Le Délivré

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23 décembre 2011  par Rhéa Dufresne

Noël à dix plus deux !

Qu’on soit amoureux de Noël ou non, c’est pour bientôt et on n’y échappera pas ! Alors autant le passer en bonne compagnie et avoir sous la main tout ce qu’il faut pour les petits moments de détente. Voilà dans un joyeux désordre les albums aux paysages enneigés et aux personnages colorés qui me font sourire béatement ou franchement rigoler, année après année.

D’abord, Joyeux Noël, Splat ! Dans cette troisième aventure du mignon chaton, les enfants retrouvent un Splat qui doute tout à coup (lire : après les sous-entendus de sa petite sœur) d’avoir été suffisamment sage pour mériter des cadeaux. Qu’à cela ne tienne (puisqu’il n’est jamais trop tard pour bien faire), le petit félin se porte volontaire pour aider maman à préparer Noël : lavage de vaisselle, décoration du sapin, ramassage de la neige – tout y passe. Est-ce que ça suffira à convaincre le Père Noël ? C’est ce que Splat est impatient de savoir !

Décidément, quand les petits décident d’aider les plus grands, on peut s’attendre à tout, et le même scénario se répète dans Olivia prépare Noël. Pleine de bonne volonté, la petite cochonnette souhaite faire sa part. Il faut la voir complètement emmêlée dans la guirlande électrique, mettre la table pour le réveillon et surtout se débrouiller pour trouver un centre de table extraordinaire. Cet album agrémenté de quelques pages à déplier (qui nous réserve de belles surprises) possède une mise en page si dynamique qu’on a tout de suite envie de se mettre aux préparatifs ; l’enthousiasme est contagieux !

Autres retrouvailles : voilà Rita et Machin ! Quel plaisir de revoir les petits bouilles sympathiques de cette fillette et de son incomparable chien dans le contexte des Fêtes. L’univers visuel d’Olivier Tallec apporte un petit côté apaisant à ces moments qu’on a l’habitude de voir illustrés avec une foule de couleurs et une tonne de détails. Le trait à la fois léger et assuré d’Olivier Tallec se marie à merveille avec le ton rempli d’humour et de fantaisie de Jean-Philippe Arrou-Vignod. Un pur moment de bonheur à partager collé bien serré.

Parce que le temps des Fêtes en est un de tradition, voici deux classiques à glisser dans sa bibliothèque. D’abord, Un chant de noël, de Lucie Papineau et Stéphane Poulin, bien sûr inspiré de la célèbre histoire de Charles Dickens, est tout bonnement magnifique. Le texte abrégé est parfaitement adapté aux petits, qui n’auront aucun mal à suivre l’histoire. De plus, Lucie Papineau a eu la bonne idée de mettre en scène des animaux, ce qui apporte une touche de fantaisie supplémentaire à ce texte déjà fort magique. Quant aux illustrations, difficile de décrire un tel travail ; chaque page est un tableau en soi d’où se dégage un charme d’époque qui nous met tout de suite dans le ton.

Ensuite, tout juste débarquée dans nos librairies, une toute nouvelle version de Michka, ce conte de Marie Colmont qui fait partie de l’imaginaire de plusieurs d’entre nous, cette fois-ci illustré par le décidément prolifique Olivier Tallec. À travers cet album aux illustrations tendres et douces, nous pouvons suivre l’adorable petit ours en peluche dans son exploration de la forêt, alors qu’il fuit la maison de sa vilaine petite propriétaire, beaucoup trop gâtée et capricieuse pour mériter des jouets tels que lui ! Ici, quelques phrases un chouïa tarabiscotées, des verbes au passé simple, et le rythme et la résonance des contes d’autrefois. Et après cette lecture, pourquoi ne pas s’amuser au jeu de la comparaison avec la version originale ?

Pour les plus vieux qui n’osent avouer qu’ils adorent qu’on leur fasse la lecture, mais qui tournent discrètement autour des albums lorsque vous les lisez, voici deux suggestions qui ne risquent pas de chatouiller l’orgueil de ces grands enfants. La mystérieuse nuit de Noël de Clément C. Moore et Niroot Puttapipat, un album animé, est illustré sur le modèle des ombres chinoises : tout est de noir sur fond crème, avec quelques pointes de rouge et de vert pour illuminer l’ensemble. On sent bien, à voir le décor et à lire le récit raconté par le père de famille, qu’il s’agit d’un Noël d’époque. Les auteurs ont bien réussi leur pari de faire un livre à la fois sobre et riche, d’où émane tout le merveilleux qui habite ce moment de l’année.

Si je vous dis que l’auteur du Seigneur des anneaux a longtemps joué au Père Noël, est-ce que je pique votre curiosité ? Christian Bourgeois éditeur a eu la merveilleuse idée de publier l’ensemble des lettres issues d’une longue correspondance entre les enfants du célèbre auteur et le Père Noël, qui n’était alors nul autre que Tolkien lui-même. Ce livre, agrémenté des dessins du « Père Noël », contient les versions originales et les traductions des lettres écrites par le sympathique homme en rouge, mais également celles de l’ours polaire et de son elfe secrétaire qui se sont joints à lui au fil du temps. De beaux moments de lecture où on se retrouve complètement immergé dans l’univers du Père Noël grâce à l’imagination débordante de Tolkien.

