Le Délivré

Archive pour la catégorie ‘▪ Essais et documents’


13 juillet 2016  par nos libraires

Black Lives Matter!

Les relations raciales aux États-Unis vivent une période critique. Si certains peuvent s’en étonner, les observateurs de la scène politique et sociale se rappelleront les événements des années soixante avec émotion. 50 ans plus tard, la réalité des Afro-américains semble toujours confrontée à ces relents de racisme ordinaire, quotidien, institutionnalisé, et ce dans une vaste partie du pays. 

Voici quelques livres, certains tout récents, d’autres plus anciens, qui nous révèlent l’Histoire de cette Amérique déchirée ou qui nous dévoilent avec lucidité la situation actuelle.

All power to the people : textes et déclarations des Black Panthers, édité par Philip S. Foner, 2016, Éditions Syllepse, coll. Radical America, 397 p., 9782849504673

Recueil de textes écrits par les membres du Black Panther Party publié pour la première fois en 1970. Ces sources permettent de comprendre leur organisation et leurs activités au sein des ghettos noirs, leurs positions en faveur du Vietnam et des luttes de libération, leur engagement armé et leurs revendications politiques.

Americanah, de Chimamanda Ngozi Adichie, 2016, Éditions Gallimard, coll. Folio, 684 p., 9782070468805

Ifemelu et Obinze, lycéens issus de milieux favorisés, tombent amoureux l’un de l’autre. Leur pays, le Nigeria, est sous le joug d’une dictature militaire et ils rêvent de partir en Amérique. Leur expérience de l’exil se révèle plus compliquée que prévu : Ifemelu découvre le racisme de l’Amérique, tandis qu’Obinze vit un cauchemar en Angleterre. Quinze ans plus tard, ils se retrouvent au Nigeria.

Aminata, de Lawrence Hill, 2014, Éditions de la Pleine lune, 568 p., 9782890244122

Lorsque Aminata Diallo entreprend d’écrire l’histoire de sa vie à Londres, en Angleterre, à l’aube du dix-neuvième siècle, elle possède tout un bagage d’expériences. Enlevée de son village en Afrique de l’Ouest à l’âge de onze ans et forcée de marcher jusqu’à la mer pendant des mois dans un convoi d’esclaves, Aminata est ensuite amenée à travailler dans une plantation d’indigo sur une île au large de la Caroline du Sud. Elle survit grâce à ses compétences de sage-femme acquises auprès de sa mère et grâce à sa force de caractère héritée de ses parents. Mais Aminata reste piégée, échappant de justesse à la violence qui coûte la vie à de nombreuses personnes de son entourage. Elle aura la chance d’inscrire son nom dans le Registre des Nègres, authentique registre de l’armée britannique qui permit à 3 000 loyalistes noirs d’embarquer à Manhattan sur des bateaux à destination de la Nouvelle-Écosse après la guerre de l’Indépendance américaine. Lauréat 2013 du Combat des livres de Radio-Canada.

Beloved, de Toni Morrison, 2008, Éditions 10/18, coll. Domaine étranger, 379 p., 9782264047960

Un livre de la mémoire, inspiré d’une histoire vraie. On est en 1873, à Cincinnati, dans l’Ohio, au nord du fleuve qui marquait autrefois pour les esclaves fugitifs la frontière avec la liberté. Prix Pulitzer 1988. Toni Morrison est la première Noire à avoir été admise à l’université de Princeton, où elle occupe la chaire de littérature.

Black Boy : jeunesse noire, de Richard Wright, 1974, Éditions Gallimard, coll. Folio, 448 p., 9782070369652

« – Qu’est-ce qu’il a en lui, papa ? demandai-je. – Un peu de blanc, un peu de rouge et un peu de noir. – Indien, blanc et nègre ? – Oui. – Alors qu’est-ce que je suis ? – Quand tu seras grand, on dira de toi que tu es un homme de couleur, répondit-elle. Ensuite, se tournant vers moi avec un sourire moqueur, elle demanda : – Vous n’y voyez pas d’inconvénient, Monsieur Wright ? »

Chien blanc, de Romain Gary, 1972, Éditions Gallimard, coll. Folio, 220 p., 9782070360505

