Le Délivré

Archive pour la catégorie ‘Retour sur les parutions’


20 mars 2017  par nos libraires jeunesse

Le choix des libraires – Littérature jeunesse – Janvier 2017

Comme chaque mois, notre équipe de libraires spécialisés en littérature jeunesse passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour en repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces nouveaux titres et nouvelles séries, question d’aiguiser votre appétit livresque…

ALBUMS QUÉBÉCOIS ET CANADIENS

Je ne suis pas un numéro, Jenny Kay Dupuis et Kathy Kacer, ill. de Gillian Newland, Scholastic, 32 p., 9781443155700

Basé sur une histoire vraie, cet album coup-de-poing jette une lumière crue et nécessaire sur une part sombre de l’histoire du Canada. Les auteures reviennent sur l’existence des pensionnats autochtones, où les enfants qui avaient été retirés des réserves où ils habitaient avec leurs parents étaient obligés de renier leur héritage culturel ancestral, sous couvert d’éducation. Le texte, sans concession, décrit toute la détresse d’Irene Couchie, une jeune Nipissing, confrontée à l’horreur de la vie en pensionnat. Les illustrations de Gillian Newland donnent vie au désespoir et à la résilience d’Irene, mais aussi de ses frères et de ses parents. Un album qui dérange, et qu’on devrait mettre entre toutes les mains. (P.-A. B.)

La merveilleuse machine à se faire des amis, Nick Bland, Scholastic, 9781443157490

Ce nouvel album de Nick Bland aborde la question des dangers de l’internet et des réseaux sociaux, pour les enfants d’âge préscolaire. Avec son texte simple, mais intelligent, et ses illustrations hilarantes, Nick Bland parvient à conscientiser les enfants (et leurs parents) sans verser dans la morale. Au contraire, on rit et on a du plaisir tout au long de la lecture, et on en ressort plus critique devant l’omniprésence des technologies « intelligentes » dans nos vies. Chapeau ! (P.-A. B.)

L’abri, Céline Claire, ill. de Qin Leng, Comme des géants, 48 p., 9782924332344

Céline Claire signe ici un magnifique album sur la peur de l’autre. Alors que les animaux se serrent les coudes à l’approche d’une grosse tempête, l’arrivée de deux étrangers provoque une vague de méfiance qui amène les habitants de la forêt à fermer leur porte et leur cœur. Heureusement, un acte de bonté survient, et sera ensuite payé de la même bonté en retour. Le texte de Céline Claire touche droit au cœur. Quant aux illustrations de Qin Leng, avec leur sublime délavé qui rappelle l’aquarelle, elles mettent en lumière l’absurdité de vivre dans la peur de l’autre, alors qu’on a tant à offrir. Un album incontournable qui enseigne aux enfants (et qui rappelle aux adultes) que la peur est mauvaise conseillère, et que c’est dans les situations difficiles qu’il importe d’ouvrir son cœur à l’autre. À lire absolument ! (P.-A. B.)

ALBUMS ÉTRANGERS

La Mésaventure, Iwona Chmielewska, Format, 50 p., 9788361488934

Quel album poétique ! À l’aide d’une simple forme plus foncée sur la page blanche, Iwona Chmielewska parvient à raconter une histoire qui aurait pu se passer de texte. Heureusement, ses mots sont aussi forts que ses images, et on se retrouve avec une histoire magnifique, qui illustre de manière sensible la relation entre une mère et sa fille, à travers une nappe en dentelle, héritage familial toujours populaire. Un véritable petit bijou ! (P.-A. B.)

Moi, Albert : détestateur de livres, Ingrid Chabert, ill. de Guridi, Frimousse, 32 p., 9782352412991

Il n’est pas toujours facile d’intéresser les enfants à la lecture, et certains peuvent s’avérer très réfractaires. En suivant les mésaventures d’Albert, qui déteste les livres au point de les cacher au fond du jardin, le jeune lecteur découvre le plaisir qui peut être associé à une bonne histoire. Un album à lire en famille ! (P.-A. B.)

