Le Délivré

Archive pour la catégorie ‘▪ Littérature’


20 novembre 2014  par Le Délivré

Les Prix littéraires du Québec

Si la  course aux Prix littéraires est moins effrénée au Québec qu’en France, il n’en demeure pas moins que l’attribution d’un prix accorde aux lauréats une visibilité médiatique qui est bien difficile à obtenir, en temps normal. Ce panorama vous convaincra de la qualité et de la diversité de la création littéraire québécoise.

Prix des libraires du Québec 2014 – Roman québécois

L’orangeraie, Larry Tremblay, 2013, Éditions Alto, 168 p., 9782896941698

Quand Amed pleure, Aziz pleure aussi. Quand Aziz rit, Amed rit aussi. Ces frères jumeaux auraient pu vivre paisiblement à l’ombre des orangers. Mais un obus traverse le ciel, tuant leurs grands-parents. La guerre s’empare de leur enfance et sépare leurs destins. Des hommes viennent réclamer vengeance pour le sang versé. Amed, à moins que ce ne soit Aziz, devra consentir au plus grand des sacrifices. Et tous payeront le tribut des martyrs, les morts comme ceux qui restent. Larry Tremblay frappe encore un grand coup, mais vise cette fois le coeur, laissant au lecteur le soin de départager les âmes pures des fourbes, les fanatiques des héros. Un texte à la fois actuel et hors du temps qui possède la force brute des grandes tragédies et le lyrisme des légendes du désert. Lauréat 2014, Prix littéraire des enseignants; Lauréat 2014, Prix du meilleur roman du Salon du livre du Saguenay; Lauréat 2014, Prix des lecteurs du Salon du livre du Saguenay.

Prix des libraires du Québec 2014 – Roman Hors-Québec

Le quatrième mur, Sorj Chalandon, 2013, Éditions Grasset, 325 p., 9782246808718

1976. Sam rêve de monter Antigone d’Anouilh sur un champ de bataille au Liban. Les personnages représenteraient les peuples et croyances de la région : chrétien, Palestinien, druze, chiite, etc. Il espère une heure de répit que tous acceptent. Mais Sam est à l’agonie et fait alors jurer à son ami Georges de prendre sa suite. Prix Goncourt des lycéens 2013.

Prix du Québec Athanase-David 2014

Jean Royer

Le Prix Athanase-David est un des 14 Prix du Québec remis à des personnalités issues des arts et des sciences pour l’ensemble de leurs réalisations. Le prix Athanase-David est décerné en hommage à la carrière d’un écrivain. Beaucoup parmi les plus illustres l’ont reçu : Félix-Antoine Savard (le premier lauréat, 1968), Gabrielle Roy, Hubert Aquin, Anne Hébert, Gaston Miron, etc.

Cette année, c’est à Jean Royer que l’honneur a été accordée.  Poète, Monsieur Royer est également journaliste littéraire et écrit des récits, ainsi que des ouvrages de référence sur la littérature. Il fonde en 1976 la revue de poésie l’Estuaire, encore bien vivante aujourd’hui. De 1978 à 1991, il dirige les pages culturelles du journal Le Devoir où il donne visibilité et priorité aux auteurs québécois. Dans sa carrière, Jean Royer a mené plus de 200 entrevues d’écrivains, avec entre autres Julio Cortázar, Marguerite Duras, Milan Kundera, Georges Perec et Marie Cardinal. Ces entrevues sont réunies en cinq tomes aux éditions l’Hexagone sous le titre Écrivains contemporains. Il dirige les Éditions l’Hexagone de 1991 à 1998 et préside la Rencontre québécoise internationale des écrivains et l’Académie des lettres du Québec de 1996 à 2005.

Pour découvrir les oeuvres de Jean Royer, veuillez cliquer ici.

Grand Prix du livre de Montréal

Le feu de mon père, Michael Delisle, 2014, Éditions du Boréal, 128 p., 9782764622940

Quand Michael Delisle était enfant, ses « oncles », c’est-à-dire les amis de son père, ne disaient pas « arme » mais morceau ou de façon plus métonymique, feu. « J’avais mis mon feu dans le coffre à gant. » « Il s’est débarrassé de son feu. » « Oublie pas ton feu. » Dans ce poignant récit, le poète se remémore son père, le bandit devenu chrétien charismatique, l’homme violent qui ne parlait plus que de Jésus, l’homme détesté qu’on ne peut faire autrement qu’aimer, en dépit de tout. La question qui revient éternellement est celle-ci : où va le feu ? Et la question me revient au chevet de mon père. Je passe mon doigt sur son vieux tatouage de marin (une ancre avec les lettres MN pour merchant navy) qui n’est plus qu’une pastille noire et floue. Ces cellules sont aussi les miennes. Je reconnais la parenté organique et l’odeur qui monte de son corps : un parfum de vieux drap gorgé de phéromones. Cet encens sébacé est mon seul lien avec cet homme, le seul que je reconnaisse. Cet animal m’a donné la vie.

Grand Prix Québécor du Festival International de la Poésie 2014

Sans toi, je n’aurais jamais regardé si haut, Denise Desautels,  2013, Éditions du Noroît, 88 p., 9782890188402

« Lettre à mon fils aurait pu être un autre sous-titre. Le parc Lafontaine, en un seul mot comme autrefois. C’est ce que j’avais spontanément répondu à Paul, ami poète et éditeur, qui m’invitait – il y a déjà dix ans – à participer à la collection « Lieu dit » qu’il venait de créer aux Éditions du Noroît. Pourquoi ? Parce que j’y ai passé presque toute ma vie, de la petite enfance à aujourd’hui, et qu’il occupe depuis près de 40 ans beaucoup de place et de pages dans mon travail de création – qu’il est donc déjà lié à l’acte d’écrire. En fait, il se retrouve, conjugué à plusieurs temps – époques et saisons diverses – dans plusieurs de mes livres, et tout particulièrement dans La promeneuse et l’oiseau (1980), Tombeau de Lou (2000), Pendant la mort (2002) et La marathonienne (2004). Comme lieu de refuge ou de liberté, de plaisir ou d’effroi, de promenade ou d’enlisement, de réflexion ou de fuite. Mais surtout – surtout – parce que tout récemment j’ai pris conscience qu’il était beaucoup plus qu’un lieu à côté duquel j’avais vécu. Qu’il était en fait ma maison, la maison d’enfance ou de famille que je n’ai jamais eue. S’y empilent – comme dans un grenier ou une cave – des tas de souvenirs, des plus intimes aux plus historiques. C’est dans ce coeur francophone de Montréal, en pleine « grande noirceur », entre le monument à L.-H. La Fontaine, les ours noirs de l’ancien zoo et la statue à Dollard, que j’ai entendu pour la première fois le mot « orpheline » ; là que, depuis, la mort n’a jamais cessé de rôder ; là pourtant que l’art et les livres existent. Or, c’est parce que la mort y a été très présente – comme dans mes livres -, et que mon fils m’en a fait un jour la remarque, que j’ai eu envie de m’adresser à lui dans ce texte, sorte d’autofiction qui comporte deux parties : une première d’une trentaine de fragments disons… archéologiques où s’entremêlent le privé et le collectif, et une seconde où, après Joe Brainard, Georges Perec et quelques autres, je reprends la forme des Je me souviens. » D.D.

Prix littéraires du Gouverneur général du Canada 2014

Romans et nouvelles

Bondrée, Andrée A. Michaud, 2014, Éditions Québec Amérique, 304 p., 9782764425053

Été 67. Le soleil brille sur Boundary Pond, un lac frontalier rebaptisé Bondrée par Pierre Landry, un trappeur canuck dont le lointain souvenir ne sera bientôt plus que légende. Le temps est au rire et à l’insouciance. Zaza Mulligan et Sissy Morgan dansent le hula hoop sur le sable chaud, les enfants courent sur la plage et la radio grésille les succès de l’heure dans l’odeur des barbecues. On croit presque au bonheur, puis les pièges de Landry ressurgissent de la terre, et Zaza disparaît, et le ciel s’ennuage.

Poésie

Anarchie de la lumière, José Acquelin, 2014, Éditions du passage, 74 p., 9782922892970

Avec Anarchie de la lumière, José Acquelin signe une suite en prose poétique, qui succède à sa trilogie Critique de l’horizon pur. Concepteur et animateur de nombreuses soirées mêlant poésie et musique, il a pour conviction centrale que tout vrai poème est simultanément le premier et le dernier, un testament et une déclaration de naissance.

Théâtre

Small talk, Carole Fréchette, 2014, Éditions Leméac/Actes Sud, 96 p., 9782760912700

Justine a du mal à communiquer avec ses contemporains. Entre sa mère aphasique, son père retiré dans un silence méditatif, son frère animateur de télé et sa belle-soeur explosive, elle décide de se prendre en main, à coups de conseils glanés sur Internet et d’ateliers divers. Traversant la pièce, un jeune homme blessé dont le destin croisera le sien… De rencontres ardues en discussions improbables, Justine observe les humains un peu comme elle se penche sur son microscope, notant, envieuse, leurs tentatives d’entrer en contact et de « parler petit ». Qu’est-ce qui émane de soi, qu’est-ce qui mène à l’autre dans une conversation ? et qu’est-ce qui se construit ?

Prix Jean-Éthier-Blais 2014 de la Fondation Lionel-Groulx

Évangéline : contes d’Amérique, Joseph Yvon Thériault, 2013, Éditions Québec-Amérique, 400 p., 9782764421352

Qui est Évangéline ? L’héroïne d’un poème de Henry Wadsworth Longfellow, imaginée pour incarner les idéaux d’une Amérique en train de se définir ? Une référence identitaire, muse de la renaissance acadienne ? Un symbole rassembleur des racines des Cadiens de la Louisiane ? La réponse, constate le sociologue Joseph Yvon Thériault, n’a cessé d’évoluer et se trouve aujourd’hui quelque part entre poésie et histoire. Avec Évangéline : Contes d’Amérique, l’auteur explore la naissance et le déploiement de ces trois récits de société, ainsi que le rôle qu’y a joué Évangéline sous ses différentes incarnations. Au ?fil des différentes parties du livre, le lecteur est ainsi amené à rencontrer « Évangéline l’Américaine», « Évangéline l’Acadienne », « Évangéline la Cadienne », héroïnes de trois récits tirant leur source du même conte, Evangeline a Tale of Acadie, relu et réinterprété, voire renié, au gré des traductions et des adaptations successives.Une quatrième partie, « Évangéline postmoderne », s’intéresse à l’avenir d’Évangéline : ces trois contes seraient-ils en voie de se fusionner ? Les identités distinctes survivront-elles à la mondialisation ? C’est à une histoire de l’Amérique du Nord, à travers la voix et le regard d’Évangéline, que ce livre vous convie. Une histoire qui débute à l’aube du XVII????e siècle, sur les côtes de l’Atlantique Nord, avec l’arrivée des premiers colons européens en Acadie française et en Nouvelle-Angleterre, et qui se poursuit jusqu’à la célébration contemporaine de l’Amérique plurielle.

Prix Jovette-Bernier- Ville de Rimouski 2014

Fruits, Carl Leblanc, 2013, Éditions XYZ, 160 p., 9782892617696

« C’est le plus grand des romanciers », disait Balzac. Le hasard est aussi un auteur fécond. Voici quelquesuns de ses fruits : un ami qui resurgit de nulle part à point nommé, un livre qui bouleverse un voyage, un navire improbable, une tache récurrente, des yeux noirs qui nous hantent, Freud qui s’invite… Certaines des coïncidences racontées ici auraient, bien sûr, été retranchées d’un scénario de fiction ; le producteur les aurait jugées trop peu plausibles. Mais voilà, il s’agit d’histoires vraies. Qui donc a le pouvoir de disqualifier le réel ? De rejeter ses pépites ? Pourquoi ne pas s’amuser ? Les fruits du hasard ne demandent qu’à être cueillis. Pas besoin d’être mystique pour y goûter ; ces coïncidences surviennent, voilà tout.

Prix du Québec Georges-Émile-Lapalme 2014

Denis Vaugeois

Monsieur Vaugeois s’est vu octroyer le prix Georges-Émile-Lapalme pour la promotion de la langue française. Monsieur Vaugeois fonde en 1988 les éditions du Septentrion dont la vocation première était et est encore de publier des documents historiques. Plus de 700 ouvrages sont aujourd’hui au catalogue. Denis Vaugeois est lui-même l’auteur de plusieurs livres d’histoire, dont America, Champlain. La naissance de l’Amérique française, Les premiers Juifs d’Amérique et Vivre la Conquête.

Pour découvrir les oeuvres de Denis Vaugeois, veuillez cliquer ici.

Prix de l’Assemblée nationale du Québec 2014

Les Wendats du Québec : territoire, économie et identité, 1650-1930, Alain Beaulieu, Stéphanie Béreau et Jean Tanguay, 2013, Éditions GID, 340 p., 9782922668186

L’établissement à Québec en 1650 marque un tournant dans l’histoire des Wendats. Implantés au coeur de la colonie française, ils en subissent rapidement les influences, se convertissant à la religion catholique et adoptant plusieurs éléments de la culture de leurs voisins canadiens. Malgré ces rapprochements, ils « n’en restent pas moins distincts, par leurs habitudes et leur caractère », déjouant les prédictions de ceux qui, au xixe siècle, prévoyaient leur disparition prochaine par amalgame avec la population coloniale. Comme le montre cet ouvrage, les activités de subsistance des Wendats restent inscrites au coeur de leur identité spécifique. Cela est manifeste dans le cas de la chasse, mais aussi des autres activités, comme l’agriculture et l’artisanat, par lesquelles les Wendats assurent non seulement leur survie, mais aussi leur prospérité après le choc de la destruction de la Huronie. S’ils ont une connotation identitaire certaine, les changements qui ponctuent la vie économique des Wendats sont aussi largement influencés par les bouleversements qui touchent le territoire, la manière de se l’approprier, de l’occuper ou de l’utiliser.

Prix littéraires du Gouverneur général du Canada 2014

Essais

Tenir tête, Gabriel Nadeau-Dubois, 2013, Lux Éditeur, 224 p., 9782895961758

Dans ce livre, écrit avec le style qu’on lui connaît, on suit pas à pas Gabriel Nadeau-Dubois au fil des luttes, des rencontres décisives, des assemblées générales, des confrontations avec journalistes, ministres, juges et policiers, mais aussi dans son analyse de la grève de 2012. Chemin faisant, le lecteur prendra acte, non sans stupéfaction, de la misère morale et intellectuelle d’une certaine élite québécoise. Il renouera surtout avec la formidable vigueur des étudiants qui se sont opposés au mercantilisme de cette élite. Tenir tête doit être lu par ceux qui ont partagé la colère des étudiants, mais aussi par les autres, qui se surprendront peut-être à admettre que la cause des étudiants est également la leur.

Traductions

Daniel Poliquin, pour la traduction de :

L’Indien malcommode : un portrait inattendu des Autochtones d’Amérique du Nord, Thomas King, 2014, Éditions du Boréal, 320 p., 9782764622599

L’Indien malcommode est à la fois un ouvrage d’histoire et une subversion de l’histoire officielle. En somme, c’est le résultat de la réflexion personnelle et critique que Thomas King a menée depuis un demi-siècle sur ce que cela signifie d’être Indien aujourd’hui en Amérique du Nord.

Prix Lionel-Groulx 2014 de l’Institut d’histoire de l’Amérique française

Archéologie de l’Amérique coloniale française, Marcel Moussette et Gregory A. Waselkov, 2014, Lévesque éditeur, 464 p., 9782924186381

Un ouvrage de référence incontournable. La première synthèse de la recherche archéologique sur l’Amérique coloniale française. Marcel Moussette et Gregory A. Waselkov proposent une synthèse de la recherche archéologique accomplie sur le vaste territoire de l’Amérique coloniale française. Leur intention est d’en arriver à une meilleure compréhension et explication du fonctionnement ainsi que du développement des colonies françaises d’Amérique à partir des traces et vestiges matériels laissés par les colons. Les auteurs offrent une vision renouvelée d’un domaine riche de promesses.

Prix Michel-Brunet 2014 de l’Institut d’histoire de l’Amérique française

Hydro-Québec et l’État québécois, 1944-2005, Stéphane Savard, 2013, Éditions du Septentrion, 452 p., 9782894487563

Quels ont été les débats, dans le cercle des responsables politiques et administratifs, concernant Hydro-Québec, les territoires qu’elle gère, les techniques qu’elle utilise et l’impact de ses activités sur la vie et l’identité des Québécois et des Autochtones? Stéphane Savard présente, de façon exhaustive et perspicace, le rôle prédominant de la société publique dans la construction nationale, ainsi que son instrumentalisation politique à des fins étatiques ou partisanes. Stéphane Savard est professeur au Département d’histoire de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et membre régulier du Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST). Il se spécialise en histoire politique du Québec et du Canada au XXe siècle. Ses plus récents travaux portent sur les différentes manifestations de la culture politique québécoise, plus particulièrement celles entourant les luttes politiques et prises de parole citoyenne à l’égard des enjeux énergétiques.

Prix Alain-Grandbois 2014 de l’Académie des lettres du Québec

Noeud coulant, Michaël Trahan, 2013, Éditions Le Quartanier, 200 p., 9782896980758

Un mur, le pied d’un mur, l’angle formé par le sol et ce mur, un angle presque droit, une allumette et le noir, le bruit que fait l’allumette en craquant, un puits, le fond d’un puits, une corde, sa lumière noire, une toute petite corde, un monde à usage unique, la peur, la peur dans le corps, la peur en nuage autour de soi et de l’allumette, la pluie qui tombe, un ongle gratte la paroi, un chien pisse, minuit sonne, le sol manque sous les pieds, la honte, le cœur qui bat, la corde de plus en plus usée, un corbeau, une porte, le ciel quand même, la lune, les morts sont de plus en plus morts, c’est noir, le nœud coule, une allumette craque et le mur s’éloigne à mesure que j’approche.

