Le Délivré

Archive pour la catégorie ‘◦ Regards’


8 mars 2013  par Isabelle Melançon

Puisque c’est le 8 mars…

Photo par Ruth Orkin

« Il se trouve – même si c’est difficile à croire quand on voit les étals des librairies – que les deux tiers des projets que je reçois [ pour la collection Bayou ] sont envoyés par des filles. Je ne sais pas si c’est Gallimard qui suscite ça… Il existe aujourd’hui un véritable appétit de bande dessinée chez les filles parce qu’elles ne l’ont pas pratiqué avant. »

Entretiens avec Joann Sfar, Joann Sfar et Thierry Groensteen, 2013, Les Impressions Nouvelles, 270 p., 9782874491580*
 

Depuis son officialisation par l’Organisation des Nations unies en 1977, le 8 mars est reconnu comme étant la Journée internationale de la femme. Plusieurs journalistes et blogueurs profitent de cette occasion pour écrire un article soulignant les nombreuses contributions, souvent oubliées, des femmes dans les domaines des arts, des sciences, etc.

Dans notre secteur de la bande dessinée, à cette date précise, c’est presque devenu une tradition de lister les nouveautés signées par des auteures et de passer en revue avec nostalgie les séries et les romans graphiques créés par des femmes qui nous ont marqués. Nous nous réjouissons du fait que le nombre d’auteures augmente de façon constante dans un médium encore fortement associé avec la gent masculine et ses préférences.

Voici une liste de suggestions d’œuvres de qualité, nées sous les crayons d’artistes et de scénaristes femmes, et mettant en scène des personnages féminins réalistes et captivants. Ces jeunes auteures s’attaquent à des sujets allant de la romance à la politique avec des styles de dessin allant de l’art naïf au réalisme.

Algésiras et AurorePénélope BagieuRikke Bakman,  Sophie BédardBoumVera BrosgolFanny Britt et Isabelle ArsenaultGeneviève CastréeLeela CormanChloé CruchaudetArianne DénomméIsabelle DethanFlorence Dupré la TourÉlodie Durand, Aisha Franz,  Anneli FurmarkIris,  Keum Suk Gendry-KimSophie GuerriveKonami Kanata,  Fabienne LoodtsOriane LassusUlli LustLisa MandelJulie MarohSandrine MartinKaoru Mori,   Yoon-sun Park,  Gabrielle PiquetJulie Rocheleau et Émilie VilleneuveMarjane SatrapiPosy SimmondsAnne Simon et Corinne MaierNaoko Takeuchi,  Mari Yamazaki,  Vanyda,  Birgit Weyhe,  Aurélie William LevauxZviane.

Nous vous encourageons aussi à visiter le site internet de l’Association Artémisia . Cette association, qui tient son nom de l’artiste Artémisia Gentileschi, cherche à faire la promotion de la bande dessinée « féminine » en offrant un prix annuel. Selon cette association, un regard féminin sur la production BD est essentiel. La bande dessinée ne pourrait pas évoluer en éliminant par machisme la moitié de ses lecteurs et de ses créateurs potentiels. Lointaine est l’époque où les femmes n’étaient que des coloristes du travail de leur maris. Elles ont des choses à dire, et elles veulent les dires dans des phylactères !

Photo par Charles Teenie Harris

Pour voir plus de photos de Charles Teenie Harris : ici et Ruth Orkin :  ici

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27 février 2013  par Alexandre F. R.

L’extraordinaire gentleman et sa ligue

La parution quasi simultanée dune nouvelle intégrale française des deux premiers volumes de La ligue des gentlemen extraordinaires et de la traduction de Century 2009, dernier tome du troisième livre de la série, s’avère l’occasion rêvée de revenir sur l’une des créations les plus denses et fascinantes de l’auteur anglais Alan Moore.

Adepte de l’occultisme, anarchiste et ancien dealer de LSD, Alan Moore s’est d’abord fait remarquer en tant qu’auteur au début des années 80, signant entre 1982 et 1985 les premiers numéros de l’iconique saga V for Vendetta avant de revamper pour le compte de DC Comics la série Swamp Thing qui, avant son intervention, n’était qu’une série B d’horreur parmi tant d’autres. Il réinventera par la suite le récit de super-héros avec Watchmen, œuvre culte ayant grandement contribué à l’émergence du terme graphic novel  (ou roman graphique) — qui sera dès lors utilisé pour décrire ces œuvres dont la forme s’éloigne des conventions du feuilleton, auxquelles s’était jusqu’alors plié le comic traditionnel. Moore deviendra par le biais de ce succès critique et commercial exceptionnel le symbole d’un renouveau de la bande dessinée américaine, qui, après des décennies d’adolescence, aurait enfin atteint l’âge adulte. Mais au lieu de monnayer sa popularité, Moore l’utilisera pour acquérir une indépendance peu commune au sein d’une industrie peu ouverte aux iconoclastes de sa trempe.

