Le Délivré

Archive pour la catégorie ‘▪ Littérature’


7 décembre 2016  par nos libraires

Le choix des lecteurs – Littératures – Novembre 2016

La rentrée littéraire est bien lancée, la course aux prix est terminée, c’est maintenant aux lecteurs et aux lectrices de faire leur choix! Voici les titres  que nos habitués ont sélectionnés, en ce mois de novembre 2016.

ROMANS QUÉBÉCOIS ET CANADIENS

1- Conversations avec un enfant curieux, Michel Tremblay, 2016, Leméac éditeur / Éditions Actes Sud, 152 p., 9782330073831

2- La femme qui fuit, Anaïs Barbeau-Lavalette, 2015, Éditions Marchand de feuilles, 378 p., 9782923896502

3- Les empocheurs, Yves Beauchemin, 2016, Éditions Québec-Amérique, coll. Littérature d’Amérique, 416 p., 9782764430880

4- Les maisons, Fanny Britt, 2015, Cheval d’août éditeur, 256 p., 9782924491119

ex-aequo

Le plongeur, Stéphane Larue, 2016, Éditions Le Quartanier, coll. Polygraphe, 576 p., 9782896982721

EN POCHE

1- Au péril de la mer, Dominique Fortier, 2016, Éditions Alto, coll. Coda, 184 p., 9782896943159

2- Les filles de Caleb Volume 1, Le chant du coq, Arlette Cousture, 2015, Éditions Stanké, coll. 10/10, 528 p., 9782897220280

3- Six degrés de liberté, Nicolas Dickner, 2016, Éditions Alto, coll. Coda, 344 p., 9782896942534

4- C’est pas moi, je le jure!, Bruno Hébert, 1999, Éditions du Boréal, coll. Boréal compact, 195 p., 9782764600030

ex-aequo

L’orangeraie, Larry Tremblay, 2016, Éditions Alto, 152 p., 9782896942312

ESSAIS LITTÉRAIRES QUÉBÉCOIS ET CANADIENS

1- Les yeux tristes de mon camion, Serge Bouchard, 2016, Éditions du Boréal, coll. Papiers collés, 216 p., 9782764624654

2- Le droit d’être rebelle : correspondance de Marcelle Ferron avec Jacques, Madeleine, Paul et Thérèse Ferron, textes choisis et présentés par Babalou Hamelin, 2016, Éditions du Boréal,  640 p., 9782764624562

3- Un présent infini, Rafaële Germain, 2016, Éditions Atelier 10, coll. Documents, 90 p., 9782897591946

4- Album Anne Hébert, Nathalie Watteyne et Bernard Chassé, 2016, Éditions Fides, 375 p., 9782762138702

ROMANS ÉTRANGERS

1- Chanson douce, Leïla Slimani, 2016, Éditions Gallimard, 226 p., 9782070196678

2- Laëtitia ou La fin des hommes, Ivan Jablonka, 2016, Éditions du Seuil, 383 p., 9782021291209

3- Les nouveaux amants, Alexandre Jardin, 2016, Éditions Grasset, 335 p., 9782246860785

4- Le dernier des nôtres : une histoire d’amour interdite au temps où tout était permis, Adélaïde de Clermont-Tonnerre, 2016, Éditions Grasset, 488 p., 9782246861898

ex-aequo

L’homme qui voyait à travers les visages, Éric-Emmanuel Schmitt, 2016, Éditions Albin Michel, 300 p., 9782226328830

EN POCHE

1- Les chaussures italiennes, Henning Mankell, 2011, Éditions Points, 372 p., 9782757821626

2- L’amie prodigieuse : enfance, adolescence, Elena Ferrante, Éditions Gallimard, coll. Folio, 429 p., 9782070466122

3- Mille femmes blanches : les carnets de May Dodd, Jim Fergus, 2011, Éditions Pocket, 512 p., 9782266217460

4- Le secret du mari, Liane Moriarty, 2016, Le Livre de poche, 499 p., 9782253067948

