Le Délivré

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24 avril 2012  par Sébastien Veilleux

La science, un jeu d’enfant ?

La science est omniprésente dans notre vie. Que nous nous y intéressons ou non, elle exerce sur nous une influence considérable et sa complexité est telle que nous pouvons parfois nous sentir littéralement déconnectés de la réalité. Il existe pourtant plusieurs ouvrages de vulgarisation dont l’objectif est de démystifier les applications de la science et son fonctionnement. Nous avons donc pensé vous présenter quelques-uns de ces ouvrages qui sauront vous divertir tout en vous dévoilant simplement les secrets de la science.

Le premier, Une abeille dans une cathédrale, nous présente 100 analogies scientifiques qui vise à mieux nous faire comprendre les réactions chimiques, physiques, biologiques et terrestres de ce monde. On y fait entre autres le parallèle entre la réaction chimique des molécules et un bal d’étudiants ! Quelques pages plus loin, nous apprenons que, si un fil d’araignée avait la taille d’un crayon, il serait assez résistant pour stopper un jumbo-jet ! Exemples après exemples, l’auteur montre comment les scientifiques s’inspirent de la nature pour améliorer leur technologie et à quel point les principes de base s’appliquent à une multitude de phénomènes. Grâce des comparaisons amusantes et des images éloquentes, Joel Levy démystifie habilement le monde qui nous entoure.

Si pour vous les maths, c’est du chinois, Alex au pays des chiffres pourrait bien changer votre perception une fois pour toutes. En effet, l’auteur a eu la brillante idée de nous raconter l’histoire des mathématiques. De ses débuts les plus rudimentaires aux applications les plus modernes, le livre nous tient en haleine, multipliant les anecdotes et les faits historiques, décortiquant habilement les formules les plus complexes avec des exemples concrets. Sans jamais devenir trop technique, Bellos garde en permanence son chapeau de conteur, soucieux de nous faire découvrir le coté ludique des mathématiques. Un livre divertissant pour ceux qui ont envie de passer un bon moment en compagnie des formules qui ont changé le monde !

Les Éditions du Trécarré nous proposent une nouvelle collection intitulée La science au lit, dans laquelle nous retrouvons 4 titres pour l’instant : La géométrie au lit, La chimie au lit, L’algèbre au lit et La physique au lit. En nous présentant d’abord une courte biographie des savants qui ont marqué chaque discipline et l’influence de leurs découvertes sur le cours de l’Histoire, les auteurs nous invitent ensuite à tester nos connaissances en complétant des exercices basés sur lesdites formules. Bien illustrés et ponctués de graphiques simplifiés, les livres de la collection La science au lit s’adresse à un public désireux de rafraîchir ses connaissances d’une manière divertissante.

Pour terminer, un petit livre appelé à devenir un classique ! Dans L’Univers expliqué à mes petits-enfants, Hubert Reeves a imaginé un dialogue entre lui et ses 8 petits-enfants. Les enfants posent des questions à leur grand-père qui tente de leur répondre d’une manière à la fois simple et précise. Destiné aux enfants de 14 ans et plus, L’Univers expliqué à mes petits-enfants se veut une introduction à l’astronomie et est écrit avec brio par l’un des plus grands vulgarisateurs scientifiques de notre époque.

Nous espérons que ce petit survol vous donnera le goût d’en apprendre un peu plus sur les secrets de la science. Son influence dans nos vies est majeure et, bien qu’elle nous semble parfois tentaculaire et infiniment complexe, on se rend vite compte, en y regardant de plus près, que la science se résume essentiellement à quelques principes de base, tel un cadenas dont les combinaisons possibles sont pratiquement illimitées. Et certains auteurs s’appliquent à nous la rendre accessible, pour notre plus grand bonheur !

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Une abeille dans une cathédrale et 99 autres analogies scientifiques, Joel Levy, 2012, Marcel Didier, 224 p., 9782891445597*
Alex au pays des chiffres : une plongée dans l’univers des mathématiques, Alex Bellos, 2011, Robert Laffont, 505 p., 9782221122938*
La géométrie au lit : courbes et solides pour être plus intelligent, Mike Askew et Sheila Ebbutt, 2012, Éditions du Trécarré, 176 p., 9782895686019*
La chimie au lit : réactions et molécules pour être plus intelligent, Joel Levy, 2012, Éditions du Trécarré, 176 p., 9782895686033*
L’algèbre au lit : comprendre x et y pour être plus intelligent, Michael Willers, 2012, Éditions du Trécarré, 176 p., 9782895686026*
La physique au lit : vitesse et magnétisme pour être plus intelligent, Isaac McPhee, 2012, Éditions du Trécarré, 176 p., 9782895686002*
L’univers expliqué à mes petits-enfants, Hubert Reeves, 2011, Seuil, 135 p., 9782021038309*

