Le Délivré

Archive pour la catégorie ‘▪ Bande dessinée’


15 mai 2013  par nos libraires BD

Bandes dessinées : la crème d’avril

Comme chaque mois, notre équipe de libraires spécialisés en bandes dessinées passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour en repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces récits complets et autres premiers tomes, question d’aiguiser votre appétit livresque…

 BANDE DESSINÉE ÉTRANGÈRE JEUNESSE

 Sans Charlot, David Libens, 2013, L’Employé du Moi, coll. « Vingt-quatre », 24 p., 9782930360560*

Jeremy, qui s’apprête à déménager, doit bientôt partir; mais son chat Charlot n’est toujours pas rentré à la maison. Il a beau l’appeler à maintes et maintes reprises, l’animal refuse obstinément de revenir. En désespoir de cause, le jeune garçon demande à son voisin Henri de l’avertir dès qu’il le retrouve. Dans l’avion qui le mène jusqu’à son nouveau chez soi, Jeremy rêve qu’il survole son ancienne maison à la recherche de Charlot… Cette courte histoire de David Libens, réalisée en octobre 2012 dans le cadre des 24h de grandpapier.org, aborde de manière sobre et sensible les questions du deuil et du départ. La simplicité de la narration ainsi que la délicatesse du trait s’unissent ici au service d’un récit initiatique émouvant, à la tragédie finement estompée, qui pose un regard particulièrement juste sur le monde de l’enfance. (AFR)

 BANDE DESSINÉE ÉTRANGÈRE ADOLESCENTS

Drame, Raina Telgemeier, 2013, Scholastic, 233 p., 9781443125222*

Callie adore le théâtre. Elle rêve de créer des décors comparables à ceux de Broadway et fait partie de l’équipe de scène de son école. Callie adore aussi Grégory. Mais ça, c’est beaucoup plus compliqué comme passion. Malgré tous les drames qui se profilent sur scène et dans l’assistance cette année, Callie est déterminée à faire de cette pièce la performance la plus marquante de l’histoire de la polyvalente. Heureusement, ses deux nouveaux amis, les jumeaux Justin et Julien, sont là pour l’épauler. Raina Telgemeier, l’auteure de Souris !, nous plonge habilement dans le monde des adolescents. Elle dépeint avec brio une frise mignonne et rafraîchissante qui aborde avec justesse les thèmes de l’amour, de l’identité, des rêves et de l’homosexualité. Pourquoi jouer la comédie lorsqu’on n’est pas sur scène ? Telle est la question. (IM)

BANDES DESSINÉES ÉTRANGÈRES ADULTES

 
Fétiche, Noémie Marsily, 2013, Les Requins Marteaux, 144 p., 9782849611371*

Ce charmant petit recueil de contes cruels, à l’humour noir joyeusement sordide, suit les pérégrinations imprévisibles et absurdes d’une tête de chevreuil, empaillée par un jeune garçon, qui tombera tour à tour entre les mains d’un prêtre ( dont la foi sera subséquemment mise à rude épreuve par l’attirance qu’il éprouve pour celle-ci ), d’un homme à tête amovible prêt à tout pour plaire à sa femme et d’une innocente fillette. Éveillant chez ceux qui croisent son chemin des désirs insoupçonnés, l’objet provoque systématiquement des situations insolites qui s’enchaînent selon une logique de cause à effet savoureusement saugrenue. Le dessin faussement naïf, réalisé à l’aide de bons vieux crayons à colorier, exacerbe l’atmosphère insidieusement délétère de cet ensemble agréablement pervers. (AFR)

 L’heure du loup, Rachel Deville, 2013, L’Apocalypse, 240 p., 9782367310121*

À l’instar des Complots nocturnes de David B, L’heure du loup se veut un carnet de notes oniriques, une autobiographie par le biais des rêves. L’exercice, qui aurait pu s’avérer hermétique, se révèle dans le cas présent particulièrement concluant, Rachel Deville arrivant à insuffler une réelle structure narrative aux errances de son subconscient sans pour autant les dénaturer ou en trahir l’ambiance particulière. Cet espèce de flottement incertain caractérisant le monde insaisissable des rêves est ici restitué avec brio – tant par l’écriture, qui cherche à ordonner la pensée sans la démystifier, que par ce dessin, précis mais diffus, qui trouve un équilibre précaire à la lisière des ténèbres et de la lumière. (AFR)

 Les heures de verre, Alice Lorenzi, 2013, La Cinquième Couche, 58 p., 9782930356884*

Avant la parution des Heures de Verre, en 2005, l’auteure belge Alice Lorenzi s’était déjà fait connaître en autopubliant In de Vleestuin, petit ouvrage photocopié qui, déjà, ne manquait pas de faire valoir la singularité de sa voix et de son approche graphique. Ce qui séduit en premier, lorsqu’on ouvre Les heures de verre, c’est la facture unique du dessin, à la fois minutieux et très libre, semblable à la gravure. Lorenzi construit avec finesse de poétiques microcosmes aux allures surréalistes, empreints de douceur mais également d’une certaine violence, à la limite entre le rêve et le cauchemar. Et lorsqu’on se laisse transporter au cœur de ces petits mondes indépendants, on finit par croire être réellement tombé au beau milieu d’une scène mythologique, d’un tableau de la Renaissance dans lequel Vénus serait assise au café, jouant aux cartes et fumant des cigarettes avec un rat géant. (CLD)

Le jeune fantôme, Robert Hunter, 2013, Nobrow, 26 p., 9781907704550*

Comment naissent les étoiles ? À quoi servent véritablement les fantômes ? C’est à ces jolies questions que répond Robert F. Hunter, tout en rendant hommage à ses parents, dans ce poétique et élégant petit album publié chez le très design éditeur londonien Nobrow. Rencontre extraordinaire entre un astronome et un fantôme; cette histoire ravissante, magnifiquement illustrée, déborde de trouvailles graphiques. Le brillant travail sur les transparences et la douceur de la palette de couleurs audacieuses baignent le tout d’une ambiance posée-bleutée qui réjouira les amateurs d’observation des phénomènes célestes. (HB)

