une communauté d’« accueillants », le pari d’une espérance endeuillée.

À la recherche de New Babylon, Dominique Scali, 2015, La Peuplade, 500 p., 9782923530956*

New Babylon n’existe pas. Mais s’il fallait créer cette ville, les duels y seraient permis et il n’y aurait pas d’autre loi que celle interdisant les hommes de loi. On y aurait constamment le souffle coupé, à cause des paysages, et ultimement parce qu’on y finirait la gorge tranchée. Ce serait un endroit dangereux où, enfin, chacun connaîtrait sa vraie valeur. Dans ce western enlevant, qui dépeint avec minutie l’Ouest américain des années 1800, le Révérend Aaron, Charles Teasdale, Russian Bill et Pearl Guthrie fouillent le désert à la poursuite d’un idéal impossible, laissant derrière eux les empreintes de leurs destins. Dans un monde où rien ne dure, « il n’est pas question de fuir la mort, mais de choisir son arène ». À la recherche de New Babylon révèle qu’il faut bâtir soi-même la vi(ll)e rêvée.

Solomon Gurski, Mordecai Richler, 2015, Boréal, 672 p., 9782764623749*

« L’humour qui caractérise ce roman aux multiples échos, sa profondeur, son esprit retors évoquent une heureuse synthèse de Dickens, de Malcolm Lowry et de Philip Roth. Une admirable réussite. » – The Times

Première de cinq nouvelles traductions de romans de Mordecai Richler par nul autre que l’éminent duo de traducteurs formé par Paul Gagné et Lori Saint-Martin, dont le travail a maintes fois été récompensé et souligné. Suivront : Son of a Smaller hero (1955), St. Urbain’s Horseman (1971), Joshua Then and Now (1980), et The Apprenticeship of Duddy Kravitz (1959). Les Éditions du Boréal souhaitent ainsi « permettr[e] aux lecteurs habituels de Richler de retrouver les romans qu’ils connaissent déjà dans un texte français aux accents plus fidèles aux œuvres originales, et aux lecteurs plus jeunes de découvrir un auteur de premier plan, dont les œuvres n’étaient, pour nombre d’entre elles, plus disponibles en français. » Le tout avec une unité de ton que l’on ne retrouvait pas dans l’ensemble des traductions originales. (Maxime Nadeau)

 

EN FORMAT POCHE

Journal, Marie Ugay, 2015, Boréal, coll. « Boréal compact », 336 p., 9782764623787*

Marie Uguay occupe une place à part dans la poésie québécoise. Sa poésie sensuelle, qui chante la beauté du monde, lui a gagné des lecteurs nombreux et fervents. Le destin tragique de Marie Uguay lui confère aussi la marque des êtres d’exception. Comme Nelligan, comme Saint-Denys Garneau, elle est fauchée en pleine jeunesse.
C’est le cancer qui l’emporte à vingt-six ans, en 1981. Il aura fallu attendre plus de vingt ans avant de lire ce journal, publié pour la première fois en 2005 (Boréal). Il fait figure de document unique où prose et poésie se répondent, et qui nous entraîne aux sources mêmes de la création.

Voyage léger, Mélissa Verreault, 2015, Bibliothèque québécoise, 184 p., 9782894063705*

Une jeune photographe entreprend un voyage afin d’échapper à un quotidien morne et sans saveur. Mais une fois à l’aéroport, c’est face à elle-même qu’elle se retrouve. Sa remise en question soudaine et l’introspection qui en découle lui font emprunter une tout autre trajectoire que celle escomptée. La plume limpide et pleine d’espoir de Mélissa Verreault fait entendre le monologue intérieur d’une héroïne mélancolique, dans ce récit fourmillant de détails justes et d’aveux touchants.

Les O’Brien, Peter Behrens, 2015, 10/18, coll. « Littérature étrangère », 571 p., 9782264064516*

1887, dans l’arrière-pays canadien, la famille O’Brien apprend le décès du père. Le jeune Joe s’occupe de ses frères et sœurs et de sa mère. Il parcourt ensuite le continent et après avoir rencontré sa future femme, Iseult, fonde une entreprise et une famille. Racontée du point de vue de Joe, d’Iseult et de leurs enfants, la chronique d’une famille sur trois quarts de siècle.