5- Check-point, Jean-Christophe Rufin, 2016, Éditions Gallimard, coll. Folio, 402 p., 9782070468973

ESSAIS LITTÉRAIRES ÉTRANGERS

1- Guide des égarés, Jean d’Ormesson, 2016, Éditions Gallimard, 119 p., 9782072694363

2- Lettres à Anne : 1962-1995, François Mitterrand, 2016, Éditions Gallimard, 1276 p., 9782070197248

3- Journal pour Anne : 1964-1970, François Mitterrand, 2016, Éditions Gallimard, 493 p., 9782070197231

ROMANS POLICIERS

1- L’Autre Reflet, Patrick Senécal, 2016, Éditions Alire, 448 p., 9782896151646

2- Brunetti en trois actes, Donna Leon, 2016, Éditions Calmann-Lévy, coll. Une enquête du commissaire Brunetti, 342 p., 9782702158951

3- La mort nomade : Yeruldelgger, Ian Manook, 2016, Éditions Albin Michel, 428 p., 9782226325846

4- Délires mortels, Kathy Reichs, 2016, Éditions Robert Laffont, 344 p., 9782221197424

5- Cartel, Don Winslow, 2016, Éditions du Seuil, 717 p., 9782021213157

EN POCHE

1- Opération Napoléon, Arnaldur Indridason, 2016, Éditions Points, coll. Policiers, 423 p., 9782757862582

2- La fille du train, Paula Hawkins, 2016, Éditions Pocket, coll. Thriller, 452 p., 9782266254489

3- Yeruldelgger, Ian Manook, 2015, Le Livre de poche, coll. Policier, 646 p., 9782253163886

Science-fiction, Fantastique et Fantasy

1- Demain les chats, Bernard Werber, 2016, Éditions Albin Michel, 307 p., 9782226392053

2- Les chevaliers d’Antarès Volume 4, Chimères, Anne Robillard, 2016, Éditions Wellan, 344 p., 9782924442579

3- Station Eleven, Emily St. John Mandel, 2016, Éditions Alto, 432 p., 9782896942640

En poche

1- Prisonniers du Sol, Clark Darlton et Karl-Herbert Scheer, 2016, Éditions Pocket, coll. Les aventures de Perry Rhodan, 320 p., 9782266266413

2- La tour de Babylone, Ted Chiang, 2010, Éditions Gallimard, coll. Folio SF, 406 p., 9782070406883

3- Oniria, Patrick Senécal, 2004, Éditions Alire, coll. Romans, 300 p., 9782922145885

Tous ces livres sont disponibles à la Librairie Monet ou via notre site monet.leslibraires.ca. Pour les commander, cliquez simplement sur les titres sélectionnés.

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26 octobre 2016  par nos libraires

Les Prix littéraires du Gouverneur général 2016 – Volet francophone

L’automne venu, le milieu littéraire attend avec impatience le dévoilement des Prix littéraires du Gouverneur général du Canada. Chapeauté par le Conseil des arts du Canada, les jurés, émanent de chacune des disciplines concernées, se penchent sur l’abondante production éditoriale parue récemment.

Chaque lauréat reçoit une bourse de 25 000$. Les finalistes reçoivent quant à eux 1 000$, alors que les éditeurs obtiennent une somme de 3 000$ pour faire la promotion des oeuvres primées.

Toutes nos félicitations vont aux lauréat.e.s, aux finalistes et à leur éditeur!

Catégorie Romans et nouvelles

La lauréate est Dominique Fortier

Au péril de la mer, Éditions Alto, 2015

Aux belles heures de sa bibliothèque, le Mont-Saint-Michel était connu comme la Cité des livres. C’est là, entre les murs gris de l’abbaye, que trouva refuge, au quinzième siècle, un peintre hanté par le souvenir de celle qu’il aimait. C’est là, entre ciel et mer, que le retrouvera cinq cents ans plus tard une romancière qui cherche toujours le pays des livres. Ils se rencontreront sur les pages d’un calepin oublié sous la pluie. Avec ferveur et intelligence, Dominique Fortier grave dans notre esprit un texte en forme de révélation, qui a la solidité du roc et l’ivresse des navires aban-donnés. À la fois roman et carnet d’écriture, Au péril de la mer est un fabuleux hommage aux livres et à ceux qui les font.

