Le Délivré

Archive pour la catégorie ‘˚ À propos’


16 février 2012  par Sébastien Veilleux

Les « lecteurs numériques » sortent de l’ombre !

Le livre numérique fait couler beaucoup d’encre depuis quelque temps. Tel un vautour, il semble planer au-dessus du livre papier, prêt à n’en faire qu’une bouchée. Du moins, c’est ce que plusieurs personnes dans le milieu du livre craignent. Il est vrai que le marché du livre numérique est en pleine expansion. Amazon affirme avoir vendu quatre millions (!) de Kindle durant la période de Noël 2011, et on estime qu’à la fin de 2012 17 millions de liseuses électroniques auront trouvé preneur. Selon le bureau d’études Idates, le marché mondial du livre électronique connaîtra une croissance annuelle de 30 % d’ici 2015 pour atteindre 12 % du marché mondial du livre.

Nous avons interrogé trois adeptes du livre numérique pour connaître leur point de vue.

Pourquoi s’acheter une liseuse numérique ? Quels sont les avantages de ce format ? Chantal s’est procuré la sienne en 2010, un Kindle 3G d’Amazon. Elle a choisi ce modèle parce que la connexion Internet 3G lui permet de télécharger des livres numériques où qu’elle soit. Grande voyageuse, elle peut désormais partir avec plusieurs livres sans encombrer sa valise. Le dictionnaire intégré s’avère également très utile puisqu’elle télécharge surtout des livres en anglais, et si le sens d’un mot lui échappe, elle n’a qu’à placer son curseur dessus pour voir apparaître la définition. Finie l’époque où il fallait garder un dico près de soi. Chantal lit présentement La dernière frontière de Philip Le Roy en version papier, et One for the Money de Janet Ivanovitch en version numérique (La prime en version française).

Robert, de son coté, a choisi la liseuse de marque Kobo, d’une part pour ne pas être enchaîné au site d’Amazon et d’autre part parce que le Kobo était la liseuse la mieux cotée par les experts au moment de son achat, fin 2011. Pour l’instant, Robert ne télécharge que des livres gratuits, des classiques libres de droits d’auteurs. Il en trouve à profusion, en anglais pour la plupart. Pour lui, la gratuité des livres reste le principal avantage de la liseuse numérique. Il lit présentement The Picture of Dorian Gray (Le Portrait de Dorian Gray) d’Oscar Wilde et, en version papier, Murmures à Beyoglu de David Boratav.

L’été dernier, Geneviève s’est acheté un Kobo en espérant pouvoir consulter ses dossiers dans les transports en commun. Elle a été déçue, car il ne suffit pas de convertir un fichier en PDF pour obtenir un livre numérique. En revanche, elle adore pouvoir grossir le caractère du texte puisque auparavant sa vue ne lui permettait pas de lire des livres en format poche. Du coup, elle affirme que le nombre d’heures qu’elle consacre à la lecture a considérablement augmenté avec sa liseuse électronique. Elle lit présentement Le Défi positif de Thierry Janssen, en version papier.

Nos trois adeptes lisent encore des livres papier et jurent qu’ils n’arrêteront jamais d’en lire… et d’en acheter. Chantal et Robert privilégient les livres papier quand vient le temps de lire en français. Robert admet toutefois que sa consommation de livres anglais a doublé depuis qu’il possède une liseuse électronique. Pour sa part, Chantal, avant d’avoir son Kindle, estimait son ratio de lecture à 70 % de livres francophones pour 30 % de livres anglophones. Ce ratio est passé à 60 %-40 % depuis l’achat de sa liseuse.

Les livres numériques nuisent-ils à la littérature francophone ? Une chose est sûre, il y a une grande disparité entre l’offre des livres anglais et français sur le web. Les titres anglais sont beaucoup plus nombreux sur les sites de téléchargements. Philippe Desalle, dans un article paru le 31 décembre, parle de 30 000 à 50 000 livres francophones contre 1 million de titres anglophones déjà disponibles en format numérique. Le prix des livres aussi pose problème : alors que les titres anglophones sont souvent vendus à moitié prix dans leur format numérique (et souvent plus  bas encore), la réduction est beaucoup moindre en français. Pourtant, cette différence de prix est citée comme étant un avantage majeur aux yeux de nos trois adeptes, d’où peut-être leur intérêt accru pour le livre en anglais.

Heureusement, les éditeurs francophones ont compris le message et s’ajustent rapidement. L’association des Librairies Indépendantes du Québec (LIQ) propose déjà sur son site web plus de 16 800 titres francophones, dont près de 10 000 titres québécois, en format numérique (PDF et Epub), téléchargeables en un clin d’œil.

