Le Délivré

Archive pour la catégorie ‘▪ Littérature’


4 juin 2014  par Le Délivré

Nos meilleures ventes de mai: Littératures

Chaque mois, nous analysons les ventes de nos divers secteurs, histoire de valider nos sélections et de constater où nous portent les goûts de nos lecteurs. Voici les romans qui ont su gagner la faveur des lecteurs et des lectrices de la Librairie Monet. De bonnes pistes de lecture pour les vacances qui approchent à grands pas, non?

Littérature québécoise et canadienne – Romans et nouvelles

1- Métis Beach, Claudine Bourbonnais, 2014, Éditions du Broréal, 456 p., 9782764623053

« Croyez-vous en Dieu, monsieur Carr ? » Cette question, on me la poserait souvent désormais, et toujours avec un air entendu. Comme si, déjà, on cherchait à débusquer en moi l’imposteur. Après tout : ne pas croire en Dieu dans ce pays n’est-il pas antiaméricain ? À cinquante ans, le scénariste Roman Carr est au sommet de sa gloire. Sa série télévisée In Gad We Trust, satire cinglante de l’Amérique et de sa relation avec Dieu, fait un tabac. Roman Carr, né Romain Carrier, se taille une place enviable à Hollywood, aboutissement d’un long parcours tortueux pour ce Gaspésien qui a fui son village dans des circonstances troubles en 1962, à l’âge de dix-sept ans. À la fois roman d’apprentissage et fresque historique, Métis Beach est le grand récit de l’Amérique des sixties. Il traduit à merveille l’extraordinaire mouvement de libération qui a marqué cette époque, les dérèglements qui l’ont accompagné, mais surtout l’irrépressible idéalisme qui a emporté toute une jeunesse. Métis Beach est l’histoire d’un homme qui a vu son rêve se réaliser puis lui échapper. C’est une célébration du bien suprême qu’une certaine Amérique a rêvé de léguer : le droit de chacun à la liberté.

2- Les années de plomb T. 2: Jours de colère, Jean-Pierre Charland, 2014, Éditions Hurtubise, 450 p., 9782897233518

1936. Alors qu’une génération s’engage dans l’âge mur, l’autre commence dans la vie, comme les petits-enfants de Thomas Picard, ceux nés d’Édouard et d’Eugénie.Thomas junior oscille toujours entre l’admiration et le mépris envers son père absent. La solitude semble être son lot. Les trois enfants de Fernand Dupire entament des études supérieures cet automne-là. Si Antoine accepte d’embrasser le notariat, Béatrice rêve d’être psychologue, peut-être pour surmonter son manque d’assurance. Interpellé par la situation politique du moment, Charles se passionne pour tous les nouveaux mouvements politiques.Car la crise économique pèse toujours sur le Québec. Les étudiants et les jeunes diplômés se désespèrent de l’absence de perspectives de carrière. Ils cherchent leur salut dans de nouvelles organisations politiques. Comme rien ne bouge, on les retrouve par milliers dans les rues, à scander leur colère et leurs espoirs.Et Thalie ? L’amour d’un homme, sa passion pour sa carrière et le conformisme moral de la société ambiante lui semblent désespérément irréconciliables. Et puis elle aussi, à sa façon, voudrait alléger la misère environnante. Par exemple, au lieu de jeter une multitude d’enfants dans la misère et même la mort, elle aimerait pouvoir aider les femmes désireuses d’« empêcher la famille », mais les risques encourus pour une telle démarche s’avèrent des plus graves.

3- Recommencements, Hélène Dorion, 2014, Éditions Druide, 128 p., 9782897111236

Comment nous abandonner aux vagues (rupture, deuil, maladie…) qui surgissent parfois dans nos vies et nous renversent, pour ensuite aller vers les recommencements auxquels nous sommes conviés ? L’écrivaine s’interroge, retourne sur ses pas, refait le trajet jusqu’à l’enfance. Elle retrouve au passage l’île où les grands vents de la vie avaient soufflé sur la sienne. Ainsi est-on amené à danser avec ce qui nous éprouve avant de devenir cette maison que l’on est pour soi-même.

4- Les héritiers du fleuve T.3: 1918-1929, Louise Tremblay-D’Essiambre, 2014, Guy Saint-Jean Éditeur, 415 p., 9782894557419

D’une rive à l’autre du Saint-Laurent, des familles attachantes aux destins entrecroisés voguent entre amitiés et rivalités, drames et bonheurs. Cette guerre, qui ne devait durer que quelques mois, se termine enfin, ramenant au pays un Léopold transformé à jamais. La maladie de Lysbeth, comme celle du petit Germain, laisse des cicatrices douloureuses, mais révèle aussi le meilleur de chacun. Tandis que la vie de Gilberte prend une tournure inattendue, Paul, Célestin, Béatrice, Lionel et leurs familles élargies connaissent autant de moments tendres que d’épisodes déchirants. Au fil des saisons, à une époque où la modernité impose des changements à la fois exaltants et inquiétants, la destinée de ces personnages attachants se déploie, pour le meilleur et pour le pire.

5- Poisson d’avril, Josip Novakovich, 2014, Éditions du Boréal, 304 p., 9782764623022

Ivan Dolinar voit le jour dans la Yougoslavie de Tito, le 1er avril 1948. Commencée sous les plus heureux auspices, sa vie prend soudain une tangente inattendue quand même ses intentions les plus pures semblent se retourner contre lui au milieu d’un monde gouverné par la propagande et la paranoïa. À dix-neuf ans, une blague innocente l’oblige à interrompre ses études de médecine et lui vaut d’être envoyé dans un camp de travail. Libéré à la veille de la guerre civile, Ivan s’enrôle du mauvais côté, et se retrouve comme pion au milieu d’un échiquier, où les alliances et les règles changent sans cesse et sans avertissement. Mais, dans un monde en proie à la folie, une seule règle est toujours valable : celle de la survie. Au confluent de l’humour noir et d’une profonde humanité, Poisson d’avril est une mordante satire politique et une hilarante parodie de la guerre.

Littérature étrangère – Romans et nouvelles

1- L’élixir d’amour, Éric-Emmanuel Schmitt, 2014, Édiitons Albin Michel, 155 p., 9782226256195

« L’amour relève-t-il d’un processus chimique ou d’un miracle spirituel ? Existe-t-il un moyen infaillible pour déclencher la passion, comme l’élixir qui jadis unit Tristan et Iseult ? Est-on, au contraire, totalement libre d’aimer ? » Anciens amants, Adam et Louise vivent désormais à des milliers de kilomètres l’un de l’autre, lui à Paris, elle à Montréal. Par lettres, tout en évoquant les blessures du passé et en s’avouant leurs nouvelles aventures, ils se lancent un défi : provoquer l’amour. Mais ce jeu ne cache-t-il pas un piège ? Observateur pertinent des caprices du coeur, Eric-Emmanuel Schmitt explore le mystère des attirances et des sentiments.

2- Une autre idée du bonheur, Marc Levy, 2014, 401 p., 9782221135730

Philadelphie. Au premier jour du printemps 2010, Agatha sort de prison, mais pas par la grande porte. Après trente ans derrière les barreaux, il ne lui restait que quelques années à faire. Alors pourquoi cette évasion ? Dans une station-service proche du campus, elle s’invite à bord de la voiture de Milly et l’entraîne dans sa cavale sans rien lui révéler de sa situation. Dotée d’un irrésistible appétit de vivre, Agatha fait voler en éclats la routine confortable de Milly. Vingt ans les séparent, mais au fil du voyage les deux femmes partagent ces rêves qu’il n’est jamais trop tard pour réaliser et évoquent ces amours qui ne s’éteignent pas. Cinq jours en voiture à travers les États-Unis… À chaque étape, une rencontre avec un personnage surgi du passé les rapprochera du secret d’Agatha. Jusqu’où devons-nous aller dans notre quête insatiable du bonheur ? À quoi ne faut-il jamais renoncer ? Dans ce roman, Marc Levy réaffirme notre besoin inconditionnel de liberté et nous fait aussi découvrir un pan méconnu de l’histoire américaine.

3- Central Park, Guillaume Musso, 2014, XO Éditeur, 382 p., 9782845636767

Alice, jeune officier de police, et Gabriel, pianiste de jazz américain, se réveillent menottés l’un à l’autre sur un banc de Central Park. Alice a son chemisier tâché de sang et il manque une balle dans son arme. Les deux jeunes gens ne se sont jamais croisés auparavant. Pour comprendre ce qui leur arrive, ils décident d’unir leurs forces et leurs talents.

4- La vie en mieux, Anna Gavalda, 2014, Éditions Le Dilletante, 285 p., 9782842637965

Deux histoires de jeunes gens qui préfèrent prendre le risque de se tromper de vie plutôt que de n’en vivre aucune. Mathilde, 24 ans, a abandonné ses études pour un boulot sans intérêt et vit en colocation avec deux autres filles. Yann, 26 ans, bardé de diplômes, n’a trouvé qu’un emploi alimentaire. Pour chacun, un élément insolite va les amener à changer de vie.

5- Qu’attendent les singes,Yasmina Khadra, 2014, Éditions Julliard, 355 p., 9782260021940

Une femme intègre enquête sur le meurtre d’une jeune fille. Elle est confrontée à un homme qui fait partie de ceux dont même le nom provoque la terreur. L’auteur dénonce ces décideurs sans scrupules qui contrôlent, dans l’ombre, par des moyens crapuleux, la société algérienne contemporaine.

Littérature policière

1-Une enquête de l’inspecteur Harry Hole: Police, Jo Nesbo, 2014, Éditions Gallimard, 593 p., 9782070141449

Quand un policier d’Oslo est assassiné à la date anniversaire et sur les lieux d’un crime non élucidé, cela n’est certainement pas un hasard. Et lorsque deux autres policiers qui ont participé à des enquêtes infructueuses sont tués à leur tour, c’est une évidence : un meurtrier brutal aux méthodes bestiales rôde dans les rues de la capitale norvégienne. La police ne dispose d’aucun indice et, pire encore, elle déplore l’absence de son meilleur limier. Mais aujourd’hui, l’inspecteur Harry Hole n’est plus en mesure d’aider ni de protéger quiconque. Pendant ce temps, à l’hôpital d’Oslo, un homme gravement blessé est dans le coma. Personne ne connaît son nom. Même les policiers chargés de le protéger n’ont pas le droit d’approcher le patient. S’il reprenait conscience, cet inconnu aurait pourtant bien des secrets à révéler…

2- Le jardin de bronze, Gustavo Malajovich, 2014, Éditions Actes Sud, 524 p., 9782330027094

Mystérieusement disparue à la sortie du métro en compagnie de sa baby-sitter, la petite Moira n’arrivera jamais au goûter d’anniversaire où l’attend son père. Ses parents placent d’abord tous leurs espoirs dans les appels à témoins, puis se déchirent à mesure que l’enquête policière piétine. L’homme, seul, continuera la lutte. Après une dizaine d’années de recherches et d’innombrables impasses, une petite araignée en bronze, et l’alliage particulier de son métal, déporte l’enquête des pavés de Buenos Aires aux confins d’Entre Ríos, où un Kurtz argentin règne au coeur des ténèbres du Paraná. Et c’est dans un jardin de bronze aux arbres métalliques envahis par la végétation que des statues de femmes, ou plutôt d’une même femme reproduite à l’infini, révèlent l’effroyable aliénation des liens du sang. Un Buenos Aires gothique où des édifices majestueux abritent des bureaux démantelés, une police corrompue, des médias à la solde du pouvoir : si la réalité argentine est ici bien prégnante, la singularité de ce roman tient surtout à la conduite de la tragédie intime d’un homme qui était loin de chercher la terrible vérité qu’il s’est acharné à découvrir.

3- Six ans déjà, Harlan Coben, 2014, Éditions Belfond, 367 p., 9782714450746

Tension meurtrière, fausses pistes, rebondissements à la pelle ; un chef-d’oeuvre de suspense et d’émotions, une plongée au bout de l’angoisse par le maître de vos nuits blanches. Six ans ont passé depuis que Jake a vu Natalie, la femme de sa vie, en épouser un autre. Six ans à lutter contre lui-même pour tenir sa promesse de ne pas chercher à la revoir. Et puis un jour, une nécro : Natalie est veuve. Et soudain, l’espoir renaît. Mais aux funérailles, c’est une parfaite inconnue qui apparaît. Où est Natalie ? Pourquoi s’est-elle évaporée six ans plus tôt ? Jusqu’où lui a-t-elle menti ? Déterminé à retrouver celle qui lui a brisé le coeur, Jake va devenir la proie d’une machination assassine. Et découvrir qu’en amour, il est des vérités qui tuent…

4- Crimes à la librairie, Collectif ss. la dir. de Richard Migneault, 2014, Éditions Druide, 240 p., 9782897111083

Ils écrivent des polars. Des polars qu’on dévore. Et à la demande d’un lecteur passionné, Richard Migneault, ils se sont réunis autour d’un thème séduisant : crimes à la librairie. Mario Bolduc, Camille Bouchard, Benoît Bouthillette, Chrystine Brouillet, Jacques Côté, Ariane Gélinas, André Jacques, Martine Latulippe, Geneviève Lefebvre, Florence Meney, Sylvain Meunier, Martin Michaud, Patrick Senécal, Johanne Seymour, Robert Soulières, Richard Ste-Marie. Ces seize écrivains québécois de grand talent nous invitent dans autant de librairies. De ces lieux généralement paisibles, ils ont fait de véritables scènes de crime. Ils ont dénaturé ces carrefours de tous les imaginaires en transformant chaque livre qui s’y trouve en témoin de l’énigme, du suspense, de l’insoutenable. Leurs nouvelles nous permettent de découvrir leur style, leurs intrigues et leurs personnages: un tueur à gages littéraire, un homme qui détestait les livres, un général croate sanguinaire, un agent du FBI, une libraire incendiaire, un voleur d’incunables… Parions qu’après avoir lu ce recueil, vous ne verrez plus tout à fait votre librairie préférée du même œil…

5- Deux veuves pour un testament, Donna Leon, 2014, Éditions Calmann-Lévy, 284 p., 9782702143742

Apres avoir quitte son petit ami durant des vacances ratées, Anna Maria Giusti rentre chez elle. Lorsqu’elle passe récupérer son courrier chez sa voisine Constanza Altavilla, elle trouve celle-ci étendue sur le sol, sa tête baignant dans une flaque de sang. Pour le légiste, cela ne fait aucun doute, la vieille dame a été terrassée par une crise cardiaque,et, dans sa chute, sa tête a heurté le radiateur de sa chambre. Dépêché sur les lieux, le commissaire Brunetti ne trouve aucune preuve flagrante infirmant cette hypothèse. Pourtant, il ne peut s’y résoudre. Quelque chose d’autre est arrivé, il le pressent, mais quoi ? Pour en avoir le coeur net, Brunetti fouille dans la vie de la signora Altavilla. Sa famille d’abord, la maison de retraite où elle passait ses journées, les femmes battues qu’elle recueillait chez elle… Se dessine au gré de son enquête officieuse une personnalité complexe, riche de secrets. D’ailleurs chaque témoin lui semble multiple, devenant tour à tour héros ou bandit victime ou bourreau. Il n y a pas d’évidences, pas de lignes droites ici, tout y est tortueux comme les ruelles de Venise que Brunetti arpente pour – peut-être – trouver la vérité.

Poésie

1- Où irez-vous armés de chiffres? , Hélène Monette, 2014, Éditions du Boréal, 132 p., 9782764622957

En ces temps que les médias n’arrivent plus à qualifier, à la vitesse où le train fonce dans le tunnel bouché, quiconque subit du harcèlement au travail et de la violence psychologique et sociale sera ici en terrain connu. On y lit les moeurs réfrigérantes et le néo-cynisme de l’époque occupée à pleine capacité par la lutte des places, le narcissisme ambiant et la mort de l’empathie. Considérés miroirs déformants, coupables éhontés ou menteurs de première, on abandonne les gens brisés si jamais on a pris le temps d’entendre ce qu’ils peinent à raconter. Stress garanti.

2- Les cent plus beaux poèmes québécois, anthologie de Pierre Graveline, 2013, coll. Biblio-Fides, 232 p., 9782762131345

La poésie québécoise est aujourd’hui lue, récitée, appréciée et reconnue dans le monde entier. Cette anthologie invite à la découverte de cette poésie, l’une des plus originales contributions de la culture québécoise à l’imaginaire de l’humanité.

3- Mydriase, Suivi de Vers les icebergs, J.M.G. Le Clézio, 2014, Éditions du Mercure de France, 111 p., 9782715235311

Une exploration vertigineuse d’un univers qui n’est pas sans relation avec les gouffres dans lesquels s’aventura H. Michaux. Dans la seconde partie du recueil, J.M.G. Le Clézio évoque le poème de Michaux, Iniji, et laisse croître en lui la parole qu’y a déposée le poète.

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21 mai 2014  par nos libraires

Littératures : les parutions d’avril

Comme chaque mois, notre équipe de libraires passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour en repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces nouveaux titres, question d’aiguiser votre appétit livresque…

LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE

Un ciel rouge, le matin, Paul Lynch, 2014, Albin Michel, 304 p., 9782226256072*

Printemps 1832. Coll Coyle, jeune métayer au service d’un puissant propriétaire anglais, apprend qu’il est expulsé avec femme et enfants de la terre qu’il exploite. Ignorant la raison de sa disgrâce, il décide d’aller voir l’héritier de la famille, qui règne désormais en maître. Mais la confrontation tourne au drame : Coll Coyle n’a d’autre choix que de fuir. C’est le début d’une véritable chasse à l’homme, qui va le mener de la péninsule d’Inishowen à Londondeny puis aux États- Unis, en Pennsylvanie. Pleine de rage et d’espoirs déçus, son odyssée tragique parle d’oppression et de vengeance, du lien viscéral qui unit les hommes à leur terre.