« C’était un chien gris avec une verrue comme un grain de beauté sur le côté droit du museau et du poil roussi autour de la truffe qui le faisait ressembler au fumeur invétéré sur l’enseigne du Chien-qui-fume, un bar-tabac à Nice, non loin du lycée de mon enfance. Il m’observait, la tête légèrement penchée de côté, d’un regard intense et fixe, ce regard des chiens de fourrière qui vous guettent au passage avec un espoir angoissé et insupportable. Il entra dans mon existence le 17 février 1968 à Beverly Hills, où je venais de rejoindre ma femme Jean Seberg, pendant le tournage d’un film. »

Home, de Toni Morrison, 2013, Éditions 10-18. coll. Littérature étrangère, 141 p., 9782264058799

Frank Money est Noir, brisé par la guerre de Corée, en proie à une rage folle. Il doit retrouver à Atlanta sa jeune soeur Cee, gravement malade, afin de la ramener dans la ville de leur enfance en Géorgie – «le pire endroit du monde». S’engage pour lui un périple dans l’Amérique ségrégationniste des années 1950 où dansent toutes sortes de démons. Avant de trouver, peut-être, l’apaisement. Parabole épurée, violemment poétique, Home conte avec une grâce authentique la mémoire marquée au fer d’un peuple et l’épiphanie d’un homme. Prix Nobel de littérature en 1993.

Lumière d’août, de William Faulkner, 1974, Éditions Gallimard, coll. Folio, 640 p., 9782070366217

« La main allait, lente et calme, le long du flanc invisible. Il ne répondit pas tout de suite. Non qu’il essayât de l’intriguer. Il avait l’air de ne pas se rappeler qu’il devait en dire davantage. Elle répéta la question. Alors, il lui dit : – J’ai du sang noir. Elle resta étendue, parfaitement immobile, mais d’une immobilité différente. Mais il ne parut point s’en apercevoir. Il était couché, calme aussi et, de sa main, doucement lui caressait le flanc. » Dans cette analyse de la genèse d’un meurtre, William Faulkner s’égale aux plus grands, sans excepter Dostoïevski. Prix Nobel de littérature 1949.

Les Noirs américains : des champs de coton à la Maison Blanche, de Nicole Bacharan, 2010, Éditions Perrin, coll. Tempus, 618 p., 9782262032753

Ils sont arrivés au Nouveau Monde réduits à l’état de sous-hommes. Quatre siècles d’asservissement, de ségrégation, de violences, de souffrances ont suivi. Quatre siècles de combats pour reconquérir le statut d’être humain et imposer leurs droits. Il n’y a pas si longtemps, Martin Luther King était assassiné, et les Noirs d’Amérique risquaient encore le lynchage. Nicole Bacharan a reconstitué cette histoire tumultueuse dans laquelle défilent d’immenses personnalités, de Frederick Douglass à Muhammad Ali, de Malcolm X à Barack Obama. La spécialiste des Etats-Unis nous fait vivre ici chacune des étapes de la longue marche de ceux qu’on appela tour à tour «esclaves», puis «gens de couleur», «Negroes», «Noirs», «Afro-Américains» et qui se nomment enfin «Américains».

La prochaine fois, le feu, de James Baldwin, 1996, Éditions Gallimard, coll. Folio, 136 p., 9782070400508

En dépit des bouleversements psychologiques et sociaux qu’il exige, cet ouvrage ne veut que proposer la solution de bon sens au problème de la place des Noirs dans la société américaine. Malgré le ton parfois menaçant, malgré la satire souvent mordante, La prochaine fois, le feu est avant tout un appel à la modération, une ultime tentative de compromis (en 1963) entre les extrémistes des deux bords aveuglés par la passion. Tant par l’actualité des phénomènes dont il présente l’analyse irréfutable que par le mélange de douleur contenue et d’ironie cinglante qui lui donne ce ton si particulier, ce témoignage ne manquera pas d’attirer l’attention du lecteur qui en retiendra les qualités littéraires autant que l’importance politique.

Racines, d’Alex Haley, 1999, Éditions J’ai lu, 750 p., 9782290053935

Alors qu’il ramassait du bois pour en faire un tambour, le fier Kinté est capturé par des toubabs qui l’envoient récolter le coton de l’autre côté de l’océan, en Virginie. Le destin de sa race est scellé : ses descendants seront esclaves de père en fils, humiliés, battus, vendus, séparés de ceux qu’ils aiment.

