Le Délivré

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14 mai 2012  par Le délivré

Questionnaire d’auteur : Marion Arbona

Objet : un questionnaire d’auteur, quelque part entre ceux de Proust et de Pivot. Contenu : une quarantaine de questions, générales ou indiscrètes. Consigne : choisissez-en une dizaine, celles qui vous interpellent. Notre invitée littérature jeunesse pour mai : Marion Arbona.

Comment êtes-vous devenu lectrice ?

En regardant les images !

Mes parents sont de grands lecteurs, ils m’ont toujours acheté des livres, raconté des histoires (surtout de sorcières, mes préférées). Même si j’ai eu ma période de refus de la lecture, j’y suis revenue peu à peu parce que je baignais dedans.

Enfant, que lisiez-vous ?

Je me souviens avoir eu une grosse période roman policier : Agatha Christie, les Arsène Lupin, les Sherlock Holmes. J’ai aussi adoré Roald Dahl, Tomi Ungerer.

Quel est le dernier livre que vous avez lu ?

J’ai fini il y a peu le dernier Fred Vargas, et là je suis en train de lire Tout est illuminé de Jonathan Safran Foer. Malheureusement, je travaille beaucoup en ce moment alors je ne peux pas lire autant que je l’aimerais !

Comment êtes-vous devenu illustratrice ?

Par pur hasard. J’ai étudié en cinéma d’animation et je suis venue au Québec dans l’idée de travailler pour l’ONF. Je voulais absolument travailler dans une équipe, j’étais persuadée que jamais je ne pourrais assumer, seule, des projets dans mon coin. Et puis comme je ne savais pas trop quoi faire pour travailler à l’ONF,  j’ai envoyé des portfolios à des maisons d’édition, comme ça, au cas où. Une d’entre elles m’a répondu (Dominique et Cie), puis j’ai fait un livre, puis deux, et maintenant j’adore ça être seule dans mon coin, je ne me vois plus vraiment faire autre chose.

Pourquoi êtes-vous illustratrice ?

Je ne sais pas faire grand chose d’autre, je crois. Et je dois avouer que dessiner m’apaise beaucoup. Je suis d’un naturel angoissé, et souvent je pense trop… Or, quand je dessine, je suis concentrée, je me raconte des histoires avec les personnages que je dessine, et donc pendant ce temps, je suis bien, j’ai la tête vide, c’est ce qu’il me faut !!

Comment vous exprimeriez-vous, si vous n’étiez pas illustratrice ?

Je crois que je somatiserais pas mal, donc je m’exprimerais en maladies. Souvent je me dis que si un jour je n’étais plus capable dessiner, je serais complètement folle et hirsute, errant dans les rues en chemise de nuit !

Quels objets, livres ou pièces musicales vous accompagnent en période de création ?

J’aime beaucoup écouter la radio. J’aime entendre parler : la voix me tient compagnie. Je n’écoute pas vraiment, mais le son m’aide à la concentration et, mine de rien, j’apprends beaucoup de choses malgré moi.

Avez-vous un lieu privilégié pour créer ?

Je dessine dans mon atelier, mais, les idées, je les ai dans mon lit ! C’est souvent juste avant de m’endormir que je les trouve et je m’endors euphorique parce que je pense avoir eu des idées du tonnerre. Souvent, le lendemain matin, je ne les trouve plus terribles.

Comment choisissez-vous votre style d’illustration ?

J’aime beaucoup changer de technique. Je ne pense pas encore avoir trouvé « mon style », alors j’essaie, je teste. Mais c’est le texte que je dois illustrer qui me guide. Parfois l’histoire induit une atmosphère, une ambiance et donc la technique s’impose d’elle même. Je ne dessinerai pas de la même manière un conte de fée classique, un livre drôle et un livre traitant de  la guerre.

Quelles sont vos principales influences ?

C’est dur de définir exactement ce qui m’influence. Nous sommes tellement bombardés d’images ! Mais, par contre, je peux vous dire les peintres et illustrateurs que j’adore : Bosch, Bruegel, Goya, Rébecca Dautremer, Turkowski, Sempé, Dave McKean, Edward Gorey… J’aime beaucoup l’art contemporain aussi… J’aime regarder les gens dans le métro et dire des bêtises avec des amis, pas mal d’idées en émergent souvent.

Quel regard posez-vous aujourd’hui sur vos premiers livres ?

Quand on m’en sort un,  j’ai envie de crier au secours !! Il y a seulement quatre ans que je fais de l’illustration, alors je manque de recul. Dans quelques années, j’imagine que j’aurai de la tendresse pour eux ; pour l’instant, ils calent plutôt les meubles chez moi.

