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Le Délivré

Archive pour la catégorie ‘▪ Littérature jeunesse’


2 avril 2012  par nos libraires jeunesse

Littérature jeunesse : la crème de mars

Comme à chaque mois, notre équipe de libraires spécialisés en littérature jeunesse passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour en repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces nouveaux titres et nouvelles séries, question d’aiguiser votre appétit livresque…

ALBUMS

La petite terre de papier, Agnès de Lestrade, ill. de Charlotte Cotterneau, 2012, Alice, coll. « Histoires comme ça », 26 p., 9782874261558*

Sur une petite terre de papier, cachée derrière la lune, vivent Toi, Moi et leur enfant Petit Lui. La première partie de l’album est consacré à leur bonheur familial. Puis, décidant de voyager, ils se retrouveront sur terre. Ils feront connaissance avec Fanny, une charmante vieille dame, veuve et seule. Abordant les thèmes de la famille, de la vie et de la mort, Agnès de Lestrade nous charme encore une fois avec ses mots empreints de douceur et de poésie. (JH)

Le grand trou américain, Michel Galvin, 2012, Le Rouergue, 26 p., 9782812603082*

D’abord, il y a un trou. Un grand trou. Le plus grand trou au monde, et il a été inventé par les Américains. Personne ne sait exactement à quoi il peut bien servir. Le trou est bien gardé, aucun citoyen ne doit s’en approcher. Jusqu’au jour où un chien y tombe, suivi de sa maîtresse. S’ensuivra une réaction en chaîne qui prendra vite des proportions insoupçonnées. Michel Galvin plonge le lecteur dans une fable délicieusement saugrenue abordant les grandeurs et misères du progrès. Évoquant visuellement les affiches de propagande du début du XXe siècle, cet album provoque avec finesse et stimule avec hardiesse, laissant au lecteur le soin de déterminer si la fin justifie toujours les moyens… (MSCC)

Le Roi Jules et les Dragons, Peter Bently, ill. de Helen Oxenbury, 2012, L’école des Loisirs, coll. « Pastel », 36 p., 9782211207898*

Le roi Jules et ses fidèles sujets, Léo et Gaspard, sont en campagne contre les dragons. Après s’être habilement construit un abri de fortune, ils pourchassent les mythiques créatures vaillamment,  jusqu’à ce que des géants et d’horribles bêtes à quatre pattes viennent les enlever un à un… pour aller les coucher dans leur lit ! Peter Bently signe ici une habile narration d’un combat épique à hauteur d’enfants. Jouant audacieusement avec les perceptions du lecteur, il fait vivre avec justesse la fantaisie attachante, et pourtant si grave, de l’enfance. C’est un tendre album dans lequel tous les braves chevaliers de l’imaginaire se reconnaîtront !(MSCC)

Où est mon chapeau ?, Masanobu Satoh, 2012, La joie de lire, 30 p., 9782889081134 *

Album un peu « cherche et trouve », Où est mon chapeau est surtout un livre au graphisme impressionnant. En noir et blanc, tout en gestion de vide et de plein, entre design épuré et détails foisonnants, les illustrations sont délicates et pleines de charme. L’histoire simple arrive en peu de mots à toucher le lecteur. (AP)

Écureuil et l’étrange visiteur, Sébastien Meschenmoser, 2012, Minedition, 64 p., 9782354131531 *

Parmi les albums de l’écureuil de Meschenmoser, ce titre se révèle aussi bon que L’écureuil et la première neige. Les expressions des animaux et la mise en page parfois proche de la bande dessinée retranscrivent à merveille l’ambiance dynamique et cocasse. L’histoire est quant à elle à exploser de rire, tout simplement. (AP)

Mon ballon, Mario Ramos, 2012, L’école des loisirs, coll.« Pastel », 44 p., 9782211208277*

Du Ramos à son meilleur. Attention ceux qui ne connaissent pas cet auteur doivent y goûter!
Toujours amusant! (LP)

Gentil toutou, Adam Stower, 2012, Scholastic, 40 p., 9781443109895*

Lili aimerait, plus que tout au monde, avoir un chien comme animal de compagnie, alors quand elle en trouve un dans son jardin, elle explose de joie. Mais est-ce vraiment un chien ? Ce livre est, dans son texte comme dans ses illustrations, extrêmement drôle et adorable. Ce livre ne manquera pas de faire réagir positivement les enfants. (AP)

L’arbre, Sandrine Thommen, 2012, Autrement, 22 p., 9782746730670*

Des hommes en noir sont arrivés avec de grands ciseaux et ont sans gêne mutilé l’arbre vert pour bâtir leur palais. Mais dans les racines de l’arbre, se terre un dragon qui de son souffle puissant remettra la nature en ordre. Les hommes en noir devront ainsi apprendre à vivre en harmonie avec le milieu qui leur est offert. Le dragon veille. Ce superbe album sans texte propose une réflexion sur le respect de la nature et la possible cohabitation entre elle et les hommes. À savourer ! (KC)

Pas de ciel sans oiseaux, Rémi Courgeon, 2012, Mango, 40 p., 9782740428436*

Une fois de plus, Remi Courgeon s’impose remarquablement avec ce touchant et réflexif album. On y rencontre Augustin Moisson, vieil homme qui toute sa vie a remis en état de marche les objets cassés qu’on lui amenait. Un jour, un enfant apporte à Augustin un petit oiseau sans vie et lui demande de le réparer. Contre toute attente, le vieil homme découvre alors la façon de fabriquer les oiseaux et de leur donner vie. Plus tard, le vieillard veillera à transmettre son savoir. Mais lorsque l’on sait réparer les oiseaux, peut-on aussi réparer les humains ?  (KC)