La Rose dans le bus jaune, d’Eugène Ébodé, 2016, Éditions Gallimard, coll. Folio, 379 p., 9782070468249

Ce récit fait s’exprimer Rosa Parks, cette Noire américaine de Montgomery, en Alabama, qui refusa, en 1955, de céder sa place dans le bus à un passager blanc, devenant ainsi une icône pour le mouvement des droits civiques initié le jour même par le pasteur Martin Luther King.

La tache, de Philip Roth, 2004, Éditions Gallimard, coll. Folio, 479 p., 9782070315932

Lors d’un cours, Coleman Silk, vieux professeur juif à l’université a traité deux de ses étudiants noirs toujours absents de spooks, ce qui veut dire invisibles, alors que c’est aussi un terme péjoratif appliqué aux Noirs. C’est le début de l’humiliation pour Silk. L’histoire de l’Amérique moderne, celle de 1940 à 1998 vue à travers l’histoire de ce personnage. Prix Médicis étranger 2002.

 Le temps où nous chantions, de Richard Powers, 2008, Éditions 10/18, coll. Domaine étranger, 1045 p., 9782264041449

Tout commence en 1939, lorsque Delia Daley et David Strom se rencontrent à un concert de Marian Anderson. Peut-on alors imaginer qu’une jeune femme noire épouse un juif allemand fuyant le nazisme ? Et pourtant… Leur passion pour la musique l’emporte sur les conventions et offre à leur amour un sanctuaire de paix où, loin des hurlements du monde et de ses vicissitudes, ils élèvent leurs trois enfants. Chacun d’eux cherche sa voix dans la grande cacophonie américaine, inventant son destin en marge des lieux communs : Jonah embrasse une prometteuse carrière de ténor, Ruth, la cadette, lutte aux côtés des Black Panthers, tandis que Joseph essaye, coûte que coûte, de préserver l’harmonie familiale. Peuplé de personnages d’une humanité rare, Le temps où nous chantions couvre un demi-siècle d’histoire américaine, nous offrant, au passage, des pages inoubliables sur la musique.

Une colère noire : lettre à mon fils, de Ta-Nehisi Coates, 2016, Éditions Autrement, 202 p., 9782746743410

« Voilà ce qu’il faut que tu saches : en Amérique, la destruction du corps noir est une tradition – un héritage. Je ne voudrais pas que tu te couches dans un rêve. Je voudrais que tu sois un citoyen de ce monde beau et terrible à la fois, un citoyen conscient. J’ai décidé de ne rien te cacher. ». Dans cet ouvrage, le journaliste américain démontre qu’en dépit des luttes pour les droits civiques, de la production d’une culture avec ses icônes (Frederick Douglass, Billie Holiday, Martin Luther King) et de l’élection d’un président noir, les violences contre les Noirs n’ont jamais cessé aux Etats-Unis.

Wash, de Margaret Wrinkle, 2016, Éditions 10/18, coll. Littérature étrangère, 477 p., 9782264065582

Alors que la frontière du Tennessee avance inexorablement vers l’Ouest, Richardson, propriétaire terrien, fait un terrible constat : le Sud ne possède pas assez d’esclaves pour défricher ces nouvelles terres et il se demande comment lutter contre la pénurie. Il décide d’utiliser Wash, un esclave doté d’une beauté et d’une puissance impressionnantes, comme étalon reproducteur.

Ces livres sont habituellement disponibles à la Librairie Monet ou via notre site monet.leslibraires.ca dans leur version papier ou numérique. Pour commander, veuillez cliquer sur les titres sélectionnés.


22 juin 2016  par nos libraires

Nos lectures d’été – Romans, poésie et essais québécois

Les vacances, qu’elle soient longues ou (trop) brèves, sont l’occasion de reprendre le fil de nos découvertes littéraires. Trève d’actualité abrutissante, c’est le temps idéal pour laisser libre cours à son imaginaire ou pour prendre un moment de réflexion salutaire…

Romans québécois

Suggestions de Valérie Faubert

La chambre Neptune, de Bertrand Laverdure, 2016, Éditions La Peuplade, 220 p., 9782924519165

