Le Délivré

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23 décembre 2011  par Rhéa Dufresne

Noël à dix plus deux !

Qu’on soit amoureux de Noël ou non, c’est pour bientôt et on n’y échappera pas ! Alors autant le passer en bonne compagnie et avoir sous la main tout ce qu’il faut pour les petits moments de détente. Voilà dans un joyeux désordre les albums aux paysages enneigés et aux personnages colorés qui me font sourire béatement ou franchement rigoler, année après année.

D’abord, Joyeux Noël, Splat ! Dans cette troisième aventure du mignon chaton, les enfants retrouvent un Splat qui doute tout à coup (lire : après les sous-entendus de sa petite sœur) d’avoir été suffisamment sage pour mériter des cadeaux. Qu’à cela ne tienne (puisqu’il n’est jamais trop tard pour bien faire), le petit félin se porte volontaire pour aider maman à préparer Noël : lavage de vaisselle, décoration du sapin, ramassage de la neige – tout y passe. Est-ce que ça suffira à convaincre le Père Noël ? C’est ce que Splat est impatient de savoir !

Décidément, quand les petits décident d’aider les plus grands, on peut s’attendre à tout, et le même scénario se répète dans Olivia prépare Noël. Pleine de bonne volonté, la petite cochonnette souhaite faire sa part. Il faut la voir complètement emmêlée dans la guirlande électrique, mettre la table pour le réveillon et surtout se débrouiller pour trouver un centre de table extraordinaire. Cet album agrémenté de quelques pages à déplier (qui nous réserve de belles surprises) possède une mise en page si dynamique qu’on a tout de suite envie de se mettre aux préparatifs ; l’enthousiasme est contagieux !

Autres retrouvailles : voilà Rita et Machin ! Quel plaisir de revoir les petits bouilles sympathiques de cette fillette et de son incomparable chien dans le contexte des Fêtes. L’univers visuel d’Olivier Tallec apporte un petit côté apaisant à ces moments qu’on a l’habitude de voir illustrés avec une foule de couleurs et une tonne de détails. Le trait à la fois léger et assuré d’Olivier Tallec se marie à merveille avec le ton rempli d’humour et de fantaisie de Jean-Philippe Arrou-Vignod. Un pur moment de bonheur à partager collé bien serré.

Parce que le temps des Fêtes en est un de tradition, voici deux classiques à glisser dans sa bibliothèque. D’abord, Un chant de noël, de Lucie Papineau et Stéphane Poulin, bien sûr inspiré de la célèbre histoire de Charles Dickens, est tout bonnement magnifique. Le texte abrégé est parfaitement adapté aux petits, qui n’auront aucun mal à suivre l’histoire. De plus, Lucie Papineau a eu la bonne idée de mettre en scène des animaux, ce qui apporte une touche de fantaisie supplémentaire à ce texte déjà fort magique. Quant aux illustrations, difficile de décrire un tel travail ; chaque page est un tableau en soi d’où se dégage un charme d’époque qui nous met tout de suite dans le ton.

Ensuite, tout juste débarquée dans nos librairies, une toute nouvelle version de Michka, ce conte de Marie Colmont qui fait partie de l’imaginaire de plusieurs d’entre nous, cette fois-ci illustré par le décidément prolifique Olivier Tallec. À travers cet album aux illustrations tendres et douces, nous pouvons suivre l’adorable petit ours en peluche dans son exploration de la forêt, alors qu’il fuit la maison de sa vilaine petite propriétaire, beaucoup trop gâtée et capricieuse pour mériter des jouets tels que lui ! Ici, quelques phrases un chouïa tarabiscotées, des verbes au passé simple, et le rythme et la résonance des contes d’autrefois. Et après cette lecture, pourquoi ne pas s’amuser au jeu de la comparaison avec la version originale ?

Pour les plus vieux qui n’osent avouer qu’ils adorent qu’on leur fasse la lecture, mais qui tournent discrètement autour des albums lorsque vous les lisez, voici deux suggestions qui ne risquent pas de chatouiller l’orgueil de ces grands enfants. La mystérieuse nuit de Noël de Clément C. Moore et Niroot Puttapipat, un album animé, est illustré sur le modèle des ombres chinoises : tout est de noir sur fond crème, avec quelques pointes de rouge et de vert pour illuminer l’ensemble. On sent bien, à voir le décor et à lire le récit raconté par le père de famille, qu’il s’agit d’un Noël d’époque. Les auteurs ont bien réussi leur pari de faire un livre à la fois sobre et riche, d’où émane tout le merveilleux qui habite ce moment de l’année.