 

POÉSIE

Pages intimes de ma peau, Josée Yvon, 2015, Écrits des Forges, 165 p., 9782896452828*

Pages intimes de ma peau est un hommage rendu à Josée Yvon dont 2014 marquait le vingtième anniversaire de la mort. Le présent titre réunit La chienne de l’hôtel Tropicana, paru en 1977, Koréphilie (1981) et Filles-missiles (1986), auxquels on a ajouté quelques poèmes de la même époque. Josée Yvon a élaboré une œuvre hors du commun. Elle s’est intéressée à la littérature américaine, plus particulièrement au travail de la Beat Generation, mais elle a aussi été influencée par la littérature lesbienne des année 1960-1970. Son œuvre s’inscrit dans la contre-culture, dont elle a été une représentante fervente. La poète a été l’une des premières, dans sa poésie et dan ses récits, à utiliser différents stratagèmes littéraires comme le mélange des genres, le collage, la langue parlée, et la provocation extrême de style trash, pour faire vivre les personnages de junkies, de travesties, de danseuses érotiques, de prostituées et d’autres paumés. L’univers mis en scène est celui du mal-être et du mal de vivre des blessés de la société, ces exclus à qui elle témoigne respect et affection. Elle oppose le sombre quotidien de ces derniers à celui de l’ensemble des autres citoyens, violemment et radicalement, dans une vision de la société perçue comme privilégiée, standard et uniformisante, mais surtout stéréotypée et aliénante et qui n’hésite pas à ajouter à la misère de ceux, et de celles surtout, qu’elle ne voit pas.

Ouvert l’hiver, Sébastien Dulude, 2015, La Peuplade, coll. « Poésie », 88 p., 9782923530963*

Une maison s’offre ouverte, débarrée, prête à accueillir qui veut se réchauffer ou dormir, simplement. Tombent de ce calendrier d’hiver quelques poèmes blancs – avec la neige, les yeux et le soir –, s’enchaînent une série de petites pièces ciselées que Sébastien Dulude a voulu glaciales dans leur forme et chaudes dans leur langue. Les engelures, le vin chaud, les tuyaux gelés, le calorifère, la buée, la tempête : ouvert l’hiver dessine ces images connues de notre imaginaire nordique, de part et d’autre de fenêtres brillantes, au bord desquelles le sujet hésite. Ces poèmes, délicats mais sonores, obsessivement ficelés, aspirent à confondre beauté et rudesse, chaleur et malaise, dans une intimité teintée d’ambiguïté.

À la cyprine, Eugène Savitzkaya, 2015, Minuit, 96 p., 9782707328281*

Le moindre vent nous décoiffe, le plus petit cri nous fait sursauter, l’acidité nous fait grimacer, l’aigre émeut nos sinus, la douceur nous appelle et nous écœure, le sel relève les saveurs des aliments, le poivre révèle l’amertume de l’orange, la nuit attend le jour et les années s’étirent, le châtaignier doit revivre, le cœur active le sang. Mais, sans la cyprine, point de bonheur en ce monde, ni d’appétit.

Dans l’hiver des villes, Tennessee Williams, 2015, Seghers, coll. « Poésie d’abord », 260 p., 9782232123856*

Un recueil de poèmes sur les thèmes de la sincérité et de la solitude où s’expriment l’empathie du dramaturge pour les personnages marginaux ainsi que son homosexualité.

Anthologie de la poésie chinoise, collectif (Rémi Mathieu, dir.), 2015, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1547 p., 9782070143764*

Une présentation de plus de 1 800 poèmes choisis parmi les œuvres de 401 auteurs et anonymes. Le volume est divisé selon les différentes dynasties depuis l’Antiquité jusqu’à la période contemporaine, depuis Les dix-neuf poèmes anciens jusqu’aux auteurs du XXe siècle comme Haizi, Mao Zadong et Bel Dao.