Le tort du soldat, Erri De Luca, 2014, Gallimard, 88 p., 9782070144419*

Un vieux criminel de guerre et sa fille dînent dans une auberge au milieu des Dolomites et se retrouvent à la table voisine de celle du narrateur, qui travaille sur une de ses traductions du yiddish. En deux récits juxtaposés, comme les deux tables de ce restaurant de montagne, Erri De Luca évoque son amour pour la langue et la littérature yiddish, puis, par la voix de la femme, l’existence d’un homme sans remords, qui considère que son seul tort est d’avoir perdu la guerre…

Le tort du soldat est un livre aussi bref que percutant qui nous offre un angle inédit pour réfléchir à la mémoire si complexe des grandes tragédies du XXe siècle.

Filles impertinentes, Doris Lessing, 2014, Flammarion, 136 p. 9782081314283*

Avec Filles impertinentes Doris Lessing nous livre le récit poignant de sa genèse et de sa jeunesse. Elle s’y dévoile sous un jour nouveau et met toute sa puissance de conteuse au service d’un sujet universel : les relations mère-fille. Mordant, plein d’esprit et porté tout au long par une franchise hors du commun, Filles impertinentes est également l’autoportrait saisissant d’un des écrivains les plus libres de son époque.

Nageur de rivière, Jim Harrison, 2014, Flammarion, 256 p., 9782081262096*

Le nouveau livre de Jim Harrison met en scène deux hommes aux prises avec l’amour, le désir, et toutes les contrariétés qui vont avec, tandis qu’en toile de fond la ville gangrène peu à peu la nature. Clive, historien de l’art distingué mais artiste raté, revient à contrecœur dans la ferme familiale du Michigan pour s’occuper de sa mère. Et pourtant, à soixante ans, ce retour dans sa maison d’enfance va lui offrir une vraie cure de jouvence. Sur les bords du lac Michigan, Thad vit quant à lui dans une ferme isolée. Confronté à l’injustice et au difficile passage à l’âge adulte, il se prépare à traverser le lac pour rejoindre Chicago. C’est le début d’un long périple et d’un apprentissage décisif pour ce jeune homme jusqu’alors plus à l’aise dans l’eau et les rêves que sur la terre ferme. Écrit avec la verve de ses meilleurs romans, Nageur de rivière nous rappelle brillamment le talent et la profonde humanité de Jim Harrison.

Pour Ida Brown, Ricardo Piglia, 2014, Gallimard, 318 p., 9782070144747*

Invité à donner un séminaire dans l’une des grandes universités nord-américaines, un célèbre romancier argentin, Renzi, observe d’un œil amusé les mœurs étranges de la vie académique aux États-Unis. Peu de temps après son arrivée, il entreprend une liaison érotico-amoureuse avec Ida Brown, jeune universitaire brillante, rebelle et énigmatique. Mais cette relation est brutalement interrompue par la mort de la jeune femme dans un accident de voiture. Les autorités classent rapidement l’affaire sous la pression de l’université mais Renzi s’aperçoit que des zones d’ombre persistent et se lance dans une enquête dangereuse aux multiples rebondissements.

Roman de campus puis histoire d’amour, ce livre exceptionnel débouche insensiblement vers un thriller haletant, qui cache en filigrane un grand hommage à la littérature nord-américaine et une critique farouche du devenir des États-Unis.

EN FORMAT POCHE

L’espoir, cette tragédie, Shalom Auslander, 2014, 10/18, 357 p., 9782264061669*

La paix, c’est ce qu’espérait Solomon Kugel en s’exilant avec les siens dans cette ferme paumée. Raté ! Son épouse le harcèle, sa mère le serine avec la Shoah qu’elle-même n’a pas vécue et un pyromane rôde dans la région. Ça pourrait être pire ? Oui ! Voilà qu’il débusque au grenier une vieille dame acariâtre, une icône de l’Histoire déterminée à rétablir la vérité : Anne Frank !

Nemesis, Philip Roth, 2014, Gallimard/Folio, 9782070456611*

Pendant l’été 1944, à Newark, Bucky Cantor, un jeune homme de vingt-trois ans, anime un terrain de jeu. Lanceur de javelot, haltérophile, il a honte de ne pas prendre part à la guerre en raison de sa mauvaise vue. Mais voici qu’une épidémie de polio provoque des ravages parmi les enfants qui jouent sur le terrain. Elle lui offre l’occasion d’éprouver son sens du devoir alors que l’incompréhension, la panique et la colère grandissent dans la petite communauté. Philip Roth décrit, avec tendresse mais aussi un cruel réalisme, nos réactions face aux tragédies, le jeu des circonstances sur nos vies.

Le roman du mariage, Jeffrey Eugenides, 2014, Points, 575 p., 9782757841259*

Une fille et deux garçons. Sur le campus de Brown comme ailleurs, il y en a un de trop. Madeleine aime le brillant Leonard et rêve déjà de leur futur radieux d’intellectuels talentueux. Mais Leonard est fragile, imprévisible, Madeleine est constamment sur le qui-vive. Avec Mitchell, le prétendant idéal, la vie serait simple ; pourtant Madeleine est réticente. Faut-il se marier par amour ?

 

LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE ET CANADIENNE

0 LITT Q

La vie littéraire, Mathieu Arsenault, 2014, Le Quartanier, coll. « Série QR », 140 p., 9782896981625* (+)

Les salons du livre les lancements les librairies qui ferment les journaux qui font faillite les livres de cuisine les émissions littéraires les prix prestigieux les livres pilonnés les maisons de la culture les poètes ratés les demandes de subvention les photos de chats wikipédia les journées perdues sur les réseaux sociaux et dans les jeux vidéo le soleil et le feu d’une époque surchargée de textes sans personne pour les lire on ne fera pas un roman avec ça on ne refera pas les filles de caleb avec ça on ne refera pas le goût du bonheur de lady julie papineau avec ça mais nous trouverons bien comment continuer continuer d’espérer qu’il restera quelqu’un pour nous lire et comprendre dans quelle époque nous vivions alors.

Mathématiques intimes, Lori Saint-Martin, 2014, L’Instant même, 98 p., 9782895023487* (+)

Lori Saint-Martin quadrille, arpente et concentre en de très courtes proses le territoire de l’intimité entre amants, couples et familles. Elle fait les comptes et dresse un inventaire des haines et des désirs, des peurs et des plaisirs. La chair blanche du mangoustan parfume l’adultère ; le miroir noircit le visage d’une jeune fille ; la maison menace ruine tant la rancœur mine la vie conjugale ; une tache de thé sur une nappe blanche amplifie l’ombre écrasante d’une mère ; une robe fleurie maquille un deuil ; l’échine ployée dissimule le ressentiment d’un vieillard ; une allumette qui flambe scelle le destin d’un adolescent. Chaque récit réfléchit l’image exacte du fatum : rester sur le seuil de la vraie vie ou franchir le pas.

Drama Queens, Vickie Gendreau, 2014, Le Quartanier, coll. « Série QR », 160 p., 9782896981014* (+)

Je tape à une main, avec un œil fermé. À tout moment, je pourrais partir en convulsions. Partir comme dans ne plus jamais revenir. Chaque phrase est un combat. Au Salon du livre de Rimouski, une dame a pris mon premier livre pour lire la quatrième de couverture. Elle l’a reposé en évitant mon regard. C’est lourd, le cancer, la mort pis ces affaires-là. J’aimerais que ça soit plus interactif comme objet, le livre. Comme une manette de jeu vidéo. Que ça vibre à chaque fin de chapitre. Mais c’est pas comme ça que ça marche, la vie. Comment est-ce que ça se passe, mourir ? Est-ce qu’on vibre et qu’il est écrit GAME OVER?

Les États-Unis du vent, Daniel Canty, 2014, La Peuplade, 288 p., 9782923530727* (+)

Fin 2010. De l’automne tardif au début de l’hiver, Daniel Canty devient chercheur de vent. À bord de la Blue Rider, un vénérable camion d’un bleu de minuit coiffé d’une girouette, il s’abandonne à une dérive entièrement dictée par la fluidité des courants aériens. L’aventure l’emporte des plaines herbeuses du Midwest à Chicago la venteuse, il s’engouffre dans le wind tunnel des Grands Lacs, découvre les cités d’industrie perdue de la rust belt, bifurque par les pastoraux territoires amish vers les forêts de Pennsylvanie, terres d’or noir et de guerre civile. Entre travelogue et fabulation, Les États-Unis du vent est un livre aux pieds ailés, où transparaît la carte d’une Amérique invisible, nappée par la lumière des révélations.

Quand j’étais l’Amérique, Elsa Pépin, 2014, XYZ, coll. « Quai no 5 », 224 p., 9782892618266* (+)

« Pour faire le portrait d’un oiseau, peindre d’abord une cage avec une porte ouverte. » La citation de Prévert, placée en exergue, introduit bien ces nouvelles qui nous mènent à la rencontre de personnages solitaires, désaffiliés, qui cherchent à la fois la liberté et à s’unir au monde. La cage, ici, prend souvent les traits de la famille, pour des filles et des fils incapables de jouer le rôle qu’on souhaiterait leur voir jouer. Les traits de l’amour, aussi, pour des amants égarés dans les mouvements du désir. Qu’est ce qui unit les êtres ? Qu’est-ce qui les sépare ? L’auteure pose et illustre ces questions avec une formidable acuité.

L’album multicolore, Louise Dupré, 2014, Héliotrope, 276 p., 9782923975375* (+)

Quelques mois après la mort de sa mère, Louise Dupré entreprend un récit de deuil pour tenter de saisir qui était la femme qu’elle a appelée maman. Un livre qui se lit passionnément.

EN FORMAT POCHE

La mer de la tranquillité, Sylvain Trudel, 2014, Boréal, coll. « Boréal compact », 200 p., 9782764623244* (+)

Sept ans après la publication de La Mer de la Tranquillité, Sylvain Trudel a réécrit ces nouvelles où se mêlent la loufoquerie et le tragique, la chimère et le désastre. Dans ce livre, les magazines érotiques ont des vertus religieuses, les prophètes annoncent l’ère du Cochon parmi les prostituées, les jeunes s’embrassent ou immolent des chats et les vieux se noient dans le scotch, un homme tue sa femme mais épargne son fils caché sous la jupe d’une fille, des frères tatoués chez les Hells Angels fument du haschich en attendant l’apocalypse, un malade alcoolique tombe amoureux d’une infirmière musulmane, un raté promène ses mutations génétiques dans un quartier contaminé par des métaux lourds. Tous espèrent une vie heureuse et une mort paisible, sans savoir que l’homme est à la fois la galère et le galérien.

Arvida, Samuel Archibald, 2014, Boréal, « Boréal Compact », 324 p., 9782764623039* (+)

À l’autre bout du monde il y a Arvida, ville modèle érigée au début du XXe siècle par l’industriel américain Arthur Vining Davis. Le narrateur de ce livre est né là, dans la capitale de l’aluminium, construite en cent trente-cinq jours. Petite utopie nordique peuplée de braves gens, de menteurs compulsifs et de pures crapules. Dans les quatre paroisses d’Arvida, le long du Saguenay et par-delà l’horizon bleuté des monts Valin, on se raconte des histoires de nuits en forêt et de matins difficiles. Des histoires de jeunes filles innocentes et de bêtes sauvages, de meurtre raté et de mutilation rituelle, de roadtrip vers nulle part et de maison hantée. Des histoires tantôt tristes, tantôt drôles, tantôt horribles, et souvent un peu tout ça à la fois, mémorables pour leur profonde authenticité, même si, il faut bien le dire, elles sont toutes à moitié fausses et à moitié inventées.

Quai 31, Marisol Drouin, 2014, Bibliothèque Québécoise, 96 p., 9782894063538* (+)

Marisol Drouin est née en avril 1976 à Baie Saint-Paul dans la région de Charlevoix. Elle étudie à Québec et obtient en 2004 une maîtrise en littérature et création de l’Université Laval. L’année suivante, elle quitte la capitale pour Montréal où elle vit présentement. En 2011, elle publie son premier roman Quai 31 (La Peuplade). Entre deux projets romanesques, elle écrit des chansons. Elle fonde le groupe Macha Fjord en collaboration avec le musicien Olaf Gundel et lance à l’automne 2012 l’album ni tribune ni temps ni désaccord.

POÉSIE

Poèmes d’amour, Jorge Luis Borges, 2014, Gallimard, coll. « Du monde entier », 131 p., 9782070145096* (+)

Presque tous les recueils de Borges contiennent au moins un poème d’amour. Cette flamme – obscure merveille -, qui n’allume en général que quelques lignes à la fin du poème, peut passer inaperçue. Après le recensement de thèmes qui lui sont chers, il lève la voix brièvement comme s’il proférait une sentence. Le lecteur fait halte sur ces mots qui s’écrivent simplement, de manière douloureuse et à la fois heureuse. Le bonheur est-il douloureux ? Borges nous donne à comprendre que, déchiré et heureux, il souffre d’amour comme tous les hommes.

Elle est un parc abandonné, Nancy R. Lange, 2014, Écrits des Forges, 96 p., 9782896452682* (+)

Cinquième recueil de Nancy R. Lange, l’animatrice passionnée des soirées Femmes de paroles, qui ont régulièrement lieu à la Médiathèque littéraire Gaëtan-Dostie. Lange y continue sans relâche un travail de filiation qui lui tient à cœur, le recueil contenant notamment une section dédiée à Louky Bersianik. (Maxime Nadeau)

Roman Dormant, Antoine Brea, 2014, Le Quartanier, coll. « Série QR », 150 p., 9782896981717* (+)

Le Roman Dormant d’où vient-il ? Le Roman Dormant est de partout et nulle part. Un rêve se pose contre la langue quand on s’endort et le Roman arrive. Regarde si tu le sens quand tu t’enfonces dans l’eau noire de ton cœur. Regarde si tu le vois dans l’œil allumé par la fièvre d’un malade. S’il est présent dans le sang du mouton rendu propre à la consommation. S’il est là dans la lame du couteau qui lave. Regarde si tu te mires dans la lave. Regarde à la surface du rêve. Le Roman se pose aux côtés de ton rêve tout contre le palais. Il allume un feu dans ta bouche tu ne dois pas avaler. Il faudra boire et cracher pour laver. Mâcher de la mie de pain blanc. Le Roman Dormant a rué en moi comme une bête. Si tu l’avales il fait de toi un animal. Il s’enfonce jusqu’au profond des veines qui mènent partout et nulle part.

Lettres à l’assassin, Cristina Montescu, 2014, Écrits des Forges, 106 p., 9782896452606* (+)

Bien plus qu’un cri de douleur, Lettres à l’assassin se situe au-delà de la plainte, dans un espace de survivance et d’espoir, où la vie seule se joue contre les atteintes du mal. Face à la destruction, Cristina Montescu nous montre, à visage découvert, la force d’un désir plus grand que la perte. La trahison, dans ses aspects les plus extrêmes de haine et d’abandon, crée le ressort nécessaire pour ne pas mourir (« je ne suis qu’un orage animal/ n’ayant pas la force de tomber »); puis donne la possibilité de reprendre souffle peu à peu et de voir que la lumière vient elle aussi « sautiller sur mes joues pluvieuses ». Poésie de survivance, ces Lettres à l’assassin visent à régler ses comptes à la folie meurtrière une fois pour toutes

Poèmes humains, César Vallejo, 2014, Points, coll. « Poésie », 354 p., 9782757842126* (+)

C. Vallejo, l’un des grands poètes de langue espagnole du XXe siècle, fut également connu pour ses idéaux communistes et son engagement pendant la guerre civile espagnole. Écrits entre 1924 et 1937, ces poèmes traduisent, sur le ton de la mélancolie et de la révolte, la souffrance physique et l’éloignement de la terre natale.

 

THÉÂTRE

Clotaire Rapaille : L’opéra rock, Olivier Morin, Guillaume Tremblay et Navet Confit, 2014, Ta Mère, 144 p., 9782923553542* (+)

Dans ce texte de théâtre totalement unique et décalé, Morin et Tremblay mettent en scène un Québec futuriste, souverain et en déchéance, où il n’existe qu’un seul espoir de salut : Clotaire Rapaille. À travers une croisade épique, il enorgueillira les grandes provinces du Québec, une à une, grâce à des codes mirobolants dont lui seul a le secret. Mais la ville de Québec est oubliée et se révolte. Les codes mégalomaniaques de Rapaille entraînent un succès phénoménal, mais aussi des catastrophes terribles. Il doit donc affronter ses anciens démons et descendre à Québec pour sauver le pays… et sans doute l’humanité.

Small Talk, Carole Fréchette, 2014, Leméac, coll. « Actes Sud – Papiers », 96 p., 9782760912700* (+)

Une jeune femme qui a du mal à communiquer avec ses contemporains décide de se prendre en main. Entre sa mère aphasique, son père retiré dans un silence méditatif, son frère animateur de télé et sa belle-sœur explosive, elle observe les humains, et leurs tentatives malhabiles d’entrer en contact et de « parler petit ». Traversant la pièce, un jeune homme blessé dont le destin croisera le sien…

Fort Mac, Marc Prescott, 2014, Éditions du Blé, coll. « Blé en poche », 124 p., 9782923673998* (+)

Alberta appelle Fort McMurray, la ville où se précipitent tous ceux qui veulent profiter du boom économique des sables bitumineux. Travailler à Fort Mac vous rapportera de l’argent, beaucoup d’argent ! Mais à quel prix ? Jaypee, petit magouilleur québécois, et Mimi, son ambitieuse conjointe, ont installé leur roulotte sur le premier terrain venu et se préparent à plonger dans le trou noir de l’or noir.

