Le Délivré

Archive pour la catégorie ‘◦ Humeurs’


8 janvier 2015  par Le Délivré

NOUS SOMMES CHARLIE!

Les gens du livre, qu’ils soient libraires, bibliothécaires, éditeurs, auteurs ou traducteurs sont ahuris face à l’attaque des locaux du journal Charlie Hebdo à Paris et à l’assassinat de 12 de ses collaborateurs.

La liberté d’opinion est une valeur que nous défendons tous ardemment.

Ce geste est intolérable!

L’équipe de la Librairie Monet


18 septembre 2013  par Aurélie Philippe

Et si vos libraires jeunesse étaient des livres…

Vous connaissez la question intemporelle et incontournable à poser à tous les lecteurs (d’autant plus s’ils sont aussi libraires) : quel livre emporteriez-vous sur une île déserte ? (En passant, pour votre serviteur, ce serait incontestablement un livre de survie avec un chapitre sur comment faire un radeau!) Mais à la Librairie Monet, nous avons poussé plus loin la question littéraire et nous nous sommes demandé : si j’étais un livre, quel livre serais-je ?

Les réponses sont parfois drôles, parfois surprenantes, mais toujours révélatrices. Je vais vous dévoiler ici les réponses faites par nos géniales et passionnées libraires du secteur jeunesse. (Dont je fais partie, mais ce n’est pas pour ça que je fais tant de compliments, mais tout simplement parce que c’est vrai, parole de scout !)

 

Susane serait un roman uchronique et serait donc rangée dans le rayon S.F.

 

Katia serait un livre tout doux pour bébé, vous pourriez facilement la trouver dans les livres tissus, près des livres de bains.

Joëlle se retrouverait au rayon poésie puisque ces pages seraient recouvertes de poèmes accompagnés d’illustrations complètement étranges.

 

Louise enrichirait nos étagères d’albums jeunesse en se joignant à eux.

 

Aurélie serait un roman de fantasy illustré avec plein de personnages féminins fort (oui, c’est plutôt précis).

Vous trouveriez Marlène dans le rayon art, sous la section musique avec la mention « beau-livre », et là elle vous informerait pendant des heures sur la musique, les instruments, et les compositeurs.

 

En tout cas, ça en fait de belles lectures !

Bientôt on découvrira le livre qui se cache dans les libraires des autres secteurs. En attendant, n’hésitez pas à jouer le jeu et dites-nous quel livre vous êtes !


3 juillet 2013  par Benoit Desmarais

La fin du hasard ?…

Depuis quelques jours, regardant, puis lisant la nouvelle publicité d’Apple, je suis victime d’attaques d’urticaire mentale. Dès que j’entends les premiers mots et le ton quasi-mystique utilisé pour nous vendre leur « signature », pour ne pas dire leur « vision du monde », paf, c’est l’éruption.

Ils ne manquent pas de culot. Comment ne pas reconnaître ladite signature puisque même ceux qui ne font que recevoir un message sont condamnés à l’infopub ?

« Envoyé de mon iPad ».

Et encore : ce qui compte, disent-ils, c’est « l’expérience du produit ». Tout est dit.

Dans la version papier de cette pub, sur deux pleines pages, la photo d’une petite fille, dans son lit, qui tend à bout de bras une tablette iPad qui illumine son visage :

« Nous ne croyons pas aux coïncidences.
Ni au hasard. (…)
Nous sommes des ingénieurs et des artistes,
Des inventeurs et des artisans.
Nous endossons notre travail.
Vous ne la remarquez peut-être pas,
Mais vous sentez qu’elle est là.
C’est notre signature.
Et elle veut tout dire. »

La petite fille, dans son lit, qui tend à bout de bras une tablette iPad qui illumine son visage, regarde avidement les images d’un monde pensé par des « artistes », des « inventeurs » qui ne croient pas aux coïncidences, ni au hasard…

« Sur le blog Bits du New York Times, Nick Bilton met cependant en garde devant les effets d’un trop grand isolement par les tablettes. Alors qu’il est tentant d’utiliser la magie de l’iPad pour calmer instantanément des enfants turbulents, cela affecte peut-être leur capacité à tisser des liens sociaux mais surtout à développer leur imagination. Une tablette entre les mains d’un enfant lui garantit de ne jamais s’ennuyer, mais occupe également du temps qui aurait pu être consacré à la rêverie, ce qui n’est pas forcément une bonne chose pour la créativité. Cela s’applique d’ailleurs aussi aux adultes. » Pour consulter l’article complet, cliquez ici.

À la radio, l’autre matin, il était question d’un sondage révélant que pour de plus en plus de gens, l’état de débranchement engendre l’angoisse. En vacances, ils veulent pouvoir accéder à leurs courriels-boulot.

Le rêve de la Machine Aveugle, c’est la fin de la rêverie. Pas pour rien que le temps pour simplement rêver (sans écran) se raréfie, temps d’ailleurs perçu comme perdu.

Dans Les enfants d’abord, bouquin écrit bien avant la révolution numérique, Christiane Rochefort disait ceci, à propos du hasard et des coups de bol :

« Sans les coups de bol il n’arriverait rien. (…) Quand même, il faut les voir passer, c’est-à-dire avoir des sens, ce qui suppose un potentiel pas trop esquinté. Moins on est endormi plus on a des chances de voir passer les coups de bol (…) (qui) étant n’importe quoi, ne peuvent être définis, ni déterminés à l’avance. Et heureusement. Ils n’ont pas encore réussi à contrôler le HASARD, ET C’EST NOTRE VEINE.

Mais Ils essayent, d’abolir le hasard. Leur ennemi principal. Car il est la vie : il l’a inventée. Une disposition Fontanet (France) prévoyait d’orienter les enfants dès la Maternelle : 3 ans. Ça c’est intelligent parce qu’à cet âge-là ils ne savent pas ce qu’ils veulent plus tard, y a qu’à leur dire. »

Ou alors, on peut les brancher dès 3 ans sur un iPad ?…

***

Bibliographie

Les enfants d’abord, Christiane Rochefort, 1983 [1976], Grasset, 192 p., 9782246009887.
Pause : comment trois ados hyperconnectés et leur mère (qui dormait avec son smartphone) ont survécu à six mois sans le moindre média électronique, Susan Maushart, 2013, Nil, 2013, 363 p., 9782841116034*
 
* Commandez ce titre sur monet.ruedeslibraires.com en suivant les hyperliens des ISBN.


© 2007 Librairie Monet