 Loin des yeux…, Luke Pearson, 2013, Nobrow, 36 p., 9781907704598*

Luke Pearson, que nous adorons déjà pour sa série Hilda, nous offre ici un poème surréaliste racontant la fin d’une relation amoureuse. L’histoire se concentre sur les absences et les non-dits qui s’accumulent discrètement, menant inexorablement les amoureux vers la fin de leur relation. La séparation est ponctuée par d’étranges apparitions. Dans le riche bestiaire imaginaire de l’auteur, certaines créatures sont des incarnations de sentiments humains. D’autres sont des spectateurs difformes avides de drame. Sensible, nostalgique et magnifiquement illustré, Loin des yeux… est une œuvre unique. (IM)

 Master Keaton T.1, Naoki Urasawa, 2013, Kana, coll. « Big Kana », 318 p., 9782505017646*

Naoki Urasawa, maître incontestable du manga policier, signe de nouveau une œuvre captivante qui semble être un mélange d’Indiana Jones et de MacGyver. Le professeur Keaton est un enseignant universitaire ainsi qu’un enquêteur d’assurance. Grâce à sa ténacité, à ses connaissances désarmantes en histoire et à ses tics de collectionneur compulsif, il déjoue plusieurs complots et s’assure que l’argent dû, dont il est le porteur, est toujours remis à une personne dans le besoin. C’est avec plaisir que l’on suit cet académicien aventureux d’un pays à l’autre. (IM)

 Les Voleurs de Carthage, Appollo et Tanquerelle, 2013, Dargaud, 56 p., 9782205070149*

Alors que les légions romaines assiègent depuis trois ans Carthage, un groupe d’aventuriers hétéroclites décident de s’emparer du trésor sacré du temple de Tanit sous les ordres de Tara, fausse vestale envoyée par la famille d’Utique  ( une espèce de mafia antique ). Évidemment, rien ne va se passer comme prévu, puisque les Romains lancent une attaque le soir du larcin. Premier tome d’une histoire en deux volets, cette minisérie recrée de façon crédible l’ambiance de ce royaume antique sur le déclin malgré le fait que nous avons aujourd’hui peu d’informations au sujet de Carthage à cette époque. Le dessin, aux couleurs éclatantes et chaudes, se marie merveilleusement bien avec l’histoire. Un délice pour les fans de complots et d’œuvres historiques. (IM)

 Lastman T.1, Bastien Vivès, Yves Balak et Michaël Sanlaville, 2013, KSTR, 204 p., 9782203047730*

Comme chaque année, le prestigieux tournoi de la coupe des rois réunit les plus valeureux combattants du royaume. Le jeune Adrian Velba, enfin qualifié pour y participer, se dénichera in extremis comme coéquipier, Richard Aldana, cet étranger balèze avec qui il formera le plus désassorti des duos… Cette série au rythme fou de vingt pages par semaine, dessinées à quatre mains sur tablette-écran, est produite en atelier dans la plus pure tradition du shonen. Déjà une douzaine d’albums sont prévus. Encore une fois, Vivès surprend et innove en nous offrant un projet bien de sa génération : un manga à la française. (HB)

 Les cerisiers fleurissent malgré tout, Keiko Ichiguchi, 2013, Kana, 122 p., 9782505019206*

Le onze mars 2011, un séisme de magnitude 9,0 suivi d’un gigantesque tsunami dévasta le nord-est du Japon. Itsuko Sonoda, japonaise d’origine habitant l’Italie avec son conjoint, voudra à tout prix retourner au Japon et honorer la promesse qu’elle avait faite à son ancienne institutrice – la seule qui avait cru en elle à l’époque, d’aller voir la rituelle floraison annuelle des cerisiers au printemps, et ce malgré les risques d’épidémies et de radiations… Une ode à la vie, au courage et à la détermination qui peut habiter l’humain au moment de surmonter l’impossible. (HB)

ESSAIS, INTÉGRALES ET RÉÉDITIONS

Saluons l’initiative des éditions Ego Comme X qui publient Mélody ( 9782910946883* ) de Sylvie Rancourt : parue en 1985, cette autobiographie décrit le quotidien d’une danseuse nue à Montréal. Cité dans le Larousse de la BD en 1998 et remarqué par Chris Ware, il était grand temps que cet ouvrage autopublié à l’époque soit enfin disponible en version intégrale. (RSH)

Jean-Marie Apostolidès propose une réflexion personnelle et somme toute originale sur Hergé ainsi que la plus célèbre de ses créations, Tintin, dans cet essai très articulé qui cherche à définir ce pourquoi le personnage a fasciné de si nombreuses générations de lecteurs, explorant au passage les notions du mythe et de son renouvellement. Lettre à Hergé ( Les Impressions Nouvelles, 9782874491627* ) cet énième essai sur le sujet arrive ainsi, à notre grande surprise et pour notre plus grand plaisir, à se démarquer du lot. (AFR)

Koma : l’intégrale en couleurs ( Humanoïdes Associés, 9782731653724* ), chef-d’œuvre onirique de Wazem et Peeters, est édité une fois de plus en intégrale. Contrairement à l’édition intégrale précédente, celle-ci est en couleurs. Cette réédition offre aux lecteurs l’occasion idéale de découvrir ( ou redécouvrir ) le monde de la petite ramoneuse Adiddas, parsemé de cheminées interminables et de dédales souterrains regorgeant d’étranges créatures. (IM)

* * *

Sélection et rédaction de Catherine Lamontagne-Drolet, Hélène Brosseau, Isabelle Melançon, Alexandre Fontaine Rousseau et Réjean St-Hilaire.

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24 avril 2013  par Alexandre F. R.

Entretien avec Frédéric Gauthier, des éditions de La Pastèque

Fondée en 1998 par Frédéric Gauthier et Martin Brault, La Pastèque fêtera cette année son quinzième anniversaire. En 1999, la petite maison d’éditions faisait paraître Paul à la campagne de Michel Rabagliati — premier titre d’une série dont le succès remarquable allait avoir un profond impact sur le rayonnement de la bande dessinée québécoise, ici comme à l’étranger. Frédéric Gauthier a bien voulu répondre à quelques-unes de nos questions, dans le cadre de notre série d’entretiens avec des acteurs clés du milieu de l’édition québécoise.