Ma première nuit ailleurs, Chiaki Okada, ill. de Ko Okada, 2012, Seuil, 40 p., 9782020973090*

Un album d’une infinie douceur grâce aux illustrations réalisées aux tons pastels et à cette histoire si enveloppante qui réussira à rassurer tous les petits face à la nuit, qui parfois se déroule sous un autre toit que le sien. (KC)

ROMANS

Hate list, Jennifer Brown, 2012, Albin Michel, coll. « Wizz », 391 p., 9782226239747*

Hate list est un roman dur, et le quotidien de ses protagonistes l’est aussi. Valérie, dont le petit ami a tué et blessé des élèves et des professeurs un matin de mai, devra traverser l’épreuve du deuil, de la réconciliation, mais aussi de l’acceptation de l’horreur. Dans ce genre d’histoire, personne ne s’en sort indemne. Il y a ceux qui ont perdu un proche et ceux qui ont survécu. Et surtout, il y a le sentiment de culpabilité sous-jacent de ceux qui n’ont rien vu venir… (JH)

Béryl : la réincarnation d’Élianne, Sylvie Brien, 2012, Joey Cornu, 288 p., 9782922976298*

Élianne se réveille sur la plage d’une contrée inconnue, piégée dans le corps de Béryl, deux mille ans avant son siècle. Les aventures de cette voyageuse du temps se déroulent en parallèle avec celles de l’inspecteur Gagnon, chargé de découvrir si le coma mystérieux de la jeune femme a été provoqué par un petit ami au passé douteux. Tout en simplicité, un roman où la légende rejoint la réalité, où l’aventure se vit au jour le jour, l’amour se révèle aussi immense que fragile. Pour tous ceux qui aiment voyager à travers les mots et le temps, mais surtout pour les lectrices averties de 15 ans et plus. (FB)

Récit intégral (ou presque) d’une coupe de cheveux ratée, Jo Witek, 2012, Seuil, 184 p., 9782021065169*

C’est l’année de tous les changements pour Xavier : il doit s’acclimater à une nouvelle école, recommencer à zéro son cercle d’amis, ne plus voir son meilleur complice tous les jours, puisqu’il ne fréquente pas le même lycée que lui, mais surtout, (ô malheur !) assumer une affreuse coupe de cheveux qui, la veille de la rentrée, vient lui gâcher toutes ses chances de réussir sa première impression ! Ça ne s’annonce donc pas de tout repos… À travers la plume habile et juste de Jo Witek s’épanouit l’adolescence dans toute son intensité, ses remises en question, ses passions sans demi-mesures, ses revirements de situation impromptus et ses bonheurs euphoriques. C’est un habile opus, une bouffée chavirante de fraîcheur et d’humour, qui laisse s’exprimer avec candeur l’âme masculine, brisant l’habituelle omerta sociale. (MSCC)

Le bureau des mots perdus, Roland Fuentès, ill. de Benjamin Adam, 2012, Nathan Jeunesse, coll. « Premiers romans », 40 p., 9782092536605*

Dans la Maison des Choses Perdues, il y a le bureau des souvenirs perdus et celui des occasions perdues, mais c’est celui des mots perdus qui intéresse Timéo. Mais le mot qu’il cherche ne s’y trouve pas et le seul qui peut l’aider est un chasseur de jeux de mots. Timéo, dans cette aventure pleine de fantaisie et d’humour, aura bien du mal à se souvenir de ce qu’il ne devait pas oublier. (AP)

DOCUMENTAIRES

Le dauphin et la baleine, Dreaming Green et Choi Su-bok , ill. de Won Seong-hyeon, Kim Yeon-jeong, Lim Yeong-ram et An U-jeong, 2012, Mango, coll. « Nature en vue », 26 p., 9782740429242*

Mango nous offre une toute nouvelle collection animalière, « Nature en vue », et Le dauphin et la baleine en est l’un des titres. Grâce à de superbes photos, une mise en page aérée et des pages dépliantes, apprendre le mode de vie des cétacés n’aura jamais été aussi passionnant! Quelques devinettes et encadrés disséminés ici et là maintiendront d’autant plus l’intéret du jeune lecteur. Par exemple, saviez-vous que l’ossature interne de leurs nageoires pectorales ressemble étrangement à une main? (JH)

À la découverte des arbres, collectif, 2012, La Martinière jeunesse, coll. « Photo reporter », 35 p. avec dépliant, 9782732448602*

Ce livre, qui aborde les arbres (particulièrement d’Europe), nous plonge dans des atmosphères envoutantes voire magiques grâce à des superbes photos. La mise en page, claire et efficace, est au service du texte. Les informations nous rappellent l’importance de l’arbre dans l’écosystème et nous donnent envie d’aller faire une balade en forêt. (AP)

Animalia : Voyage animé au pays des animaux, Arnaud Roi, ill. d’Hélène Rajcak, 2012, Milan, coll. « Livres animés », 18 p., 9782745953520*

Arnaud Roi et Hélène Rajeak ont conçu un magnifique album pop-up qui nous fait voyager au cœur de différents milieux naturels tous aussi spectaculaires les uns que les autres. Ce documentaire nous fait ainsi découvrir une grande variété d’animaux dans leur habitat respectif. (KC)

* * *

Sélection et rédaction de Joëlle Hodiesne, Marie Soleil Cool-Cotte, Aurélie Philippe, Louise Pratte, Katia Courteau, Francesca Boudreault et Susane Duchesne.

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29 mars 2012  par Aurélie Philippe

La littérature jeunesse est-elle une sous-culture ?