Si je vous dis que l’auteur du Seigneur des anneaux a longtemps joué au Père Noël, est-ce que je pique votre curiosité ? Christian Bourgeois éditeur a eu la merveilleuse idée de publier l’ensemble des lettres issues d’une longue correspondance entre les enfants du célèbre auteur et le Père Noël, qui n’était alors nul autre que Tolkien lui-même. Ce livre, agrémenté des dessins du « Père Noël », contient les versions originales et les traductions des lettres écrites par le sympathique homme en rouge, mais également celles de l’ours polaire et de son elfe secrétaire qui se sont joints à lui au fil du temps. De beaux moments de lecture où on se retrouve complètement immergé dans l’univers du Père Noël grâce à l’imagination débordante de Tolkien.

Parce que Noël n’a pas à faire l’économie d’un brin d’ironie, Panique à Noël ! et Le festin de Noël ont aussi leur place dans cette sélection. Pour Panique à Noël !, tout est dans la relation texte / image. Au fil de cet album, un petit cochon tient un discours tout à fait positif à propos de cette période enchantée, mais lorsque nos yeux glissent sur les illustrations, on voit bien que tout n’est pas si simple et qu’il y a parfois un petit grain dans l’engrenage ! D’entrée de jeu, on peut d’ailleurs lire « on profite du temps qu’il nous reste pour préparer tranquillement la fête » alors que le petit cochon court dans tous les sens en se rongeant les ongles. Un peu plus loin, on peut voir une foule de personnages à la mine énervée, fatiguée, stressée ou carrément renfrognée… Bref, un regard sur Noël et nos habitudes qui ne manque pas de mordant.

Le festin de Noël possède quant à lui juste ce qu’il faut de malice pour provoquer de petits sourires en coin. En volant la plus belle dinde du poulailler, Renard pensait faire une bonne affaire, mais c’était sans compter sur l’intelligence et la ruse de ladite volaille… Une fois arrivée au terrier, Dinde prend les choses en mains et commence à régenter toute la maisonnée, au grand dam de Renard, Loup et Belette. Toutefois, après quelques grincements de dents et maintes découvertes partagées, les trois compères se révèlent comblés et ont bien du mal à envisager de croquer leur nouvelle amie ! Mais dame Dinde ne manque pas d’idées, et l’honneur de chacun sera sauf.

Si les traditions ont leur place en cette saison, les nouveautés aussi, surtout si elles apportent une petite touche de mystère. Le mystère Ferdinand débute comme un conte de notre enfance : un pauvre orphelin et sa vieille grand-mère quittent leur triste ville pour trouver mieux. S’ensuit alors pour eux deux une nouvelle vie dans la montagne, où ils font la connaissance de Ferdinand, qui a la carrure d’un géant tout en étant d’une gentillesse sans bornes. Toutefois, avec l’arrivée de l’hiver, Ferdinand change d’attitude, et Martin et sa grand-mère se posent de plus en plus de questions… Mais qui est vraiment Ferdinand ? À vous de le découvrir !

Enfin, puisque c’est Noël, rien n’est trop beau, et voici un petit extra : les deux incontournables de mes mousses adorés ! Pour Marion, c’est Noël à la ferme, avec sa multitude de rabats qu’on soulève année après année, toujours avec le même plaisir. Pour Félix, c’est Le sapin de monsieur Jacobi, pour la musicalité et le rythme de la répétition, et la curiosité de voir le sapin passer d’un intérieur à l’autre au grand bonheur de tous.

Bonnes lectures et joyeuses fêtes !