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19 mars 2012  par Sébastien Veilleux

Penser Steve Jobs différemment

Décédé le 5 octobre 2011, Steve Jobs est devenu l’objet de nombreuses publications : biographies et livres de gestion basés sur sa « philosophie » se sont succédé. Non seulement il a acquis un statut de vedette, mais également celui d’artiste, voire de visionnaire, à tel point d’ailleurs que de nombreux auteurs utilisent maintenant son nom pour vendre leur recette du succès. Rarement a-t-on vu des consommateurs s’identifier aussi fièrement à une marque comme c’est le cas pour Apple. Mais d’où provient cet engouement ?

Lorsqu’on lit les différents ouvrages écrits à son sujet, il est étonnant de voir à quel point les auteurs glorifient son intransigeance, comme s’il s’agissait d’une qualité inhérente à son succès. La biographie de Walter Isaacson, la plus complète à ce jour, en fait mention presque à toutes les pages. Lorsqu’on sait qu’il consultait Jobs sur une base régulière pendant la rédaction de son ouvrage, on peut se demander pourquoi le père du iPhone tenait tant à entretenir cette réputation d’homme acariâtre. Cela dit, pour ceux qui s’intéresse à Steve Jobs, l’ouvrage d’Isaacson est une référence incontournable, pertinente et sans complaisance. Le biographe a su dépeindre à la fois le chef d’entreprise, mais également l’homme mué par une irrépressible urgence de vivre. On souligne aussi au passage le livre iSteeve de George Beahm, un recueil des meilleures citations du cofondateur d’Apple, un bon complément à sa biographie. On y retrouve des perles de la pensée entrepreneuriale de Jobs ainsi que quelques-uns de ses coups de gueule bien sentis.

Étrangement, c’est à travers les livres de gestion s’inspirant de la philosophie de Jobs que l’on comprend mieux la Jobsmanie. Bien qu’étant d’abord et avant tout un homme d’affaires désireux d’engranger des profits, Steve Jobs se revendiquait de la contre-culture. Le slogan d’Apple, « Think different », donnait aux utilisateurs l’impression d’être rebelles en achetant une machine plus dispendieuse que celle de la concurrence. Force est d’admettre que, d’un strict point de vue marketing, c’est brillant.

Dans Les secrets d’innovations de Steve Jobs, l’auteur Carmine Gallo fait l’éloge de sa recherche constante de simplicité, qualifiée de « summum de la sophistication ». Ce n’est pas tant la puissance de la machine qui préoccupait Steve Jobs que l’interface, c’est-à-dire sa facilité d’utilisation et le plaisir qu’éprouve le consommateur à s’en servir. On est loin des préceptes de la contre-culture ! Malgré tout, le livre de Carmine Gallo a le mérite de traiter de tous les aspects du marketing, tout en soulignant la contribution de Jobs dans ce domaine.

Ceux qui recherchent un ouvrage plus critique pourront lire iPhilosophie : Comment la marque à la pomme a investi nos existences. Bien qu’il s’agisse avant tout d’un traité philosophique sur l’intrusion des nouveaux médias dans nos vies, l’auteur Vincent Billard ne manque pas de critiquer l’infantilisme d’Apple, relatant l’obsession de son PDG  pour rendre l’utilisation des produits « aussi facile qu’un jeu d’enfant ».

Quoi qu’il en soit, le véritable talent de Steve Jobs résidait dans sa capacité à créer un message fort autour de ses produits.  Soyez original, pensez différemment, achetez du Apple. Quant à sa réputation d’homme intransigeant, elle contribuait à promouvoir cette quête de la perfection, inhérente au marketing de la Pomme. Des livres comme Que ferait Steve Jobs à ma place ? de Peter Sander ou encore L’art de l’enchantement de Guy Kawasaki pourraient se résumer à deux mots : « Think different », auxquels il faut ajouter « mais pas trop, quand même », pour avoir la véritable essence du génie de Steve Jobs.

