Le Délivré

Archive pour la catégorie ‘◦ Impressions’


16 février 2012  par Sébastien Veilleux

Les « lecteurs numériques » sortent de l’ombre !

Le livre numérique fait couler beaucoup d’encre depuis quelque temps. Tel un vautour, il semble planer au-dessus du livre papier, prêt à n’en faire qu’une bouchée. Du moins, c’est ce que plusieurs personnes dans le milieu du livre craignent. Il est vrai que le marché du livre numérique est en pleine expansion. Amazon affirme avoir vendu quatre millions (!) de Kindle durant la période de Noël 2011, et on estime qu’à la fin de 2012 17 millions de liseuses électroniques auront trouvé preneur. Selon le bureau d’études Idates, le marché mondial du livre électronique connaîtra une croissance annuelle de 30 % d’ici 2015 pour atteindre 12 % du marché mondial du livre.

Nous avons interrogé trois adeptes du livre numérique pour connaître leur point de vue.

Pourquoi s’acheter une liseuse numérique ? Quels sont les avantages de ce format ? Chantal s’est procuré la sienne en 2010, un Kindle 3G d’Amazon. Elle a choisi ce modèle parce que la connexion Internet 3G lui permet de télécharger des livres numériques où qu’elle soit. Grande voyageuse, elle peut désormais partir avec plusieurs livres sans encombrer sa valise. Le dictionnaire intégré s’avère également très utile puisqu’elle télécharge surtout des livres en anglais, et si le sens d’un mot lui échappe, elle n’a qu’à placer son curseur dessus pour voir apparaître la définition. Finie l’époque où il fallait garder un dico près de soi. Chantal lit présentement La dernière frontière de Philip Le Roy en version papier, et One for the Money de Janet Ivanovitch en version numérique (La prime en version française).

Robert, de son coté, a choisi la liseuse de marque Kobo, d’une part pour ne pas être enchaîné au site d’Amazon et d’autre part parce que le Kobo était la liseuse la mieux cotée par les experts au moment de son achat, fin 2011. Pour l’instant, Robert ne télécharge que des livres gratuits, des classiques libres de droits d’auteurs. Il en trouve à profusion, en anglais pour la plupart. Pour lui, la gratuité des livres reste le principal avantage de la liseuse numérique. Il lit présentement The Picture of Dorian Gray (Le Portrait de Dorian Gray) d’Oscar Wilde et, en version papier, Murmures à Beyoglu de David Boratav.

L’été dernier, Geneviève s’est acheté un Kobo en espérant pouvoir consulter ses dossiers dans les transports en commun. Elle a été déçue, car il ne suffit pas de convertir un fichier en PDF pour obtenir un livre numérique. En revanche, elle adore pouvoir grossir le caractère du texte puisque auparavant sa vue ne lui permettait pas de lire des livres en format poche. Du coup, elle affirme que le nombre d’heures qu’elle consacre à la lecture a considérablement augmenté avec sa liseuse électronique. Elle lit présentement Le Défi positif de Thierry Janssen, en version papier.

Nos trois adeptes lisent encore des livres papier et jurent qu’ils n’arrêteront jamais d’en lire… et d’en acheter. Chantal et Robert privilégient les livres papier quand vient le temps de lire en français. Robert admet toutefois que sa consommation de livres anglais a doublé depuis qu’il possède une liseuse électronique. Pour sa part, Chantal, avant d’avoir son Kindle, estimait son ratio de lecture à 70 % de livres francophones pour 30 % de livres anglophones. Ce ratio est passé à 60 %-40 % depuis l’achat de sa liseuse.

Les livres numériques nuisent-ils à la littérature francophone ? Une chose est sûre, il y a une grande disparité entre l’offre des livres anglais et français sur le web. Les titres anglais sont beaucoup plus nombreux sur les sites de téléchargements. Philippe Desalle, dans un article paru le 31 décembre, parle de 30 000 à 50 000 livres francophones contre 1 million de titres anglophones déjà disponibles en format numérique. Le prix des livres aussi pose problème : alors que les titres anglophones sont souvent vendus à moitié prix dans leur format numérique (et souvent plus  bas encore), la réduction est beaucoup moindre en français. Pourtant, cette différence de prix est citée comme étant un avantage majeur aux yeux de nos trois adeptes, d’où peut-être leur intérêt accru pour le livre en anglais.

Heureusement, les éditeurs francophones ont compris le message et s’ajustent rapidement. L’association des Librairies Indépendantes du Québec (LIQ) propose déjà sur son site web plus de 16 800 titres francophones, dont près de 10 000 titres québécois, en format numérique (PDF et Epub), téléchargeables en un clin d’œil.

Les prochaines années seront déterminantes pour le milieu du livre. Robert croit d’ailleurs que cette révolution aura des bienfaits sur l’édition papier, obligeant les éditeurs a offrir des reliures de meilleure qualité, à faire du livre traditionnel un objet de collection. De toute façon, l’essentiel demeure la lecture elle-même; en bout de ligne, les amoureux du livre, quel que soit son format,  auront toujours le dernier mot.

Et vous, avez-vous succombé au livre électronique ? Si oui, pour quelles raisons ? Que lisez-vous ? Optez-vous davantage pour des livres en anglais ? Êtes-vous plutôt un ardent défenseur du livre papier ? Pourquoi ? Le Délivré veut vous lire !

Vous trouverez notre inventaire de titres disponibles en format numérique sur :

Vous pouvez vous y procurer des livres en version papier ou numérique tout en profitant de l’expertise de nos libraires par leurs suggestions dans chacun des secteurs.