Les souvenirs du vieux chêne, Maxime Rovere, ill. de Frédéric Pillot, Milan jeunesse, coll. « Albums », 72 p., 9782745968937

Mêlant événements historiques et contes de fées, cet album présenté sous la forme des mémoires d’un vieux chêne est un appel au voyage dans l’imaginaire. Sous la plume de Maxime Rovere, le chêne devient le témoin privilégié d’une multitude d’histoires, parfois tristes, parfois drôles et à travers les siècles, il se retrouve parfois acteur des événements malgré lui. Magnifiquement illustré par Frédéric Pillot, donc le trait caractéristique donne une dimension épique au récit, cet album est un ovni littéraire. C’est une œuvre qui se découvre à travers plusieurs lectures, ou au gré des envies du lecteur. Un livre-objet avec une histoire poétique et captivante. Tout simplement magique ! (P.-A. B.)

Devine où j’suis ! Richard Marnier, ill. d’Aude Maurel, Frimousse, coll. « Maxi boum », 36 p., 9 782 352 413 011

Dans cet album réjouissant, les contes classiques sont mis à mal avec humour ! La structure répétitive du texte de Richard Marnier participe grandement à l’effet comique, renforcé par les illustrations colorées d’Aude Maurel, qui sont comme autant d’indices permettant de répondre à la fameuse question « Devine où j’suis ! » Un album à lire avec les enfants, pour le plaisir de les voir tenter de deviner où se trouve le Petit chaperon rouge, le loup, l’ogre, le dragon, le chevalier et… la mère du Petit chaperon rouge ! Un beau coup de cœur ! (P.-A. B.)

Alice de l’autre côté du miroir, Lewis Carroll, ill. de Benjamin Lacombe, Soleil, coll. « Métamorphose », 293p., 9782302055971

Benjamin Lacombe a l’indéniable don de sublimer l’étrange. Grâce à son immense talent, le lecteur traverse le miroir de ses illustrations pour se plonger avec délice dans l’Univers d’Alice. L’oeuvre de Lewis Carroll, unique et sublime à souhait, trouve écho entre les ombres et lumières projetées par Lacombe. Les annexes riches offriront aux passionnés d’Alice jeux de langages, contes mathématiques et exercices logiques, permettant d’approfondir l’expérience Carrollesque. (J. H.)

ROMANS QUÉBÉCOIS

Le petit Pousset, Daniel Laverdure, ill. d’Annie Rodrigue, Soulières, coll. « Ma petite vache a mal aux pattes », 72 p., 9782896073818

Une relecture décapante du « Petit Poucet », où l’humour ravageur de Daniel Laverdure fait mouche ! Le jeune Maxime profite de ses pouvoirs pour s’intéresser cette fois au conte du « Petit Poucet », qu’il voudrait bien modifier en profondeur. Les dialogues sont mordants, les situations cocasses. Un roman idéal pour les premiers lecteurs ! (P.-A. B.)

ROMANS ÉTRANGERS

Louis Pasteur contre les loups-garous, Flore Vesco, Didier Jeunesse. 213p., 9782278085552

Flore Vesco a décidément une écriture drôle, intelligente et irrésistible. Et elle en use avec autant d’habileté qu’une rapière qui fait mouche. Dès les premières pages, on est happé par un récit sans temps mort (mais avec quelques cadavres), charmé par des personnages atypiques et crédibles, enchanté par le ton du récit qui a autant de mordant qu’un loup-garou. La science a une belle part dans cette aventure, ne serait-ce que dans les noms des chapitres qui démontrent toute l’ingéniosité de l’auteure. Laissez-vous contaminer par cette histoire mais soyez prévenu : il n’existe pas de vaccin pour s’en remettre. (A. P.)