Les finalistes étaient:

La femme qui fuit, d’Anaïs Barbeau-Lavalette, 2015, Éditions Marchand de feuilles

Les enfants de Liverpool, de Hugues Corriveau, 2015, Éditions Druide

Blanc dehors, de Martine Delvaux, 2015, Éditions Héliotrope

L’année la plus longue, de Daniel Grenier, 2015, Éditions Le Quartanier

Catégorie Poésie

Le lauréat est Normand de Bellefeuille

Le poème est une maison de bord de mer, Éditions du Noroît, 2016

Après Le poème est une maison de long séjour, Le poème est une maison de bord de mer constitue le second volet de la trilogie Catalogues affectueux. L’ensemble se veut une réflexion à la fois théorique et lyrique sur l’inscription de la parole poétique dans ce qu’il est convenu d’appeler très légèrement la biographie. Et cela aurait aussi pu être cyniquement intitulé Tentative d’autobiographie poétique non-autorisée… Ou alors, plus sérieusement Pour une théorie générale de la mélancolie. Car le poème parlant est porteur de cette mélancolie sans doute seule susceptible de réconcilier notre prétentieuse volonté de contrôle sur nos matériaux et notre si difficile acceptation de ce qui nécessairement nous échappera – mieux : doit nous échapper en cours d’écriture.

Les finalistes étaient:

Personne et le Soleil, de Louise Bouchard, 2015, Les Herbes rouges

Au monde. Inventaire, d’Antoine Dumas, 2015, Éditions du Passage

La dureté des matières et de l’eau, de Pierre Nepveu. 2015, Éditions du Noroît

Je suis la fille du baobab brûlé, de Rodney Saint-Éloi, 2015, Éditions Mémoire d’encrier

Catégorie Théâtre

Le lauréat est Wajdi Mouawad

Inflammation du verbe vivre, Leméac éditeur / Actes Sud-Papiers, 2016

Vingt-quatre siècles après la création de Philoctète, Wahid entreprend de monter cette tragédie de Sophocle, l’immortel porteur des peines du monde. Mais le décès du poète Robert Davreu, qui devait en assurer une nouvelle traduction, complique son travail. Afin de retourner aux origines de la pièce et d’en imaginer la scénographie, il entame alors un voyage en Grèce, à la recherche des malheurs du grand Argonaute.

Les finalistes étaient:

Le faux pas de l’actrice dans sa traîne, d’Hervé Bouchard, Éditions Le Quartanier, 2016

La divine illusion, de Michel Marc Bouchard, Leméac éditeur, 2015

Les haut-parleurs, de Sébastien David, Leméac éditeur, 2015

Five kings : l’histoire de notre chute, d’Olivier Kemeid, Leméac éditeur, 2015

Catégorie Essais

Le lauréat est Roland Viau

Amerindia : essais d’ethnohistoire autochtone, Les Presses de l’Université de Montréal, 2015

De nos jours, on ne défend plus l’idée que les peuples autochtones conquis et colonisés étaient sans culture ou sans histoire, tout en reconnaissant néanmoins que leur histoire était obscure et leur univers culturel opaque pour les premiers voyageurs européens. Roland Viau écrit ici la rencontre entre l’Europe et l’Amerindia en donnant la parole à l’Autre. Sa perspective est globale, proche de la world history – symbiose entre les disciplines de la mémoire: ethnologie, histoire et archéologie – et loin de la vision d’un monde façonné par le seul Occident. Sans poursuivre le procès d’intention fait aux colonisateurs de l’Amérique du Nord, l’auteur dresse un portrait saisissant des Autochtones à travers le récit de leurs traditions orales, leurs cosmologies et leurs mythes. Il nous invite à penser le monde dans sa longue durée et dans la compréhension des relations souvent conflictuelles entre les sociétés dominantes du Nord et les nations encore globalement dominées du Sud.