Je ne pensais pas devoir, un jour, soulever cette question. Pourtant, force est de constater que face à tout ce qui m’entoure en tant que libraire spécialisée jeunesse, j’ai dû y faire face. Que ce soit dans les commentaires de connaissances ou de clients, ou dans des articles sur le sujet, j’ai découvert cet orgueil d’adulte pour tout ce qui est connoté jeunesse. Ainsi, pour certains, un livre peut avoir des défauts s’il a l’excuse d’être pour les enfants. Et encore, parfois, un livre jeunesse n’est pas un « vrai livre »…  Certes, il se publie un certain nombre de titres sans intérêt… Mais pas plus que dans les autres secteurs d’art culturel (littérature adulte, cinéma, musique, etc.).

Ma petite sœur fait des études en France en section littéraire. Ses professeurs n’ont jamais abordé la littérature jeunesse. Devrais-je m’en étonner ? Alors qu’on ne lui a jamais, non plus, fait étudier de la S.F. ou de la fantasy… Pour faire une comparaison, dans un monde où seule la musique classique est considérée comme de la vraie musique, comment considérer les comptines comme de la culture ?

Ouvre un livre, il t’ouvrira…

La littérature jeunesse est une ouverture à d’autres styles d’art. Les albums et les tout-cartons sont affranchis de tout format préétabli et leurs illustrations, du réalisme détaillé au symbolisme déstructuré, permettent une première approche du plaisir visuel.

Le Roi des Dardanelles, par exemple, est sublimé par des images épurées dont les lignes semblent continuées en dehors de la limite des pages, donnant une impression troublante d’immensité. En plus d’offrir de magnifiques illustrations en noir et blanc, cet ouvrage enchante par son récit tout en poésie où il est question de l’utilité d’un roi dans un monde où les dragons n’existent plus. Ce texte ouvre autant sur le rêve que sur la réflexion.

 

Si un livre jeunesse n’est pas une œuvre littéraire, que dire d’un livre jeunesse sans texte ? C’est pourtant un style d’albums tout à fait fascinant qui donne accès, à ceux qui ne savent pas encore lire, à une autonomie jubilatoire. De plus, ces albums permettent au lecteur libre interprétation, voire plusieurs, de l’histoire. Donc si le but d’un livre est de délivrer un récit, les albums sans texte peuvent parfois être considérés comme plusieurs fois un livre. Ce style de livre fait également reporter l’attention sur les illustrations. Et effectivement, on peut passer de longs instants à contempler les dessins de Dessine ! Les plans judicieusement choisis, la justesse de la perspective, la beauté des détails des illustrations de ce livre nous suspend dans le temps, admiratifs. De plus, dessins dans le dessin, les protagonistes de ce livre sont des enfants qui vont devoir faire face à leur propre créativité.

Le plaisir de l’image n’est pas le seul chemin vers d’autres cultures : le livre-CD, comme son nom l’indique, nous fait découvrir les joies de la musique. Les berceuses du monde entier, à la musique douce et envoûtante, possède beaucoup d’avantages, notamment pour les tout-petits. En plus de s’endormir sur des berceuses aux tonalités rassurantes, les jeunes enfants découvriront d’autres civilisations, d’autres intonations. Et dans leurs petits cerveaux tout neufs, les sons feront leurs chemins, préparant la capacité à comprendre et parler plusieurs langues.

Pour tout connaître

Le savoir n’est pas l’apanage des grands. Politique, ethnologie, philosophie, biographie, environnement, astronomie, et j’en passe : le champ des documentaires est aussi vaste en jeunesse qu’en adulte. Il ne faut donc pas hésiter à développer les connaissances et l’esprit critique quel que soit l’âge.

Les Goûters philo sont d’excellents ouvrages pour réfléchir sur des questions existentielles et/ou de société qui peuvent être abordés seul ou à plusieurs. Dans cette collection, on part de deux termes contraires pour réfléchir à leurs implications. Prendre son temps et perdre son temps est un exemple de réflexion qui soulève beaucoup de questions et de délibérations des plus intéressantes.

N’avez-vous jamais était surpris par le savoir d’un enfant passionné par tel ou tel sujet ? Il a peut-être utilisé des mots qui vous ont dépassé comme scories ou lahar. Les volcans de la collection « Qui sommes-nous ? » aborde ces termes de volcanologie. Illustré avec de très belles photos, cet ouvrage émerveille et informe sur ce phénomène naturel grâce à douze chapitres dévoilant, entre autres, des volcans sous-marins, sacrés ou célèbres. La vulcanologie est une étude palpitante, comme tout sujet qui éveille la curiosité. Et les sources de curiosités sont innombrables.

J’ai un grand plaisir à vous faire découvrir La foire aux sciences. Ce livre biographique présente de nombreux enfants et adolescents talentueux qui ont travaillé avec acharnement sur des projets scientifiques. Des projets qui ont de quoi couper le souffle aux adultes. Ce livre est donc à la fois la preuve qu’il ne faut pas sous-estimer la curiosité et les capacités des plus jeunes, et l’exemple que les livres jeunesse abordent des sujets d’intérêts transgénérationnels.

De la littérature intelligente

Un livre a tous les droits : celui de faire rêver, celui de faire réfléchir, et même celui d’être léger. Mais il a une lourde responsabilité, un seul devoir : un livre ne doit jamais blesser l’intelligence du lecteur. Et des livres pétillants, pertinents ou impertinents, ce n’est pas les étagères jeunesse qui en manquent.

Devant ma maison est une preuve que, dès le tout jeune âge, on peut accéder à des livres de très belle facture. Entre histoire et imagier, entre imagination et réalité, entre poésie et humour, cet ouvrage enchante avec son système de boucles et de choses dans les choses.