30 janvier 2012  par Maxime Nadeau

La littérature et Twitter

Depuis quelques mois, on nous parle régulièrement de twittérature, c’est-à-dire de la littérature produite et diffusée sur Twitter, ce site de microblogage où les usagers ne s’expriment qu’en gazouillis, des messages de 140 caractères et moins. Il existe même un Institut de Twittérature Comparée (ITC), dont le site affiche fièrement les  lettres patentes (!) de l’organisme. Les « défenseurs » de la twittérature – car nombreux sont ses détracteurs – voient en Twitter une contrainte stimulante pour la création : la limitation des caractères rappelle les formes fixes de poésie comme le haïku ou le sonnet. On pense aussi à l’OuLiPo, ce fameux groupe d’écrivains (Perec, Calvino, Queneau, etc.) ayant expérimenté la contrainte dans la création littéraire. Les twittérateurs se donnent donc comme défi de produire de la littérature de qualité sur Twitter tout en gardant un certain esprit ludique, ce qui ne signifie pas que toute twittérature soit humoristique pour autant.

Certains tenants de la twittérature misent déjà sur celle-ci à des fins pédagogiques au secondaire. Puisque les élèves clavardent et écrivent déjà sur des sites de microblogage comme Twitter et Facebook, aussi bien les joindre là où ils sont déjà et stimuler leur création par un médium qu’ils maîtrisent souvent davantage que leurs professeurs. Les opposants à ces méthodes d’enseignement y voient plutôt une forme de nivellement vers le bas : s’éduquer n’est pas que plaisir et exige de l’effort. Fabien Deglise, du Devoir, s’inquiétait d’ailleurs, dans sa chronique du 3 décembre dernier, d’un étiolement du vocabulaire que provoquerait l’usage de Twitter. Selon lui, limite de 140 caractères oblige, on aurait tendance à utiliser davantage de mots courts et génériques plutôt que des mots plus longs et plus précis. Pour reprendre un exemple de Deglise, exprimer, formuler, murmurer, dévoiler et affirmer écoperait au détriment de dire. Qu’importe, les twittérateurs ont leur lobbyiste et comptent bien obtenir du financement pour un projet-pilote visant à développer l’enseignement de la twittérature.

Mais en librairie, la twittérature est-elle présente ? Pour l’instant, presque pas. Peu nombreux, les livres s’affichant comme de la twittérature font sourciller, car les textes laissent malheureusement un peu à désirer, du moins jusqu’à maintenant. Force est de constater que les éditeurs n’ont toujours pas succombé et que les lecteurs connaissent encore peu le phénomène. Les twittérateurs forment pour l’instant une communauté assez restreinte, mais rien ne dit qu’elle ne comptera pas de nouveaux adeptes. Il suffirait que leur enthousiasme séduise quelques auteurs connus et qu’un succès en librairie accroisse leur visibilité pour que le nouveau genre prenne son envol. Après tout, la twittérature n’en est qu’à ses premiers balbutiements : on attribue la paternité du mouvement au Japonais Keitai Shosetsu, premier auteur à avoir écrit un roman entièrement sur un cellulaire, en 2006 ou 2007. Pour l’anecdote, on parlait alors de celluroman et de cellu-lit. Un genre que ne devrait pas trop priser la gent féminine !

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Twitter et les médias sociaux créeront peut-être une autre littérature, mais on peut d’ores et déjà croire qu’elle influence et influencera la littérature « traditionnelle ». Je pense ici au plus récent recueil de Yolande Villemaire, Micropoésie. On savait l’auteure de La vie en prose polyglotte et grande voyageuse, mais on ne connaissait pas la branchée grande utilisatrice des réseaux sociaux. On y apprend entre autres que les iPod, YouTube et autres Twitter n’ont aucun secret pour Villemaire, qui semble les utiliser quotidiennement, et avec enthousiasme. Une « abolition de l’espace » frappe dans ce recueil : l’auteure se trouve partout à la fois par l’utilisation des médias sociaux, vivant notamment le Printemps arabe en direct. Twitter et consorts auront encore fait reculer la contrainte de l’espace en permettant à des individus de partout dans le monde de se parler en direct. Un usager de ces technologies peut « vivre le monde » et peut-être développer une véritable « conscience universelle » par ces « stimuli technologiques » nous faisant ressentir  en tout temps les moindres parties de ce « corps mondial ». Le recueil de Villemaire fait bien ressentir cette simultanéité des soubresauts du monde dans le quotidien, et en ce sens annonce possiblement des changements à venir dans la littérature. Si les nouvelles technologies influencent le quotidien d’un pourcentage grandissant de la population, celles-ci finiront tôt ou tard par se répercuter davantage dans la littérature. Les possibilités de mutations du récit sont multiples : un narrateur se nourrissant des médias sociaux, la communication des personnages via les nouveaux médias prenant plus d’importance, de nouvelles façons d’imaginer le futur dans la science-fiction, etc. Bref, que la twittérature fasse long feu ou pas, les médias sociaux s’inscrivent déjà dans la littérature et continueront de l’influencer à mesure que leur importance dans nos vie croîtra. Peut-être en avez-vous des exemples ? Ou peut-être lisez-vous de la twittérature ? Avez-vous des twittérateurs à recommander ? Le Délivré veut vous lire !

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Micropoésie, Yolande Villemaire, 2011, Écrits des Forges, 78 p., 9782896451869.

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20 janvier 2012  par Eric Bouchard

Dans la peau des Fauves

L'affiche du président de la 39e édition, Art Spiegelman

On entame le dernier droit de janvier, et c’est le moment de l’année où le fervent lecteur de bandes dessinées trépigne d’impatience à l’idée de découvrir quels seront les albums qui dans quelques jours rafleront les différentes récompenses décernées par le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, inévitable Mecque annuelle du 9e art, qui se tiendra du 26 au 29 janvier 2012.