Parce que Noël n’a pas à faire l’économie d’un brin d’ironie, Panique à Noël ! et Le festin de Noël ont aussi leur place dans cette sélection. Pour Panique à Noël !, tout est dans la relation texte / image. Au fil de cet album, un petit cochon tient un discours tout à fait positif à propos de cette période enchantée, mais lorsque nos yeux glissent sur les illustrations, on voit bien que tout n’est pas si simple et qu’il y a parfois un petit grain dans l’engrenage ! D’entrée de jeu, on peut d’ailleurs lire « on profite du temps qu’il nous reste pour préparer tranquillement la fête » alors que le petit cochon court dans tous les sens en se rongeant les ongles. Un peu plus loin, on peut voir une foule de personnages à la mine énervée, fatiguée, stressée ou carrément renfrognée… Bref, un regard sur Noël et nos habitudes qui ne manque pas de mordant.

Le festin de Noël possède quant à lui juste ce qu’il faut de malice pour provoquer de petits sourires en coin. En volant la plus belle dinde du poulailler, Renard pensait faire une bonne affaire, mais c’était sans compter sur l’intelligence et la ruse de ladite volaille… Une fois arrivée au terrier, Dinde prend les choses en mains et commence à régenter toute la maisonnée, au grand dam de Renard, Loup et Belette. Toutefois, après quelques grincements de dents et maintes découvertes partagées, les trois compères se révèlent comblés et ont bien du mal à envisager de croquer leur nouvelle amie ! Mais dame Dinde ne manque pas d’idées, et l’honneur de chacun sera sauf.

Si les traditions ont leur place en cette saison, les nouveautés aussi, surtout si elles apportent une petite touche de mystère. Le mystère Ferdinand débute comme un conte de notre enfance : un pauvre orphelin et sa vieille grand-mère quittent leur triste ville pour trouver mieux. S’ensuit alors pour eux deux une nouvelle vie dans la montagne, où ils font la connaissance de Ferdinand, qui a la carrure d’un géant tout en étant d’une gentillesse sans bornes. Toutefois, avec l’arrivée de l’hiver, Ferdinand change d’attitude, et Martin et sa grand-mère se posent de plus en plus de questions… Mais qui est vraiment Ferdinand ? À vous de le découvrir !

Enfin, puisque c’est Noël, rien n’est trop beau, et voici un petit extra : les deux incontournables de mes mousses adorés ! Pour Marion, c’est Noël à la ferme, avec sa multitude de rabats qu’on soulève année après année, toujours avec le même plaisir. Pour Félix, c’est Le sapin de monsieur Jacobi, pour la musicalité et le rythme de la répétition, et la curiosité de voir le sapin passer d’un intérieur à l’autre au grand bonheur de tous.

Bonnes lectures et joyeuses fêtes !

* * *

Joyeux Noël, Splat !, Rob Scotton, 2010, Nathan, 9782092527719*
Le Noël de Rita et Machin, Jean-Philippe Arrou-Vignod, ill. d’Olivier Tallec, 2006, Gallimard jeunesse, 9782070574797*
Olivia prépare Noël, Ian Falconer, 2008, Seuil jeunesse, 9782020981781*
Un chant de Noël, Lucie Papineau, ill. de Stéphane Poulin, 2005, Dominique et compagnie, 9782895124795*
Michka, Marie Colmont, ill. d’Olivier Tallec, 2011, Père Castor, 9782081248069*
La mystérieuse nuit de Noël, Clément C. Moore, ill. de Niroot Puttapipat, 2007, Milan jeunesse, 9782745928603*
Lettres du Père Noël, J.R.R. Tolkien, 2004, Christian Bourgeois éditeur, 9782267016970*
Panique à Noël !, Jörg Mühle, 2009, Milan jeunesse, 9782745940124*
Le festin de Noël, Nathalie Dargent, ill. de Magali Le Huche, 2008, P’tit Glénat, 9782723462884*
Le mystère Ferdinand, Mim, ill. de Rémi Courgeon, 2011, Milan, 9782745955593*
Noël à la ferme, Heather Amery, ill. de Stephen Cartwright, 2000, Usborne, 9781409514879*
Le sapin de monsieur Jacobi, Robert Barry, 2002, Gallimard jeunesse, 9782070547975*

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18 novembre 2011  par Rhéa Dufresne

Pourquoi eux ? Encore !