En quinze ans d’existence, avez-vous constaté une évolution dans les goûts des lecteurs québécois ? Croyez-vous que le grand public est plus audacieux maintenant qu’il ne l’était en 1998 ?

Il est évident que les goûts ont évolué depuis 15 ans. La production québécoise a connu une grande période d’effervescence depuis ces années, ce qui a permis aux lecteurs de découvrir une variété incroyable de styles, de formats, et d’approches rarement vus dans l’histoire de la bande dessinée au Québec. Alors, oui, le lectorat québécois est beaucoup plus audacieux, voire aventureux qu’il y a quelques années.

Le succès remarquable de la série des Paul de Michel Rabagliati a-t-il, d’après-vous, eu un impact sur le marché dans son ensemble ? Croyez-vous que son rayonnement profite à la bande dessinée québécoise en général ? À La Pastèque en particulier ?

Nous pensons que le succès de Paul a eu un impact majeur sur le marché québécois dans son ensemble. Il faut se remettre en perspective : il y a 15 ans, peu de libraires tenaient des titres de bandes dessinées québécoises, et il n’y avait pratiquement pas de section dédiée à celle-ci. Depuis Paul en appartement les choses ont changé tranquillement.

L’attention médiatique qu’a connue la série à partir de ce titre a éveillé les libraires et tout est allé en croissant après chaque parution d’un nouveau titre de Paul. Dans la foulée, les libraires ont senti un sentiment d’attachement au travail de Michel Rabagliati et un éveil vers quelque chose de différent.

Le rayonnement médiatique a permis la création de rubriques de bande dessinée dans la plupart des journaux d’importance (ce qui n’existait pas il y a 15 ans) et dans les médias comme la radio et la télévision. Cette ouverture a permis à plusieurs auteurs et éditeurs de faire connaître leur travail. Au final, le succès des Paul a permis un rayonnement de La Pastèque et ce jusqu’en Europe, mais cela a avant tout permis à notre maison d’édition une belle croissance et la liberté d’assumer sa liberté créative.

Le phénomène des blogues de bande dessinée a pris énormément d’ampleur au cours des dernières années. Comment cela vous a-t-il affecté en tant qu’éditeur ? Est-ce un milieu que vous suivez de près ?

Cela n’a pas affecté notre travail d’éditeur, mais cela permet une autre façon de découvrir des nouveaux talents. C’est une autre plateforme de création et de diffusion qui permet de tester, échanger et créer pour les créateurs.

La Pastèque a notamment réédité la série des Red Ketchup ainsi que Les aventures de Michel Risque de Réal Godbout et Pierre Fournier, de même que les Jérôme Bigras de Jean-Paul Eid. Croyez-vous que qu’il s’agit d’une de vos responsabilités, en tant qu’éditeur, de préserver le patrimoine de la bande dessinée québécoise ?

C’est fondamental pour nous de préserver le patrimoine de la bande dessinée québécoise qui a trop longtemps été oublié. Rendre disponible les œuvres marquantes des créateurs québécois qui ont marqué notre paysage culturel permet de remettre en perspective nos productions actuelles. Depuis la création de La Pastèque, nous avions le souhait de travailler à redonner une vie à des œuvres qui n’étaient plus disponibles. Le succès de nos rééditions prouve que cela est viable et important.

Le fond du trou, le plus récent livre de Jean-Paul Eid, est percé de bord en bord. Ce trou est un élément essentiel du récit, pour ne pas dire qu’il est l’essence même du récit. Cet objet un peu atypique a-t-il été compliqué à produire ? Avez-vous eu des réticences, lorsque Jean-Paul vous a approché avec cette idée ? Règle générale, êtes-vous attirés par ce genre de projet hors-norme ?

On peut dire qu’à travers nos 15 ans, nous avons toujours été très attirés par des projets ovnis. Étant de grands adhérents aux principes de l’OUBAPO, les approches narratives hors-norme ont toujours eu bon écho à La Pastèque. Les livres de Leif Tande le démontrent bien et nous pensons que la prise de risque est nécessaire en édition pour développer un catalogue et affirmer son identité en librairie, L’appareil en est le parfait exemple. Pour Le fond du trou, malgré notre enthousiasme sur ce projet, il y a eu beaucoup de recherche et développement à faire avec notre imprimeur. On a dû faire des choix lié à la production, mais sans pervertir le travail génial de Jean-Paul Eid.

Dans quelle mesure un éditeur doit-il, d’après-vous, s’impliquer dans la réalisation d’un album ? Quel rôle jouez-vous dans le processus de création ? Cela dépend-t-il beaucoup d’un projet à l’autre ?

Cela dépend effectivement des projets et des auteurs, mais nous souhaitons être impliqués le plus tôt dans le processus. Notre rôle est variable, mais il s’agit d’accompagner le/les créateurs dans la progression du projet. Des auteurs comme Michel Rabagliati n’ont pas de grands besoins d’aiguillage, mais on se permet tout de même certains conseils sur son travail. De plus en plus de projets nous sont présentés à l’état d’embryon, et nous devons épauler les auteurs dès les ébauches du texte jusqu’à la mise en page. Il ne s’agit pas de changer les projets, mais à travers nos conseils de trouver la meilleure façon pour l’auteur d’exprimer sa vision.

Comment définiriez-vous la ligne éditoriale de La Pastèque ? Diriez-vous qu’elle a beaucoup évolué depuis sa création ?

Il est toujours complexe de définir notre ligne éditoriale. C’est à la base le goût et les désirs des fondateurs qui priment, qui viennent personnaliser celle-ci. Nous avons toujours été sensibles aux récits personnels, aux visions novatrices. Ensuite, il y a les rencontres qui viennent s’ajouter à ces désirs. L’envie de travailler avec des gens avec qui nous avons des atomes crochus, des sensibilités. La ligne éditoriale suit aussi l’évolution des créateurs de la maison et des envies des ses fondateurs. Une chose est sûre, c’est que le travail qui a été mis de l’avant depuis quinze ans a défini un style, une approche qui a trouvé écho chez un lectorat qui réagi toujours de façon favorable à notre production. L’expression «  c’est un livre de La Pastèque » résonne souvent à nos oreilles dans les différents salons, ce qui est très valorisant.