Y a-t-il un de vos livres que vous recommenceriez ? Pourquoi ?

Je crois que  j’ai envie de recommencer tous ceux qui ont plus de six mois. Je suis toujours  un peu déçue de mes livres, je me dis que c’est le prochain qui sera réussi, que ce sera enfin lui mon chef-d’œuvre. Et puis finalement, non.

Qu’est-ce qui vous préoccupe au quotidien ?

Le quotidien… Je crois que je vous ai déjà dit que j’étais angoissée, non ?

Que rêviez-vous de faire, enfant ?

Je voulais être « fabriqueuse » de gadgets. Surtout des gadgets en pâte à modeler.

Y a-t-il une citation qui vous interpelle ?

« Être dans le vent est une ambition de feuille morte. » C’est d’Oscar Wilde.

* * *

Bibliographie sélective
Abécédaire des monstres, texte de Maude Bonenfant, 2012, Les heures bleues, 64 p., 9782922265859*
Arachnéa, texte de Rhéa Dufresne, 2012, L’Isatis, coll. « Argo », 24 p., 9782923234809*
La petite fille et les loups, texte de Gilles Tibo, 2011, Dominique et compagnie, 32 p., 9782896860098*
La petite fille à la jambe de bois, texte d’Hélène Castelle, 2010, Les 400 coups, 32 p., 9782895404828*
Alex et Mauve : La tortue, texte de Célyne Fortin, 2010, Les heures bleues, 48 p., 9782922265712*
Pied-de-Puce, texte de Sylvie Nicolas, 2009, Trampoline, coll. « Trouvailles », 32 p., 9782923521046*

Le site de l’illustratrice


7 mai 2012  par Le délivré

Meilleures ventes : avril 2012

Comme à chaque début de mois, la Librairie Monet vous présente son palmarès des ventes au détail, soit sept différents « Top 10 » vous donnant les meilleures ventes selon nos différentes sections. Ce palmarès offre un complément intéressant au palmarès Gaspard-Le Devoir, qui reflète les ventes réelles de livres au Québec ; en effet, le lecteur peut comparer les deux à profit, question de voir les particularités de la clientèle de la Librairie Monet, et peut-être déceler un « effet-libraire » ou un effet des activités culturelles de la librairie sur les ventes. C’est donc un rendez-vous, chaque lundi précédant nos retours sur les parutions du mois.

VENTES GÉNÉRALES

1. Hunger Games I, Suzanne Collins, Pocket-Jeunesse. 9782266182690*
2. L’Anglais, Denise Bombardier, Boréal. 9782221108130* (litt. québécoise)
3. C’était au temps des mammouths laineux, Serge Bouchard, Boréal.  9782764621103* (essai québécois)
4. Les mondes de Thorgal – Kriss de Valnor, t.2 : La sentence des walkyries, De Vita et Sente, Lombard. 9782803628216* (bande dessinée)
5. Il pleuvait des oiseaux, Jocelyne Saucier, XYZ. 9782892616040* (roman québécois)
6. Hunger Games III, Suzanne Collins, Pocket-Jeunesse. 9782266182713*
7. 7 ans après, Guillaume Musso, XO. 9782845635234* (litt. étrangère)
8. Hunger Games II, Suzanne Collins, Pocket-Jeunesse. 9782266182706*
L’héritage, t.4, Christopher Paolini, Bayard. 9782747028554* (jeunesse)
Chroniques de Jérusalem, Guy Delisle, Delcourt. 9782756025698* (bande dessinée)

LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE

1. L’Anglais, Denise Bombardier, Boréal. 9782221108130*
2. C’était au temps des mammouths laineux, Serge Bouchard, Boréal. 9782764621103*
3. Il pleuvait des oiseaux, Jocelyne Saucier, XYZ. 9782892616040*
4. Volte-face et malaises, Rafaëlle Germain, Libre expression. 9782764805190*
Mémoires d’un quartier, t. 11 : Bernadette, Louise Tremblay-d’Essiambre, Guy St-Jean. 9782894554838*
6. Lit double, Janette Bertrand, Libre expression. 9782764805817*
7. Au bord de la rivière, t.3 : Xavier, Michel David, Hurtubise. 9782896478804*
Les portes du passé, Marie-Bernadette Dupuy, JCL. 9782894314609 *
9. Griffintown, Marie-Hélène Poitras, Alto. 9782896940028*
L’inaveu, Richard Ste-Marie, Alire. 9782896150793*

LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE

1. 7 ans après, Guillaume Musso, XO. 9782845635234*
2. Journal d’un corps, Daniel Pennac, Gallimard.  9782070124855*
3. Hôtel Adlon, Philip Kerr, Le Masque.  9782702434949*
4. Les milles automnes de Jacob de Zoet, David Mitchell, Alto.  9782896940004*
5. Voile rouge, Patricia Cornwell, Flammarion-Québec. 9782890774254*
Le poids des mensonges, Patricia McDonald, Albin Michel. 9782226239945*
7. L’accordeur de silences, Mia Couto, Métaillié.  9782864248392*
8. Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan, Lattès. 9782709635790*
9. Vie animale, Justin Torres, l’Olivier. 9782879298207*
10. Les anges de New York, R. J. Ellory, Sonatine. 9782355841101*

POCHE

1. Les anonymes, R.J. Ellory, LGF. 9782253157113*
2. La chute des géants, Ken Follett, LGF.  9782253125952*
3. L’homme inquiet, Henning Mankell, Seuil/Points.  9782757825099*
4. La petite fille de ses rêves, Donna Leon, Points/Seuil. 9782757826492*
5. La délicatesse, David Foenkinos, Gallimard/Folio.  9782070440252*
6. La carte et le territoire, Michel Houellebecq, J’ai Lu. 9782290032039*
7. La trilogie berlinoise, Philip Kerr, LGF. 9782253116813*
8. Le scandale Modigliani, Ken Follett, LGF. 9782253159735*
9. Une douce flamme, Philip Kerr, LGF. 9782253161318*
10. Les vieilles, Pascale Gautier, Folio/Gallimard. 9782070443338*

ESSAIS ET DOCUMENTS

1. Vigneault, un pays intérieur, Pierre Maisonneuve, Novalis. 9782896462728*
2. Destruction massive : Géopolitique de la faim, Jean Ziegler, Seuil. 9782021060560*
3. Carnet d’une flâneuse à New-York, Esther Bégin, La Presse. 9782897050412*
4. Méditer jour après jour, Christophe André, L’iconoclaste. 9782913366374*
5. L’atelier Daniel Vézina, Daniel Vézina, La Presse. 9782897050443*
L’empire de l’illusion, Chris Hedges, Lux. 9782895961321*
7. Desmarais, la dépossession tranquille, Richard Le Hir,  Michel Brûlé. 9782894855430*
Les taupes frénétiques, Jean-Jacques Pelletier, Hurtubise. 9782896478842*
9. L’ordre libertaire : La vie philosophique d’Albert Camus, Michel Onfray, Flammarion. 9782081264410*
10. Comment mettre la droite K.O., Jean-François Lisée, Stanké. 9782760410985*

BANDES DESSINÉES

1. Les mondes de Thorgal – Kriss de Valnor, t.2 : La sentence des walkyries, De Vita et Sente, Le Lombard. 9782803628216*
2. Chroniques de Jérusalem, Guy Delisle, Delcourt. 9782756025698*
3. Les druides, t.6 : Crépuscule, Lamontagne/Istin/Jigourel, Soleil. 9782302018365*
4. Ab irato, t.2 : Descente aux enfers, Thierry Labrosse, Vents d’Ouest. 9782749306322*
5. Cixi de Troy, t.3 : Le secret de Cixi – 3e partie, Floch/Vatine/Arleston, Soleil. 9782302018716*
6. Le tueur, t.10 : Le cœur à l’ouvrage, Jacamon/Matz, Casterman. 9782203031791*
7. Airborne 44, t.4 : Destins croisés, Philippe Jarbinet, Casterman. 9782203037076*
8. Pilote à l’Edelweiss, t.1 : Valentine, Hugault/Yann, Paquet. 9782888904199*
Red Ketchup, t.4 : Le couteau aztèque, Godbout/Fournier, La Pastèque. 9782923841137*
Les légendaires, t.14 : L’héritage du mal, Patrick Sobral, Delcourt. 9782756023427*

LITTÉRATURE JEUNESSE

1. Hunger Games I, Suzanne Collins, Pocket-Jeunesse. 9782266182690*
2. Hunger Games III, Suzanne Collins, Pocket-Jeunesse. 9782266182713*
3. Hunger Games II, Suzanne Collins, Pocket-Jeunesse. 9782266182706*
4. L’héritage, t.4, Christopher Paolini, Bayard. 9782747028554*
5. Amos Daragon – Le sanctuaire des braves, t. 2, Bryan Perro, Perro. 9782923995021*
6. Le journal d’Alice, t.5 : La saison du citrobulles, S. Louis/C. Battuz, Dominique & Compagnie. 9782896861477*
La vie compliquée de Léa Olivier, t.2 : Rumeurs, Catherine Girard-Audet, Les malins. 9782896571505*
Sorcière, t.10 : Investigateur, Cate Tiernan, ADA. 9782896675258*
9. Titanic : Catastrophe en mer, Philip Wilkinson, Broquet. 9782896542291*
10. Le blogue de Namasté, t.11 : La vérité, toute la vérité !, Maxime Roussy, La Semaine. 9782897030377*