En posant les yeux sur ce qui traîne sur (et sous et à côté de) ma table de chevet, une question a refait surface : pourquoi eux? Eh oui, la même question que pour mes trois articles précédents. Je me répète direz-vous? Un peu, mais il faut que je précise que ces temps-ci, ce sont des albums qui occupent tout l’espace disponible. Ça m’a donné envie d’approfondir la question sous cet angle; qu’est-ce qui fait que je choisis un album plutôt qu’un autre? Pourquoi celui-ci se retrouve-t-il dans mon salon alors que l’autre reste dans les rayons?

Dans certains cas, c’est assurément le format qui joue le rôle d’appât. Quand mes yeux glissent sur les livres qui occupent le cube des nouveautés (et ils sont nombreux), un format particulier oblige l’œil à se poser quelques secondes de plus, souvent suffisantes pour voir la main se tendre et faire plus ample connaissance. C’est exactement ce qui est arrivé avec le majestueux Monsieur. Comment passer à côté d’un matou si imposant? Impossible! Une fois ce tout carton géant en main et la lecture commencée, le ton ironique et le jeu entre texte et illustrations fera tout le boulot, me voilà conquise. La même chose s’est produite avec Petite vie deviendra grande qui, en format à l’italienne de 40 cm X 17 cm, dépassait visiblement du rayonnage. Un truc aussi grand, c’est intriguant et une fois entrouvert, la poésie des mots de l’auteure, qui fait défiler devant nous toute une vie, nous tient bien prisonnier.

Pour d’autres livres, c’est le style. Et le style peut parfois être porteur de nostalgie, il peut générer des souvenirs et imposer un examen approfondi. Ce fût le cas pour Je suis un lapin. Cet album de Richard Scarry, tout droit sorti de mon enfance a tout de suite attirer mon attention. Bien sûr, Richard Scarry a fait partie des jeunes années de plusieurs d’entre nous (enfin je l’espère!) et être interpellé de nouveau par ces sympathiques animaux au réalisme magique est tout naturel. De plus, le style un brin rétro semble être à l’honneur ces temps-ci. Je pense également au magnifique Inventaire illustré de la mer. Tout dans cet album rappelle un style d’un autre temps, celui où les naturalistes peignaient à l’aquarelle et décrivaient minutieusement chaque bestiole observée. Voilà un petit retour aux sources fort agréable.

Quoi d’autre? Eh bien, l’originalité. Au printemps dernier, deux titres des éditions MeMo ont su capter mon intérêt par leur aspect « cahier d’écolier ». Par la texture du papier, le format et la reliure cousue (eh oui, vous avez bien lu: cousue!), Drôle d’oiseau et Les rêves de Milo évoquent vraiment le cahier d’élève. Comparés aux les livres à couvertures rigides et aux reliures avec dos, ces deux spécimens se démarquent. Par la suite, l’originalité et la fantaisie du contenu et la qualité de l’ensemble suffisent.

À travers la multitude de couleurs qui compose l’étalage du libraire, une couverture plus sobre se fait immédiatement remarquer. C’est le cas de l’Abécédaire de Pascale Estellon publié par Les grandes personnes. Une couverture entièrement blanche, le mot abécédaire écrit en transparence, avec une minuscule fourmi et un crayon comme seule touche de couleur. Pour ce premier contact, tout est dans la sobriété, mais quelle surprise une fois déplié ce superbe livre accordéon. C’est plein de couleurs et de vie. Chez le même éditeur, L’imagier des saisons de Pittau et Gervais m’a fait le même effet. On y trouve de la couleur, mais chacune des sept illustrations qui composent la page couverture semble minimaliste, avec juste ce qu’il faut de détails, sans surcharge. Pas de mélange de couleur, rien de cliquant ou d’agressif pour l’œil, tout y est ordonné et équilibré; il s’en dégage une impression de calme et de sérénité.  Deux petits bijoux pour les petits curieux.

Mes deux derniers critères sont plutôt personnels, mais le choix d’un livre l’est de toute façon alors… Lorsque je balaie des yeux le cube des nouveautés, la lectrice que je suis reconnaît quasi immédiatement un personnage aimé et je suis convaincue de ne pas être la seule. Je sais, ça manque d’objectivité comme critère de sélection, mais ça explique la présence de plusieurs titres sur ma table de chevet. Parmi ceux-ci Le bison de Catharina Valckx. Lorsque j’ai reconnu le sympathique petit hamster cow-boy, accompagné de Jean-Claude le ver de terre qui ne manque pas de réparti, j’ai craqué. Complètement séduite par Haut les pattes, il me fallait absolument découvrir cette nouvelle aventure. Il faut voir tout le mal que se donne Billy pour prouver à son père qu’il peut « capturer », au lasso s.v.p., un énorme bison. C’est plein d’humour! Bref, un critère subjectif, mais qui a du poids. Et pour être honnête, c’est exactement la même chose pour un auteur ou un illustrateur aimé. L’arrivée de leur dernier-né sur les rayons provoque instantanément ma curiosité.