« La chambre Neptune déplie un univers agonique : la longue agonie d’une civilisation et celle, courte, d’une jeune fille de onze ans. Se trace la relation clairvoyante entre Sandrine et son/sa médecin traitant/e, Tirésias. Par la grande maîtrise de son art, Bertrand Laverdure aborde avec humanisme tout ce qui entoure la mort prématurée d’un enfant, les émotions finales, la douleur qui nous invente et nos deuils perpétuels. Ce roman poétique invite à voir et à entendre les notes de la mélodie temporelle, la vie comme une partition. La chambre Neptune explore les arcanes de l’identité, ses rapports au pouvoir et la mélancolie qui en résulte. C’est en fait un ample puncto reflexionis, l’image d’un ultime sas avant une incontournable transition. »

Madame Victoria, de Catherine Leroux, 2015, Éditions Alto, 208 p., 9782896941926

« À l’été 2001, un squelette apparaît à l’orée d’un petit bois, à quelques pas de l’Hôpital Royal Victoria à Montréal. Une enquête s’amorce, qui deviendra une quête : découvrir l’identité de cette femme morte sans bruit. Mais toutes les pistes mènent à l’impasse ; celle qu’on a baptisée madame Victoria continue d’attendre que quelqu’un prononce son nom. Aujourd’hui, la fiction prend le relais. À partir d’une série de portraits de femmes, Catherine Leroux décline les vies potentielles de son héroïne avec une grande liberté. D’abord nettes comme le jour, ses hypothèses plongent de plus en plus loin dans l’imaginaire, comme des flèches filant vers un point où la mémoire et l’invention se confondent, vers un minuit où tout est possible, jusqu’au dernier souffle. »

Nirliit, de Julianna Léveillé-Trudel, 2015, Éditions La Peuplade, 184 p., 9782924519073

« Une jeune femme du Sud qui, comme les oies, fait souvent le voyage jusqu’à Salluit, parle à Eva, son amie du Nord disparue, dont le corps est dans l’eau du fjord et l’esprit, partout. Le Nord est dur – « il y a de l’amour violent entre les murs de ces maisons presque identiques » – et la missionnaire aventurière se demande « comment on fait pour guérir son cœur ». Elle s’active, s’occupe des enfants qui peuplent ses journées, donne une voix aux petites filles inuites et raconte aussi à Eva ce qu’il advient de son fils Elijah, parce qu’il y a forcément une continuité, une descendance, après la passion, puis la mort. Juliana Léveillé-Trudel livre un récit d’amour et d’amitié beau et rude comme la toundra. Nirliit partage la « beauté en forme de coup de poing dans le ventre » qu’exhale le Nord. »

Corps Conducteurs, de Sean Michaels, 2016, Éditions Alto, 392 p., 9782896942091

« Où je cherche le coeur de Clara Rockmore,mon seul et unique amour, la plus grande joueusede thérémine que le monde connaîtra jamais. L’apocalypse surviendrait qu’il ne s’en rendrait pas compte. Séquestré dans une cabine du Stary Bolchevique voguant vers Leningrad, un inventeur écrit une missive à Clara, son aimée. Scientifique, espion, musicien, maître de kung-fu et prisonnier, Léon Thérémine est avant tout amoureux. Comme les notes de l’invention qui porte son nom, les mots qu’il adresse à celle qu’il aime voyagent dans les airs, traces éthérées de son coeur déchiré entre la Russie et New York, Carnegie Hall et le goulag, la science et l’inexpliqué. Avec la maestria d’un virtuose, le montréalais Sean Michaels mêle l’histoire et la légende dans ce premier roman couronné par le prix Giller. Plus qu’un concerto pour coeur seul, Corps conducteurs montre que l’amour, comme la musique, est une puissante invention. »

Poésie québécoise

Suggestions de Caroline Scott

Déjà la horde de chair se tait, d’Ariane Audet, 2016, Éditions de l’Hexagone, 104 p., 9782896480920

« Déjà la horde de chair se tait est une dissection de la violence au féminin; celle à laquelle on est soumise, et celle que l’on s’inflige à soi-même. Composé comme une adresse, le recueil rend compte sobrement de la douleur de libérer ce qui a toujours été tu. » – A. Audet

Frayer, de Marie-Andrée Gill, 2015, Éditions La Peuplade, 80 p., 9782924519059

Tailler l’histoire, remonter les mémoires, observer les courses et les égarements de la fraie : l’écriture de Marie-Andrée Gill est là dans toute sa splendeur. Du haut du rempart devant le lac – le Piekuakami –, elle replonge dans les instants confondants de l’adolescence vécue dans la réserve, à chercher à quoi ressembler, « quoi faire de sa peau ». Par sa poésie délinquante, Marie-Andrée Gill transvase les contrastes qui définissent la communauté ilnue qui l’a vue grandir. Puisque nos morts ne s’envolent pas, elle retrace les cicatrices pour éventuellement chasser la douleur, revient au « village qui n’a pas eu le choix ».