Les finalistes étaient:

La main gauche de Jean-Pierre Léaud, d’André Habib, Éditions du Boréal, 2015

Être et ne pas être, de Michel Morin, Les Herbes rouges, 2016

Exercices d’amitié, d’Yvon Rivard, Leméac éditeur, 2015

La vie flottante. Une pensée de la cération, de Louise Warren, Éditions du Noroît, 2015

Catégorie Littérature jeunesse – texte

Le lauréat est François Gilbert

Hare Krishna, Leméac éditeur, 2016

Mikael Dionne a seize ans, bientôt dix-sept. Il a quitté la Beauce pour une dérive montréalaise qui l’a conduit, après un vol à l’étalage raté, à devenir un dévot de Krishna. Quand il débarque dans son village natal vêtu en moine, le crâne rasé, il fait figure d’extraterrestre. C’est l’occasion de retrouver malgré lui son ancienne identité, son frère, sa parenté, ses amis, le curé de sa paroisse, qui critiquent son choix et cherchent à le ramener dans le « droit chemin ». Mais cette vie tracée d’avance peut-elle encore lui convenir ?

Les finalistes étaient:

Nouvelle-Orléans, de Camille Bouchard, Éditions Québec Amérique, 2016

Quand hurle la nuit, de Mario Brassard, Soulières éditeur, 2015

Fé M Fé, d’Amélie Dumoulin, Éditions Québec Amérique, 2015

Camille, de Patrick Isabelle, Leméac éditeur, 2015

Catégorie Littérature jeunesse – livres illustrés

Les lauréats sont Stéphanie Lapointe et Rogé

Grand père et la Lune, Éditions XYZ, 2015

Quand c’est sa candidature qui est retenue au Concours-de-qui-ira-sur-la-Lune, la jeune héroïne de cette histoire se réjouit de faire plaisir à son grand-père, qui souhaite la voir déployer son plein potentiel. Mais rien ne se passe comme prévu. Sur le ton de la fable, Grand-père et la Lune montre avec beaucoup de sensibilité qu’il faut parfois savoir remettre en question les rêves qui guident nos pas. Un roman graphique poignant, où chacun, qu’il soit petit ou qu’il soit grand, trouvera une histoire qui lui est

Les finalistes étaient:

Le mystère des billes d’or, de Jules Asselin et Ninon Pelletier, Éditions L’Interligne, 2016

Florence et Léon, de Simon Boulerice et Delphie Côté-Lacroix, Éditions Québec Amérique, 2016

Deux garçons et un secret, de Andrée Poulin et Marie Lafrance, Éditions de la Bagnole, 2016

Pikiq, de Yayo, Éditions de la Bagnole, 2015

Catégorie Traduction française

La lauréate est Catherine Ego

La destruction des Indiens des Plaines : maladies, famines organisées, disparition du mode de vie autochtone, de James Daschuk, Presses de l’Université Laval, 2015

La conquête des Plaines constitue l’un des chapitres mythiques de l’histoire du Canada. Mais le mythe a son versant sombre. En quelques années seulement, des milliers d’Autochtones sont morts; les survivants ont été réduits en sujétion. Dans cet ouvrage passionnant et bouleversant, James Daschuk analyse les causes de cet effroyable massacre : les maladies venues de l’Ancien Monde; les rigueurs du climat; mais surtout, la politique ethnocidaire du gouvernement canadien.

Les finalistes étaient:

Elle nage, de Marianne Apostolides, Éditions La Peuplade, 2016, traduction de Madeleine Stratford

Les hautes montagnes du Portugal, de Yann Martel, Éditions XYZ, 2016, traduction de Christophe Bernard

Joshua, de Mordecai Richler, Éditions du Boréal, 2015, traduction de Lori Saint-Martin et Paul Gagné

Le grand retour : le réveil autochtone, de John Ralston Saul, Éditions du Boréal, 2015, traduction de Daniel Poliquin

Source: Conseil des arts du Canada

Tous ces livres et albums sont disponibles à la Librairie Monet ou via notre site monet.leslibraires.ca. Pour les commander, veuillez cliquer sur les titres sélectionnés.