Enfin, dernier critère, aussi peu objectif que le précédent, mais tout aussi valable tant pour mes copines lectrices que pour moi (et j’ai vérifié!), c’est l’intérêt pour le sujet. Pour ma part, je ne peux résister à un album jeunesse avec un phare en couverture. À la vue de Qu’est-ce que tu vois? et d’Un océan dans les yeux, c’était plus fort que moi, il me fallait absolument les saisir et les feuilleter. Bien sûr, cette réaction spontanée est hors du contrôle des éditeurs et les livres ne peuvent changer de couverture au gré des clients, mais les intérêts personnels, pour plusieurs, pour ne pas dire pour tous, influencent définitivement les lectures.


Avis aux intéressés, donc : varier la forme et le style s’avère aussi important que l’originalité du contenu pour capter l’attention du lecteur. Eh oui, je sais, il ne faut pas juger un livre à sa couverture, mais à cela je répondrai: n’est-ce pas là le premier contact du lecteur avec l’objet?

***

Pour commander Monsieur, Marie-Ange Guillaume, ill. d’Henri Galeron, Les grandes personnes, 18 p., 9782361931131.
Pour commander Petite vie deviendra grande, Aurélie Romain, ill. de Stéphanie Vander Meiren, Alice jeunesse, 24 p., 9782874260902.
Pour commander Je suis un lapin, Richard Scarry, Albin Michel jeunesse, 24 p., 9782226218346.
Pour commander Inventaire illustré de la mer, Virginie Aladjidi, ill. d’Emmanuelle Tchoukriel, Albin Michel jeunesse, 55 planches, 9782226220172.
Pour commander Drôle d’oiseau, Jennifer Yerkes, MeMo, 40 p., 9782352890997.
Pour commander Les rêves de Milo, Séverin Millet, MeMo, 36 p., 9782352890980.
Pour commander Abécédaire, Pascale Estellon, Les grandes personnes, 52 p. (en accordéon), 9782361930950.
Pour commander Imagier des saisons, Gervais et Pittau, Les grandes personnes, 52 p., 9782361930462.
Pour commander Le bison, Catharina Valckx, L’école des loisirs, 24 p., 9782211208048.
Pour commander Qu’est-ce que tu vois ?, Stéphane Sénégas, Kaléidoscope, 36 p., 9782877677059.
Pour commander Un océan dans les yeux, Thierry Dedieu, Seuil jeunesse, 30 p., 9782021041903.


2 novembre 2011  par Rhéa Dufresne

Pourquoi eux ? (Troisième partie)

Enfin, après vous avoir parlé des personnages et des univers, pour cette troisième et dernière partie, je vous parle des histoires. Simple, direz-vous, mais, oui, parfois il ne faut pas chercher plus loin et aller droit au but.

Ainsi, certains auteurs m’ont charmé parce qu’ils ont su inventer une histoire originale, une histoire que je n’ai pas déjà lue cent fois dans une version ou dans une autre, une histoire singulière. Une histoire qui plaît simplement pour ce qu’elle raconte, pour le mariage réussi entre les personnages, leurs désirs, leurs actions et leur univers. En voici quelques-unes…

Que vivent-ils ?

D’abord, la petite Babette d’Andrée Poulin. Comment ne pas être charmé par cette fillette qui ne peut faire partie du club des princesses formé par ses copines uniquement parce qu’elle a les cheveux courts ? Il faut lire ce mini-roman juste pour voir les trésors d’ingéniosité que Babette mettra en œuvre pour « aider » ses cheveux à pousser un peu plus vite…

Des princesses et des histoires d’exclusion, on en a lu plusieurs, mais des princesses exclues pour cause de coiffure, faut voir !

Avec sa série Samuel, Hubert Ben Kemoun n’est pas en reste : pour chacune de ces aventures, il a su créer une intrigue fantastique qui réjouira les lecteurs. Ici, on côtoie des personnages maléfiques, des graines magiques, des saisons qui déraillent, des jeux qui tournent à la catastrophe, des pièces d’échecs qui prennent vie… Bref, une foule de péripéties que le lecteur aimera vivre en compagnie du jeune héros.

Kamo quant à lui évolue dans une histoire tout à fait sympathique narré par son meilleur ami. Daniel Pennac a eu la brillante idée de faire se rencontrer un adolescent parisien et la jeune héroïne des Hauts de Hurlevent, conséquence d’un pari tenu entre Kamo et sa mère. En plus de suivre le quotidien du héros, le lecteur aura l’occasion de jouer les indiscrets en lisant la correspondance des deux protagonistes, qui ne manque pas de verve ! Tout est réuni dans cette histoire pour piquer notre curiosité et nous faire sourire à de nombreuses reprises.

De nombreux auteurs ont choisi de mettre en scène des personnages de la mafia ; Gordon Korman a également suivi cette voie, mais à sa manière… Mon père est un parrain raconte l’histoire de Vince, qui veut tout sauf suivre la voie de sa famille. Toutefois, ne sort pas de la mafia qui veut, et quand le père et le grand frère sans mêlent, il est bien difficile d’avoir une vie normale. Coincé malgré lui dans cette vie dont il ne veut pas, le héros de cette histoire poussera l’audace jusqu’à tomber amoureux de la progéniture d’un digne représentant du FBI, ce qui signifie évidemment beaucoup de problèmes en perspective et un avenir un brin compliqué !