* * *

Joyeux Noël, Splat !, Rob Scotton, 2010, Nathan, 9782092527719*
Le Noël de Rita et Machin, Jean-Philippe Arrou-Vignod, ill. d’Olivier Tallec, 2006, Gallimard jeunesse, 9782070574797*
Olivia prépare Noël, Ian Falconer, 2008, Seuil jeunesse, 9782020981781*
Un chant de Noël, Lucie Papineau, ill. de Stéphane Poulin, 2005, Dominique et compagnie, 9782895124795*
Michka, Marie Colmont, ill. d’Olivier Tallec, 2011, Père Castor, 9782081248069*
La mystérieuse nuit de Noël, Clément C. Moore, ill. de Niroot Puttapipat, 2007, Milan jeunesse, 9782745928603*
Lettres du Père Noël, J.R.R. Tolkien, 2004, Christian Bourgeois éditeur, 9782267016970*
Panique à Noël !, Jörg Mühle, 2009, Milan jeunesse, 9782745940124*
Le festin de Noël, Nathalie Dargent, ill. de Magali Le Huche, 2008, P’tit Glénat, 9782723462884*
Le mystère Ferdinand, Mim, ill. de Rémi Courgeon, 2011, Milan, 9782745955593*
Noël à la ferme, Heather Amery, ill. de Stephen Cartwright, 2000, Usborne, 9781409514879*
Le sapin de monsieur Jacobi, Robert Barry, 2002, Gallimard jeunesse, 9782070547975*

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18 novembre 2011  par Rhéa Dufresne

Pourquoi eux ? Encore !

En posant les yeux sur ce qui traîne sur (et sous et à côté de) ma table de chevet, une question a refait surface : pourquoi eux? Eh oui, la même question que pour mes trois articles précédents. Je me répète direz-vous? Un peu, mais il faut que je précise que ces temps-ci, ce sont des albums qui occupent tout l’espace disponible. Ça m’a donné envie d’approfondir la question sous cet angle; qu’est-ce qui fait que je choisis un album plutôt qu’un autre? Pourquoi celui-ci se retrouve-t-il dans mon salon alors que l’autre reste dans les rayons?

Dans certains cas, c’est assurément le format qui joue le rôle d’appât. Quand mes yeux glissent sur les livres qui occupent le cube des nouveautés (et ils sont nombreux), un format particulier oblige l’œil à se poser quelques secondes de plus, souvent suffisantes pour voir la main se tendre et faire plus ample connaissance. C’est exactement ce qui est arrivé avec le majestueux Monsieur. Comment passer à côté d’un matou si imposant? Impossible! Une fois ce tout carton géant en main et la lecture commencée, le ton ironique et le jeu entre texte et illustrations fera tout le boulot, me voilà conquise. La même chose s’est produite avec Petite vie deviendra grande qui, en format à l’italienne de 40 cm X 17 cm, dépassait visiblement du rayonnage. Un truc aussi grand, c’est intriguant et une fois entrouvert, la poésie des mots de l’auteure, qui fait défiler devant nous toute une vie, nous tient bien prisonnier.

Pour d’autres livres, c’est le style. Et le style peut parfois être porteur de nostalgie, il peut générer des souvenirs et imposer un examen approfondi. Ce fût le cas pour Je suis un lapin. Cet album de Richard Scarry, tout droit sorti de mon enfance a tout de suite attirer mon attention. Bien sûr, Richard Scarry a fait partie des jeunes années de plusieurs d’entre nous (enfin je l’espère!) et être interpellé de nouveau par ces sympathiques animaux au réalisme magique est tout naturel. De plus, le style un brin rétro semble être à l’honneur ces temps-ci. Je pense également au magnifique Inventaire illustré de la mer. Tout dans cet album rappelle un style d’un autre temps, celui où les naturalistes peignaient à l’aquarelle et décrivaient minutieusement chaque bestiole observée. Voilà un petit retour aux sources fort agréable.

Quoi d’autre? Eh bien, l’originalité. Au printemps dernier, deux titres des éditions MeMo ont su capter mon intérêt par leur aspect « cahier d’écolier ». Par la texture du papier, le format et la reliure cousue (eh oui, vous avez bien lu: cousue!), Drôle d’oiseau et Les rêves de Milo évoquent vraiment le cahier d’élève. Comparés aux les livres à couvertures rigides et aux reliures avec dos, ces deux spécimens se démarquent. Par la suite, l’originalité et la fantaisie du contenu et la qualité de l’ensemble suffisent.

À travers la multitude de couleurs qui compose l’étalage du libraire, une couverture plus sobre se fait immédiatement remarquer. C’est le cas de l’Abécédaire de Pascale Estellon publié par Les grandes personnes. Une couverture entièrement blanche, le mot abécédaire écrit en transparence, avec une minuscule fourmi et un crayon comme seule touche de couleur. Pour ce premier contact, tout est dans la sobriété, mais quelle surprise une fois déplié ce superbe livre accordéon. C’est plein de couleurs et de vie. Chez le même éditeur, L’imagier des saisons de Pittau et Gervais m’a fait le même effet. On y trouve de la couleur, mais chacune des sept illustrations qui composent la page couverture semble minimaliste, avec juste ce qu’il faut de détails, sans surcharge. Pas de mélange de couleur, rien de cliquant ou d’agressif pour l’œil, tout y est ordonné et équilibré; il s’en dégage une impression de calme et de sérénité.  Deux petits bijoux pour les petits curieux.