La forme du jour, d’Élise Turcotte, 2016, Éditions du Noroît, 88 p., 9782897660147

« Qu’est-ce que le temps, sinon l’ensemble des consciences embrassées en un seul mouvement, et qu’est-ce qu’écrire, sinon donner sa pleine mesure au temps ? Élise Turcotte livre la forme du jour au cœur même de la fragilité et de l’intimité d’un corps qu’elle nomme histoire en acceptant de l’habiter. Or, la lourde gravité de l’humanité fait naître le désir paradoxal de la sauver tout en disparaissant avec elle. Les mots, les vers sauront peut-être épouser la forme de la nuit pour que le monde soit possible, ne serait-ce que depuis son revers. »

Polars québécois

Suggestions de Morgane Marvier et de Robert Beauchamp

L’heure sans ombre, de Benoït Bouthillette, 2015, Éditions Druide, coll. Reliefs, 551 p., 9782897112387

À Cuba, l’inspecteur Benjamin Sioui, Amérindien d’origine et anticonformiste de son état, assiste à une cérémonie de la Santería : Yemayá, divinité du panthéon afro-cubain, lui demande d’aider Cuba à élucider les nombreuses disparitions d’enfants de l’ile. Pour y parvenir, Benjamin fera appel à son ami major-divisionnaire qui lui adjoindra les services d’un capitaine de la police nationale et d’une représentante du ministère de l’Intérieur, la (sublime) sergente Maeva Corrales, dont il ne pourra faire autrement que de s’enticher. À la fois récit d’aventures et roman initiatique, L’heure sans ombre est aussi une somptueuse histoire d’amour dont l’intrigue nous entraine dans un Cuba rarement dépeint, celui des festivals de musique électronique et des bars heavy métal, où l’art contemporain et la culture populaire contribuent à faire de La Havane une Barcelone du 21e siècle.

Vrai ou faux, de Chrystine Brouillet, 2016, Éditions Druide, coll. Reliefs, 343 p., 9782897112561

Alors que la détective Maud Graham commence à réaliser que ses parents se fragilisent, elle est appelée à enquêter sur le meurtre de Lydia Francoeur, la secrétaire de la résidence des Cèdres. Dans cet univers apparemment paisible, Maud et ses collègues de l’équipe d’enquêteurs du service de police de la ville de Québec font face à des embûches inhabituelles. Si ces policiers chevronnés savent composer avec la dissimulation et la manipulation, ils sont beaucoup moins familiers avec le flou, la frustration et la détresse découlant des problèmes liés au vieillissement. Il leur faudra rivaliser de détermination et d’humanité pour parvenir à reconstituer le fil des événements entourant la mort tragique d’une femme qu’on croyait aimée de tous. Avec une impressionnante maîtrise et une profonde sensibilité, Chrystine Brouillet brosse un tableau tout en ombres et lumière, vérités et mensonges. Ses personnages prennent vie, nous choquent, nous bouleversent, mais on retrouve avec bonheur l’univers de Maud Graham.

L’affaire Myosotis, de Luc Chartrand, 2015, Éditions Québec AMérique, coll. Tous continents, 364 p., 9782764428337

Alors qu’il vient de se séparer de sa femme à la suite d’une violente querelle avec son fils, qui renoue intensément avec ses origines juives depuis leur emménagement en Israël, le journaliste Paul Carpentier se trouve mêlé à une série de meurtres et de disparitions liés au conflit entre Juifs et Palestiniens, meurtres que les gouvernements canadien et israélien tentent de lui attribuer.

Benjamin: Une enquête de Joseph Laflamme, d’Hervé Gagnon, 2016, Éditions Libre Expression, coll. Expression noire, 376 p., 9782764811085

Montréal, mai 1893. Le cadavre d’un homme est découvert à l’étage du château de Ramezay. Dans les jours qui suivent, d’autres assassinats surviennent. Joseph Laflamme, maintenant journaliste à La Patrie, mène son enquête en compagnie de l’inspecteur Marcel Arcand et de George McCreary. Peu à peu, il appert que tous les meurtres sont liés à un document ancien qui, s’il était révélé au grand jour, transformerait l’histoire de l’Amérique du Nord tout entière. Au rythme des morts qui s’accumulent, Laflamme se trouve pris au centre d’une rivalité entre les gouvernements américain et canadien, mais devient aussi la cible d’une société secrète extrêmement dangereuse.