Pour finir, une histoire tout en douceur et en tendresse : celle de Michael au Royaume de Kensuké. Lorsqu’il entreprend son tour du monde en voilier accompagné de ses parents et de sa chienne Stella Artois, Michael est loin de se douter qu’il va vivre l’aventure de sa vie et ira à la rencontre d’un personnage unique, Kensuké, qui habite seul sur son île depuis la fin de la guerre qui a détruit Hiroshima (et sa famille). Mais lorsque l’adolescent échoue chez-lui, Kensuké n’est pas certain de vouloir de cette nouvelle compagnie… Toutefois, la vie forçant parfois les rencontres, les deux héros partageront finalement un bout de chemin. L’adolescent récoltera, outre une aventure palpitante, une part d’humanité pour faire face à un monde qui en est parfois trop dépourvu. Une histoire qui habitera le lecteur longtemps après qu’il ait tourné la dernière page…

À vous de lire maintenant… et de nous dire pourquoi vous les aimez !

* * *

Pour commander Les petites couettes de Babette, Andrée Poulin, ill. d’Anne Villeneuve, Québec Amérique jeunesse, coll. « Bilbo », 78 p., 9782764404621.
Pour commander Samuel : Terriblement vert !, Hubert Ben Kemoun, ill. de François Roca, Nathan jeunesse, coll. « Premiers romans », 42 p., 9782092535004.
Pour commander Kamo, L’agence Babel, Daniel Pennac, ill. de Jean-Philippe Chabot, Gallimard-jeunesse, coll. « Folio junior », 88 p., 9782070612734.
Pour commander Mon père est un parrain, Gordon Korman, Gallimard-jeunesse, 268 p., 9782070558889.
Pour commander Le royaume de Kensuké, Michael Morpurgo, ill. de François Place, Gallimard-jeunesse, coll. « Folio junior », 155 p., 9782070544974.


28 septembre 2011  par Rhéa Dufresne

Pourquoi eux ? (Deuxième partie)

Tel que promis, voici la suite de mon article Pourquoi eux ? Ou, dit autrement : qu’est-ce qui fait que j’aime un livre ? C’est parfois en raison des personnages, comme je l’ai brièvement expliqué dans la première partie, mais aussi parfois en raison de la société, du monde ou de l’univers qui est dépeint… Soit tout ce qui n’est pas notre réalité, mais la réalité de l’histoire, la réalité du monde dans lequel les héros doivent évoluer, se mouvoir, prendre des décisions, accomplir des actions, poursuivre une quête ; bref, un monde qu’on ne connaît pas encore, mais qui a tout pour fasciner la curiosité du lecteur qui veut tout savoir, tout comprendre.

J’ai beaucoup d’admiration pour les auteurs qui parviennent non seulement à écrire et à boucler une histoire, mais qui en plus tiennent sur leurs épaules – ou plutôt au bout de leur plume – un monde unique. Un monde qui n’est autre que l’amalgame de leurs fantasmes, de leurs appréhensions, de leurs espoirs, de leurs rêves et de leur imagination.

Où sommes-nous ?

Dans la trilogie Voyage au pays du Montnoir, Christiane Duchesne dépeint un monde qu’on croit d’abord d’une époque moyenâgeuse, mais qui, au fil de l’histoire et des visites au musée de cette Ville sans nom, nous laisse dans l’expectative. Si le sage Julius et ses compatriotes semblent tout à fait à l’aise avec leur éclairage à la bougie, leur route de terre, les discours sur la place publique et leur conviction d’être seuls au monde, pour Pierre, arrivé là sans trop savoir comment, c’est plutôt l’angoisse… Quant au lecteur, il est tenu de lire la suite, parce qu’il veut savoir comment Pierre va se débrouiller dans cette ville inconnue si différente de la sienne ; mais aussi parce qu’il veut à tout prix que lui soit révélé le vrai visage de quelques personnages pour le moins inquiétants… Et surtout parce qu’il veut connaître le secret de cet endroit qui lui est à la fois familier et si lointain. Ici, tout est intrigue et mystère, et c’est une atmosphère dans laquelle le lecteur est ravi de se retrouver.

Pour rester dans les « ambiances » particulières, j’ai envie de vous parler de la série Chroniques d’une sorcière d’aujourd’hui. Dans les trois romans de cette série, on est bel et bien au XXIe siècle, dans un monde qui nous est connu mais où il règne une atmosphère qui laisse le lecteur frissonnant. Dans le premier tome, les jumeaux Isabelle et Max partent pour un voyage sac au dos à travers la Bretagne. Mais lorsqu’ils sont accueillis dans un beau et grand manoir, les choses commencent à se gâter. C’est à ce moment que le lecteur a envie d’allumer les lumières, de regarder derrière son épaule et même de jeter un petit regard en biais au chat de la maison, dont on n’est plus si certain qu’il se montrera câlin. Angèle Delaunois joue avec les mots et les manipule si bien que l’atmosphère devient, petit à petit, plus lourde, plus inquiétante et de plus en plus mystérieuse… Les deux autres tomes de la série, écrits avec la même finesse, valent à coup sûr le détour.