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4 mai 2012  par Le délivré

Plus ça change…

L’actualité québécoise paraît ces temps-ci être un lointain écho, quoique cynique, d’une scène d’Olympe de Gouges de Catel et José-Louis Bocquet (Casterman, 9782203031777), paru il y a quelques jours…


9 avril 2012  par Le délivré

Meilleures ventes : mars 2012

Nouveauté sur Le Délivré ! À chaque début de mois paraîtra désormais le palmarès des meilleures ventes au détail de la Librairie Monet. Sept différents « Top 10 » le composeront pour vous donner les meilleures ventes selon nos différentes sections. Notre palmarès offrira un complément intéressant au palmarès Gaspard-Le Devoir, qui reflète les ventes réelles de livres au Québec. Le lecteur pourra comparer les deux à profit, question de voir les particularités de la clientèle de la Librairie Monet, et peut-être déceler un « effet-libraire » ou un effet des activités culturelles de la librairie sur les ventes. C’est donc un rendez-vous, chaque lundi suivant le Questionnaire d’auteur.

VENTES GÉNÉRALES

1. Le journal d’Alice, t.5 : La saison du citrobulles, S. Louis/C. Battuz, Dominique & Co.  (Jeunesse)
2. C’était au temps des mammouths laineux, Serge Bouchard, Boréal.  (Essai québécois)
3. Chroniques de Jérusalem, Guy Delisle, Delcourt. (bande dessinée)
Hunger Games I, Suzanne Collins, Pocket-Jeunesse.
5. Il pleuvait des oiseaux, Jocelyne Saucier, XYZ. (Roman québécois)
À la trace, Deon Meyer, Seuil. (Roman étranger – Policier)
7. Journal d’un corps, Daniel Pennac, Gallimard. (Roman étranger)
8. Marcel Tessier raconte notre histoire, Marcel Tessier, L’Homme. (Histoire)
9. Le blogue de Namasté, t.11 : La vérité, toute la vérité !, Maxime Roussy, La Semaine (Jeunesse).
10. Hunger Games II, Suzanne Collins, Pocket-Jeunesse.
Volte-face et malaises, Rafaëlle Germain, Libre Expression. (Roman québécois)
Hotel Adlon, Philip Kerr, Le Masque. (Roman étranger – Policier)

LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE

1. C’était au temps des mammouths laineux, Serge Bouchard, Boréal.
2. Il pleuvait des oiseaux, Jocelyne Saucier, XYZ.
3. Volte-face et malaises, Rafaëlle Germain, Libre Expression.
4. Le hasard et la volonté, Jean-François Beauchemin, Québec Amérique.
5. Guyana, Élise Turcotte, Leméac.
6. Petal’s Pub, Arlette Cousture, Libre Expression.
7. Dure soirée, François Morency, L’Homme.
8. Le cycle de Manawaka, Vol. 1, Margaret Laurence, Alto.
9. Arvida, Samuel Archibald, Le Quartanier.
10. Le sourire de la petite juive, Abla Farhoud, VLB.

LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE

1. À la trace, Deon Meyer, Seuil.
2. Journal d’un corps, Daniel Pennac, Gallimard.
3. Hotel Adlon, Philip Kerr, Le Masque.
4. Les milles automnes de Jacob de Zoet, David Mitchell, Alto.
5. L’accordeur de silences, Mia Couto, Métaillié.
6. Les anges de New York, R. J. Ellory, Sonatine.
7. Le prince de la brume, Carlos Ruiz Zafon, Laffont.
8. La femme aux miroirs, Eric-Emmanuel Schmitt, Albin Michel.
9. La femme au masque de chair, Donna Leon, Seuil.
10. Une femme fuyant l’annonce, David Grossman, Seuil.