 

LITTÉRATURE POLICIÈRE

Ombres et soleil, Dominique Sylvain, 2014, Viviane Hamy, coll. « Chemin nocturne », 297 p. 9782878585926*

Janvier 2013. Alors que Lola Jost tente de se remettre de la disparition d’Ingrid Diesel, le capitaine Hardy lui annonce qu’Arnaud Mars a été assassiné, et que les soupçons se portent sur Sacha Duguin. Lola, qui refuse de croire à la culpabilité de son ami, sort de sa torpeur pour prouver son innocence.

« Dominique Sylvain ne se contente pas d’une documentation soignée, elle sait parfaitement construire une histoire tordue, intense et nauséabonde, qu’elle rafraîchit heureusement avec l’humour vachard de ses dialogues. » — Christine Ferniot, Télérama

Extorsion, James Ellroy, 2014, Rivages, coll. « Thriller », 187 p., 9782743627300*

Pour échapper aux stars d’Hollywood qui le harcèlent depuis son arrivée au purgatoire, Fred Otash, ancien policier véreux devenu informateur de la presse mondaine, se confie à un homme nommé Ellroy.

« Ce n’est pas le meilleur des livres d’Ellroy, mais bon, c’est du Ellroy bien méchant, tordu, mâtiné de dégueulasse. » — Marie-Christine Blais, La Presse, 2014

Molosses, Craig Johnson, 2014, Gallmeister, coll. « Noire », 313 p., 9782351780732*

À la suite à la découverte d’un pouce dans une décharge, le shérif Walt Longmire est chargé de retrouver son propriétaire. À l’occasion de cette enquête, il rencontre un vieux propriétaire loufoque, un promoteur immobilier richissime, un jeune couple de fumeurs de marijuana, une vieille institutrice charmante, un perroquet dépressif et quelques cadavres. (Résumé de l’éditeur)

Le lecteur retrouvera avec grand plaisir dans cette sixième enquête du shérif Longmire ce qui fait la force de la série : enquête prenante et humour décapant. (Morgane Marvier)

Pain, éducation, liberté, Petros Markaris, 2014, Seuil, coll. « policier », 252 p., 9782021125436*

Athènes, 2014. Alors que la Grèce vient de quitter l’euro, Charitos est confronté à trois meurtres d’hommes de la génération Polytechnique qui, en 1973, avait résisté à la dictature des colonels avant de régner sur le pays et de se remplir les poches. Sur les cadavres est retrouvé un enregistrement audio avec le slogan révolutionnaire de l’époque : pain, éducation, liberté. (Résumé de l’éditeur)

Markaris nous offre encore un criminel qu’on a presque envie de défendre. Les oppressés d’hier sont les oppresseurs d’aujourd’hui et l’inspecteur Charitos cherche en vain un sens à la situation de son pays. La crise économique grecque entre désespoir et humour. (Morgane Marvier)

Dragon bleu, tigre blanc, Qiu Xiaolong, 2014, Liana Levi, coll. « Policier », 289 p., 9782867467172*

L’inspecteur Chen apprend qu’il est démis de ses fonctions et, dans le même temps, il est victime d’un complot qui vise à le discréditer. Comprenant que quelqu’un cherche à lui nuire, il prétexte la rénovation du tombeau de son père à Suzhou pour s’éloigner. Avec l’aide de Yu, Peikin, Vieux Chasseur et d’une jeune maîtresse, il tente d’identifier son ennemi. (Résumé de l’éditeur)

Chen l’incorruptible pourra-t-il gagner contre le système chinois ? On le souhaite. En tout cas, cette nouvelle enquête ravira les amateurs de Qiu Xiaolong. Une enquête passionnante dans un société chinoise qui évolue, mais pas pour le mieux. (Morgane Marvier)

EN FORMAT POCHE

Guerre sale, Dominique Sylvain, 2014, Points, coll. « Policier », 329 p., 9782757830215*

L’avocat Florian Vidal, proche d’un haut responsable de la Françafrique, est retrouvé mort dans sa piscine. Cinq ans plus tôt, Toussaint Kidjo, l’assistant de Lola Jost, avait été assassiné de la même façon. Persuadée que les deux affaires sont liées, cette dernière décide de mener l’enquête.

Vert-de-gris, Philip Kerr, 2014, Livre de poche, coll. « Policier », 592 p., 9782253175926*

En 1954, l’armée américaine arrête Bernie Gunther à bord du bateau dans lequel il quittait Cuba. En pleine guerre froide, la CIA espère obtenir de lui des informations sur Erich Mielke, ancien SS comme lui, devenu chef de la Stasi.

Le quintette de Buenos Aires, Manuel Vazquez Montalban, 2014, Points, coll. « Policier », 493 p., 9782757839546*

À Buenos Aires, le célèbre détective Pepe Carvalho compte enrichir ses connaissances, mais surtout retrouver son cousin Raul, qui a disparu. Ses aventures l’entraînent dans la capitale argentine d’aujourd’hui, drôle et pathétique à la fois.

Le sable était brûlant, Roger Smith, 2014, Livre de poche, coll. « Policier », 401 p., 9782253177883*

Robert Dale est accusé d’avoir causé la mort de sa femme, maîtresse d’un entrepreneur corrompu, et de ses enfants lors d’un attentat maquillé en accident de voiture auquel il a échappé. Alors qu’il se fait arrêter, il est enlevé par l’être qu’il déteste le plus au monde, son père, ancien mercenaire de la CIA. Commence alors un voyage infernal au cur de l’Afrique du Sud.

Enfants de poussière, Craig Johnson, 2014, Gallmeister, coll. « Totem », 371 p., 9782351785362*

Des boîtes de nuit de Saïgon aux villes fantômes du Wyoming, dans le comté d’Absaroka, le shérif Longmire enquête sur l’assassinat d’une jeune Asiatique, retrouvée étranglée en bordure d’une route.

 

SCIENCE-FICTION ET FANTASTIQUE

La légende des millénaires T. 1 : Les conquérants du feu et autres récits primitifs, J.-H. Rosny aîné, 2014, Les Moutons électriques, coll. « Le rayon vert », 350 p., 9782361831431* (+)

Ce recueil de 27 récits est un voyage qui commence dans les temps les plus anciens, se poursuit dans les âges successifs de la préhistoire puis dans les forêts gauloises et des terres inexplorées peuplées d’hommes primitifs.

Omale T. 3 : Les vaisseaux d’Omale, Laurent Genefort, 2014, Denoël, coll. « Lunes d’encre », 435 p., 9782207116944* (+)

Après seize siècles de guerres, la paix règne enfin sur l’Aitre tripartite. Les Aezirs, une espèce vivant dans l’espace intérieur d’Omale, proposent aux peuples de la surface un long et périlleux voyage spatial au terme duquel les secrets des lunes captives seront en partie révélés. Les Hosqins décident de se lancer dans cette aventure mais Ipsis, une humaine, veut aussi y participer.

Autobiographie d’une machine ktistèque, R. A. Lafferty, 2014, Actes Sud, coll. « Exofictions », 285 p., 9782330030360* (+)

Créée par l’Institut pour la science impure, Epiktistes est une machine pensante qui englobe toutes les consciences et doit apporter la réponse à l’humanité.

Stark et le Roi des étoiles, Leigh Brackett, 2014, Le Bélial, 650 p., 9782843441233*

Un ouvrage réunissant des textes consacrés au héros le plus emblématique de L. Brackett, Eric John Stark, à travers trois romans et trois nouvelles.

EN FORMAT POCHE

Points chauds, Laurent Genefort, ill. de Manchu, 2014, Livre de poche, coll. « Science-fiction », 379 p., 9782253169819* (+)

Septembre 2019, les aliens débarquent sur Terre. Face à ce qui ressemble de plus en plus à une invasion, l’ONU crée une force militaire spécialisée, Rempart, dont la mission est d’accompagner les extraterrestres dans leur transhumance, d’encadrer leurs camps pour ceux qui désirent rester sur Terre, de les protéger des humains et inversement. L’équilibre géopolitique du monde est bouleversé.

Avant le déluge, Raphaël Albert, 2014, Mnémos, coll. « Hélios », 388 p., 9782354082123 (+)

Le destin passé de Sylvo Sylvain, un elfe exilé à Panam à la tête d’une agence de détective privé florissante, se découvre un peu plus. Les raisons de son exil et de son amitié avec Pixel sont détaillées.

L’impasse-temps, Dominique Douay, 2014, Les Moutons électriques, coll. « Hélios », 190 p., 9782361831653* (+)

La découverte d’un étrange briquet permet à Serge Grivat, un homme craintif et défaitiste, de s’affranchir du cours du temps. L’invisibilité qu’il lui confère lui octroie la liberté de réaliser sans vergogne tous ses désirs, d’assouvir tous ses penchants. C’est compter sans la malédiction qui est à l’œuvre.

L’âge des miracles, Karen Thompson Walker, 2014, 10/18, 327 p., 9782264061065* (+)

Une journée d’octobre apparemment comme les autres, Julia, comme l’humanité entière, découvre avec stupeur que la rotation de la Terre a ralenti. Les jours et les nuits s’allongent, la gravité se modifie, l’équilibre vital est bouleversé. Premier roman.

Légion, Brandon Sanderson, 2014, Livre de poche, coll. « Fantasy – Orbit », 93 p., 9782253177135* (+)

Le héros, Stephen Leeds, est surnommé Légion à cause des hallucinations qui l’entourent, qui génèrent de multiples avatars, des aspects de lui-même dotés de compétences très spécialisées. Il vit reclus et riche, jusqu’au jour où il doit retrouver un scientifique et son mystérieux appareil photo.
 

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Tous les textes proviennent des éditeurs, sauf lorsqu’il y a mention d’auteur.

Sélection : litt. étrangère – Benoit Desmarais ; litt. québécoise, poésie, théâtre et science-fiction – Maxime Nadeau ; policier – Morgane Marvier.
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19 avril 2014  par nos libraires

Littératures : les parutions de mars

Comme chaque mois, notre équipe de libraires passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour en repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces nouveaux titres, question d’aiguiser votre appétit livresque…

LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE

Mali, ô Mali, Érik Orsenna, 2014, Stock, 402 p., 9782234063365*

Voulez-vous les dernières nouvelles du Mali ? Madame Bâ Marguerite se propose de vous y emmener. Cette dame, qui n’est pas humble de nature, se prend pour une Jeanne d’Arc africaine. Elle veut libérer son pays des djihadistes et c’est son petit-fils, ex-footballeur devenu griot, qui raconte sa campagne mi-glorieuse, mi-désespérée. Sur les pas de ce duo, vous rencontrerez les femmes échappées de justesse aux horreurs de la charia. Vous remonterez le fleuve Niger en évitant toutes sortes de périls. Vous verrez comment et pourquoi bandits et djihadistes s’entendent comme larrons en foire. Vous saluerez des musiciens et des tisserands, inlassables créateurs des liens qui fabriquent un pays. Vous atteindrez juste à temps Tombouctou pour assister à l’arrivée des Français… Surtout, vous plongerez dans la réalité du Mali, sa vaillance, sa noblesse. Mali, ô Mali ! Comment ne pas comprendre que ta fragilité est la nôtre ?

La grande ménagerie, Howard Jacobson, 2014, Calmann-Lévy, 366 p., 9782702144497*

Guy Ableman, écrivain de son état, est fou de sa femme Vanessa, une rousse éblouissante perpétuellement en colère. L’ennui c’est que, depuis le premier jour, il est aussi fou de la non moins séduisante mère de Vanessa, Poppy. Pareilles à des soeurs plutôt qu’à une mère et sa fille, elles forment un tandem volcanique : si elles lui inspirent les scènes les plus farfelues, elles le perturbent au point qu’il ne peut plus produire une ligne. Non que Guy fût très lu ces jours-ci. D’ailleurs, Guy en est convaincu, la lecture, c’est fini. Son éditeur est du même avis, il s’est suicidé. Peut-être est-il l’heure pour lui de révéler sa flamme à Poppy ? Si le roman est mort, le désir existe toujours ! Et il se pourrait bien que ce désir lui permette d’accoucher d’un grand bouquin. Tour à tour furieux, élégiaque et impertinent, La Grande Ménagerie est un roman d’amour : une ode aux femmes, à la littérature et à l’humour.

En finir avec Eddy Bellegueule, Édouard Louis, 2014, Seuil, 219 p., 9782021117707* (+)

« Je suis parti en courant, tout à coup. Juste le temps d’entendre ma mère dire Qu’est-ce qui fait le débile là ? Je ne voulais pas rester à leur côté, je refusais de partager ce moment avec eux. (…) Je suis allé dans les champs et j’ai marché une bonne partie de la nuit, la fraîcheur du Nord, les chemins de terre, l’odeur de colza, très forte à ce moment de l’année. Toute la nuit fut consacrée à l’élaboration de ma nouvelle vie loin d’ici. En vérité, l’insurrection contre mes parents, contre la pauvreté, contre ma classe sociale, son racisme, sa violence, ses habitudes, n’a été que seconde. Car avant de m’insurger contre le monde de mon enfance, c’est le monde de mon enfance qui s’est insurgé contre moi. Très vite j’ai été pour ma famille et les autres une source de honte, et même de dégoût. Je n’ai pas eu d’autre choix que de prendre la fuite. Ce livre est une tentative pour comprendre. » Édouard Louis a 21 ans. En finir avec Eddy Bellegueule est son premier roman.

Automobile Club d’Égypte, Alaa El Aswany, 2014, Actes Sud, 512 p., 9782330027445*

Abdelaziz Hamam, descendant d’une puissante famille ruinée, est venu au Caire dans l’espoir d’assurer l’éducation de sa progéniture. À suivre les chemins contrastés qu’empruntent ses enfants, on découvre les derniers soubresauts de l’Égypte pré-nassérienne : morgue des classes dominantes, dénuement extrême des laissés-pour-compte, éveil du sentiment nationaliste. De toute part l’édifice se lézarde, et dans le microcosme de l’Automobile Club, frémissent les temps futurs et l’explosion révolutionnaire qui va embraser le pays.

Engagé et humaniste comme jamais, Alaa El Aswany renoue ici avec les récits populaires et hauts en couleur de l’irrésistible Immeuble Yacoubian et désigne inlassablement la seule voie juste pour son pays : une démocratie égyptienne à construire.

Des hommes en devenir, Bruce Machart, 2014, Gallmeister, 193 p., 9782351780725*

Qu’ils se retrouvent en train d’arpenter les terres fertiles du Sud ou d’actionner l’écorceuse pour transformer des grumes en feuilles de papier, les hommes de ce recueil découvrent tous, en un instant, la faille en eux. Être hanté depuis toujours par un enfant, un parent, une femme, un voisin, un copain disparus, interrompre enfin le mouvement continu et regarder une vie en face. La question soudain serait de savoir ce que devenir un homme signifie. Ici, certains ont été largués. Là, un enfant n’est jamais né. Une mère a été assassinée. Des maris ont découché. Bien des bières ont été descendues, et des rires échangés entre frères, amis, amants. Après Le Sillage de l’oubli, premier roman qui remporta un formidable succès critique et public, on retrouve dans Des hommes en devenir la plume évocatrice et puissante d’un maître de la littérature américaine.

 

EN FORMAT POCHE

Karoo, Steve Tesich, 2014, Points, 592 p., 9782757833056*

En tant que script doctor pour Hollywood, Saul « Doc » Karoo mutile et « sauve » le travail des autres. En tant qu’homme, il applique le même genre de contrôle sournois à sa vie privée et se délecte de nombreuses névroses très particulières, jusqu’à ce qu’une occasion unique se présente à lui : en visionnant un film, il fait une découverte qui l’incite à prendre des mesures extravagantes pour essayer, une fois pour toutes, de se racheter. Karoo est un pur joyau qui raconte une chute vertigineuse avec un humour corrosif. C’est à la fois Philip Roth et Easton Ellis, Richard Russo et Saul Bellow.

L’enfant grec, Vassilis Alexakis, 2014, Gallimard/Folio, 310 p., 9782070452446*

Le jardin du Luxembourg à Paris se souvient des trois mousquetaires, de Jean Valjean et de Cosette. Il se souvient en fait de tous les héros de la littérature, puisqu’ils habitent tous, sous forme de poupées, le théâtre de marionnettes qu’il abrite. C’est dire que le narrateur, provisoirement obligé de marcher avec des béquilles et dont l’existence se limite à de petites promenades, n’a pas le temps de s’ennuyer : en dehors des héros de son enfance qu’il retrouve dans le jardin, il fait la connaissance de personnages qui, eux, ont l’air bien réels, comme Marie-Paule qui garde les toilettes ou Ricardo, un SDF d’origine italienne… Mais la frontière entre la réalité et la fiction s’estompe peu à peu et les délices du souvenir se mêlent aux plaisirs du présent.