La réputation, voilà la pierre sur laquelle Steve Jobs a bâti son empire. Des produits de qualité, certes, mais destinés surtout à une clientèle bien particulière, aux esprits libres et exigeants. Jobs s’est battu toute sa vie pour positionner son entreprise au « carrefour de l’art et de la technologie ». C’était son leitmotiv et il le scandait à chacune de ses apparitions dans les médias. Derrière ses belles paroles, il y avait bien sûr le désir de s’approprier l’image de l’artiste, cette aura magique qui fait rêver le commun des mortels. Pendant des siècles, on a admiré les artistes pour leur capacité à nous émouvoir. Il est désormais permis d’admirer un homme d’affaires pour sa capacité à nous raconter des histoires. Bravo pour le coup de chapeau, mais il serait peut-être temps de penser différemment…

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Steve Jobs, Walter Isaacson, 2011, JC Lattès, 667 p., 9782709638326*
iSteve : Steve Jobs par lui-même, George Beahm, 2011, Éditions de l’Homme, 152 p., 9782761932981*
Les secrets d’innovation de Steve Jobs : 7 principes pour penser autrement, Carmine Gallo, 2011, Pearson, 291 p., 9782744064869*
iPhilosophie : comment la marque à la pomme investit nos existences, Vincent Billard, 2011, PUL, coll. « Quand la philosophie fait pop! », 219 p., 9782763796147*
Que ferait Steve Jobs à ma place ? : Comment penser autrement pour obtenir des résultats exceptionnels, Peter Sander, 2012, Transcontinental, 165 p., 9782894726211*
L’art de l’enchantement : comment influencer les coeurs, les esprits et les actes, Guy Kawasaki, 2011, Un monde différent, 215 p., 9782892257533*

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16 février 2012  par Sébastien Veilleux

Les « lecteurs numériques » sortent de l’ombre !

Le livre numérique fait couler beaucoup d’encre depuis quelque temps. Tel un vautour, il semble planer au-dessus du livre papier, prêt à n’en faire qu’une bouchée. Du moins, c’est ce que plusieurs personnes dans le milieu du livre craignent. Il est vrai que le marché du livre numérique est en pleine expansion. Amazon affirme avoir vendu quatre millions (!) de Kindle durant la période de Noël 2011, et on estime qu’à la fin de 2012 17 millions de liseuses électroniques auront trouvé preneur. Selon le bureau d’études Idates, le marché mondial du livre électronique connaîtra une croissance annuelle de 30 % d’ici 2015 pour atteindre 12 % du marché mondial du livre.

Nous avons interrogé trois adeptes du livre numérique pour connaître leur point de vue.

Pourquoi s’acheter une liseuse numérique ? Quels sont les avantages de ce format ? Chantal s’est procuré la sienne en 2010, un Kindle 3G d’Amazon. Elle a choisi ce modèle parce que la connexion Internet 3G lui permet de télécharger des livres numériques où qu’elle soit. Grande voyageuse, elle peut désormais partir avec plusieurs livres sans encombrer sa valise. Le dictionnaire intégré s’avère également très utile puisqu’elle télécharge surtout des livres en anglais, et si le sens d’un mot lui échappe, elle n’a qu’à placer son curseur dessus pour voir apparaître la définition. Finie l’époque où il fallait garder un dico près de soi. Chantal lit présentement La dernière frontière de Philip Le Roy en version papier, et One for the Money de Janet Ivanovitch en version numérique (La prime en version française).

Robert, de son coté, a choisi la liseuse de marque Kobo, d’une part pour ne pas être enchaîné au site d’Amazon et d’autre part parce que le Kobo était la liseuse la mieux cotée par les experts au moment de son achat, fin 2011. Pour l’instant, Robert ne télécharge que des livres gratuits, des classiques libres de droits d’auteurs. Il en trouve à profusion, en anglais pour la plupart. Pour lui, la gratuité des livres reste le principal avantage de la liseuse numérique. Il lit présentement The Picture of Dorian Gray (Le Portrait de Dorian Gray) d’Oscar Wilde et, en version papier, Murmures à Beyoglu de David Boratav.

L’été dernier, Geneviève s’est acheté un Kobo en espérant pouvoir consulter ses dossiers dans les transports en commun. Elle a été déçue, car il ne suffit pas de convertir un fichier en PDF pour obtenir un livre numérique. En revanche, elle adore pouvoir grossir le caractère du texte puisque auparavant sa vue ne lui permettait pas de lire des livres en format poche. Du coup, elle affirme que le nombre d’heures qu’elle consacre à la lecture a considérablement augmenté avec sa liseuse électronique. Elle lit présentement Le Défi positif de Thierry Janssen, en version papier.