Les prochaines années seront déterminantes pour le milieu du livre. Robert croit d’ailleurs que cette révolution aura des bienfaits sur l’édition papier, obligeant les éditeurs a offrir des reliures de meilleure qualité, à faire du livre traditionnel un objet de collection. De toute façon, l’essentiel demeure la lecture elle-même; en bout de ligne, les amoureux du livre, quel que soit son format,  auront toujours le dernier mot.

Et vous, avez-vous succombé au livre électronique ? Si oui, pour quelles raisons ? Que lisez-vous ? Optez-vous davantage pour des livres en anglais ? Êtes-vous plutôt un ardent défenseur du livre papier ? Pourquoi ? Le Délivré veut vous lire !

Vous trouverez notre inventaire de titres disponibles en format numérique sur :

Vous pouvez vous y procurer des livres en version papier ou numérique tout en profitant de l’expertise de nos libraires par leurs suggestions dans chacun des secteurs.


1 juin 2011  par Le délivré

Le délivré souffle deux bougies !

© Le chat – Philippe Geluck / Casterman

Comme le temps passe ! Aujourd’hui 1er juin, Le délivré célèbre son deuxième anniversaire et la publication de plus de 300 articles ! Il va sans dire que le blogue la Librairie Monet a maintenant son existence propre, poursuit son petit bonhomme de chemin et s’affirme désormais comme une référence incontournable au sein de la Toile pour les amoureux transis du livre, comme pour ceux qui cherchent à élargir leurs connaissances ou se tenir au courant de l’actualité livresque. Depuis juin 2009, avec une régularité jamais démentie, Le délivré assure chaque semaine trois articles visant à vous faire découvrir les multiples facettes de la littérature, des essais, de la bande dessinée, des livres jeunesse et du monde du livre. Qui dit mieux ?

Comme à pareille date l’an dernier, l’équipe du Délivré vous livre aujourd’hui un récapitulatif des articles rédigés dans la dernière année, au cas où vous auraient échappé quelques pépites !

Lectures des livres et du monde

Nous avons entre autres poursuivi ce travail d’analyse du monde du livre, en disséquant les problématiques qui touchent les différents maillons de la chaîne. Un regard qui s’est porté sur les perspectives en ce qui a trait au livre électronique ou à la vitalité de l’édition québécoise. Nous avons aussi bien entendu poursuivi notre mission de la défense des librairies indépendantes en analysant entre autres les défis que posent les grands détaillants sur la bibliodiversité ou l’importance de l’édition indépendante, comme est venu nous le rappeler l’éditeur André Schiffrin l’automne dernier. Et bien entendu, avec l’élection récente d’un gouvernement conservateur majoritaire, pour qui la culture ne semble se résumer qu’à une série de données comptables, nous vous avons fait part de nos préoccupations face aux politiques qui pourraient être adoptées dans les quatre prochaines années.

Les différents événements littéraires qui animent notre cité ont évidemment aussi été l’objet de notre attention. Que ce soit par exemple la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, le Mois de l’histoire des Noirs ou le Salon du polar qui a été organisé à la Librairie en décembre dernier. L’actualité nous a aussi servi de prétexte pour discuter de certaines problématiques sociales et politiques, comme ce fut le cas avec la question du boycott culturel des produits israéliens, du phénomène Wikileaks, du sommet du G8, de l’Égypte ou de l’aseptisation du langage avec l’épisode Mark Twain.

Nous avons aussi poursuivi nos recensions thématiques, question de vous offrir des pistes de lecture sur divers sujets donnés. Parmi les thèmes ainsi abordés, notons la décroissance, l’histoire culinaire, la fin du pétrole, Octobre 70, les classiques russes, le football ou même la bière ! Certains textes d’analyse ont aussi été mis de l’avant dans les douze derniers mois, que ce soit par exemple sur la position des auteurs québécois face à l’indépendance ou la notion de frontière.