De ma lucarne, Henri Calet, 2014, Gallimard/L’imaginaire, 375 p., 9782070144372* (+)

Il n’est ici question que d’amour, de l’amour qu’un écrivain porte à une ville, sa ville. Calet est uni à Paris, c’est l’un des thèmes essentiels de son œuvre. Il entend en montrer toutes les faces, les plus cocasses comme les plus pathétiques, mais surtout, par une apologie du quotidien qui dévoile tout – la grandeur et le moindre –, Calet hausse jusqu’à sa vraie hauteur la ville de son pas et de ses rêves. Les lieux pittoresques abondent, l’étrange est là, prêt au contrepoint. L’art du conteur qui se donne libre cours dans De ma lucarne compose une sorte de périple rêveur au cours duquel Calet opère dans Paris vu de haut des préemptions pleines de tendresse.

Lumières de Pointe-Noire, Alain Mabanckou, 2014, Points, 247 p., 9782757838648*

Après vingt-trois ans d’absence, je suis retourné à Pointe-Noire, ville portuaire du Congo où j’ai grandi. Entre-temps, ma mère est morte et, moi, le fils unique, je ne suis pas allé aux obsèques. Pendant un mois, j’ai arpenté la ville en étranger : la cabane de maman Pauline, le lycée Karl-Marx, le cinéma Rex… Jour après jour, entre surnaturel et enchantement, j’ai ressuscité les lumières de mon enfance.
 

LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE ET CANADIENNE

Parti pour Croatan, Michel Vézina, 2014, Somme toute, coll. « Chroniques », 240 p., 9782924283363* (+)

Croatan, c’est cette île légendaire où les pirates prétendaient aller, l’endroit où l’on disparaît. De nombreux capitaines de marines royales, croyant les débusquer, se seraient ainsi retrouvés dans des baraquements vides, devant un écriteau « Gone to Croatan ». Il ne fallait pas chercher l’endroit sur une carte, mais comprendre plutôt qu’on ne les retrouverait pas. Michel Vézina a fait de Croatan sa destination préférée et il en a souvent parlé à demi-mot comme d’un vieux secret. Ce livre nous fait enfin visiter les lieux. L’auteur a été chroniqueur pendant quinze ans. Ses textes mêlaient commentaire politique, critique littéraire, récit de vie, coups de gueule. Aujourd’hui, Vézina se permet de ne plus jouer le jeu médiatique, il prend le temps, remplace les chroniques par le carnet, en format livre plutôt qu’en blogue. Et c’est tout son rapport à la culture, à la société, qui change. Car partir pour Croatan, ce n’est pas que fuir, c’est résister, espérer. Les textes qui composent ce livre sont ainsi plus libres, à la fois plus éclatés et plus exigeants. Ils recherchent beauté et humanité en dehors des normes; ils racontent, avec ce mélange d’amour et de colère, la vie au fond des bois et la démarche d’écriture comme des voyages en diagonale.

Malabourg, Perrine Leblanc, 2014, Gallimard, coll. « Blanche », 175 p., 9782070144808* (+)

Trois jeunes filles sont assassinées dans le village de Malabourg, au sud-est du Québec. Le coupable avéré est retrouvé pendu. Des années plus tard, Mina, qui a assisté aux deux derniers meurtres, s’installe à Montréal et devient la maîtresse de Paul. Ce parfumeur, un temps suspecté, prépare désormais une fragrance en mémoire des victimes.

Recommencements, Hélène Dorion, 2014, Druide, coll. « Reliefs », 128 p., 9782897111236* (+)

Comment nous abandonner aux vagues (rupture, deuil, maladie…) qui surgissent parfois dans nos vies et nous renversent, pour ensuite aller vers les recommencements auxquels nous sommes conviés ? L’écrivaine s’interroge, retourne sur ses pas, refait le trajet jusqu’à l’enfance. Elle retrouve au passage l’île où les grands vents de la vie avaient soufflé sur la sienne. Ainsi est-on amené à danser avec ce qui nous éprouve avant de devenir cette maison que l’on est pour soi-même.

La déesse des mouches à feu, Geneviève Pettersen, 2014, Le Quartanier, coll. « Polygraphe », 250 p., 9782896981595* (+)

La déesse des mouches à feu, c’est Catherine, quatorze ans, l’adolescence allée chez le diable. C’est l’année noire de toutes les premières fois. C’est 1996 à Chicoutimi-Nord, le punk rock, le fantôme de Kurt Cobain et les cheveux de Mia Wallace. Des petites crisses qui trippent sur Christiane F. et des gars beaux comme dans les films en noir et blanc. Le flânage au terminus et les batailles de skateux contre pouilleux en arrière du centre d’achats. L’hiver au campe dans le fin fond du bois, les plombs aux couteaux, le PCP vert et les baises floues au milieu des sacs de couchage. C’est aussi les parents à bout de souffle et les amants qui se font la guerre. Un jeep qui s’écrase dans un chêne centenaire, les eaux du déluge qui emportent la moitié d’une ville et des oiseaux perdus qu’on essaie de tuer en criant.

Sam, François Blais, 2014, L’Instant Même, 192 p., 9782895023456* (+)

D’entrée de jeu, un carton de livres soldés. Parmi une collection d’ouvrages québécois très XIXe siècle se trouve une pièce de choix, le journal de Marie Bashkirtseff, une contemporaine de Maupassant. Et tout au fond de la boîte, une centaine de pages du journal de S***, une diariste chevronnée, qui plus est, native de Grand-Mère, comme le narrateur. Il n’en faut pas davantage pour que celui-ci s’engage dans une quête pour retrouver celle qu’il baptise Sam et qu’il croit être « la femme de sa vie ». D’indices en suppositions, de coïncidences en recoupements établis grâce à son journal, il la suit à la trace : à la campagne, dans sa petite maison du chemin Saint-François-de-Pique-Dur, à Limoilou, là où habite sa mère, et même jusqu’à Parent, en Haute-Mauricie. Cette petite musique familière et ironique, jouant en mode continu dans le récit du quotidien très ordinaire d’une trentenaire insaisissable, est bien celle de François Blais, passé maître dans l’art d’exploiter le filon du journal intime. Avec Sam, son huitième roman, il se pose en meneur d’un habile jeu de piste. Mais c’était sans compter sur le solide tempérament critique et agissant de son narrateur. Le journal de S*** pourrait bien devenir l’enjeu d’une rivalité imprévue entre l’auteur et son personnage, ainsi qu’une réplique vive à la question posée à la fin de Vie d’Anne-Sophie Bonenfant : « Depuis quand un auteur n’a-t-il pas tous les droits sur son personnage ? »

 

EN FORMAT POCHE

La canicule des pauvres, Jean-Simon DesRochers, 2014, Herbes rouges, coll. « Territoires », 750 p., 9782894194201* (+)

Durant dix jours, une canicule sans précédent frappe Montréal. Le smog persistant s’immisce dans la conversation, s’ajoute aux thèmes récurrents de l’argent et du sexe. Les nantis climatisent leur maison, les pauvres endurent le calvaire. Au Galant, une ancienne maison de passe transformée en immeuble locatif, la vague de chaleur déferle comme un tsunami. Dans le climat surchauffé des appartements sordides se célèbre l’étrange carnaval qu’est la métropole contemporaine. Pour Zach le revendeur de drogue, Kaviak le pornographe, Sarah la tueuse à gages, Takao le bédéiste japonais, Lulu du groupe punk Claudette Abattage et une vingtaine d’autres personnages aussi tendres que cyniques, la vie dans ce monde trop jeune pour être vieux et trop usé pour être neuf, c’est la vie, sans mode d’emploi. Dans cet imposant premier roman, Jean-Simon DesRochers réussit un tour de force : donner à lire une réalité aussi crue que drôle, un monde tellement vivant que sa décadence ne cesse de nous séduire.

Ce maudit soleil, Marcel Godin, 2014, Typo, 176 p., 9782892953817* (+)

C’est à travers le regard naïf d’un jeune homme que Marcel Godin nous fait découvrir la triste brutalité de la vie dans un camp de bûcherons de la Haute-Mauricie à la fin des années 1940. La rudesse, la sauvagerie de ces hommes voués à un travail pénible est dépeinte en un portrait authentique et cru dans ce premier roman paru à l’origine en France, en 1965.

Testament, Vickie Gendreau, 2014, Boréal, coll. « Boréal Compact », 160 p., 9782764622933* (+)

Testament fait entendre la voix moqueuse et véhémente d’une écrivaine de vingt-trois ans, nourrie tant par la littérature que par la musique underground et YouTube. Son sens de l’image, son autodérision implacable et la justesse de l’émotion dans chaque phrase font de ce livre une œuvre sans compromis. À l’image d’une jeune femme qui a vécu sans retenue, et pour qui la littérature a importé jusqu’au dernier jour.

Album de finissants, Mathieu Arsenault, 2014, Tript yque, 142 p., 9782890319349* (+)

«Son récit en fragments est un livre parlant, comme si vous mettiez la main sur un album de finissants qui n’est pas le vôtre, tout en ressemblant beaucoup au vôtre, inévitablement, et qu’en le feuilletant, vous entendiez penser les élèves. » — Voir
« Album de finissants, la première œuvre de fiction de Mathieu Arsenault, exprime sur un ton moderne et nerveux le désarroi des élèves du secondaire. [...] Expérimentateur formel, il s’enivre de mots et hypnotise le lecteur avec une écriture presque hallucinatoire. » — Suzanne Giguère, Le Devoir

Chercher fortune à Montréal: Anthologie, collectif, choix de textes et présentation par Denis Saint-Jacques et Marie-José des Rivières, 2014, Nota Bene, 270 p., 9782895184751*

Après leur si savoureuse Heure des vaches, Denis Saint-Jacques et Marie-José des Rivières nous reviennent avec cinq autres textes illustrant cette fois la migration populaire de la campagne vers la ville. Oublié, le Terroir et le labeur paisible des champs ! Suivez le guide Dantin et faites l’école buissonnière à l’époque des tramways; abandonnez-vous au luxe et au désœuvrement, avec Marie Le Franc, dans une « mansion » de Westmount; levez le voile cachant la misère et la déchéance d’un taudis de la rue Saint-Dominique, avec Claude-Henri Grignon; lancez-vous dans le proxénitisme et l’extorsion, avec Rex Beaumarchais; enfin rêvez d’amour et d’une carrière avec Madeleine. C’est l’enjeu de la lecture que nous vous proposons : cherchez fortune à Montréal !

 

POÉSIE

Où irez-vous armés de chiffres?, Hélène Monette, 2014, Boréal, 132 p., 9782764622957* (+)

En ces temps que les médias n’arrivent plus à qualifier, à la vitesse où le train fonce dans le tunnel bouché, quiconque subit du harcèlement au travail et de la violence psychologique et sociale sera ici en terrain connu. On y lit les moeurs réfrigérantes et le néo-cynisme de l’époque occupée à pleine capacité par la lutte des places, le narcissisme ambiant et la mort de l’empathie. Considérés miroirs déformants, coupables éhontés ou menteurs de première, on abandonne les gens brisés si jamais on a pris le temps d’entendre ce qu’ils peinent à raconter. Stress garanti.

Premier crayon, Mathieu Bénézet, 2014, Flammarion, coll. « Poésie », 117 p., 9782081307483* (+)

À l’automne 2012, hospitalisé une première fois, l’auteur entreprend le long combat contre le mal qui finira par triompher de lui l’été suivant. Malgré l’affaiblissement et la lourdeur des traitements, il se met à remplir avec une sorte de calme dans l’urgence de nombreux carnets : en sortiront les pages lapidaires de ce Premier crayon, dont il révisera le manuscrit jusqu’au printemps suivant. Ces poèmes bouleversants, lumineux et loin de tout apitoiement, sont la réponse de l’art à la violence d’un destin. Ils sont aussi le livre ultime d’un grand écrivain d’aujourd’hui. Mais rien ne s’achève avec eux, bien au contraire. Leur titre le dit assez : c’est un nouveau cycle de l’œuvre qui commence, que le temps n’effacera plus.

Mathieu Bénézet a reçu quelques semaines avant sa mort le Grand Prix de Poésie 2013 de l’Académie Française.

Anarchie de la lumière, José Acquelin, 2014, les éditions du passage, coll. « Poésie », 74 p., 9782922892970* (+)

Même les paupières closes, je vois le soleil incarnat. J’imagine alors un livre à lire les yeux fermés. À partir de notre nuit intime. Avec quelques persistances rétiniennes comme seuls éclairages. Et aussi avec cette question récurrente : que peut-on retenir de ce monde pour traverser les jours restants ?

Octogone : livre de poésie, quelquefois prose, Jacques Roubaud, 2014, Gallimard, coll. « Blanche », 298 p., 9782070143993* (+)

En s’interrogeant sur sa mémoire, Roubaud s’attaque à ce qui fonde son œuvre tout entière et par ce geste la fait vaciller. Octogone peut donc se lire comme un livre d’adieu à la mémoire – c’est aussi, certainement, le plus élégiaque de ses recueils depuis Quelque chose noir.

Tant de soleils dans le sang, André Velter, Gallimard, coll. « Blanche », 119 p., 9782070144594* (+)

Recueil de poèmes, ballades ou chansons composés dans la résonance des musiques de Pedro Soler, déclinés d’un chant andalou, ou mis en images, tels des tracts, par E. Pignon-Ernest.

 

THÉÂTRE

Tu iras la chercher, Guillaume Corbeil, 2014, Leméac, coll. « Théâtre », 56 p., 9782760904408* (+)

Au moment de rentrer chez elle un soir, une femme décide de tout quitter et de partir à Prague sans avertir personne. Rester à l’étranger assez longtemps pour être déclarée disparue, et entre-temps donner un sens à sa vie et se suivre elle-même à la trace ; elle a en effet l’impression persistante d’être en constant retard sur son existence.

As Is (tel quel), Simon Boudreault, 2014, Dramaturges éditeurs, 160 p., 9782896370726* (+)

Théâtre musical ludique et glauque As Is (tel quel) se situe dans le sous-sol mal éclairé de l’Armée du Rachat. Saturnin, jeune universitaire en philosophie politique, vient d’y être engagé pour son premier emploi d’été comme trieur d’objets. Ayant d’immenses difficultés à s’intégrer, il tente de le faire par tous les moyens jusqu’à chercher à renverser les injustices dont il est témoin. Face à des règles tacites peu orthodoxes, à une hiérarchie oppressante, il en vient à vouloir changer les choses.

Grains : Monsanto contre Schmeiser, Annabel Soutar, 2014, Écosociété, 176 p., 9782897191351* (+)

Dans cette pièce de théâtre documentaire, genre dont elle s’est fait une spécialité, l’auteure entremêle la transcription du procès et ses propres entretiens avec Schmeiser, des avocats, des cultivateurs, des industriels, des chercheurs, des fonctionnaires et des militants. Loin de tout manichéisme, elle met en scène son enquête, ses doutes quant aux véritables mobiles de l’accusé ainsi que son questionnement sur la possibilité de breveter et de privatiser le vivant. La version originale de Grains a reçu le Prix de l’Association québécoise des critiques de théâtre en 2005.

Descendance, Dany Boudreault et Maxime Carbonneau, 2014, L’Instant Même, coll. « L’Instant scène », 138 p., 9782895023470* (+)

Le choix de Dany Boudreault et Maxime Carbonneau d’entrer de plain-pied dans l’intimité d’une fête familiale comportait son lot de risques. L’écriture dynamique des dramaturges, combinée à un sens du rythme irréprochable, fait plutôt de Descendance un grand texte sur la famille. La prémisse est simple : Luc et Geneviève, le père et la fille, se préparent à accueillir leurs proches pour le réveillon du Nouvel An. Armé de sa nouvelle caméra, Luc s’applique à documenter cette soirée historique que chacun des membres réécrira au moment du visionnement.

La nef des sorcières, collectif, 2014, Typo, coll. « Théâtre », 114 p., 9782892953862* (+)

Lisant ou relisant La nef aujourd’hui, on n’en comprendra toute la portée que si on la replace dans le contexte des années grisantes dont elle est issue. En effet, la pièce, montée pour la première fois le 5 mars 1976, au Théâtre du Nouveau Monde, est tributaire d’un nouveau courant d’écriture féministe qui éclatait alors comme un printemps. Années de foisonnement, d’allégresse et de luttes collectives, marquées par un très grand nombre d’écrits novateurs, par des manifestations culturelles, par un immense sentiment de transgression.