On se souvient que les prix avaient connu une redéfinition sous le passage à la présidence de Lewis Trondheim en 2007 : alors que le Prix du meilleur album est renommé Fauve d’or, les anciens prix sont écrasés sous une sélection de six albums de tête qualifiés d’« Essentiels », puis de Fauves d’Angoulême, dont un Essentiel révélation. Mais cette manière de faire aura fait long feu : trois ans plus tard, à l’édition 2010, ces cinq autres Fauves recevront différents épithètes à saveur plus ou moins ésotérique qui, bien que ne faisant pas l’unanimité au début, semblent vouloir s’imposer : le Prix Regard sur le monde, attribué à un album traitant de problèmes actuels ; le Prix de l’Audace, censé récompenser un album expérimental ; le Prix Intergénérations, pour un album transcendant les catégories d’âge ; le Prix spécial du jury, à un album « méritant d’être distingué mais ne rentrant dans aucune des autres catégories de prix » (?) ; et le retour du Prix de la Série, qui permet de couronner, d’une part, des œuvres au long cours, d’autre part, la bande dessinée grand public, ce qui en somme est loin d’être une mauvaise chose d’un point de vue politique pour ce festival se faisant souvent taxer d’« élitisme » (alors que les élitistes ont plutôt tendance à la considérer « populaire », mais ceci est un autre débat !)

Cependant, plutôt que de proposer des albums en nomination pour chacune des différents Fauves, le Festival propose depuis 2007 une Sélection officielle d’une cinquantaine de titres (58 cette année), voulue représentative de l’offre éditoriale (comprendre : y représenter une majorité d’éditeurs), où seront puisé les différents gagnants. Maintenant, comme cette manière de faire laisse bien évidemment la place à une vaste spéculation, je vous propose cette année de tenter une approche prédictive pour ces principaux prix, car une brochette d’autres sont remis, notamment les Prix Jeunesse, du Patrimoine et le nouveau Prix Polar.

Prix Regard sur le monde

En regard de la sélection officielle, plusieurs albums de qualité se bousculent dans cette catégorie. C’est notamment le cas du célébré Chroniques de Jérusalem de Guy Delisle (Delcourt), du tout récemment reçu en librairie Reportages de Joe Sacco (Futuropolis) – qui, rappelons-le, avait remporté ce prix l’an dernier avec Gaza 1956 –, une compilation de travaux journalistiques réalisés pour différentes publications autour du génocide tchétchène, de l’immigration subsaharienne massive dans l’île de Malte, des victimes du système de castes en Inde, etc., ou même d’Une vie dans les marges de Yoshihiro Tatsumi (Cornélius), qui nous propose à travers son autobiographie de pénétrer le contexte de fondation du mouvement gekiga à la fin des années 50, comme l’actualité japonaise de l’époque. Sauf que de trop nombreux lecteurs ont été complètement renversés par l’excellent L’art de voler d’Antonio Altabirra et Kim (Denoël graphic), déchirante aventure biographique d’un paysan idéaliste broyé par le franquisme, à qui devrait échoir le prix.

Prix de l’audace

Pourraient facilement figurer dans cette catégorie Habibi de Craig Thompson (Casterman), dont a abondamment parlé ma collègue Isabelle, ou Pour en finir avec le cinéma de Blutch (Dargaud), promenade esthétique et référentielle dans la culture du 7e art, mais je penche pour ma part vers 3’’ de Marc-Antoine Mathieu (Delcourt), en opposition à ceux qui ont dénoncé sa narration bande dessinée comme étant en inadéquation avec son récit. En effet, sur le site Du9, l’auteur du texte « 3″ et son double » (car le lecteur peut aussi visionner en ligne une version continue de l’expérience de zoom infini de Mathieu) affirme notamment d’une part que les cases intermédiaires entre les scènes principales de ce zoom infini n’apportent rien, mais aussi d’autre part que le visionnement de la version numérique (un bref aperçu ici) se déroule si rapidement qu’on y perd un peu pied, incapable d’assimiler toutes les informations qui défilent sous nos yeux. En même temps, il y souligne avec justesse ce « plaisir du vertige » ressenti à la lecture, qu’il pose comme le réel sujet du livre. Ainsi, en regard de cette « lacune » de la version numérique, dont la vitesse de défilement subie fait perdre pied au lecteur, ne serait-il pas juste de croire que le vertige de ce récit ne puisse être pleinement expérimenté que justement en raison de sa narration bande dessinée, narration régulière (« en gaufrier ») de surcroît, qui permet un équilibre à la lecture de l’audacieuse expérience de Marc-Antoine Mathieu ?

Prix intergénérations

La série Beauté des Kerascoët et d’Hubert (Dupuis) ferait un candidat tout à fait honorable, pour son investissement de l’imaginaire du conte et son traitement rafraîchissant des aplats colorés, mais je lui préférerais la magnifique série Bride stories de Kaoru Mori (Ki-Oon), une pudique histoire d’amour justement intergénérationnelle, pour le souffle de sa portée documentaire, notamment autour des traditions d’artisanat des peuples d’Asie centrale au 18e siècle.