Prix Ringuet 2014 de l’Académie des lettres du Québec

Le voyage d’Ulysse, Yvon Paré, 2013, Éditions XYZ, 450 P., 9782892615890

Ulysse a quitté le Bout du Monde, son village natal, pour un long voyage. Devant lui s’étend le Grand Lac sans fin ni commencement, car Yvon Paré a situé sa version moderne de L’Odyssée dans le paysage grandiose du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Accompagné d’un renard et d’un tamia, Ulysse croise des personnages empruntés tout autant à L’Odyssée qu’à la réalité et aux légendes québécoises et amérindiennes. Et il s’ennuie de Manouane, la belle et ensorcelante Innue. Pourra-t-elle l’attendre comme Pénélope, tricotant un monde à l’endroit, un monde à l’envers ? Le Bout du Monde est peut-être l’île d’Ithaque, car, c’est connu, nous répétons les mêmes histoires, peu importe le temps et les époques…
Prix Victor-Barbeau 2014 de l’Académie des lettres du Québec

Le naufragé du vaisseau d’or : les vies secrètes de Louis Dantin, Yvette Francoli, 2013, Éditions Del Busso, 454 p., 9782923792361

La littérature québécoise a un secret – bien et mal gardé à la fois – qui se cache depuis plus de cent ans sous le nom d’Émile Nelligan. L’une des oeuvres poétiques les plus accomplies et les plus novatrices a été attribuée à un adolescent inculte, sans expérience, et atteint d’une maladie qui affectait à ce point ses facultés qu’il dut vivre interné de l’âge de dix-huit ans jusqu’à sa mort. On a voulu croire que Louis Dantin, préfacier du livre Nelligan et son oeuvre, n’était qu’un simple compilateur qui aurait opéré un tri arbitraire dans de mystérieux cahiers jamais retrouvés, et aurait même dénaturé les textes par des corrections intempestives. Ce livre est pourtant à l’évidence l’ouvre d’un grand mystificateur qui, sous le masque d’un autre, s’amuse à faire sa propre apologie et à créer une énigme faite pour confondre les historiens. Dans une démonstration magistrale qui mettra fin aux spéculations, Yvette Francoli dévoile enfin la vie fascinante de l’un des personnages les plus intrigants de l’histoire littéraire québécoise, celui en qui ses confrères voyaient « une âme d’artiste, une intelligence lumineuse, un esprit d’élite ».

Prix Saint-Pacôme du roman policier 2014

Bondrée, Andrée A. Michaud, 2014, Éditions Québec Amérique, 304 p., 9782764425053

Été 67. Le soleil brille sur Boundary Pond, un lac frontalier rebaptisé Bondrée par Pierre Landry, un trappeur canuck dont le lointain souvenir ne sera bientôt plus que légende. Le temps est au rire et à l’insouciance. Zaza Mulligan et Sissy Morgan dansent le hula hoop sur le sable chaud, les enfants courent sur la plage et la radio grésille les succès de l’heure dans l’odeur des barbecues. On croit presque au bonheur, puis les pièges de Landry ressurgissent de la terre, et Zaza disparaît, et le ciel s’ennuage.

Prix Tenebris 2014 – Meilleur roman, littérature policière de langue française, distribué au Québec 

Sous la surface: on a tous quelque chose à cacher, Martin Michaud, 2013, Éditions Goélette, 384 p.,9782896906000

À Lowel, au Massachussetts, Leah vit avec son mari Patrick, candidat à l’investiture du parti démocrate. À la veille du Super Tuesday, Leah est replongée dans un drame survenu durant sa jeunesse. Vingt-cinq ans plutôt, Chase son grand amour est mort en essayant de sauver une jeune fille de la noyade. Mais elle apprend aujourd’hui que son mari aurait peut-être été impliqué dans cet événement tragique…

Prix Tenebris 2014 – Meilleur vendeur, littérature policière québécoise de langue française 

Saccages, Chrystine Brouillet, 2013, Éditions de la Courte échelle, 320 p., 9782896952892

Dans une rue paisible de Québec, un homme est retrouvé mort, poignardé. Tout le voisinage est sous le choc. Pourquoi ce comptable, si tranquille en apparence, a-t-il été tué ? La détective Maud Graham sent que ce meurtre cache un lourd secret. Ailleurs dans la ville, une jeune femme est bouleversée par la mort de cet homme qui réveille en elle de douloureux souvenirs. Mais autour d’elle, le danger rôde…

Prix littéraires du Gouverneur général du Canada 2014

Littérature jeunesse – Texte

Le jardin d’Amsterdam, Linda Amyot, 2013, Éditions Leméac, 88 p., 9782760942165

Il existe des endroits où la vérité se dévoile plus facilement qu’ailleurs. Le jardin d’Amsterdam est manifestement un de ces lieux propices aux confidences, un jardin où les révélations s’égrènent au rythme d’une tendre amitié. Amyot entrecroise le récit d’Adèle, une vieille femme hantée par un amour d’enfance, et celui de la jeune Élaine, la même héroïne que dans La fille d’en face. Transporté de l’époque de la Deuxième Guerre mondiale à aujourd’hui, de l’Europe à l’Amérique, d’une génération qui s’éteint tranquillement à une autre qui s’engage vers le monde des adultes, le lecteur se trouve confronté à l’écho de son premier amour. Également lauréate du Prix du livre jeunesse des Bibliothèques de Montréal 2014

Littérature jeunesse – illustrations

Le lion et l’oiseau, Texte et illustrations de Marianne Dubuc, 2013, Éditions de la Pastèque, 60 p., 9782923841458

Un jour d’automne, un lion trouve un oiseau blessé de son jardin. Alors que le reste des oiseaux continuent leur route sans lui, le lion décide de prendre soin de l’oiseau. Pourtant, un jour, l’oiseau devra poursuivre sa route…

Prix Cécile-Gagnon de l’Association des écrivaines et des écrivains québécois pour la jeunesse (AEQJ)

Les tranches de vie de Félix Volume 1: Un automne de blé entier, Annie Dubreuil, 2014, Éditions Vents d’Ouest, 176 p., 9782895373483

Grand amateur de biscuits Whippet, Félix mord à pleines dents dans la vie. Sous ses airs de gamin, il dissimule un être surprenant qui ne craint jamais les ennuis, les cicatrices ou le ridicule. Toujours prêt à aider un ami en difficulté ou pour se sortir lui-même d?une impasse, il devient en quelque sorte l?antihéros des temps modernes. Sous forme de chroniques, c?est avec beaucoup d?humour et d?imagination que le jeune garçon nous raconte des tranches de sa vie. Puisque son quotidien n?est pas toujours un feu roulant d?événements rocambolesques, il nous présente son top trois de l?automne. Entre un combat redoutable pour remporter le concours du Roi de l?été, un virage dramatique sur l?autoroute de la saine alimentation et un séjour précoce en classe neige, Félix ressort toujours de ses aventures avec un minimum de dignité et un maximum de plaisir. Telle une poussière de titan, rien ne peut l?arrêter !

Prix TD de littérature pour l’enfance et la jeunesse 2014

La plus grosse poutine du monde, Andrée Poulin, 2013, Bayard Canada Livres, 160 p., 9782895795674

Thomas a peu de souvenirs de sa mère. Il se rappelle seulement que pour ses cinq ans, elle lui a fait la meilleure poutine au monde. Le lendemain, elle n’était plus là. Elle n’est jamais revenue. Pour souligner ses quatorze ans, Thomas décide de soumettre une idée aux livre Guinness des records. Aidé de son meilleur ami Samuel et de son équipe de soccer, il va cuisiner la plus grosse poutine au monde. Si son record fait le tour de la planète, sa mère le saura et elle reviendra. Il se met alors en quête de commanditaires. La fromagère accepte de l’aider, à condition qu’il prenne sa fille Élie à bord du projet. Il tente ensuite de convaincre la mairesse que l’aréna est l’endroit idéal pour préparer les 600 kilos de poutine et servir les consommateurs. Mme Tartatcheff n’est pas enchantée à l’idée d’y faire entrer de la malbouffe. Thomas et ses amis échafaudent les plans les plus fous pour surmonter ces obstacles, mais des révélations viennent remettre en question le projet « Prodigieuse Poutine ».

Prix Bédélys Québec 2014

L’Amérique ou le Disparu, Réal Godbout, 2013, Éditions de La Pastèque, 182 p., 9782923841359

Dans cette adaptation, l’auteur a cherché à rester aussi fidèle que possible au roman, en respectant généralement le récit, les personnages et l’esprit de l’auteur. Il ne s’agit pas d’une oeuvre sombre et sinistre, mais d’un récit vivant et imagé, avec une touche d’humour absurde. Réal Godbout a mis plus de sept ans de travail pour parvenir à adapter«son» Kafka.

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18 novembre 2014  par Le Délivré

Les Prix littéraires de France et du monde francophone

C’est une tradition: chaque automne, un nombre incalculable de jurys se réunissent en France et au Québec pour décider quels romans, recueils de poésie ou essais méritent votre attention. Leurs critères de sélection diffèrent, bien sûr, mais chacun de ces prix littéraires espère miser sur le bon « poulain », qui confirmera son discernemet et son prestique… Les guerres entre les éditeurs sont parfois  impitoyables. Les forces obscures dévoilent leurs pouvoirs économiques ou médiatiques afin d’influencer les membres des jurys, à coup de repas gastronomiques et d’avaloirs convaincants, allons-nous même jusqu’à chuchoter. Voici donc les résultats des courses. C’est maintenant à vous de juger la valeurs de ces oeuvres.

Grand prix Jean-Giono 2014

Les tribulations du dernier Sijilmassi, Fouad Laroui, 2014, Éditions Julliard, 330 p., 9782260021414

Alors que A. Sijilmassi survole la mer d’Andaman, il se pose des questions sur le sens de sa vie d’ingénieur. Il est convaincu que cette vie n’est pas celle qui lui correspond et décide de revenir aux sources, dans son pays d’origine. Arrivé à l’aéroport de Casablanca, il entreprend de rejoindre la ville à pied, ce qui lui vaut de rentrer chez lui encadré par deux gendarmes

Grand prix du Roman de l’Académie française 2014

Constellation, Adrien Bosc, 2014, Éditions Stock, 192 p., 9782234077317

Le 27 octobre 1949, le nouvel avion d’Air France, le Constellation, lancé par l’extravagant M. Howard Hughes, accueille trente-sept passagers. Le 28 octobre, l’avion ne répond plus à la tour de contrôle. Il a disparu en descendant sur l’île Santa Maria, dans l’archipel des Açores. Aucun survivant. La question que pose Adrien Bosc dans cet ambitieux premier roman n’est pas tant comment, mais pourquoi ? Quel est l’enchaînement d’infimes causalités qui, mises bout à bout, ont précipité l’avion vers le mont Redondo ? Quel est le hasard objectif, notion chère aux surréalistes, qui rend «nécessaire» ce tombeau d’acier ? Et qui sont les passagers ? Si l’on connaît Marcel Cerdan, l’amant boxeur d’Édith Piaf, si l’on se souvient de cette musicienne prodige que fut Ginette Neveu, dont une partie du violon sera retrouvée des années après, l’auteur lie les destins entre eux. «Entendre les morts, écrire leur légende minuscule et offrir à quarante-huit hommes et femmes, comme autant de constellations, vie et récit.»

Grand prix RTL-Lire 2014

Réparer les vivants, Maylis de Kerangal, 2014, Éditions verticales, 280 p., 9782070144136

Le cœur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d’autres provinces, ils filaient vers d’autres corps. Réparer les vivants est le roman d’une transplantation cardiaque. Telle une chanson de gestes, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Roman de tension et de patience, d’accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le cœur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l’amour.

Prix des cinq continents de la francophonie 2014

Meursault, contre-enquête, Kamel Daoud, 2014, Éditions Actes Sud, 152 p., 9782330033729

Il est le frère de « l’Arabe » tué par un certain Meursault dont le crime est relaté dans un célèbre roman du XXe siècle. Soixante-dix ans après les faits, Haroun, qui depuis l’enfance a vécu dans l’ombre et le souvenir de l’absent, ne se résigne pas à laisser celui-ci dans l’anonymat : il redonne un nom et une histoire à Moussa, mort par hasard sur une plage trop ensoleillée. Haroun est un vieil homme tourmenté par la frustration. Soir après soir, dans un bar d’Oran, il rumine sa solitude, sa colère contre les hommes qui ont tant besoin d’un dieu, son désarroi face à un pays qui l’a déçu. Étranger parmi les siens, il voudrait mourir enfin… Hommage en forme de contrepoint rendu à L’Étranger d’Albert Camus, Meursault, contre-enquête joue vertigineusement des doubles et des faux-semblants pour évoquer la question de l’identité. En appliquant cette réflexion à l’Algérie contemporaine, Kamel Daoud, connu pour ses articles polémiques, choisit cette fois la littérature pour traduire la complexité des héritages qui conditionnent le présent.

Prix Décembre 2014

Sigmund Freud en son temps et dans le nôtre, Élisabeth Roudinesco, 2014, Éditions du Seuil, 577 p., 9782021183795

Après des décennies de commentaires apologétiques et de dénonciations violentes, nous avons bien du mal aujourd’hui à savoir qui était vraiment Sigmund Freud. Or, depuis la publication des dernières synthèses de référence, de nouvelles archives ont été ouvertes aux chercheurs, et l’essentiel de la correspondance est désormais accessible. L’occasion était d’autant plus belle d’y revenir qu’il restait beaucoup à dire sur l’homme et son oeuvre. Le fondateur de la psychanalyse est d’abord un Viennois de la Belle Époque, sujet de l’empire austro-hongrois, héritier des Lumières allemandes et juives. Quant à la psychanalyse elle-même, elle est le fruit d’une entreprise collective, d’un cénacle romantique au sein duquel Freud aura donné libre cours à sa fascination pour l’irrationnel, les sciences occultes, transformant volontiers ses amis en ennemis, à la fois Faust et Mephisto. Penseur de la modernité mais conservateur en politique, il n’aura cessé d’agir en contradiction avec son oeuvre, toujours au nom de la raison et des Lumières. Le voici en son temps, dans sa famille, entouré de ses collections, de ses femmes, de ses enfants, de ses chiens, le voici enfin en proie au pessimisme face à la montée des extrêmes, pris d’hésitations à l’heure de l’exil à Londres, où il finira sa vie. Le voici dans notre temps aussi, nourrissant nos interrogations de ses propres doutes, de ses échecs, de ses passions.

Prix Femina – Roman français 2014

Bain de lune, Yanick Lahens, 2014, Sabine Wespieser éditeur, 273 p., 9782848051178

Bain de lune. Après trois jours de tempête, un pêcheur découvre, échouée sur la grève, une jeune fille qui semble avoir réchappé à une grande violence. La voix de la naufragée s’élève, qui en appelle à tous les dieux du vaudou et à ses ancêtres, pour tenter de comprendre comment et pourquoi elle s’est retrouvée là. Cette voix expirante viendra scander l’ample roman familial que déploie Yanick Lahens, convoquant les trois générations qui ont précédé la jeune femme afin d’élucider le double mystère de son agression et de son identité. Les Lafleur ont toujours vécu à Anse Bleue, un village d’Haïti où la terre et les eaux se confondent. Entre eux et les Mésidor, devenus les seigneurs des lieux, les liens sont anciens, et le ressentiment aussi. Il date du temps où les Mésidor ont fait main basse sur toutes les bonnes terres de la région. Quand, au marché, Tertulien Mésidor s’arrête comme foudroyé devant l’étal d’Olmène (une Lafleur), l’attirance est réciproque. L’histoire de ces deux-là va s’écrire à rebours des idées reçues sur les femmes soumises et les hommes prédateurs. Mais, dans cette île également balayée par les ouragans politiques, des rumeurs de terreur et de mort ne tardent pas à s’élever. Un voile sombre s’abat pour longtemps sur Anse Bleue. Pour dire le monde nouveau, celui des fratries déchirées, des déprédations, de l’opportunisme politique, Yanick Lahens s’en remet au choeur immémorial des paysans : eux ne sont pas dupes, qui se fient aux seules puissances souterraines. Leurs mots puissants, magiques, donnent à ce roman magistral une violente beauté.

Prix Femina – Roman étranger 2014

Ce qui reste de nos vies, Zeruya Shalev, 2014, Éditions du Gallimard, 415 p., 9782070136988

Hemda Horowitch vit sans doute ses derniers jours, mais l’image de ce lac, près du kibboutz où elle est née, s’impose encore avec force à sa conscience. Les souvenirs plus douloureux de sa longue vie se glissent eux aussi dans sa mémoire, sans qu’elle puisse s’en libérer : son père trop exigeant, un mariage sans amour, puis cette difficulté à aimer équitablement ses deux enfants, Avner et Dina.Ces deux derniers lui rendent visite à l’hôpital de Jérusalem Avner, le fils adoré, y rencontre une femme venue accompagner son amant mourant et entame une étrange relation avec elle. Quant à Dina, la fille mal aimée, elle ne sait comment réagir face à l’éloignement de sa propre fille pour qui elle a sacrifié sa carrière. Débordée par le besoin de donner cet amour à quelqu’un, elle se met en tête d’adopter, envers et contre tous. Son désir de renforcer son foyer pour y accueillir un autre enfant risque bien de faire éclater sa famille…Zeruya Shalev sait parler comme personne des relations mystérieuses qui se tissent entre parents et enfants. Dans une langue puissante, elle évoque la colère, le ressentiment la frustration et la peur qui construisent les familles autant que l’amour et le bonheur d’être ensemble. Ce qui reste de nos vies est certainement son roman le plus envoûtant.