 

LITTÉRATURE POLICIÈRE

Crimes à la librairie, Richard Migneault (dir.), 2014, Éditions Druide, coll. « Relief », 240 p., 9782897111083*

Ils écrivent des polars. Des polars qu’on dévore. Et à la demande d’un lecteur passionné, Richard Migneault, ils se sont réunis autour d’un thème séduisant : crimes à la librairie. Mario Bolduc, Camille Bouchard, Benoît Bouthillette, Chrystine Brouillet, Jacques Côté, Ariane Gélinas, André Jacques, Martine Latulippe, Geneviève Lefebvre, Florence Meney, Sylvain Meunier, Martin Michaud, Patrick Senécal, Johanne Seymour, Robert Soulières, Richard Ste-Marie. Ces seize écrivains québécois de grand talent nous invitent dans autant de librairies. De ces lieux généralement paisibles, ils ont fait de véritables scènes de crime. Ils ont dénaturé ces carrefours de tous les imaginaires en transformant chaque livre qui s’y trouve en témoin de l’énigme, du suspense, de l’insoutenable. Leurs nouvelles nous permettent de découvrir leur style, leurs intrigues et leurs personnages: un tueur à gages littéraire, un homme qui détestait les livres, un général croate sanguinaire, un agent du FBI, une libraire incendiaire, un voleur d’incunables… Parions qu’après avoir lu ce recueil, vous ne verrez plus tout à fait votre librairie préférée du même œil… (Résumé de l’éditeur)

16 auteurs, 16 ambiances, ces nouvelles en donnent pour tous les goûts. Horreur, enquête, thriller, chaque lecteur y trouvera son compte. Une belle manière de découvrir les talents d’ici. (Morgane Marvier)

Le duel, Arnaldur Indridason, 2014, Métailié, coll. « Noir », 308 p., 9782864249450*

Une enquête de Marion Briem, futur mentor de l’inspecteur Erlendur. 1972, Reykjavik. Alors que se déroule le championnat d’échecs, un jeune homme est assassiné dans une salle de cinéma. Certains éléments réveillent chez le commissaire des souvenirs douloureux d’une enfance marquée par la tuberculose. Dans le même temps, l’affaire tourne au roman d’espionnage… (Résumé de l’éditeur)

« Outre l’enquête (comme d’habitude palpitante à souhait), tout l’attachement de ce livre-là tient en ces allers-retours entre présent et passé, qui font le sel psychologique des polars d’Indridason. » — Michaëlle Petit, La Croix, 19/02/14

Top Réalité, Donald Westlake, 2014, Rivages, coll. « Rivages/Thriller », 285 p., 9782743627157* (+)

Le producteur Doug Fairkeep aimerait, pour son nouveau concept d’émission de télévision, suivre de vrais criminels en action. John Dortmunder accepte d’être mis en scène, espérant doubler tout le monde. (Résumé de l’éditeur)

« À qui en a marre de la téléréalité, René Homier-Roy recommande tout particulièrement cet ultime roman de l’Américain Donald Westlake, écrit juste avant sa mort, en 2008. L’animateur y a trouvé une ironie et une drôlerie assez caractéristiques du spécialiste en thrillers. » — Radio-Canada

Le piège de Vernon, Roger Smith, 2014, Calmann-Lévy, coll. « Robert Pépin présente », 400 p., 9782702144251* (+)

Au moment où la petite Sunny, 4 ans, se noie, son père, Nick, fume de l’herbe et sa mère, Caroline, est dans les bras de son amant. Vernon Saul, un ancien policier au passé trouble, assiste à la scène mais ne fait rien pour sauver la fillette. Quand tout est fini, il fait un bouche-à-bouche inutile pour Sunny, mais très utile pour son plan : manipuler et faire chanter Nick. (Résumé de l’éditeur)

« Dans cet enfer sur Terre, peuplé d’affreux, sales et méchants, l’auteur sait pourtant faire preuve d’empathie en montrant que, même lorsqu’il commet le pire, chacun a ses raisons. Et laisse entrevoir la possibilité d’une rédemption, petite lueur d’espoir d’un récit à la noirceur éblouissante. » — François Lestavel, Paris Match, 27 février 2014

Un vent de cendres, Sandrine Collette, 2014, Denoël, coll. « Sueurs froides », 260 p., 9782207117361*

Camille enquête sur la disparition mystérieuse de son frère Malo au cœur d’un domaine champenois où il travaillait en tant que vendangeur. Elle peut compter sur l’aide du maître de maison, un homme étrange, muré dans le silence depuis dix ans. (Résumé de l’éditeur)

« Dès les premières pages, la tension monte, l’inquiétude puis la peur. Grâce une écriture sans fioriture, Sandrine Collette resserre son intrigue, la rend étouffante puis obsédante, telle une petite-fille de Patricia Highsmith. » — Cercle Polar, Télérama, 25/01/2014

 

EN FORMAT POCHE

Mapuche, Caryl Ferey, 2014, Gallimard, coll. « Folio. Policier », 548 p., 9782070452972*

Jana vient du peuple mapuche, longtemps persécuté. Ruben Calderon a survécu à l’enfer des geôles clandestines de l’École de mécanique de la Marine. Devenu détective, il recherche les enfants de disparus adoptés lors de la dictature militaire. À l’occasion de la découverte du corps de Luz, un travesti prostitué, il rencontre Jana. Prix Landerneau polar 2012. Prix des lecteurs de Brive 2012.

Salt River, James Sallis, 2014, Gallimard, coll. « Folio. Policier », 163 p., 9782070453405*

Ultime volet des aventures de J. Turner. Deux ans après la disparition de Valérie, le détective est hanté par son passé et ses démons, en particulier le Viêt Nam et la prison. Il semble fatigué et enfermé dans ses pensées. Mais, shérif adjoint dans la ville du Tennessee où il s’est retiré, il se retrouve aux prises avec trois enquêtes différentes.

Casco Bay, William G. Tapply, 2014, Gallmeister, coll. « Totem », 357 p., 9782351785355*

Sept ans après l’accident qui lui a fait perdre la mémoire, Stoney Calhoun mène une existence paisible comme guide de pêche. Le jour où il découvre un cadavre carbonisé sur une île inhabitée de Casco Bay, il est entraîné dans une enquête aux côtés du shérif Dickman.

Chiennes de vie, Franck Bill, 2014, Gallimard, coll. « Folio. Policier », 335 p., 9782070456642*

Recueil de nouvelles dans lesquelles F. Bill donne la parole aux pauvres et aux marginaux de l’Indiana. Portraits cruels d’hommes et de femmes, de jeunes et de vieux à la dérive, entre misère et solitude, drogue et alcool frelaté.

Célestin Louise, flic et soldat dans la guerre de 14-18, Thierry Bourcy, 2014, Gallimard, coll. « Folio. Policier », 1110 p. , 9782070454488*

Enquêteur à la Brigade criminelle de Paris, Célestin Louise est affecté au 134e Régiment d’infanterie au début de la Première Guerre mondiale. Lors d’un assaut à Verdun, le lieutenant commandant sa section est tué par une balle venant de son propre camp. C’est dans un village de Mayenne que le jeune policier trouvera l’explication de cette mort.

 

SCIENCE-FICTION ET FANTASTIQUE

Minuscules flocons de neige depuis dix minutes, David Calvo, 2014, Les moutons électriques, coll. « Bibliothèque voltaïque », 240 p., 9782361831295* (+)

Los Angeles. Un jeune journaliste membre d’une secte nihiliste exhume les derniers secrets d’une ville où s’achève la réalité. Un roman à multiples facettes où se bousculent destins singuliers, personnages perdus, perception de la réalité, passage à l’âge adulte, mythes de l’enfance que l’on peut abandonner, retour sur soi, ouverture vers autrui, nature de l’existence, etc.

Zone 1, Colson Whitehead, 2014, Gallimard, coll. « Du monde entier », 337 p., 9782070138630* (+)

Alors que l’humanité est en train de disparaître et que les rares survivants luttent pour échapper aux morts-vivants cannibales, l’espoir renaît dans la zone 1. Mark Spitz et ses camarades éliminent les morts-vivants les plus lents et reprennent peu à peu le pouvoir dans ce quartier de Manhattan.

La longue guerre, Terry Pratchett et Stephen Baxter, 2014, L’Atalante, 475 p., 9782841726646*

Dix ans après son retour, Josué Valienté vit avec sa famille dans une colonie à plus d’un million de mondes de la Terre. Mais Sally Linsay lui apprend que les trolls, cousins pacifiques des hommes, sont victimes de maltraitances de la part de ces derniers.

Zoo : Clinique, Patrice Blouin, 2014, Gallimard, coll. « L’Arbalète », 121 p., 9782070144273* (+)

En juin 2002, un jeune ethnologue, Carlo Ginsburg, est chargé d’étudier une population d’êtres hybrides, qui prolifère depuis quelques années en Floride. Il cherche à comprendre le langage de ces mutants, et les origines de leur transformation. Une découverte de chercheurs thaïlandais va mettre fin à cette aventure. Une fable philosophique sur les angoisses contemporaines.

La bible steampunk : dirigeables, corsets, lunettes d’aviateur, savants fous et littérature étrange : guide illustré d’un monde imaginaire,Jeff VanderMeer (avec S.J. Chambers), 2014, Bragelonne, coll. « Steampunk », 224 p., 9782352947257* (+)

Monographie consacrée au mouvement steampunk, depuis les œuvres pionnières de J. Verne et H. G. Wells aux auteurs du début du XXIe siècle. Le spécialiste du genre s’intéresse aux romanciers, graphistes, artistes et créateurs de mode associés à cet univers rétrofuturiste.

 

EN FORMAT POCHE

Le sabre de sang T. 1 : Histoire de Tiric Sherna,Thomas Geha, 2014, Gallimard, coll. « Folio SF », 290 p., 9782070455126* (+)

Tiric Sherna est un homme assoiffé de vengeance. Il ne tolère ni la défaite de son peuple, les Shaos, ni l’esclavage auquel les Qivhviens l’ont réduit. La découverte d’un sabre maudit va motiver sa revanche.

Les Monarchies divines T. 1 : Le voyage d’Hawkwood, Paul Kearney, 2014, Livre de poche, coll. « Fantasy », 621 p., 9782253022664* (+)

Les différents royaumes qui gouvernent le monde sont entrés en guerre. Aekir, la grande cité ramusienne vient de tomber aux mains de l’armée du sultan Aurungzeb. À Hebrion, le roi Abeyleyn IV s’inquiète de la place prise par les Inceptines, membres d’un ordre fanatique religieux, qui veulent effacer toute trace de magie dans le monde.

Cornes, Joe Hill, 2014, J’ai lu, coll. « Thriller », 510 p., 9782290054345* (+)

Depuis le viol et la mort, un an auparavant, de sa bien-aimée Merrin Williams, reclus dans la solitude, Ignatius Martin Perrish vit un enfer. Après une terrible nuit d’ivresse, il se réveille avec la gueule de bois, et des cornes lui sortent des tempes. Ces appendices vont lui permettre de retrouver l’assassin de Merrin, quitte à donner sa part au diable.

Les Lames du Cardinal T. 1 : Le dragon des arcanes, Pierre Pevel, 2014, Gallimard, coll. « Folio SF », 404 p., 9782070448647* (+)

Les services secrets de Richelieu tentent de déjouer les plans des dragons, qui menacent le royaume. Ils partent pour le Mont-Saint-Michel pour tenter de percer les secrets de l’ordre des Sœurs châtelaines.

L’agonie de la lumière, George R.R. Martin, 2014, J’ai lu, coll. « Science-fiction », 442 p., 9782290075722* (+)

Quand Dirk T’Larien reçoit le joyau-qui-murmure, des souvenirs douloureux resurgissent. Il se demande pourquoi son amour perdu, la belle Gwen, fait ainsi appel à lui si longtemps après leur rupture. Espérant renouer avec elle, il embarque sur le premier vaisseau à destination de Worlorn pour arracher Gwen aux violents chevaliers Kavalars.

* * *

Tous les textes sont des éditeurs, sauf lorsqu’il y a mention d’auteur.

Sélection : litt. étrangère – Benoit Desmarais ; litt. québécoise, poésie, théâtre et science-fiction – Maxime Nadeau ; policier – Morgane Marvier.

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14 mars 2014  par nos libraires

Littératures : les parutions de février

Comme chaque mois, notre équipe de libraires passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour en repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces nouveaux titres, question d’aiguiser votre appétit livresque…

LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE

Réparer les vivants, Maylis de Kerangal, 2014, Verticales, 280 p., 9782070144136* (+)

Réparer les vivants est le roman d’une transplantation cardiaque. Telle une chanson de gestes, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Roman de tension et de patience, d’accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le cœur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l’amour.

On a sauvé le monde, Dominique Fernandez, 2014, Grasset, 592 p., 9782246804659*

Un jeune étranger séjourne à l’Istituto d’Arte de Rome dans les années 1930 pour y poursuivre ses recherches en histoire de l’art sur le peintre Poussin. Il fait sa cour à Giulia Falconieri, jeune aristocrate à la pureté sculpturale, tandis que la sensuelle Wanda, d’origine polonaise, le pourchasse. Mais chacun triche déjà dans ce triangle amoureux, comme si le travestissement des sentiments n’était que la répétition générale du camouflage des identités. Lorsqu’il fait la connaissance d’Igor, fils d’une famille de Russes blancs ayant fui la révolution d’Octobre, le narrateur rencontre son destin. Par amour pour ce garçon, il va devenir un espion au service du régime communiste. À Moscou, où nos deux apprentis agents apportent les documents qu’ils sont parvenus à subtiliser à Rome, les mâchoires du piège se referment sur ces idéalistes dont le régime a su faire ses « idiots utiles »…

L’homme qui avait soif, Hubert Mingarelli, 2014, Stock, 154 p., 9782234074866*

Japon, 1946, pendant l’occupation américaine. Démobilisé depuis peu, Hisao revient de la montagne avec une soif obsédante et des rêves qui le hantent. À bord du train qui doit le conduire vers la femme aimée, il commet une terrible erreur. Descendu pour boire, il voit le train repartir avec sa valise et l’œuf de jade qu’il a prévu d’offrir à Shigeko. Alors qu’un suspens subtil mais intense invite le lecteur à suivre les péripéties d’Hisao courant après sa valise, se dessine la bataille de Peleliu, où il a combattu aux côtés de Takeshi, jeune soldat troublant qui chante dans le noir. Et qui mourra à ses côtés. Dans ce roman aussi puissant que poétique, Hubert Mingarelli évoque avec une rare élégance l’amitié entre hommes et le Japon meurtri par la guerre.

Hisao retrouvera-t-il sa valise et arrivera-t-il jusqu’au mystère Shigeko ?

Le legs d’Adam, Astrid Rosenfeld, 2014, Gallimard, 367 p., 9782070135912*

Berlin, 2004. Le jeune Edward Cohen, propriétaire d’une boutique de mode branchée, tombe sur des notes laissées par son grand-oncle Adam. Ce dernier a dix-huit ans en 1938, et lorsque sa famille s’apprête enfin à quitter l’Allemagne pour se réfugier en Angleterre, il rencontre Anna, une jeune fille qui incarne tout ce dont il a toujours rêvé. Quand cette dernière disparaît, il n’a alors d’autre choix que de partir à sa recherche, en Pologne… Car Adam est un rêveur, élevé par l’excentrique Edda Klingmann, qui lui enseigne qu’il ne faut jamais avoir peur de rien. Il va jusqu’à échanger son identité, travailler pour un dignitaire SS, et pénétrer dans le ghetto de Varsovie pour essayer de retrouver Anna. Plus de soixante ans plus tard, Edward découvre non seulement le récit sidérant de la vie de ce grand-oncle, mais aussi la force du passé. Tout comme le fait qu’une seule rencontre peut changer le cours d’une existence.

Vivre à présent, Nadine Gordimer, 2014, Grasset, 477 p., 9782246802259*

Un couple métissé, Steve, blanc, mi-juif mi-chrétien, et Jabulile, femme zouloue, vétérans de l’ANC, mariés à une époque où les lois raciales le leur interdisaient, se retrouvent en 1994 à Johannesburg dans l’Afrique du Sud post-apartheid. Ils rencontrent d’anciens camarades et des voisins gays sortis eux aussi de l’illégalité. Les uns comme les autres n’avaient aucun mal à savoir qui ils étaient à cette époque, mais comment mener une vie normale dans cette société intégrée, après tant d’années de combat et de clandestinité ? Depuis 1991, la promesse d’une vie meilleure pour tous tarde à se concrétiser, et les inégalités sociales remplacent l’ancienne ségrégation raciale. Un roman passionnant sur ce que signifie être de nos jours sud-africain, avoir des racines et aider à façonner l’avenir de son pays.

EN FORMAT POCHE

 

Le grand Cœur, Jean-Christophe Rufin, 2014, Gallimard/Folio, 574 p., 9782070456154*

Dans la chaleur d’une île grecque, un homme démêle l’écheveau de son destin. Fils d’un modeste pelletier, il est devenu l’homme le plus riche de France. Il a permis à Charles VII de terminer la guerre de Cent Ans. Il a changé le regard sur l’Orient. Comme son palais à Bourges, château médiéval d’un côté et palais Renaissance de l’autre, c’est un être à deux faces. Aussi familier des rois et du pape que des plus humbles maisons, il a voyagé à travers tout le monde connu. Il a vécu la chute, le dénuement avant de retrouver la liberté et la fortune.

Parmi tous les attachements de sa vie, le plus bouleversant fut celui qui le lia à Agnès Sorel, la Dame de Beauté, première favorite royale de l’Histoire de France. Son nom est Jacques Cœur. II faut tout oublier de ce que l’on sait sur le Moyen Âge et plonger dans la fraîcheur de ce livre. Il a la puissance d’un roman picaresque, la précision d’une biographie et le charme mélancolique des confessions.

Une femme aimée, Andreï Makine, 2014, Points, 362 p., 9782757838518*

Oleg Erdmann, cinéaste, voue une passion à Catherine II de Russie. Héroïne de son film, l’impératrice offre de multiples visages : cruelle nymphomane, tsarine républicaine, séductrice des philosophes… De son premier amour brisé à un incroyable voyage secret en Europe, Oleg traque la vérité de la Grande Catherine. Sous le vernis de l’Histoire, il découvre le drame d’une femme qui ne cherchait qu’à aimer.

Dossier K., Imre Kertesz, 2014, Actes Sud/Babel, 202 p., 9782330024833*

Après qu’lmre Kertész eut reçu, en 2002, le prix Nobel de littérature, quantité de rumeurs circulèrent au sujet de son existence. La plupart confondaient la vie du héros d’Être sans destin avec celle de son auteur. Voilà pourquoi, dans Dossier K., Imre Kertész révèle des aspects de son parcours que son œuvre occulte, sans jamais se départir d’une distance ironique qui permet de le découvrir sous un autre jour, presque intimement. Au fil d’un dialogue avec un ami (ou alter ego), l’enjeu se précise : la vérité autobiographique existe-t-elle ? Tout en suivant la chronologie d’une vie meurtrie puis ressuscitée, ce « roman platonicien » s’arrête sur des expériences essentielles, celles qui sont à l’origine de l’œuvre littéraire d’Imre Kertész.