Prix spécial du jury

On voit bien figurer dans cette catégorie aux motivations obscures (deuxième meilleur album ?) Les ignorants d’Étienne Davodeau (Futuropolis), audacieux projet d’« initiation croisée » d’un bédéiste et d’un viticulteur, ou peut-être la captivante biographie post-moderne Le chanteur sans nom d’Arnaud Le Gouefflec et Olivier Balez (Glénat), pour saluer le travail de la collection « 1.000 feuilles », qui amène une salutaire diversité chez l’éditeur grand public grenoblois. Mais nous pourrions parier un billet sur l’élection de Mister Wonderful de Daniel Clowes (Cornélius), pour enfin récompenser en sol européen le travail de cet incontournable auteur américain (et Dieu sait comment son éditeur se désespère année après année de tant d’aveuglement). Et qui sait si le président Art Spiegelman ne poussera pas son compatriote comme prochain Grand prix ?

Prix de la Série

La parution du troisième tome de Servitude d’Eric Bourgier et Fabrice David (Soleil), une série fantasy ambitieuse et de grande qualité (le fait en lui-même est assez rare pour être remarqué), pourrait faire d’elle un excellent choix. Sauf que la parution d’Atsuko, quinzième tome de Jonathan (Le Lombard), serait sans doute l’occasion de récompenser l’immense Cosey pour sa série-culte. Mais comme ce dernier album est un rien tiède, allons-y pour une série-puzzle d’anticipation d’excellente tenue : Alter ego (Dupuis), scénarisée par l’équipe belge composée de Denis Lapière et d’un réalisateur inventif au regard social pertinent, Pierre-Paul Renders (Thomas est amoureux, Comme tout le monde), qui décidément s’intéresse de plus en plus à la bande dessinée…

Prix Révélation

Alors là, ça se bouscule au portillon ! De nombreux nouveaux talents dignes d’intérêt ont éclos cette année, dont Thimoté le Boucher avec Skins party (Manolosanctis), brillant récit choral autour d’une fluorescente descente aux enfers, ou Lars Martinson avec Tonoharu (Lézard noir), et sa singulière approche de faux « roman graphique du 19e siècle » au service d’une fiction sur la figure de l’expatrié incapable d’appréhender son nouvel environnement, en l’occurrence le Japon contemporain et la froideur de ses mœurs.

On pourrait aussi songer à Marine Blandin, avec son surréaliste Fables nautiques (Delcourt), surprenante aventure à la recherche de l’issue d’un labyrinthe en forme de parc aquatique fantasmé, à la jeune Marion Montaigne (Panique organique, La vie des très bêtes) avec Tu mourras moins bête (Ankama), hilarante entreprise de vulgarisation scientifique déconstruisant avec bonheur les approximations véhiculées par les fictions du corpus cinématographique et télévisuel grand public, ou même à Gilles Rochier pour TMLP (6 pieds sous terre), qui en dépit d’une carrière entamée depuis une quinzaine d’années, se révèle cette année avec éclat dans cette chronique bien sentie d’une jeunesse à l’ombre des cités-HLM.

Mais il faut saluer cette année l’excellence de l’Espagnol Pau, qui déboule de nulle part avec un univers animalier diablement maîtrisé. Cette grande aventure canino-viking qu’est La saga d’Atlas et Axis (Ankama) a tout pour séduire le grand public, et pourrait même se tailler une bonne place dans les bibliothèques exigeantes, pas très loin du Bone de Jeff Smith…

Fauve d’or – Meilleur album

Polina (Casterman), l’album de la maturité pour Bastien Vivès, porté par un immense engouement en France, a toutes ses chances. Mais comme vous l’avez lu dans nos tops de l’année, notre préférence globale va définitivement à Portugal de Cyril Pedrosa (Dupuis)… Et la vôtre ?

* * *

Hélas, comme à chaque année, restent quelques albums pas encore distribués au Québec que nous n’avons donc pas eu l’occasion de lire et qui pourraient éventuellement causer la surprise. C’est le cas notamment de Oui mais il ne bat que pour vous d’Isabelle Pralong (L’association), Prix Révélation 2008 avec L’éléphantLe dernier cosmonaute d’Aurélien Maury (Tanibis), une histoire d’amour traitée à la Chris Ware ; Le miroir de Mowgli d’Olivier Shrauwen (Ouvroir Humoir), le plasticien-pasticheur qui nous a donné Mon papa et L’homme qui se laissait pousser la barbe ; et le très attendu Les amateurs de Brecht Evens (Actes sud BD), l’auteur qui s’était mérité le Prix de l’audace 2010 avec Les noceurs.

Hélas encore, comme à chaque année également, on remarque quelques grands absents de la sélection officielle : Lomax : collecteur de folk songs de Franz Duchazeau (Dargaud), Voyage aux îles de la désolation d’Emmanuel Lepage (Futuropolis), La plaine du Kantô de Kazuo Kamimura (Kana) ou encore Le viandier de Polpette de Julien Neel et Olivier Milhaud (Gallimard), etc.

Le Festival d’Angoulême, s’il est le plus important et le plus influent du monde francophone, n’est malheureusement jamais irréprochable, mais chose certaine, il donne du grain à moudre…