2013 marque le quinzième anniversaire de La Pastèque. Avez-vous des projets particuliers pour célébrer l’événement ?

2013 est très grosse année pour nous. Nous allons pratiquement doubler notre production habituelle. La collection « Pamplemousse » va continuer de croître avec de beaux projets comme Le Voleur de sandwichs d’André Marois et Patrick Doyon. Mais ce sera à l’automne que le volet anniversaire sera mis de l’avant avec une exposition spéciale de grande envergure avec un partenaire prestigieux. Je ne peux cependant encore dévoiler les détails de ce projet. Ceux-ci seront annoncés en mai prochain. Un livre imposant va accompagner cette exposition. À la suite de ce projet, il y aura plusieurs opérations ici et en France pour marquer le 15e anniversaire.

***

Bibliographie sélective
 
La liste des choses qui existent, Cathon et Iris, 2013, La Pastèque, 120 p., 9782923841410 (À paraître en juin 2013)
L’Amérique ou Le disparu, Réal Godbout d’après Kafka, 2013, La Pastèque, 184 p., 9782923841359*
Lartigues et Prévert, Benjamin Adam, 2013, La Pastèque, 134 p., 9782923841250*
Red Ketchup intégrale T.1, Réal Godbout et Pierre Fournier, 2012, La Pastèque, 152 p., 9782923841229*
Le fond du trou : une aventure de Jérôme Bigras, Jean-Paul Eid, 2011, La Pastèque, 56 p., 9782922585940*
Paul au parc, Michel Rabagliati, 2011, La Pastèque, 144 p., 9782923841052*
L’origine de la vie : autobiologie de molécule originelle, Leif Tande, 2010, 350 p., 9782922585810*
Jimmy et le Bigfoot, Pascal Girard, 2010, La Pastèque, 48 p., 9782922585889*
Des tondeuses et des hommes : Le meilleur de Jérôme Bigras, Jean-Paul Eid, 2008, La Pastèque, 128 p., 9782922585643*
Paul a un travail d’été, Michel Rabagliati, 2005, La Pastèque, 149 p., 9782922585087*

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19 avril 2013  par Le Délivré

Questionnaire d’auteur : Max de Radiguès

Objet : un questionnaire d’auteur, quelque part entre ceux de Proust et de Pivot. Contenu : une quarantaine de questions, générales ou indiscrètes. Consigne : choisissez-en une dizaine, celles qui vous interpellent.

Notre invité bande dessinée pour avril : Max de Radiguès.

Quel est le dernier livre que vous avez lu ?

Stone Junction de Jim Dodge.

Comment vous exprimeriez-vous, si vous n’étiez pas auteur ?

Je serais dresseur d’éléphants. Je leur apprendrais les arts martiaux et les tâches ménagères.

Enfant, que lisiez-vous ?

Gaston, Petzi, Tom-Tom et Nana et bien sûr Tintin et Spirou. Coté roman, je me souviens des Roald Dalh, quelques Jack London et de quelque chose qui s’appelait… Petit Grounch ?

Quels objets, livres ou pièces musicales vous accompagnent en période de création ?

J’écoute beaucoup de livres audio quand je dessine. En ce moment, White Teeth de Zadie Smith. Quand j’écris, en général, c’est en silence. Par contre pour l’écriture, j’utilise toujours les mêmes objets, carnet et feutre Pilot G-Tec 0.4 ou un stylo Parker d’écolier avec une cartouche noire.

Comment choisissez-vous votre style de dessin ?

C’est la seule manière dont je sais dessiner. Mais en règle générale, je tends vers la simplicité.

Votre œuvre est-elle marquée par un thème récurrent ?

Ces petites choses qui finalement prennent beaucoup d’importance.

Que rêviez-vous de faire, enfant ?

Être le gars debout à l’arrière du camion poubelle pendant qu’il roule.

Qu’est-ce qui vous fait sourire ?

Je suis plutôt souriant, donc un peu tout…

Avez-vous un lieu privilégié pour créer ?

J’ai un atelier avec d’autres amis auteurs. C’est là que je travaille le mieux… Si je reste chez moi, je suis trop distrait… J’ai été pendant 3 mois dans un atelier à Montréal, j’y étais vraiment bien. Il faut que je trouve une excuse pour y retourner…

Y a-t-il un de vos livres que vous recommenceriez ? Pourquoi ?

Je me suis un peu planté sur les choix de papiers et de Pantone pour Jacques Delwitte, Little White Jack. Si je pouvais réimprimer le livre, je le ferais assez différemment…

Avez-vous des projets en cours ?

Mon prochain livre sort le 22 mai chez Delcourt Shampooing et s’appellera Orignal. Pour le reste, j’ai pas mal de projets en cours mais rien de très avancé… Un de ces projets se passe d’ailleurs à Montréal…

Quel personnage de fiction aimeriez-vous rencontrer ? Et que lui diriez-vous ?

Je rencontrerais bien les Muppets. Je dois bien pouvoir filer un coup de main quelque part sur ce show. Scooter me trouverait un truc à faire, j’en suis sûr…

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Le site de l’auteur : maxderadigues.com

 

Bibliographie sélective
 
Jacques Delwitte, Little White Jack, Max de Radiguès, 2008, L’Employé du moi, coll. «Sous-main», 80 p., 9782930360201*
L’âge dur, Max de Radiguès, 2011, L’Employé du moi, 128 p., 9782930360348*
Pendant ce temps à White River Junction, Max de Radiguès, 2011, 6 pieds sous terre, 64 p., 9782352120803*
Frangins, Max de Radiguès, 2011, Sarbacane, 112 p., 9782848654829*
520 km, Max de Radiguès, 2012, Sarbacane, 64 p., 9782848655536*
Cowabunga, Max de Radiguès, 2013, L’employé du moi, coll. « Vingt-quatre », 24 p., 9782930360539*
 
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9 avril 2013  par nos libraires BD