Généralement, on raconte l’histoire très morale d’un monstre dévoreur d’enfants désobéissants. Cette vieille ruse d’éducation (pas très morale pour le coup) est prise a contrario dans Le yark. En effet, le yark a le ventre sensible : il lui faut le plus fin des chérubins, et ils sont durs à trouver à notre époque.  Avec son écriture délicieuse, cette œuvre dérange allégrement et en impose dès la première phrase : « Parmi tous les types de Monstres qui grouillent sur la terre, l’Homme est l’espèce la plus répandue. » Véritable perle noire, Le yark est sublimé par de magnifiques dessins en noir et blanc.

La série Harry Potter, du fait de son succès, est souvent utilisée par des détracteurs de la littérature jeunesse. Je dois bien avouer que cette saga a une certaine faiblesse, dans son manichéisme, mais elle reste une œuvre d’une grande richesse. Ce manichéisme est d’ailleurs nuancé par le personnage de Severus Rogue, qui s’avère d’une perplexité certaine et, en conséquence, d’une profonde humanité. De plus, avec un récit bien ficelé où, par exemple, un détail du premier tome se retrouve être un élément important qui n’est révélé que dans le troisième tome, Harry Potter sait tenir son lecteur en haleine. Enfin, si Harry Potter parle de magie ou de valeurs comme l’amitié ou le courage, ces thèmes demeurent toutefois secondaires. La mort, le droit à la différence et le refus de l’oppression sont les véritables propos de cette histoire. Mais le plus important, c’est que ce récit sait faire rêver, tout simplement. Et comme tout succès, il a eu la magie de transformer des personnes en lecteurs acharnés.

 

La littérature jeunesse n’hésite pas non plus à innover, à expérimenter. Pour cela je vous renvoie à l’article Les p’tits clous qui dépassent de Joelle Hodiesne, qui a su parler de ces « ovnis » qui se trouvent dans nos rayons. Avec ces titres, on comprend que ce qui est destiné aux enfants n’est pas forcément enfantin. D’ailleurs, l’auteur de Max et les Maximonstres, Maurice Sendak, regrette qu’on refuse de reconnaître la complexité d’un enfant. Il dira même : « Je n’écris pas pour les enfants. J’écris. Et quelqu’un a dit que c’était pour les enfants. »

Pourtant, certains vont jusqu’à critiquer les adultes qui lisent de la jeunesse. Moi j’y vois le fait que la littérature touche et transcende tous les âges. Personnellement, je lis beaucoup de jeunesse, et j’adore ça. Et cette question de savoir si la littérature jeunesse est l’égale de la littérature adulte ne me perturbera plus, car j’ai ma propre réponse. Et, après tout, qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse.

Le roi des Dardanelles, Janusz Stanny, 2011, MeMo, coll.« Classiques étrangers pour tous », 28p., 9782352891109*
Dessine! Bill Thomson, 2011, École des loisirs, 40p., 9782211205719*
Les berceuses du monde entier, Vol.1, 2003, Gallimard-jeunesse, coll.« Octavius », 47p., 9782070538300
Prendre son temps et perdre son temps, Brigitte Labbé, Michel Puech, ill. de Jacques Azam, 2006, Milan jeunesse, col.« Les goûters philo », 41p., 9782745923394*
Les volcans, Emmanuelle Figueras, 2008, Mango-Jeunesse, coll.« Qui sommes-nous? », 59p., 9782740424339*
La foire aux sciences, Judy Dutton, 2011, École des loisirs, coll.« Médium documents », 248p.,
9782211204941*
Devant ma maison, Marianne Dubuc, 2010, la courte échelle, 120p., 9782896512751*
Le yark, Bertrand Santini, ill. de Laurent Gapaillard, 2011, Grasset jeunesse, 76p., 9782246786863*
Harry Potter à l’école des sorciers, Joanne Kathleen Rowling, 2011, Gallimard-Jeunesse, coll.« folio junior », 311p., 9782070643028

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21 mars 2012  par Francesca Boudreault

Du bonheur pour les mémoires trouées

À chaque jour, chaque mois, sa cause. Le mois de mars est consacré à souligner les efforts des nombreux intervenants qui luttent contre les maladies du cerveau, telles que l’Alzheimer, l’épilepsie, le Parkinson, la sclérose en plaques, la sclérose latérale amyotrophique (aussi connu sous le nom de « maladie de Lou Gehrig »),  la maladie de Huntington, etc…

S’il reste complexe, voire impossible, de trouver de l’information adaptée pour le grand public, qu’il soit petit ou grand, au sujet de la maladie de Huntington ou la sclérose en plaques, pour ne nommer que celles-là, la maladie la plus tristement connue, celle d’Alzheimer, bénéficie du regard de plusieurs auteurs jeunesse. À cet effet, j’ai choisi de vous présenter quelques albums qui, malgré les aléas de la maladie, rassemblent des personnes âgées, leurs petits-enfants et les mots d’amour qui les unissent toujours.

Au cœur de l’Alzheimer

Le premier album, une histoire émouvante, s’intitule La petite rapporteuse de mots. On y retrouve la grand-mère d’Élise. Elle connait des tas de mots longs comme ça, cette grand-maman ! Depuis peu, pourtant, grand-maman perd ses mots. Élise comprend mal où peuvent bien être partis tous les mots perdus, et c’est en s’amusant à les retrouver qu’elle comprend : mamie n’a pas perdu ses mots, elle les lui a offert. Lyrique, tout en douceur, appuyé par des illustrations colorées, cet album suggère habilement des pistes de réflexion pour aider les proches à mieux accepter la maladie.