EN POCHE

1. L’homme inquiet, Henning Mankell, Seuil/Points.
2. Helena Rubinstein, Michele Fitoussi, LGF.
3. La chute des géants, Ken Follett, LGF.
4. Little Bird, Craig Johnson, Gallmeister/Totem.
5. Concerto à la mémoire d’un ange, Eric-Emmanuel Schmitt, LGF.
6. Orages ordinaires, William Boyd, Seuil/Points.
7. Les visages, Jesse Kellerman, Seuil/Points.
8. Une bonne épouse indienne, Anne Cherian, Gallimard/Folio.
9. Le mec de la tombe d’à côté, Katarina Mazetti, Actes Sud/Babel.
10. La délicatesse, David Foenkinos, Gallimard/Folio.

ESSAIS ET DOCUMENTS

1. Marcel Tessier raconte notre histoire, Marcel Tessier, L’Homme.
2. Fin de cycle, Mathieu Bock-Côté, Boréal.
3. De quoi le Québec a-t-il besoin ?, sous la direction de V. Marissal, J. Barbe et M.F. Bazzo, Leméac.
4. Nous étions le Nouveau Monde, vol. 2, Jean-Claude Germain, Hurtubise HMH.
5. Tableau de vie, Alain Williamson, Dauphin Blanc.
6. Nous étions le Nouveau Monde, vol. 1, Jean-Claude Germain, Hurtubise.
7. Carnet d’une flâneuse à New-York, Esther Bégin, La Presse.
8. L’ordre libertaire : La vie philosophique d’Albert Camus, Michel Onfray, Flammarion.
9. Comment mettre la droite K.O., Jean-François Lisée, Stanké.
10. Cabane à sucre au pied de cochon, Martin Picard, Au pied de cochon.

BANDES DESSINÉES

1. Chroniques de Jérusalem, Guy Delisle, Delcourt.
2. Le tueur, t.10 : Le cœur à l’ouvrage, Jacamon/Matz, Casterman.
3. Le chant des stryges, t. 14 : Enlèvements, Guérineau/Corbeyran/Malisan, Delcourt.
4. Docteur Smog, t.3 : Le retour du Docteur Smog, André-Philippe Côté, La Presse.
5. Album Spirou 321, Collectif, Dupuis.
6. Magasin général, t.7 : Charleston, Loisel/Tripp, Casterman.
7. Sept, t.11 : Sept naufragés, Semedo/Endoriss, Delcourt.
8. Il était une fois en France, t.5 : Le petit juge de Melun, Vallée/Nury, Glénat.
9. Pilote à l’Edelweiss, t.1 : Valentine, Hugault/Yann, Paquet.
10. Jeremiah, t.31 : Le panier de crabes, Hermann, Dupuis.

LITTÉRATURE JEUNESSE

1. Le journal d’Alice, t.5 : La saison du citrobulles, S. Louis/C. Battuz, Dominique & Co.
2. Hunger Games I, Suzanne Collins, Pocket-Jeunesse.
3. Le blogue de Namasté, t.11 : La vérité, toute la vérité !, Maxime Roussy, La Semaine.
4. Hunger Games II, Suzanne Collins, Pocket-Jeunesse.
5. Le journal intime de Marie-Cool, India Desjardins, Trécarré.
6. Hunger Games III, Suzanne Collins, Pocket-Jeunesse.
7. Le journal d’Alice, t.4 : Big Bang, S. Louis/C. Battuz, Dominique & Co.
8. Le journal d’un dégonflé, t.5 : La vérité toute moche, Jeff Kinney, Seuil.
9. Le journal d’Alice, t.1, Sylvie Louis, Dominique & Co.
10. L’Épouvanteur, t.8 : Le destin de l’Épouvanteur, Joseph Delaney, Bayard.

 

Marcel Tessier raconte notre histoire, Marcel Tessier, L’Homme.

4 avril 2012  par Le délivré

Questionnaire d’auteur : Jimmy Beaulieu

Photomontage de Marc Tessier

Objet : un questionnaire d’auteur, quelque part entre ceux de Proust et de Pivot. Contenu : une quarantaine de questions, générales ou indiscrètes. Consigne : choisissez-en une dizaine, celles qui vous interpellent. Notre invité bande dessinée pour avril : Jimmy Beaulieu.

Comment êtes-vous devenu lecteur ?

Quand j’étais petit, je passais mon temps à regarder des images, dans la lune. Par exemple, je m’emmerdais beaucoup à l’Église, mais je pouvais me perdre dans les grandes peintures pompières du chemin de croix, qui par ailleurs sont très belles (église de Ste-Famille, I.O.).

Quand j’ai eu mon premier contact avec la bande dessinée, je l’ai vue comme une peinture à pages. Non seulement je pouvais me promener dans le dessin de couverture, mais je pouvais presque littéralement plonger dedans en ouvrant le livre, puis me promener dans cette profusion d’images solidarisées. C’était immensément fascinant, mais personne d’autre dans mon entourage ne semblait s’en rendre compte. J’avais l’impression que ça n’existait que pour moi.