Bandes dessinées : la crème de mars

Comme à chaque mois, notre équipe de libraires spécialisés en bandes dessinées passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour en repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces récits complets et autres premiers tomes, question d’aiguiser votre appétit livresque…

BANDE DESSINÉE ÉTRANGÈRE JEUNESSE

Jim Curious : voyage au cœur de l’océan, Matthias Picard, 2013, 2024, 52 p.,  9782919242078*

Exploitant avec une grande inventivité les possibilités d’une « technologie » généralement associée aux primes de boîtes de céréales de notre enfance, Jim Curious : voyage au cœur de l’océan s’avère un objet fascinant, foncièrement original : un livre en 3D qui met cette technique au service de sa narration, employant un relief progressif pour décrire l’immersion graduelle d’un scaphandrier explorant les profondeurs de l’océan puis, finalement, celles du temps. Les planches splendides de Matthias Picard, grattées directement à même des feuilles de rhodoïd recouvertes d’encre, créent par leur densité tangible une atmosphère mystérieuse, les détails émergeant petit à petit de cette obscurité abyssale dont le lecteur repousse lentement les limites. Œuvre hybride, à la lisière du livre d’art (le projet a d’abord fait l’objet d’une exposition) et de la bande dessinée sans texte, Jim Curious : voyage au cœur de l’océan s’avère une indéniable réussite — une expérience onirique mettant ce qui aurait pu n’être qu’un artifice spectaculaire au service de son foisonnant imaginaire des origines. (AFR)

Silver Spoon T.1, Hiromu Arakawa, 2013, Kurokawa, 192 p., 9782351428344*

Yûgo intègre le lycée agricole Ezono, perdu dans la campagne de Hokkaidô, dans le but de s’éloigner de sa famille et d’être premier de classe, sous l’assomption que ses futurs camarades ne seraient pas des génies. À Ezono, confronté à la réalité de la vie d’agriculteur-éleveur, Yûgo est impressionné par les capacités et la motivation de ses nouveaux amis. N’ayant aucun but personnel, il commence à se demander quel est son rêve à lui. Que désire-t-il devenir ? Silver Spoon est la nouvelle série de l’auteure à succès Hiromu Arakawa, connue pour son manga Fullmetal Alchemist. Comme c’est le cas dans Fullmetal, Arakawa créer un univers riche composé de personnages attachants et réalistes. Elle démontre aussi une excellente connaissance du monde agricole et de ses difficultés. En intégrant beaucoup d’humour et de confraternité à son récit, Silver Spoon s’attaque d’une façon captivante à un sujet rarement exploré en bande dessinée . (IM)

 BANDES DESSINÉES ÉTRANGÈRES ADULTES

Culbutes, Sammy Harkham, 2013, Cornélius, coll. « Pierre », 128 p., 9782360810543*

En 2000, Sammy Harkham publie le premier volume de la revue Kramers Ergot, une anthologie annuelle de bande dessinée alternative qui rassemblera au fil des ans les planches de plusieurs auteurs américains de renom, tels que Chris Ware, Daniel Clowes et Jeffrey Brown, ainsi que celles d’artistes plus méconnus aux États-Unis, comme Blexbolex et Ruppert & Mulot. En addition à son travail dans le monde de l’édition, Harkham excelle également dans la pratique du neuvième art, comme nous le prouve Culbutes, son recueil d’histoires courtes, originellement publiées séparément chez Drawn & Quarterly. Éclectique sans être inégal, Culbutes se présente comme une suite de regards furtifs et mélancoliques jetés vers différentes réalités, que ce soit l’errance adolescente dans une petite ville de l’Australie ou les obligations religieuses d’un juif irrévérencieux du XIXe siècle. D’un rythme efficace, énergique sans être rapide, les histoires d’Harkham se lisent finalement d’un jet, de la manière dont on écouterait les différentes chansons d’un album. (CLD)

Céphalées, Renée French, 2013, Apocalypse, 200 p., 9782367310107*

Depuis de nombreuses années Renée French parcourt les chemins sinueux de son monde intérieur. Cette maîtresse de l’étrangeté a toujours su créer, en quelques habiles traits de plomb, un univers graphique intrigant, onirique, à la limite du cauchemardesque. Dans Céphalées, deux zones distinctes se répondent, la douleur s’installant graduellement jusqu’à prendre toute la place sur les pages de gauche, qui formeront, à la suite les unes des autres, une animation à la manière d’un flip book. Les pages de droite, aux dessins plus élaborés, tout en nuances de gris, montrent quant à elles un espace mental, une rêverie délirante à laquelle on peut s’accrocher en attendant fiévreusement la fin de l’épisode de crise.  Le tout sans mot et rempli d’images fortes qui marient malaise et beauté. (HB)

Mabui : les âmes d’Okinawa, Susumu Higa, 2013, Le Lézard Noir, 248 p., 9782353480449*

L’archipel japonais d’Okinawa, endroit stratégique surnommé « la porte militaire du Sud », compte sur son territoire un nombre important de bases de l’armée américaine. Les propriétaires Okinawaïens de ces terrains reçoivent une compensation monétaire en échange de cette entente, mais subissent néanmoins les désagréments de cet envahissement, qui affecte grandement leur si réputée qualité de vie. Susumu Higa, originaire de cette région, s’emploie à raconter avec son regard unique la vie quotidienne de ses congénères qui tentent de survivre à la modernisation rapide de leur territoire et essaient de conserver leurs traditions ancestrales tout en songeant à l’avenir économique de leurs îles. (HB)

Ramdam à tous les étages, Oh Yeong Jin, 2013, FLBLB, coll. « Fictions », 240 p., 9782357610484*

Un chirurgien ayant perdu une fortune à la bourse tente de se renflouer en achetant un immeuble à logements en plein cœur de Séoul : occupant le troisième étage avec sa famille, il devra composer avec des locataires récalcitrants qui lui feront réaliser que le secteur de l’immobilier est une jungle implacable. Grâce à un dessin caricatural et à une kyrielle de personnages paumés mais hautement sympathiques, Oh Yeong Jin nous sert une agréable comédie de mœurs sur l’appât du gain et l’incommunicabilité. (RSH)

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Sélection et rédaction de Catherine Lamontagne-Drolet, Hélène Brosseau, Isabelle Melançon, Alexandre Fontaine Rousseau et Réjean St-Hilaire.