Nos trois adeptes lisent encore des livres papier et jurent qu’ils n’arrêteront jamais d’en lire… et d’en acheter. Chantal et Robert privilégient les livres papier quand vient le temps de lire en français. Robert admet toutefois que sa consommation de livres anglais a doublé depuis qu’il possède une liseuse électronique. Pour sa part, Chantal, avant d’avoir son Kindle, estimait son ratio de lecture à 70 % de livres francophones pour 30 % de livres anglophones. Ce ratio est passé à 60 %-40 % depuis l’achat de sa liseuse.

Les livres numériques nuisent-ils à la littérature francophone ? Une chose est sûre, il y a une grande disparité entre l’offre des livres anglais et français sur le web. Les titres anglais sont beaucoup plus nombreux sur les sites de téléchargements. Philippe Desalle, dans un article paru le 31 décembre, parle de 30 000 à 50 000 livres francophones contre 1 million de titres anglophones déjà disponibles en format numérique. Le prix des livres aussi pose problème : alors que les titres anglophones sont souvent vendus à moitié prix dans leur format numérique (et souvent plus  bas encore), la réduction est beaucoup moindre en français. Pourtant, cette différence de prix est citée comme étant un avantage majeur aux yeux de nos trois adeptes, d’où peut-être leur intérêt accru pour le livre en anglais.

Heureusement, les éditeurs francophones ont compris le message et s’ajustent rapidement. L’association des Librairies Indépendantes du Québec (LIQ) propose déjà sur son site web plus de 16 800 titres francophones, dont près de 10 000 titres québécois, en format numérique (PDF et Epub), téléchargeables en un clin d’œil.

Les prochaines années seront déterminantes pour le milieu du livre. Robert croit d’ailleurs que cette révolution aura des bienfaits sur l’édition papier, obligeant les éditeurs a offrir des reliures de meilleure qualité, à faire du livre traditionnel un objet de collection. De toute façon, l’essentiel demeure la lecture elle-même; en bout de ligne, les amoureux du livre, quel que soit son format,  auront toujours le dernier mot.

Et vous, avez-vous succombé au livre électronique ? Si oui, pour quelles raisons ? Que lisez-vous ? Optez-vous davantage pour des livres en anglais ? Êtes-vous plutôt un ardent défenseur du livre papier ? Pourquoi ? Le Délivré veut vous lire !

Vous trouverez notre inventaire de titres disponibles en format numérique sur :

Vous pouvez vous y procurer des livres en version papier ou numérique tout en profitant de l’expertise de nos libraires par leurs suggestions dans chacun des secteurs.


23 janvier 2012  par Sébastien Veilleux

Questions de parentalité

L’éducation des enfants : vaste sujet ! Beaucoup de parents se posent des questions sans trouver les outils appropriés. Dans cette perspective, j’ai pensé vous présenter quelques titres qui pourraient vous être bien utiles. Voici donc cinq livres susceptibles de répondre à vos questions.

Dans Le sommeil, le rêve et l’enfant, les docteurs Marie Thirion et Marie-Josèphe Challamel nous révèlent les dernières connaissances scientifiques à propos du sommeil chez les enfants. Dans une langue simple, les deux médecins nous expliquent comment on étudie le sommeil, ses différentes phases et leurs spécificités avant d’aborder les problématiques en tant que telles. Comment traiter la peur du noir, les cauchemars, le pipi au lit ? Quoi faire si l’enfant dort mal, s’il veut dormir dans le lit de ses parents, etc. S’adressant à un public qui désire approfondir le sujet et disposer des dernières données scientifiques, cette nouvelle édition répondra certainement à bon nombre de vos interrogations.

Publié aux éditions Caractère, le biologiste John Medina, auteur des 12 lois du cerveau chez Leduc, traite ici du développement neurologique chez le poupon dans Comment fonctionne le cerveau de bébé. De l’attachement émotif à l’acquisition des connaissances, l’auteur nous convie à un voyage au cœur du développement de l’enfant. Ayant recours à des anecdotes personnelles et de nombreux exemples, il nous explique comment le bébé absorbe l’information et comment celle-ci se greffe ensuite à sa personnalité. Le biologiste aborde des sujets aussi variés que le stress, l’empathie, la créativité, et la communication verbale et non verbale, tout en s’appuyant sur des données statistiques qui permettront aux parents de situer leur bébé dans son développement et ainsi mieux l’accompagner durant sa croissance.