LIVRES-CD ÉTRANGERS

Georgia : tous mes rêves chantent, Timothée de Fombelle, ill. de Benjamin Chaud, racontée par Cécile de France, Gallimard-Jeunesse Musique, 44p., 9782070601479

L’excellent Timothée de Fombelle fait ici une nouvelle plongée dans l’album jeunesse, mais cette fois, avec un conte musical ! Accompagné par des artistes talentueux, dont notamment la Québécoise Ariane Moffatt, il nous raconte l’enfance de la petite Georgia, aujourd’hui chanteuse accomplie. Au travers des mélodies, tantôt douces, tantôt entrainantes, le lecteur voyage dans le temps et dans l’imaginaire foisonnant de la fillette. Accompagné par les rêves de celle-ci, que Benjamin Chaud personnifie à merveille par son trait singulier, à la fois doux et farfelu, elle tentera de réaliser son rêve absolu : retrouver ses petites sœurs. La dernière chanson est un petit bonheur !
Un livre édité en soutient à l’Association SOS Villages d’enfants.

POÉSIE QUÉBÉCOISE

Souffler dans la cassette, Jonathan Bécotte, Leméac, 129 p., 9782760942288*

Porté par une plume efficace, précise et libre, « Souffler dans la cassette » retrace les premiers émois amoureux d’un jeune garçon pour son meilleur ami. Navigant entre plein de petits moments chargés de signification pour le jeune narrateur, on se love dans les vers de l’auteur comme dans une cabane de draps. Grâce à son approche poétique, Jonathan Bécotte accueille le lecteur au coeur d’une amitié fusionnelle, laissant échapper ici et là des bulles amoureuses.

« Un bouton de ma salopette

Décousu sur un cadre de porte :

Je vais le garder dans mon sac de billes.

Ça va me faire penser à toi quand je les compte.

J’allais faire partie de sa collection. »

DOCUMENTAIRES ÉTRANGERS

Toute la vérité sur l’histoire de l’art, Sylvain Coissard et al., Palette, 117 p., 9782358322195

Dans ce documentaire hilarant, Sylvain Coissard et son équipe prétendent nous révéler l’existence de toiles de grands maîtres jusque là méconnues. Ces tableaux s’insèrent avant l’œuvre connue du grand public et viennent apporter un éclairage nouveau sur le sujet représenté. Ce « mocumentaire » permet d’aborder l’histoire de l’art sans jamais tomber dans le didactisme. Au contraire, on découvre des toiles importantes et des peintres qui ont façonné l’histoire de l’art avec un plaisir constant. À découvrir absolument ! (P.-A. B.)

Avec religion, sans religion, Brigitte Labbé et Pierre-François Dupont-Beurier, ill. de Jacques Azam, Milan, coll. « Les goûters philo », 50 p., 9782745978714

Ce petit ouvrage permet d’aborder de manière ouverte et sans préjugés la question de la religion et la place qu’elle occupe dans la vie de certaines personnes. À travers des mises en situation réalistes et pertinentes, les auteurs permettent de réfléchir à certaines idées reçues et à certains comportements, sans jamais porter de jugement. Idéal pour aborder la notion de foi et les différents cultes, que ce soit à la maison ou à l’école. Un incontournable en cette époque de craintes religieuses qui s’invitent sur la place publique. (P.-A. B.)

* * *

Sélection et rédaction de Caroline Billo, Catherine Bond, Pierre-Alexandre Bonin, Susane Duchesne, Sarah Dufresne-Landry, Joelle Hodiesne, Juliette Lopes Benites, Aurélie Philippe, Louise Pratte et Sonia Simard.

Pour commander ces ouvrages via notre site monet.leslibraires.ca, veuillez cliquer sur les titres sélectionnés.

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5 décembre 2015  par nos libraires

Le Top 5 2015 de nos libraires – Secteur général et universitaire

L’année 2015 s’achève et c’est le moment de faire un bilan des parutions les plus marquantes de l’année. Nos libraires se sont prêtés au jeu et nous proposent les oeuvres qui les ont véritablement interpellés cette année.