 

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3 avril 2013  par Alexandre F. R.

Fred (1931-2013)

Les histoires de Fred possèdent cette qualité particulière de ne pas connaître le sens du mot « fin », de refuser la clôture. Explorant l’au-delà de la case, son œuvre toute entière paraît fondée sur cette certitude que l’imaginaire ne connaît aucune limite, qu’un simple jeu de mots peut se matérialiser pour assujettir le réel à son ( non- )sens. La logique du rêve y prime toujours sur les conventions de la réalité, imposant en même temps que l’infini de ses possibles, l’impossibilité d’une finitude. Or voilà que Fred est mort; et, avec lui, c’est l’un des grands poètes du neuvième art qui s’est éteint.

À propos du Train où vont les choses, seizième tome de la série Philémon dont on attend avec impatience la parution au Québec, Christian Rosset écrivait dans un article paru sur du9.org : « Fred ne pouvait mieux boucler en beauté sa « série » car ainsi, il lui redonne un élan, l’ouvre à de nouvelles lectures, au lieu de clore stupidement le sens en trouvant une porte de sortie raisonnable. Il n’y aura pas de mot de la fin. Il n’y aura, à chaque lecture, que d’éternels recommencements. » Inépuisable, son imaginaire aura donc trouvé le moyen de se régénérer jusqu’à la toute fin, employant l’idée même de la fin pour renouveler une dernière fois son propre potentiel.

Depuis toujours hantée par une profonde mélancolie, l’œuvre de Fred l’est maintenant par l’esprit de son créateur, qui erre aujourd’hui entre deux lettres de l’Océan Atlantique et cette dernière image dont il avait autrefois raconté l’histoire, loin des criticakouatiques du Voyage de l’incrédule, à l’abri du peloton d’exécution dirigé par les apôtres de la raison auxquels toute sa vie il a su tenir tête. Celui qui, depuis toujours, faisait l’éloge de la fuite dans le rêve s’est finalement dissous définitivement dans son propre imaginaire.

Dans un entretien avec Marie-Ange Guillaume, publié chez Dargaud sous le titre L’histoire d’un conteur éclectique, Fred admettait que, puisqu’on avait dit de lui qu’il était magicien, il était bien prêt à assumer ce titre : « Il y a de la magie dans la vie de tous les jours, je ne vois pas pourquoi je ne la mettrais pas dans mes albums. La magie, ce n’est pas Mandrake le magicien, c’est tout et rien : tu tournes à droite et tu te fais écraser par un autobus, tu tournes à gauche et tu rencontres la femme de ta vie. Moi, il m’arrive très souvent des choses extraordinaires mais je ne m’en étonne pas, je trouve ça normal. »

C’est au final ce sur quoi repose l’inépuisable beauté de son œuvre : sur cette admirable capacité à rendre l’extraordinaire ordinaire, sans jamais le banaliser. Fred nous a appris que la fantaisie possédait sa propre raison que la raison ne pouvait pas dompter. Il a dit aux rêveurs qu’ils pouvaient, s’ils le voulaient, habiter cette contrée qui n’existe pas et à laquelle les Hector de ce monde ne croiront jamais.

Un magicien est mort.

 

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Bibliographie sélective
Philémon T.16 : Le train où vont les choses… , Fred, Dargaud, 2013, 35 p., 9782205037418*
Le petit cirque, Fred, 2006, Dargaud, 61 p., 9782205007046*
Fredissimo : le meilleur de Fred (ou presque), Fred, 2000, Dargaud, 140 p., 9782205050868*
Philémon T.11 : La mémémoire, Fred, Dargaud, 64 p., 9782205055146*
 
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27 mars 2013  par nos libraires

Objets de désir et nouveaux arrivages : mars 2013

En complément aux retours sur les parutions du mois, à la crème BD et à la crème jeunesse, que nous publions au début de chaque mois, nos libraires vous proposent sur un mode un peu plus ludique les Objets de désir et nouveaux arrivages. C’est l’occasion de vous signaler l’arrivée en librairie de livres attendus (notamment les suites de séries), mais aussi de relever des curiosités et de revenir sur des livres qui auraient pu nous échapper au moment de leur parution. Et, pourquoi pas ? Peut-être vous montrer un titre, une couverture ou un thème inusités qui nous auraient frappés ou fait rire. Voici donc quelques nouvelles parutions incontournables ainsi qu’une sélection de titres qui, pour une raison ou une autre, ont attiré notre attention ce mois-ci.

ILS ÉTAIENT ATTENDUS…

Étranges rivages, Arnaldur Indridason, 2013, Métailié, coll. « Bibliothèque nordique », 350 p., 9782864249016*

Les deux derniers romans policiers d’Indridason mettant en scène des policiers islandais avaient souvent déçu les amateurs, car on n’y retrouvait pas Erlendur, son enquêteur principal, parti en vacances. Qu’ils se réjouissent donc, nous le retrouvons enfin ! Dans Étranges rivages, il s’est réfugié dans les fjords de l’est et vit dans la maison où il a grandi. Nous y suivrons sa quête de la vérité sur un mystère vieux de 60 ans, la disparition pendant une tempête de Matthildur, jeune femme d’un village voisin dont le corps n’a jamais été retrouvé. Sa manière à lui de ne pas trop penser au drame très similaire qui a touché sa famille. La nature islandaise réserve bien des surprises quand l’épais brouillard se lève ! (MM)

Dark Horse, Craig Johnson, 2013, Gallmeister, coll. « Noire », 327 p., 9782351780602*

L’autre enquêteur de retour, c’est le shérif Longmire ! Cette fois-ci encore, il éprouve un besoin viscéral de défendre la veuve et l’orphelin. Surtout la veuve en fait, qui est accusée de rien de moins que du meurtre de son mari, lequel aurait mis le feu à son écurie remplie de chevaux quelques heures avant sa mort. Gentil couple !