De son côté, Timothée de Fombelle crée tout un monde : celui du Grand Chêne, où les habitants des Cimes comme ceux des Basses-Branches ne mesurent que quelques millimètres. Ce monde, où les personnages peuvent se cacher dans les trous de l’écorce ou se retrouver suspendus à un bourgeon, n’a de cesse de nous émerveiller ! Certes, l’histoire est dure et le lecteur sera plus d’une fois inquiet pour le minuscule héros, mais l’univers créé par l’auteur est extraordinaire. S’il recèle bien des similitudes avec le nôtre, cet univers est aussi complètement unique. Tout est réussi dans Tobie Lolness, autant l’intrigue qui nous tient en haleine du début à la fin que la transposition d’une société complètement organisée dans un arbre, sans oublier la richesse des descriptions des lieux. Au fil de la lecture, on peut sentir l’humidité qui règne dans les Basses-Branches, la rugosité de l’écorce sous les pieds des personnages, la fraîcheur de la boue et le velouté des feuilles. Un univers magnifique qui changera à jamais notre façon de voir un arbre…

Autre livre, autre univers ; celui du Passeur, tout à fait particulier, a de quoi nous faire nous questionner. Tandis qu’on apprend à le connaître à travers la quête de Jonas, on découvre aussi tout le génie de l’auteure, qui se traduit justement dans la structure même de son récit, dans la manière dont elle dévoile ce monde petit à petit… Au départ, on ne peut s’empêcher d’admirer cette société qui éduque ses petits avec calme et douceur, qui organise le travail en considérant les habiletés de chacun, qui prend soin de ses aînés avec respect et amour, et qui ne laisse personne de côté. C’est un monde à la limite de la perfection, un monde dont on aurait pu rêver si on n’avait pas entrevu jusqu’où tout ce contrôle pouvait mener… Car avec une telle organisation, c’est la disparition du choix, la disparition du rêve, la disparition des émotions, la disparition de la liberté. Cet univers bouleversant habitera le lecteur très longtemps…

Enfin, bien que certains personnages des Fragmentés ont la possibilité de choisir, ce choix n’est pas toujours heureux pour eux. Dans un monde où les pro-vie et les pro-choix se sont fait la guerre et où ils en sont arrivés à une charte de la vie qui régit la société, les adolescents sont loin d’être rois. Rien de ce que je pourrais vous dire ne saurait mieux vous faire entrevoir le monde imaginé par Neal Shusterman que cet extrait :

« La Charte de la Vie stipule qu’il est interdit d’attenter à la vie d’un enfant, depuis le moment de sa conception jusqu’au jour de son treizième anniversaire. Néanmoins, tout parent peut décider d’interrompre la vie de son enfant entre l’âge de treize et dix-huit ans… à condition de ne pas y mettre techniquement fin. »

Si cet extrait vous a coupé le souffle, vous l’aurez à plusieurs autres reprises au cours de cette lecture…

* * *

Comme lectrice, j’éprouve une curiosité sans borne pour ces univers qui n’ont jamais été, qui n’existent plus, qui existent dans quelque ailleurs ou qui existeront peut-être ou peut-être pas. Et vous ?

Voyage au pays du Montnoir, t.1, Christiane Duchesne, Boréal, 352 p. 9782764605059
Chroniques d’une sorcière d’aujourd’hui, t.1, Angèle Delaunois, Michel Quintin, 222 p. 9782894354889
Tobie Lolness, t.1, Timothée De Fombelle, Gallimard jeunesse, 393 p. 9782070629459
Le passeur, Lois Lowry, L’école des loisirs, 288 p. 9782211021661
Les fragmentés, Neal Shusterman, Msk, 447 p. 9782702433911

 


2 septembre 2011  par Rhéa Dufresne

Pourquoi eux ? (Première partie)

En plein cœur de l’été, alors que je lisais un roman qui me laissait sur mon appétit, je me suis demandée où prenait racine mon intérêt lorsque je lis ? Pourquoi j’aime certains romans alors que d’autres me laissent de marbre ?

J’ai mis quelques jours à mettre mes idées en place et à trouver une réponse. Elle n’est pas parfaite, à vous de voir s’il en va de même de votre côté, mais à mon sens ça tient à trois choses : les personnages, l’atmosphère ou l’univers créé et l’histoire elle-même. L’idéal, bien sûr, c’est de retrouver tout ça dans le même livre, mais, en ce qui me concerne, ce n’est pas essentiel. Au contraire, j’ai très souvent usé d’un de ces prétextes pour poursuivre mes lectures…

Je vous propose une brève explication, en trois temps (et trois articles), de ma réflexion.