 

THÉÂTRE

Œuvres complètes d’Anne Hébert T. 5: Théâtre, nouvelles et proses diverses, Anne Hébert (Nathalie Watteyne, dir.), 2015, Presses de l’Université de Montréal, coll. « Bibliothèque du Nouveau Monde », 1036 p., 9782760621879*

La publication de cette édition critique en cinq tomes, au tirage limité, est l’un des projets les plus importants menés par les PUM ces dernières années. En rassemblant tous les textes de l’auteur, l’équipe interuniversitaire dirigée par Nathalie Watteyne a fait un travail colossal qui apporte à l’œuvre de nouveaux éclairages tout en la replaçant dans sa continuité temporelle. Le cinquième volume présente divers contes et nouvelles, dont Le Torrent, des textes dramatiques et des proses diverses, publiés, parus en revue, ou inédits.

À la fois poète, romancière, nouvelliste et dramaturge, Anne Hébert (1916-2000) est l’un des écrivains québécois les plus appréciés et les plus reconnus dans le monde.

L’édition critique de ces textes est menée par une équipe reconnue de spécialistes de l’Université Sherbrooke sous la direction de Nathalie Watteyne, directrice du Centre Anne-Hébert. Elle apporte une nouvelle dimension à l’œuvre.

La robe blanche, Pol Pelletier, 2015, Herbes rouges, 104 p., 9782894195161*

« Tout art est politique.

Tout artiste se situe par rapport au pouvoir, qu’il-elle le sache ou non, dans sa façon de présenter son monde.

La Robe blanche est l’œuvre qui réunit le plus parfaitement art et politique.

Mon but est de provoquer une révolution. » – Pol Pelletier

La machine à révolte, Annick Lefebvre, 2015, Dramaturges Éditeurs, 56 p., 9782896370818*

«MATHILDE
Avoir su, Océane, on en aurait fait un, nous deux, un pacte. Un pacte de lames de rasoirs dans les veines, de gobage de pilules avec du Jack Daniel’s ou de pendaison double dans un garage double du Plateau Mont-Royal. Si c’est vraiment ça que tu voulais, on aurait pu le faire. Ensemble. Je comprends pas, mon amie, je comprends rien. Je braille ma vie dans ton chandail en y cherchant constamment tes bras pis le reste de ton corps, mais y a rien que mes bras à moi pis le reste de mon corps à moi dans ton coton ouaté préféré ! »

 

LITTÉRATURE POLICIÈRE

Les nuits de Reykjavik, Arnaldur Indridason, 2015, Métailié, coll. « Bibliothèque nordique », 259 p., 9791022601535*

La mort inexpliquée d’un clochard qu’il croisait à chacune de ses rondes de nuit obsède le jeune Erlendur, nouvelle recrue de la police islandaise. Sa première enquête l’entraîne dans les bas-fonds de la ville.

Tous les démons sont ici, Craig Johnson, 2015, Gallmeister, coll. « Noire », 315 p., 9782351780848*

Après avoir été arrêté, Raynaud Shade, un dangereux sociopathe Indien Crow d’adoption, avoue avoir caché un cadavre au cœur des Bighorn Mountains dans le Wyoming. Le shérif Walt Longmire a la mission d’escorter le meurtrier jusqu’au lieu du crime et de récupérer le corps. Mais cette expédition recèle bien des dangers.

Les ombres de Katyn, Philip Kerr, 2015, Éditions du Masque, 476 p., 9782702441596*

Une nouvelle enquête de Bernie Gunther, qui se retrouve dans la forêt de Katyn pour exhumer les 4.000 corps des officiers polonais qui auraient été assassinés à Smolensk, en 1943.

Les temps sauvages, Ian Manook, 2015, Albin Michel, 523 p., 9782226314628*

Une prostituée est assassinée et son fils est porté disparu. Bien que visé par un complot, l’inspecteur Yeruldelgger mène l’enquête avec ses équipiers. Explorant la Mongolie, la Russie et la Chine, ils arrivent finalement au Havre où six jeunes garçons sont retrouvés morts dans un container.