Avec Le défi d’éduquer, le psychothérapeute Jacques Ross s’adresse autant aux parents qu’aux éducateurs. Privilégiant une approche humaniste, l’auteur propose différentes façons de responsabiliser l’enfant. Comment établir une saine communication ? Comment aider l’enfant à bien se connaître, à se contrôler, lui inculquer des notions d’autodiscipline, de motivations et d’engagement ? Comment gérer les crises ? Ce livre donne aux parents et aux intervenants les outils nécessaires pour mener l’enfant vers sa pleine maturité psychologique.

Dans L’enfant et les écrans, les Éditions de l’Hôpital Sainte-Justine s’attaquent à un phénomène qui touche tous les parents ou presque. Abordant la problématique dans ses manifestations variées (télévision, ordinateur ou jeux vidéos), Sylvie Bourcier, enseignante à l’Université de Montréal, nous parle des impacts sur leur santé ainsi que de l’influence sur leur développement psychologique et relationnel, en plus d’offrir des pistes de solutions pour utiliser ces technologies à bon escient.

Pour terminer cette chronique, nous avons choisi Les ados : Guide de survie pour parents !, dans lequel la Docteure Nadia Gagnier, psychologue, analyse les bouleversements physiques et psychologiques qui surviennent à l’adolescence. Quand l’enfant que nous avons vu grandir ne se ressemble plus, change drastiquement, il faut savoir comment faire face à ses questions, à ses silences et à ses comportements étranges. Non dépourvue d’humour, l’auteure aide le lecteur à faire la part des choses tout en offrant une gamme de réponses concrètes aux petites et aux grandes inquiétudes.

Nous espérons que ce bref survol du genre de titres qu’on retrouve dans notre section « Parentalité » saura répondre aux questions que vous pouvez vous poser, comme à bien d’autres encore !

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Le sommeil, le rêve et l’enfant, Marie Thirion et Marie-Josèphe Challamel, 2011, Albin Michel, 376 p., 9782226217820*
Comment fonctionne le cerveau de bébé, John Medina, 2011, Caractère, 352 p.,  9782896424597*
Le défi d’éduquer, Jacques Ross, 2011, Fides, coll. « Corps et âme », 368 p., 9782762130843*
L’enfant et les écrans, Sylvie Bourcier, 2010, Hôpital Sainte-Justine, 184 p., 9782896192533*
Les ados, guide de survie pour parents !, Nadia Gagnier, 2011, La Presse, 256 p., 9782923681825*

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14 novembre 2011  par Sébastien Veilleux

Le roman québécois au cinéma (2 de 2)

Pour le deuxième volet de notre article sur les adaptations cinématographiques, nous allons aborder les genres. Patrick Sénécal, chef de file du roman d’épouvante au Québec et dont plusieurs œuvres ont été adaptés au cinéma, a accepté de répondre à nos questions.

Les genres n’ont jamais été très exploités au Québec, ni en littérature ni au cinéma. Pourtant, dès 1947, une série de fascicules (pulp fiction) relatant les aventures de l’agent secret IXE-13 font fureur partout dans la province, et cela jusqu’en 1966. Pierre Saurel, l’auteur, publiera d’ailleurs d’autres séries policières à succès, mais l’émergence du roman traditionnel mettra fin à ce type de publications. Jacques Godbout rendra d’ailleurs hommage au personnage créé par Pierre Saurel. Son film IXE-13, sorti en 1971, ne passera toutefois pas à l’histoire…

En 1987, l’auteure Chrystine Brouillet s’attaque sérieusement au genre policier. Elle obtiendra d’ailleurs un beau succès avec les enquêtes de son inspectrice Maud Graham. En 2002, Jean Beaudin réalise Le collectionneur, avec Maude Guérin dans le rôle de l’inspectrice. Néanmoins, l’exercice demeure timide au Québec, tant en littérature qu’au cinéma.

Il faudra attendre 1996 pour qu’une maison d’édition se spécialise dans la littérature de genre destinée aux adultes. En effet, les éditions Alire demeurent, encore à ce jour, la plus grande pépinière d’auteurs de romans policiers, de fantasy, de science-fiction et d’épouvante au Québec. Des auteurs comme Jean-Jacques Pelletier, Jacques Coté et bien sûr Patrick Sénécal publient régulièrement pour cette maison d’édition basée dans la région de Québec.

D’autres éditeurs ont emboîté le pas et l’on peut voir, depuis quelques années, un certain développement de la littérature de genre au Québec. Le même phénomène se produit au cinéma, entre autres grâce aux adaptations cinématographiques des romans de Patrick Sénécal.