Qui sont ces personnages marquants ?

De toute évidence, pour moi, un héros est un personnage fort, plus grand que nature. Un héros pas du simple fait qu’il soit au centre de l’histoire mais plutôt parce qu’il se démarque de ceux connus jusqu’alors. Ce personnage rehausse l’intérêt d’une classique histoire d’amour, pimente une énième course-poursuite ou colore notre vision du quotidien. Il ne peut ressembler à l’enseignante, au petit voisin, à la copine ou au grand frère, il se doit d’être différent et surtout d’être vrai dans sa différence. Il n’est pas nécessairement un modèle à suivre, ne fait pas toujours les bons choix et n’est pas sans reproche mais il est unique, exceptionnel. Il est…

À la limite de la caricature, marginal et déjanté, comme Abel Francis Sandro héros de Mes idées folles. Jeune surdoué doublé d’un cynique revenu de tout qui devient psychiatre et qui fait preuve d’une lucidité déstabilisante laissant le lecteur abasourdi devant tant de constats à la fois drôles et pathétiques.

À la fois courageux, téméraire, débrouillard et attachant mais fait preuve d’une naïveté qui le désarme face aux contraintes de la vie en société. C’est le cas de Moon qui a grandi, isolé, en compagnie de son père dans la grande forêt de l’Alabama et qui doit, suite au décès de ce dernier, batailler pour sa liberté.

Elle est en avance sur son époque, désireuse de franchir les obstacles, de repousser les limites d’une société bien pensante, de briser des carcans et de sortir des sentiers battus pour vivre en accord avec sa personnalité. C’est le portrait de Sally Lockhart, l’héroïne de Philip Pullman, qui nourrit des ambitions bien différentes des jeunes filles du Londres de l’époque victorienne.

Elle a, comme la Stella de Marie-Louise Gay, sa propre vision du monde, des explications teintées de poésie, des réponses fantaisistes, une curiosité et une vivacité qui donne envie de partir à la découverte du monde qui nous entoure.

Enfin, comme j’aime bien le penser, puisque dans les romans comme dans les rêves, tout est possible, cet être d’exception peut aussi être un animal. Je pense à Tuffy, le sympathique mais bien prétentieux chat imaginé par Anne Fine. Un félin sans complexe quant à sa nature profonde qui raconte sa vie avec un ton toujours irrévérencieux autant envers ses « ennemis naturels » qu’envers ses maîtres qu’il a, visiblement, bien du mal à comprendre.

Des héros comme ça, on peut en rencontrer plusieurs au fil de nos lectures. Dans mon cas,  chaque fois que j’entrevois derrière un portrait, une péripétie ou un retournement de situation, l’ombre d’un grand personnage, l’étincelle s’allume et la lectrice est comblée.

Mes idées folles, Axl Cendres, Sarbacane
Alabama Moon, Watt Key, Bayard
La série Sally Lockhart, Philip Pullman, Gallimard jeunesse
Journal d’un chat assassin, Anne Fine, École des loisirs
La série Stella, Marie-Louise Gay, Dominique et compagnie

8 juillet 2011  par Rhéa Dufresne

Jour de pluie… jour d’écriture ?

Pour les jours de pluie ou simplement pour profiter du temps chaud pour développer sa créativité, voici quelques bouquins à glisser dans ses bagages… accompagnés d’un petit calepin !

Je ne cite que très rarement des auteurs, mais lorsque les dires de l’un de leurs personnages sont si pertinents, je me laisse tenter : « … l’atterrissage des illuminations et traits de génie sur le papier connaît pas mal de ratés… » Cette belle prémisse que Bruno Coppens écrit dans L’atelier des mots invite à l’essai, mais surtout à la persévérance.

En fait, L’atelier des mots présente les choses de manière très progressive, chaque chapitre présentant un type d’activités allant de la plus simple à la plus complexe ; aucun risque de rebuter les débutants. D’abord, il y a « Les jeux de mots », pour se délier la langue et se mettre en appétit. Ensuite, « Créons des mots » propose aux jeunes une série d’exercices pour apprivoiser les mots à partir des choses qui nous entourent, par exemple les sigles, les plaques minéralogiques, les adresses courriel, etc. Après les mots, « Créons des phrases » suggère de jouer avec les proverbes, les petites annonces ou les homophones. Puis suit la quatrième partie : « Créons des textes », pour enfin arriver à « Créons un livre ». Ce qui est particulièrement intéressant dans ce livre-atelier, c’est que chaque activité est décortiquée en plusieurs étapes afin que tout soit bien clair, et que les enfants puisse l’utiliser de manière tout à fait autonome.