Jeremiah, Hervé Gagnon, 2015, Libre expression, coll. « Expression noire », 360 p., 9782764810613*

Avril 1865. La guerre de Sécession tire à sa fin, et les membres d’une société secrète confédérée, les Knights of the Golden Circle, sont réunis au St. Lawrence Hall Hotel, à Montréal. Leur but : planifier une éventuelle reprise des hostilités et encaisser des traites bancaires américaines d’une valeur de 2,5 millions de livres sterling. Parmi eux, John Wilkes Booth, futur assassin du président Abraham Lincoln, a en sa possession un objet encore plus précieux. Février 1892. Des Noirs montréalais sont sauvagement torturés et assassinés à la manière caractéristique du Ku Klux Klan. Le journaliste du Canadien Joseph Laflamme se lance sur l’affaire en compagnie de l’inspecteur Marcel Arcand, du Département de police de Montréal. Ils croiseront la route d’un personnage légendaire que l’on croit mort depuis 1882 et qui ne reculera devant rien pour retrouver ce que Booth a caché à Montréal.

EN FORMAT POCHE

Ceux qui tombent, Michael Connelly, 2015, Livre de poche, coll. « Policier », 474 p., 9782253904809*

Harry Bosch est de retour pour une nouvelle enquête. Cette fois-ci, il s’agit d’élucider une affaire de viol ayant eu lieu des années auparavant, et le meurtre ou le suicide d’un homme défenestré qui n’est autre que le fils du conseiller Irving, l’ennemi juré de l’inspecteur.

Et à l’heure de votre mort, Jacques Côté, 2015, Alire, 528 p., 9782896151226*

17 septembre 1894… La grande salle de l’hôtel Windsor est bondée de notables. Tous sont venus entendre Georges Villeneuve, médecin-expert à la morgue de Montréal, et son collègue, le docteur Wyatt Johnston, exposer les raisons qui les poussent à demander la construction d’une nouvelle morgue. Villeneuve a à peine terminé son discours quand surgit le lieutenant Bruno Lafontaine : une atrocité s’est produite dans un taudis de Griffintown et il a besoin de son expertise. Sur la scène du crime, une jeune femme gît dans son sang, littéralement éventrée à la suite d’un avortement clandestin. Villeneuve, qui tente d’inculquer aux forces de l’ordre des méthodes d’analyse modernes, découvre bien peu d’indices en raison de l’incurie des agents. L’enquête sera longue et laborieuse. Villeneuve n’en poursuit pas moins ses autopsies à la morgue, ses cours aux étudiants en médecine et, depuis peu, son travail d’assistant-surintendant à l’asile Saint-Jean-de-Dieu, car il a enfin obtenu le poste d’aliéniste qu’il convoitait. Or, quand une deuxième, puis une troisième boucherie sont découvertes, la presse s’enflamme et la pression pour que soit arrêté le fou meurtrier devient intenable. Pour Villeneuve, à cette obligation de résultat immédiat s’ajoute une terrible responsabilité : celle de l’aliéniste, dont le devoir est de protéger à tout prix les personnes atteintes de maladie mentale !

Dark Tiger, William G. Tapply, 2015, Gallmeister, coll. « Totem », 9782351785485*

Depuis sept ans, Stoney Calhoun, ancien vétéran, a perdu la mémoire mais s’est découvert des talents inattendus. Lorsque sa paisible existence se trouve menacée, il est contraint d’enquêter sur le meurtre d’un agent gouvernemental, retrouvé mort au nord de l’Etat, en prenant la place d’un guide de pêche.

Prague fatale, Philip Kerr, 2015, Livre de poche, coll. « Policier », 563 p., 9782253000419*

Berlin, 1942. Capitaine dans le service de renseignement SS, Bernie Gunther est de retour du front de l’Est. Alors qu’il a été affecté au service des homicides et qu’il enquête sur l’assassinat d’un ouvrier néerlandais, il surprend un homme battant sa femme dans la rue et décide de protéger l’inconnue et de l’emmener avec lui à Prague, où Heydrich l’a invité.

Un vent de cendres, Sandrine Collette, 2015, Livre de poche, coll. « Thriller », 286 p., 9782253176022*

Camille enquête sur la disparition mystérieuse de son frère Malo au cœur d’un domaine champenois où il travaillait en tant que vendangeur. Elle peut compter sur l’aide du maître de maison, un homme étrange, muré dans le silence depuis dix ans.