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22 juin 2016  par nos libraires

Nos lectures d’été – Romans, poésie et essais québécois

Les vacances, qu’elle soient longues ou (trop) brèves, sont l’occasion de reprendre le fil de nos découvertes littéraires. Trève d’actualité abrutissante, c’est le temps idéal pour laisser libre cours à son imaginaire ou pour prendre un moment de réflexion salutaire…

Romans québécois

Suggestions de Valérie Faubert

La chambre Neptune, de Bertrand Laverdure, 2016, Éditions La Peuplade, 220 p., 9782924519165

« La chambre Neptune déplie un univers agonique : la longue agonie d’une civilisation et celle, courte, d’une jeune fille de onze ans. Se trace la relation clairvoyante entre Sandrine et son/sa médecin traitant/e, Tirésias. Par la grande maîtrise de son art, Bertrand Laverdure aborde avec humanisme tout ce qui entoure la mort prématurée d’un enfant, les émotions finales, la douleur qui nous invente et nos deuils perpétuels. Ce roman poétique invite à voir et à entendre les notes de la mélodie temporelle, la vie comme une partition. La chambre Neptune explore les arcanes de l’identité, ses rapports au pouvoir et la mélancolie qui en résulte. C’est en fait un ample puncto reflexionis, l’image d’un ultime sas avant une incontournable transition. »

Madame Victoria, de Catherine Leroux, 2015, Éditions Alto, 208 p., 9782896941926

« À l’été 2001, un squelette apparaît à l’orée d’un petit bois, à quelques pas de l’Hôpital Royal Victoria à Montréal. Une enquête s’amorce, qui deviendra une quête : découvrir l’identité de cette femme morte sans bruit. Mais toutes les pistes mènent à l’impasse ; celle qu’on a baptisée madame Victoria continue d’attendre que quelqu’un prononce son nom. Aujourd’hui, la fiction prend le relais. À partir d’une série de portraits de femmes, Catherine Leroux décline les vies potentielles de son héroïne avec une grande liberté. D’abord nettes comme le jour, ses hypothèses plongent de plus en plus loin dans l’imaginaire, comme des flèches filant vers un point où la mémoire et l’invention se confondent, vers un minuit où tout est possible, jusqu’au dernier souffle. »

Nirliit, de Julianna Léveillé-Trudel, 2015, Éditions La Peuplade, 184 p., 9782924519073

« Une jeune femme du Sud qui, comme les oies, fait souvent le voyage jusqu’à Salluit, parle à Eva, son amie du Nord disparue, dont le corps est dans l’eau du fjord et l’esprit, partout. Le Nord est dur – « il y a de l’amour violent entre les murs de ces maisons presque identiques » – et la missionnaire aventurière se demande « comment on fait pour guérir son cœur ». Elle s’active, s’occupe des enfants qui peuplent ses journées, donne une voix aux petites filles inuites et raconte aussi à Eva ce qu’il advient de son fils Elijah, parce qu’il y a forcément une continuité, une descendance, après la passion, puis la mort. Juliana Léveillé-Trudel livre un récit d’amour et d’amitié beau et rude comme la toundra. Nirliit partage la « beauté en forme de coup de poing dans le ventre » qu’exhale le Nord. »

Corps Conducteurs, de Sean Michaels, 2016, Éditions Alto, 392 p., 9782896942091

« Où je cherche le coeur de Clara Rockmore,mon seul et unique amour, la plus grande joueusede thérémine que le monde connaîtra jamais. L’apocalypse surviendrait qu’il ne s’en rendrait pas compte. Séquestré dans une cabine du Stary Bolchevique voguant vers Leningrad, un inventeur écrit une missive à Clara, son aimée. Scientifique, espion, musicien, maître de kung-fu et prisonnier, Léon Thérémine est avant tout amoureux. Comme les notes de l’invention qui porte son nom, les mots qu’il adresse à celle qu’il aime voyagent dans les airs, traces éthérées de son coeur déchiré entre la Russie et New York, Carnegie Hall et le goulag, la science et l’inexpliqué. Avec la maestria d’un virtuose, le montréalais Sean Michaels mêle l’histoire et la légende dans ce premier roman couronné par le prix Giller. Plus qu’un concerto pour coeur seul, Corps conducteurs montre que l’amour, comme la musique, est une puissante invention. »