Prix Femina – Essai 2014

Et dans l’éternité, je ne m’ennuierai pas : souvenirs, Paul Veyne, 2014, Éditions Albin Michel, 259 p., 9782226256881

Le spécialiste de l’Antiquité romaine raconte son enfance dans la petite bourgeoisie provençale, puis son entrée au Collège de France, ses amitiés de jeunesse qui lui font rencontrer les plus grands intellectuels du XXe siècle (M. Foucault, R. Aron, R. Char), sa retraite de villageois solitaire, son goût pour la poésie, son scepticisme radical ou ses drames personnels.

Prix de Flore 2014

L’aménagement du territoire, Aurélien Bellanger, 2014, Éditions Gallimard, 477 p., 9782070146079

La France est devenue un paysage lointain. Dans un village oublié par l’histoire, un château se délabre au bord d’une rivière. Les travaux d’une ligne à grande vitesse vont pourtant réveiller quelque chose qui sommeillait ici depuis la nuit des temps. Une machination secrète que chacun va chercher à faire jouer en sa faveur. Le village devient alors le théâtre d’une lutte acharnée entre les opposants au projet et ses promoteurs. D’autres  entrevoient, derrière le passage du train, des enjeux plus complexes. Un capitaine d’industrie croit discerner les frontières de son futur empire. Un préfet retraité est admis dans une société secrète. Un activiste solitaire rêve d’un événement qui relancerait l’histoire. Un vieil aristocrate défend d’étranges théories. Un archéologue est confronté à la plus grande découverte de sa carrière. Les intérêts, les complots, les temps s’entremêlent et menacent de se neutraliser. Tout peut encore advenir. Bientôt, le TGV viendra sceller l’énigme.

Prix du roman FNAC 2014

Le complexe d’Eden Bellwether, Benjamin Wood, 2014, Éditions Zulma, 499 p., 9782843047077

Oscar est un jeune homme qui a préféré se couper de l’emprise de sa famille. Un jour, il se trouve subjugué par des chants provenant d’une chapelle du campus. Il y rencontre Iris et son frère Eden, le joueur d’orgue. Bientôt il comprend que quelque chose se trame et demande de l’aide à Herbert Crest, spécialiste des troubles de la personnalité.

Prix Goncourt – Roman 2014

Pas pleurer, Lydie Salvayre, 2014, Éditions du Seuil, 278 p., 9782021116199

Deux voix entrelacées. Celle, révoltée, de Bernanos, témoin direct de la guerre civile espagnole, qui dénonce la terreur exercée par les nationaux avec la bénédiction de l’Église contre «les mauvais pauvres». Celle, roborative, de Montse, mère de la narratrice et «mauvaise pauvre», qui, soixante-quinze ans après les événements, a tout gommé de sa mémoire, hormis les jours enchantés de l’insurrection libertaire par laquelle s’ouvrit la guerre de 36 dans certaines régions d’Espagne. Deux paroles, deux visions qui résonnent étrangement avec notre présent et font apparaître l’art romanesque de Lydie Salvayre dans toute sa force, entre violence et légèreté, entre brutalité et finesse, porté par une prose tantôt impeccable, tantôt joyeusement malmenée. Lydie Salvayre a obtenu le prix Hermès du Premier roman pour La Déclaration, le prix Novembre (aujourd’hui Prix Décembre) pour La Compagnie des Spectres et le prix François Billetdoux pour BW. Ses livres sont traduits dans une vingtaine de langues. Certains ont fait l’objet d’adaptations théâtrales.

Prix Goncourt du premier roman 2014

Arden, Frédéric Verger, 2014, Éditions Gallimard, 477 p., 9782070139736

1940, Alexandre de Rocoule, ami avec le tailleur juif Salomon Lengyel, dirige le luxueux hôtel d’Arden. Ils ont le même amour de l’opérette et écrivent depuis 1917 des textes inachevés du fait d’un désaccord sur la scène finale. Quand la menace nazie approche, ils vont composer une dernière oeuvre. Également Prix Thyde Monnier 2013 (SGDL) et Prix mémoire Albert-Cohen 2014,

Prix Goncourt de la biographie 2014

Notre Chanel, Jean Lebrun, 2014, Éditions Bleu autour, 276 p., 9782358480581

« Dis, ce livre, tu l’écriras ? » Des années plus tard, Jean Lebrun l’a écrit pour son compagnon Bernard Costa, disparu en 1990. Ce fou de couture, qui savait ses jours comptés, l’avait entraîné à travers la France dans une enquête sur Chanel. En historien et en conteur, Jean Lebrun déroule leur road movie, de l’abbaye d’Aubazine au champ de course de Pau, de la boutique de Biarritz à l’usine de Maretz, d’un château l’autre : Corbère, Le Mesnil-Guillaume… Jusqu’à ce que la mort de Bernard interrompe leur enquête, qui s’arrête avant la résurrection de Chanel, en 1954. Entre la Belle Époque et la Libération, ce récit conduit vers des lieux moins attendus que la rue Cambon ou le Ritz, croise des personnages qu’on ne croyait pas si proches de Mademoiselle, tel Robert Bresson qu’elle couva et inspira. Il fait revivre à la fois l’insaisissable Chanel, et un anonyme de trente-cinq ans qui l’avait choisie pour fée. Ce qu’elle était aussi.

Prix Goncourt des lycéens 2014

Charlotte, David Foenkinos, 2014, Éditions Gallimard, 220 p., 9782070145683

Ce roman retrace la vie de Charlotte Salomon, artiste peintre morte à vingt-six ans alors qu’elle était enceinte. Après une enfance à Berlin marquée par une tragédie familiale, Charlotte est exclue progressivement par les nazis de toutes les sphères de la société allemande. Elle vit une passion amoureuse fondatrice, avant de devoir tout quitter pour se réfugier en France. Exilée, elle entreprend la composition d’une oeuvre picturale autobiographique d’une modernité fascinante. Se sachant en danger, elle confie ses dessins à son médecin en lui disant : « C’est toute ma vie. » Portrait saisissant d’une femme exceptionnelle, évocation d’un destin tragique, Charlotte est aussi le récit d’une quête. Celle d’un écrivain hanté par une artiste, et qui part à sa recherche.

Prix Interallié

Karpathia, Mathias Menegoz, 2014, Éditions POL, 696 p., 9782818020760

1833. Alexander Korvanyi, capitaine de l’armée hongroise, épouse une jeune Autrichienne et part vivre avec elle en Transylvanie, sur le domaine de ses ancêtres. Ils sont confrontés à une mosaïque complexe et tendue de peuples, de langues, de religions, de juridictions, terreau d’un contexte de crises qui va révéler leurs ambitions et leur caractère, à la frontière de la puissance et du crime.

Prix des Libraires de France 2014

Kinderzimmer, Valentine Goby, 2013, Éditions Actes Sud, 221 p., 9782330022600

En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plusieurs dizaines de milliers de détenues. Mila a vingt-deux ans quand elle arrive à l’entrée du camp. Autour d’elle, quatre cents visages apeurés. Dans les baraquements, chacune de ces femmes va devoir trouver l’énergie de survivre, au très profond d’elle-même, puiser chaque jour la force d’imaginer demain. Et Mila est enceinte mais elle ne sait pas si ça compte, ni de quelle façon.

Prix littéraire France-Québec 2014

Le mur mitoyen, Catherine Leroux, 2013, Éditions Alto, 323 p., 9782896942121

Madeleine parle toute seule, même quand elle a de la compagnie. Lorsque son fils revient avec une demande qui bouleverse sa vie, elle comprend à qui elle s’adresse quand elle ne parle à personne. En se serrant la main pour la première fois, Ariel et Marie s’évanouissent. Des années plus tard, ils sont mariés, Ariel est à la tête d’un pays en déroute et ils sont sur le point de défaillir de nouveau. Entre deux tremblements de terre, Simon et Carmen tentent de poser à leur mère la question la plus ancienne de leur existence. La réponse qu’elle leur livre malgré elle crée entre eux une fracture digne de la faille de San Andreas. Et quelque part dans le sud des États-Unis, deux petites filles déposent un sou sur le rail d’une voie ferrée. Entre ces personnages, Catherine Leroux dessine une cloison fine comme un brin d’impossible qui tantôt sépare, tantôt unit, estompant la frontière entre les secrets, la vérité et l’inouï. Une histoire où l’on frappe trois coups sur un mur pour entendre en retour un mystérieux toc toc toc.

Prix du Livre Inter 2014

Faillir être flingué, Céline Minard, 2013, Éditions Rivages, 336 p., 9782743625832

Eau-qui-court-sur-la-plaine est une jeune Indienne qui propose ses dons de guérisseuse aux Blancs et aux Indiens. Les personnages qu’elle rencontre dressent une fresque sauvage de l’Ouest américain et de ses mythes.

Prix Médicis – Roman français 2014

Terminus radieux, Antoine Volodine, 2014, Éditions du Seuil, coll. Fiction et Cie, 616 p., 9782021139044

Des années après l’irradiation complète de la Sibérie et l’écroulement de la Deuxième Union soviétique, la région est inhabitable. Des soldats fantômes et autres morts-vivants poursuivent obstinément le rêve soviétique. Le centre du monde se nomme désormais Terminus radieux et Solovieï, chef du village, met ses pouvoirs surnaturels au service de son rêve de toute-puissance.

Prix Médicis – Roman étranger 2014

Lola Bensky, Lily Brett, 2014, Editions de la Grande ourse, 270 p., 9791091416061

Londres 1967 : Lola Bensky, jeune journaliste pour le magazine australien Rock-Out, n’a que 19 ans quand elle se retrouve au coeur de la scène musicale la plus excitante du moment ! Sans diplôme, mais douée, trop grosse et toujours au régime, trop sage pour les sixties, quelles questions cette drôle de fille qui ne connaît rien au rock, n’a jamais étudié le journalisme et dont le seul bagage – et pas des moindres – est d’être l’enfant de deux survivants d’Auschwitz, va-t-elle bien pouvoir poser à ces rock stars en devenir ? Armée de son magnétophone et tartinée de fond de teint, Lola observe, écoute, écrit. À Londres, elle parle bigoudis avec Jimi Hendrix et sexe avec Mick Jagger. À Monterey, elle échange avec Mama Cass sur leurs régimes respectifs et aborde l’amour entre filles, la drogue et l’alcool avec Janis Joplin. Un jour, elle prête même ses faux-cils à Cher… Subtiles, drôles, personnelles, les questions s’enchaînent, dévoilant des portraits inattendus de ces dieux du rock, mais révélant surtout la quête identitaire que Lola mène inconsciemment. Épouse, mère, auteure reconnue, Lola Bensky continue à s’interroger sur ce qui fait la force d’un être humain.

Prix Médicis – Essai 2014

Manifeste incertain Volume 3: La mort de Walter Benjamin, Frédéric Pajak, 2014, Editions Noir sur Blanc, 221 p., 9782882503534

Paris, 1939. Comme tous les ressortissants allemands, W. Benjamin, qui a été interné dans un camp de travailleurs à Nevers puis libéré, s’enfuit de Paris à l’arrivée des troupes de la Wehrmacht. Commence alors une errance dans le Midi puis les Pyrénées. Son destin et celui de Ezra Pound dans l’Italie fasciste s’entrecroisent, formant un tableau de cette époque troublée.

Prix Nobel de littérature 2014

Patrick Modiano*

Patrick Modiano, né le 30 juillet 1945 à Boulogne-Billancourt, est un écrivain français, auteur d’une trentaine de romans primés par de nombreux prix prestigieux parmi lesquels le Grand prix du roman de l’Académie française et le prix Goncourt. Axée sur l’intériorité, la répétition et la nuance, son œuvre romanesque se rapproche d’une forme d’autofiction par sa quête de la jeunesse perdue. Elle se centre essentiellement sur le Paris de l’Occupation et s’attache à dépeindre la vie d’individus ordinaires confrontés au tragique de l’histoire et agissant de manière aléatoire ou opaque. Le 9 octobre 2014, son œuvre est couronnée par le prix Nobel de littérature pour « l’art de la mémoire avec lequel il a évoqué les destinées humaines les plus insaisissables et dévoilé le monde de l’Occupation », comme l’expliquent l’Académie suédoise et son secrétaire perpétuel Peter Englund, qualifiant l’auteur de « Marcel Proust de notre temps » . Six ans après J. M. G. Le Clézio, il devient le 15e homme de lettres français à recevoir cette récompense. Son œuvre est traduite en 36 langues.

Son plus récent roman:

Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier, Patrick Modiano, 2014, Éditions Gallimard, 145 p., 9782070146932

Un jour, deux inconnus qui prétendent avoir retrouvé le carnet d’adresses de l’écrivain Jean Daragane insistent pour le rencontrer. Celui-ci leur accorde un rendez-vous. Il se retrouve alors embarqué malgré lui dans l’enquête que ces deux jeunes mènent sur un certain Guy Torstel.

Pour découvrir son oeuvre:

Romans, Patrick Modiano, 2013, Éditions gallimard, coll. Quarto, 1088 p., 9782070139569

Un recueil de dix romans publiés entre 1975 et 2010. Ces textes réunis forment une autobiographie imaginaire de P. Modiano, un lien avec son enfance, les personnages qui ont marqué sa vie, l’Occupation puis les années d’après-guerre, etc. Ils sont précédés d’un cahier iconographique en noir et blanc.

Villa triste ; Livret de famille ; Rue des boutiques obscures ; Remise de peine ; Chien de printemps ; Dora Bruder ; Accident nocturne ; Un pedigree ; Dans le café de la jeunesse perdue ; L’horizon.

Prix Renaudot 2014

Charlotte, David Foenkinos, 2014, Éditions Gallimard, 220 p., 9782070145683

Ce roman retrace la vie de Charlotte Salomon, artiste peintre morte à vingt-six ans alors qu’elle était enceinte. Après une enfance à Berlin marquée par une tragédie familiale, Charlotte est exclue progressivement par les nazis de toutes les sphères de la société allemande. Elle vit une passion amoureuse fondatrice, avant de devoir tout quitter pour se réfugier en France. Exilée, elle entreprend la composition d’une oeuvre picturale autobiographique d’une modernité fascinante. Se sachant en danger, elle confie ses dessins à son médecin en lui disant : « C’est toute ma vie. » Portrait saisissant d’une femme exceptionnelle, évocation d’un destin tragique, Charlotte est aussi le récit d’une quête. Celle d’un écrivain hanté par une artiste, et qui part à sa recherche.

Prix Renaudot Essai 2014

De chez nous, Christian Authier, 2014, Éditions Stock, 170 p., 9782234077331

Une promenade intime et universelle dans laquelle l’auteur aborde des sujets aussi divers que les premiers résistants, la guerre d’Algérie, le vin, la langue française, le football, la Terre et le ciel, etc. «Les frontières de notre pays sont mouvantes. Elles viennent du passé et ne cessent de se renouveler en guettant l’horizon, elles n’épousent pas une identité nationale réduite à des papiers officiels, une feuille d’impôts ou une carte d’électeur. Pour les dessiner et peindre les visages qui en composent le coeur battant, nous aurons recours à l’Histoire, à la littérature, aux poètes, aux amis, aux vivants et aux morts, à des sentiments ordinaires et rares, à des souvenirs et à des espérances. Nous emprunterons des chemins buissonniers et d’autres plus balisés, des raccourcis et des digressions, des rangentes et des lignes droites. Bienvenue chez nous.»

Prix Renaudot des lycéens 2014

L’amour et les forêts, Éric Reinhardt, 2014, Éditions Gallimard, 9782070143979

Le narrateur, écrivain, décide, contre ses habitudes, de rencontrer une de ses lectrices. Il fait la connaissance de Bénédicte Ombredanne, une femme de 35 ans visiblement blessée par l’existence. Elle lui raconte les tourments de sa vie conjugale et le harcèlement que lui fait subir son mari, un pervers narcissique, qui l’a amenée à développer un cancer.

Tous ces livres sont disponibles en format papier ou numérique via notre site monet.leslibraires.ca en cliquant sur les titres sélectionnés.


27 octobre 2014  par nos libraires

Littératures : les parutions de septembre

Comme chaque mois, notre équipe de libraires passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour en repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces nouveaux titres, question d’aiguiser votre appétit livresque…

LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE

Hérétiques, Leonardo Padura, 2014, Métailié, 620 p., 9782864249610* (+)

En 1939, un bateau transportant 900 Juifs jette l’ancre à La Havane en attendant l’autorisation de débarquer ses passagers. Daniel Kaminsky et son oncle attendent sur le quai l’arrivée de leur famille et du trésor qu’ils transportent pour payer les contrôleurs : une toile de Rembrandt. Mais le bateau repart vers l’Allemagne. Des années plus tard, le tableau est mis en vente à Londres.

Enon, Paul Harding, 2014, Le Cherche Midi, coll. Lot 49, 286 p., 9782749120805* (+)

« La plupart des hommes de ma famille font de leurs épouses des veuves, et de leurs enfants des orphelins. Je suis l’exception. Ma fille unique, Kate, est morte renversée par une voiture alors qu’elle rentrait de la plage à bicyclette, un après-midi de septembre, il y a un an. Elle avait treize ans. Ma femme Susan et moi nous sommes séparés peu de temps après. »

Ainsi commence Enon, du nom de la bourgade de Nouvelle-Angleterre où Charlie Crosby, détruit par cette tragédie, va entamer une longue descente aux enfers qui le mènera aux confins de la folie. Dans un paysage de fin du monde, Charlie se débat avec les démons de la drogue et le peuple des fantômes qui ne cessent de l’assaillir : celui de sa fille, dont l’existence trop brève se reconstitue à travers le prisme de ses souvenirs chaotiques, mais aussi celui des autres morts d’Enon, endormis sous la terre du petit cimetière paroissial que hante Charlie, errant nuit et jour à la recherche de la délivrance.