Lectures pour la jeunesse

L’enthousiasme des libraires jeunesse est toujours présent, et même de plus en plus fort. Que nous usions de nos voix pour défendre la littérature jeunesse comme dans l’article Je ne suis pas une poupée de cire, ou tout simplement pour partager nos dix livres fétiches,  nous aimons afficher notre diversité, nos réflexions et nos idées afin de faire vivre cette littérature, et surtout de vous la faire découvrir. Nous sommes toujours à l’affut, et les idées font souvent pop ! dans nos têtes. Que nous collions à l’actualité, comme avec  le mois de l’Histoire des Noirs ou avec notre inventaire annuel, ou que nous nous laissions inspirer par le temps – ah, le printemps ! -, notre esprit est toujours en ébullition et les livres ne sont jamais loin ! Nous aimons aussi vous parler de nos coups de cœur, tels ces titres qui méritent de fouler le tapis rouge, ou encore ces p’tits clous qui dépassent, mais surtout nous voulons partager ! Nous avons ainsi parlé de romans policiers, de lives audios, de livres pour les bébés, d‘uchronie et même de livres à colorier. Nous somme insatiables… et ne dédaignons pas non plus réfléchir sur certains aspects de la littérature jeunesse, comme sur le phénomène des séries, ou encore évoquer la vie qui se dévoile dans cette littérature si féconde. Parfois nos idées reviennent de leurs vagabondages avec des images, des images, et encore des images. Cela bouillonne donc beaucoup dans nos têtes… et cela risque de durer !

Extrait de Chroniques sauvages, de François Lapierre

Lectures des cases

En bandes dessinées, nous avons bien entendu pu nous plonger dans quelques albums marquants, et ce, du côté québécois (Comédie sentimentale pornographique de Jimmy Beaulieu, Le dragon bleu de Fred Jourdain d’après la pièce de Robert Lepage et Marie Michaud) comme du côté étranger (Voyages aux Îles de la désolation d’Emmanuel Lepage et Polina de Bastien Vivès, deux titres nominés au Prix des libraires BD 2011, ce dernier l’ayant d’ailleurs remporté ; ou encore Tamara Drewe de Posy Simmonds et le controversé huitième tome de la série Le tueur de Jacamon et Matz). Nous avons également pu aller à la rencontre d’auteurs d’exception, tels Benoît Peeters, Art Spiegelman, Étienne Davodeau ou Réal Godbout.

Autrement, nous avons eu l’occasion de nous pencher sur certains genres, tels l’Oubapo, le fantasy et le polar (parties 1 et 2), et certains thèmes, tels la bande dessinée Noire ou la culture autochtone, et l’avènement du printemps, à travers l’idée de renaissance et quelques réflexions alimentaires… Nous avons encore eu beaucoup de plaisir à réfléchir à la bande dessinée sous certains aspects didactiques (l’apprentissage de sa lecture), narratifs (le blanc de la page et l’hybridation texte / bande dessinée), esthétiques (le sexe du dessin ou sa «beauté») et politiques (l’avenir de l’édition indépendante, l’élection du grand prix d’Angoulême et la nouvelle édition participative). Et évidemment, le manga n’est pas demeuré en reste, alors qu’on étudiait son histoire, ou, suite au terrible tremblement de terre de Tohôku, son imaginaire

Quoi qu’il en soit, les manières d’aborder la bande dessinée sont inépuisables !

* * *

Tout ça, c’est sans oublier bien sûr nos chroniques récurrentes, comme nos retours sur les parutions récentes, nos questionnaires d’auteur et d’éditeur ou les sélections de nos libraires sur leurs dix livres fétiches. Avec toujours ce souci de vous faire découvrir des auteurs originaux, des essayistes iconoclastes ou des éditeurs audacieux. De vous faire partager le dynamisme des échanges dans lesquels nos libraires sont plongés jour après jour avec les clients, les livres et leur univers. De vous permettre de mieux connaître ce milieu vivant et foisonnant qu’est celui du livre et de prendre compte des défis et perspectives qui l’animent. Merci à vous, chers lecteurs, de poursuivre cette aventure avec nous à l’abord de cette troisième année !

Le comité éditorial,
David Murray, Alice Liénard et Eric Bouchard


4 juin 2010  par Le délivré

Déjà 1 an

Déjà un an que nous parcourons le livre en votre compagnie, et c’est avec plaisir et ce désir de  partage que notre aventure entre dans sa deuxième année. Il en est paru du livre au cours des dernières 365 journées ! Peut-être trop, diront certains ; et ils auront peut-être raison. Comme le rapportait Steve Proulx dans sa chronique du Voir de cette semaine, pour que les 17 000 écrivains canadiens puissent tirer de leurs écrits un revenu moyen de 30 000$, il faudrait que chaque ménage au pays achète chaque année 50 romans écrits au pays ! En voilà une bien lourde tâche, même pour les plus boulimiques des lecteurs…

En notre qualité de passeur de culture, en tant que libraire, nous espérons avoir su vous aider à vous dépêtrer dans le dédale que constitue l’imposante production livresque. Que ce soit par nos suggestions et nos sélections mensuelles des nouveautés, nous espérons avoir su vous faire découvrir quelques titres qui, à notre avis, ont su se démarquer du lot. Du même souffle, nous espérons que nos entrevues, nos portraits d’auteurs ou nos survols thématiques auront su vous donner l’appel de certaines œuvres et l’envie d’aller plus loin dans la découverte de certains sujets.