Quand j’étais Théodore Seaborn, de Martin Michaud, 2015, Éditions Goélette, 432 p., 9782896907298

héodore Seaborn, un jeune publicitaire de Montréal, se remet d’un épuisement  professionnel après avoir été récemment congédié. Marié et père d’une petite fille, il passe ses journées à regarder des enregistrements de la commission Charbonneau et à manger des Coffee Crisp. Le jour où ses réserves de barres chocolatées s’épuisent, il sort enfin de chez lui et croise un homme qui lui ressemble de façon troublante. L’entêtement de Théodore à retracer cet inconnu et, plus tard, à croire qu’il appartient à une cellule terroriste vire bientôt à l’obsession. Mais par quel revers de fortune va-t-il se retrouver dans le fief de l’État islamique, en Syrie? De Montréal à Racca, Théodore affrontera tous les dangers, mais le voyage le plus risqué et le plus insensé de tous est celui qui le mènera au bout de lui-même. Qu’est-ce qui se cache de l’autre côté de soi-même?

Rinzen et l’homme perdu, de Johanne Seymour, 2016, Éditions Libre Expression, coll. Expression noire, 288 p., 9782764811504

Un enfant qui se sent disparaître, le journal d’un confesseur, un vieillard crucifié… et un étonnant duo d’enquêteurs : Rinzen Gyatso, une bouddhiste qui vit avec son fils de sept ans et ses parents tibétains, et Luc Paradis, un athée insomniaque qui, la nuit, s’entraîne à la boxe et arpente le quartier gai. Quand le frère Samuel Clément est trouvé mort dans son appartement, Rinzen et Paradis plongent au cœur d’une enquête qui ébranle leurs convictions et les oppose. Et leur supérieur, le lieutenant Gerry Desautels, en pleine crise existentielle de la cinquantaine, ne leur est d’aucun secours. Plus les victimes s’additionnent, plus l’équipe se perd en hypothèses.Pendant ce temps, l’homme perdu les observe et s’interroge. Qui le sauvera de lui-même ?

Essais québécois

Suggestions de Robert Beauchamp

 Kuei, je te salue : conversation sur le racisme, de Deni Ellis Béchard et Natasha Kanapé Fontaine, 2016, Éditions Écosociété, 160 p., 9782897192518

 «Kuei, je te salue» est la rencontre littéraire et politique de la poète Innu Natasha Kanapé Fontaine et du romancier québéco-américain Deni Ellis Béchard, qui ont décidé d’entamer une conversation sans tabou sur le racisme entre Autochtones et Allochtones. Idle No More, Commission de vérité et réconciliation, enquête nationale sur les femmes autochtones disparues ou assassinées… Comment cohabiter si notre histoire commune est empreinte de honte, de blessures et de colère ? Comment contrer cette méconnaissance de l’autre qui aboutit au mépris ? Comment faire réaliser aux Blancs le privilège invisible de la domination historique ? Comment guérir les Autochtones des stigmates du génocide culturel ? »

Les radicaux libres, de Jean-François Nadeau, 2016, Lux Éditeur, 216 p., 9782895962311

« Notre époque est accablée par la dictature de l’actionnariat. Il est convenu d’avance qu’il faut se résigner devant les frontières fixées par ceux qui imposent une réalité dogmatique établie à leur seul profit. Cette béatitude entretenue par les chants des sirènes de la consommation se voit présentée comme une précieuse bénédiction. Tout s’est évidé de perspectives humanistes, mais nous sourions. Il ne reste plus guère de nous qu’un sourire suspendu dans l’air du temps, comme celui du chat du Cheshire dans Alice au pays des merveilles, cet animal étrange qui continue de montrer le sien une fois que tout de lui a pourtant disparu. Bien des possibles révoqués demandent aujourd’hui à être totalement réinventés. C’est l’idée qui sous-tend la plupart des textes rassemblés ici. » – Jean-François Nadeau