* * *

Chroniques de Jérusalem, Guy Delisle, 2011, Delcourt, coll. « Shampoing », 336 p., 9782756025698
Reportages, Joe Sacco, Futuropolis, 194 p., 9782754806695
Une vie dans les marges (2 t.), Yoshihiro Tatsumi, Cornélius, 496 p. ch., 9782360810192
L’art de voler, Antonio Altarriba et Kim, Denoël graphic, 213 p., 9782207109724
Habibi, Craig Thompson, 2011, Casterman, coll. « Écritures », 672 p., 9782203003279
Pour en finir avec le cinéma, Blutch, Dargaud, 80 p., 9782205067026
3’’, Marc-Antoine Mathieu, 2011, Delcourt, 72 p., 9782756025957
Beauté, t.1 : Désirs exaucés, Kerascoët et Hubert, Dupuis, 48 p., 9782800150239
Bride stories (2 t.), Kaoru Mori, Ki-Oon, env. 191 p. ch., 9782355922749
Les ignorants, Étienne Davodeau, Futuropolis, 267 p., 9782754803823
Le chanteur sans nom, Arnaud Le Gouefflec et Olivier Balez, Glénat, coll. « 1.000 feuilles », 116 p., 9782723476997
Mister Wonderful, Daniel Clowes, Cornélius, 80 p., 9782360810130
Servitude (3 t.), Eric Bourgier et Fabrice David, Soleil, 60 p. ch., 9782849464229
Jonathan, t. 15 : Atsuko, Cosey, Le Lombard, 56 p., 9782803630035
Alter ego (6 t.), Denis Lapière et Pierre-Paul Renders, dessin collectif, Dupuis, 60 p. ch., 9782800148786
Skins party, Thimoté le Boucher, Manolosanctis, 108 p., 9782359760170
Tônoharu, Lars Martinson, Lézard noir, 269 p., 9782353480272
Fables nautiques, Marine Blandin, Delcourt, 142 p., 9782756021775
Tu mourras moins bête, t.1 : La science, c’est pas du cinéma !, Marion Montaigne, Ankama, 255 p., 9782359102208
TMLP, Gilles Rochier, 6 pieds sous terre, coll. « Monotrème », 76 p., 9782352120674
La saga d’Atlas et Axis, t.1, Pau, Ankama, coll. « Étincelle », 74 p., 9782359101546
Polina, Bastien Vivès, KSTR, 2011, 206 p., 9782203026131
Portugal, Cyril Pedrosa, Dupuis, coll. « Aire libre », 261 p., 9782800148137


26 décembre 2011  par Joëlle Hodiesne

Joyeux Noël et bonnes lectures !

Ce soir, ça sent la neige. Dehors, de gros flocons viennent gonfler les congères bordant les rues. C’est calme, il n’y a presque personne dehors, sauf Monsieur Légaré qui se hâte, les bras chargés de paquets. Les guirlandes lumineuses étincellent dans les arbres et arbustes du quartier. Les maisons arborent mille et une décorations, et les fenêtres illuminées appellent à la fête. Quand une porte s’ouvre, on entend le joyeux brouhaha des convives festoyant en heureuse compagnie. On sent aussi le parfum enivrant de la dinde, des tourtières, des tartes au sucre et autres délices. Les familles et les amis se réunissent, ils partagent leur bonheur d’être ensemble.

Comme à chaque année, il y a mononc’ Hector qui raconte la fois où il a échappé son dentier en chantant « Mon beau sapin ». Tout le monde rit joyeusement,  d’autres détails s’étant rajouté à cette fabuleuse anecdote au fil des ans. Grand-maman Germaine a les yeux brillants de voir tout son monde avoir du plaisir. À table, les enfants s’impatientent : Liliane, Julien et leurs cousins s’étirent le cou, les yeux vers le salon. Depuis longtemps, ils reluquent les cadeaux déposés au pied du sapin de Noël. Auront-ils les présents qu’ils ont demandés ? Ont-ils été suffisamment sages ? Ils devront attendre un peu avant d’ouvrir leurs étrennes : la soirée est jeune, ils n’ont même pas encore goûté à la bûche de Noël. Et les adultes ne semblent pas si pressés de découvrir ce que cachent tous ces papiers aux couleurs vives…

Dans l’un de ces cadeaux joliment emballés se cache un livre. Ce livre, il a été choisi avec amour. La personne qui l’a choisi s’est demandée : « Qu’est-ce qui lui ferait plaisir ? Aimera-t-il cette histoire ? » Le livre, lui, attend impatiemment d’être déballé. Il n’est pas inquiet, il sait qu’il a été judicieusement sélectionné. Maintenant, il a hâte de voir le visage de celui qui va le lire, il a hâte de le faire voyager au travers de ses pages, de lui faire visiter un tout autre monde, de lui faire vivre une foule d’émotions. Et sur la page de garde, on peut lire ces mots écrits soigneusement :

« Joyeux Noël ! »

* * *

La nuit de Noël, Walter Wick, 2006, Scholastic, 40 p., 9780439941488*
J’aime Noël, Minne, ill. de Christophe Merlin, 2011, Albin Michel Jeunesse, 48 p., 9782226231062*
Le Noël des animaux, Kathryn B. Jackson, ill. de Richard Scarry, 2008 (1978), Albin Michel Jeunesse, 69 p., 9782226183408*

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16 décembre 2011  par Le délivré

Romans et albums jeunesse : le meilleur de 2011

Voici enfin le dernier article de cette semaine de bilan des meilleurs livres de l’année 2011 : les choix de l’équipe des libraires jeunesse, qui vous proposent leurs romans et albums favoris. Encore une fois, comme le veut la coutume, celles-ci se sont creusé la tête pour se prêter à ce périlleux exercice… De quoi faire quelques belles découvertes, ou trouver des suggestions de lecture comme des idées cadeaux pour la période des Fêtes !

Du côté des romans, on semble voir que le titre se démarquant le plus au sein de ces palmarès est Alabama moon de Watt Key ; mais ne négligeons pas d’autres romans ayant été cités deux fois par nos vaillantes lectrices : Un prince sans royaume, le second tome de la série Vango de Thimothée de Fombelle, La boulangerie de la rue des dimanches d’Alexis Gutman, Terrienne de Jean-Claude Mourlevat, L’enfant de Colas Gutman, et, pour le Québec, La chute de Sparte de Biz et La saison des pluies de Mario Brassard.