Dans un même souffle, Vrai de vrai, papi ? nous permet de faire connaissance avec le papi de Louis, un grand raconteur d’histoires que la maladie d’Alzheimer a réduit à un silence bougon. Le garçon décide de chercher parmi toutes les histoires de son papi celle qui lui rendra l’appétit, la parole, le sourire. Cet album simple et très touchant est l’un des rares traitant de l’Alzheimer à mettre des hommes en vedette.

Avec Ma grand-mère Alza… quoi ?, Véronique Van den Abeele montre un ton plus strict, sans être rigide pour autant, d’autant plus qu’il est tempéré par la plume empreinte de douceur de l’illustrateur Claude K. Dubois. Dans cet album, une petite fille raconte sa grand-mère avant qu’elle ne soit atteinte par l’Alzheimer, puis ce qui se produit ensuite. Simple et direct, Ma grand-mère Alza… quoi ? offre un regard lucide sur la maladie ainsi que sur ses conséquences.

C’est avec le sourire que nous parcourons les pages de l’inattendu Mamythologie, dans lesquelles un jeune garçon raconte les secrets de sa mamie un peu folle, qui cuisine des gâteaux au poivre et tricote des pulls à quatre manches. Quel énorme plaisir que d’observer, par le regard du garçon, cette mamie déjantée qu’on aimerait adopter ! L’auteure et l’illustrateur déploient des trésors d’imagination afin d’aborder délicatement la maladie, et par le fait même, les aléas de la vieillesse en général.

Malgré la multitude des journées, semaines, mois thématiques, il reste essentiel de se donner le temps de démystifier ces maladies, connues et méconnues, qui peuvent bouleverser la vie de tout un chacun, du jour au lendemain. À défaut de pouvoir donner, soyons un peu plus renseignés !

* * *

Des albums à consulter, par besoin et/ou par plaisir :
La petite rapporteuse de mots, Danielle Simard, ill. de Geneviève Côté, 2007, Les 400 coups, coll. « Bande rouge », 32 p., 9782895401483*
Vrai de vrai, papi ?, Émilie Rivard, ill. d’ Anne-Claire Delisle, 2011, Bayard Canada, coll. « Raton laveur », 24 p., 9782895794028*
Ma grand-mère Alza… quoi?, Véronique Van den Abeele, ill. de Claude K. Dubois, 2009, Mijade, coll. « Les petits Mijade », 28 p., 9782871426455*
Mamythologie, Séverine Vidal, ill. de Lionel Larchevêque, 2011, Frimousse, coll. « Renaissance », 28 p., 9782352411055*

Quelques titres supplémentaires :
Les giboulées de Mam’zelle Suzon, Léna Mariel, ill. d’Isabelle Carrier, 2011, Alice jeunesse, coll. « Histoires comme ça », 24 p., 9782874261435*
L’histoire du renard qui n’avait plus toute sa tête, Martin Baltscheit, 2012, Rue du monde, coll. « Coup de cœur d’ailleurs », 36 p., 9782355041822*

Et un album hors de l’ordinaire pour les douze ans et plus, à lire absolument :
Comment ça va ?, Suzie Morgensten, ill. de Serge Bloch, 2006, Le Rouergue, coll. « Varia », 56 p., 9782841567515*


14 mars 2012  par Aurélie Philippe

Le danger de rentrer dans une case

Comme promis dans l’article « La difficulté de ne pas rentrer dans une case », nous allons ici aborder le danger du conformisme dans une société par le biais de romans d’anticipation. Et pour notre plus grand bonheur, il existe un bon nombre d’ouvrages jeunesse de qualité dans cette catégorie. Bien sûr, une trame et des thèmes communs se dégagent de ces livres : ce sont tous des dystopies (contre-utopies), et ils présentent donc une idéologie poussée à l’excès dans une société future, démontrant les défauts d’une telle méthode. Ainsi, ces sociétés imaginées sont loin de la perfection qu’elles désirent atteindre, car elles ne permettent plus le libre-arbitre et fonctionnent grâce à la désinformation.

Des univers contrôlés.

Le meilleur exemple pour parler du « meilleur » des mondes est certainement Le passeur de Lois Lowry. Ce roman incontournable révèle ses secrets au compte-gouttes, et je ne voudrais rien dévoiler ici qui pourrait gâcher le plaisir de la découverte. Jonas vit dans un monde où la guerre, la pauvreté, l’inégalité n’existent pas. Pourtant cette perfection a un prix à payer… un prix impossible à payer pour ceux qui savent la véritable valeur de ce qu’ils doivent perdre.

L’idéologie qui est prônée dans Epic, est celle de la non-violence. Pour atteindre à un tel but, le système judiciaire, mais aussi social et économique passe par un jeu en réalité virtuelle. De fait, ce jeu s’est transformé en travail et n’amuse personne. Erik, désabusé par le système, va découvrir qu’il existe une autre manière de jouer et donc de réfléchir. Le mélange réussi de fantasy par le RPG (Role Playing Game) et de science-fiction donne une touche d’originalité pour un livre de ce genre.

 

De l’autre côté de l’île raconte jusqu’où les humains sont prêts à aller pour être en « sécurité ». Dans cette société, où l’on craint les catastrophes naturelles, les autorités n’hésitent pas à utiliser propagande, censure, mensonge et même lavage de cerveau pour atteindre leur but. Un des intérêts du livre est de voir à quel point le personnage central veut s’intégrer malgré le fait que ses parents soient des «imprévisibles ».

Celui qui va devenir imprévisible dans Le destin de Linus Hoppe est Linus lui-même. Bon élève, Linus a tout pour être heureux jusqu’à ce qu’il réalise qu’il ne pourra jamais choisir son destin. Et cette simple idée va l’amener à tromper le grand ordonnateur pour avoir une vie avec des aléas. Son souhait va se réaliser au-delà de ses espérances, car on ne trompe pas le grand ordonnateur sans conséquence, et son acte va faire boule-de-neige jusqu’à influencer la vie de son entourage.