Entamée en 1999, La ligue des gentlemen extraordinaires s’avère la somme des ambitions démesurées d’un auteur inclassable, doté d’une érudition encyclopédique phénoménale, qui aspire à s’approprier, par le biais d’une fiction unificatrice, le canon littéraire populaire anglais afin de l’adapter à sa vision singulière. Composant son récit à partir d’emprunts, de clins d’œil et de citations, puisant ses références à même diverses sources, dans divers registres, Moore s’attaque ici à la distinction entre la littérature dite « mineure » et le répertoire classique — faisant en quelque sorte écho à ce bouleversement du neuvième art duquel il avait été l’un des principaux architectes dix ans plus tôt . Ici, il pousse l’audace jusqu’à intégrer à la bande dessinée des extraits d’œuvres romanesques, inventées de toute pièce, qui fournissent au lecteur des informations complémentaires sur le récit et étoffent la description des multiples personnages de la saga.

Le premier livre de la série réquisitionne ainsi ses principaux protagonistes à divers romans classiques, tissant entre eux une série de liens qui permettent à Moore d’élaborer un amusant jeu référentiel en même temps qu’un authentique discours critique, notamment sur l’imaginaire colonialiste et l’impérialisme britannique. Mina Harker est empruntée au Dracula de Bram Stoker, le Capitaine Nemo à Jules Vernes, l’aventurier Allan Quatermain aux livres de H. Rider Haggard, le Dr. Jekyll et son double Mr. Hyde à Robert Louis Stevenson,  l’homme invisible à une nouvelle de H.G. Wells, Fu Manchu à l’œuvre de Sax Rohmer et le professeur Moriarty à celle d’Arthur Conan Doyle. Le premier chapitre du second livre se déroule pour sa part sur Mars, où le John Carter d’Edgar Rice Burroughs ainsi que son inspiration directe le lieutenant Gullivar Jones (tiré, celui-là, d’un roman méconnu d’Edwin Lester Linden Arnold) assistent aux événements qui mèneront directement à La guerre des mondes  de H.G. Wells. C’est d’ailleurs dans ce contexte que se déroule l’action du second livre — récit crépusculaire qui marque, en même temps que le passage du 19e au 20e siècle, l’arrivée d’une modernité qui viendra bouleverser l’univers de la série.

 

Voilà qui nous amène d’ailleurs à ce dernier livre, Century, dont les trois tomes se déroulent respectivement en 1910, 1969 et 2009 — pirouette temporelle qui permet à Moore d’intégrer les Rolling Stones, Emma Peel ou encore Harry Potter, pour n’en nommer que quelques-uns, à une trame narrative qui gagne en densité avec chaque nouveau chapitre. L’inévitable confrontation que ce cycle met en scène entre ces héros de l’ère romantique et ce siècle turbulent, qu’ils traversent tels de perpétuels anachronismes, permet à l’auteur de régler ses comptes avec l’imaginaire contemporain. Réflexion sur l’épuisement des mythes, la saga se conclut dans une atmosphère de fin des temps — comme un voyage au bout de la littérature qui, à force de se recycler, aurait accouché d’un antéchrist médiocre (dont nous nous garderons bien de révéler l’identité ici) qui arrive à peine à assumer son rôle d’antagoniste suprême de toute cette histoire. Moore n’épargne même pas ses héros, exténués, qu’il condamne à la lutte à perpétuité alors que leur volonté même s’effrite et que leurs convictions s’effondrent.

L’auteur termine sa fresque épique dans un climat de cynisme qui semble annoncer la mort des formes narratives qu’il avait dans un premier temps cherché à actualiser. Moore, fort heureusement, se contredit lui-même en tirant de ce nihilisme une force créative positive, articulant un imaginaire de la fin particulièrement fécond en partant du constat potentiellement stérile qu’il n’y a plus d’histoires à raconter. La ligue des gentlemen extraordinaires, pour le meilleur comme pour le pire, s’avère ainsi l’apothéose du projet d’écriture téméraire, à la limite mégalomane, que mène depuis plus de trente ans l’une des figures les plus fascinantes et les plus excentriques de l’univers du comic book.

* * *

Bibliographie sélective

 

V for Vendetta, David Lloyd et Alan Moore, 2012, Urban comics, coll.« Vertigo essentiels », 334 p., 9782365770460*
Watchmen, Dave Gibbons et Alan Moore, 2012, Urban comics, coll. « DC essentiels », 441 p., 9782365770095*
La ligue des gentlemen extraordinaires : L’intégrale, Kevin O’Neill  et Alan Moore, 2013, Panini comics, coll. « Deluxe Fusion comics », 416 p., 9782809427585*
La ligue des gentlemen extraordinaires : Century T.1 : 1910, Kevin O’Neill et Alan Moore, 2010, Delcourt, coll. « Contrebande », 73 p., 9782756011370*
La ligue des gentlemen extraordinaires : Century T.2 : 1969, Kevin O’Neill et Alan Moore, 2011, Delcourt, coll. « Contrebande », 79 p., 9782756019291*
La ligue des gentlemen extraordinaires : Century T.3 : 2009, Kevin O’Neill et Alan Moore, 2012, Delcourt, coll. « Contrebande », 79 p., 9782756019307*
 
 
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27 novembre 2012  par Le Délivré

Espace francophone

Nos partenaires d’airelibre.tv ont eu la chance, en octobre dernier, de visiter le Salon du livre de la Péninsule acadienne, à Shippagan, Nouveau-Brunswick.