La déesse des petites victoires, Yannick Grannec, 2014, Pocket, 538 p., 9782266235686*

1980. Deux ans après la mort de Kurt Gödel, l’un des plus grands mathématiciens du siècle, ses archives dorment encore dans des cartons. Mandatée par l’université de Princeton pour les récupérer, une jeune documentaliste se voit contrainte de charmer sa veuve, femme acariâtre à présent recluse. Anna Roth comprend vite que, pour gagner sa confiance, il lui faut écouter ce que personne n’a jamais voulu entendre. De la Vienne des années folles à l’Amérique maccarthyste, Adèle Gödel lui narre peu à peu une histoire d’amour jalonnée de petites victoires – sur les préjugés, l’horreur nazie, la folie inhérente au génie… Une passion absolue avec laquelle il a fallu vivre.

Wilderness, Lance Weller, 2014, Gallmeister/Totem, 405 p., 9782351785348*

Sur la côte du Pacifique Nord-Ouest, Abel Truman vit avec son chien pour unique compagnon. Hanté par la guerre civile américaine, il décide de partir pour un ultime voyage vers l’est, guidé par ses souvenirs. Mais un homme au visage déchiré et un Indien aux yeux sans éclat l’attaquent et lui dérobent son chien. Laissé pour mort par ses assaillants, Abel part sur leurs traces à travers les Olympics Mountains menacées par la neige. Sa quête l’entraînera sur la route de son passé et vers une rédemption qu’il n’espérait plus.

Wilderness est une fresque ambitieuse qui décrit la course contre la mort d’un homme à travers l’histoire et le continent américain.

 

LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE ET CANADIENNE

0 LITT Q

Le feu de mon père, Michael Delisle, 2014, Boréal, 128 p., 9782764622940* (+)

Quand Michael Delisle était enfant, ses « oncles », c’est-à-dire les amis de son père, ne disaient pas « arme » mais morceau ou de façon plus métonymique, feu. « J’avais mis mon feu dans le coffre à gant. » « Il s’est débarrassé de son feu. » « Oublie pas ton feu. » Dans ce poignant récit, le poète se remémore son père, le bandit devenu chrétien charismatique, l’homme violent qui ne parlait plus que de Jésus, l’homme détesté qu’on ne peut faire autrement qu’aimer, en dépit de tout. La question qui revient éternellement est celle-ci : où va le feu ?

Petits tableaux, Éloïse Lepage, 2014, XYZ, coll. « Romanichels »,124 p., 9782892618358* (+)

Anne-Si excelle pour crier et noyer ses colères, mais elle peine à chuchoter ses amours. Pourtant, elle aime. Mal peut-être, mais elle aime. Déconstruits dans le temps, ces petits tableaux aux frontières perméables se font écho et mettent en lumière la réalité sexe-drogue-maternité de cette femme qui tombe souvent et qui se relève parfois. Toujours dans le désordre.

Ari et la reine de l’orge, Pan Bouyoucas, 2014, Allusifs, 152 p., 9782923682365* (+)

Dans son royaume de l’orge, Ari, jeune héritier au physique torride, s’ennuie. Promis à de mornes épousailles avec la fille du roi de la bière, ce prince mélancolique ravale nuit après nuit son désir de rencontrer la femme de ses rêves, butant sur les stratégies perverses d’un insurmontable premier amour : sa mère, toute-puissante reine de cet empire agricole. D’une pichenette sadique, celle-ci fait décaler chaque amoureuse potentielle. La souveraine se laisse pourtant piéger par la rencontre accidentelle de son fils chéri avec Moli, apprentie comédienne qui entraîne Ari dans les cimetières, la nuit, pour se livrer à des répétitions brûlantes… À travers ce conte délicieusement tragique et cocasse, Pan Bouyoucas opère au nom de toutes les victimes masculines de la passion maternelle une indispensable catharsis. Au passage, il nous régale d’une galerie de personnages hauts en couleur, joyeux reflets de nos névroses et d’un certain état du monde.

Une brève histoire des Indiens au Canada, Thomas King, 2014, Boréal, 304 p., 9782764622605* (+)

Pour nous, peuples autochtones du Canada, Thomas King est notre Mark Twain; sagace, désopilant, incorrigible, montrant une grande perspicacité quant à ce qui fait de nous et de nos communautés des entités imparfaites, énigmatiques, mais au bout du compte de puissants symboles de liberté. (Richard Wagamese, The Globe and Mail)

Ce que dit l’écorce, Nicolas Lévesque et Catherine Mavrikakis, 2014, Nota Bene, coll. « Nouveaux essais Spirale », p., 9782895184805* (+)

[L]es deux auteurs abordent ainsi une série de sujets : les vêtements, le toucher, le tatouage, les rêves. Sans oublier le deuil, bien entendu : « La mort de l’autre traverse les couches, aussi blindées soient-elles, et transperce notre peau violemment. » Le deuil, encore, « révèle la limite de toute mémoire, de tout langage, de toute représentation et de toute armure. » Et pourtant, ou précisément à cause de cela, « l’humanité, c’est la fabrication de substituts marqués par le deuil ».  (Christian Desmeules, Le Devoir)

 

POÉSIE

Poésie, Théâtre, Essais et Discours, Aimé Césaire, 2013, CNRS et Présence africaine, coll. « Planète libre », 1805 p., 9782271077578*

Des textes inconnus du Cahier d’un retour au pays natal, des essais de poétique et d’esthétique, des poésies et des pièces de théâtre sont rassemblés. Des documents d’archives permettent de mieux comprendre l’œuvre littéraire d’Aimé Césaire (1913-2008), qui inventa en 1935 le néologisme négritude.

La très grand solitude de l’écrivain pragois Franz Kafka, André Roy, 2014, Herbes rouges, 76 p., 9782894194218*

Franz Kafka est mort à Kierling, près de Vienne, le 3 juin 1924, par une journée grise et triste, un mois avant l’anniversaire de sa naissance. Depuis, son nom n’a cessé de se propager, son œuvre d’être lue, son influence de s’étendre. Aurait-il été heureux de se voir ainsi évoqué? Qu’on lise encore ses textes si incléments dans l’observation du monde? Sa pensée fut aiguë, extralucide. Son corps, dont il se méfiait comme d’un traître en puissance, fut le lieu où ses désirs étaient séparés de lui : celui d’une écriture célibataire. C’est de ce corps, que chaque jour il bichonnait (le physique était important chez lui), qu’il tira un cancrelat, un blai­reau et son terrier, un pont d’où l’on saute, une muraille de Chine, une Amérique nouvelle, une colonie disciplinaire, un homme arrêté sans motif, un château enfoui sous la neige, un artiste du jeûne… Et c’est de ce corps qu’éclatait une rage amoureuse contre laquelle il luttait constamment.

Nous ne sommes pas seules, Hélène Dorion et Carol Bernier, 2014, Éditions d’art Le Sabord, coll. « Excentriq », 124 p., 9782924085080*

Une écrivaine qui fait souffler le vent de l’âme. Une artiste amoureuse de la lumière. Une amitié née du désir simple de créer un livre différent. Entre 2008 et 2012, Hélène Dorion et Carol Bernier ont échangé des lettres, mais aussi des objets, des œuvres. Pendant ces quatre années, elles sont sorties de leurs zones de confort respectives pour s’inventer un terrain de jeu commun où tout est permis : évoquer les aspérités de la vie, dessiner, écrire, s’exprimer sur le geste créatif et la transformation intérieure à laquelle il invite.

Toujours jamais, Paul Chanel Malenfant, 2014, Hexagone, coll. « Écritures », 192 p., 9782896480487* (+)

Récit ? fragments de fiction ? poésie en prose ? Ces genres se confondent où alternent dérives apocalyptiques et scènes intimistes. En ce texte passionnel, entre les travaux et les jours de Pointe-au-Père, dans le Bas-du-Fleuve, et le secret bien gardé d’un voyage de noces, des personnages fantasmatiques se croisent : un médecin excessif, sa femme languissante, une prostituée de la Côte-Nord, un enfant perdu, un écureuil visionnaire… Sous le choc de la violence qu’ils subissent ou font subir et tentent en vain d’exorciser, ils vivent dans un univers brutal, ravageur, ravagé. Leurs chemins conduisent vers l’inconnu, l’irrationnel, tandis qu’ils s’enlisent dans l’horreur de la nuit des temps. Le poète livre un texte à la sensualité brute, dénuée de sentimentalisme. Les amours sans bonheur, liées à des rituels, s’apparentent aux sacrifices. Seule la beauté du monde et des paysages tient lieu de salut.

Monsieur Blacquieres, Louis-Philippe Hébert, 2014, La Grenouillère, 72 p., 9782923949543*

Bien étonnant ce Monsieur Blacquières qui reprend conscience sur son lit d’hôpital. Le monde autour de lui n’est plus sous son contrôle. Les gens entrent et sortent, mettent ses affaires dans des boîtes puis disparaissent. On nettoie autour de lui, on balaie, on dispose. Étonnante excursion au cœur même du monde funéraire, ce livre de poésie raconte une histoire qui en dit beaucoup sur la réalité de notre existence.

EN FORMAT POCHE

 

Kaléidoscope, ou Les aléas du corps grave, Michel Beaulieu, 2014, BQ, 160 p., 9782894063477*

Rarement aura-t-on vu un recueil démontrant de façon si éclatante comment la construction du poème suscite une conscience nouvelle, qui ne console de rien mais que rien, semble-t-il, ne pourra épuiser. (Martin Bélanger)

Kaléidoscope est une pièce maîtresse du poète Michel Beaulieu, et très certainement une œuvre majeure de la poésie de langue française. (Paul Bélanger)

Une tonne d’air suivi de Un drap. Une place., Maude Smith Gagnon, 2014, Triptyque, 144 p., 9782890319004* (+)

À gauche de la route, dans la lisière d’herbes et de sable, une longue tige pointe vers le ciel, garnie de fleurs pourpres effilées au sommet. Cette plante vivace se contente d’un sol pauvre pour survivre. Elle offre une résistance au froid. Il s’agit de l’épilobe. On l’appelle aussi la fleur du camionneur. Une espèce commune.

 

THÉÂTRE

PIG, Simon Boulerice, 2014, Leméac, coll. « Théâtre Leméac », 96 p., 9782760904330* (+)

Paul a neuf ans, deux mères, pas de père, et il préfère porter des chemises de nuit plutôt que des pyjamas. Son espoir secret : devenir une muse, et quitter sa maison de bois pour une villa de marbre. Un baby-sitter l’initie au cinéma inquiétant de Polanski et à la beauté surréelle de Sharon Tate. Un soir d’Halloween où il a troqué en cachette son costume de cochonnet contre une fabuleuse robe de princesse, Paul se dissout dans la nuit noire… À la manière des peintres naïfs dont les toiles, très détaillées, regorgent de motifs nets et de couleurs franches, Simon Boulerice dessine personnages et atmosphères sous une forme apparemment anodine où le tragique affleure par vagues. Tissant un entrelacs de références littéraires, cinématographiques et biographiques, la pièce oscille entre Rosemary’s Baby et Les trois petits cochons, et interroge la foi, le quotidien et la fiction.

Louis Jouvet, Louis Jouvet, 2013, Actes Sud, coll. « Mettre en scène », 97 p., 9782330023928* (+)

Entré dans le monde théâtral par la régie, Louis Jouvet a également exercé les activités de décorateur, scénographe, créateur de lumières, comédien et metteur en scène. Sélection de notes personnelles, d’articles, de conférences témoignant de la démarche artistique d’un homme de théâtre complet.

Une âme douce, Alexandre Minkine, 2014, Éditions des Syrtes, 262 p., 9782940523047* (+)

Ces textes analysent le théâtre de Tchekhov à travers les conversations d’A. Minkine avec des metteurs en scène et avec une actrice. Ils évoquent également les courriers adressés par l’auteur à sa femme Olga Knipper, à son éditeur Souvorine, etc. Ils proposent notamment une lecture de La cerisaie et de La mouette.

Don Juan revient de la guerre, Ödön von Horvath, 2014, L’Arche, coll. « Scène ouverte », 78 p., 9782851818287* (+)

Après la Grande Guerre, Don Juan traverse l’Allemagne en crise, à la recherche de sa fiancée.

 

LITTÉRATURE POLICIÈRE

L’homme qui a vu l’homme, Marin Ledun, 2014, Ombres Noires, 462 p., 9782081308084*

Iban Urtiz, journaliste, enquête sur la disparition de Jokin Sasko, militant supposé de l’ETA. Il reçoit rapidement des menaces. Opiniâtre, Iban découvre que le cas Sasko est loin d’être isolé et que de nombreuses disparitions de sympathisants se répètent depuis plusieurs années. De leur côté, Pinto et Garcia, des mercenaires, ont reçu des ordres pour que la vérité n’éclate jamais… (Résumé de l’éditeur)

Sa maîtrise du suspense, la profondeur psychologique de ses personnages – même les pires salauds ont leurs raisons – et son sens du dialogue acéré concourent à la réussite de ce thriller explosif, complexe et passionnant. Accrochez-vous ! (François Lestavel, Paris Match, 30 janvier 2014)

Les chiens de Belfast, Sam Millar, 2014, Seuil, coll. « Policier », 264 p., 9782021135695*

Enfant, le détective privé Karl Kane a assisté au viol et au meurtre sauvage de sa mère. Il mène l’enquête sur des meurtres violents, assortis de tortures de plusieurs citoyens de Belfast qui se trouvent être liés à la prison de Woodbank. Reste à prouver les liens entre ces meurtres et ceux, antérieurs de quelques années, de plusieurs femmes qui n’étaient pas toutes des prostituées. (Résumé de l’éditeur)

Malgré ces embardées narratives, compensées par un sens de l’action et des dialogues percutants, pimentés de métaphores, Sam Millar nous a rendu sacrément attachant ce faux dur à l’humour noir et ravageur. (Christine Rousseau, Le Monde, 6 février 2014)

Empty mile, Matthew Stokoe, 2014, Gallimard, coll. « Série noire », 415 p., 9782070138807*

Lorsque Johnny revient à Oakridge après une période d’exil, le passé semble oublié. Huit ans plus tôt, son flirt avec Marla, la fiancée de son meilleur ami, avait provoqué l’accident qui laissa son frère Stan intellectuellement diminué. Il renoue avec Marla et crée son entreprise. Mais une nouvelle incartarde avec la jeune femme réveille les rancœurs et provoque des catastrophes en série.

Le jardin de bronze, Gustavo Malajovich, 2014, Actes Sud, coll. « Actes noirs », 524 p., 9782330027094*

Sans relâche durant dix ans, des pavés de Buenos Aires aux confins de l’Entre Rios, un homme cherche sa fille Moira, disparue à la sortie du métro. (Résumé de l’éditeur)

Poétique et ténébreux, naviguant entre l’univers de Joseph Conrad et celui de Jean Cocteau, ce thriller s’aventure avec audace sur les rives escarpées du fantastique. Une véritable sensation ! (François Lestavel, Paris Match, 15 janvier 2014)

Ce qui n’est pas écrit, Rafael Reig, 2014, Métailié, coll. « Noir », 238 p., 9782864249436*

Carlos emmène son fils Jorge en montagne pour le week-end. Carmen, son ex-compagne et la mère de l’enfant, tombe sur le manuscrit d’un polar laissé par Carlos. Au fil de sa lecture, elle y voit des menaces à peine voilées et des sous-entendus inquiétants. Elle appelle Jorge mais celui-ci ne répond plus…

EN FORMAT POCHE

 

La faille souterraine et autres enquêtes, Henning Mankell, 2014, Points, coll. « Policier », 513 p., 9782757838556*

Cinq enquêtes des débuts de Wallander en tant que policier, alors qu’il n’a que 21 ans, avant qu’il ne rencontre Mona et ne devienne le père de Linda.

Nécrologie, Paul Cleave, 2014, Livre de poche, coll. « Thriller », 451 p., 9782253164999*

Théodore Tate, un ancien policier, s’est reconverti en détective privé. Alors que la police est occupée à chasser le Boucher de Christchurch, le tueur en série qui terrorise la ville, Tate est mandaté pour s’occuper d’une exhumation. La découverte de trois cadavres et l’inconnue dans le cercueil l’entraîne dans une spirale infernale.

Profanation, Jussi Adler-Olsen, 2014, Livre de poche, coll. « Thriller », 571 p., 9782253179030*

En 1987, l’enquête sur le meurtre d’un frère et d’une sœur s’était arrêtée faute de preuves, jusqu’à ce qu’un lycéen s’accuse lui-même sept ans plus tard. Le dossier ressurgit inexplicablement sur le bureau de l’inspecteur Carl Morck, qui décide, accompagné de son assistant Assad, de reprendre l’investigation.

Une histoire d’amour radioactive, Antoine Chainas, 2014, Gallimard, coll. « Folio policier », 304 p., 9782070456178*

Javier et Plancher, deux policiers, enquêtent sur des disparitions de malades en phase terminale qui ont décidé de quitter l’hôpital après avoir croisé le chemin d’une très belle jeune femme. Au cours de leurs investigations, Javier et Plancher tombent amoureux. Mais Plancher ignore que Javier mène son enquête dans son coin et qu’il croise la mystérieuse jeune femme. Bientôt, Javier tombe malade.