Petits oiseaux, Yoko Ogawa, 2014, Actes Sud/Leméac, 268 p., 9782330034382*

Il est le seul à pouvoir apprendre la langue pawpaw afin de communiquer avec son frère aîné, cet enfant rêveur qui ne parle que le langage des oiseaux, n’emploie que ces mots flûtés oubliés depuis longtemps par les humains. Après la mort de leurs parents, les deux hommes demeurent ensemble dans la maison familiale. Parfois, les deux frères décident de « partir en voyage ». Valises en main, ils font halte devant la volière. Ravis de palabrer avec les moineaux de Java, les bengalis ou les canaris citron, ils oublient dans l’instant tout projet de départ. Un jour pourtant le calme du quartier semble en danger, une enfant de l’école disparaît.

La peau de l’ours, Joy Sorman, 2014, Gallimard, 156 p., 9782070146437*

Le narrateur, hybride monstrueux né de l’accouplement d’une femme avec un ours, raconte sa vie malheureuse. Ayant progressivement abandonné tout trait humain pour prendre l’apparence d’une bête, il est vendu à un montreur d’ours puis à un organisateur de combats d’animaux, traverse l’océan pour intégrer la ménagerie d’un cirque où il se lie avec d’autres créatures extraordinaires, avant de faire une rencontre décisive dans la fosse d’un zoo. Ce roman en forme de conte, qui explore l’inquiétante frontière entre humanité et bestialité, nous convie à un singulier voyage dans la peau et la tête d’un ours.

Comment s’en mettre plein les poches en Asie mutante, Mohsin Amid, 2014, Grasset, 252 p., 9782246807827*

Le héros de cette édifiante et rocambolesque épopée, né dans la plus insigne pauvreté, au cœur de la campagne d’un pays anonyme du continent indien, va monter à la ville, parfaire son éducation, rencontrer l’amour, flirter avec la tentation politique, puis faire fortune par le plus inattendu des moyens. Ce sont, en une poignée de pages, quatre-vingts années d’une vie d’homme, « un homme fait de tous les hommes et qui les vaut tous et que vaut n’importe qui » à l’heure de la mondialisation galopante.

EN FORMAT POCHE

Rue des voleurs, Mathias Enard, 2014, Actes Sud/Babel, 345 p., 9782330028619*

À l’heure du Printemps arabe et des révoltes indignées, la Méditerranée s’embrase, l’Europe vacille. Il faut toute la jeunesse, toute la naïveté, toute l’énergie du jeune Tangérois pour s’aventurer sur le champ de bataille. Parcours d’un combattant sans cause, Rue des Voleurs est porté par le rêve d’improbables apaisements, dans un avenir d’avance confisqué, qu’éclairent pourtant la compagnie des livres, l’amour de l’écrit et l’affirmation d’un humanisme arabe.

Le livre de Jonas, Dan Chaon, 2014, Points, 471 p., 9782757836842*

Jonas est un être manquant. Le genre qui garde des cicatrices. Celles qui se voient et celles qui se taisent. La vie lui a volé son frère aîné, Troy, abandonné à la naissance. Et si partir à sa recherche donnait un sens à son existence et guérissait ses blessures ? Au fin fond du Nebraska, Jonas retrouve celui qu’il n’a jamais connu. Réussira-t-il à lui dire la vérité ? Leur bonheur en dépend…

L’homme des hautes solitudes, James Salter, 2014, Points, 249 p., 9782757845561*

Las d’un travail abrutissant sous un soleil de plomb, Rand quitte les plaines californiennes pour Chamonix. C’est le début d’une vie de bohème, rythmée par la pratique de l’escalade, sa passion. Il se lie à Jack, grimpeur qui cherche comme lui à défier les sommets alpins. Au gré d’ascensions de plus en plus ardues, les deux amis n’aspirent qu’à une chose : conquérir enfin la paix des hautes solitudes.

L’invention de nos vies, Karine Tuil, 2014, Livre de Poche, 494 p., 9782253179450*

Sam Tahar, brillant avocat au barreau de New York, semble tout avoir : la célébrité, la fortune, un beau mariage… Mais sa réussite repose sur une imposture. Pour se fabriquer une autre identité en Amérique, il a emprunté les origines juives de son ami de jeunesse Samuel, écrivain raté qui s’enlise dans une banlieue française sous tension. Vingt ans plus tôt, la belle Nina était restée – par pitié – au côté du plus faible. À mi-vie, ces trois comètes se rencontrent à nouveau, et c’est la déflagration… L’histoire d’un triangle amoureux qui percute avec violence la grande Histoire de notre début de siècle.

LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE ET CANADIENNE

Révolutions, Nicolas Dickner et Dominique Forter, 2014, Alto, 432 p., 9782896941957* (+)

Les révolutionnaires français ne se contentèrent pas de guillotiner le roi, de prendre la Bastille et de raccourcir bonne quantité d’aristocrates : ils renversèrent aussi le calendrier, créant douze nouveaux mois dont les noms étaient censés évoquer les divers moments de l’année : vendémiaire, pluviôse, germinal. Deux siècles plus tard, une paire de citoyens curieux, Dominique Fortier et Nicolas Dickner, ont chargé un certain Reginald Jeeves, ingénieux majordome informatique, de leur envoyer quotidiennement le mot du jour qu’ils revisiteraient jusqu’à combler les 366 cases du calendrier. Truffé de petites et de grandes révélations, Révolutions est une entreprise littéraire sans précédant qui décapite joyeusement les idées reçues.

Rien que la vie, Alice Munro, 2014, Boréal, 320 p., 9782764623275* (+)

« Son recueil le plus personnel et le plus autobiographique. […] Avec Rien que la vie, Alice Munro nous emporte avec ses personnages jusqu’aux moments charnières de leurs existences, là où tout peut basculer… » — ICI Radio-Canada

Numéro six, Hervé Bouchard, 2014, Le Quartanier, coll. « Série QR », 176 p., 9782896981793* (+)

C’est l’histoire d’un personnage portant le numéro six dans le hockey mineur. L’histoire très simple de son apprentissage, alors qu’il évolue dans les catégories atome, moustique, pee-wee, bantam, midget, de six à seize ans à peu près. Je connais très bien cette histoire. Tout le monde connaît très bien cette histoire. C’est là que l’écriture commence : dans le rendre étranger des choses familières. On pourrait penser qu’il s’agit d’un récit de formation. Oui. Mais il s’agit surtout d’un récit de déformation. Sur le mode comique, le numéro six fait l’apprentissage de la vie; au bout, il en ressort défait. Telle est la leçon du numéro six.

Une enfance mal fermée, Jean-François Beauchemin, 2014, Leméac, 184 p., 9782760933873*

Il y a dans ces pages un fin saisissement du réel, appréhendé à travers de brefs récits et des escales de réflexion qui ouvrent les portes d’un ermitage salutaire. L’écriture de Jean-François Beauchemin, leste et attentive, filtre à travers les interstices de cette vieille baraque de l’univers d’où nous sortons et où nous finirons tous.

Azami, Aki Shimazaki, 2014, Leméac/Actes Sud, 136 p., 9782330038199* (+)

Mitsuo Kawano, jeune trentenaire, est étonné quand il croise par hasard Gorô Kida, un ancien camarade de classe devenu le président d’une importante compagnie. Il est encore plus surpris lorsque celui-ci l’invite dans un club très sélect où travaille une autre ancienne amie d’école, la belle et mystérieuse Mitsuko, devenue entraîneuse. Mitsuko mène une carrière de rédacteur pour une publication culturelle en attendant de fonder sa propre revue d’histoire. En dépit d’un certain détachement sexuel, il s’entend bien avec Atsuko, la mère de ses deux enfants. Il se contente de fréquenter les salons érotiques pour combler ses besoins. Mais ces retrouvailles fortuites ravivent en lui les rêves et les désirs de jeunesse. Avec sa prose intimiste et précise, Aki Shimazaki explore cette fois ce que l’on devine derrière la paroi trop lisse des apparences.

EN FORMAT POCHE

 Tonbo: Au cœur du Yamato, Aki Shimazaki, Leméac/Actes Sud, coll. « Babel », 120 p., 9782330038175* (+)

« Un court roman tellement simple et limpide qu’on ne doute pas un seul instant que Shimazaki y a travaillé très longuement et consciencieusement afin de poser les mots comme elle pose son regard depuis tant d’années sur ce Japon secret et ouvert aux plus grandes surprises. » — Le blogue La littérature japonaise

Béatrice et Virgile, Yann Martel, 2014, BQ, 216 p., 9782894063552* (+)

« Il y a des images fortes. Et un désir sincère d’approcher autrement une des pires tragédies de l’humanité. […] L’écrivain de 47 ans a réussi, sans l’ombre d’un doute, ceci : écrire un roman sur la difficulté de représenter, par la fiction, l’Holocauste. » — Danielle Laurin, Le Devoir

Des cailloux blancs pour les forêts obscures, Jovette Marchessault, 2014, BQ, 192 p., 9782894063569* (+)

Ce livre raconte un moment dans la vie de Jeanne – depuis sa retraite des Appalaches, au sein d’une petite communauté d’esprits nouveaux –, alors que se meurt sa compagne, Noria. Aviatrice, cette dernière sauve des laboratoires les bêtes torturées à des fins de recherches expérimentales. Sur le seuil de sa vie revient son père avec qui elle s’était réconciliée. Ce médecin lève enfin pour Jeanne l’écrivaine les derniers voiles sur la vie de Noria : sa naissance, son enfance au sein du Ku Kluk Klan, ce fils qu’elle a perdu, et cet amour infini qu’il lui porte.

POÉSIE

Outrenuit, Benoit Jutras, 2014, Herbes Rouges, 130 p., 9782894194591*

Il y a une autre nuit derrière la nuit. Où ma mémoire est faite d’étoiles tombées et mon corps d’apparitions. Où mon visage et ma voix sont des histoires aveugles. Cette nuit ne ressemble à rien. Sa pureté est terrible, son amour est lapidaire. Elle est mon unique prière, mon renversement.

À la croisée des silences, Chloé Sainte-Marie, musique d’Yves Desrosiers et Sylvie Paquette, 2014, Films Gilles Carle, 128 p. (contient deux disques audio totalisant 57 pistes, d’une durée totale de 1:29:43), 622406497026.

Chloé Sainte-Marie repousse les limites de la notion d’album, en présentant À la croisée des silences, une immersion vers la poésie, à travers le parcours d’un livre accessible à tous par sa sensibilité. Sur cet album Chloé Sainte-Marie s’est entourée d’une vingtaine de poètes québécois, dont les mots ont été mis en musique par Yves Desrosiers et Sylvie Paquette, tous les arrangements sont signés Réjean Bouchard. Un album chargé en émotion, qui pointe vers le sacré de la vie, ce qui s’y partage et ce qui s’y perd, mais aussi ce qui s’y crée et ce qui s’y espère.

Le poème est une maison de long séjour, Normand de Bellefeuille, 2014, Noroît, 154 p., 9782890188938* (+)

le poème n’est pas une rue à sens
unique
ni un chien du voisinage
mais plutôt
piano cadencé
et voix querelleuse
le poème est une maison
de long séjour
où l’on fait de mauvais rêves

30 ans de poésie québécoise, Gaston Bellemare (dir.), 2014, de la Grenouillère, coll. « Grandeur de la poésie », 136 p., 9782923949635*

Il y a dans cette anthologie quelque chose de vivant à l’image même de la poésie québécoise. En publiant ces 30 ans de poésie québécoise, nous avons voulu que ce recueil soit un hommage rendu du fond du cœur aux poètes. Nous allions créer une «archive vivante» des lauréats et lauréates d’un des prix les plus prestigieux en poésie.

De l’air, Pierre Ouellet, œuvres de David Moore, 2014, Noroît, coll. « Chemins de traverse », 186 p., 9782890188877*

Il n’y a pas de porte d’entrée à un livre. Tous les livres sont des sorties. Celui-ci s’appelle De l’air : il aurait pu s’appeler Exit, Issue de secours, sortie d’urgence. Pas d’introduction au Grand Dehors, pas de conclusion à l’Air. Il faut simplement leur laisser le passage… et s’engouffrer derrière, aspirés par les puissants courants qui nous emportent ailleurs, loin de nos petites Histoires, de notre pauvre Monde, dans des espaces et des temps qui ne comptent pas, qu’on ne mesure pas, parce qu’ils sont ceux du souffle innombrable, inchiffrable et incommensurable que la langue du poème emprunte à ce que les physiciens appellent brise sidérale, tempête solaire, vent cosmique et les théologiens neume, pneuma, paraclet, première et dernière respiration en quoi les corps naissent et renaîtront par l’ouverture du grand diaphragme que l’exercice de la Parole pratique dans le mur de l’Être pour qu’apparaisse enfin ce qui n’est pas. Cet air, ce rien. Que j’entends de loin… dans les rimes et les rythmes où toute langue prend sa source.

THÉÂTRE

Un regard qui te fracasse: Propos sur le théâtre et la mise en scène, Brigitte Haentjens, 2014, Boréal, coll. « Essais et documents », 224 p., 9782764623541* (+)

Brigitte Haentjens est une des figures majeures du théâtre contemporain. Elle a gagné un fidèle auditoire grâce à son audace dans la programmation et à l’exigence qui marque chacune des productions portant sa signature. Elle propose ici un livre hors norme qui nous montre une artiste en plein processus de création. Elle retrace son parcours depuis l’école de théâtre en France. Elle évoque son passage en Ontario francophone, où sa carrière de metteur en scène a éclos, et son installation au Québec. Surtout, elle parle au présent du travail accompli avec la compagnie qu’elle a fondée, Sibyllines.

Monsieur Toussaint, Édouard Glissant, 2014, Mémoire d’encrier, 300 p., 9782897122430* (+)

Toussaint Louverture, le Spartacus noir, héros de la révolution populaire haïtienne, représente un modèle pour l’humanité. Cet ancien esclave chemine, entre paradoxes et clairvoyances, à travers les chemins sinueux de la liberté. Monsieur Toussaint, c’est l’Histoire, la tragédie dans sa part de lumière, de puissance d’errance. Édouard Glissant revisite Toussaint, évoquant la légende mais surtout ce qu’il appelle « La vision prophétique du passé ».

Pour réussir un poulet, Fabien Cloutier, 2014, L’instant même/Dramaturges éditeurs, 80 p., 9782895023579* (+)

On retrouve dans Pour réussir un poulet les personnages qui jalonnent l’univers de Fabien Cloutier. Des êtres dépassés qui, en tentant d’améliorer leur sort, ne peuvent faire autrement que de glisser dans le vortex de la déchéance. Si Fabien Cloutier réussit à nous faire rire, c’est pour mieux nous rappeler que les choses vont mal. De plus en plus mal.

Peroxyde, Simon Boulerice, 2014, Leméac, coll. « Théâtre Leméac », 96 p., 9782760904415* (+)

Une femme dans la cinquantaine, mariée à un culturiste amateur qui ne la regarde plus, cherche à ensoleiller son existence en se faisant teindre les cheveux en couleurs toujours plus ahurissantes. Son coloriste, entre-temps, devient l’amant d’un homme marié qui fait du culturisme… La narratrice de cette double trame, une patineuse artistique au sourire fendu par la lame d’un partenaire, devient elle-même personnage de ce chassé-croisé où virevoltent des êtres atypiques en quête d’autonomie, de rêve, d’humanité.

Le jeu des positions: Discours du théâtre québécois, Louis Patrick Leroux et Hervé Guay (dir.), 2014, Nota Bene, coll. « Séminaires », 407 p., 9782895184928* (+)

Dans un contexte d’émergence de pratiques individuelles reposant sur la singularité artistique, que dit le théâtre québécois actuel ? De quoi cause-t-il s’il n’est plus forcément lié à une cause ? Quel est le nouveau discours de ses artisans ? Notre collectif entend préciser quelles sphères du privé et du public les discours du théâtre québécois contemporain s’approprient, tout en tentant de comprendre l’évolution de ses discours à une époque où les arts de la scène oscillent entre « écritures du plateau » et retour en force de l’auteur dramatique au-devant de la scène.

LITTÉRATURE POLICIÈRE

Meurtres à Westmount, David Montrose, 2014, Hurtubise, 264 p., 9782897234607*

Montréal, fin des années 1940. Russell Teed est enquêteur privé à l’emploi de compagnies, habituellement pour tirer au clair des affaires de fraude. Une vieille connaissance de son Westmount natal lui confie une enquête qui le change de son ordinaire : Martha Scaley veut connaître le véritable état matrimonial de son gendre, John Sark. Une lettre anonyme lui fait soupçonner qu’il était déjà marié avant de convoler en justes noces avec sa fille Inez. Et chez les Scaley, on est riche et respectable, et on ne fait pas dans la bigamie. Arpentez le Montréal bouillonnant de l’après-guerre au côté de Russell Teed, dans une savoureuse traduction de Sophie Cardinal-Corriveau. Si vous avez aimé Chandler, Chase ou Jim Thompson, Meurtre à Westmount vous comblera.

Le détroit du Loup¸ Olivier Truc, 2014, Métailié, coll. « Noir », 409 p., 9782864249634*

Hammerfest est une petite ville de l’extrême nord de la Laponie, habitée par des éleveurs de rennes. Au détour du détroit du Loup, les morts se succèdent, laissant aux compagnies pétrolières tout pouvoir sur la ville. Klemet et Nina enquêtent pour découvrir le fin mot de l’histoire.