Aucune raison ne devrait pousser une civilisation à oublier sa créativité et empêcher les gens de s’exprimer. Dans Les secrets d’Aramanth, premier tome de la série Le Vent de Feu, Kestrel étouffe dans une structure sociale régie par des évaluations perpétuelles qui décident de la promotion sociale d’une famille. Hors, il n’existe pas qu’une seule forme d’intelligence, et celle-ci n’est pas la seule qualité qui doit être développée. Kestrel fera tout pour délivrer ses concitoyens.

À force de montrer les failles de ces dystopies, on oublie qu’à la base, les communautés de ces romans souhaitaient fortement créer une utopie. Divergence est un bon exemple de société qui, à force de vouloir éviter l’imperfection, transforme des valeurs positives en valeurs négatives et finalement avance sur le chemin qu’elle voulait éviter. Mais pour ce livre, le plaisir se trouve aussi dans le suspense et l’action : on frissonne pour l’héroïne dont la vie semble toujours tenir à un fil.

L’idéal que souhaite la société et les buts réels des autorités sont parfois des choses bien différentes. Ainsi, dans le court roman La fille sur la rive, Nour, qui ne sait pas faire comme les autres, préfère se poser des questions plutôt que croire tout ce qu’on lui dit. Et à force de ne pas rentrer dans la case, elle fera des découvertes déconcertantes.

La surconsommation et l’apparence prennent une place (trop) importante dans notre quotidien. Mais ce n’est rien comparé au monde de Uglies, où l’on ne devient quelqu’un seulement après 16 ans et sa première et intégrale chirurgie plastique. Dans cette population où la seule préoccupation est de s’amuser, Tally est loin de comprendre qu’il y a d’autres choses à vivre, à expérimenter, et à espérer.

Seulement de la fiction ?

Parfois, ces univers ne semblent pas si loin; ils ont d’ailleurs déjà existé. Ils existent peut-être maintenant. Ce qui paraît effrayant dans Little Brother est cette proximité du système américain avec la surveillance abusive mis en avant dans 1984 de George Orwell. L’histoire se déroule de nos jours, suite à un attentat terroriste, et les moyens de sécurité excessifs mis en place par les autorités paraissent terriblement probables.

Vouloir vivre dans une société meilleure est une belle chose, mais cela ne doit pas se faire au détriment de l’individu. Et l’individu, qu’il en ait conscience ou non, fait partie intégrante de la société. C’est aussi à lui de réfléchir, de s’interroger et comprendre qu’on n’est pas fait pour les cases. Certains ont dû aller jusqu’à la désobéissance civile pour refuser des injustices légales. Cinq discours pour désobéir met en avant des personnalités qui ont su comprendre l’importance de la légitimité éthique.

Garder son libre-arbitre est important. Important, car je n’aimerais pas vivre dans un de ces romans d’anticipation où l’on serait ignorants et où les livres seraient soit censurés, soit détruits… Car un monde sans livres est un monde où l’on ne peut éveiller sa curiosité, s’émanciper et faire reculer les limites imposées.

Le passeur, Lois Lowry, 1994, École des loisirs, coll. « Médium », 288 p., 9782211208345*
Epic, Conor Kostick, 2011, Bayard Jeunesse, coll. « Les imaginaires », 466 p., 9782747027106
De l’autre coté de l’île, Allegra Goodman, 2009, Thierry Magnier, 373 p., 9782844207524*
Le destin de Linus Hoppe, Anne-Laure Bondoux, 2008, Bayard Jeunesse, 519 p., 9782747026123*
Les secrets d’Aramanth, William Nicholson, 2007, Gallimard, coll. « Folio junior », 356 p., 9782070612512*
Divergence, Veronica Roth, 2011, ADA, coll. « Romans et inspiration », 524 p., 9782896674275*
La fille sur la rive, Hélène Vignal, 2011, Rouergue, coll. « DoAdo noir », 58 p., 9782812602054*
Uglies, Scott Westerfeld, 2007, Pocket Jeunesse, 432 p., 9782266159241*
Little Brother, Cory Doctorow, 2012, Pocket Jeunesse, 442 p., 9782266187299*
Cinq Discours pour désobéir, Chef Joseph. De Gaulle. Gandhi. Thoreau. La Boétie., présentés par Philippe Godard, 2012, Syros, 218 p., 9782748511529*
 

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7 mars 2012  par nos libraires jeunesse

Littérature jeunesse : la crème de février

Comme à chaque mois, notre équipe de libraires spécialisés en littérature jeunesse passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour en repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces nouveaux titres et nouvelles séries, question d’aiguiser votre appétit livresque…

ALBUMS

Nicodème, Agnès Laroche, ill. de Stéphanie Augusseau, 2012, Alice jeunesse, coll. « Histoires comme ça », 36 p., 9782874261534*

Nicodème est un petit garçon qui rêve de se transformer en Super Nico. Il pourrait enfin faire toutes les choses qu’il ose à peine imaginer, comme ne plus se faire embêter par Hyppolite ou offrir des pâquerettes à Violette. Mais Nicodème va finir par comprendre qu’il n’a pas besoin d’être incroyable pour trouver des solutions. Avec ses délicates  illustrations aux teintes grises rehaussées de rouge, Nicodème est un bel album sur la confiance en soi. (AP)

Ah, si j’étais président !, Catherine Leblanc, ill. de Roland Garrigue, 2012, P’tit Glénat, coll. « Vitamine », 40 p., 9782723487788*