Du côté des albums, il semble y avoir une prédilection pour Un goûter en forêt d’Akiko Miyakoshi, quoique qu’il ne faille pas négliger, pour le Québec, Le monde de Théo de Louis Émond et Philippe Béha, et Fourchon d’Isabelle Arsenault et Kyo Maclear, ainsi que, chez nos amis Français, Dans la forêt du paresseux de Sophie Strady et Anouck Boisrobert.

Ces palmarès ressemblent-ils aux vôtres ? La discussion est lancée…

ROMANS

KATIA

1. Alabama Moon, Watt Key, Bayard, 453 p., 9782747027410*
2. Divergence, Veronica Roth, ADA, 524 p., 9782896674275*
3. L’étang aux libellules, Eva Ibbotson, Albin Michel, coll. « Wiz », 456 p., 9782226209375*
4. La saison des pluies, Mario Brassard, Soulières, coll. « Ma petite vache a mal aux pattes »,  80 p., 9782896071272*
5. La chute de Sparte, Biz, Leméac, 165 p., 9782760933385*

SUSANE

1. Terrienne, Jean-Claude Mourlevat, Gallimard, 386 p., 9782070637232*
2. Alabama Moon, Watt Key, Bayard, 453 p., 9782747027410*
3. La boulangerie de la rue des dimanches, Alexis Gutman, ill. de Till Charlier, Grasset jeunesse, coll. « Lecteurs en herbe », 74 p., 9782246780687*
4. Le mystère des jumelles Barnes, Carole Tremblay, Bayard Canada, coll. « Zèbre », 136 p., 9782895793830*
5. La saison des pluies, Mario Brassard, Soulières, coll. « Ma petite vache a mal aux pattes »,  80 p., 9782896071272*

JOËLLE

1. Vango, t. 2 : Un prince sans royaume, Timothée de Fombelle, 2011,  Gallimard jeunesse, 392 p., 9782070638918*
2. La révolte, Suzanne Collins, 2011, Pocket Jeunesse,  417 p., 9782266182713*
3. La chute de Sparte, Biz, 2011, Leméac, 165 p., 9782760933385*
4. Rats, David Fermer, 2011, Pocket Jeunesse, 314 p., 9782266203845*
5. L’innocent de Palerme, Silvana Gandolfi, 2011, Grandes Personnes,  268 p., 9782361930882*

AURÉLIE

1. Le yark, Bernard Santini, ill. de Laurent Gapaillard, Grasset jeunesse, 76 p., 9782246786863*
2. Le livre de Saskia, t.1 : Le réveil, Marie Pavlenko, Scrineo jeunesse, 375 p., 9782919755035*
3. Epic, Conor Kostick, Bayard jeunesse, coll. « Les Imaginaires », 466 p., 9782747027106*
4. L’académie Rowan, t.1 : La tapisserie d’or, Henry H. Neff, Pocket jeunesse, 453 p., 9782266189231*
5. Les rebelles de St-Daniel, t.1 : Appelez-moi Ismaël, Michaël Gérard Bauer, Casterman, 265 p., 9782203037557*

MARIE SOLEIL

1. La boulangerie de la rue des dimanches, Alexis Gutman, ill. de Till Charlier, Grasset jeunesse, coll. « Lecteurs en herbe », 74 p., 9782246780687*
2. L’enfant, Colas Gutman, ill. de Delphine Perret, École des loisirs, coll. « Mouche », 37 p., 9782211206136*
3. Le crime de l’horloge, Y. S. Lee, Nathan, coll. « Grand format », 382 p., 9782092524220*
4. Marina, Carlos Ruiz Zafón, Pocket jeunesse, coll. « Grands formats », 333 p., 9782266213028*
5. La princesse qui n’aimait pas les princes, Alice Brière-Haquet, ill. de Lionel Larchevêque, Actes Sud Junior, coll. « Benjamin », 38 p., 9782742789450*

RHÉA

1. Alabama Moon, Watt Key, Bayard jeunesse, coll. « Millézime », 453 p., 9782747027410*
2. Vango, t. 2 : Un prince sans royaume, Timothée de Fombelle, Gallimard jeunesse, 392 p., 9782070638918*
3. Le bébé tombé du train ou Quand l’amour d’une mère est plus fort que tout, Jo Hoestlandt, Oskar jeunesse, 47 p., 9782350006888*
4. Terrienne, Jean-Claude Mourlevat, Gallimard jeunesse, 386 p., 9782070637232*
5. L’enfant, Colas Gutman, L’école des loisirs, coll. « Mouche », 37 p., 9782211206136*


ALBUMS

KATIA

1. Le monde de Théo, Louis Émond, ill. de Philippe Béha, Hurtubise, 40 p., 9782896474394*
2. Fourchon, Isabelle Arsenault, ill. de Kyo Maclear, La pastèque, coll. «Pamplemousse», 36 p., 9782923841038*
3. Un goûter en forêt, Akiko Miyakoshi, Syros, 34 p., 9782748511611*
4. Marie et les choses de la vie, Tine Mortier, ill. de Kaatje Vermeire, Sorbier, 26 p., 9782732039916*
5. Dans la forêt du paresseux, Sophie Strady, ill. d’Anouck Boisrobert et Louis Rigaud, Hélium, 14 p., 9782358510523*

SUSANE

1. Un goûter en forêt, Akiko Miyakoshi, Syros, 34 p., 9782748511611*
2. Makö, Julien Béziat, Pastel, 40 p., 9782211205276*
3. Les listes de Wallace, Olof Landstrom, Casterman, 30 p., 9782203035515*
4. Plein soleil, Antoine Guilloppé, 32 p., 9782013935050*
5. Le monde de Théo, Louis Émond, ill. de Philippe Béha, Hurtubise, 40 p., 9782896474394*
 