En plus d’écrire des romans, Patrick Sénécal est aussi scénariste. Il a lui-même adapté ses romans pour le cinéma. Voyons ce qu’il avait à dire sur le sujet.

* * *

Quelle est la plus grande difficulté lorsqu’on transpose l’épouvante du roman à l’écran ?

L’horreur, lorsqu’elle est transposée graphiquement, peut facilement sombrer dans le grotesque. Il faut donc doser. Ce qui était terrifiant dans un livre peut devenir ridicule à l’image si cela est mal contrôlé. Il faut donc parfois changer, trouver une image aussi forte que les mots du livre, même si le contenu est différent. Une tête coupée dans un livre peut devenir risible au cinéma.

Vos romans me semblent plus ambigus, plus tordus, que leur adaptations cinématographiques. Est-ce un choix personnel ou une exigence liée au cinéma ?

Je pense que c’est une impression et non pas une réalité. C’est la force de l’imaginaire du lecteur qui créée cette impression. Quand on lit un livre, on peut imaginer la scène aussi horrible que notre imagination le permet. Quand on regarde un film, on est soumis à une image qui existe déjà, il y a moins de place pour l’imagination du spectateur. Mes livres sont aussi tordus que l’imagination du lecteur :-) D’ailleurs, ceux qui n’ont pas lu mes romans trouvent les films drôlement tordus. Le problème quand on regarde un film adapté d’un livre, c’est qu’on veut retrouver les mêmes impressions qu’on a eues à la lecture. C’est impossible. Il faut prendre le film tel qu’il est, sans penser au livre. Mais ça, c’est plus facile à dire qu’à faire.

L’écriture de scénarios modifie-t-elle votre imaginaire d’écrivain ?

Je ne sais pas. Inconsciemment, peut-être. J’avais déjà un imaginaire très cinématographique avant d’écrire des scénarii, c’est peut-être pour cette raison qu’on a adapté mes romans. Peut-être que l’écriture du scénario me rend moins bavard dans mes romans. Je dis bien : peut-être. En tout cas, quand j’écris un roman, je ne pense jamais qu’il pourrait devenir un film, sinon je me mettrais des barrières. On est tellement plus libre quand on écrit un roman qu’un film…

En tant que scénariste, avez-vous recours à l’autocensure lorsque vous adaptez vos romans ?

Non, pas vraiment. S’il y a censure, elle ne viendra pas de moi :-) Franchement, on n’a pas eu ce genre de problème pour les trois films. C’est vrai que la sexualité de Michelle, dans 5150, rue des Ormes, est très explicite dans le roman et inexistante dans le film. Mais ce n’était pas pour des raisons de censure. C’est juste que ça venait alourdir le film et on a préféré ne pas la mettre. Mais quand j’écris un scénario, je ne me suis jamais dit encore : « Ah ! On est au cinéma, je ne peux pas mettre ça… »

Le cinéma de genre peine à prendre son envol au Québec ; pourquoi, selon vous ?

Pour deux raisons, selon moi : écrire une bonne histoire de genre, c’est difficile, alors qu’en écrire une mauvaise, c’est si facile. C’est donc normal qu’il y ait plus de mauvais films de genre que de bons, et pas juste au Québec. Ensuite, au Québec, nous sommes encore frileux avec ce genre d’histoires, en tout cas les institutions le sont. On veut encore trop faire du cinéma rassembleur et consensuel, et dans le cinéma de genre, le consensus, ça ne se peut pas. Mais je crois que ça va changer tranquillement. Je crois que Les sept jours du talion a créé une sorte de précédent. Les institutions ne voulaient pas financer ce film et l’ont fait quand même. Et ainsi, on leur a montré qu’on pouvait faire du cinéma très violent, très noir, et le faire intelligemment, avec un regard d’auteur. Donc, on a ouvert une nouvelle porte.

Merci, Patrick Sénécal !

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Pour commander Le collectionneur, Chrystine Brouillet, La courte échelle, 204 p., 9782890218543.
Pour commander 5150, rue des Ormes, Patrick Sénécal, Alire, 374 p., 9782896150441.
Pour commander Les sept jours du talion, Patrick Sénécal, Alire, 333 p., 9782896150472.