Enfant, que lisiez-vous ?

Rien de très original : Hergé, Franquin, Jack Kirby, John Byrne… les deux premiers offrent d’ailleurs des décors de choix pour aller s’y balader.

Quel genre de lecteur êtes-vous ?

J’ai la concentration fragile, mais j’ai l’impression que quand je plonge, c’est tout de suite en profondeur. J’aime être surpris, touché, j’aime sentir le dialogue entre l’auteur et moi. Qu’on essaie de m’épater, de m’en mettre plein la vue, ça me laisse généralement indifférent. Idem pour les livres qui essaient de me gaver d’émotion. J’apprécie quand un auteur a la politesse de me laisser suffisamment d’espace pour investir mes propres émotions. Si l’auteur ne me laisse aucune place, je vais déposer et revendre son livre assez rapidement.

Quel qualificatif décrirait votre bibliothèque personnelle ?

Hm… affect et atmosphère ? Elle contient plus de livre d’auteurs qui travaillent ces matières : Forest, Schulz, les frères Hernandez, Herriman, que de livres d’acrobates formels. J’aime beaucoup les acrobaties, comme l’humour caustique, les scenarii rigoureux ou les livres sociopolitiques, mais je relis rarement ces livres. Les livres que je relis le plus sont ceux nommés plus haut, en plus de ceux de Tillieux, Chaland, Kenji Tsuruta, Nylso, Joly, Goblet, Turgeon, Durbiano, Anouk Ricard, Tezuka, Taniguchi…

Quel est le premier livre que vous vous souvenez vous être procuré ?

Astérix chez les Goths

Quel est le dernier livre que vous avez lu ?

Parfois les ennuis mettent un chapeau, de José Parrondo, un chef d’œuvre.

Avez-vous un plaisir de lecture coupable ?

Si je relis du Marvel avant qu’ils ne décident de compenser financièrement la famille de Jack Kirby, ce sera une lecture coupable puisque ce sera une tricherie dans mon boycott. Sinon, j’assume ma courge.

Quelle a été votre plus belle rencontre littéraire ?

David Turgeon, qui m’a vraiment fait sentir que les auteurs de bande dessinée travaillaient dans un carré de sable tout étriqué alors que le terrain de jeu qui l’entoure est infini. Sinon, bien sûr, Vincent Giard, Pascal Girard, Zviane, Benoît Joly, Luc Giard, Sébastien Trahan, et les autres si vous suivez la tendance de la liste.

Comment êtes-vous devenu auteur ?

Je n’ai pas eu le choix.

Pourquoi êtes-vous auteur ?

Je n’ai pas le choix.

Quels objets, livres ou pièces musicales vous accompagnent en période de création ?

Il y a toujours de la musique. Ça devient problématique quand je suis en festival, par exemple. Si je suis privé de musique pendant trop longtemps, je me sens mal. Je dois avoir des moments de refuge en solitaire pour en écouter. Je ne vais pas dresser une longue liste. Disons que quand j’ai besoin de me recentrer rapidement, je mets Swoon, le premier disque de Prefab Sprout.

Avez-vous un lieu privilégié pour créer ?

Mon atelier, sans parasitage, rien de prévu dans la journée et, idéalement, dans la soirée et la nuit à venir, mais c’est malheureusement très rare. Un téléphone peut anéantir ma concentration et me faire perdre une journée. Imaginez ma relation avec la sollicitation téléphonique et les colporteurs…

Comment choisissez-vous votre style de dessin ?

Ça ne se choisit pas.

Quelle est l’importance de la documentation dans vos images ?

Je n’aime pas trop m’ankyloser d’un besoin de référence, ça ne me dérange pas que mes rues soient des évocations subjectives et déformées de celles qui les ont inspirées. Mais parfois, j’ai regretté de n’avoir pas davantage fouillé ma documentation. Comme le deli quelconque qu’on voit à la sortie du métro, dans Ma voisine en maillot. C’était dans ma tête le métro Peel, et la porte s’ouvrait sur Ben’s. Quand il a été démoli, quelques années plus tard, je me consolais de l’avoir au moins dessiné avant, mais en feuilletant le livre, je me suis rendu compte qu’en fait : non. Mais je regrette aussi d’avoir fait des pages de décor excessivement fidèles à la réalité et détaillés. Ça peut jurer, et tomber dans la poudre aux yeux. S’il n’est pas vigilant, la documentation photo peut entraver le sens instinctif de la composition d’un dessinateur.