La belle vie, Matthew Stokoe, 2014, Gallimard, coll. « Folio Policier », 512 p., 9782070456192*

Installé à Los Angeles, Jack rêve en vain de télévision ou de cinéma. Un jour, après qu’elle s’est fait enlever un rein contre une grosse somme d’argent, la prostituée avec qui il vivait disparaît puis est retrouvée mutilée dans un dépotoir du centre-ville. Jack commence alors une longue descente aux enfers dans le milieu de la prostitution.

 

SCIENCE-FICTION ET FANTASTIQUE

Le casino perdu suivi de Orages en terre de France, Michel Pagel, 2014, Les Moutons électriques, coll. « Bibliothèque voltaïque », 381 p., 9782361831271* (+)

L’ouverture de mystérieuses portes a permis les échanges entre quatre planètes faisant jusqu’alors partie d’espaces-temps distincts et non compatibles. Les inimitiés s’accroissent et quatre champions s’affrontent afin d’affirmer la suprématie de leur planète. Suivi par une uchronie dans laquelle la guerre de Cent Ans ne s’est jamais terminée.

Les furies de Boras, Anders Fager, 2014, Mirobole éditions, coll. « Horizons pourpres », 345 p., 9791092145144* (+)

Des contes d’épouvante empreints d’humour noir et peuplés de loups-garous, de cerbères, de vampires, de poulpes géants, d’extraterrestres, etc.

L’évangile cannibale, Fabien Clavel, 2014, ActuSF, coll. « Les trois souhaits », 300 p., 9782917689585* (+)

Paris, 2025. Alors que les zombies envahissent le monde, les personnes âgées d’une maison de retraite tentent de s’organiser pour survivre.

Feed T. 3 : Red flag : Révoltez-vous !, Mira Grant, 2014, Bragelonne, coll. « Fantasy », 501 p., 9782352947189* (+)

L’oligarchie à la tête de l’Amérique post-zombie monte en puissance. Menacés par le pouvoir, les blogueurs affrontent également des savants prométhéens et un ours mort-vivant.

Sans crier gare surgit la nuit, Bernard Pasobrola, 2014, Vie du rail, coll. « Rails noirs », 252 p., 9782918758389* (+)

Un homme atteint d’amnésie suite à un accident cérébral est pensionnaire dans un institut de neurothérapie près de Grenoble. Six mois plus tôt, il a perdu sa fille, décédée dans un incendie criminel dans le centre de Montpellier. Un neurobiologiste à la tête d’un nouveau parti propose une refondation psychique de la société pour effacer les traces négatives du cerveau des patients.

EN FORMAT POCHE

 

Le soldat chamane, Robin Hobb, 2014, J’ai lu, coll. « Fantasy », 9782290082355* (+)

Jamère Burvelle, 15 ans, est élève à l’École royale de cavalerie au royaume de Gernia. Il est tiraillé entre ses deux êtres, celui qui le lie à l’humanité et celui qui le rattache à la nature primitive que le monde civilisé détruit peu à peu. Recueil des deux premiers tomes de la saga.

Métrozone T. 1 : L’équation de la vie, Simon Morden, 2014, Panini Books, coll. « Éclipse », 383 p., 9782809436204*

Samuil Petrovitch a survécu aux retombées nucléaires de l’Armageddon et se cache dans la Métrozone londonienne, la dernière ville d’Angleterre. Il sauve la vie de la fille d’un chef yakuza et se retrouve malgré lui au cœur d’une complexe équation. D’autant que la mafia russe s’en mêle et qu’une intelligence artificielle prend le contrôle de la Métrozone. Prix Philip K. Dick 2012 pour la trilogie.

La Légende de McNeil, Jonathan Reynolds, 2014, Six Brumes, coll. « Nova », 162 p., 9782923864167* (+)

Spécialiste de la littérature d’horreur et de fantastique pour les jeunes, Jonathan Reynolds revisite une œuvre ancrée dans ses origines bromptonvilloises, « La Légende de McNeil ». Ce récit met en scène la rencontre de quatre jeunes campeurs avec une histoire qui a fait frissonner le mythique Canton de Brompton de l’auteur : la mort et le retour du sorcier Henry McNeil.

Les cordelettes de Browser, Tristan Garcia, 2014, Gallimard, coll. « Folio », 305 p., 9782070453337* (+)

Dans un univers qui menace de se rétrécir, David Browser, un spationaute explorateur, découvre la brèche du cosmos et bloque accidentellement le temps. Condamnés à l’éternel présent, les humains peuvent cependant revivre et modifier leur vie en manipulant des cordelettes enfouies dans la console individuelle. Plusieurs récits suivent une série de personnages survivant dans un temps immobile.

Basse-Fosse T. 1 : Le baiser du rasoir, Daniel Polansky, 2014, Gallimard, coll. « Folio SF », 465 p., 9782070449231* (+)

Des enfants mutilés sont découverts dans la mystérieuse ville de Basse-Fosse. Prévôt, un ancien soldat au passé trouble, est le seul à pouvoir arrêter l’assassin. Premier roman.

* * *

Tous les textes sont des éditeurs, sauf lorsqu’il y a mention d’auteur.

Sélection : litt. étrangère – Benoit Desmarais ; litt. québécoise, poésie, théâtre et science-fiction – Maxime Nadeau ; policier – Morgane Marvier.

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4 mars 2014  par Le Délivré

LA LITTÉRATURE AU FIFA

Depuis maintenant 32 ans se déroule à Montréal un festival du film extraordinaire: le Festival des films sur l’art. Du 20 au 30 mars prochain, vous pourrez partir à la découverte de toutes les formes d’expression artistique à travers les quelque 270 films issus de 34 pays, les événements spéciaux, les expositions, installations, tables rondes, classes de maîtres et même les séances junior dédiées aux enfants que nous propose ce fabuleux festival!

Mais qu’est-ce que ce FIFA?

Sa mission:

Le Festival International du Film sur l’art (FIFA) est une société à but non lucratif vouée à la promotion et à la diffusion, à l’échelle mondiale, des films sur l’art et des arts médiatiques.

Ses objectifs:

• Accroître la connaissance et l’appréciation de l’art auprès du public.

• Faire valoir le travail des artistes.

• Faire reconnaître le travail des artistes.l’apport des professionnels oeuvrant dans les domaines du cinéma, de la vidéo et de la télévision.

• Encourager l’industrie cinématographique nationale et internationale à augmenter sa production annuelle de films sur l’art.

• Stimuler le développement de marchés internationaux, la participation de producteurs, de réalisateurs, de distributeurs et de professionnels du milieu des arts, du cinéma et de la culture, canadiens et étrangers, dans un contexte d’émulation et de réseautage.

Vous ne serez pas étonnés que des libraires soient particulièrement intéressés par les films qui portent sur la littérature. Voici la sélection, des plus éclectique, des films qui porteront cette année sur le sujet. Mais n’hésitez pas à explorer la magnifique sélection des autres catégories qui devraient vous combler, en cliquant ici.

De Kérouac à Cocteau

Beat Generation - Jack Kerouac, Allen Ginsberg & William Burroughs Beat Generation – Jack Kerouac, Allen Ginsberg & William Burroughs
FRANCE / 2013 / COULEUR, N. ET B. / 55 MIN / FRANÇAIS, ANGLAIS S.T. ANGLAIS
Google and the World Brain Google and the World Brain
ESPAGNE, ROYAUME-UNI / BEN LEWIS / 2013 / 89 MIN / ANGLAIS, ESPAGNOL S.T. ANGLAIS
Istanbul Collecting<br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br />
Istanbul Collecting
ALLEMAGNE, TURQUIE / 2013 / COULEUR / 75 MIN / ANGLAIS
Jean Cocteau, je reste avec vous Jean Cocteau, je reste avec vous
FRANCE / 2013 / COULEUR / 52 MIN / FRANÇAIS
La Main et l’Esprit La Main et l’Esprit
FRANCE / 2007 / COULEUR / 46 MIN / FRANÇAIS
Les Vies de mon Père : Yvan Ducharme Les Vies de mon Père : Yvan Ducharme
CANADA / NATHALIE DUCHARME / 2013 / COULEUR / 68 MIN / FRANÇAIS
L’Affaire Pasolini L’Affaire Pasolini
ALLEMAGNE / 2012 / COULEUR, N. ET B. / 52 MIN / FRANÇAIS
Meetings with a Young Poet Meetings with a Young Poet
CANADA / 2013 / COULEUR / 85 MIN / ANGLAIS S.T. FRANÇAIS
Meret Oppenheim ou le surréalisme au féminin Meret Oppenheim ou le surréalisme au féminin
ALLEMAGNE / DANIELA SCHMIDT-LANGELS / 2013 / COULEUR / 56 MIN / ALLEMAND S.T. FRANÇAIS
Mots comme des pierres – Annie Ernaux écrivain, Les Mots comme des pierres – Annie Ernaux écrivain, Les
FRANCE / MICHELLE PORTE / 2013 / COULEUR / 52 MIN / FRANÇAIS
Pasolini, la passion de Rome Pasolini, la passion de Rome
FRANCE / 2013 / COULEUR / 54 MIN / FRANÇAIS
Sincerely, F. Scott Fitzgerald Sincerely, F. Scott Fitzgerald
ROYAUME-UNI / TIM NIEL / 2013 / COULEUR / 60 MIN / ANGLAIS
The Day Carl Sandburg Died The Day Carl Sandburg Died
ÉTATS-UNIS / PAUL BONESTEEL / 2013 / COULEUR, N. ET B. / 87 MIN / ANGLAIS
Tomorrow We Will See Tomorrow We Will See
LIBAN / 2013 / COULEUR / 70 MIN / ANGLAIS, ARABE S.T. ANGLAIS
William Burroughs William Burroughs
ÉTATS-UNIS / 1983 / COULEUR, N. ET B. / 86 MIN / ANGLAIS

15 février 2014  par nos libraires

Littératures : les parutions de janvier

Comme chaque mois, notre équipe de libraires passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour en repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces nouveaux titres, question d’aiguiser votre appétit livresque…

LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE

La petite communiste qui ne souriait jamais (+), Lola Lafon, 2014, Actes Sud, 288 p., 9782330027285*

« Mimétique de l’audace féerique des figures jadis tracées au ciel de la compétition par une simple enfant, le roman-acrobate de Lola Lafon, plus proche de la légende d’Icare que de la mythologie des « dieux du stade », rend l’hommage d’une fiction inspirée à celle-là, qui, d’un coup de pied à la lune, a ravagé le chemin rétréci qu’on réserve aux petites filles, ces petites filles de l’été 1976 qui, grâce à elle, ont rêvé de s’élancer dans le vide, les abdos serrés et la peau nue.  »

Quand tout est déjà arrivé, Julian Barnes, 2013, Mercure de France, 129 p., 9782715234673*

« C’est à différentes altitudes que se situent les trois récits qui composent ce livre. Le premier nous conte les différentes tentatives de l’homme pour voir le monde d’en haut. Et il s’attache plus particulièrement à celles de Nadar, qui, à bord d’un ballon, réalisa les premiers clichés aérostatiques en 1858. Le deuxième se penche sur les amours de Sarah Bernhardt – souvent photographiée par Nadar et qui fit un tour en montgolfière – avec un bel officier anglais. Là, on est « à hauteur d’homme ». Le troisième nous parle – droit au cœur – de ce qui se passe quand « tout est déjà arrivé », en l’occurrence, la mort de l’être qui vous était le plus proche et « qu’on est tombé de la plus grande hauteur ». Disons simplement que Julian Barnes est sans doute là au sommet de son art. »

Théorie de la vilaine petite fille, Hubert Haddad, 2014, Zulma, 129 p., 9782843046735*

« Qui se souvient de l’incroyable destin des sœurs Fox, ces deux fillettes de l’Amérique puritaine qui, par une nuit de mars 1848, en réponse aux bruits répétés qui secouent leur vieille ferme, inventent le spiritisme comme on joue à cache-cache? Kate, d’abord, pleine de fantaisie et de mystère, Margaret, fascinée par la médiumnité de sa petite sœur, et enfin Leah, de vingt ans leur aînée, qui, avec l’aide de financiers de Wall Street, rêve de fonder un empire à partir de ce nouveau jeu de société un rien macabre… Avec Théorie de la vilaine petite fille, Hubert Haddad revisite un demi-siècle de la folle Amérique, celle du libéralisme naissant, des sectarismes et de toutes les utopies. »  

Nu dans le jardin d’Éden, Harry Crews, 2013, Sonatine, 236 p., 9782355842054*

« Garden Hills a connu des jours heureux lorsque Jack O’Boylan, un magnat de l’industrie, exploitait la mine de phosphate qui a fait prospérer la ville. Puis les hommes de Jack sont partis. Le créateur a abandonné sa création, la mine a fermé, les habitants ont déserté l’endroit.

Aujourd’hui, seule une douzaine de familles vit encore à Garden Hills. Une véritable cour des Miracles qui espère encore le retour de Jack O’Boylan. La ville pourrait renaître de ses cendres grâce à Fat Man qui a hérité de son père, propriétaire des terrains avant la construction de la mine, une incroyable fortune. Mais personne n’attend plus rien de lui : Fat Man est un obèse qui passe son temps reclus dans sa maison à ingérer d’énormes quantités de nourriture en ignorant le monde extérieur. Reste Dolly, une ancienne reine de beauté, dont le souhait le plus ardent est de convertir Garden Hills à la modernité, c’est-à-dire au tourisme et à la débauche. Rapports de forces, manigances amoureuses et sexuelles, trahisons et machinations… Dolly ne lésinera sur rien pour abattre les vieilles idoles et mener son projet à bien. »

Le chardonneret (+), Donna Tartt, 2014, Plon, coll. « Feux croisés », 789 p., 9782259221863*

« Qui est Theo ? Que lui est-il arrivé à New York pour qu’il soit aujourd’hui, quatorze ans plus tard, cloîtré dans une chambre d’hôtel à Amsterdam comme une bête traquée ? Qu’est devenu le jeune garçon de treize ans qui visitait des musées avec sa mère et menait une vie de collégien ordinaire ? D’où vient cette toile de maître, Le Chardonneret, qu’il transporte partout avec lui ?

À la fois roman d’initiation à la Dickens et thriller éminemment moderne, fouillant les angoisses, les peurs et les vices de l’Amérique contemporaine, Le Chardonneret laisse le lecteur essoufflé, ébloui et encore une fois conquis par le talent hors du commun de Donna Tartt. »

EN FORMAT POCHE

Dans le jardin de la bête, Erik Larson, 2013, Livre de poche, 631 p., 9782253164852*

« 1933, Berlin. Marthe, la flamboyante fille d’un ambassadeur américain en Allemagne nazie, après avoir été la maîtresse de plusieurs leaders du parti nazi, tombe éperdument amoureuse de Boris Winogradov, un espion russe établi à Berlin. Celui-ci ne tarde pas à la convaincre d’employer ses charmes et ses talents au profit de l’Union soviétique. »

Zeitoun, Dave Eggers, 2013, Gallimard/Folio, 419 p., 9782070453825*

« Originaire de Syrie, Abdulrahman Zeitoun s’installe à La Nouvelle-Orléans durant les années 1990 où il épouse Kathy. En 2005, cette famille est confrontée au passage de l’ouragan Katrina. Zeitoun décide, en dépit de l’évacuation générale, de rester sur place. Il vient en aide aux personnes en détresse et explore la ville engloutie. Plus tard, il est arrêté et accusé d’être un pilleur de rue. »

À pas aveugles de par le monde, Leïb Rochman, 2013, Gallimard/Folio, 869 p., 9782070453146*

« L. Rochman livre le récit d’un héros aux multiples visages et aux différents noms, pour mieux dire le destin du revenant et raconter l’errance des Juifs d’Europe au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. À travers cet exode, la narration mêle le présent de la survie, le souvenir de la tragédie, et remonte le temps.  »

LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE ET CANADIENNE

Smoky, Will James, 2014, Actes Sud, coll. « Chevaux et cavaliers », 288 p., 9782330011406*

« Publié en 1927 aux États-Unis, ce roman raconte l’amitié de toute une vie entre un homme et son cheval nommé Smoky, un véritable plaidoyer en faveur des chevaux. »

Les Blondes, Emily Schultz, 2014, Alto, 512 p., 9782896941254*

« Des attaques meurtrières, que rien ne semble relier, se multiplient aux quatre coins de la ville. Il faut se rendre à l’évidence : une épidémie frappe les blondes, qu’elles soient hôtesses de l’air, agentes immobilières ou patronnes d’entreprise, et les transforme en tueuses sanguinaires. Cherchant à fuir la ville en proie à la panique, Hazel entreprend la traversée d’une Amérique paralysée par le fléau blond, épopée au cours de laquelle elle trouvera une alliée inattendue. Maîtrisant avec une habileté déconcertante l’art du suspense et celui de la satire, Schultz signe avec Les Blondes un roman horriblement drôle et pétillant, truffé de remarques sensibles sur la beauté, la féminité et la maternité. »

Le printemps d’un pêcheur (+), Roderick Haig-Brown, 2013, Gallmeister, coll. « Nature writing », 229 p., 9782351780701*

« À travers le récit de parties de pêche au bord des rivières d’Amérique du Nord, ce roman évoque la nature secrète de la Colombie-Britannique, l’environnement, la place du pêcheur dans le monde sauvage et l’engagement total de l’esprit et des sens du pêcheur qui s’en va à la rencontre de la nature. »

Makarius (+), Sergio Kokis, 2014, Lévesque éditeur, coll. « Réverbération », 486 p., 9782924186404*