JOËLLE

1. Quand j’étais chien,  Louise Bombardier, ill. de Katty Maurey, 2011, La courte échelle, 87 p., 9782896518135*
2. L’herbier des fées, Sébastien Perez, ill. de Benjamin Lacombe, 2011, Albin Michel, 64 p., 9782226230966*
3. L’amélanchier, Jacques Ferron, adaptation de Denis Côté, ill. d’Anne Sol, raconté par Johanne Marie Tremblay, 2011, Planète Rebelle, coll. « Conter fleurette », 72 p., 9782923735160*
4. Cours !, Lee Haery, 2011, La joie de lire, coll. « Albums », 44 p., 9782889080663*
5. Les invités, Bernard Friot, ill. de Magali Le Huche, 2011, P’tit Glénat, coll. Vitamine, 32 p., 9782723477079*

AURÉLIE

1. Le roi des Dardanelles, Janusz Stanny, Memo, coll. « Classiques étrangers pour tous », 28 p., 9782352891109*
2. Dix oiseaux, Cybèle Young, Scholastic, 32 p., 9781443106870*
3. Le parapluie, Ingrid et Dieter Schubert, Mijade, 36 p., 9782871427513*
4. Un goûter en forêt,  Akiko Miyakoshi, Syros, 34 p., 9782748511611*
5. Dans la forêt du paresseux, Sophie Strady, ill. Anouck Boisrobert et Louis Rigaud, Hélium, 14 p., 9782358510523*

MARIE SOLEIL

1. Barbouillette, Michèle Marineau, ill. de Manon Gauthier, Québec Amérique, 40 p., 9782764407967*
2. Le monde de Théo, Louis Émond, ill. de Philippe Béha, Hurtubise, 40 p., 9782896474394*
3. Le petit chevalier qui n’aimait pas la pluie, Gilles Tibo, ill. de Geneviève Després, Imagine, coll. « Les Imaginaires », 32 p., 9782896080977*
4. Fourchon, Kyo Maclear, ill. d’Isabelle Arsenault, La Pastèque, coll. « Pamplemousse », 36 p., 9782923841038*
5. Jérôme, Amédée et les girafes, Nicolas Gouny, L’atelier du poisson soluble, 36 p., 9782358710190*

RHÉA

1. Un océan dans les yeux, Thierry Dedieu, Seuil jeunesse, coll. « Album jeunesse », 28 p., 9782021041903*
2. Ma famille ! L’abécédaire de la famille moderne, Robert Soulières, Soulières, 64 p., 9782896071425*
3. Le bison, Catharina Valckx, L’école des loisirs, coll. « Album de l’École des loisirs », 26 p., 9782211208048*
4. Monsieur, Marie-Ange Guillaume, ill. d’Henri Galeron, Les grandes personnes, 18 p., 9782361931131*
5. Une chanson d’ours, Benjamin Chaud, Hélium, 24 p., 9782358510776*

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14 décembre 2011  par Le délivré

Les bandes dessinées de 2011

L’année 2011 tire à sa fin et nous en sommes déjà à l’heure des bilans. Comme le veut la coutume, nos libraires se sont creusé la tête pour se prêter au périlleux exercice du choix de leurs meilleurs livres de l’année… De quoi faire quelques belles découvertes, ou trouver des suggestions de lecture comme des idées cadeaux pour la période des Fêtes !

Parmi les quelques 5000 bandes dessinées paraissant chaque année, si en 2010 une puissante unanimité se forgeait autour d’Asterios Polyp de David Mazzuchelli (Casterman), les tops dix personnels de nos libraires semblent pour 2011 dessiner un consensus fort autour de Portugal de Cyril Pedrosa, et pointer quelques autres albums qui tirent leur épingle du jeu. C’est le cas notamment avec Bride stories de Kaoru Mori et Le viandier de Polpette de Julien Neel (trois nominations chacun), ainsi qu’avec La plaine du Kantô de Kazuo Kamimura, Beauté des Kerascoët et Hubert, L’art de voler d’Antonio Altarriba et Kim, Voyage aux îles de la Désolation d’Emmanuel Lepage, Je ne suis pas un homme d’Usamaru Furuya, La saga d’Atlas et Axis de Pau, puis avec l’auteur Grégory Mardon et sa série L’extravagante comédie du quotidien, tous cités à deux reprises.

Pour découvrir tous ces livres alléchants, nous vous invitons à profiter du fait que la quasi-totalité d’entre eux ont été cette année chroniqués par nos libraires. Pour ce faire, rien de plus simple : un petit clic sur le titre !

Autrement, ces palmarès ressemblent-ils aux vôtres ? La discussion est lancée…

RÉJEAN

1. Portugal, Cyril Pedrosa, Dupuis, coll. « Aire libre », 261 p., 9782800148137*
2. L’art de voler, Antonio Altarriba et Kim, Denoël graphic, 213 p., 9782207109724*
3. Wollodrin, t.1-2, Jérôme Lereculey et David Chauvel, Delcourt, coll. « Terres de légendes », 56 p. ch., 9782756017976*
4. Mono & Lobo, Sergio Garcia et Lola Moral, Delcourt jeunesse, 2 doubles posters recto-verso à déplier, 9782756022185*
5. Voyage aux îles de la Désolation, Emmanuel Lepage, Futuropolis, 158 p., 9782754804240
6. Chroniques de la nécropole, Golo et Dibou, Futuropolis, 202 p., 9782754804332*
7. Love is in the air guitare, Romain Ronzeau et Yann Le Quellec, Delcourt, coll. « Mirages », 284 p. 9782756021980*
8. Le dragon bleu, Fred Jourdain d’après Robert Lepage et Marie Michaud, Alto / Ex Machina, coll. « Rubato », 176 p., 9782923550756*
9. Chroniques de Jérusalem, Guy Delisle, 2011, Delcourt, coll. « Shampoing », 336 p., 9782756025698*
10. Je ne suis pas un homme, t.1-2, Usamaru Furuya, Casterman, 256 p. ch., 9782203038790*