La triste réalité des livres pilonnés...

Lectures branchées sur le réel

Si notre ton fut parfois léger et sous le signe de la bonne humeur, nous avons aussi, estimons-nous, su faire preuve de sérieux en vous exposant certaines réalités parfois méconnues du monde du livre. Que ce soit sur la question du pilonnage ou du prix unique du livre, nous avons tenu à vous faire part de problématiques qui, bien qu’à première vue uniquement susceptibles de n’intéresser que les artisans du livre, ont une portée qui dépasse le milieu livresque et concerne toute la collectivité. Cet intérêt collectif, on le retrouve encore plus lorsque nous vous avons fait part de tentatives de censure ou en tentant de suivre les développements de la technologie du livre électronique. Cette volonté de notre part de traiter de questions d’actualité en rapport avec le livre nous a même valu de réaliser que nous avions une influence insoupçonnée auprès de certains artisans des médias, comme en a fait foi notre « démêlé » avec la journaliste Nathalie Collard ! Sans rancune, Nathalie…

Lecteurs de demain

Du côté littérature jeunesse, on compte un total de quarante articles, écrits par six des libraires de notre section. Première constatation (qui n’aurait pas dû nous étonner !), près d’un quart des articles a été dédié à la défense et à la promotion de la littérature jeunesse. Rappelez-vous  nos poings brandis avec Les dangers de la littérature jeunesse, qui avait suscité maints commentaires ou Littérature, jeunesse, liberté : vive le désordre !, qui dénonçait la censure en littérature jeunesse. Tout aussi militants, certains articles ont mis à l’honneur la lecture, le goût de lire et la joie d’être passeur, comme Lire, c’est magique ? et Le goût de lire et la médiation de la lecture pour les jeunes.

Deuxième constatation, nos libraires se sont amusés à créer des liens entre les livres pour vous concocter des articles traitant des thématiques précises. Nous avons abordé l’uchronie, la littérature gaie, la tradition des livres de Noël, les jeux d’images, les pirates, le genre du catalogue ou encore le roman sous forme de journal intime.

Marie-Francine Hébert

Marie-Francine Hébert

Outre ces deux grands axes d’exploration, vous avez pu lire cette année des portraits ou entrevues avec des auteurs. Quatre auteures de littérature jeunesse québécoise vous ont visités via le blogue : Christiane Duchesne, Marie-Francine Hébert, Marie-Louise Gay et Lili Chartrand. Avez-vous remarqué ? Aucun auteur québécois masculin ! Ce n’était pas intentionnel, rassurez-vous. Aussi, nous vous promettons du sang d’homme pour l’an prochain ! Soulignons aussi l’entrevue avec l’auteur français Timothée de Fombelle.

Sur Facebook ou directement sur le blogue, vous avez été nombreux à manifester votre intérêt pour nos mini-expositions virtuelles. Drôle de hasard, les expositions réalisées étaient toutes en lien avec la nature : la nuit, la neige et les oiseaux. Une seule s’en écartait, soit les deux expositions consacrées à l’œuvre de Claude Ponti. La visite de ce dernier a d’ailleurs été un des événements majeurs vécus à la Librairie cette année. Un retour sur l’événement avait été mis en ligne pour en faire profiter ceux qui, malheureusement, n’avaient pu être des nôtres.

Chose certaine, tous ces articles avaient un point commun : vous faire découvrir la littérature jeunesse, encore et toujours.

Lectures de bandes

Une année et quelques quarante articles sur la bande dessinée ! Eh oui, on peut assurément faire parler des images, et surtout lorsqu’on les met les unes à côté des autres…

Depuis juin dernier, nous nous sommes efforcés de vous faire connaître la production de quelques auteurs incontournables, tels Fabien Vehlmann, Baru, Jason Shiga ou Christian de Metter. Nous avons replacé dans une perspective critique certains des albums les plus médiatisés de l’année, tels le premier tome de Blast de Manu Larcenet, le cinquième de Magasin général de Loisel et Tripp, Paul à Québec de Michel Rabagliati ou cette reprise en «français québécois» de Tintin, Colocs en stock.