Mes deux derniers critères sont plutôt personnels, mais le choix d’un livre l’est de toute façon alors… Lorsque je balaie des yeux le cube des nouveautés, la lectrice que je suis reconnaît quasi immédiatement un personnage aimé et je suis convaincue de ne pas être la seule. Je sais, ça manque d’objectivité comme critère de sélection, mais ça explique la présence de plusieurs titres sur ma table de chevet. Parmi ceux-ci Le bison de Catharina Valckx. Lorsque j’ai reconnu le sympathique petit hamster cow-boy, accompagné de Jean-Claude le ver de terre qui ne manque pas de réparti, j’ai craqué. Complètement séduite par Haut les pattes, il me fallait absolument découvrir cette nouvelle aventure. Il faut voir tout le mal que se donne Billy pour prouver à son père qu’il peut « capturer », au lasso s.v.p., un énorme bison. C’est plein d’humour! Bref, un critère subjectif, mais qui a du poids. Et pour être honnête, c’est exactement la même chose pour un auteur ou un illustrateur aimé. L’arrivée de leur dernier-né sur les rayons provoque instantanément ma curiosité.

Enfin, dernier critère, aussi peu objectif que le précédent, mais tout aussi valable tant pour mes copines lectrices que pour moi (et j’ai vérifié!), c’est l’intérêt pour le sujet. Pour ma part, je ne peux résister à un album jeunesse avec un phare en couverture. À la vue de Qu’est-ce que tu vois? et d’Un océan dans les yeux, c’était plus fort que moi, il me fallait absolument les saisir et les feuilleter. Bien sûr, cette réaction spontanée est hors du contrôle des éditeurs et les livres ne peuvent changer de couverture au gré des clients, mais les intérêts personnels, pour plusieurs, pour ne pas dire pour tous, influencent définitivement les lectures.


Avis aux intéressés, donc : varier la forme et le style s’avère aussi important que l’originalité du contenu pour capter l’attention du lecteur. Eh oui, je sais, il ne faut pas juger un livre à sa couverture, mais à cela je répondrai: n’est-ce pas là le premier contact du lecteur avec l’objet?

***

Pour commander Monsieur, Marie-Ange Guillaume, ill. d’Henri Galeron, Les grandes personnes, 18 p., 9782361931131.
Pour commander Petite vie deviendra grande, Aurélie Romain, ill. de Stéphanie Vander Meiren, Alice jeunesse, 24 p., 9782874260902.
Pour commander Je suis un lapin, Richard Scarry, Albin Michel jeunesse, 24 p., 9782226218346.
Pour commander Inventaire illustré de la mer, Virginie Aladjidi, ill. d’Emmanuelle Tchoukriel, Albin Michel jeunesse, 55 planches, 9782226220172.
Pour commander Drôle d’oiseau, Jennifer Yerkes, MeMo, 40 p., 9782352890997.
Pour commander Les rêves de Milo, Séverin Millet, MeMo, 36 p., 9782352890980.
Pour commander Abécédaire, Pascale Estellon, Les grandes personnes, 52 p. (en accordéon), 9782361930950.
Pour commander Imagier des saisons, Gervais et Pittau, Les grandes personnes, 52 p., 9782361930462.
Pour commander Le bison, Catharina Valckx, L’école des loisirs, 24 p., 9782211208048.
Pour commander Qu’est-ce que tu vois ?, Stéphane Sénégas, Kaléidoscope, 36 p., 9782877677059.
Pour commander Un océan dans les yeux, Thierry Dedieu, Seuil jeunesse, 30 p., 9782021041903.


2 novembre 2011  par Rhéa Dufresne

Pourquoi eux ? (Troisième partie)

Enfin, après vous avoir parlé des personnages et des univers, pour cette troisième et dernière partie, je vous parle des histoires. Simple, direz-vous, mais, oui, parfois il ne faut pas chercher plus loin et aller droit au but.