Anne Baudinet

Snow Queen, Michael Cunningham, Éditions Belfond

Ma bibliotheque: Lire, écrire, transmettre, Cécile Ladjali, Éditions du Seuil

Je refuse, Per Petterson, Éditions Gallimard

Barcelona!, Grégoire Polet, Éditions Gallimard

Amours, Leonor de Recondo, Éditions Sabine Wespieser

En poche :

Les douze tribus d’Hattie, Ayana Mathis, Éditions Gallmeister, collection Totem

Marie-Ève Blais

Le parfum de Nour, Yara El’Ghadban, Éditions Mémoire d’encrier

Choir, Rosalie Lavoie, Léméac éditeur

Nirliit, Julianna Léveillé-Turcotte, Éditions La peuplade

Mettre la hache, Pattie O’Green, Éditions du Remue-Ménage

Soeurs volées : enquête sur un féminicide, Emmanuelle Walter, LUX, éditeur

En poche :

Dans le silence du vent, Louise Erdrich, Le livre de poche

Emmanuelle Cartier

Les dames blanches, Pierre Bordage, Éditions L’Atalante

Les ferrailleurs, volume 1 : Le château, Edward Carey, Éditions Grasset

Sauver la planète une bouchée à la fois, Bernard Lavallée, Éditions La Presse

Origines T. 1: Le château des millions d’années, Stéphane Przybylski, Éditions Belial

En poche :

Les rois du monde T. 1: Même pas mort, Jean-Philippe Jaworski, collection Folio SF

Guillaume Cloutier-Crevier

Boussole, Mathias Énard, Éditions Actes sud

La main gauche de Jean-Pierre Léaud, André Habib, Éditions du Boréal

Excellence poulet, Patrice Lessard, Éditions Héliotrope

Nirliit, Juliana Léveillé-Trudel, Éditions La peuplade

Soeurs volées: enquête sur un féminicide, Emmanuelle Walter, LUX éditeur

En poche :

Amour, colère et folie, Marie Vieux-Chauvet, Éditions Zulma

Clarence Collinge-Loysel

L’austérité au temps de l’abondance, Collectif, Revue Liberté

Au péril de la mer, Dominique Fortier, Éditions Alto

Vilnius Poker, Ričardas Gavelis, Éditions Monsieur Toussaint Louverture

Frayer, Marie-Andrée Gill, Éditions La Peuplade

Amanita Virosa, Alexandre Soublière, Éditions du Boréal

En poche :

Pour trois couronnes, François Garde, collection Folio

Benoit Desmarais

Une vie après l’autre, Kate Atkinson, Éditions Grasset

Les barbares, Alessandro Baricco, Éditions Gallimard

Tout ce qui est solide se dissout…, Darragh McKeon, Éditions Belfond

Maraudes, Sophie Pujas, Éditions Gallimard

Chemin Saint-Paul, Lise Tremblay, Éditions du Boréal

En poche :

7 années de bonheur, Etgar Keret, collection Points

Maude Jacob

Brutes, Anthony Breznican, Éditions Denoël

La peinture aujourd’hui, Tony Godfrey, Éditions Phaidon

Les désoeuvrés, Aram Kebabdjian, Éditions du Seuil

Le sculpteur, Scott McCloud, Éditions Rue de Sèvres

Morgane Marvier

L’heure sans ombre, Benoit Bouthillette, Éditions Druide

Chicagoland, scénario de Fabrice Colin, dessin & couleur de Sacha Goerg, d’après R.J. Ellory, Éditions Delcourt

Les temps sauvages, Ian Manook, Éditions Albin Michel

Et ils oublieront la colère, Elsa Marpeau, Gallimard

L’archange du chaos, Dominique Sylvain, Éditions Viviane Hamy

En poche :

L’été des jouets morts, Toni Hill, collection J’ai lu

Caroline Scott

Les maisons, Fanny Britt, Cheval d’Aout Éditeur

L’année de ma disparition, Carole David, Éditions Les Herbes rouges

Frayer, Marie-Andrée Gill, Éditions La Peuplade

Désert et renard du désert, Hector Ruiz, Éditions du Noroît

Le parfum de la tubéreuse, Élise Turcotte, Éditions Alto

En poche:

Amour, colère et folie, Marie Vieux-Chauvet, Éditions Zulma

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13 novembre 2015  par nos libraires

Le choix des libraires: Essais

Comme chaque mois, notre équipe de libraires passe en revue l’ensemble de la production du mois écoulé pour en repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces nouveaux titres, question d’aiguiser votre appétit livresque…

Arts – Une sélection de Marie-Ève Blais

Robert Frank en Amérique, sous la dir. de Peter Galassi, Éditions Steidl, 200 p., 9783869308258

Recueil de 131 photographies de Robert Frank réalisées dans les années 1950, dont 22 clichés originaux du reportage photo intitulé Américains, enrichi de 100 images inconnues. Né en Suisse, il émigre aux Etats-Unis en 1947 et commence sa carrière de photographe dans des magazines. Il obtient la bourse de la Guggenheim Fondation en 1955, et réalise de nombreux films. Catalogue de l’exposition présentée au Stanford, Cantor Arts Center, du 10 septembre 2014 au 5 janvier 2015.

La main gauche de Jean-Pierre Léaud, André Habib, 2015, Éditions du Boréal, coll. Liberté grande, 320 p., 9782764624098

Il y a les cinémathèques pour les conserver et les programmer, mais qu’est-ce qui demeure en chacun de nous des films que nous avons vus pour la première fois au cinéma ? Que reste-t-il de nos amours cinématographiques ? André Habib se livre à une exploration docte et maniaque de ces restes de cinéma qui s’accumulent, en désordre, dans la mémoire du cinéphile, la sienne et celle d’une vingtaine d’autres fous de cinéma qu’il a interrogés et pour qui le septième art est une passion, un vice impuni. Universitaire mais mordu, il signe un essai sur la cinéphilie qu’il considère comme une discipline anarchique.

Polaroids 1958-1987: Andy Warhol, Richard B. Woodward et Reuel Golden, 2015, Éditions Taschen, 560 p., 9783836551564

Photographies de portraits réalisées par Andy Warhol à la fin des années 1950 et jusqu’à sa mort en 1987. Certaines figures emblématiques du XXe siècle comme Mick Jagger, Alfred Hitchcock ou Jack Nicholson sont représentées.

Biographie – Une sélection d’Emmanuelle Cartier

De Saint-Denys Garneau, de Michel Biron, 2015, Éditions du Boréal, 456 p., 9782764624005

La vie du poète Hector de Saint-Denys Garneau est depuis longtemps l’objet d’une fascination étrange. Mais que sait-on au juste du destin énigmatique de cet auteur qui, après avoir publié Regards et Jeux dans l’espace à l’âge de vingt-cinq ans, semble s’être éloigné de tout : de son oeuvre, de ses amis, de la vie elle-même.Que sait-on de cette existence à la fois très brève (il est mort à trente et un ans) et si remplie de silence ? Toutes sortes de rumeurs ont circulé et continuent de circuler à son propos, certaines fondées, d’autres farfelues. Aussi est-il curieux qu’aucune véritable biographie de Garneau n’ait encore vu le jour pour mettre de l’ordre dans ces récits approximatifs, comme si on préférait entretenir le mystère de son existence fuyante, quitte à l’imputer à des causes extérieures, voire à accuser le Canada français d’avoir été le tombeau du poète. Après avoir recueilli de façon systématique toute l’information disponible sur sa vie, tant intellectuelle que matérielle et affective, notamment autour de sa famille, de ses amis et des femmes qui l’ont entouré, après avoir dépouillé des fonds d’archives récemment ouverts à la consultation, ce qui lui a permis de retrouver un grand nombre de lettres inédites, Michel Biron donne ici la première véritable biographie du poète. Il nous présente un Garneau de chair et de sang, présent au monde et à soi-même, pour qui l’écriture n’aurait su avoir ni sens ni valeur si elle n’aidait pas à mieux vivre. Un contrat moral lie l’écrivain à l’homme de tous les jours : on ne peut connaître celui-là sans s’intéresser à celui-ci.