Grâce à l’appui du Regroupement des éditeurs canadiens-français (RECF), Simon Paradis, le réalisateur attitré d’airelibre.tv, a pu préparer une série de 5 webémission sur la culture et la littérature franco-canadienne. Profitant de leur présence au Salon de Shippagan, certains des plus importants romanciers, poètes, essayistes et autres intervenant font le point sur la situation, les tenants et les aboutissements de cet univers culturel.

Voici donc ces 5 émissions, chacune consacrée à l’une des facettes de cette culture qui, contrairement aux idées reçues, fait preuve d’une belle effervescence. Vous n’avez qu’à cliquer sur l’image pour accéder à la webémission…

Arts en Acadie

LES ARTS EN ACADIE

Les auteurs rencontrés témoignent de leur vie artistique. L’expérience acadienne repose sur plusieurs évènements qui ont contribué à forger cette identité et permis l’épanouissement d’une littérature, d’un théâtre et des autres formes d’arts.

Bibliothèque idéale

LA BIBLIOTHÈQUE IDÉALE

Catherine Voyer-Léger pose la question aux auteurs présents lors du Salon du livre de la Péninsule acadienne 2012: «Dans votre bibliothèque idéale, quel serait le premier titre à y mettre d’un auteur franco-canadien?»

Édition en Acadie

L’ÉDITION EN ACADIE

Quelle est l’importance des maisons d’édition dans les petites communautés linguistiques tel que la Péninsule acadienne. Des auteurs et éditeurs se prononcent sur les enjeux tel que l’éducation des jeunes, l’acte de mémoire et sur la production littéraire. Un regard positif se dégage de l’ensemble alors que les plus jeunes s’intéressent à la culture de chez eux.

Nouvelle génération

NOUVELLE GÉNÉRATION

Une troisième génération d’auteurs et de poètes acadiens revendique fortement sa place et son identité. Quarante ans après Cri de terre, premier recueil de poésie publié en Acadie, l’édition dans ce coin de pays est bien vivante.

Ailleurs

AILLEURS

Les liens entre les communautés francophones du Canada sont bel et bien vivants. Les auteurs qui témoignent de la vitalité de la langue française en Amérique viennent de tous les horizons. Les protagonistes de leurs romans parcourent tous les chemins et toutes les époques. Du Salon du livre de la Péninsule acadienne, ces auteurs nous racontent leur expérience francophone.

 


2 novembre 2012  par Aurélie Philippe

Petit plan intergalactique de l’univers Science-fiction (2e partie)

Nous voilà donc revenus pour la deuxième partie de notre exploration interplanétaire. Lors de notre première partie, nous avons visité le Space opera, le Planet opera et le Space fantasy, nous nous sommes baladés dans des mondes uchroniques, Steampunk et avons essayé le voyage dans le temps. Mais malgré tout cela, nos découvertes sont loin d’être finies. L’exploration spatiale prend du temps, mais heureusement nous voyageons à la vitesse de la lumière. Tous à vos postes, nous repartons naviguer dans les possibilités infinies.

Ces Futurs que l’on voudrait vraiment éviter

Le postapocalyptique étudie le comportement humain, suite à la destruction de la société et de ses lois. Les vestiges de l’ancienne civilisation entourent les protagonistes, parfois sans que ces derniers en connaissent leurs significations ou leurs utilités. Apocalypse nucléaire, naturelle, biologique, écologique, militaire, économique, technologique ou politique… il ne manque pas d’options pour une éradication de grande envergure.

Bien sûr, parmi toutes ces options, il y a celle d’Apocalypse zombie. Ce titre explosif nous révèle une aventure de survie trépidante, mais cache le sujet essentiel du livre : celle d’une grande humanité. Benny a grandi dans la haine des zombies et dans l’irrespect qu’il ressent pour son grand frère, Tom. Ce dernier est pourtant exterminateur de zombies, mais pas assez cool aux yeux de Benny. Seulement, quand ils sortent enfin ensemble dans la Putréfaction (la zone derrière la barrière), les vérités de Tom vont éclater au visage de Benny. Les scènes d’action efficaces de ce livre ne font que mieux ressortir les réflexions pertinentes.

L’anticipation est un genre de la SF qui s’intéresse particulièrement à l’anthropologie et à la psychologie pour créer des sociétés alternatives. Ces sociétés se révèlent être plus souvent dystopiques qu’utopiques. Dérangeantes et mettant en évidence des problèmes de la société actuelle, ces civilisations posent également des questions d’éthique.