Nous avons également vu comment la bande dessinée et ses images nous permettent de voyager ou de comprendre les réalités vécues par les citoyens du monde, alors que nous nous rendions au cœur du conflit de la Bande de Gaza avec Joe Sacco, que nous explorions les pays de l’ex-Indochine, que nous pénétrions l’univers de la bande dessinée de reportage, que nous tombions en amour avec d’autres cultures, ou que nous allions nous perdre sur une île mystérieuse

Évidemment, la bande dessinée japonaise n’est pas demeurée en reste, alors que nous jetions un œil sur les mangas culinaires, les mangas sportifs et le puissant thriller Ikigami de Motoro Mase, ou alors que nous cherchions à nous initier à son compétiteur immédiat, la bande dessinée coréenne.

Mais il fut aussi tellement stimulant d’interroger la bande dessinée pour ses modalités propres, alors que nous nous sommes penchés sur la représentation de la musique en bandes dessinées, les personnages qui s’expriment en images, la construction du sens par l’image, les liens entre cartographie et bande dessinéela lecture esthétique, les potentialités des formes narratives brèves, ou encore sur les paradoxes de l’adaptation vers d’autres supports

Qu’attendez-vous pour plonger dans les cases ? Vous ne serez pas au bout de surprises…

* * *

Bref, voilà déjà une année à « délivrer » pour vous le livre et son milieu ; une aventure qui se poursuit… Continuez à nous écrire, il nous fait toujours plaisir de vous lire, et n’hésitez pas à nous faire part de vos suggestions et commentaires. En terminant, nous espérons vous avoir aussi fait prendre conscience par la bande de la richesse que constitue un réseau de librairies indépendantes et passionnées !

Le comité éditorial,

David Murray, May Sansregret et Eric Bouchard


1 juin 2009  par Le délivré

Chers clients, chers lecteurs !

La Librairie Monet concrétise un nouvel idéal en inaugurant enfin son blogue, Le délivré. Bien que son site Internet comprenait déjà une section de nouvelles et une autre de suggestions de lectures, il lui manquait encore sa voix propre, le reflet du dynamisme des échanges dans lesquels les libraires sont plongés jour après jour avec les clients, les livres et leur univers.

Comme la Librairie Monet et les libraires qui la composent sont les témoins privilégiés de la production éditoriale francophone, ce blogue se veut un observatoire de cette production, mais aussi une tribune pour commenter les événements liés au monde du livre, un réseau de promotion des réalisations dont nous nous sentons proches, une manière de creuser davantage certaines lectures et l’occasion de faire des liens avec d’autres univers culturels. Son approche cherchera à interroger, à mettre en lumière, à jeter un regard sur le livre et la lecture, sous toutes leurs coutures !

De l’auteur à l’éditeur, les livres vivent de multiples transformations matérielles et immatérielles, des ratés, des ratures, des essais, des possibles n’ayant jamais abouti, alors que d’autres révéleront leurs pleins potentiels, le tout créant cette identité que découvriront ses futurs lecteurs. Il n’est pas vain de rappeler que chaque livre est unique en soi, et que chacun d’entre eux implique autant de mondes complexes, d’univers énigmatiques et souterrains, irréductibles les uns aux autres.

Que faisons-nous en tant que libraires chez Monet ? Nous délivrons le livre pour le lecteur. Nous tentons de restituer ce qu’Henri Michaux appelait « l’espace du dedans ». Nous sommes des passeurs de livres et donc d’espaces infinis, tâche accueillie avec humilité sachant que le livre, chaque livre nous dépasse infiniment. Nous avons aussi en mémoire cette longue tradition d’appropriation du livre et de la lecture comme acte thérapeutique : la lecture délivre. Celle d’un seul livre peut changer une vie, la transformer comme jamais le lecteur n’aurait osé l’imaginer.

Ce que ce blogue donne à lire est dès lors une réappropriation, par chacun des libraires, de ces mondes multiples. Le monde numérique nous permettra dorénavant d’exposer et de faire partager un travail concret relevant du savoir-faire de nos libraires, soit l’acte même de délivrer les multiples possibles dont chaque livre est constitué. Laissez le libraire être votre guide, l’entrée sera toujours libre et sans date d’expiration !

De manière hebdomadaire, vous serez invités à lire et à réagir aux messages en lien avec les trois grands pôles de la librairie : la littérature générale, la littérature jeunesse et la bande dessinée.

En espérant que vous serez nombreux à venir le visiter, et surtout, à y participer.



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