Le piège Énergie Est : sortir de l’impasse des sables bitumineux, d’Éric Pineault et David Murray, 2016, Éditions Écosociété, 240 p., 9782897192693

« L’oléoduc Énergie Est n’est pas qu’un simple tuyau où couleraient 2 000 litres de pétrole à la seconde. Donner le feu vert au projet de TransCanada, c’est s’exposer à des risques majeurs de catastrophe écologique (860 cours d’eau traversés, déversement possible de l’équivalent de 36 déraillements à Lac-Mégantic) pour de bien faibles retombées économiques. C’est aussi s’enfermer dans une logique capitaliste délétère qui nous pousse à extraire et à consommer toujours davantage de pétrole sale, fortement générateur de gaz à effet de serre. Par le fait même, c’est abandonner les indispensables cibles en matière de lutte contre les changements climatiques afin d’éviter une hausse dramatique de la température du globe. Éric Pineault rassemble les pièces du casse-tête Énergie Est et expose tous les pièges du complexe des sables bitumineux pour bloquer sans compromis ce projet de pipeline. En ce début de XXIe siècle, nous avons une responsabilité climatique historique. La transition énergétique est incontournable. Le monde nous regarde. En partenariat avec la Fondation Coule pas chez nous ! »

Histoire inédite des Patriotes : un peuple libre en images, d’Anne-Marie Sicotte, 2016, Éditions Fides, 436 p., 9782762138733

« Un récit à la fois concis et étoffé narre l’odyssée d’une nation patriote rendue souveraine par la création d’un Parlement en 1791, mais placée sous tutelle lors de la mise en vigueur du Canada-Uni, en 1841. Plusieurs épisodes cruciaux, y compris les affrontements armés de Saint-Denis, de Saint-Charles et de Saint-Eustache, sont dévoilés dans leurs détails tragiques. Des illustrations d’artistes, tous contemporains de l’époque, composent l’essentiel du florilège visuel, lequel est enrichi de cartes géographiques, de manuscrits et d’autres documents d’archives. Au terme de la traversée, justice est finalement rendue à un peuple qui a été dépouillé de sa liberté d’expression, qui a dû endurer sans mot dire la censure et les mises à l’index. »


17 février 2016  par nos libraires

Le choix des lecteurs – Janvier 2016

La nouvelle année éditoriale commence à peine, mais les lecteurs et lectrices trouvent encore et toujours matière à découverte à la Librairie Monet. Et puis, quelle meilleure saison pour lire que notre hiver québécois…

Le choix des lecteurs – Secteur général et universitaire

1- La femme qui fuit, Anais Barbeau-Lavalet, 2015, Éditions Marchand de feuilles, 378 p., 9782923896502

2- Rendez à ces arbres ce qui appartient à ces arbres, Boucar Diouf, 2015, Éditions La Presse, 132 p., 9782897054243

3- Naufrage, Biz, 2016, Leméac éditeur, 144 p., 9782760947238

4- Les maisons, Fanny Britt, 2015, Cheval d’août éditeur, 256 p., 9782924491119

ex aequo:

Tout ce qu’on ne te dira pas, Mongo, Dany Laferrière, 2015, Éditions Mémoire d’encrier, 304 p., 9782897123543

5- Le fils, Jo Nesbo, 2015, Éditions Gallimard, coll. Série noire, 514 p., 9782070147403

6- Les enquêtes du département V: Volume 6, Promesse, Jussi Adler-Olsen, 2016, Éditions Albin Michel, 649 p., 9782226319463

7- La puissance de la joie, Frédéric Lenoir, 2016, Éditions Fayard, 211 p., 9782213661353

ex-aequo:

Sapiens : une brève histoire de l’humanité, Yuval Noah Harari, 2015, Editions Albin Michel, 501 p., 9782226257017

8- Le charme discret de l’intestin : tout sur un organe mal aimé, Giulia Enders, 2015, Éditions Actes Sud, 350 p., 9782330048815

9 – Boussole, Mathias Énard, 2015, Éditions Actes Sud, 377 p., 9782330053123

ex-aequo

Marie Curie prend un amant, Irène Frain, 357 p., Éditions du Seuil, 9782021183061

Le nom de Dieu est miséricorde : conversation avec Andrea Tornielli, Pape François, 2016, Éditions Robert Laffont / Presses de la Renaissance, 167 p., 9782221192146