La brigade de l‘œil ne déroge pas aux règles de ce genre. En 2037, dans la capitale de Rush Island, Taipen, les gens sont cultivés et heureux. Pourtant ils vivent dans un monde où toute image (fixe ou animée) est interdite. Le coût pour outrepasser ce règlement est élevé… puisqu’on vous prend la vue en vous brûlant les pupilles. La brigade de l’œil, les yeux armés du gouvernement, veille à la bonne application de cette loi. L’auteur met donc en place une parabole vivante du système totalitaire omniscient qui préfère une masse aveugle et obéissante. Mais Kao n’a pas peur des images, bien au contraire : il est fasciné par elles, notamment par celles du cinéma. Ce récit, à l’écriture qui cogne, militant et noir, est un pendant à Fahrenheit 451, qui lui parle de l’interdit des mots.

Les technologies de pointe

Le cyberpunk met de l’avant les technologies informatiques et cybernétiques, et nous entraîne dans un monde souvent dystopique et en partie virtuel. Hackers, intelligences artificielles et multinationales se retrouvent dans cet univers où les complots et les rues sombres, cachant des secrets qui le sont plus encore, ne semblent pas manquer.

Monde virtuel, ambiance sombre et complot font d’ailleurs partie de la vie d’Adam, jeune schizophrène qui se fait soigner dans un hôpital psychiatrique d’un genre particulier. Pour thérapie, Adam plonge dans l’Inside, réalité virtuelle dévoilant son subconscient. Et faire face à ses peurs et ses vérités profondes est loin d’être un combat facile… D’autant plus si des vérités dans l’Inside ne semblent pas être les siennes.

Black Rain S01//E1-2 est construit comme une série télévisée avec un générique et deux épisodes. Troublant et original, ce titre est une bonne introduction à l’univers cyberpunk.

La Hard science-fiction (ou Hard-science) ne se permet aucune facilité pseudoscientifique : la rigueur est de mise dans ce genre de récit où les détails techniques abondent. Le nom de cette catégorie de SF est encore une fois révélateur, puisque la traduction de Hard-science est « science dure », expression désignant les sciences naturelles et les sciences mathématiques.

Fabrice Colin met en garde, avec Invisible, contre les avancées technologiques peu (ou sournoisement) contrôlées comme pourrait l’être les nanorobots. Nous sommes en 2020, et malgré une robotisation avancée, Rio de Janeiro connaît toujours la misère. Tiago et Douglas font partie d’un gang et vont se retrouver, après l’obtention d’un étrange tube, dans une course pour survivre, pour comprendre. Ce thriller sur la manipulation des atomes n’oublie pas de dénoncer non seulement les dérives scientifiques, mais aussi l’horreur de la misère quotidienne, qui elle n’existe pas seulement dans la fiction.

Le mecha, dont le mot est un raccourci de mécanique, est un genre essentiellement utilisé dans les mangas, animes et films japonais. Un mecha est une armure robotisée, de forme humanoïde et souvent armée que revêtent les héros. La taille du mecha peut être de la taille d’un humain ou plus grande qu’un immeuble.

Dans Gurren Lagann, Simon, un jeune foreur d’un village souterrain, est loin de se douter de l’existence de ces robots. Pendant ses fouilles, il trouve un drôle d’objet : la tête d’un mecha. Lorsqu’un monstre mécanique attaque le village, Simon, Kamina (trublion du village) et Yoko (jeune fille à la poursuite du monstre), s’allient et sauvent le village grâce au visage du mecha qu’ils ont réussi à activer. Pour la première fois de sa vie, Simon connaît la surface de la Terre. Yoko lui révèle que, depuis bien des années, des hommes-bêtes conduisent des mechas pour tuer les humains. Va alors commencer, pour les héros, un combat contre le Roi Spirale, qui dirige ce monde. Cette série est un parfait shonen rempli d’action, de combat, d’humour et de vivacité.

La complexité de la science-fiction tient du fait que les genres (pour notre plus grand plaisir) se mélangent pour donner des récits de grande ampleur. Il en résulte des recettes goûteuses comme des uchronies Space-opera saupoudrées de Hard-science ou des histoires de méchas à la sauce Steampunk dans un univers d’anticipation.

Les conjectures de la SF sont des portes à l’imaginaire, et on se plaît à rêver à ces univers parfois inquiétants, souvent incroyables. On ne voudrait pas forcément y vivre, mais on est ravi d’avoir des êtres de papier et d’encre comme substituts, pour profiter de ces espaces d’un autre temps.

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Apocalypse zombie, Jonathan Maberry, 2012, Castelmore, 412 p., 9782362310423*
La brigade de l’œil, Guillaume Guéraud, 2007, Rouergue, coll. « DoAdo. Noir », 406 p., 97828415686358*
Black Rain S01//E1-2, Chris Debien, 2012, Flammarion, 307 p., 9782081261624*
Invisible, Fabrice Colin, 2009, Mango-Jeunesse, coll. « Autres mondes», 201 p., 9782740424858*
Gurren Lagann T. 1, Kotaro Mori, 2010, Glénat, coll. « Shonen Manga », 198 p., 9782723478137
 
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24 octobre 2012  par Aurélie Philippe

Petit plan intergalactique de l’univers Science-fiction (1ère partie)

La science-fiction est un genre dense et complexe, remplie de terminologies nébuleuses telles que space opéra, cyberpunk ou hard-science. Mais ne vous inquiétez pas : entre deux extraterrestres, une intelligence artificielle et quelques péripéties, je vais vous faire une visite guidée de cet univers astronomique qu’est la science-fiction. À la fin du voyage, vous saurez vous repérer sans difficulté entre les différentes planètes, galaxies et satellites de cet univers complexe.