Poésie québécoise

Suggestions de Caroline Scott

Déjà la horde de chair se tait, d’Ariane Audet, 2016, Éditions de l’Hexagone, 104 p., 9782896480920

« Déjà la horde de chair se tait est une dissection de la violence au féminin; celle à laquelle on est soumise, et celle que l’on s’inflige à soi-même. Composé comme une adresse, le recueil rend compte sobrement de la douleur de libérer ce qui a toujours été tu. » – A. Audet

Frayer, de Marie-Andrée Gill, 2015, Éditions La Peuplade, 80 p., 9782924519059

Tailler l’histoire, remonter les mémoires, observer les courses et les égarements de la fraie : l’écriture de Marie-Andrée Gill est là dans toute sa splendeur. Du haut du rempart devant le lac – le Piekuakami –, elle replonge dans les instants confondants de l’adolescence vécue dans la réserve, à chercher à quoi ressembler, « quoi faire de sa peau ». Par sa poésie délinquante, Marie-Andrée Gill transvase les contrastes qui définissent la communauté ilnue qui l’a vue grandir. Puisque nos morts ne s’envolent pas, elle retrace les cicatrices pour éventuellement chasser la douleur, revient au « village qui n’a pas eu le choix ».

La forme du jour, d’Élise Turcotte, 2016, Éditions du Noroît, 88 p., 9782897660147

« Qu’est-ce que le temps, sinon l’ensemble des consciences embrassées en un seul mouvement, et qu’est-ce qu’écrire, sinon donner sa pleine mesure au temps ? Élise Turcotte livre la forme du jour au cœur même de la fragilité et de l’intimité d’un corps qu’elle nomme histoire en acceptant de l’habiter. Or, la lourde gravité de l’humanité fait naître le désir paradoxal de la sauver tout en disparaissant avec elle. Les mots, les vers sauront peut-être épouser la forme de la nuit pour que le monde soit possible, ne serait-ce que depuis son revers. »

Polars québécois

Suggestions de Morgane Marvier et de Robert Beauchamp

L’heure sans ombre, de Benoït Bouthillette, 2015, Éditions Druide, coll. Reliefs, 551 p., 9782897112387

À Cuba, l’inspecteur Benjamin Sioui, Amérindien d’origine et anticonformiste de son état, assiste à une cérémonie de la Santería : Yemayá, divinité du panthéon afro-cubain, lui demande d’aider Cuba à élucider les nombreuses disparitions d’enfants de l’ile. Pour y parvenir, Benjamin fera appel à son ami major-divisionnaire qui lui adjoindra les services d’un capitaine de la police nationale et d’une représentante du ministère de l’Intérieur, la (sublime) sergente Maeva Corrales, dont il ne pourra faire autrement que de s’enticher. À la fois récit d’aventures et roman initiatique, L’heure sans ombre est aussi une somptueuse histoire d’amour dont l’intrigue nous entraine dans un Cuba rarement dépeint, celui des festivals de musique électronique et des bars heavy métal, où l’art contemporain et la culture populaire contribuent à faire de La Havane une Barcelone du 21e siècle.