«  J’ai tenté de retracer ici la jeunesse, les années de formation et les aventures du mime Makarius Steiner. Il s’agit d’un personnage qui était déjà présent dans les pages de deux de mes romans, Saltimbanques (2000) et Kaléidoscope brisé (2001), où il jouait un rôle majeur. Cette nouvelle mise en scène s’est avérée nécessaire parce que je ne l’avais pas alors exploré dans toute sa profondeur et comme il le méritait. De ce fait, il avait continué à hanter mon esprit et exigeait une reprise de parole. Ce nouveau roman est ainsi un exercice de fouilles archéologiques dans mon propre imaginaire, à la recherche des éléments qui faisaient de lui un personnage aussi fascinant. » (Sergio Kokis)

EN FORMAT POCHE

Amie de ma jeunesse (+), Alice Munro, 2014, Points, 352 p., 9782757841198*

« Des vies entières évoquées tandis qu’hommes et femmes se remémorent les événements, les regrets, les rêves enfouis, les choix, parfois difficiles, les existences prises sur le vif. »

L’enfant qui savait parler la langue des chiens (+), Joanna Gruda, 2014, Boréal, coll. « Boréal compact », 264 p., 9782764623060*

« En nous racontant sous forme romanesque l’histoire véridique de son père, Joanna Gruda dépeint une enfance hors du commun, qui commence à Varsovie à l’orée de la guerre et qui s’achève dans Paris libéré. »

POÉSIE

Poésie de langue française: Anthologie thématique, Jean Orizet, 2013, Cherche Midi, coll. « Espaces », 653 p., 9782749132075*

«Une anthologie rassemblant plus de 600 textes et 320 auteurs, répartis et présentés par ordre alphabétique à l’intérieur de chaque thème. »

Poèmes, Andrée Chedid, 2013, Flammarion, coll. « Mille et une pages », 1257 p., 9782081314917*

«Une majeure partie de l’œuvre poétique d’A. Chedid est ici rassemblée. L’ouvrage regroupe des recueils parus entre 1948 et les années 2000, mettant en perspective ses thèmes favoris : racines orientales, parcours cosmopolite et condition humaine. »

Je suis parfois cet homme (+), Stanislas Rodanski, 2013, Gallimard, coll. « Blanche », 167 p., 9782070143474*

« Repéré par Julien Gracq et André Breton, Stanislas Rodanski (1927-1981) fait partie des marges du surréalisme, de ces figures extrêmes qui en posent naturellement les jalons. Ce recueil est constitué de poèmes écrits entre 1946 et 1952, presque tous inédits, qui offrent la découverte du poète après celle du Rodanski écrivain « surréaliste ». Ici, il arpente en veilleur un territoire froid et nocturne. Dans son paysage intérieur sont dressées des phrases-lanternes auprès desquelles il revient pour relancer son discours et réchauffer sa flamme. Rodanski suit les mots tout en disant « je suis les mots », utilise les paradoxes et les antithèses pour forcer le langage, pour trouver la voie de l’être et le « cours de la liberté ». Chez lui la folie est devenue une « vertu morale » et Rodanski se réclame du « fanal de Maldoror » tout en marchant dans les pas de Nerval. Son univers poétique s’étend du romantisme allemand de Novalis et de Hölderlin au panthéon surréaliste avec lequel il dialogue (allusions à Breton, Sade, Vaché, Jarry, ou Rimbaud) dans un style unique, cristallin, où pointe un humour noir et désespéré. »

La patience des labyrinthes, Stéphane Jean, 2014, Herbes Rouges, 96 p., 9782894194171*

« Le poète écoute le monde demander des remèdes de plus en plus radicaux à ses maux. Loin d’être accidentelle, la violence semble inhérente à nos vies. Pour certains, il n’existe que des contes de fées sanglants. « Je ne lèche pas mes fables quand elles souffrent / les cauchemars ébranlent leurs passerelles. » Stéphane Jean manie avec adresse la métaphore qui éveille la conscience. Quand l’humanité perd sa route, le poète doit oser la ramener au port. La patience des labyrinthes traite un poème à la fois les symptômes de notre égarement. La poésie nous offre son bout de fil : il suffit peut-être de l’enrouler pour trouver un guide. »

Odes radiophoniques T. 2, Jean-Paul Daoust, 2014, Poètes de brousse, 148 p., 9782923338705*

« Jean-Paul Daoust est un poète célèbre et célébré, moderne et kitsch à souhait, étincelant et vertigineux comme la Voie lactée. Poète en résidence à l’émission de radio Plus on est de fous, plus on lit, il poursuit sa grande œuvre lyrique en y déclament régulièrement des mots envoutés, paroles fauves visions charnelles des âmes et autre excès amoureux.

Nous retrouvons dans ces Odes radiophonique II l’essentiel des poèmes présentés lors de la seconde saison. »

THÉÂTRE

Tu te souviendras de moi, François Archambault, 2014, Leméac, coll. « Théâtre », 104 p., 9782760904392*

« Un historien à la retraite commence à perdre la mémoire. Retiré de la scène médiatique, mais refusant de disparaître, il erre parmi ceux qui s’échangent sa garde. Sa femme, sa fille et le conjoint de cette dernière ayant successivement renoncé à veiller sur lui, il est placé sous la surveillance de la jeune fille de ce conjoint ; rebelle, mais intriguée, elle l’amènera malgré elle à revisiter un pan de son passé qu’il avait décidé d’oublier. »

La réunification des deux Corées, Joël Pommerat, 2013, Actes Sud,  coll. « Actes Sud-Papiers », 94 p., 9782330019471*

« En une mosaïque de vingt instants singuliers, La Réunification des deux Corées explore la complexité des liens amoureux. Amants, amis, couples mariés ou adultères, vieilles histoires et relations passagères esquissent un tableau réaliste de ce qui nous attache et nous déchire en même temps. Réel ou ressenti, il n’y a pas d’amour, il n’y a que des manques d’amour. Prix du théâtre public 2013. »

Théâtre, Vladimir Maïakovski, 2013, Temps des cerises, coll. « Commun’Art », 278 p., 9782841099801*

« Trois pièces du poète futuriste, en particulier les deux versions datant de 1930 de Moscou brûle, pièce sur la répression de la révolution russe de 1905. »

La délivrance, Jennifer Tremblay, 2014, Éditions de la Bagnole, coll. « Parking », 96 p., 9782897140496*

« Une femme (la narratrice) se voit confier par sa mère mourante la difficile mission de ramener auprès d’elle le fils qu’on lui a arraché il y a vingt ans. Elle affronte la tempête de ce soir de février et se réfugie dans une église pour trouver le courage de remonter le fil des brisures. Le moment est venu de dire ce que nul ne veut entendre, de mettre fin aux illusions. »

Autopsie d’une napkin, Érika Tremblay-Roy, 2013, Lansman, « Théâtre à vif », 49 p., 9782872829668*

« Forcée de passer de nouveau les vacances au camping Chez Lyne en compagnie de ses parents et de son petit frère, une adolescente écrit sur des serviettes en papier le récit de leurs journées à jouer les gens heureux. Or, la pluie, quasi ininterrompue cet été-là, met la famille sous pression. Chacun jette à la face des autres ses drames, ses vices cachés et ses aspirations refoulées. »

LITTÉRATURE POLICIÈRE

Prague fatale, Philip Kerr, 2014, Éditions du Masque, col. « Grand format », 406 p., 9782702438480*

« Berlin, 1942. Capitaine dans le service de renseignement SS, Bernie Gunther est de retour du front de l’Est. Alors qu’il a été affecté au service des homicides et qu’il enquête sur l’assassinat d’un ouvrier néerlandais, il surprend un homme battant sa femme dans la rue et décide de protéger l’inconnue et de l’emmener avec lui à Prague, où Heydrich l’a invité. »

« Là est la gageure : faire œuvre de vulgarisation dans un polar d’excellente facture. Terrifiant et palpitant. » – Macha Séry, Le Monde, 16 janvier 2014.

Les enquêtes de Philip Marlowe, Raymond Chandler, 2013, Gallimard, coll. « Quarto », 1298 p., 9782070141043*

« Sept enquêtes de l’une des figures du polar américain, le détective privé Philip Marlowe. Avec une introduction sur Chandler. »

Les piliers de la société (+), Leif G.W. Persson, 2013, Rivages, coll. « Rivages/Thriller», 411 p., 9782743626426*

« Lars Martin Johansson prend provisoirement la tête de la Brigade criminelle. C’est l’occasion pour lui de retrouver un vrai travail d’enquêteur avec une possible affaire de violence policière. »

Vilaines filles, Megan Abbott, 2013, Lattès, 375 p., 9782709643856*

« Addy et Beth sont membres de l’équipe de pom-pom girls du lycée. L’arrivée d’une  nouvelle coach, belle, intimidante et autoritaire, va bouleverser leur vie. Les filles de l’équipe sont prêtes à tous les sacrifices pour rentrer dans ses bonnes grâces : devenir plus rapides, plus fortes, plus minces. Jusqu’au jour où la coach va trop loin. »

Dossier 64, Jussi Adler-Olsen, 2014, Albin Michel, coll. « Thriller », 604 p.,  9782226254214*

« À la fin des années 1980, quatre personnes disparaissent mystérieusement en l’espace de quelques jours. Cette affaire jamais élucidée atterrit sur le bureau du Département V. Carl Morck et ses drôles d’assistants, le réfugié syrien Assad et la pétillante Rose, ne tardent pas à remonter jusqu’aux années 1950, où s’est ouvert un sombre chapitre de l’histoire danoise. »

« Quatrième enquête traduite du Département V, ce Dossier 64 en est peut-être la meilleure à ce jour. Le système construit par Jussi Adler-Olsen, une grande bonhomie voire une cocasserie des personnages qui tranche avec le caractère tragique ou scabreux des situations et du contexte, fonctionne à merveille. » – Nicolas Dufour, Le temps, 25 janvier 2014.

EN FORMAT POCHE

Les apparences, Gillian Flynn, 2013, Le livre de poche, coll. « Thriller », 691 p., 9782253164913*

« Nick et Amy forment un couple modèle. Frappés par la crise financière, ils sont obligés de quitter leur vie de rêve à Manhattan pour s’installer dans la ville natale de Nick dans le Missouri. Pour leur cinquième anniversaire de mariage, une mauvaise surprise attend celui-ci : leur maison est saccagée et Amy est portée disparue. Grand prix des lectrices de Elle 2013 (catégorie policiers). »

L’honneur d’Edward Finnigan, Anders Roslund et Börge Hellström, 2013, Pocket, coll. « Thriller », 507 p., 9782266230193*

« Accusé à 17 ans du meurtre d’une jeune fille, John Meyer attend son exécution dans une prison de l’Ohio. Edward Finnigan, le père de la victime, attend la mort de Meyer avec impatience. Mais ce dernier décède d’une crise cardiaque dans sa cellule. De l’autre côté de l’Atlantique, John Schwarz passe un homme à tabac. Une enquête menée sur Schwarz le relie à une certaine prison de l’Ohio. »

« Ce polar exceptionnel (le troisième après La Bête et Box 21) est la preuve évidente que l’on peut défendre une cause, exposer des idées complexes, sans pour autant sacrifier l’histoire, qui est ici particulièrement bien pensée. Remarquable et prenant… » – Norbert Spehner, La Presse, 2 décembre 2011.

Le roi Lézard, Dominique Sylvain, 2013, Points, coll. « Policier », 307 p., 9782757811931*

« Louise Morvan part sur les traces de Casadès, l’inspecteur qui avait été dessaisi du dossier de l’enquête sur la mort de son oncle, Julian Eden. En parallèle, les lieutenants N’Diop et Argenson tentent d’arrêter l’homme qui assassine des SDF dans le métro. »

Impact, Philip Kerr, 2013, Éditions du masque, coll. « Poche », 536 p., 9782702440339*

« Entre Miami, La Havane et Washington, un thriller politique qui met en scène Kennedy, Castro et de célèbres caïds de la pègre. Une solution inédite à l’assassinat du président Kennedy. »

Meurtre aux poissons rouges, Andrea Camilleri et Carlo Lucarelli, 2013, Pocket, coll.  « Policier », 151 p., 9782266220453*

« Le corps d’un homme est retrouvé dans sa cuisine, la tête dans un sac plastique, deux petits poissons rouges gisant à ses côtés. La scène se passe à Bologne, mais la victime est originaire de Vigàta. Raison pour laquelle l’enquêtrice Grazia Negro (héroïne de C. Lucarelli) demande de l’aide au commissaire Montalbano (héros de A. Camilleri). Une enquête à quatre mains construite comme un puzzle… »

SCIENCE-FICTION ET FANTASTIQUE

Au fil du temps T. 1, George R.R. Martin, 2013, ActuSF, coll. « Perles d’épice », 326 p., 9782917689561*

« Un recueil de nouvelles tournant autour du voyage dans le temps et de l’épopée spatiale, entre fantastique et science-fiction. »

Odyssées: L’intégrale des nouvelles, Arthur C. Clarke, 2013, Bragelonne, coll. «Bragelonne SF », 1116 p., 9782352946847*

« Arthur C. Clarke est l’un des grands maîtres de la SF moderne. Dans ce volume sont réunies 106 nouvelles, comprenant plusieurs récits inédits en français. On retrouve les classiques comme La Sentinelle (point de départ du film 2001 : l’odyssée de l’espace), Les Neuf Milliards de noms de Dieu, L’Étoile et Face-à-face avec Méduse, mais aussi des histoires moins connues qui révèlent d’autres facettes de l’auteur. Chantre de la conquête de l’espace – on a droit ici à un véritable Grand Tour du système solaire –, Clarke fut également prophète de l’ère des télécommunications universelles, explorateur des fonds sous-marins, humoriste et commentateur de l’aventure humaine dans un univers recelant encore bien des mystères.

Un ouvrage aussi complet que définitif, qui aura sa place dans la bibliothèque de tout amoureux de la science-fiction. »

Le soleil liquide, Alexandre Kouprine, 2013, Les moutons électriques, coll. « Le rayon vert », 185 p., 9782361831240*

« [Il] serait cependant injuste de considérer Alexandre Kouprine uniquement comme un auteur réaliste. Car comme tous les écrivains de son époque, à l’exception peut-être de Maxime Gorki, il a touché au fantastique, au merveilleux, et même à la science-fiction. Un exercice jamais vain en ce qui le concerne, car ces histoires ont pour la plupart valeur de parabole : derrière chacune d’elle il y a un message, parfois même plus évident encore que dans les récits réalistes. » (Extrait de la préface)

Qui a peur de la mort?, Nnedi Okorafor, 2013, Panini Books, coll. « Eclipse », 503 p., 9782809433555*

« En Afrique, après l’Apocalypse. Une femme survit à l’anéantissement de son village et au viol d’un général ennemi. Errant dans le désert, elle donne naissance à une petite fille dont la peau et les cheveux ont la couleur du sable, qu’elle nomme Onyesonwu. Des pouvoirs magiques remarquables se manifestent chez l’enfant au fur et à mesure qu’elle grandit. World Fantasy Award 2011. »

L‘escargot sur la pente suivi de L’inquiétude, Arkadi et Boris Strougatski, 2013, Denoël, coll. « Lunes d’encre », 405 p., 9782207113981*

« Candide, victime d’un accident d’hélicoptère, a été recueilli par des indigènes de la Forêt. Grièvement blessé et amnésique, il est obsédé par l’idée de revenir à la Ville. Poivre est linguiste et employé comme statisticien au sein de l’administration de la Ville. Équipé d’une calculatrice défaillante, il veut se perdre dans la Forêt pour ne pas revenir. »

EN FORMAT POCHE

Loterie solaire, Philip K. Dick, 2013, J’ai lu, coll. « Science-fiction », 253 p., 9782290033548*

« Au XXIIIe siècle, le hasard décide du sort des hommes et du déroulement de leur existence. Le dirigeant du monde ou meneur de jeu est désigné par tirage au sort. Ted Benteley, un scientifique tout juste licencié, décide de prêter allégeance à Reese Verrick alors que Léon Cartwright, un électronicien, vient justement d’être désigné comme nouveau meneur. »

Everfree, Nick Sagan 2013, J’ai lu, coll. « Science-fiction », 278 p., 9782290025987*

« Quelques hommes modifiés génétiquement ont survécu au virus black-ep. Ils s’appliquent à sortir des milliers d’êtres humains de leur stase cryogénique pour démarrer une nouvelle société fondée sur l’entraide et le partage. Mais nombreux sont ceux qui veulent asseoir leur pouvoir dans cette nouvelle humanité. Fin de la trilogie commencée avec Idlewild. »

Les monstres et les critiques: et autres essais, J.R.R. Tolkien, Pocket, coll. « Agora », 427 p., 9782266169479*

« Les textes réunis dans ce volume donnent un aperçu de l’intérêt particulier de Tolkien pour les langues réelles et imaginaires, pour la littérature médiévale ainsi que pour le merveilleux et le fantasy. Écrits entre 1931 et 1959, ils constituent un témoignage sur sa vie et son œuvre et éclairent directement le monde du Seigneur des anneaux et du Silmarillion.

La geste du sixième royaume, Adrien Tomas, 2013, Mnémos, coll. « Hélios », 700 p., 9782354082116*

« En guerre contre les cinq royaumes, cette fiction relate la destinée de six personnages aux pouvoirs différents, proclamés défenseurs du sixième royaume, une grande forêt sauvage peuplée de créatures fantastiques. Prix Imaginales 2012. »

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Sélection et rédaction : litt. étrangère – Benoit Desmarais ; litt. québécoise, poésie, théâtre et science-fiction – Maxime Nadeau ; policier – Morgane Marvier.

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