ISABELLE

1. Bride stories, t.1-2, Kaoru Mori, Ki-oon, env. 191 p. ch., 9782355922749*
2. Habibi, Craig Thompson, 2011, Casterman, coll. « Écritures », 672 p., 9782203003279*
3. Beauté, t.1 : Désirs exaucés, Kerascoët et Hubert, Dupuis, 48 p., 9782800150239*
4. Aâma, t. 1 : L’odeur de la poussière chaude, Frederik Peeters, 2011, Gallimard, 86 p., 9782070638109*
5. L’incroyable histoire de la sauce soja, Fumio Obata, La Pastèque, 118 p., 9782922585933*
6. Portugal, Cyril Pedrosa, Dupuis, coll. « Aire libre », 261 p., 9782800148137*
7. Les poils (L’extravagante comédie du quotidien, t.2), Grégory Mardon, Dupuis, 70 p., 9782800148960*
8. Le Viandier de Polpette, t.1 : L’ail des ours, Julien Neel et Olivier Milhaud, 136 p., 9782070629602*
9. Élinor et Jack, t.1-2, Raul Arnaiz et Mari Paz Villar, Delcourt, 48 p., 9782756021256*
10. Le désespoir du singe, t.3 : Le dernier vœu, Alfred et Jean-Philippe Peyraud, Delcourt, coll. « Conquistador », 64 p., 9782756005980*

HÉLÈNE

1. Portugal, Cyril Pedrosa, Dupuis, coll. « Aire libre », 261 p., 9782800148137*
2. Polina, Bastien Vivès, KSTR, 2011, 206 p., 9782203026131*
3. La plaine du Kantô : Images flottantes de la jeunesse, t.1 à 3, Kazuo Kamimura, Kana, coll. « Sensei », env. 396 p. ch., 9782505010333*
4. Bride stories, t.1-2, Kaoru Mori, Ki-oon, env. 191 p. ch., 9782355922749*
5. Le Viandier de Polpette, t. 1 : L’ail des ours, Julien Neel et Olivier Milhaud, 136 p., 9782070629602*
6. Ralph Azham, t.1-2, Lewis Trondheim, Dupuis, 45 p. ch., 9782800149929*
7. Toxic, t.1, Charles Burns, Cornélius, coll. « Solange », 64 p., 9782360810048*
8. La saga d’Atlas et Axis, t.1, Pau, Ankama, coll. « Étincelle », 74 p., 9782359101546*
9. C’est comment qu’on freine ? (L’extravagante comédie du quotidien, t.3), Grégory Mardon, Dupuis, 62 p., 9782800151212*
10. Spirale (Intégrale), Junji Ito, Tonkam, 662 p., 9782759506620*

MARIE-ÈVE

1. Les légendes de la garde, t.2 : Hiver 1152, David Petersen, Gallimard, 161 p., 9782070695737*
2. Le Viandier de Polpette, t.1 : L’ail des ours, Julien Neel et Olivier Milhaud, 136 p., 9782070629602*
3. Chi : Une vie de chat, t.1 à 6, Konami Kanata, Glénat, coll. « Kids », env. 168 p. ch., 9782723478380*
4. Beauté, t.1 : Désirs exaucés, Kerascoët et Hubert, Dupuis, 48 p., 9782800150239*
5. Bride stories, t.1-2, Kaoru Mori, Ki-oon, env. 191 p. ch., 9782355922749*
6. L’histoire d’un sorcier, David Wendel et Kurt Busiek, Soleil, coll. « US Comics », 144 p., 9782302015326*
7. Tu mourras moins bête, t.1 : La science, c’est pas du cinéma !, Marion Montaigne, Ankama, 255 p., 9782359102208*
8. La dynastie Donald Duck, t.1 à 5, Carl Barks, Glénat, env. 384 p. ch., 9782723480185*
9. Chroniques sauvages : Teshkan, François Lapierre, Glénat Québec, 9782923621043*
10. La saga d’Atlas et Axis, t.1, Pau, Ankama, coll. « Étincelle », 74 p., 9782359101546*

ERIC

1. La plaine du Kantô : Images flottantes de la jeunesse, t.1 à 3, Kazuo Kamimura, Kana, coll. « Sensei », env. 396 p. ch., 9782505010333*
2. Je ne suis pas un homme, t.1-2, Usamaru Furuya, Casterman, 256 p. ch., 9782203038790*
3. Lomax : Collecteurs de folk songs, Frantz Duchazeau, Dargaud, 118 p., 9782205066579*
4. Portugal, Cyril Pedrosa, Dupuis, coll. « Aire libre », 261 p., 9782800148137*
5. Peindre sur le rivage, Anneli Furmark, Actes sud – L’An 2, 165 p., 9782742792481
6. Barrio, Carlos Gimeñez, Fluide glacial, 235 p., 9782352070702*
7. Voyage aux îles de la Désolation, Emmanuel Lepage, Futuropolis, 158 p., 9782754804240
8. 3’’, Marc-Antoine Mathieu, 2011, Delcourt, 72 p., 9782756025957*
9. L’art de voler, Antonio Altarriba et Kim, Denoël graphic, 213 p., 9782207109724*
10. Lucky in love, t.1 : Histoire d’un pauvre homme, Stephen DeStefano et George Chieffet, Ça et là, 126 p., 9782916207490*

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