Cuisine et alimentation – Une sélection d’Emmanuelle Cartier

Un dimanche au marché: 100 recettes pour remplir son panier !, recettes de Mélanie Martin, photographies de Julie Méchali, 2015, Éditions Mango, 267 p., 9782317010750

Quoi de plus agréable que de se promener entre les étals du marché et de revenir chez soi, le panier rempli… Du maraîcher au poissonnier, vous découvrirez dans cet ouvrage plus de 100 recettes classiques ou revisitées ! Cuisinez maison et de saison pour retrouver le goût des produits frais ! 100 recettes à base de produits frais. Avec des conseils pour acheter au marché.

Les secrets véganes d’Isa, Isa Chandra Moskowitz, photographies de Vanessa Rees, 2015, Éditions L’Âge d’homme, 307 p., 9782825144565

Que vous soyez un cuisinier végane expérimenté, un parfait débutant, un allergique aux noix, au gluten, au micro-ondes, aux légumes ou simplement à l’affût de nouvelles expériences culinaires, Isa est la personne qu’il vous faut. Les secrets et astuces d’Isa se déclinent en près de 200 recettes succulentes, souvent saines, parfois décadentes et mettent en valeur des produits frais et accessibles. Sans vous en apercevoir, vous allez vous retrouver confortablement installé dans votre canapé avec un bon roman, caressant votre chat pendant qu’un fabuleux Stroganov de tofu et champignons mijote sur le feu dans une cuisine étonnamment bien organisée grâce aux conseils d’Isa.

Comfort food : 100 recettes incontournables : les classiques qui rendent heureux, Jamie Oliver, photographies de David Loftus, 2015, Éditions Hachette Pratique, 406 p., 9782011775948

Cet ouvrage contient, sans aucun doute, mes recettes les plus appétissantes, étonnantes et passionnantes et, surtout, qui font du bien. Je veux parler de ces plaisirs simples et pourtant tellement tentants. Cet ouvrage célèbre les souvenirs, les traditions et les plats de notre enfance. Il met à l’honneur le rituel de la préparation avec des plats qui mettent du baume au coeur et remontent le moral.

Philosophie – Une sélection de Caroline Scott

Art rebelle et contre-culture : création collective underground au Québec, 1967-1977, Anithe de Carvalho, 2015, M Éditeur, coll. Mouvements, 232 p., 9782924327166

Au cours des années 1960 et 1970, les artistes néo-avant-gardiste politisés ont remis en question les conventions artistiques et l’institution traditionnelle en élargissant le champ de l’art et en ouvrant la porte à un art nouveau tourné vers des publics que l’on voulait participatifs. Le monde de l’art délaisse les galeries et les musées pour envahir avec ferveur les espaces publics. Dans ces lieux, on explore de nouvelles formes d’expression artistique. Cette époque pleine d’espérance aurait vu l’art et la vie se conjuguer – elle alimente encore aujourd’hui les esprits rebelles, artistiques et politiques. Loin de s’inscrire dans la défense de cette thèse, ce livre a pour objectif de démythifier ces pratiques artistiques, dont les environnements et les événements participatifs ont été médiatisés en dehors de l’espace institutionnel traditionnel. Pourtant, la néo-avant-garde artistique politisée – ou underground – n’a pas réussi son pari de rester en marge de l’establishment et d’œuvrer à l’extérieur du système ou du champ institutionnel de l’art. Ce livre pose donc la question de l’institutionnalisation de l’art dit subversif au Québec au cours des années 1960 et 1970.