Mais avant de partir dans notre vaisseau spatial, faisons un petit résumé de ce qu’est la science-fiction. Couramment abrégé en SF, ce genre narratif hétéroclite peut pourtant se décrire en deux étapes simples. Premièrement, il doit y avoir une conjecture (que se passe-t-il si…?) où l’on explore les différentes possibilités de notre futur, mais aussi de notre présent et de notre passé. Deuxièmement, la mise en réflexion de la conjecture doit se baser sur des connaissances actuelles et avérées, telles que la science, la technologie, la sociologie, etc.

Maintenant, le voyage peut commencer !

La tête dans les étoiles

Le space opéra est sûrement la première variété de SF à laquelle on pense, notamment grâce aux incontournables Star Wars et Star Trek. Tous les récits de cette catégorie se passent à l’échelle interplanétaire, permettant (par exemple) l’exploration spatiale, les rencontres extraterrestres et les conflits politiques à grande ampleur.

Pour une première approche de la SF, pourquoi ne pas essayer Les Maitres des brisants.  Aspirants sur le vaisseau de Chien-de-la-Lune, Xâvier, Mörgane et Mârk vont se retrouver au milieu d’une guerre pour le contrôle de la galaxie d’Eridan. Les flottes spatiales des deux grandes puissances (l’Empire de Nifhell et le Khanat de Muspell) vont, en effet, s’affronter pour un lieu stratégique : la Planète Morte. Des terminologies hybrides comme l’ordibureau nous font rentrer dans l’univers, tout en laissant un récit facile à lire. Aventure, amitié et complot sont aussi au rendez-vous.

Le Planet opéra est plus intimiste que le Space opéra, car, comme son nom l’indique, ce type de SF se focalise sur une planète exotique. Le lecteur devient un œil extérieur qui découvre les caractéristiques d’un nouveau monde. L’œuvre de Frank Herbert, le cycle de Dune, en est un très bon exemple.

Libre est une courte nouvelle de la géniale collection Soon de Syros. Nathalie Le Gendre n’a pas besoin de plus d’une quarantaine de pages pour nous faire entrer dans un univers captivant où les Terriens n’ont pas le bon rôle. Sur ce monde, la petite Amu, native de la planète Hamada, est heureuse de travailler pour les Humains et pourtant les vérités qu’on lui cache sont effrayantes.  En quelques mots et sous nos yeux se dessine un monde particulier avec son écosystème, ses technologies et son organisation sociale. Les minutes à lire ce court récit sont autant de minutes de plaisir.

Le Space fantasy a, lui aussi, un nom facile à décrypter : ce style est un mélange de Space opéra et de Fantasy. Ces créations d’univers où magie et voyages interplanétaires se côtoient sont pour l’instant plutôt rares.

Si ce genre est encore rare (surtout en jeunesse), il existe des œuvres de qualité. Les Yeux d’Opale fait partie de cette catégorie. Le monde d’Opale, avec ses royaumes médiévaux, ses créatures fantastiques et ses conflits, va connaître un choc culturel quand un vaisseau spatial s’écrase en plein milieu d’une bataille. Les habitants d’Opale vont devoir faire face à 3000 habitants renégats d’Onyx qui ne supportaient plus leur monde parfait, mais contrôlé à l’extrême par des intelligences artificielles. Des questions sur l’intégration, sur le choc des civilisations et sur le vrai sens de la liberté sont posées dans ce livre, tout en étant en parfait équilibre avec la part d’aventures et d’action qui s’y trouvent.

Les dérapages spatio-temporels

L‘uchronie a une signification révélatrice : sa traduction étymologique veut dire un « non-temps ». Et c’est effectivement un temps qui n’a pas existé, puisque ce style repose sur la réécriture de l’histoire suite à un « point de divergence » (instant où les événements ont été modifiés pour basculer dans la fiction) et à son effet domino.

Dans Ceux qui sauront, Jules Ferry est assassiné avant qu’il établisse l’école obligatoire pour tous. Au contraire, l’enseignement est désormais réservé à l’élite. À la suite de cette divergence, en 2008, des écoles clandestines sont poursuivies alors que les enfants privilégiés, eux, ne prennent aucun plaisir à l’apprentissage. Pour ne rien arranger, la Révolution française n’a pas eu lieu et les progrès techniques sont, eux aussi, réservés à l’élite. C’est dans ce contexte qu’a lieu la rencontre improbable entre Jean, pris en flagrant délit d’apprentissage clandestin, et Clara, fille du directeur de la Banque Royale. La volonté de nos héros devra être inébranlable face à cette monarchie moderne devenue État totalitaire !