L’humour est toujours au rendez-vous, les grandes étendues du Wyoming aussi. Un stetson, un cheval et au galop, cowboy ! (MM)

21/11/63 (+), Stephen King, 2013, Albin Michel, 936 p., 9782226246943*

Les critiques sont très bonnes pour le tout nouveau Stephen King, que d’aucuns qualifient déjà de « roman événement ». Près de 1000 palpitantes pages racontent l’histoire d’un homme qui, à l’aide d’une « fissure » dans le temps, revient dans les années 60 pour tenter de sauver le président Kennedy de son assassinat. Mais est-ce une bonne idée que de jouer ainsi avec le passé ? (MN)

Hilda T.1 : Hilda et le troll (+), Luke Pearson, 2012, Nobrow, 28 p., 9781907704543*

 

Hilda T.2 : Hilda et le géant de la nuit, Luke Pearson, 2011, Nobrow, 44 p., 9781907704369*

 

Hilda T.3 : Hilda et la parade des oiseaux, Luke Pearson, 2012, Nobrow, 42 p., 9781907704499*

Aujourd’hui je suis une libraire comblée : Hilda et le géant de la nuit nous arrive enfin et complète cette adorable série jeunesse un peu en marge des standards habituels. Hilda, mignonne fillette aux cheveux bleus, dessinatrice talentueuse et fine observatrice de la nature qui l’entoure habite avec sa mère une toute petite maison au cœur des montagnes, dans une contrée peuplé de créatures fantastiques, elfes, géants et trolls de pierre. Autant d’éléments qui donnent toujours de très jolies histoires rehaussées d’un dessin aux couleurs magnifiques.  On peut consulter le site de Luke Pearson pour plus de belles images. (HB)

LITTÉRATURES & ESSAIS ET DOCUMENTS

J’aimerais souligner le catalogue exceptionnel et le travail minutieux des éditions des Presses Universitaires de Rennes. Un travail remarquable de mise en page, attentif  au plaisir esthétique de l’œil tout autant qu’à l’esprit de recherche. Il faut explorer leur catalogue riche de plusieurs collections, tant en philosophie et en littérature qu’en cinéma ou en histoire. Des collectifs d’auteurs extrêmement intéressants, des sujets traités avec intelligence pour lecteurs avertis, mais aussi et surtout un catalogue où le grand public avide de connaissance sera royalement servi.  Bonne lecture ! (LB)

Écrire la crise : l’esthétique postmoderne, Marc Gontard, 2013, Presses universitaires de Rennes, coll. « Interférences », 148 p., 9782753522152*

« L’auteur propose une définition du postmodernisme en littérature tout en montrant comment la crise a modifié la manière de raconter. Il examine plus précisément trois types d’effets qui rendent compte du savoir postmoderne : la discontinuité, l’hypertextualisation et la renarrativisation. »

Gadamer et Ricœur : la conception herméneutique du langage, Marc Antoine Vallée, 2013, Presses universitaires de Rennes, coll. « Philosophica », 242 p., 9782753521315*

« Cet ouvrage présente une réflexion autour de la conception herméneutique du langage, à partir d’un dialogue entre les oeuvres philosophiques de H.-G. Gadamer et de P. Ricœur. Il montre qu’au-delà de leurs différences, leurs pensées ont en commun la notion de langage comme principe fondamental de l’expérience du monde. »

De la contestation en Amérique : approche socio-politique et contre-culturelle des sixties, Frédéric Robert, 2012, Presses universitaires de Rennes, coll. « Études américaines », 308 p., 9782753520363*

« Recueil d’études sur les mouvements contestataires aux États-Unis dans les années 1960 : mouvements pour les droits civiques comme CORE, mouvements féministes du Women’s Liberation Movement, mouvements étudiants comme le SDS, mouvements des minorités ethniques, Indiens et Chicanos, tels que l’AIM ou l’UFWOC, etc. »

Le travail de la littérature : usages du littéraire en philosophie, Daniele Lorenzini et Ariane Revel, 2012, Presses universitaires de Rennes, coll. « Aesthetica », 9782753520356*

« Contributions à un colloque international de 2011 sur les différents usages de la littérature par la philosophie : la pratique de l’écriture et la lecture littéraires par la philosophie mais aussi la singularité de la construction d’un discours philosophique sur la pratique littéraire. »

Toi, Zoran Drvenkar, 2012, Sonatine, 566 p., 9782355841668*

 

Il, Derek Van Arman, 2013, Sonatine, 608 p., 9782355840616*

Juste après Toi, voilà Il. À quand le polar Nous ?

BANDE DESSINÉE

Jim Curious : voyage au coeur de l’océan, Matthias Picard, 2012, 2024 Éditions, 52 p., 9782919242078*

« Bien calé dans son scaphandre, Jim Curious plonge explorer les fonds marins. Dès son passage sous l’eau, l’image s’enrichit du relief grâce à des lunettes 3D.
Jim descend, descend, descend, et nous l’accompagnons dans les profondeurs, où il croise poissons, monstres, et autres bêtes de plus en plus étranges… Mais rien ne l’arrête ! il descend toujours, remontant le temps à mesure qu’il chute dans les profondeurs : épaves de la seconde guerre mondiale, vestiges d’un galion, cité perdue de l’Atlantide… jusqu’à découvrir les formes de vie les plus primitives, méduses étranges et monstres en tous genres…

Jim Curious est une histoire muette destinée à un public de 7 à 77 ans. Deux paires de lunettes 3d sont glissées dans chaque livre permettant à l’enfant de lire le livre avec un parent. À mi-chemin entre bande-dessinée et livre illustré, ce livre au graphisme et à la facture rappelant les ouvrages de Jules Verne, disposera d’une double-page de fin déployable en quatre volets. »

Un livre 3D qu’ont attentivement regardé Alexandre et Réjean (notre photo)… et à peu près toute l’équipe de la librairie ! (MN)

Hypocrite : N’importe quoi de cheval, Jean-Claude Forest, 2008, L’Association, 64 p., 9782844142566*