L’angoisse de l’ingénieur, Ernst Bloch, 2015, Éditions Allia, coll. La petite collection, 69 p., 9791030400182

Ce manifeste réunit trois textes écrits entre 1929 et 1955, évoquant le sentiment d’angoisse mêlé aux symboles de la magie et au concept d’utopie, en relation avec la condition humaine et sociale. Le philosophe examine les diverses croyances dans la sorcellerie, rappelle la nécessité du mythe et défend notamment les archétypes énoncés dans les contes abolissant les hiérarchies sociales.

À quoi sert la philosophie?, Thomas De Koninck, 2015, Presses de l’Université Laval, coll. Kairos, 100 p., 9782763789729

Si les problèmes de société et les problèmes politiques s’avèrent de plus en plus complexes, au sens de « tissés ensemble », le déploiement des connaissances va dans le sens opposé, suivant des labyrinthes de plus en plus spécialisés, fragmentés, détachés du tout. C’est assez dire l’importance accrue de la philosophie, qui a, depuis toujours, affaire au tout de la réalité. La philosophie ne sert à rien, en ce sens qu’elle ne sert rien de particulier. Elle est libre, autonome. À quoi sert la philosophie ? À ce compte, à quoi sert la musique ? Ou, sur un autre registre, à quoi sert la santé ? Toutes servent l’être humain. La différence est qu’elles le servent tout entier. Et dans le cas de la philosophie, c’est la vie proprement humaine en toutes ses dimensions qui est servie.

Magic : une métaphysique du lien, Laurent De Sutter, 2015, Presses universitaires de France, 111 p., 9782130730897

Interrogeant l’apparition du concept de lien social chez Rousseau et Durkheim, l’auteur avance que, pour comprendre ce qui lie les hommes, il faut peut-être regarder du côté du droit, un droit qui aurait retrouvé sa magie. De Montesquieu à G. Bruno, de G. Tarde à M. Mauss, l’auteur s’attache au droit comme dernière manifestation de la magie dans un monde qui croyait pouvoir s’en passer.

Lettres spirituelles d’un philosophe sceptique, Giuseppe Rensi, 2015, Éditions Allia, coll. La petite collection, 175 p., 9791030400304

Un voyage philosophique répondant à des interrogations de tous ordres, du mystère de la pensée à la perception du quotidien, évoquant des philosophes tels que Spinoza, Sénèque ou Platon et de grands courants de pensée comme le bouddhisme.

Sciencs sociales – Une sélection de Caroline Scott

Le jour où l’Amérique a vu la guerre : 1943 : le traumatisme de la bataille de Tarawa, Cyril Azouvi, 2015, LUX éditeur, 140 p., 9782895962007

Fin 1943, après deux ans de combats lointains et relativement indolores pour les États-Unis, la population américaine qui, jusque-là, soutenait inconditionnellement la décision d’intervenir dans la Deuxième Guerre mondiale, est soudainement frappée d’effroi. La cause de ce vacillement: les violentes images tournées lors de la bataille de Tarawa. La prise de ce minuscule atoll du Pacifique se fait de justesse, en trois jours, au prix de 1 000 morts et de 2 000 blessés du côté américain seulement. C’est le premier carnage essuyé par les boys depuis leur entrée en guerre et c’est aussi la première fois qu’une équipe de cameramen de l’armée filme les combats… et les cadavres. Cyril Azouvi a recueilli les souvenirs de Norman Hatch, vétéran des marines qui a fait Tarawa armé d’une caméra. Il relate ici la bataille, puis l’impact qu’ont eu les images sur l’opinion publique alors qu’y germait l’idée saugrenue qu’une guerre peut être propre.