Deep Winter, Samuel W. Gailey, 2014, Gallmeister, coll. «Noire », 314 p., 9782351780787*

Danny, colosse orphelin et simple d’esprit depuis une tragédie advenue dans son enfance, retrouve le corps de Mindy, sa seule amie à Wyalusing en Pennsylvanie le soir de son quarantième anniversaire. Accusé de ce meurtre, toute la ville finit par le croire coupable. Une chasse à l’homme est alors lancée par le shérif, son adjoint et ses renforts.

EN FORMAT POCHE

Écorchée, Donato Carrisi, 2014, Livre de poche, coll. « Thriller », 519 p., 9782253179122*

Quand des personnes disparues depuis longtemps réapparaissent pour tuer, Mila Vasquez tente d’échafauder une hypothèse rationnelle pour expliquer ces faits.

SCIENCE-FICTION

Malphas T.4: Grande Liquidation, Patrick Senécal, 2014, Alire, 587 p., 9782896151103*

Parole de Sarkozy, je m’étais juré de ne pas remettre les pieds à Saint-Trailouin. Après tout, la vie de mon fils en dépendait, et c’est pour être près de lui que j’ai ouvert il y a quelques mois une boutique de livres d’occasion à Drummondville. Or, quand Émile m’a annoncé qu’il partait pour la France avec mon ex, j’ai un peu pété les plombs… avant de réaliser que je pourrais peut-être tirer avantage de cette situation. Me voilà donc de retour à Malphas. Avec l’aide de Simon Gracq – ça n’a pas été simple de le convaincre de me faire à nouveau confiance –, je compte enfin mener à terme mon enquête sur ce qui se passe dans la cave du cégep. Et régler une fois pour toutes mon différend avec les Archlax père et fils. Et découvrir la véritable identité de Rachel Red et les motivations secrètes qui l’animent… et rêvons un peu, l’animer à mon tour. Hélas, malgré le subterfuge qui me permettait d’évoluer en sécurité à Malphas, je dois admettre que le plan que j’avais imaginé pour arriver à mes fins a rapidement foiré. Et me voilà de nouveau dans le « gros trouble ». Mais cette fois, je ne suis pas le seul dans le pétrin, car la grève étudiante est imminente à Malphas. Et un raz-de-marée de carrés rouges à Saint-Trailouin, ça risque d’être plus intense qu’ailleurs…

The expanse T.1: L’éveil du Léviathan, James S.A.Corey, 2014, Actes Sud, 624 p., 9782330033118*

L’humanité a colonisé le système solaire. Jim Holden est second sur un transport de glace qui effectue la navette entre les anneaux de Saturne et les stations installées dans la Ceinture d’Astéroïdes. Quand il croise la route du Scopuli, un appareil à l’abandon, il se retrouve en possession d’un secret bien encombrant. Un secret pour lequel certains sont prêts à tuer. De son côté, l’inspecteur Miller recherche une jeune femme. Quand l’enquête le mène au Scopuli et à Holden, Miller comprend que cette jeune femme est peut-être la réponse à tout. S’il ne découvre pas rapidement qui a abandonné ce vaisseau, et pourquoi, le conflit latent entre le gouvernement de la Terre et les Rebelles risque de se réveiller. Avec ce premier volume de la série  Expanse, James S. A. Corey signe « un space opera à tomber à la renverse » (George R. R. Martin).

Après la chute, Nancy Kress, 2014, ActuSF, 260 p., 9782917689684*

L’Apocalypse a eu lieu. Ils ne sont plus qu’une poignée et leur survie ne tient qu’à une machine. Remontant dans le temps, avant la Chute, ils volent nourriture, vêtements… enfants. Mais ces kidnappings ne passent pas inaperçus. Le FBI est sur les dents. Au même moment, une mutation bactérienne affole les scientifiques. Le compte à rebours a commencé. Entre thriller écologique et drame postapocalyptique, Après la chute, couronné par les prix Locus et Nebula, est un vibrant appel à la préservation de la planète. Par l’auteur de L’une rêve, l’autre pas (Grand Prix de l’Imaginaire).

EN FORMAT POCHE

L’armée des morts: Une anthologie zombie, collectif, 2014, Panini, coll. « Eclipse », 515 p., 9782809441345*

Les morts se relèvent et errent dans les rues en traquant les derniers survivants. Christopher Golden, auteur américain à succès, rassemble dans ce recueil 19 nouvelles de zombies par les plus grands auteurs d’aujourd’hui : Joe Hill, Max Brooks, Kelley Armstrong, Tad Williams, John Connolly et bien d’autres…

Fugues, Lewis Shiner, 2014, Gallimard, coll. « Folio SF », 488 p., 9782070455737*

Ray Shackleford, réparateur de matériel hi-fi, se noie dans l’alcool et la musique pour tenter d’oublier une vie de couple chaotique et les brimades de son père. À la mort de ce dernier, sa vie bascule. Il se découvre un don singulier : il a le pouvoir de se projeter dans l’univers de ses groupes de rock favoris, d’enregistrer des versions inédites de leurs chansons. Poussé par Graham Hudson de Carnival Records, il accepte d’enregistrer l’album mythique et inédit des Doors : Celebration of the Lizard. Mais ces fugues vers le passé sont-elles sans conséquence ? Roman initiatique, réflexion sur le deuil, Fugues est aussi un magnifique hommage au rock des années 1960-1970 où l’on croise, entre autres, Jim Morrison, Brian Wilson, Jimi Hendrix ou les Beatles. Il a reçu le World Fantasy Award en 1994.

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* * *

Tous les textes proviennent des éditeurs, sauf lorsqu’il y a mention d’auteur.

Sélection : Benoit Desmarais – litt. étrangère ; Maxime Nadeau – litt. québécoise, poésie et théâtre ; Morgane Marvier – policier ; Caroline Scott – science-fiction.

 


29 septembre 2014  par nos libraires

Littératures : les parutions d’août

Comme chaque mois, notre équipe de libraires passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour en repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces nouveaux titres, question d’aiguiser votre appétit livresque…


LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE

Contrecoups, Nathan Filer, 2014, M. Lafon, 368 p., 9782749923345*

Matthew a 19 ans, et c’est un jeune homme hanté. Par la mort de son grand frère, dix ans auparavant. Par la culpabilité. Par la voix de Simon qu’il entend partout, tout le temps…

Pour comprendre son passé et s’en libérer, Matthew dessine, écrit. Il raconte l’enfance étouffée par la perte, la douleur silencieuse de ses parents ; l’adolescence ingrate brouillée par les nuages de marijuana ; la lente descente dans la folie, l’internement… Mais aussi, avec un humour mordant, le quotidien parfois absurde et toujours répétitif de l’hôpital psychiatrique, les soignants débordés, l’ennui abyssal… Et le combat sans cesse renouvelé pour apprivoiser la maladie, et trouver enfin sa place dans le monde. Bouleversant, tourmenté, souvent drôle, Contrecoups est un roman tendre et courageux, porté par une voix absolument unique.

Et rien d’autre, James Salter, 2014, l’Olivier, 364 p., 9782823602906*

La Seconde Guerre mondiale touche à sa fin. À bord d’un porte-avions, au large du Japon, Philip Bowman rentre aux États-Unis. Il a deux obsessions, qui l’accompagneront tout au long de sa vie : la littérature et la quête de l’amour. Embauché par un éditeur, il découvre un milieu très fermé, fait de maisons indépendantes, et encore dirigées par ceux qui les ont fondées. Bowman s’y sent comme un poisson dans l’eau, et sa réussite s’avère aussi rapide qu’indiscutable. Reste l’amour, ou plutôt cette sorte d’idéal qu’il poursuit, et qui ne cesse de se dérober à lui. L’échec d’un premier mariage, l’éblouissement de la passion physique et le goût amer de la trahison sont quelques-uns des moments de cette chasse au bonheur dont l’issue demeure incertaine.

Le complexe d’Eden Bellwether, Benjamin Wood, 2014, Zulma, 528 p., 9782843047077* (+)

Benjamin Wood, né en 1981, a grandi dans le nord-ouest de l’Angleterre. Amplement salué par la critique et finaliste de nombreux prix, Le Complexe d’Eden Bellwether est son premier roman.

« D’autres auteurs avant lui ont exploré la proximité entre génie et folie, mais Wood traite cette thématique familière avec une fraîcheur et une intelligence qui laissent présager de grandes choses à venir. »
—  Times Literary Supplement

Big Brother, Lionel Shriver, 2014, Belfond, 433 p., 9782714456274*

Femme d’affaires en pleine réussite, mariée à Fletcher, un artiste ébéniste, belle-mère de deux ados, Pandora n’a pas vu son frère Edison depuis quatre ans quand elle accepte de l’héberger. À son arrivée à l’aéroport, c’est le choc : Pandora avait quitté un jeune prodige du jazz, séduisant et hâbleur, elle découvre un homme obèse, contraint de se déplacer en fauteuil, négligé, capricieux et compulsif. Que s’est-il passé ? Comment Edison a-t-il pu se laisser aller à ce point ? Pandora a-t-elle une part de responsabilité ? Entre le très psychorigide Fletcher et le très jouisseur Edison, la tension ne tarde pas à monter et c’est Pandora qui va en faire les frais. Jusqu’à se retrouver face au pire des dilemmes : choisir entre son époux et son frère. Pourra-t-elle sortir son frère de la spirale dans laquelle il s’est enfermé ? Edison le veut-il seulement ? Peut-on sauver malgré eux ceux qu’on aime?

L’Île du Point Nemo, Emmanuel Blas de Roblès, 2014, Zulma, 460 p., 9782843046971*

Avec une ironie abrasive, ce roman-tsunami emporte toutes les constructions réalistes habituelles et ouvre d’extraordinaires horizons de fiction. Cette folle équipée romanesque est aussi la plus piquante réflexion sur l’art littéraire, doublée d’une critique radicale des idéologies et de la gouvernance anonyme, tentaculaire, qui nous aliène jusque dans notre intimité. Né en 1954 à Sidi-Bel-Abbès, Emmanuel Blas de Roblès est l’auteur, chez Zulma, du monumental Là où les tigres sont chez eux (Prix Médicis 2008).

EN FORMAT POCHE

Le quatrième mur, Sorj Chalandon, 2014, Livre de Poche, 330 pages, 9782253182504*

L’idée de Samuel était belle et folle : monter l’Antigone de Jean Anouilh à Beyrouth. Voler deux heures à la guerre, en prélevant dans chaque camp un fils ou une fille pour en faire des acteurs. Puis rassembler ces ennemis sur une scène de fortune, entre cour détruite et jardin saccagé. Samuel était grec. Juif, aussi. Mon frère en quelque sorte. Un jour, il m’a demandé de participer à cette trêve poétique. Il me l’a fait promettre, à moi, le petit théâtreux de patronage. Et je lui ai dit oui. Je suis allé à Beyrouth le 10 février 1982, main tendue à la paix. Avant que la guerre ne m’offre brutalement la sienne.

Coupables, Ferdinand von Schirach, 2014, Gallimard/Folio, 224 p., 9782070457137*

Ces quinze nouvelles racontent les destins d’hommes et de femmes qui basculent dans la violence ou le crime.

 

LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE ET CANADIENNE

Aux jardins des acacias, Marie-Claire Blais, 2014, Boréal, 224 p., 9782764622261* (+)

En lisant Marie-Claire Blais, c’est un sentiment d’éblouissement qui nous envahit, éblouissement devant une œuvre qui capte la vie avec une telle intelligence, sans jamais en trahir la complexité. C’est le caractère si éminemment fragile de cette conscience qui nous bouleverse. L’amour, la joie, le pur plaisir de vivre, sont omniprésents, et d’autant plus précieux que sans cesse menacés.

Fabrications: Essai sur la fiction et l’histoire, Louis Hamelin, 2014, PUM, 232 p., 9782760633179* (+)

Essai ludique au ton personnel, Fabrications raconte les huit années d’une passionnante enquête intellectuelle pendant lesquelles Louis Hamelin a écrit La constellation du Lynx. Ce roman a parfois été perçu comme un document politique ou un ouvrage historique ; à l’inverse, le présent essai sera peut-être pris pour une œuvre de fiction. Pourtant, à part Samuel Nihilo, l’alter ego fictif de l’auteur, les personnages qu’on y rencontre existent ou ont déjà existé — même si leurs noms ont parfois été modifiés — et leurs propos sont rapportés avec le souci de traduire au mieux leur pensée. Où se trouve le plus de vérité ? Dans le patient réexamen des faits qui préside à la fabrication artisanale du romancier ou dans les récits tout aussi construits qui forment la « version officielle », avec sa narration univoque et ses prétentions à l’authenticité ? Il y a une histoire secrète qui, à l’instar de la littérature, fabrique des récits. D’une même matière surgissent des interprétations antagonistes, dont l’une s’imposera en repoussant les autres dans la fiction. Voici donc la vraie histoire de Samuel Nihilo.

La ballade d’Ali Baba, Catherine Mavrikakis, 2014, Héliotrope, 212 p., 9782923975436* (+)

Guidée par la prose énergique et drôle de Catherine Mavrikakis sur la route échevelée de Vassili, La ballade d’Ali Baba traverse les abîmes de la mort et de la vie avec une stupéfiante habileté.

La revanche de l’écrivaine fantôme, David Turgeon, 2014, Le Quartanier, coll. « Série QR », 168 p., 9782896981854* (+)

Un train déraille. Bon début. L’aventure peut commencer. Johanne Delambre se met à écrire. Elle aura beaucoup de succès. Tous les ingrédients sont réunis pour un roman plein de suspense et de rebondissements. Un roman? Pourquoi pas trois romans. Mais d’abord, un train doit dérailler.

La mandibule argentée, Bertrand Busson, 2014, Marchand de feuilles, 380 p., 9782923896359* (+)

Hubert Morille, dentiste légiste, a non seulement la belle Palerme à son tableau de chasse, mais il guérit l’insomnie par traitement de canal et a travaillé sur plusieurs cas célèbres : le mordeur du quai, les dentiers de Gugeot, la prémolaire des La Rochelle. Telles des comètes, ils laissent tous une traînée de meurtres que Morille doit résoudre comme un porteur de lumière.

EN FORMAT POCHE

Trop de bonheur, Alice Munro, 2014, Points, 400 p., 9782757843284* (+)

Ces dix nouvelles mettent en scène des personnages qui courent après le bonheur en tentant de surmonter le deuil, l’humiliation ou une crise conjugale. Un des récits fait le portrait de Sofia Kovalevskaïa, une mathématicienne russe du XIXe siècle qui fut l’une des premières femmes à enseigner dans une université européenne.

Dialogues d’hommes et de bêtes, Félix Leclerc, 2014, Fides, coll. « Biblio-Fides », 240 p., 9782762137866*

Écrits d’abord pour être lus à la radio, les récits de ce recueil ont été publiés pour la première fois en 1949.

 

POÉSIE

Tête première dos contre dos, Martine Audet, 2014, Noroît, 82 p., 9782890188891*

« À chaque page de ce qui pourrait bien être le plus beau de ses recueils, Martine Audet pose ses mots comme des gemmes, des pétales ou des feuilles, avec la délicatesse d’une thésauriseuse, chaque texte tendant vers l’essentiel, vers sa nécessité absolue. »
– Hugues Corriveau, Le Devoir

Éclairer le ciel, exposer l’ombre, Yannick Renaud, 2014, Herbes Rouges, 110 p., 9782894194300*

À l’ère de la surexploitation de la photographie, quelle importance accorder à une image ? Laquelle attire notre attention, laquelle nous émeut. Pourquoi ? Et encore, quelle valeur lui accorder ? Le témoignage historique ? L’œuvre d’art ? La trace ? Toute photographie sortie de son contexte nous pousse sur les chemins de la spéculation. Yannick Renaud conjugue ici le crayon et la loupe pour recomposer la vie à partir d’images. On assiste à la fabrication du sens.

Rapport de stage en milieu humain, Bertrand Laverdure, 2014, Triptyque, 68 p., 9782890319400*

J’ai souffert, c’est banal. Mon stage personnel chez les humains se déroule sans tragédie, pour le moment. Néanmoins, la douleur sans plaie existe, la douleur des craquements post-relationnels existe. En tant que stagiaire perpétuel chez les êtres humains, il m’arrive de commenter, dans le cadre d’un rapport, le kaléidoscope en forme de corps grave de mes passions.

Marbre, Daphnée Azoulay, 2014, Herbes Rouges, 118 p., 9782894194430*

 

THÉÂTRE

Le grand livre du théâtre, Luc Fritsch, 2014, Eyrolles, coll. « Le grand livre », 529 p., 9782212559675*

Un panorama de l’histoire, des genres et des pratiques du théâtre, depuis l’Antiquité jusqu’à aujourd’hui, en France et en Europe. L’ouvrage aborde également les auteurs, les acteurs et les metteurs en scène.

Ivo Van Hove, Ivo Van Hove (introduction et entretiens par Frédéric Maurin), 2014, Actes Sud, coll. « Théâtre – Mettre en scène », 89 p., 9782330023911*

Belge établi à Amsterdam où il dirige la plus grande troupe des Pays-Bas, le Toneelgroup Amsterdam, I. Van Hove est metteur en scène pour le théâtre et l’opéra. Il livre ici son parcours, le contexte de création de ses spectacles et ses idées sur la mise en scène, sous forme d’entretiens à questions thématiques.

Notes de service: Lettres aux acteurs et autres textes (1944-1967), Jean Vilnar, 2014, Actes Sud, coll. « Le Temps du théâtre », 242 p., 9782330031770*

Ces textes, rédigés par Jean Vilar de 1944 à 1967, permettent de comprendre le regard de l’homme de théâtre, qui au fur et à mesure de son expérience, s’élargit de la scène à l’autour de la scène.