Vrai ou faux, de Chrystine Brouillet, 2016, Éditions Druide, coll. Reliefs, 343 p., 9782897112561

Alors que la détective Maud Graham commence à réaliser que ses parents se fragilisent, elle est appelée à enquêter sur le meurtre de Lydia Francoeur, la secrétaire de la résidence des Cèdres. Dans cet univers apparemment paisible, Maud et ses collègues de l’équipe d’enquêteurs du service de police de la ville de Québec font face à des embûches inhabituelles. Si ces policiers chevronnés savent composer avec la dissimulation et la manipulation, ils sont beaucoup moins familiers avec le flou, la frustration et la détresse découlant des problèmes liés au vieillissement. Il leur faudra rivaliser de détermination et d’humanité pour parvenir à reconstituer le fil des événements entourant la mort tragique d’une femme qu’on croyait aimée de tous. Avec une impressionnante maîtrise et une profonde sensibilité, Chrystine Brouillet brosse un tableau tout en ombres et lumière, vérités et mensonges. Ses personnages prennent vie, nous choquent, nous bouleversent, mais on retrouve avec bonheur l’univers de Maud Graham.

L’affaire Myosotis, de Luc Chartrand, 2015, Éditions Québec AMérique, coll. Tous continents, 364 p., 9782764428337

Alors qu’il vient de se séparer de sa femme à la suite d’une violente querelle avec son fils, qui renoue intensément avec ses origines juives depuis leur emménagement en Israël, le journaliste Paul Carpentier se trouve mêlé à une série de meurtres et de disparitions liés au conflit entre Juifs et Palestiniens, meurtres que les gouvernements canadien et israélien tentent de lui attribuer.

Benjamin: Une enquête de Joseph Laflamme, d’Hervé Gagnon, 2016, Éditions Libre Expression, coll. Expression noire, 376 p., 9782764811085

Montréal, mai 1893. Le cadavre d’un homme est découvert à l’étage du château de Ramezay. Dans les jours qui suivent, d’autres assassinats surviennent. Joseph Laflamme, maintenant journaliste à La Patrie, mène son enquête en compagnie de l’inspecteur Marcel Arcand et de George McCreary. Peu à peu, il appert que tous les meurtres sont liés à un document ancien qui, s’il était révélé au grand jour, transformerait l’histoire de l’Amérique du Nord tout entière. Au rythme des morts qui s’accumulent, Laflamme se trouve pris au centre d’une rivalité entre les gouvernements américain et canadien, mais devient aussi la cible d’une société secrète extrêmement dangereuse.

Quand j’étais Théodore Seaborn, de Martin Michaud, 2015, Éditions Goélette, 432 p., 9782896907298

héodore Seaborn, un jeune publicitaire de Montréal, se remet d’un épuisement  professionnel après avoir été récemment congédié. Marié et père d’une petite fille, il passe ses journées à regarder des enregistrements de la commission Charbonneau et à manger des Coffee Crisp. Le jour où ses réserves de barres chocolatées s’épuisent, il sort enfin de chez lui et croise un homme qui lui ressemble de façon troublante. L’entêtement de Théodore à retracer cet inconnu et, plus tard, à croire qu’il appartient à une cellule terroriste vire bientôt à l’obsession. Mais par quel revers de fortune va-t-il se retrouver dans le fief de l’État islamique, en Syrie? De Montréal à Racca, Théodore affrontera tous les dangers, mais le voyage le plus risqué et le plus insensé de tous est celui qui le mènera au bout de lui-même. Qu’est-ce qui se cache de l’autre côté de soi-même?

Rinzen et l’homme perdu, de Johanne Seymour, 2016, Éditions Libre Expression, coll. Expression noire, 288 p., 9782764811504

Un enfant qui se sent disparaître, le journal d’un confesseur, un vieillard crucifié… et un étonnant duo d’enquêteurs : Rinzen Gyatso, une bouddhiste qui vit avec son fils de sept ans et ses parents tibétains, et Luc Paradis, un athée insomniaque qui, la nuit, s’entraîne à la boxe et arpente le quartier gai. Quand le frère Samuel Clément est trouvé mort dans son appartement, Rinzen et Paradis plongent au cœur d’une enquête qui ébranle leurs convictions et les oppose. Et leur supérieur, le lieutenant Gerry Desautels, en pleine crise existentielle de la cinquantaine, ne leur est d’aucun secours. Plus les victimes s’additionnent, plus l’équipe se perd en hypothèses.Pendant ce temps, l’homme perdu les observe et s’interroge. Qui le sauvera de lui-même ?