Le libre jeu : réflexion sur l’appropriation de l’activité ludique, Maude Bonenfant, 2015, Éditions Liber, 152 p., 9782895784975

« Le jeu est souvent défini selon les catégories manichéennes du  » bien  » et du  » mal « . Ici, il est accusé d’être cause d’une perte de temps, d’aliénation, de renfermement, de perte de repères ; là, loué pour être un moyen de socialiser, d’apprendre, de se découvrir, de se divertir. À la vérité, le jeu est inextricablement lié à des considérations éthiques et appelle à un questionnement sur le rapport que le joueur entretient avec lui. Les philosophes l’ont compris depuis longtemps. Il est l’occasion d’apprivoiser l’indétermination du monde en développant des moyens de se l’approprier. Ce que nous faisons du jeu est un apprentissage de ce que nous pouvons faire de notre vie. L’espace d’appropriation n’est pas exclusif à l’objet-jeu et le jeu, considéré comme une technique, devient un moyen de nous ménager un espace de liberté dans les limites de notre vie. Le jeu devient ainsi une éthique de vie. En s’appropriant le jeu du monde, en en actualisant la part virtuelle grâce à son imagination, l’individu prend d’autant plus part à la création du sens du monde. »

Ces valeurs dont on parle si peu, Jacques Grand’Maison, 2015, Éditions Carte blanche, 136 p., 9782895902720

«J’ai écrit ce livre sur les chemins de la Maison Pallia-Vie,de la Rivière-du-Nord, avec tout le temps nécessaire pourfaire un bilan de vie. Mais vous ne lirez pas ici une autobiographie,même si j’ai puisé dans mes soixante ans detravail, et que j’ai voulu retenir l’essentiel de ce que m’ontappris les nombreux compagnes et compagnons de route.J’ai cherché à réfléchir à l’histoire récente du Québec, àl’évolution des moeurs et aux courants souterrains, tropsouvent méconnus sinon refoulés. J’utilise la métaphorede l’humus qui régénère la vie, de l’humus humain capabled’aller chercher au fond de soi des forces, du sens et dela confiance qu’on ne soupçonnait pas posséder; un peucomme les bouillons de culture et leur créativité au plancollectif. J’espère avoir réussi à dégager des dynamiquesde sens, de relances d’espoir et de foi. »

Amerindia : essais d’ethnohistoire autochtone, Roland Viau, 2015, Presses de l’université de Montréal, 247 p., 9782760635838

De nos jours, on ne défend plus l’idée que les peuples autochtones conquis et colonisés étaient sans culture ou sans histoire, tout en reconnaissant néanmoins que leur histoire était obscure et leur univers culturel opaque pour les premiers voyageurs européens. Roland Viau écrit ici la rencontre entre l’Europe et l’Amerindia en donnant la parole à l’Autre. Sa perspective est globale, proche de la world history – symbiose entre les disciplines de la mémoire: ethnologie, histoire et archéologie – et loin de la vision d’un monde façonné par le seul Occident. Sans poursuivre le procès d’intention fait aux colonisateurs de l’Amérique du Nord, l’auteur dresse un portrait saisissant des Autochtones à travers le récit de leurs traditions orales, leurs cosmologies et leurs mythes. Il nous invite à penser le monde dans sa longue durée et dans la compréhension des relations souvent conflictuelles entre les sociétés dominantes du Nord et les nations encore globalement dominées du Sud.

Mater la meute : la militarisation de la gestion policière des manifestationssuivi de: Le marché global de la violence, Lesley J. Wood et Mathieu Rigouste, 2015, LUX éditeur, 314 p., 9782895962045

La restructuration néolibérale des institutions économiques et politiques entraîne une militarisation progressive des forces policières et de leurs tactiques de maintien de l’ordre. Surveillance, infiltration, brigades spéciales, armes sublétales, arrestations préventives… en Amérique du Nord comme en Europe, il semble que tous les moyens soient bons pour neutraliser la contestation sociale. Refusant de céder au schématisme habituel qui fait des forces de l’ordre un simple instrument des élites politiques, la sociologue Lesley J. Wood revient sur l’histoire récente de la police nord-américaine pour mettre au jour les dynamiques complexes qui la traversent. Dans « Le marché global de la violence » en fin d’ouvrage, Mathieu Rigouste revient sur les mutations du maintien de l’ordre en France.

Tous ces livres sont disponibles à la Librairie Monet ou via notre site monet.leslibraires.ca, en cliquant sur les titres sélectionnés.



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