 

LITTÉRATURE POLICIÈRE

 Repentir(s), Richard Ste-Marie, 2014, Alire, coll. « GF », 336 p., 9782896151127*

Un double meurtre a été commis à la galerie Arts Visuels Actuels. Outre Gaston « Faby » Lessard, le propriétaire des lieux, Frédéric Fortier, lieutenant de police à la Ville de Montréal, fait partie des victimes et c’est pourquoi le sergent-détective Francis Pagliaro, de la Sûreté du Québec, est chargé de l’enquête. En interrogeant les personnes avec lesquelles Lessard avait rendez-vous dans la journée, Pagliaro réalise que le galeriste était loin d’être un enfant de chœur. De fait, les arnaques et les fraudes dont l’enquêteur apprend l’existence au fil des jours le laissent pantois, lui qui avait toujours cru en la noblesse du monde des arts visuels. Or, si les mobiles pour tuer Lessard abondent, c’est l’inverse pour Fortier, un policier près de la retraite et à la carrière irréprochable. Dès le début, Pagliaro a pris l’habitude de venir chaque soir sur les lieux du crime pour admirer les tableaux de l’exposition d’Andrew Garrison, intitulée Repentirs, ensemble de paysages et de personnages fugaces qui surgissent des palimpsestes picturaux de l’artiste peintre, mais aussi pour réfléchir sur son enquête, dont un des indices ne cesse de l’étonner : pourquoi donc l’assassin a-t-il pris soin de replacer dans son écrin la somptueuse dague, création d’une joaillière représentée par la galerie, dont il s’est servi pour semer la mort ?

Déni, Anna Raymonde Gazaille, 2014, Leméac, 272 p., 9782760933811*

Parc-Extension, l’un des quartiers les plus multiethniques de Montréal. Une jeune fille en maillot de bain est retrouvée pendue par son hijab au tremplin de la piscine municipale intérieure. Le sang s’écoule de ses poignets incisés, rougissant l’eau sous elle. Sa longue chevelure noire, déployée, cache en partie son visage. Suicide ? Homicide ? Crime d’honneur ? Paul Morel et ses collègues naviguent à l’aveugle dans un monde qui leur est étranger, se heurtant à une communauté repliée sur ses propres codes. Avec l’aide précieuse de la détective Josée Fortier, pilier du poste 33 et rompue aux moeurs de son quartier, ils s’aventureront dans une enquête aux ramifications nombreuses et surprenantes. Le multiculturalisme et les « accommodements raisonnables » sont au cœur de ce deuxième roman policier d’Anna Raymonde Gazaille, qui met en scène son inspecteur-vedette et son équipe du Service de police de la Ville de Montréal. Avec son écriture maîtrisée et son intrigue tissée serré, l’auteure de Traces prouve encore une fois qu’elle est de la trempe des meilleurs.

Dark secrets 2, Michael Hjorth et Hans Rosenfeldt, 2014, Prisma, 616 p., 9782810412860*

Sebastian Bergman réintègre son ancienne équipe afin de pouvoir enquêter sur un assassin qui reproduit les meurtres d’Edward Hinde, un serial killer manipulateur qu’il a lui-même arrêté.

Bloody Cocktail, James M. Cain, 2014, Archipel, 297 p., 9782809815443*

Au début des années 1960, dans le Maryland, Joan Medford est soupçonnée d’avoir provoqué l’accident de voiture de son mari violent. Elle trouve un travail de serveuse dans un bar à cocktails, pour récupérer la garde de son fils. Elle rencontre deux hommes, l’un est jeune et fougueux, l’autre est vieux et riche. Amoureuse du premier, elle épouse le second, qui meurt empoisonné.

EN FORMAT POCHE

 

Hitler’s day, Elmore Leonard, 2014, Rivages, coll. « Rivages Noir », 365 p., 9782743628338*

À Detroit, Walter Schoen, boucher d’origine allemande, pense qu’il est le jumeau d’Himmler, dont il aurait été séparé à la naissance. Honey, son ex-femme, n’a jamais su grand-chose de ses activités d’espionnage. Sur la piste de Jürgen Schrenk, un officier nazi évadé d’un camp de prisonniers de l’Oklahoma, Cab Webster pense que Walter le cache et espère que Honey pourra l’aider à le retrouver.

Regarde-moi, Natasha Beaulieu, 2014, Alire, coll. « Roman », 364 p., 9782896151080*

Quatre personnages que tout sépare, deux hommes et deux femmes qui ont des conceptions différentes – déviantes ? – de l’amour. Or, contre toute attente, leurs existences s’entrelacent de façon inextricable, et pendant que chacun cherche un sens à la vie, c’est la mort qui s’apprête à frapper !

Nobody, Dan Wells, 2014, Pocket, coll « Thriller », 381 p., 9782266246460*

Obsédé par les tueurs en série, John Wayne Cleaver veut s’attaquer aux éléments les plus meurtriers de la société. Le serial killer qu’il a choisi de défier en l’attirant dans sa petite ville tranquille de Clayton se nomme Nobody. Après quelques semaines d’attente, des meurtres commencent enfin à ensanglanter Clayton. Nobody est bel et bien là.

Sa vie dans les yeux d’une poupée, Ingrid Desjours, 2014, Pocket, coll. « Thriller », 339 p., 9782266247610*

Barbara Bilessi est une douce esthéticienne de 24 ans qui ne parvient pas à surmonter l’agression dont elle a été victime. Le capitaine de police Marc Percolèse, qui vient d’être amputé d’une jambe, se demande si elle ne pourrait pas l’aider à retrouver le monstre qui torture des hommes, la nuit tombée.

Red room Lounge, Megan Abbot, 2014, Livre de poche, coll. « Policier », 281 p., 9782253161516*

Lora King, une jeune enseignante, vit avec son frère, Bill, dans la maison familiale, près de Los Angeles. Lorsque Bill se marie avec Alice, une mystérieuse jeune femme au passé trouble, Lora est bientôt contrainte de déménager. Une rivalité s’installe alors entre les deux belles-sœurs, teintée de jalousie, de fascination et de tension.

 

SCIENCE-FICTION ET FANTASTIQUE

Épouvante et surnaturel en littérature, H.P. Lovecraft, 2014, Pierre-Guillaume de Roux, 249 p., 9782363710796*

Article de 1927 dans lequel le maître de la littérature fantastique présente le genre du récit d’horreur surnaturelle, son histoire, ses grandes figures, ses ressorts, etc.

Stoner road, Julien Heylbroeck, 2014, ActuSF, 331 p., 9782917689660*

Josh et Luke enquêtent sur la disparition de l’ex-compagne du premier et de la sœur du second. Elles ont toutes deux participé au concert d’un mystérieux groupe dans le désert, ce qui constitue le point de départ de leurs recherches. Peu à peu, Josh, toxicomane, semble être sous l’emprise d’une puissante entité.

Créatures de l’ombre, Joseph Sheridan Le Fanu, 2014, Omnibus, 883 p., 9782258108332*

Six œuvres fantastiques de l’écrivain irlandais.

On the way to a smile: Final fantasy VII: Kazushige Nojima, 2014, Lumen, 278 p., 9782371020023*

Sept nouvelles qui se déroulent dans les deux années qui suivent les événements du jeu vidéo Final Fantasy VII et permettent de savoir comment Denzel a perdu ses parents, pourquoi Cloud s’est éloigné de Tifa après l’ouverture du Septième Ciel, dans quelle quête Barret et Cid s’aventurent, etc.

La zone du dehors, Alain Damasio, 2014, La Volte, 492 p., 9782370490018*

2084. Le totalitarisme s’est mué en une social-démocratie lénifiante. Au cœur de ce consensus émerge un mouvement, la Volte, dont le pays est le Dehors, et qui a pour seule arme la subversion. Prix européen Utopiales 2007 des Pays de la Loire.

EN FORMAT POCHE

La machine s’arrête, E.M. Forster, 2014, Le pas de côté, 109 p., 9791092605051*

Dans un monde où les individus, isolés et dépendants de la machine qui dirige le monde, communiquent par le biais d’écrans, Vashti hésite à quitter le confort de sa cellule pour rendre visite à son fils Kuno en Australie. Mais le jeune homme prétend préférer le contact direct pour se confier à elle. Nouvelle parue pour la première fois en 1909.

Capitaine Fuck, Philippe Tagli, 2014, Baleine, 348 p., 9782842195175*

Capitaine Fuck est le plus grand dépressif de l’espace. Son dernier plaisir est de fumer des cigarettes dopées au menthol. Il est comme un vaisseau percuté de toutes parts, fatigué, dans une épave dans laquelle plus rien ne marche.

La sinsé gravite au 21, Roland C. Wagner, 2014, Hélios, 283 p., 9782917689653*

Des vertes collines de la Terre jusqu’au cœur de nulle part, Viper, poursuivi par la justice, doit accepter une mission sur une planète colonisée par des capitalistes forcenés.

Contes et Légendes inachevés, J.R.R. Tolkien, 2014, Pocket, coll. « Science-fiction. Fantasy. », 526 p., 9782266250207*

Les aventures des habitants de la Terre du Milieu : Bilbo, Gandalf, Tom Bombadil, Galadriel…

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Tous les textes proviennent des éditeurs, sauf lorsqu’il y a mention d’auteur.

Sélection : litt. étrangère – Benoit Desmarais ; litt. québécoise, poésie et théâtre – Maxime Nadeau ; policier – Morgane Marvier ; science-fiction – Caroline Scott.


4 septembre 2014  par Le Délivré

Nos meilleures ventes d’août 2014: Littératures

En août, au Québec, on aimerait que les vacances ne soient pas terminées mais, dure réalité, c’est bien un air de rentrée qui se fait sentir… Les nouveautés se font attendre, mais nos lecteurs et nos lectrices profitent encore des belles fins de semaine pour se plonger dans les succès littéraire de l’été ou pour se rattraper sur les parutions de l’année.  Voici donc ce qui a capté leur attention.

ROMANS QUÉBÉCOIS ET CANADIENS

1- Métis Beach, Claudine Bourbonnais, 2014, Éditions du Boréal, 456 p., 9782764623053

« Croyez-vous en Dieu, monsieur Carr ? » Cette question, on me la poserait souvent désormais, et toujours avec un air entendu. Comme si, déjà, on cherchait à débusquer en moi l’imposteur. Après tout : ne pas croire en Dieu dans ce pays n’est-il pas antiaméricain ? À cinquante ans, le scénariste Roman Carr est au sommet de sa gloire. Sa série télévisée In Gad We Trust, satire cinglante de l’Amérique et de sa relation avec Dieu, fait un tabac. Roman Carr, né Romain Carrier, se taille une place enviable à Hollywood, aboutissement d’un long parcours tortueux pour ce Gaspésien qui a fui son village dans des circonstances troubles en 1962, à l’âge de dix-sept ans. À la fois roman d’apprentissage et fresque historique, Métis Beach est le grand récit de l’Amérique des sixties. Il traduit à merveille l’extraordinaire mouvement de libération qui a marqué cette époque, les dérèglements qui l’ont accompagné, mais surtout l’irrépressible idéalisme qui a emporté toute une jeunesse. Métis Beach est l’histoire d’un homme qui a vu son rêve se réaliser puis lui échapper. C’est une célébration du bien suprême qu’une certaine Amérique a rêvé de léguer : le droit de chacun à la liberté.

2- L’orangeraie, Larry Tremblay, 2013, Éditions Alto, 168 p., 9782896941698

Quand Amed pleure, Aziz pleure aussi. Quand Aziz rit, Amed rit aussi. Ces frères jumeaux auraient pu vivre paisiblement à l’ombre des orangers. Mais un obus traverse le ciel, tuant leurs grands-parents. La guerre s’empare de leur enfance et sépare leurs destins. Des hommes viennent réclamer vengeance pour le sang versé. Amed, à moins que ce ne soit Aziz, devra consentir au plus grand des sacrifices. Et tous payeront le tribut des martyrs, les morts comme ceux qui restent. Larry Tremblay frappe encore un grand coup, mais vise cette fois le coeur, laissant au lecteur le soin de départager les âmes pures des fourbes, les fanatiques des héros. Un texte à la fois actuel et hors du temps qui possède la force brute des grandes tragédies et le lyrisme des légendes du désert.

3- Les orphelins irlandais, Micheline Dalpé, 2014, Éditions Goélette, 430 p., 9782896905775

Irlande, 1824. La colère gronde entre les Irlandais catholiques et les Anglais protestants. Daniel, jeune irlandais récemment enrôlé, n’a pas envie de se battre toute sa vie pour défendre sa nation contre l’Angleterre. Sa solution : déserter. Et c’est par les eaux qu’il décide de s’enfuir avec sa jolie Mary vers l’Amérique, terre d’un nouveau départ. De Cobh jusqu’à New York, et enfin Saint-Jacques-de-l’Achigan, le périple est long, mais leurs  espoirs sont grands. Reste à voir si le Bas-Canada saura combler leurs attentes et leur offrir le bonheur tant désiré. Grâce à sa plume empreinte d’authenticité, Micheline Dalpé nous transmet, encore une fois, un récit qui saura nous émouvoir. À travers l’histoire de l’immigration irlandaise sur nos terres, elle aborde les thèmes de l’exil, de l’amour et de la famille comme elle seule sait le faire, nous présentant ainsi les destins touchants de ses personnages au grand cœur.

4- Clinique Valrose Volume 2: L’enfant tel un jouet brisé, Francine Allard, 2014, Éditions La Semaine, 272 p., 9782897032081

Dans ce deuxième tome de Clinique Valrose, les esprits doivent faire face aux nouvelles réalités : les femmes médecins sont plus nombreuses que leurs collègues masculins et alors que certaines sont lesbiennes ou voilées, d’autres soignent leurs patients à l’aide de granules homéopathiques. Autour de cette réalité qui représente bien la société, les quatre propriétaires de la clinique continuent à étonner : Mathieu Crevier rencontre des écueils amoureux insurmontables, Fabienne Lanthier vit ses amours à distance, Mélissa O’Brien songe à l’adoption et Benoît Raymond vit le pire de tous les drames. Aussi, afin d’offrir à la population de Sainte-Marie tous les services d’une polyclinique, la clinique Valrose voit sa surface doubler et accueillir des médecins spécialistes. Mais l’intrigue de ce deuxième tome repose principalement sur les enfants qui naissent avec le VIH, la vie en Haïti depuis le séisme de 2012 et les beautés saisissantes de ce joyau des Antilles.

5e ex-aequo

Recommencements, Hélène Dorion, 2014, Éditions Druide, 128 p., 9782897111236

Durant cet après-midi de profonde intimité où je suis allée conduire ma mère vers sa mort, j’ai touché au plus grand dénuement, à ce très peu auquel nous tenons véritablement, lorsqu’un fil casse. Il ne restait que l’amour. Que cet ineffable mystère qu’on appelle Amour – avec un grand A pour dire combien il nous dépasse – et qui ne se trouve nulle part ailleurs qu’en soi. Comment nous abandonner aux vagues (rupture, deuil, maladie…) qui surgissent parfois dans nos vies et nous renversent, pour ensuite aller vers les recommencements auxquels nous sommes conviés ? L’écrivaine s’interroge, retourne sur ses pas, refait le trajet jusqu’à l’enfance. Elle retrouve au passage l’île où les grands vents de la vie avaient soufflé sur la sienne. Ainsi est-on amené à danser avec ce qui nous éprouve avant de devenir cette maison que l’on est pour soi-même.

Le sort de Bonté III, Alain Poissant, 2013, Éditions Sémaphore, 92 p., 9782923107264

Francis, un éleveur de vaches holsteins, travaille dur et souhaiterait avoir une compagne. Graziella, une mère monoparentale, cherche du travail et aimerait avoir un compagnon. Rencontre improbable de deux êtres solitaires, dans une petite ville où ne pas être utile signifie mourir à petit feu.

L’épicerie Sansoucy Volume 1: Le p’tit bonheur, Richard Gougeon, 2014, Les Éditeurs Réunis, 408 p., 9782895855019

Au milieu des années 1930, dans le quartier ouvrier de Maisonneuve, la pauvreté règne, le chômage est le pain quotidien des miséreux. La famille nombreuse de Théodore Sansoucy s’entasse dans un logement au-dessus de son épicerie-boucherie avec les soeurs de sa femme Émilienne, toutes trois nouvellement installées chez elle. Irène, l’aînée des enfants Sansoucy, est la vieille fille sage de la maisonnée. Elle essaie de tempérer tout le monde quand les situations s’enveniment, ce qui arrive souvent puisque affaires et famille font rarement bon ménage. Forte tête, Léandre travaille au magasin, et la tension monte entre son père et lui. Marcel, étudiant peu talentueux, livre les commandes et tient le rôle de souffre-douleur du commerçant qui se montre parfois plus patron que père. L’intellectuel Édouard, quant à lui, rêve de se marier avec la fille du notaire Crochetière, chez qui il fait son apprentissage de clerc. Il ne s’intéresse nullement aux siens et encore moins à l’épicerie. Simone, la « petite perle » du clan, amoureuse d’un Irlandais au grand dam du paternel, ainsi que l’impénétrable Placide, membre de la congrégation de Sainte-Croix qui aspire à marcher sur les pas du frère André, complètent le portrait de cette famille consacrant ses énergies à satisfaire la clientèle en ces temps difficiles. La vie de quartier s’anime autour de la petite épicerie. Derrière le comptoir, Sansoucy reçoit des confidences, les dames venant colporter les ragots parfois cocasses du voisinage. Cependant, les commentaires sont bien moins drôles à entendre lorsqu’ils concernent sa vie familiale. Surtout s’il s’agit des frasques de ses enfants…

EN POCHE

1- Les frères Sisters, Patrick DeWitt, 2013, Éditions Alto, coll. Coda, 448 p., 9782896941650

Hermann Kermit Warm doit mourir. Le Commodore qui en a décidé ainsi a envoyé aux trousses du chercheur d’or les frères Eli et Charlie Sisters, tueurs à gages aux tempéraments radicalement opposés mais d’égale (et sinistre) réputation. Hermann Kermit Warm est un homme mort. À moins que les apparences s’avèrent trompeuses, que les truands ne soient pas ceux que l’on croit, qu’une crise de vocation ou une rage de dents frappent ? Ponctuée de rencontres inoubliables, d’idylles impossibles, de petites et de grandes cruautés, cette histoire improbable arrosée de mauvais whisky est à la fois un hommage au western et une spectaculaire réinvention du genre. Un pur moment de joie littéraire, un périple à dos de canasson qui vous laissera des bleus aux fesses. Prix des libraires du Québec 2013 – Roman Hors-Québec

2- Amie de ma jeunesse, Alice Munro, 2014, coll. Points, 352 p., 9782757841198

Des vies entières évoquées tandis qu’hommes et femmes se remémorent les événements, les regrets, les rêves enfouis, les choix, parfois difficiles, les existences prises sur le vif. Prix Nobel de littérature 2013.