Je dirai malgré tout que cette vie fut belle, Jean d’Ormesson, 2016, Éditions Gallimard, 484 p., 9782070178292

Le choix des lecteurs – Secteur Bande dessinée

1- Les Légendaires : origines Volume 4, Shimy, scénario de Patrick Sobral, dessin et couleurs de Nadou, 2016, Éditiosn Delcourt, 47 p., 9782756041285

2- Le petit Spirou Volume 17, Tout le monde te regarde !, griffonnages de Tome, gribouillages de Janry, barbouillages de Stéphane De Becker, 2016, Éditions Dupuis, 45 p., 9782800157702

3- Marsupilami Volume 29, Quilzèmhoal, Stéphane Colman, illustrations de Batem, couleurs de Cerise, 2016, Éditions Dupuis, 48 p., 9782800163758

4- Les vieux fourneaux Volume 3, Celui qui part, scénario de Wilfrid Lupano, dessin de Paul Cauuet, couleurs de Paul Cauuet et Gom, 2016, Éditions Dargaud, 64 p., 9782505063520

5- Chi, une vie de chat Volume 12, Kanata Konami, 2016, Éditions Glénat, coll. Kids, 152 p., 9782344010754

ex-aequo

Les blagues de Toto Volume 12, Bête de concours, scénario et dessin de Thierry Coppée, couleur de Lorien, 2016, Éditions Delcourt, coll. Jeunesse, 31 p., 9782756057743

6- One Piece : édition originale,Volume 77, Smile, Eiichiro Oda, 2016, Éditions Glénat, coll. Shonen manga, 240 p., 9782344008430

7- Largo Winch Volume 20, 20 secondes, scénario de Jean Van Hamme, dessin de Philippe Francq,2016, Éditions Dupuis, coll. Repérages , 48 p., 9782800165516

8- Petit Poilu Volume 18, Superpoilu, scénario de Céline Fraipont, dessin de Pierre Bailly, 2016, Éditions Dupuis, coll. Puceron , 32 p., 9782800163697

ex-aequo

Pico Bogue Volume 8, L’original, scénario de Dominique Roques, dessin et couleur de Alexis Dormal, 2016, Éditions Dargaud, 48 p., 9782205074154

Les mondes de Thorgal, Kriss de Valnor Volume 6, L’île des enfants perdus, scénario de X. Dorison et M. Mariolle, dessin de R. Surzhenko, couleurs de Matteo Vattani, 2016, Éditions Le Lombard, 56 p., 9782803635474

9- Les aventures de Poussin 1er Volume 2, Les apparences sont trompeuses, Eric-Emmanuel Schmitt, dessin de Janry, couleur de Studio Cerise, 2016, Éditiosn Dupuis, 66 p., 9782800159416

10- Les Quiquoi et l’étrange maison qui n’en finit pas de grandir, scénario de Laurent Rivelaygue, dessin d’Olivier Tallec, 2016, Éditions Actes Sud junior, coll. BD, 32 p., 9782330047832

Le choix des lecteurs – Secteur Jeunesse

1- Mon premier livre de recettes, Ricardo Larrivée, 2015, Éditions La Presse, 200 p., 9782897054489

2- La guerre des tuques 3D : la guerre, la guerre, c’est pas une raison pour se faire mal, Nicholas Aumais, 2015, Bayard Canada Livres, 48 p., 9782895796312

3- Charles amoureux d’une princesse, Alex Cousseau, illustrations de Philippe-Henri Turin, 2015, Éditions du Seuil Jeunesse, 48 p., 9791023501803

4- La petite truie, le vélo et la lune, Pierrette Dubé, illustrations de Orbie, 2014, Éditions les 400 coups, coll. Grimace, 32 p., 9782895406419

5- La princesse et le poney, Kate Beaton, 2015, Éditions Scholastic, 40 p., 9781443147705

6- Lucie et cie, Marianne Dubuc, 2015, Éditions Comme des géants, 56 p., 9782924332214

7- Le grand Antonio, Élise Gravel, 2014, Éditions de la Pastèque, 56 p., 9782923841557

8- Zazie Volume 1, Ça va être correct, Marie-Renée Lavoie, 2015, Éditions Hurtubise, 232 p., 9782897236496

9- La couleur des émotions : un livre tout animé, 2014, Éditions Quatre Fleuves, 20 p., 9791026400134

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