Votre œuvre est-elle marquée par un thème récurrent ?

Oui. Quelques-uns. Hm.

Quelles sont vos principales influences ?

Puisque j’ai mentionné pas mal tous mes dadas de bande dessinée, peut-être quelques références cinématographiques ? Godard, Allen, Truffaut, Rafelson, Donen, Wilder, Lubitsch, Franco… mais c’est difficile à dire. Mes influences principales sont fort probablement musicales.

Quel auteur appréciez-vous pour sa démarche créatrice ?

Vincent Giard. Pour sa cadence évolutive démentielle, sa grégarité, son positivisme. Et sa capacité à donner l’impression qu’il change de cervelle à chaque dessin ou presque.

Quel est votre souvenir le plus vif lié à la création ?

Difficile à dire. Les découvertes de solutions à la table à dessin sont souvent des moments d’euphorie assez hystériques. Assez pour me mettre à faire des danses idiotes tout seul dans mon atelier. Je ris aussi beaucoup de mes jokes.

Comment est né votre premier livre ?

Bon, j’ai fait un livre là-dessus. Question suivante.

Quel regard posez-vous aujourd’hui sur vos premiers livres ?

Honte et tendresse.

Laquelle de vos œuvres affectionnez-vous particulièrement ?

Hm. Peut-être Comédie sentimentale pornographique ? Ou À la faveur de la nuit ? Ils sont tellement liés. Peut-être plus À la faveur de la nuit, avec l’histoire de Léonce qui tente d’aller chercher la serveuse qui n’a pas lu la situation de la même manière que lui, il ne cesse de dégringoler dans la pluie à partir de ce moment. Ça en raconte beaucoup sur mon passé sentimental.

Sinon, Le temps des siestes est un livre que j’ai rêvé de faire depuis 1995.

Quelle importance accordez-vous à l’aspect matériel de vos livres ?

Grande. Je trouve qu’ils ont à peu de chose près tous la tête que j’aimerais qu’ils aient. Mais j’aime les livres de facture modeste, pas trop chers, surtout pas encombrants. J’aime l’élégance, mais je me réveille la nuit pour haïr le luxe.

Y a-t-il un de vos livres que vous recommenceriez ? Pourquoi ?

Le moral des troupes. Je le rendrais moins (justement) moralisateur. J’ai ce tic qui énerve tout le monde de retravailler mes livres à chaque réédition. Je ne peux pas m’en empêcher. Qui refuserait de corriger les erreurs de son passé si on lui en donnait l’occasion ?

Ah ! Tiens, je referais À la faveur de la nuit en reprenant, pour les deux filles dans le motel, les personnages de Comédie sentimentale pornographique Muriel et Corrine.

Avez-vous des projets en cours ?

Oui et non.

De quel scénariste aimeriez-vous dessiner le livre ?

Jean-Claude Forest, Danie Dubos.

Qu’est-ce qui vous contrarie ?

Les zoufs qui parlent au téléphone dans des endroits où on pourrait être tranquille et réfléchir ( train, autobus, ou aéroport, comme en ce moment – ta yeule, maudit cave ! ).

Qu’est-ce qui vous préoccupe au quotidien ?

Raconter, écrire, dessiner, comprendre comment on peut faire tout ça le mieux possible. Payer mes hosties de factures…

Y a-t-il une cause qui vous tient à cœur ?

J’ai un peu honte d’avoir gaspillé tant d’énergie militante pour la bande dessinée. J’aurais mieux fait de consacrer cette belle combativité, à l’âge où je l’avais, à l’écologie, au socialisme, à la préservation de la langue française, à la promotion de la curiosité intellectuelle…

Que rêviez-vous de faire, enfant ?

Ce que je fais.

Outre la bande dessinée, quelle forme d’expression vous intéresse ?

La musique (surtout pop), le cinéma (incluant le feuilleton télé). À ma grande honte, ma culture littéraire est assez pauvre.

Y a-t-il une citation qui vous interpelle ?

« We’ve broken our fingers, broken our faith, broken our hearts so many times they can’t be broken anymore, scratched away at the walls for years, all we’ve got to show is the dust on the floor. » – Adrian Borlan, « New Dark Age »

Extrait de la participation de l'auteur au 7e numéro de la revue Trip

* * *

Le temps des siestes, 2012, Alto, coll. « Rubato », 9782896940189 (sortie la semaine prochaine)
Comédie sentimentale pornographique, 2011, Delcourt, coll. « Shampooing », 9782756024615*
À la faveur de la nuit, 2011, Les impressions nouvelles, 9782874491023*
Quelques pelures (réédition très très augmentée), 2006, Mécanique générale, 9782922827279*
Ma voisine en maillot, 2006, Mécanique générale, 9782922827217*
Le moral des troupes, 2004, Mécanique générale, 9782922827149*
-22°c, 2003, Mécanique générale, 9782922827118*
Résine de synthèse, 2002, Mécanique générale, 9782922827033*
… ainsi que plusieurs titres en auto-édition chez Colosse.