 

SCIENCE-FICTION, FANTASTIQUE & FANTASY

Wild Cards T. 2: Aces High, George R. R. Martin, 2015, Nouveaux millénaires, 539 p., 9782290061084*

Le deuxième volume de nouvelles représentant le monde post-apocalyptique et ravagé d’après 1946, l’année du déclenchement de l’épidémie meurtrière. Les rescapés se divisent en deux catégories : les aces, êtres développant d’étranges capacités, et les jokers, rachitiques rebuts de l’humanité. Avec l’aide d’une organisation maçonnique, un extraterrestre vient les affronter.

Viriconium: Intégrale, John Harrison, 2015, Mnémos, 492 p., 9782354082925*

Durant des millénaires, Viriconium, la cité pastel, fut le dernier refuge de la civilisation, l’ensemble de la planète ayant été pillé et détruit par ses propres habitants. Mais la cité est menacée par le conflit qui oppose les deux reines, en possession des armes antiques à l’origine de la destruction du monde.

Servir froid, Joe Abercrombie, 2015, Bragelonne, 666 p., 9782352948193*

Monza Murcatto est mercenaire au service du grand-duc Orso mais ses victoires l’ont rendue trop populaire pour son employeur. Trahie, le corps brisé, elle est laissée pour morte. Sa vengeance sera terrible, sept hommes devront mourir.

Le château des millions d’années, Stéphane Przybylski, 2015, Le Bélial, 356 p., 9782843441325*

En juin 1939, sous les ordres d’Heinrich Himmler, l’officier Friedrich Saxhäuser participe à une expédition archéologique en Irak dont le but secret consiste à établir une alliance contre les Britanniques. De plus en plus dubitatif à l’égard du nazisme, se sentant espionné, il fait une découverte stupéfiante, dont la possession donnerait un avantage décisif dans le conflit à venir.

Blizzard T. 1: Le secret des Esthètes, Pierre Gaulon, 2015, Mnémos, 283 p., 9782354082895*

Perdus au milieu d’un désert de glace, le magicien Blizzard et son disciple Chasseur luttent pour leur survie. Un jour, une phalange les attaque sans raison apparente, les poussant sur la route, animés du désir de vengeance et le besoin de comprendre.

FORMAT POCHE

Rois du monde T.1: Même pas mort, Jean-Philippe Jaworski, 2015, Folio, coll. « SF », 459 p., 9782070457748*

En Gaule, au cours d’une guerre entre tribus celtes, Ambigat tue son beau-frère Sacrovèse. Ambigat exile sa sœur et les deux fils de celle-ci dans le royaume biturige. Lorsque les deux enfants atteignent l’âge de porter les armes, leur oncle les envoie guerroyer contre les dangereux Ambrones. Prix Imaginales 2014 (Roman francophone).

Docteur Sleep, Stephen King, 2015, Livre de poche, coll. « Fantastique », 459 p., 9782253183600*

Danny Torrance est devenu adulte. Surnommé Docteur Sleep, il travaille dans un hospice, où il utilise ses pouvoirs surnaturels. Il y rencontre Abra, une jeune adolescente qui fuit un inquiétant groupe de voyageurs. Ceux-ci traquent les enfants télépathes pour se nourrir de leur lumière.

Feed T. 3: Red Flag, Mira Grant, 2015, Folio, coll. « SF », 752 p., 9782070459100*

L’oligarchie à la tête de l’Amérique post-zombie monte en puissance. Menacés par le pouvoir, les blogueurs affrontent également des savants prométhéens et un ours mort-vivant.

Le Volcryn, George R. R. Martin, 2015, ActuSF, coll. « Hélios », 172 p., 9782917689806*

Neuf scientifiques embarquent à bord de l’Armageddon, un vaisseau spatial, afin d’aller à la rencontre du Volcryn, un astronef légendaire.

Le dernier apprenti sorcier T. 4 : Le rêve de l’architecte, Ben Aaronovitch, 2015, J’ai lu, coll. « Fantastique », 379 p., 9782290081068*

Une série d’événements criminels, sans lien apparent, conduisent l’agent Peter Grant et l’inspecteur Thomas Nightingale dans les entrailles des immeubles Goldfinger, situés au sud de la Tamise.

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Tous les textes proviennent des éditeurs, sauf lorsqu’il y a mention d’auteur.