3- Testament, Vickie Gendreau, 2014, Éditions du Boréal, coll. Compact, 160 p., 9782764622933

Testament fait entendre la voix moqueuse et véhémente d’une écrivaine de vingt-trois ans, nourrie tant par la littérature que par la musique underground et YouTube. Son sens de l’image, son autodérision implacable et la justesse de l’émotion dans chaque phrase font de ce livre une oeuvre sans compromis. À l’image d’une jeune femme qui a vécu sans retenue, et pour qui la littérature a importé jusqu’au dernier jour.

ROMANS ÉTRANGERS

1- Comme un chant d’espérance, Jean d’Ormesson, 2014, Éditions Héloïse d’Ormesson, 120 p., 9782350872766

Disons les choses avec simplicité, avec une espèce de naïveté : il me semble impossible que l’ordre de l’univers plongé dans le temps, avec ses lois et sa rigueur, soit le fruit du hasard. Du coup, le mal et la souffrance prennent un sens – inconnu de nous, bien sûr, mais, malgré tout, un sens. Du coup, je m’en remets à quelque chose d’énigmatique qui est très haut au-dessus de moi et dont je suis la créature et le jouet.  Je ne suis pas loin de penser qu’il n’y a que l’insensé pour dire :  » Il n’y a pas de Dieu.  » Je crois en Dieu parce que le jour se lève tous les matins, parce qu’il y a une histoire et parce que je me fais une idée de Dieu dont je me demande d’où elle pourrait bien venir s’il n’y avait pas de Dieu.

2- Le scandale des eaux folles Volume 1, Marie-Bernadette Dupuy, 2014, Éditions JCL, 640 p., 9782894315002

Pays du Lac-Saint-Jean, fin mai 1928. Pendant que de nouvelles crues dévastatrices frappent les propriétés des riverains installés en bordure de cette véritable mer intérieure, Emma Cloutier est retrouvée noyée près de la ferme ancestrale. Ce deuil cruel sèmera la discorde et le mensonge dans la famille Cloutier, surtout lorsque Jacynthe, la sœur ainée d’Emma, tentera de comprendre ce qui s’est réellement passé. Quand son ancien fiancé tente de renouer avec elle, la jeune infirmière découvre peu à peu les sombres secrets que préservait jalousement sa sœur, une institutrice à l’allure si sage, que tous croyaient bien connaître. Le Scandale des eaux folles, premier tome de cette nouvelle série, encore une fois implantée dans cette magnifique région québécoise qu’est le Saguenay—Lac-Saint-Jean, démarre en trombe dès la première ligne. Inspiré de faits authentiques, il garde le lecteur hors d’haleine jusqu’à la toute fin, alors qu’au fracas des vagues du majestueux lac, quand souffle le terrible vent du nord-est, se mêlent désespoir, peur et non-dits. Du Marie-Bernadette Dupuy à son meilleur, l’auteure que des millions de lectrices et lecteurs à travers le monde apprécient hautement.

3- L’invité du soir, Fiona McFarlane, 2014, Éditions de l’Olivier, 268 p., 9782823601664

Ruth, 75 ans, vit avec ses chats dans une maison isolée du bord de mer. Un soir, une aide-ménagère, Frida, se présente à elle. Ruth accepte cette femme au fort caractère et, peu à peu, la confiance s’installe. La nuit, Ruth croit entendre un tigre rugir dans son salon. Puis Frida emménage chez Ruth, sans l’avoir prévenue. Premier roman.

4- Mr Gwyn, Alessandro Baricco, 2014, Éditions Gallimard, 183 p., 9782070142361

En dépit du succès de ses trois premiers romans, Jasper Gwyn, jeune écrivain britannique, décide de rompre avec l’écriture romanesque. Il décide de réaliser des portraits écrits dépassant la simple description et se met en quête de modèles, dont il relate l’histoire. A travers la fiction se dévoile l’interrogation de l’auteur sur la nature véritable de l’artiste.

5e ex-aequo

La splendeur de Cavendon Hall, Barbara Taylor Bradford, 2014, Presses de la Cité, 407 p., 9782258109933

A la veille de la Première Guerre mondiale, en Angleterre, la famille de Charles Ingham, comte de Mowbray, vit en parfaite entente avec la famille de leurs fidèles serviteurs, les Swann. Daphnée Ingham vient d’avoir 17 ans et rayonne de beauté. Elle est promise à un beau mariage. Mais un événement tragique va bouleverser sa vie et menacer de salir le nom des Ingham.

Les jacarandas de Téhéran, Sahar Delijani, 2014, Éditions Albin Michel, 331 p., 9782226256164

Neda, née dans la prison d’Evin de Téhéran, est arrachée à sa mère au bout de quelques mois. Omid, trois ans, est témoin de l’arrestation de ses parents dissidents. Comme d’autres enfants de prisonniers politiques, ils seront élevés par leurs proches, à l’ombre des jacarandas, ces arbres violets flamboyants qui berceront leur enfance. Vingt ans après, cette génération porte toujours le poids du passé, alors que commence une nouvelle vague de protestations et de luttes politiques… Inspiré par l’histoire de Sahar Delijani, née en prison comme Neda, Les jacarandas de Téhéran déroule dans l’Iran de 1979 à nos jours l’itinéraire de trois générations d’hommes, de femmes et d’enfants, épris de poésie, de justice et de liberté. Un roman magnifique et bouleversant. Un livre que vous n’oublierez pas. « Situé dans l’Iran postrévolutionnaire, ce roman saisissant est une condamnation impitoyable de la tyrannie, un vibrant hommage à ceux qui en portent les cicatrices et à la liberté, étemelle aspiration de l’homme. » – Khaled Hosseini.

L’or du bout du monde, Tamara McKinley, 2014, Éditions de L’Archipel, 476 p., 9782809814743

Lorsque George Collinson rencontre Eloïse dans la demeure du gouverneur à Sydney, c’est le coup de foudre. Mais Eloïse est mariée à Edouard Cadwallader, l’ennemi de George, un homme capable d’une grande violence, qui ne laissera ni Eloïse ni leur fils le quitter vivant. Tandis que George et Eloïse luttent pour garder leur amour intact, d’autres batailles font rage. Les pionniers se battent contre les aborigènes pour sauvegarder leurs terres et assurer l’essor de leurs domaines. Débarque alors le rebelle irlandais Niall Logan, arrivé enchaîné dans la colonie, qui rêve du bateau qui le ramènera chez lui. Bien qu’il risque la pendaison pour insurrection, il se révolte. Alors que leurs maris respectifs sont amis, Nell Penhalligan et Alice Quince ressentent une violente inimitié l’une pour l’autre dès leur première rencontre. Mais, lorsque la tragédie menace, les deux femmes se serrent les coudes…

EN POCHE

1- No et moi, Delphine de Vigan, 2009, Livre de poche, 248 p., 9782253124801

Lou Bertignac a 13 ans. Enfant précoce et fantaisiste, elle rencontre un jour, à la gare d’Austerlitz, No, une jeune fille SDF à peine plus âgée qu’elle. Elle décide alors de sauver No, de lui donner un toit et une famille et se lance dans une expérience de grande envergure menée contre le destin. Prix des Libraires 2008.

2- La vérité sur l’affaire Harry Quebert, Joël Dicker, 2014, Éditions De Fallois Poche, 854 p., 9782877068635

Un jeune écrivain à succès vient en aide à son ami Harry Quebert, inculpé pour le meurtre d’une jeune fille de 15 ans avec qui il avait une liaison. Pour faire la lumière sur cet assassinat vieux de trente ans, il va mener son enquête et en faire un livre. Prix littéraire de la vocation Bleustein-Blanchet 2012, grand prix du roman de l’Académie française 2012, prix Goncourt des lycéens 2012.

3- Les vieilles, Pascale Gautier, 2012, Éditions Gallimard, coll. Folio, 214 p., 9782070443338

Le village du Trou est peuplé principalement de veuves de 70-80 ans qui vivent au ralenti et regrettent le passé. Mais l’arrivée dans le village de Nicole, qui vient à peine de prendre sa retraite, et l’annonce de la chute prochaine d’un astéroïde sur Terre changent la donne. Prix Renaudot poche 2012.

ROMANS POLICIERS

1- Finie la comédie, Donald E. Westlake, 2014, Éditions Rivages, 382 p., 9782743628109

À la fin des années 1970, l’Amérique est encore traumatisée par le Vietnam et le Watergate. Koo Davis, un comique «de droite» (il fait ses tournées sur les théâtres d’opérations militaires à l’étranger et sympathise avec les gradés) est enlevé par un groupuscule d’allumés d’extrême gauche, aux revendications des plus floues. Retenu prisonnier dans une étrange pièce souterraine donnant sur le fond d’une piscine, Koo perd vite pied : non seulement une femme inquiétante s’y baigne toute nue, mais surtout, privé de ses innombrables médicaments, stimulants et autres anxiolytiques, il est condamné à brève échéance à l’effondrement neuropsychiatrique. Lorsque les flics et le FBI tentent une opération de secours qui échoue lamentablement, la position de Koo devient vraiment inconfortable…

2- Yeruldelgger, Ian Manook, 2013, Édiitons Albin Michel, 542 p., 9782226251947

En Mongolie alors qu’une guerre sale d’argent et de pouvoir entoure l’exploitation des terres rares, le commissaire Yeruldegger est envoyé dans la steppe après la découverte du cadavre d’une petite fille. Prix des lecteurs Quais du polar-20 minutes 2014, prix SNCF du polar 2014 (catégorie roman), prix des lectrices de Elle 2014 (policier). Premier roman.

3- L’équation de plein été, Keigo Higashino, 2014, Éditions Actes Sud, coll. Actes noirs, 364 p., 9782330031992

Dans la station balnéaire de Hari-Plage, le cadavre d’un ancien policier de Tokyo est retrouvé sur des rochers un jour après sa disparition. Le physicien Yukawa, qui séjourne au même endroit, fait appel à son ami policier Kusanagi, qui mène une enquête parallèle aux investigations locales avec sa collègue, Utsumi.

4e ex-aequo

Une enquête du commissaire Van In Volume 14: Dernier tango à Bruges, Pieter Aspe, 2014, Éditions Albin Michel, 300 p., 9782226258151

Le commissaire Van In vient de revenir de son voyage de noces en Argentine lorsqu’il est appelé à enquêter sur la disparition de Jacob Decloedt, un homme qui s’est beaucoup endetté au jeu, et sur l’existence de photographies compromettantes pour des personnalités de Bruges en lien avec la mafia russe.

La faiseuse d’anges, Camilla Läckberg, 2014, Éditions Actes Sud, coll. Actes noirs, 436 p., 9782330032104

Pâques 1974, dans l’île de Valö. Le pensionnat de garçons est complètement vidé, seule une petite fille d’1 an et demi est retrouvée par les forces de l’ordre. Sa famille s’est volatilisée et elle est placée en famille d’accueil. Trente ans plus tard, la petite Ebba est devenue grande, s’est mariée et a décidé de retourner dans l’île ouvrir une maison d’hôte.

Tirs croisés, James Patterson, 2014, Éditions JC Lattès, 346 p., 9782709636438

Un sniper élimine les notables véreux de Washington. Alex Cross doit faire équipe avec l’agent du FBI Max Siegel, pour retrouver ce pseudo-justicier. Dans le même temps, le Cerveau est de retour en ville, bien décidé à tuer Cross et sa famille.

EN POCHE

1- Il ne faut pas parler dans l’ascenceur, Martin Michaud, 2014, Éditions Coup d’oeil, 416 p., 9782897314873

Une jeune femme s’éveille après vingt-quatre heures dans le coma et se lance à la recherche d’un homme qui ne semble pas exister. Un meurtrier sans merci décide que chacun doit payer pour ses fautes et applique sa propre justice. Des crimes commis à une journée d’intervalle déroutent les membres de la police de Montréal… dont le sergent-détective Victor Lessard. L’enquêteur vivra des rebondissements troublants pour élucider cette affaire sordide parsemée de revirements inattendus. Un polar parfaitement ficelé qui vous tiendra en haleine jusqu’à la dernière page.

2- L’honneur d’Edward Finnigan, Anders Roslund et Börge Hellström, 2014, coll. Pocket Thriller, 507 p., 9782266230193

Accusé à 17 ans du meurtre d’une jeune fille, John Meyer attend son exécution dans une prison de l’Ohio. Edward Finnigan, le père de la victime, attend la mort de Meyer avec impatience. Mais ce dernier décède d’une crise cardiaque dans sa cellule. De l’autre côté de l’Atlantique, John Schwarz passe un homme à tabac. Une enquête menée sur Schwarz le relie à une certaine prison de l’Ohio.

3- La formule de Dieu : l’énigme d’Einstein, José Rodrigues dos Santos, 2013, coll. Pocket Best, 716 p., 9782266236560

Printemps 1951, deux espions de la CIA épient la rencontre entre David Ben Gourion, Premier ministre israélien, et Albert Einstein. Cinquante ans plus tard, Tomas Noronha, expert en cryptologie, doit déchiffrer un cryptogramme sur un manuscrit écrit de la main d’Einstein dont le contenu pourrait renverser l’ordre mondial. Il serait tout simplement la preuve scientifique de l’existence de Dieu.

ROMANS DE SCIENCE-FICTION, FANTASTIQUE ET FANTASY

1- L’oeuf de dragon : 90 ans avant le trône de fer (Games of thrones), George R.R. Martin, 2014, Édiitons Pygmalion, coll, Fantasy, 174 p., 9782756411149

Quatre-vingt-dix ans avant les péripéties du Trône de fer, l’héritier du trône, Aegon, surnommé l’Oeuf, court les routes incognito comme écuyer de Dunk, un chevalier errant. Ils sont invités par Jehan le ménétrier à participer à un tournoi richement doté qui sera le clou des noces de lord Beurpuits. Le vainqueur recevra un inestimable oeuf de dragon en récompense.

2- La momie, Anne Rice, 2014, Éditions Plon, 443 p., 9782259218344

Le pharaon Ramsès ressuscité dans l’Angleterre de 1914, voilà la folle histoire que nous propose Anne Rice. Après avoir absorbé un élixir l’ayant rendu immortel, Ramsès – rebaptisé docteur Ramsey pour plus de discrétion – découvre le monde moderne. Mais le souvenir de la belle Cléopâtre le hante. Revenue à la vie à son tour, celle-ci va se révéler bien plus dangereuse que ne le dit la légende…

3 ex-aequo

Soleil vert, Harry Harrison, 2014, Éditions Nouveaux Millénaires, 315 p., 9782290079409

New York, août 1999. La surpopulation est telle que les ressources naturelles ne suffisent plus à nourrir la population, qui doit se battre pour survivre. C’est dans ce contexte très tendu qu’Andrew Rush enquête sur le meurtre d’un gros bonnet de la politique. Le crime semble crapuleux et Andrew doit parcourir les tréfonds de la mégalopole. Adapté au cinéma en 1974.

Joyland, Stephen King, 2014, Éditions Albin Michel, 323 p., 9782226258069

La Caroline du Nord, en 1973. Le jeune Devin Jones rejoint une équipe de forains à Joyland, un petit parc d’attractions sur le littoral. Sa rencontre avec un garçon extralucide et sa mère l’incite à enquêter sur le mystère du train fantôme, qui serait hanté par une femme égorgée quatre ans plus tôt.

Le retour de l’oiseau-tonnerre Volume 1: L’éveil, Anne Robillard, 2014, Éditions Wellan, 448 p., 9782923925660

Logan McEwan, divorcé, dans la quarantaine, satisfait desa petite routine entre l’atelier de réparation d’ordinateurset son minuscule appartement à Vancouver, voit sa viebasculer lorsqu’il se met à faire des régressions spontanéesdans ses vies antérieures. Avec l’aide de Rain Taylor, unmédium que lui présentera John Oliver, son meilleur ami,Logan se mettra en communication avec un être delumière qui lui montrera le cheminement de son âmedepuis sa toute première incarnation, mais dans quel but ? En retournant dans ses vies antérieures, de l’Atlantide enpassant par l’Égypte, la Mésopotamie, Babylone, laPhénicie, l’Amérique du Nord, la Chine, la Scandinavie etl’Italie, Logan a peine à croire qu’il a surmonté toutes cesépreuves dans un but unique… mais lequel ?