Débarquant sur Yolande, drôle de planète gouvernée par un inquiétant régime autoritariste végétarien, la belle Hypocrite est en l’espace de quelques pages plongée tête première dans une loufoque intrigue alimentaire (de science-fiction) qui se termine sur une épique partie de belote basque. Cette réédition aux couleurs chatoyantes d’un classique psychédélique de l’auteur Jean-Claude Forest, créateur de Barbarella et de Marie Mathématique, saura à coup sûr séduire les amateurs de récits lysergiques et de verbiage tarabiscoté. (AFR)

… dont notre Kid Kodak maison (haha !), Alexandre Fontaine Rousseau (notre photo). (MN)

Au temps de Botchan T.3, Jiro Taniguchi et Natsuo Sekikawa, 2013, Casterman, coll. «Écritures», 294 p., 9782203025660*

« Japon, 1909. Ishikawa Takuboku se fait dérober son porte-monnaie par Tomita Ginzo, le roi des pickpockets. Mais comme il ne contient pas d’argent, celui-ci le remet en place… Cette fois, Jiro Taniguchi et Natsuo Sekikawa illustrent quelques mois de la vie de Takuboku, un jeune homme imparfait, en conflit permanent avec lui-même et le quotidien, pour qui la poésie est le seul refuge. Il aura fallu douze ans à Jirô Taniguchi et Natsuo Sekikawa pour achever les cinq volumes de la vaste fresque qu’est Au temps de Botchan. »
Réédition du 3e volume de cette série à l’origine parue au Seuil et qui demeure une des œuvres majeures de Taniguchi.

Deux aventures de Jeanne Picquigny : La tendresse des crocodiles & L’ivresse du poulpe, Fred Bernard, 2012, Casterman, coll. «Écritures», 348 p., 9782203049017*
Une aventure de Jeanne Picquigny : La patience du tigre, Fred Bernard, 2012, Casterman, coll. «Écritures», 502 p., 9782203049000*

Enfin réédités et regroupés en un tome unique dans la collection « Casterman Écritures », les deux premiers livres de Fred Bernard mettant en vedette Jeanne Picquigny offrent un savant mélange d’exotisme romanesque et d’aventures à l’ancienne. Ponctués de pauses poétiques, portés par un dessin lyrique à souhait, ces deux récits au charme un brin suranné et au souffle cinématographique envoûtant évoquent le doux souvenir d’Humphrey Bogart et de Katharine Hepburn dans The African Queen ou encore du Treasure of the Sierra Madre de John Huston. Voilà qui donne d’ailleurs envie de lire La patience du tigre, imposante suite de 502 pages parue l’an passé dans la même collection. (AFR)

Dans les nuages, Jordan Crane, 2007, Dargaud, 48 pages, 9782205059229*

Une fois de plus, Simon et son énorme chat, Jack, sont en retard pour l’école, et sont prêts à tout pour ne pas se faire pincer par Madame Poe, leur sinistre enseignante. En cherchant une manière de se faufiler discrètement en classe, ils découvrent un énorme escalier grimpant jusqu’au ciel qu’ils n’hésitent pas à gravir. Difficile de rester indifférent à l’adorable récit fantastique de Jordan Crane, où les nuages roses mélancoliques veulent savoir voler, et où les petits oiseaux jaunes multiplient les mauvais coups. À lire et relire sans modération. (CLD)

JEUNESSE

Wonder, R.J. Palacio, 2013, Pocket jeunesse, 409 p., 9782266232616*

« August Pullman aimerait être un garçon de 10 ans comme les autres. Il semble mener une vie ordinaire, mais celui que tout le monde surnomme Auggie est loin d’être comme les autres. Les enfants s’enfuient en criant quand il entre dans un square et les gens le dévisagent en permanence. Qu’a-t-il donc de si particulier ? »

Livres !, Murray McCain et John Alcorn, 2013, Autrement, coll. « Autrement vintage », 48 p., 9782746733480*

« Classique américain publié dans les années 1960, cet album explore avec fantaisie le livre en tant qu’objet et la lecture sous toutes ses formes. »

Lyra et les oiseaux, Philip Pullman, 2013, Gallimard-Jeunesse, coll. « Folio junior », 63 p., 9782070651047*

« Lyra adore lire sur les toits de son collège d’Oxford en compagnie de son daemon Pantalaimon. Un jour, ils sauvent de justesse un daemon de sorcière attaqué par des milliers d’oiseaux. Il doit retrouver un vieil alchimiste détenant un mystérieux élixir. La nuit venue, Lyra et ses deux compagnons partent à sa recherche dans le dédale des rues de la ville. »

Yakusa Gokudo T.1 : Les otages du dieu-dragon, Michel Honaker et Aurélien Police, 2013, Flammarion, coll. « Grands formats», 265 p., 9782081286566*

« Dans la baie d’Osaka, Saburo, jeune yakusa ambitieux, recueille une jeune fille, Mariko. Malgré les protestations de son clan, il veut la protéger de la pègre coréenne. Mariko est en effet une jeune Japonaise enlevée alors qu’elle était enfant, pour apprendre aux Coréens du Nord la langue et les coutumes japonaises et former de parfaits espions. Saburo découvre un important trafic d’être humains. Il refuse de garder le silence et déclenche la guerre des clans. Déchiré entre ses sentiments pour Mariko et son ambition de Yakusa, Saburo ira jusqu’à remettre en question son code d’honneur. »

Le jour où j’ai perdu mes super pouvoirs, Michaël Escoffier et Kris Di Giacomo, 2013, 24 p., Kaléidoscope, 9782877677660*

« Une petite fille est persuadée qu’elle a des super pouvoirs, comme le don de voler, jusqu’au jour où elle s’écorche le genou… »

Chacun sa cabane, Mathis, 2013, Thierry Magnier, coll. « Petite poche », 46 p., 9782364742093*

« Les parents de Clément viennent de divorcer et veulent tous les deux sa présence pour les vacances. Comme Clément ne veut pas choisir entre les deux, il part chez son grand-père. »

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Sélections de : Maxime Nadeau, Morgane Marvier, Alexandre Fontaine Rousseau, Catherine Lamontagne Drolet, Hélène Brosseau, Laurent Borrégo, et Joëlle Hodiesne.

 

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