Sélection : Benoit Desmarais – litt. étrangère ; Maxime Nadeau – litt. québécoise, poésie et théâtre ; Morgane Marvier – policier ; Caroline Scott – science-fiction.

 


23 mars 2015  par nos libraires BD

Bandes dessinées : la crème de février

Comme chaque mois, notre équipe de libraires spécialisés en bandes dessinées passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces récits complets et autres premiers tomes, question d’aiguiser votre appétit livresque…

BANDES DESSINÉES QUÉBÉCOISES – PREMIERS LECTEURS

Un ballon sous la pluie, Liniers, 2015, La Pastèque, 48 p., 9782923841687*

C’est samedi, et le samedi, tout est meilleur. Sauf que ce samedi-là, il pleut. C’est pas grave! Mathilda, va expliquer à sa petite sœur que même si il pleut, on peut s’amuser quand même. On connaît Liniers pour sa série Macanudo, une collection de strips loufoques, dans laquelle l’auteur cultive un humour décalé qui n’appartient qu’à lui. Ici, il nous raconte avec tendresse une journée dans la vie de ses filles, et le résultat est simplement et parfaitement adorable. (SC)

BANDES DESSINÉES ÉTRANGÈRES – ADULTES

Quand vous pensiez que j’étais mort: Mon quotidien dans le coma, Matthieu Blanchin, 2015, Futuropolis, 173 p., 9782754808316*

Le jour de l’anniversaire de sa fille, Matthieu Blanchin éprouvera d’atroces migraines provenant de l’hémorragie d’une tumeur cérébrale qui, en comprimant son cerveau, le rendra momentanément aveugle et le plongera dans un coma de trois semaines. Déclaré cliniquement mort puis réanimé, il sera témoin de tous les traitements, sentant les présences et entendant les voix, et ressentira la douleur de ces traitements qu’on lui infligera sans anesthésie, jugeant qu’il ne doit rien ressentir dans cet état. Plus tard, pendant sa convalescence – léthargique, dépressif et incapable de dessiner – il débutera une psychanalyse qui l’amènera à rédiger les souvenirs de cette expérience. De cette cure analytique résulte ce témoignage intense et éprouvant, cette autobiographie du subconscient de celui qui fut propulsé dans de nouvelles dimensions et qui dût s’adapter à re-vivre et à re-naître. (HB)

Feu de paille, Adrien Demont, 2015, Six pieds sous terre, coll. « Plantigrade », 272 p., 9782352121152*

C’est un monde qui oscille sans cesse entre réalité et uchronie, présent et passé. Dans des champs et des bois, dans des rêves et dans des histoires d’enfants qui jouent à se faire peur, Adrien Demont touche du doigt notre inconscient, matérialise nos angoisses et nos émotions enfouies. Derrière un anodin récit de vacances, la peur de l’inconnu perce et semble nous guetter au détour de chaque page. Effroi des rêves de l’enfance, créatures repoussoirs dont on aperçoit l’ombre qui traverse la nuit étoilée… C’est par touches très délicates et avec une science aboutie de la mise en scène qu’on suit le protagoniste principal, Joseph, jusqu’à l’orée de nos propres cauchemars. (L’éditeur)

Le choix, Alain Frappier et Désirée Frappier, 2015, La Ville Brûle, coll. « BD », 119 p., 9782360120567*

Le choix, c’est celui des femmes de reprendre possession de leur corps et de leur avenir, en décidant d’être enceintes ou d’interrompre une grossesse non désirée, dans les meilleures conditions possibles. C’est ce droit qu’elles obtinrent, il y a 40 ans à peine, avec l’adoption de la loi Viel qui rendit l’avortement et la contraception libres et gratuits sur le territoire français. Désirée Frappier – elle-même enfant non-désirée – retrace, avec sa plume admirable (et avec la complicité de son époux aux dessins quasi photographiques), la difficile lutte qu’ont dû mener celles que leurs conjoints, leurs employeurs et l’état contraignaient, jusque-là, à devoir subir la boucherie des avortements clandestins. (HB)

La révolution Pilote: 1968-1972, Nicoby et Éric Aeschimann, 2015, Dargaud, 144 p., 9782205069280*