EN POCHE

1- Miriam Black Volume 1: Blackbird, Chuck Wending, 2014, Panini Books, coll. Éclipse, 435 p., 9782809439571

Miriam Black a le don de voir la mort des gens qu’elle rencontre. Quand elle monte dans le camion de Louis Darling, qui l’a prise en stop, elle sait aussitôt que, dans trente jours, il sera monstrueusement assassiné et prononcera son nom avant de mourir. Cette fois, la jeune femme, qui avait renoncé à l’idée d’empêcher l’inéluctable, doit pourtant essayer.
2- Les citadelles cosmiques Volume 6: Frontière dans le néant, K.-H. Scheer et C. Darlton, 2014, Éditions Pocket, coll. Les aventures de Perry Rhodan, 306 p., 9782266248471


20 août 2014  par nos libraires

Littératures : les parutions de juillet

Comme chaque mois, notre équipe de libraires passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour en repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces nouveaux titres, question d’aiguiser votre appétit livresque…

LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE

Cevdet Bey et ses fils, Orhan Pamuk, 2014, Gallimard, 753 p., 9782070137930

C’est dans le quartier occidental de Nisantasi que Cevdet Bey, un riche marchand musulman, s’installe avec son épouse pour fonder une famille. Nous sommes en 1905 et les élites turques contestent de plus en plus fortement le règne despotique des dirigeants ottomans, le pays se trouve alors à un tournant historique que Cevdet a pour projet de relater dans ses Mémoires. Les fils de Cevdet Bey en profitent pour prendre des directions différentes dans ce pays gagné par la modernité. Et c’est à la troisième génération, en 1970, qu’un besoin de retour vers les origines vient sceller cette fresque turque. Cevdet Bey et ses fils est le premier roman écrit par Orhan Pamuk. Toute son oeuvre affleure déjà dans cette immense fresque à trois temps qui dépeint magistralement l’émergence d’une Turquie moderne, thème qu’il déclinera sans cesse dans la suite de sa production littéraire.

Chasse au trésor, Molly Keane, 2014, Quai Voltaire, 269 p., 9782710370727

Finis le champagne, les journées aux courses, les escapades à Monte-Carlo… Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les propriétaires de Ballyroden doivent changer drastiquement leur mode de vie. Le benjamin de la famille, sir Philip, décide de faire du château une maison d’hôtes. Il reçoit trois Londoniens fortunés, un frère, sa soeur et la ravissante fille de celle-ci, persuadés de jouir du calme luxueux de la campagne irlandaise. En découvrant des souris dans sa chambre décrépite, Dorothy comprend qu’elle a fait fausse route, mais sa fille et son frère insistent pour rester à Ballyroden. Dans ce roman à mi-chemin entre la comédie de moeurs, le vaudeville et le théâtre policier à l’anglaise, Molly Keane, en grande satiriste, dresse une galerie de portraits tous plus échevelés les uns que les autres.

Neuland, Eshkol Nevo, 2014, Gallimard, 604 p., 9782070138456

Quand Mani Péleg disparaît quelque part en Amérique latine, son fils Dori, jeune père de famille en crise, saisit sa chance. Qui d’autre que lui pourrait partir à la recherche de son père, ancien héros de guerre et éminent conseiller économique, dont les dernières nouvelles laissent entendre qu’il n’a plus toute sa tête ? Au même moment, la jeune journaliste Inbar quitte Berlin, où elle a vainement tenté de se rapprocher de sa mère avec qui les liens s’étaient distendus après le suicide de son frère. Mais au lieu de rentrer en Israël auprès d’un mari qu’elle n’aime plus vraiment, Inbar embarque sur le premier vol en direction de l’Amérique du Sud. Neuland, porté par un souffle romanesque impressionnant, nous raconte l’histoire de ces vies qui auraient pu prendre un autre cours, le destin de ces utopies que l’on n’ose pas, tout comme la force de nos désirs et de nos regrets.

L’homme-dé, Luke Rhinehart, 2014, l’Olivier, 521 p., 9782823604795

Recherché par le F.B.I. : Luke Rhinehart, 32 ans, marié. Profession : psychiatre. Résidence : New York. Motif : subversion de la vie quotidienne. Le psychanalyste Luke Rhinehart a décidé de transformer son existence en un immense jeu de hasard : il laisse de simples dés prendre pour lui toutes les décisions de son existence. Très vite, le «syndrome du dé» se répand dans la population. Et les autorités s’inquiètent. Car le Dr Rhinehart a peut-être inventé, sans le savoir, le moyen d’en finir pour toujours avec la civilisation. L’Homme-dé, manifeste subversif affirmant le droit à l’expression de tous les fantasmes, est devenu très vite une sorte de mot de passe pour initiés. Après sa publication quasi clandestine en France (1971), il fait désormais partie des «livres cultes» dont la lecture s’impose à chacun.

Le chapiteau vert, Ludmila Oulitskaïa, 2014, Gallimard, 498 p., 9782070134977

Trois amis deviennent dissidents par amour pour la littérature : Ilya, Sania et Micha font connaissance à l’école où ils sont les souffre-douleur d’autres camarades. Ilya est laid et pauvre ; Sania un musicien fragile ; quant à Micha, il est juif… Dans cette vaste fresque qui plonge le lecteur au milieu de la tragédie soviétique, Ludmila Oulitskaïa sait tirer le meilleur profit de son immense talent de conteuse pour évoquer aussi bien la grandeur des hommes mus par le courage, les idéaux et l’amour, que les horreurs de la lâcheté, de la trahison et de la violence politique. Un magnifique roman dans la grande tradition russe.

EN FORMAT POCHE

L’archipel du goulag, Alexandre Soljénitsyne, 2014, Points, 904 p., 9782757843260

Fresque littéraire dépeignant l’univers concentrationnaire soviétique. Rédigé entre 1958 et 1967 dans la clandestinité, publié pour la première fois en France en 1974, ce texte fut censuré en URSS jusqu’en 1989.

Un passé en noir et blanc, Michiel Heyns, 2014, Points, 351 p., 9782757838914

Peter, écrivain et journaliste, revient dans sa ville natale en Afrique du Sud. Il souhaite écrire une série d’articles sur l’assassinat de sa cousine Désirée, une femme brillante mariée à Hector, le chef de la police locale. Au fil de ses recherches, Peter est entraîné dans une enquête aux multiples rebondissements au coeur de l’une des provinces les plus marquées par l’apartheid.

Un plaisir trop bref, Truman Capote, 2014, 10/18, 575 p., 9782264063540

Un recueil des lettres et de correspondances de Truman Capote, qui constitue une véritable référence autobiographique : ses blessures, ses plaisirs, ses succès, ses échecs. Des lettres qui expriment avant tout la personnalité flamboyante et généreuse d’un écrivain se consacrant à l’écriture avec une rigueur spartiate.

Paradis (avant liquidation), Julien Blanc-Gras, 2014, Livre de Poche, 188 p., 9782253179221

Un récit de voyage au coeur des îles Kiribati, menacées par la montée des eaux. Le journaliste écrivain dresse une galerie de portraits, des expatriés aux missionnaires en passant par les présidents, les ivrognes et les candidats au départ.

Par le fer et par le feu, Henryk Sienkiewicz, 2014, Phebus/Libretto, 723 p., 9782369140993

En 1648, au fin fond des steppes ukrainiennes, le cosaque Bogdan Chmielnicki parvient à lever une armée d’un demi-million d’hommes qu’il lance contre la Pologne. Face aux attaques des cosaques et des Tatars de Crimée, le peuple polonais fait preuve d’héroïsme, de générosité et de grandeur.

LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE ET CANADIENNE

EN FORMAT POCHE

L’amélanchier, Jacques Ferron, 2014, Typo, 192 p., 9782892954111 (+)

L’amélanchier nous plonge dans le monde merveilleux et fascinant de l’enfance, à la recherche de l’identité : « Un pays, c’est plus qu’un pays et beaucoup moins, c’est le secret de la première enfance… ».

Aventuriers et sédentaires: Parcours du roman québécois, Lise Gauvin, 2014, Typo, 296 p., 9782892954135 (+)

La littérature du Québec s’inscrit entre un désir d’enracinement et le besoin du nomadisme, qui l’ont fait passer du roman paysan au roman urbain, de la traversée de la ville à celle du continent. Portée par la forte présence des écrivaines et riche de l’apport des nouveaux arrivants, elle a également été marquée par le questionnement constant des auteurs quant à leur fonction dans l’espace social. Dans un essai aussi vivant qu’érudit, Lise Gauvin nous invite à découvrir l’étonnante aventure d’une littérature francophone et nord-américaine, mais aussi – et peut-être surtout – à lire le roman québécois.

POÉSIE / THÉÂTRE

Au tournant du siècle: regard critique sur la poésie française contemporaine, Jean-Luc Maxence, 2014, Seghers, 177 p., 9782232123566 (+)

Cet essai critique détaille les grands courants et les nouvelles formes de la poésie contemporaine. Performances sonores, digitales, spatiales, slam, rap, qui ont fait leur apparition sur Internet, sont pris en compte.

Hymnes à la nuit, suivi de Chants spirituels, suivi de Disciples à Saïs, Novalis, 2014, Belles lettres, coll. « Bibliothèque allemande », 211 p., 9782251830094

Dans ces trois œuvres emblématiques du romantisme allemand, Novalis explore les thèmes de la nuit, de la religion chrétienne et de la nature. Le traducteur remet également en question l’image d’un Novalis francophile, excessivement latin, qui a contribué à charger sa langue de pathos et à effacer son caractère souvent prosaïque.

Ciel à perdre, Aksinia Mihailova, 2014, Gallimard, coll. « Blanche », 110 p., 9782070145089

Recueil de poèmes qui, par un jeu d’images inattendues, renouvelle avec pudeur le thème de l’amour. Une suite de vers libres qui passent de l’embrasement amoureux à la détresse, de la fusion à la distance, de l’attente à la joie des retrouvailles.

Paroles de feu, Jidi Majia, 2014, Mémoire d’encrier, 200 p., 9782897122232 (+)

La poésie de Jidi Majia suit deux versants très distincts qui semblent écrits par un poète différent : parfois hautement métaphorique et empreinte d’un grand lyrisme, parfois très rhétorique et très proche du discours et de la narration, elle explore divers sujets qui vont de ses souvenirs d’enfance à une posture politique et sociale.

Et avec sa queue, il frappe !, Thomas Gunzig, 2014, Au diable Vauvert, 76 p., 9782846268981 (+)

Un père raconte sa propre adolescence à son fils de 7 ans, période durant laquelle il était introverti et mal dans sa peau. Il relate comment les films de série B l’ont aidé à affronter le monde et à y trouver sa place. Le titre de la pièce fait référence au film de Bruce Lee, La fureur du dragon.

LITTÉRATURE POLICIÈRE

La loi des Wolfe, James Carlos Blake, 2014, Rivages, coll. « Rivages/Thriller », 283 p., 9782743628352

Eddie Wolfe travaille pour un dangereux cartel mexicain. Il s’enfuit avec Miranda, propriété de l’un des gangsters. Ils sont découverts et doivent se réfugier dans le désert.

La faiseuse d’anges, Camilla Läckberg, 2014, Actes Sud, coll « Actes noirs », 436 p., 9782330032104

Pâques 1974, dans l’île de Valö. Le pensionnat de garçons est complètement vidé, seule une petite fille d’1 an et demi est retrouvée par les forces de l’ordre. Sa famille s’est volatilisée et elle est placée en famille d’accueil. Trente ans plus tard, la petite Ebba est devenue grande, s’est mariée et a décidé de retourner dans l’île ouvrir une maison d’hôte.

EN FORMAT POCHE

Trouver une victime, Ross Macdonald, 2014, Gallmeister, coll. « Totem », 272 p., 9782351785423

Lew Archer a pris un auto-stoppeur qui meurt dans sa voiture. La victime était employée dans une société de transports et son camion, chargé d’alcool, a disparu. Archer enquête sur ce mystère, entre escroqueries et intrigues conjugales.

Rosy et John, Pierre Lemaitre, 2014, Livre de poche, coll. 144 p., 9782253175957

Jean Garnier a tout perdu : son travail, sa petite amie et sa mère, qui est en prison depuis peu. Afin d’exprimer son désespoir, Jean cache sept bombes à travers Paris, qui doivent exploser toutes les vingt-quatre heures. Après la première explosion, il se rend à la police et exige la libération de sa mère.

L’été du commissaire Ricciardi, Maurizio De Giovanni, 2014, Rivages, coll. « Rivages/Noir », 406 p., 9782743628345

Naples, août 1931. En pleine montée du fascisme, le commissaire Ricciardi enquête sur le meurtre de la duchesse de Camparino.

Un long moment de silence, Paul Colize, 2014, Gallimard, coll. « Folio Policier », 508 p., 9782070455072

Ce thriller, qui se déploie de 1920 à aujourd’hui, met en scène une organisation clandestine, le Chat, chargée de poursuivre la traque des criminels nazis, abandonnée par Israël après 1960. En 2012, Stanislas Kervyn se met sur sa piste pour résoudre le mystère de la mort de son père dans un attentat. Prix Landerneau-polar 2013, prix du Boulevard de l’imaginaire 2013, prix Polars pourpres 2013.

Jamais vue, Alafair Burke, 2014, Points, coll. « Thriller », 448 p., 9782757837986

En recherche d’emploi depuis plusieurs mois, Alice se voit confier par Drew Campbell le poste de directrice d’une galerie d’art à Manhattan. Deux jours après le vernissage de sa première exposition, la jeune femme retrouve Drew assassiné dans la galerie. Elle devient la première suspecte, d’autant plus qu’une photo d’elle en train d’embrasser la victime semble l’accabler.

SCIENCE-FICTION ET FANTASTIQUE

L’œuf de dragon: 90 ans avant Le Trône de fer, George R. R. Martin, 2014, Pygmalion, coll. « Fantasy », 174 p., 9782756411149 (+)

Quatre-vingt-dix ans avant les péripéties du Trône de fer, l’héritier du trône, Aegon, surnommé l’Oeuf, court les routes incognito comme écuyer de Dunk, un chevalier errant. Ils sont invités par Jehan le ménétrier à participer à un tournoi richement doté qui sera le clou des noces de lord Beurpuits. Le vainqueur recevra un inestimable oeuf de dragon en récompense.

I, robot: La véritable histoire de Susan Calvin T. 2: Obéir, Mickey Zucker Reichert, 2014, Robert Laffont, coll. « Ailleurs et demain », 466 p., 9782221135716 (+)

La robopsychologue Susan Calvin entame sa deuxième année d’internat en psychiatrie à l’hôpital Manhattan Hasbro. Elle se remet de la mort de son petit ami, Remington Hawthorn, tué dans un attentat perpétré par la SPH (Société pour l’humanité), un groupe de fanatiques opposés à la création de robots humanoïdes. Un nouveau drame la frappe : son père, John Calvin, est sauvagement assassiné.

La fille flûte et autres fragments de futurs brisés, Paolo Bacigalupi, 2014, Au diable Vauvert, 433 p., 9782846267984 (+)

Nominées ou lauréates des plus grands prix, ces dix nouvelles ont fait la notoriété de Paolo Bacigalupi et posé le saisissant univers postpétrole de ses fictions ainsi que les thèmes sociaux, politiques et environnementaux chers à l’une des voix les plus puissantes de la sciencefiction contemporaine.

Soleil vert, Harry Harrison, 2014, Nouveaux Millénaires, 315 p., 9782290079409

New York, août 1999. La surpopulation est telle que les ressources naturelles ne suffisent plus à nourrir la population, qui doit se battre pour survivre. C’est dans ce contexte très tendu qu’Andrew Rush enquête sur le meurtre d’un gros bonnet de la politique. Le crime semble crapuleux et Andrew doit parcourir les tréfonds de la mégalopole. Adapté au cinéma en 1974.

EN FORMAT POCHE

Nuit noire, étoiles mortes, Stephen King, 2014, Livre de poche, coll. « Fantastique », 617 p., 9782253195238 (+)

Cinq récits sur la violence des rapports humains à travers l’histoire d’un fermier qui assassine sa femme avec la complicité de son fils, d’une romancière violée au bord d’une route, d’un cancéreux qui échange sa vie contre celle d’un ami et d’une femme qui découvre qu’elle vit depuis vingt ans avec un tueur en série.

Ainsi naissent les fantômes, Lisa Tuttle, 2014, Gallimard, coll. « Folio SF », 308 p., 9782070448760 (+)

Sept nouvelles fantastiques mettant en scène des personnages qui évoluent entre névrose ordinaire et folie, dans des ambiances variées qui plongent le lecteur tour à tour dans la stupéfaction, la fascination, l’horreur et le malaise. Grand Prix de l’imaginaire 2012.

Les Pousse-pierres, Arnaud Duval, 2014, Gallimard, coll. « Folio SF », 528 p., 9782070453955 (+)

En 2170, deux communautés humaines s’affrontent. Les groupes spatiaux imposent leur volonté aux Terriens, cantonnés sur une planète dont les ressources se font de plus en plus rares. Maureen O’Garret, une prospectrice de l’espace, est victime d’un mystérieux accident tandis que Richard Trévise fuit la Terre, accusé d’espionnage. Prix Futuriales de la révélation jeunesse 2012.

L’assassin royal T. 1: Première époque, Robin Hobb, 2014, J’ai lu, coll. « Semi-poche », 1116 p., 9782290085998

Fitz est un jeune garçon issu d’une lignée royale. Il vit dans une sombre forteresse du royaume des Six-Duchés, entouré par un maître d’écurie, un vieux sage et deux molosses. Pour le jeune homme, c’est le début d’un voyage initiatique.

Le cycle de Lanmeur T. 1: Les contacteurs, Christian Léourier, 2014, Gallimard, coll. « Folio SF », 629 p., 9782070457151 (+)

Les trois premiers volets du cycle de Lanmeur, une fresque qui retrace le voyage spatial des hommes de la planète Lanmeur et la découverte d’autres civilisations. Prix spécial du Grand Prix de l’imaginaire 2013.

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Tous les textes proviennent des éditeurs, sauf lorsqu’il y a mention d’auteur.

Sélection : litt. étrangère – Benoit Desmarais ; litt. québécoise, poésie/théâtre et science-fiction – Maxime Nadeau ; policier – Morgane Marvier.


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