31 octobre 2011  par Sébastien Veilleux

Le roman québécois au cinéma (1 de 2)

Dans cet article publié en deux parties, deux auteurs de romans adaptés au cinéma ont accepté de répondre à nos questions. Dans cette première partie, après un survol historique des adaptations cinématographiques, Marie-Sissi Labrèche nous parlera de son expérience lors de l’adaptation de Borderline. Pour la deuxième partie, qui traitera principalement de la littérature de genre, nul autre que Patrick Sénécal répondra à nos questions.

De Séraphin Poudrier à Aurélie Laflamme, le cinéma et la littérature font bon ménage au Québec, particulièrement depuis les années 80 avec le concours de la télévision. Il faut dire que les débuts de l’industrie québécoise du long métrage de fiction, à la fin des années 40, ont été marqués par quelques adaptations, notamment Un homme et son péché, de Claude-Henri Grignon et Ti-Coq de Gratien Gélinas et Aurore, l’enfant martyre d’Henri Rollin et Léon Petitjean. De 1949 aux années 1980, on note toutefois peu d’adaptations significatives, à l’exception de Kamouraska. Après le succès de Mon oncle Antoine, Claude Jutra se lance dans l’adaptation du roman d’Anne Hébert, récipiendaire du Prix du livre de Paris et du Prix des libraires en 1971. Et c’est d’ailleurs l’auteure elle-même qui écrira le scénario tiré de son roman. Sorti en salles en 1973, Kamouraska marque, selon Hubert-Yves Rose, scénariste, réalisateur et professeur de cinéma à l’UQAM, « le début du film québécois à grand déploiement et le début de la coproduction ».

Puis vinrent les années 80. « Une des plus réjouissantes adaptations d’un roman québécois au cinéma, dit Michel Coulombe, chroniqueur de cinéma, fut, en 1981, Les Plouffe de Gilles Carle tiré du roman de Roger Lemelin ». Fait nouveau, l’adaptation de Les Plouffe sera à la fois conçue pour le cinéma et la télévision (sous forme de feuilleton), une formule ayant d’ailleurs été reprise par la suite pour Bonheur d’occasion, Maria Chapdelaine, Le matou et Le crime d’Ovide Plouffe. La télévision fera également ses choix gras en adaptant les best-sellers d’Arlette Cousture (Les filles de Caleb), Francine Ouellette (Au nom du père du fils), Noël Audet (L’Ombre de l’épervier ), pour ne citer que ceux-là.

Autrement, on ne peut passer sous silence Les bons débarras, sorti en 1980. Même s’il n’est pas tiré d’un roman, le scénario original du romancier Réjean Ducharme marie parfaitement les préoccupations littéraires de l’époque aux exigences du cinéma. Grâce à ses personnage complexes et son portrait du Québec profond, ce film deviendra un classique du répertoire québécois. Dans un même ordre d’idées, à la télévision, l’écrivain Victor-Lévy Beaulieu aura sensiblement le même impact avec son feuilleton L’héritage (1987-90), qui bouleversa l’auditoire de l’époque avec des thématiques couramment abordés en littérature (inceste, suicide), mais très peu traitées à la télévision jusqu’alors.

L’histoire ou l’écriture ?

La littérature, la télévision et le cinéma sont des arts qui comportent des différences fondamentales, explique le réalisateur et critique de cinéma Georges Privet, et l’adaptation d’un roman demande une véritable réinvention, rien de moins qu’une re-conception. « Mettre en images un style, un discours, une forme d’évocation n’est pas une opération évidente », précise de son côté Hubert-Yves Rose. Selon lui, les œuvres littéraires peuvent être réparties en deux catégories : celles où l’anecdote prédomine et celles où, au contraire, c’est le discours qui revêt une importance capitale. Quand l’anecdote prédomine, la difficulté est d’ordre temporel. Le scénariste doit comprimer le roman en deux heures. Quand c’est le discours ou l’écriture qui prédomine, le scénariste doit trouver une manière de transposer à l’écran une ambiance, un ton particulier.

Les personnages

À part une distribution crédible, quels sont les ingrédients d’une adaptation réussie ? Selon Monique Proulx, qui signe les scénarios tirés de ses romans Un homme à la fenêtre (Souvenirs intimes) et Le sexe des étoiles, en plus d’écrire des scénarios originaux (notamment Le cœur au poing), « […] la clé, ce sont les personnages. Au cinéma comme dans le roman, explorer tous les racoins de l’humain, c’est extraordinaire. C’est l’usine de Frankenstein… À condition de donner aux personnages une architecture cohérente, d’en faire des rassembleurs d’émotions », précise-t-elle. « Le scénariste fournit les plans d’une maison dont la construction finale lui échappe. C’est essentiel que la sensibilité du réalisateur corresponde à la nôtre, estime-t-elle. Cela étant, le cinéma est une industrie où chacun fait son boulot ».