Certainement la plus complexe, mais également la plus variée, La fabrique à histoires-atelier d’écriture, une petite boîte imaginée par Bernard Friot, offre aux utilisateurs une gamme de stimuli de toutes sortes qui doivent tous agir comme déclencheurs pour l’imaginaire du futur auteur. Le tout est réparti en plusieurs formats différents qui en rendent l’utilisation assez dynamique. On y trouve donc un jeu de cartes avec des noms, des pronoms et des verbes, trois longues ribambelles de papier qui présentent des débuts ou des fins d’histoires, un catalogue qui offre une galerie de personnages accompagnés de mises en scène, de questions ou de suggestions. Mais aussi, un « réservoir à réel » qui contient des cartes postales, des illustrations panoramiques et des photos d’identité, un carnet de pièces détachées avec des séquences à compléter et une réserve de textes qui révèle des passages de certaines histoires de Bernard Friot.

Enfin, quoique le tout soit fort stimulant, cela fait tout de même un joyeux mélange ; comme on pourrait facilement s’y perdre et ne plus savoir par quel bout commencer, l’auteur y a vu. Vous trouverez donc, dans cette boîte, un petit manuel intitulé Moteur à rédaction, qui explique aux jeunes comment utiliser le contenu de La fabrique à histoires. Chaque page suggère une activité, et un petit icône montre de quelle pièce exactement il faut s’inspirer. Bref, difficile d’expliquer le tout d’une façon compréhensible, et j’avoue même qu’au premier contact, l’ensemble peut sembler un peu rébarbatif parce que compliqué ; mais après plusieurs essais, je vous rassure, le tout est facile d’utilisation. Et puisque les enfants sont toujours un chouïa plus rapides que nous pour ce qui est des consignes, des icônes, des logos et de la manipulation de diverses pièces, une petite introduction suffira à démarrer la fabrique chez les petits comme les grands.

À vos crayons !

L’agenda de l’apprenti écrivain de Susie Morgenstern suggère une activité pour chaque jour de l’année : certaines, brèves, et d’autres, plus longues et approfondies, mais toujours invitantes. Il s’agit parfois de faire des listes, d’énumérer des souhaits, de travailler et retravailler une phrase, et parfois de tout simplement « se laisser aller ». De plus, sans tomber dans la moralisation ou la psycho-pop, certaines suggestions/questions poussent à la réflexion sur soi, sur le monde ou sur la vie. En effet, on peut y lire des questions comme « Quelles sont, dans la vie, les personnes qui vous donnent envie d’avancer ? », « Combien de temps pouvez-vous endurer le silence ? », ou encore « Pouvez-vous répondre à cette question : c’est quoi la vie ? ». Bien sûr d’autres suggestions sont plus légères et plus rigolotes (« Écrivez 10 phrases à la manière de Molière », « Répertoriez les 10 mots que vous dites le plus souvent » ou « À partir d’un slogan publicitaire, inventez une histoire rocambolesque ! »), mais toutes demandent un certain temps de réflexion sur soi, ce qui place cet agenda pas très loin du journal intime. De plus, l’écrivain en herbe est invité à écrire directement dans l’agenda qui pourra être précieusement conservé, et pourquoi pas réutilisé (à condition bien sûr d’écrire alors dans un second cahier). Ça ne manquerait pas d’intérêt de voir en quoi la même phrase peut initier différents écrits selon le moment, ce qui se passe dans la vie personnelle, familiale ou encore dans l’actualité.

Contrairement aux ouvrages précédents, le prochain livre s’adresse directement aux filles, son titre étant très révélateur : Le carnet secret de la fille futur(e) écrivain(e). Aussi, il se rapproche encore davantage du journal intime. Car d’une part, les suggestions d’écriture ont toutes une visée technique : améliorer le portrait d’un personnage, s’initier à la description d’une émotion ou se familiariser avec les dialogues ; mais d’autre part, la jeune fille est invitée à travailler et à écrire à partir de ses émotions, à s’accorder l’importance qu’elle mérite et surtout à gagner de la confiance en elle-même. Les thématiques choisies par l’auteure sont résolument adolescentes et un brin féminines : être amoureuse, se sentir super moche, se sentir trahie, se sentir incomprise en famille, etc. De plus, ce carnet est illustré dans un style proche de la bande dessinée, avec beaucoup d’humour et de dérision. Voilà un drôle de mélange, j’en conviens, mais jouer avec ce livre peut tout de même être relativement intéressant, et il offre une alternative au traditionnel journal intime.

Ne reste plus qu’à identifier un futur auteur dans votre entourage et à lui offrir l’occasion de développer ses talents !

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L’atelier des mots, Bruno Coppens, ill. de Pascal Lemaître, Casterman, coll. « Références », 128 p.
La fabrique à histoires, Bernard Friot, ill. de Violaine Leroy, Milan jeunesse.
L’agenda de l’apprenti écrivain, Susie Morgenstern, ill. de Theresa Bronn, La Martinière jeunesse, 384 p.
Le carnet secret de la fille futur(e) écrivain(e) : L’émotimots, Sylvaine Jaoui, ill. de Lynda Corraza, Oskar, 127 p.

 



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