Un petit garçon rêve de devenir président de la république ! Mais derrière quelques envies égoïstes (comme être escorté par des motards ou passer à la télévision), il a aussi de très belles idées. Qui ne voudrait pas voir des cabanes dans les arbres de sa rue ou un monde où les guerres se gagnent avec des pistolets à eau ? En plus, le lecteur pourra faire son propre programme et composer son gouvernement. Moi, je vote pour ! (AP)

Le chariot rouge, Renata Liwska, La courte échelle, 2012, 32 p., 9782896951833*

Lucie vient tout juste d’avoir un beau chariot rouge, et elle a très envie de jouer avec. Elle demande donc la permission à sa mère. Celle-ci acquiesce, lui demandant d’aller au marché faire quelques emplettes. Ce qui semble à prime abord comme une corvée devient finalement une véritable aventure! Lucie se rend au marché avec ses copains, et en jouant sur le chemin, le chariot deviendra bateau, carriole, roulotte de cirque, train, et même fusée ! (JH)

L’histoire du renard qui n’avait plus toute sa tête, Martin Baltscheit, 2012, Rue du monde, coll. « Coup de cœur d’ailleurs », 36 p., 9782355041822*

Renard sait tout ce que doit savoir un renard. Chaque semaine, il réunissait les renardeaux, cuisinait pour eux et partageait son savoir. Mais Renard se fait vieux. Il commence à mélanger les jours. Il lui arrive de ne plus se rappeler où il habite. Il oublie de manger, il oublie toutes ses ruses. Mais Renard n’est pas seul… Il y a les renardeaux, et il aime bien les écouter raconter leurs chasses et leurs ruses. Cet album très touchant réussit à parler de la vieillesse et de l’Alzheimer avec une belle sensibilité. (JH)

ROMANS

Little Brother, Cory Doctorow, 2012, Pocket jeunesse, 442 p., 9782266187299*

Votre école est truffée de caméras de surveillance,  votre carte de métro retrace tous vos déplacements et,  suite à un attentat terroriste, même vos communications peuvent être surveillées. Pourtant, nous ne somme pas dans un roman d’anticipation : nous sommes aux États-Unis d’Amérique de nos jours. Quand la sécurité intérieure passe avant la Constitution, voire avant les droits de l’homme, que peut faire un adolescent qui croit en des valeurs comme la liberté ? (AP)

Nous sommes ce continent, Pierre Labrie, 2012, Soulières, coll. « Graffiti », 68 p., 9782896071524*

Nous sommes ce continent, c’est un mois dans la vie d’un garçon de 16 ans. Alliant prose et vers libres, cet adolescent confie à son journal ses préoccupations concernant sa relation avec sa copine. Il ne s’agit pas d’un journal intime romancé, comme on en trouve beaucoup en littérature jeunesse. C’est plutôt un journal comme peut l’écrire un jeune homme sensible, créatif, poète, avec éloquence et panache. « Est-ce qu’il y a des frontières percées plus grandes que moi? Nous ne sommes pas à l’étroit ici. Pourtant, j’ai l’impression que le temps me passe à travers. Et que j’en manque des bouts. » (JH)

Black rain : S01, E1-2, Christophe Debien, 2012, Flammarion, 307 p., 9782081261624*

Adam vit au Centre, à la fin du XXIe siècle. Le Centre, c’est un hôpital psychiatrique ultra-moderne. Ce dernier utilise toutes les dernières technologies numériques pour traiter leurs patients en les insérant dans une réalité virtuelle, afin de les confronter à leurs peurs, leurs traumatismes. Cependant, rien n’est aussi simple. Dans l’Inside, la réalité virtuelle, Adam est témoin de meurtres. Est-ce là une manifestation de sa schizophrénie ? Ou bien se passe-t-il des choses suspectes au Centre ? (JH)

Boys don’t cry : les garçons ne pleurent (presque) jamais…, Malorie Blackman, 2012, Milan, coll. « Macadam », 286 p., 9782745954992*

Dante attend impatiemment ses résultats scolaires pour entrer à l’université, un avenir prometteur s’annonce à lui. Quel choc lorsque Mélanie, son ancienne copine, frappe à la porte, un bébé au bras et lui annonce qu’il en est le père. La vie de Dante est bouleversée, d’autant plus que Mélanie n’en peut plus et décide de lui laisser le bébé. Mais Boys don’t cry n’est pas qu’une histoire sur la paternité d’un jeune adolescent dont le rêve vient de tourner au cauchemar, c’est aussi le quotidien d’Adam, de Dante et de leur père. La mère est décédée il y a quelques années déjà et les relations sont difficiles. C’est aussi une histoire à deux voix, celle de Dante, celle d’Adam, de leur solidarité, de leurs souffrances, de leur déception et de la reconstruction d’une famille. Un récit chargé d’émotions, de tendresse, qui porte au débat, qui remet en question. Après la trilogie de Malorie Blackman, ce livre est à la hauteur des attentes des lecteurs. (SD)

DOCUMENTAIRES

Évolution : Les origines de l’homme, Dre Alice Roberts, 2012, Erpi, 256 p., 9782761347259*

Cet ouvrage offre un panorama très complet de l’histoire des origines de l’homme. Partant des premiers balbutiements de la vie jusqu’aux civilisations égyptienne, chinoise et précolombienne, l’auteur explore les différentes étapes de l’évolution des hominidés. Grâce aux tableaux clairs, aux encadrés et aux reconstitutions faciales, l’anthropologie n’aura jamais été aussi fascinante! (JH)

Comment ça pousse ? : Plus de 25 projets amusants… du jardin à l’assiette !, collectif, 2012, Erpi, 80 p., 9782761347228*

La neige recouvre encore le sol, mais le printemps ne saurait tarder, et ce sera le moment idéal pour initier les enfants aux plaisirs du jardinage ! Cet ouvrage offre tout un éventail d’activités tournant autour du jardin. Comment décorer des pots, fabriquer des étiquettes d’identification, faire pousser des légumes, et même comment les apprêter ! On nous enseigne même comment faire du papier à partir de feuilles de maïs ! (JH)

* * *

Sélection et rédaction d’Aurélie Philippe, Joëlle Hodiesne et Susane Duchesne.