Adapter la littérature du « Je »

Selon Hubert-Yves Rose, peu de romans québécois sont adaptés, parce que la littérature québécoise consiste surtout en une littérature du « Je ». En effet, le cauchemar de tout scénariste, c’est le monologue intérieur. Comment convertir ce dernier en images sans infliger au spectateur la voix hors champ ?

C’est le défi auquel s’est mesuré Marie-Sissi Labrèche en adaptant son roman La brèche avec la réalisatrice Lyne Charlebois. À ce sujet, elle confiait au magazine Entre les lignes : « Lyne décide très vite quoi garder, quoi rejeter, mais on était d’accord pour conserver le mélange de rire et de tragédie. Dans ce travail, je me vois comme la passeuse entre mon univers et le sien. »

Madame Labrèche a accepté nous en dire plus sur son travail d’adaptation. Voici donc ce qu’elle nous a confié à propos de son expérience.

Comment est né le projet d’adaptation au cinéma ?

Au départ, Roger Frappier a acheté les droits cinématographiques de mon deuxième livre, La brèche, à sa parution. Puis, un an plus tard, il m’a demandé si je voulais écrire le scénario avec un réalisateur, il ne savait pas encore qui. Quelques jours plus tard, il m’a présenté Lyne Charlebois. On a commencé à écrire le scénario de La brèche, mais ce n’était vraiment pas bon. Et c’est alors que Lyne a eu l’idée que Roger achète aussi les droits de Borderline afin qu’on mixe les deux histoires. Selon elle, l’une n’allait pas sans l’autre ; et elle avait tellement raison.

Comment vous divisiez-vous le travail ?

Lyne et moi avons écrit à quatre mains l’histoire. On s’est servi des romans en grande partie, mais ensuite on a décollé, puisant dans nos vies, dans nos idées folles… Par exemple, je n’ai jamais été dans des réunions de sexoliques anonymes ; c’est une idée de Lyne d’envoyer KIKI là.

L’écriture du scénario a-t-elle modifié votre point de vue par rapport au roman ?

Ah oui ! Beaucoup ! D’autant plus que je travaille actuellement sur un autre film avec Charles Binamé. Avant, je ne me posais pas de questions concernant les beats (les pivots, les événements importants qui font prendre parfois une autre tournure à l’histoire). J’évite les redites aussi. Avant, mon approche était beaucoup plus intuitive. Disons que je fais plus attention à la technique.

Quels ont été les choix les plus difficiles à faire lors de l’adaptation ?

Je ne me rappelle pas de choix difficiles, je suis en paix avec ce qu’on a fait. D’ailleurs, en partant, Roger Frappier m’avait dit : « C’est tes livres, ton univers, mais ça doit être le film de Lyne. » Je faisais donc un travail de passation.

Le cinéma a-t-il une grande influence sur votre imaginaire d’écrivaine ?

Oh oui. Je pense que l’amour de la culture me vient de ces soirées quand j’étais gamine et que je regardais des films de répertoire à Radio-Québec (avant que ça ne s’appelle Télé-Québec) avec ma grand-mère, le samedi soir. Puis, je me rappelle dans ma jeune vingtaine toutes ces soirées où mon chum de l’époque et moi, on n’avait pas d’argent pour payer le loyer ou nos dettes, mais on trouvait toujours des cennes pour aller louer deux films au club vidéo (plusieurs fois par semaine). Encore aujourd’hui, je regarde au moins trois films par semaine. Et je regarde de tout. Mais j’ai une grande préférence pour les films français. De plus, mon désir d’écrire un roman naît souvent à la suite de scènes qui « poppent » dans mon esprit.

Merci, Marie-Sissi Labrèche !

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Dans deux semaines, l’entrevue avec Patrick Sénécal.

La plupart des citations dans cet article proviennent du numéro 109 de Lettres québécoises (2003), du numéro 10 de Nuit blanche (1983) ainsi que du numéro de mars 2009 d’Entre les lignes.

Pour commander La brèche, Marie-Sissi Labrèche, Boréal, coll. « Boréal compact », 168 p., 9782764605714.
Pour commander Borderline, Marie-Sissi Labrèche, Boréal, coll. « Boréal compact », 159 p., 9782764602218.

 



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