Essais québécois

Suggestions de Robert Beauchamp

 Kuei, je te salue : conversation sur le racisme, de Deni Ellis Béchard et Natasha Kanapé Fontaine, 2016, Éditions Écosociété, 160 p., 9782897192518

 «Kuei, je te salue» est la rencontre littéraire et politique de la poète Innu Natasha Kanapé Fontaine et du romancier québéco-américain Deni Ellis Béchard, qui ont décidé d’entamer une conversation sans tabou sur le racisme entre Autochtones et Allochtones. Idle No More, Commission de vérité et réconciliation, enquête nationale sur les femmes autochtones disparues ou assassinées… Comment cohabiter si notre histoire commune est empreinte de honte, de blessures et de colère ? Comment contrer cette méconnaissance de l’autre qui aboutit au mépris ? Comment faire réaliser aux Blancs le privilège invisible de la domination historique ? Comment guérir les Autochtones des stigmates du génocide culturel ? »

Les radicaux libres, de Jean-François Nadeau, 2016, Lux Éditeur, 216 p., 9782895962311

« Notre époque est accablée par la dictature de l’actionnariat. Il est convenu d’avance qu’il faut se résigner devant les frontières fixées par ceux qui imposent une réalité dogmatique établie à leur seul profit. Cette béatitude entretenue par les chants des sirènes de la consommation se voit présentée comme une précieuse bénédiction. Tout s’est évidé de perspectives humanistes, mais nous sourions. Il ne reste plus guère de nous qu’un sourire suspendu dans l’air du temps, comme celui du chat du Cheshire dans Alice au pays des merveilles, cet animal étrange qui continue de montrer le sien une fois que tout de lui a pourtant disparu. Bien des possibles révoqués demandent aujourd’hui à être totalement réinventés. C’est l’idée qui sous-tend la plupart des textes rassemblés ici. » – Jean-François Nadeau

Le piège Énergie Est : sortir de l’impasse des sables bitumineux, d’Éric Pineault et David Murray, 2016, Éditions Écosociété, 240 p., 9782897192693

« L’oléoduc Énergie Est n’est pas qu’un simple tuyau où couleraient 2 000 litres de pétrole à la seconde. Donner le feu vert au projet de TransCanada, c’est s’exposer à des risques majeurs de catastrophe écologique (860 cours d’eau traversés, déversement possible de l’équivalent de 36 déraillements à Lac-Mégantic) pour de bien faibles retombées économiques. C’est aussi s’enfermer dans une logique capitaliste délétère qui nous pousse à extraire et à consommer toujours davantage de pétrole sale, fortement générateur de gaz à effet de serre. Par le fait même, c’est abandonner les indispensables cibles en matière de lutte contre les changements climatiques afin d’éviter une hausse dramatique de la température du globe. Éric Pineault rassemble les pièces du casse-tête Énergie Est et expose tous les pièges du complexe des sables bitumineux pour bloquer sans compromis ce projet de pipeline. En ce début de XXIe siècle, nous avons une responsabilité climatique historique. La transition énergétique est incontournable. Le monde nous regarde. En partenariat avec la Fondation Coule pas chez nous ! »

Histoire inédite des Patriotes : un peuple libre en images, d’Anne-Marie Sicotte, 2016, Éditions Fides, 436 p., 9782762138733

« Un récit à la fois concis et étoffé narre l’odyssée d’une nation patriote rendue souveraine par la création d’un Parlement en 1791, mais placée sous tutelle lors de la mise en vigueur du Canada-Uni, en 1841. Plusieurs épisodes cruciaux, y compris les affrontements armés de Saint-Denis, de Saint-Charles et de Saint-Eustache, sont dévoilés dans leurs détails tragiques. Des illustrations d’artistes, tous contemporains de l’époque, composent l’essentiel du florilège visuel, lequel est enrichi de cartes géographiques, de manuscrits et d’autres documents d’archives. Au terme de la traversée, justice est finalement rendue à un peuple qui a été dépouillé de sa liberté d’expression, qui a dû endurer sans mot dire la censure et les mises à l’index. »



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