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28 février 2012  par Joëlle Hodiesne

L’art pour l’enfance… c’est l’enfance de l’art!

Très tôt dans leur vie, les enfants sont mis en contact avec l’art. Créer est une façon d’apprivoiser le monde, de se l’approprier. Il y a bien sûr le plaisir de dessiner papa, maman et la maison, ou encore de créer un monstre violet mangeur de betteraves.

Mais il y a aussi le plaisir de regarder les œuvres d’artistes d’hier et d’aujourd’hui. Les enfants sont sensibles au beau, à l’original, aux œuvres classiques comme aux plus éclatées. De nombreux livres permettent aux enfants de tous âges de s’initier aux différents courants artistiques ainsi qu’à leurs représentants. Ici, je vous propose d’explorer quelques-uns de ces ouvrages.

Jouer avec les œuvres pour mieux les apprivoiser

Une bonne façon d’initier les plus jeunes aux œuvres et artistes de l’histoire, c’est de rendre la chose amusante. Avec Quelle histoire !, c’est chose faite ! Appartenant à la grande famille des livres du type « cherche et trouve », cet ouvrage permet d’aiguiser son sens de l’observation tout en se familiarisant avec l’art. Consacré à l’histoire, ce deuxième tome de la collection « Détails en pagaille ! » offre en plus un survol des différentes époques de l’humanité.

La collection « Salut l’artiste » permet aussi de jouer avec les œuvres. Si on prend en exemple Les chevalets de Monet, on débute avec une petite biographie du peintre, puis les jeux débutent. Une œuvre est présentée, puis on propose une activité à faire par rapport à la toile. Trouver où est le soleil d’après les ombres, repérer les sept erreurs entre l’originale et la copie, ou encore identifier quels coquelicots sont sur la toile.

Avec Renoir et moi, non seulement l’auteur présente le peintre et quelques-unes de ses toiles, mais en plus, il propose une première réflexion sur l’art. Pour ce faire, on compare Renoir avec d’autres peintres de son époque, on attire l’attention du lecteur sur certains détails, on lui demande quels sont ses impressions par rapport à une œuvre.

Un musée dans un livre

Mon petit Louvre permet aux plus jeunes de visiter, sur les genoux de maman, l’un des plus célèbres musées du monde. Pour présenter les diverses sculptures, fresques et toiles du Louvre de façon aérée, l’auteur se sert de la double page. Sur la page de gauche, un détail de l’œuvre attire le regard, et un petit texte s’approchant de la comptine présente l’œuvre montrée intégralement sur la page de droite. Les autres titres de la collection, tout aussi intéressants, permettront de découvrir de grands musées.

20 peintres, 80 chefs-d’œuvre saura quant à lui combler les attentes de ceux qui auraient envie d’un tour d’horizon des virtuoses du pinceau. Du début du XIVe siècle jusqu’à la fin du XIXe, ce livre nous présente les plus grands maîtres ayant œuvré en Occident. Pour chaque peintre, l’auteur résume la vie et la façon de travailler, mais nous offre aussi des anecdotes en lien avec sa création. Les encadrés offrent des détails sur les œuvres montrées, et des liens vers des sites Internet permettent d’approfondir le sujet pour ceux désirant en connaître plus sur le peintre et l’œuvre. En fin d’ouvrage, une biographie de chaque artiste de même qu’un glossaire complètent à merveille ce livre riche en informations.

Qu’est-ce qu’un chef-d’œuvre ?

La revue Dada s’est penchée sur la question. Explorant les œuvres de différentes époques, les auteurs exposent les critères permettant de qualifier un objet artistique de chef-d’œuvre. Mais au-delà du sujet abordé dans ce numéro, la revue Dada est une « mine d’art ». Chaque numéro s’articule autour d’une thématique, d’un mouvement, d’une période ou d’un artiste. Les nombreux articles explorent à fond le sujet, dans un langage accessible au profane. S’adressant aux jeunes, la pertinence du contenu saura intéresser les ados tout autant que leurs parents. La revue propose aussi des activités liées au thème abordé, un abécédaire, des pistes de lectures pour approfondir le sujet. Avec Dada, les passionnés d’art auront de nombreuses heures de lecture à leur disposition !

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Quelle histoire !, Elisabeth de Lambilly, 2011, Palette, coll. « Détails en pagaille ! » 61 p., 9782358320788*
Les chevalets de Monet, collectif, 2003, RMN-Grand Palais, coll. « Salut l’artiste! », 40 p., 9782711846375*
Renoir et moi, Mila Boutan, 2009, RMN-Grand Palais, 47 p., 9782711856435*
Mon petit Louvre, Violaine Bouvet-Lanselle et Marie Sellier, 2001, RMN-Jeunesse, coll. « Mon petit », 43 p., 9782711842889*
20 peintres, 80 chefs-d’œuvre : l’essentiel de l’art, Charlie Ayres, 2008, Albin Michel, 96 p., 9782226181671*
Qu’est-ce qu’un chef-d’œuvre ?, Dada n° 156, collectif, 2011, Arola , 50 p., 9782358800136*

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