En 1968, à Paris, il y eut une réunion terrible au journal Pilote. Son rédacteur en chef, l’auguste René Goscinny, fut pris à partie par ses auteurs chevelus et débraillés. Cette rébellion fut l’élément déclencheur qui entraina la naissance du journal l’Écho des savanes, et plus tard de Fluide Glacial (et encore plus tard de Métal Hurlant); en somme, les premiers journaux à s’adresser clairement à un lectorat adulte. Cette réunion aurait donc changé le paysage de la bande dessinée française, rien de moins, en tirant la bande dessinée vers un ton plus mature. Fort de cette hypothèse, Aeschimann et Nicoby sont allés rencontrer quelques auteurs importants de l’époque pour en savoir plus sur cet évènement fondateur. Ainsi, Gotlib, Fred, Druillet, Bretécher, Mandrika et Giraud livrent chacun leur vision des faits, et le résultat est des plus savoureux pour quiconque s’intéresse à l’histoire de la bande dessinée. (SC)

L’encyclopédie des débuts de la Terre, Isabel Greenberg, 2015, Casterman, 174 p., 9782203088528*

À la fois un récit initiatique, une cosmogonie d’un monde imaginaire et une réflexion sur le pouvoir de raconter, l’Encyclopédie des débuts de la Terre est un conte pour adultes moderne et intemporel, qui tient ses racines des vieux mythes et en crée de nouveaux. Le fil conducteur prend la forme d’un garçon de la terre des glaces qui a perdu une partie de son âme. Conteur désigné par son village, il part explorer le monde pour retrouver ce qui lui manque et pour enrichir son répertoire d’histoires. Les différents peuples qu’il va croiser auront tous des mythologies différentes, mais tourneront autour des mêmes divinités, le Dieu-Oiseau et ses enfants corbeaux. Inspirée entre autres par la Bible, les Mille et une nuits, et l’Odyssée, Isabel Greenberg réussit à créer dans sa première bande dessinée une œuvre originale, inventive et qui fait rêver. (BN)

Super graphic: comics et BD decryptés, Tim Leong, 2015, Huginn & Muninn, 192 p., 9782364802971*

Super Graphic n’est pas tellement une bande dessinée qu’un livre de graphiques représentant toutes sortes de statistiques en rapport avec les comics de super héros, mais aussi avec les romans graphiques. Les couleurs préférées des super héros, le nombre de personnes qui se font tuer par des humains ou des zombies dans Walking Dead, la quantité de victimes du Punisher, le degré de tristesse dans l’œuvre de Chris Ware, l’arbre généalogique de Donald, la rapidité de Superman et de Flash, le rapport entre la répression et la rébellion dans Persépolis et toutes sortes d’autres informations aussi intrigantes qu’inutiles vous attendent dans ce livre. Tim Leong ne se prend jamais vraiment au sérieux, et certains de ses schémas sont clairement des blagues (assez drôles), mais d’autres laissent deviner beaucoup de travail de recherche, ce qui est tout à son honneur. (BN)

Coffin Hill T.01 : La malédiction des Coffin, Inaki Miranda et Caitlin Kittredge, 2015, Urban Comics, coll. « Vertigo Classiques », 176 p., 9782365775878*

Nouvelle série culte de Vertigo, Coffin Hill est également l’exemple de ce qui ce fait de mieux en bande dessinée d’horreur en ce moment. Inspiré par Lovecraft, Poe et les autres maitres du fantastique du dix-neuvième siècle, ce récit gothique revisite les histoires des sorcières avec un regard à la fois traditionnel et contemporain. Coffin Hill est une petite ville maudite dont la famille fondatrice, descendant des sorcières de Salem, est également maudite de génération en génération. La plus jeune revient au bercail après dix ans d’absence, réparer le mal qu’elle a libéré par mégarde lors d’un rituel commis en blague entre adolescents insouciants. Avec un humour sanglant, Coffin Hill nous fait éprouver quelques bons frissons sur le sujet du passé qu’on fuit et qui nous rattrape sans cesse. (BN)

Sans pardon, Hermann et Yves H., 2015, Le Lombard, coll. « Signé », 58 p., 9782803634958*