Le blogue de l’auteur


12 mars 2012  par Le délivré

Questionnaire d’auteur : Denise Boucher

Photo : Marco Campanozzi, La Presse.

Objet : un questionnaire d’auteur, quelque part entre ceux de Proust et de Pivot. Contenu : une quarantaine de questions, générales ou indiscrètes. Consigne : choisissez-en une dizaine, celles qui vous interpellent. Notre invitée littérature pour mars : Denise Boucher.

Comment êtes-vous devenu lectrice ?

Je lisais tout ce qui portait des mots.

Enfant, que lisiez-vous ?

Tous les imprimés qui entraient dans notre maison et les Comtesse de Ségur que me prêtait la famille Daveluy de notre ville.

Quel genre de lectrice êtes-vous ?

Du genre qui tombe en amour avec les écritures qui la surprennent.

Quel qualificatif décrirait votre bibliothèque personnelle ?

La dominante des rayons est la poésie.

Avez-vous une méthode de classement ?

Dans une bibliothèque vitrée, je conserve les trésors. Les autres livres sont à l’air libre, le plus possible dans l’ordre alphabétique, et les nouveautés traînent  sur toutes les tables.

Quel est le premier livre que vous vous souvenez vous être procuré ?

La porte étroite d’André Gide.

Quel est le dernier livre que vous avez lu ?

La grande mêlée de Michel Tremblay.

Avez-vous un plaisir de lecture coupable ?

La lecture ne me rend jamais coupable.

Quelle a été votre plus belle rencontre littéraire ?

Il y en a eu tant, parce que les livres et les écrivains sont si multiples que je ne saurais choisir, mais je dirai quand même que lire la poésie de Gérald Godin ne cesse de me réjouir.

Comment êtes-vous devenu auteure ?

En voulant explorer moi-même la force des mots pour dire ce que l’on considère indicible.

Pourquoi êtes-vous auteure ?

Parce que c’est tout ce que je sais faire, avec la cuisine.

Comment vous exprimeriez-vous si vous n’étiez pas auteure ?

L’art est un si long apprentissage et l’écriture, qui en est un,  me comblerait tout à fait si je devenais encore plus dense.

Pour vous, qu’est-ce que la création ?

En littérature, il s’agit de faire parler les mots.

Quels objets, livres ou pièces musicales vous accompagnent en période de création ?

Que ma tête et mes mains.

Avez-vous un lieu privilégié pour créer ?

J’imagine en marchant ou en prenant mon bain et j’écris dans la plus petite pièce de la maison où je me suis fait une cellule de moinesse.

Comment faites-vous votre recherche, s’il y a lieu ?

Je trouve en regardant partout.

Votre œuvre est-elle marquée par un thème récurrent ?

Les critiques disent que je suis la poète de l’amour et des voyages, et que j’écris au ras des humains.

Quelles sont vos principales influences ?

Les peintres.

Quels auteurs appréciez-vous pour leur démarche créatrice ?

Godin, Tremblay, Rochefort, Louise Labbé, Garneau, Wittman.

Quel est votre souvenir le plus vif lié à la création ?

La vue des virgules dans Les petits enfants du siècle de Christiane Rochefort.

Comment est né votre premier livre ?

Du  mot  cyprine, qui n’était pas dans les dictionnaires, mais qui se trouvait dans un poème de Nelligan.

Quel regard posez-vous aujourd’hui sur vos premiers livres ?

Un œil amusé devant des intuitions qui m’honorent.

Laquelle de vos œuvres affectionnez-vous particulièrement ?

La prochaine.

Y a-t-il un de vos livres que vous recommenceriez ?

J’ai trop envie d’aller de l’avant pour ça.

Avez-vous des projets en cours ?

Au moins douze.

* * *

Biographie sur le site de l’Île

Bibliographie partielle
Au beau milieu, la fin, 2011, Leméac, 157 p., 9782760933378*
Un joint universel, rééd. 2008, Écrits des forges, 129 p., 9782896450589*
Les fées ont soif, rééd. 2008, Typo, 108 p., 9782892952346*
Une voyelle, 2007, Leméac, 313 p., 9782760951396*

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