Le Steampunk est un genre particulier, mélangeant l’esthétisme de l’époque victorienne et celle de l’art nouveau, avec des avancées technologiques anachroniques faites d’engrenages complexes et alimentés à la vapeur, telles que les incroyables machines décrites par Jules Verne. Malheureusement, ce genre, surtout anglophone, est peu traduit en français. En jeunesse notamment, il existe peu de Steampunk pur.

C’est le cas de Mécaniques fatales, qui est un mélange de roman postapocalyptique et de roman Steampunk, soit un univers sombre et captivant. Dans ce futur où le monde est un terrain de boue, un Londres roulant cherche et dévore d’autres cités pour survivre. Tom Lafadaise vit dans ce Londres aux nombreuses castes. Lorsqu’il tente de sauver le chef de la guilde des ingénieurs d’un attentat commis par une fille balafrée, il tombe avec cette dernière hors des murs sécurisants de la locomopole pour  la Terra Incognita.  Il ne faut pas passer a coté de ce livre qui, en 318 pages, place un univers original, non manichéen, une intrigue complexe, de l’action palpitante et des personnages fascinants.

Le voyage dans le temps est un rêve pour les archéologues, les scientifiques et les curieux des temps modernes. Ceux qui ont vécu dans une période antérieure, n’ayant pas intégré les notions d’évolution et de progrès, n’ont pas eu, quant à eux, l’idée d’un tel voyage.

Malheureusement, les paradoxes temporels resteront une énigme, car le voyage dans le temps demeurera, a priori, du domaine de la S.F…

Des paradoxes, ils en existent dans Mission Venise, le premier tome de Jake Djones. Par exemple, le voyageur qui revient dans son passé ne peut se croiser, car il n‘existe au même moment qu’une seule fois. C’est une des découvertes que va faire Jake Djones, lorsqu’il va se faire kidnapper par une société secrète, protecteur du temps. Et les révélations vont pleuvoir sur ce sympathique héros; il se trouve que ses parents sont eux aussi des agents de cette organisation et ils ont disparu dans la ville de Venise du XVIe siècle. Jake Djones, qui a déjà perdu son frère, ne compte pas rester les bras croisés. Il va devoir passer à travers beaucoup d’aventures, d’intrigues et par un brin de romance pour comprendre que les révélations sont loin d‘être terminées.

Nous n’en sommes seulement qu’à mi-parcours de notre voyage interstellaire, mais une pause dans l’espace-temps va être nécessaire avant d’attaquer la deuxième partie de notre périple. Il faudra penser à s’équiper en conséquence au vu de nos nombreuses futures destinations où la vie y est plutôt sombre et trépidante. N’oubliez pas non plus votre carnet de notes touristiques, car je vais encore citer plein d’exemples fascinants. Je vous retrouve donc bientôt pour de nouvelles aventures vers l’infini et au-delà !

***

Les maîtres des brisants, Erik L’Homme, ill. de Benjamin Carré, 2008, Gallimard-Jeunesse, coll. « Folio junior »,  433 p., 9782070619672
Libre, Nathalie Le Gendre, 2011, Syros, coll. « Soon », 43 p., 9782748510652*
Les yeux d’Opale, Bénédicte Taffin, 2010, Gallimard-Jeunesse, 678 p., 9782070628148*
Ceux qui sauront, Pierre Bordage, 2012, Flammarion, 439 p., 9782081256392. 9782081256392*
Mécaniques fatales, Philip Reeve, 2007, Gallimard-Jeunesse, coll. « Folio junior », 348 p., 9782070575893*
Jake Djones: Gardien du temps T.1: Mission Venise, Damian Dibben, 2012, Gallimard-Jeunesse, 456 p., 9782070644162*
 
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10 septembre 2012  par Isabelle Melançon

La magie de l’amour et de l’amitié (2 de 2)

Shugo chara

Comme nous l’avons vu dans la première partie de cet article, le genre très populaire des magical girls, lié aux mangas pour filles, est né de l’influence d’un sitcom américain, Ma sorcière bien-aimée, dans les années 60. Mais bien que le genre se soit renouvelé depuis, qu’est-ce qui fait en sorte qu’il reste aussi populaire et attire toujours aujourd’hui autant les jeunes lectrices que les jeunes auteures ?

La passion des magical girls

L’intérêt du genre se trouve dans la force de caractère de ses personnages féminins, motivées à conquérir et transformer leur univers, et devenant éventuellement des exemples parfaits d’adultes épanouies et heureuses. Comme c’est le cas dans les contes de fées, les histoires de magical girls sont synonymes de quête d’identité et de passage à l’âge adulte, comme le présentent de façon évidente certaines séries telles que Shugo Chara, bien que d’autres l’explorent plus subtilement. Le symbole de la transformation, généralement omniprésent dans le genre, est très évocateur de l’évolution du personnage.