Ainsi, certains auteurs m’ont charmé parce qu’ils ont su inventer une histoire originale, une histoire que je n’ai pas déjà lue cent fois dans une version ou dans une autre, une histoire singulière. Une histoire qui plaît simplement pour ce qu’elle raconte, pour le mariage réussi entre les personnages, leurs désirs, leurs actions et leur univers. En voici quelques-unes…

Que vivent-ils ?

D’abord, la petite Babette d’Andrée Poulin. Comment ne pas être charmé par cette fillette qui ne peut faire partie du club des princesses formé par ses copines uniquement parce qu’elle a les cheveux courts ? Il faut lire ce mini-roman juste pour voir les trésors d’ingéniosité que Babette mettra en œuvre pour « aider » ses cheveux à pousser un peu plus vite…

Des princesses et des histoires d’exclusion, on en a lu plusieurs, mais des princesses exclues pour cause de coiffure, faut voir !

Avec sa série Samuel, Hubert Ben Kemoun n’est pas en reste : pour chacune de ces aventures, il a su créer une intrigue fantastique qui réjouira les lecteurs. Ici, on côtoie des personnages maléfiques, des graines magiques, des saisons qui déraillent, des jeux qui tournent à la catastrophe, des pièces d’échecs qui prennent vie… Bref, une foule de péripéties que le lecteur aimera vivre en compagnie du jeune héros.

Kamo quant à lui évolue dans une histoire tout à fait sympathique narré par son meilleur ami. Daniel Pennac a eu la brillante idée de faire se rencontrer un adolescent parisien et la jeune héroïne des Hauts de Hurlevent, conséquence d’un pari tenu entre Kamo et sa mère. En plus de suivre le quotidien du héros, le lecteur aura l’occasion de jouer les indiscrets en lisant la correspondance des deux protagonistes, qui ne manque pas de verve ! Tout est réuni dans cette histoire pour piquer notre curiosité et nous faire sourire à de nombreuses reprises.

De nombreux auteurs ont choisi de mettre en scène des personnages de la mafia ; Gordon Korman a également suivi cette voie, mais à sa manière… Mon père est un parrain raconte l’histoire de Vince, qui veut tout sauf suivre la voie de sa famille. Toutefois, ne sort pas de la mafia qui veut, et quand le père et le grand frère sans mêlent, il est bien difficile d’avoir une vie normale. Coincé malgré lui dans cette vie dont il ne veut pas, le héros de cette histoire poussera l’audace jusqu’à tomber amoureux de la progéniture d’un digne représentant du FBI, ce qui signifie évidemment beaucoup de problèmes en perspective et un avenir un brin compliqué !

Pour finir, une histoire tout en douceur et en tendresse : celle de Michael au Royaume de Kensuké. Lorsqu’il entreprend son tour du monde en voilier accompagné de ses parents et de sa chienne Stella Artois, Michael est loin de se douter qu’il va vivre l’aventure de sa vie et ira à la rencontre d’un personnage unique, Kensuké, qui habite seul sur son île depuis la fin de la guerre qui a détruit Hiroshima (et sa famille). Mais lorsque l’adolescent échoue chez-lui, Kensuké n’est pas certain de vouloir de cette nouvelle compagnie… Toutefois, la vie forçant parfois les rencontres, les deux héros partageront finalement un bout de chemin. L’adolescent récoltera, outre une aventure palpitante, une part d’humanité pour faire face à un monde qui en est parfois trop dépourvu. Une histoire qui habitera le lecteur longtemps après qu’il ait tourné la dernière page…

À vous de lire maintenant… et de nous dire pourquoi vous les aimez !

* * *

Pour commander Les petites couettes de Babette, Andrée Poulin, ill. d’Anne Villeneuve, Québec Amérique jeunesse, coll. « Bilbo », 78 p., 9782764404621.
Pour commander Samuel : Terriblement vert !, Hubert Ben Kemoun, ill. de François Roca, Nathan jeunesse, coll. « Premiers romans », 42 p., 9782092535004.
Pour commander Kamo, L’agence Babel, Daniel Pennac, ill. de Jean-Philippe Chabot, Gallimard-jeunesse, coll. « Folio junior », 88 p., 9782070612734.
Pour commander Mon père est un parrain, Gordon Korman, Gallimard-jeunesse, 268 p., 9782070558889.
Pour commander Le royaume de Kensuké, Michael Morpurgo, ill. de François Place, Gallimard-jeunesse, coll. « Folio junior », 155 p., 9782070544974.



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