Un bandit notoire est pourchassé dans l’ouest sauvage par un marshal aussi intransigeant que lui. Sa fuite le ramène dans son patelin d’origine où il fait la connaissance du fils qu’il a abandonné. Cette rencontre aura des conséquences désastreuses pour tous les protagonistes. Le scénario est plutôt prévisible mais l’histoire est bien menée et le rythme est bon. Les dessins d’Hermann sont toujours d’une grande qualité et on se retrouve avec un autre très bon album de la collection Signé. Voilà le vrai Far West : sans pitié, sans compromis, sans pardon. (PP)

Ulysse 1781 T.01: Le cyclope, Éric Hérenguel et Xavier Dorison, 2015, Delcourt, coll. « Conquistador », 64 p., 9782756040899*

On revisite l’Odyssée à la sauce révolution américaine. Le capitaine Ulysse McHendricks, héros de la guerre d’indépendance, doit retourner chez lui pour secourir sa femme au prise avec des troupes royalistes. Le voyage sera long et parsemé d’embûche. Il existe beaucoup d’adaptations du classique d’Homère, mais celle-ci se démarque par son contexte géographique et historique original. L’Amérique sauvage de la fin du XVIIIe siècle se prête bien aux aventures épiques et demeure suffisamment inconnue et mystérieuse pour donner du ressort à cette BD. Une bonne idée : on se prend au jeu et on passe un bon moment de lecture. (PP)

Drink a LOL: Imbuvable, Ookah et Thom J. Tailor, 2015, Marabout, coll. « Marabulles », 157 p., 9782501099585*

Un recueil de strips mettant en vedette un psychologue cynique amateur de cocktails. Avec son humour noir et décapant et son niveau d’empathie avoisinant le zéro, il n’attire pas vraiment la sympathie. Pourtant, on rit « a lol ». On prend un plaisir coupable à lire les remarques détestables et vitriolées de ce personnage suffisant et parvenu. Les différents personnages qui osent lui adresser la parole en prennent pour leur rhume et ses répliques ne font pas de quartier. Un regard acide sur la superficialité de la société moderne. (PP)

Le Divin, Asaf Hanuka, Tomer Hanuka et Boaz Lavie, 2015, Dargaud, 160 p., 9782205066937*

Mark, spécialiste américain en explosifs, accepte un job dans un pays d’Asie du Sud-est pour le compte de la CIA. De l’argent facile. Mais il se retrouve embarqué dans une guérilla improbable et surréaliste entre l’armée locale, aidée par son collègue américain, et une bande de gamins, menée par deux jumeaux appelés « le Divin » à cause de leurs pouvoirs surnaturels. Cette plongée en enfer est basée sur une histoire vraie, celle de la God’s Army, qui se déroula en Thaïlande et en Birmanie. Puissant, dérangeant et émouvant. (L’éditeur)

Démokratia T.01, Motorô Mase, 2015, Kaze, coll. « Manga », 208 p., 9782820316769*

Fruit de l’émulation entre Taku Maezawa, élève en ingénierie, et Hisashi Iguma, spécialiste en robotique, le concept de Démokratía semble révolutionnaire : 3 000 personnes, recrutées au hasard sur le web, décideront à la majorité via un réseau social des faits et gestes de Maï. Ce robot d’apparence féminine pourrait ainsi devenir le creuset d’un savoir collectif, la convergence de 3 000 intelligences… Mais l’expérience pourrait aussi révéler qu’à l’épreuve du monde réel, démocratie n’est pas toujours synonyme de raison… (L’éditeur)

Yallah bye, Kyungeun Park et Joseph Safieddine, 2015, Le Lombard, 160 p., 9782803634408*

Comme tous les étés, Mustapha emmène sa famille dans son pays d’origine, le Liban. Retrouvailles amicales et soleil au programme. Mais nous sommes en 2006, à Tyr, dans le Sud du pays, et les bombes lâchées par Israël, au nom de la lutte contre le Hezbollah, ont tôt fait de transformer ces vacances en cauchemar… 24 ans plus tôt, dans une situation similaire, Mustapha s’était exilé en France. Que fera-t-il, cette fois-ci, entre impuissance et culpabilité… ? (L’éditeur)

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Sélection et rédaction d’Hélène Brosseau, Sylvain Cabot, Boris Nonveiller, Patrick Pilote et Réjean St-Hilaire.

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