Tel que mentionné, ces séries commencent habituellement avec un personnage isolé (l’héroïne), qui rassemble autour d’elle les pièces de l’objet qu’elle recherche. Lors de sa quête, elle rassemble également les bases de sa vie future, représentées par les nouvelles relations humaines qu’elle développe, au fur et à mesure de son aventure, avec d’anciennes ennemies, de précieux alliés et des garçons dont elle tombe amoureuse. Les magical girls ont toujours un but, et l’atteindre représente un passage vers la maturité et le bonheur. C’est d’ailleurs pourquoi, la plupart du temps, le dernier chapitre d’une série de ce genre fait toujours un bond en avant dans le temps, montrant que l’héroïne a bel et bien grandi et que le lecteur devrait être fier d’elle.

Sailor Moon

Ce genre de récit est très attirant pour un public adolescent. Le message général que portent ces  séries est encourageant et, d’une certaine manière, féministe, incitant ses lectrices à devenir fortes, sûres d’elles, et soulignant amplement l’idée que toutes les filles sont uniques et spéciales. Les éléments fantastiques du récit sont là pour garder l’attention de la lectrice, alors que les thèmes de l’identité, de l’estime de soi, de l’amitié, de l’appartenance et de la valeur des relations humaines sont transmis de façon originale. D’ailleurs, survient souvent dans ces histoires (dans Sailor Moon, par exemple) un épisode où la magical girl perd ses habiletés magiques et doit alors se questionner sur sa valeur en tant que personne « ordinaire », questionnement très évocateur pour de jeunes adolescentes… Ainsi, à l’image du personnage, la lectrice doit trouver ce qui la caractérise en tant que personne. Sans pouvoirs magiques, quels sont nos autres capacités ? Quelles sont nos possibilités ?

On peut donc croire que ce genre est toujours aussi populaire parce qu’il touche les lectrices habilement, en explorant des insécurités présentes dans le cœur de la majorité des adolescentes. Mais il est intéressant de noter que l’esthétisme super mignon du dessin contribue également beaucoup sa popularité. Surtout au Japon, où de nombreux lecteurs masculins accrochent aussi à ces séries, certains collectionnant même sans relâche de nombreux produits dérivés à l’effigie des adorables héroïnes.

La popularité des mangas de magical girls a une influence grandissante sur des œuvres européennes et américaines, ne pensons par exemple qu’à Winx Club, W.I.T.C.H. ou Sybil la fée cartable. Toutefois, les auteurs occidentaux n’ont pas encore autant de succès dans ce genre que leurs collègues japonais.

Suggestions de lecture

Pour tout lecteur qui a envie de découvrir les magical girls, impossible de passer à côté de Sailor moon (18 tomes). Cette série unique est actuellement rééditée dans un format collector sous le nom de Sailor Moon – Pretty Guardian, avec de nouvelles couvertures, des dessins corrigés et une nouvelle traduction. Sailor Moon est l’histoire d’Usagi Tsukino, qui découvre qu’elle et ses amis sont les réincarnations de gens décédés dans une guerre antique opposant la Princesse de la lune et le Mal absolu. Transformées en gardiennes du système solaire, les sailors doivent retrouver la princesse ainsi que le cristal d’argent, source de son pouvoir, avant que le Mal absolu n’avale la Terre. Cette série s’avère extraordinaire grâce à ses références mythologiques, ses personnages forts et diversifiés, ainsi que ses nombreux messages sur l’égalité et la tolérance. Il est à noter que la réédition de la série sera accompagnée d’une nouvelle télésérie, dont la diffusion est prévue à l’échelle internationale en 2013.

Alice 19th (7 tomes) est une courte série axée sur le pouvoir des mots. Alice, jeune fille discrète et introvertie, est secrètement amoureuse du meilleur ami de sa sœur. Alors que cette dernière décide de faire de lui son petit ami, Alice est reconnue par une étrange créature comme étant la gardienne des Lotis, des mots magiques permettant d’actualiser les désirs. Alice, jalouse, décide alors de les utiliser pour bannir sa sœur dans un monde magique, une faute qu’elle devra ensuite racheter : avec l’aide d’autres gardiens, elle tente de retrouver sa sœur… Alice 19th, qui explore les thèmes de la famille et de l’estime de soi, est originale par le fait que la magical girl est autant l’antagoniste que le protagoniste, puisque c’est en partie son orgueil et sa peur qui causent les situations problématiques. Sur le plan graphique, le très beau dessin de Yuu Watase nous emmène dans un monde magique aux décors créatifs et détaillés.

Full moon – À la recherche de la pleine lune (7 tomes) raconte l’histoire de Mitsuki, jeune fille cancéreuse n’ayant plus qu’un an à vivre. Elle rencontre par hasard deux « shinigami », des esprits chargés de conduire les humains vers la mort. Mais Mitsuki ne se résigne pas à mourir  avant d’avoir rempli la promesse qu’elle a faite avec Eichi, son ami d’enfance : devenir chanteuse. Les shinigami acceptent alors de conclure un marché avec elle : pendant un an, ils l’aideront à devenir une star de la chanson, à condition qu’elle les suive une fois ce délai expiré.  Full Moon se penche sur les thèmes du suicide, de la motivation et du deuil. Malgré une part de morbidité, la série garde un ton positif et offre au lecteur un message plein d’espoir.

Chocola et Vanilla (8 tomes) met en scène deux sorcières prétendantes au poste de reine du Royaume magique. Pour accéder au trône, elles doivent séjourner chez les humains et s’emparer des cœurs d’un maximum de beaux garçons… Chocola et Vanilla, amies depuis leur plus tendre enfance, arriveront-elles à conserver leur amitié intacte malgré tout ? Chocola et Vanilla rappelle les séries classiques de magical girls. L’auteur raconte son histoire avec beaucoup d’humour et de tendresse. Les dessins sont très travaillés, avec des décors abondants et des designs de vêtements très « mode ». Bref, c’est une série qui donne envie de croquer des cœurs en sucre !

Shugo Chara (12 tomes) parle des malheurs d’Amu Hinamori, une jeune fille qui, sous ses airs de grande punk blasée, est plutôt réservée et peu sûre d’elle-même… En fait, elle rêve d’être tout autre que celle qu’elle est aux yeux de tous. Dans son école, un groupe d’élèves, appelés les « Gardiens », assurent la protection des élèves. Après avoir découvert trois œufs étranges dans sa chambre, Amu est encouragée à intégrer les Gardiens. Ses œufs sont des « œufs de cœur » : chacun contient un « shugo chara », c’est-à-dire un exemple de ce que la personne qui les possède voudrait devenir dans le futur. Amu doit protéger ses œufs, ainsi que ceux des autres, d’Easter, une organisation sans scrupules qui désire les voler. Shugo Chara est une série extrêmement mignonne, idéale pour les jeunes préadolescentes. Grâce à ses dessins légers, ses personnages attachants et ses messages motivants sur l’estime de soi et les rêves, Shugo Chara saura charmer ses lectrices.

Magic knight Rayearth (6 tomes), c’est la quête d’Hikaru, Umi et Fuu, trois adolescentes arrachées à leurs vies quotidiennes à Tokyo afin de devenir les héroïnes chargées de trouver et protéger la princesse d’un monde parallèle. Ensemble, les trois amies vont apprendre les valeurs de l’amitié et du courage… mais aussi que les apparences sont souvent trompeuses. Magic knight Rayearth est une série que les garçons apprécieront tout autant que les filles, grâce à ses scènes d’action dynamiques et ses personnages accrocheurs.

Je vous conseille également Card captor Sakura (12 tomes), série créée comme la précédente par le collectif d’auteures Clamp. Alors qu’elle feuillette un livre mystérieux, Sakura, jeune élève du primaire, disperse aux quatre vents des dizaines de cartes magiques. Kéro, le charmant gardien du livre, lui fait passer un pacte par lequel elle s’engage à récupérer les cartes au plus vite. La jeune fille devra apprendre à les maîtriser, mais ce ne sera pas facile puisque ces cartes ont des « personnalités » parfois agressives… Card captor Sakura est une série originale grâce à la façon dont elle joue avec les caractéristiques du genre. Par exemple, Sakura ne se transforme jamais ; c’est sa meilleure amie, Tomoyo, qui lui fabrique des costumes pleins de froufrous et la force à les enfiler ! L’héroïne fait également preuve d’une grande détermination et de beaucoup d’ingéniosité pour capturer ses cartes, puisqu’elle doit faire des combinaisons de cartes pour en chasser d’autres. Le tout est soutenu par des dessins superbes, d’une douceur sans limites…

Finalement, je vous recommande Puella magi Madoka magica (3 tomes), l’histoire de Madoka, une étudiante chaleureuse et aimante, et de son amie d’enfance, Sayaka Miki. Leurs vies basculent lorsqu’elles rencontrent Kyubey, une mignonne boule de poils aux noirs desseins, qui, en échange d’un vœu, souhaite faire d’elles des « Puella magi », des guerrières chargées de chasser des sorcières. Ce manga est inspiré d’une série télévisée éponyme qui a connu un succès fou en 2011 grâce à son histoire sombre et son esthétisme mélangeant plusieurs styles d’animation. Madoka magica joue avec les motifs habituels du genre en les retournant « négativement » : plutôt qu’être entourées d’amis, les magical girls sont condamnées à combattre et mourir seules, leurs pouvoirs naissant de leur égoïsme ! La série se conclut tout de même sur une note positive grâce à l’altruisme de Madoka, véritable magical girl dans l’âme.

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Sur ce, bonnes lectures, et n’oubliez pas vos baguettes magiques !

Sailor moon – Pretty guardian, t. 1, Naoko Takeuchi, Pika, 9782811607135* http://bit.ly/OXPhlc
Alice 19th, t. 1, Yuu Watase, Glénat, 9782723442381*
Full moon – À la recherche de la pleine lune, t. 1, Arina Tanemura, 9782723453103*
Chocola et Vanilla, t. 1, Moyoko Anno, Kurokawa, 9782351421833*
Shugo Chara, t. 1, Peach Pit, Pika, 9782811600396*
Magic knight Rayearth, t. 1, Clamp, Pika, 9782845990852*
Card captor Sakura – Volume double, t. 1, Clamp, Pika, 9782845999770*
Puella magi Madoka magica, t. 1, Hanokage, Doki-doki, 9782818909744*

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