Le Délivré

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20 janvier 2015  par nos libraires BD

Bandes dessinées : la crème des parutions de fin d’année

Comme chaque mois, notre équipe de libraires spécialisés en bandes dessinées passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces récits complets et autres premiers tomes, question d’aiguiser votre appétit livresque…

BANDES DESSINÉES ÉTRANGÈRES – ADOS

Odyssée T.1 : La malédiction des pierres noires, Thomas Gilbert, Michel Honaker et Roger Seiter, 2014, Flammarion, 68 p., 9782081308268*

Les aventures d’Ulysse en bande dessinée. Il y a longtemps qu’Ulysse est parti à la guerre, mais son voyage n’est pas fini. Ainsi en ont décidé les dieux… Il y a bien longtemps qu’Ulysse a quitté Ithaque pour partir à la guerre. Depuis dix ans, la ville de Troie est assiégée par l’armée grecque. Ulysse, héros aux mille ruses, a le destin de tout un peuple entre ses mains. Pour l’accomplir, ne devra-t-il pas renoncer à sa vie de simple mortel ? (L’éditeur)

Moyasimon : Il était une fois les microbes T.1, Masayuki Ishikawa, 2014, Glénat, coll. « Seinen Manga », 224 p., 9782723498845*

Tout commence avec l’arrivée de notre héros, Tadayasu Soemon Sawaki, dans une école agricole. Une seule chose le différencie des autres étudiants : il est capable de voir les micro-organismes à l’œil nu, sous forme de petits personnages !! Pratique pour repérer un aliment contaminé par l’Escherichia coli et éviter une gastro-entérite ou contrôler le degré de fermentation d’un saké. Par contre, détecter des verrues au pied d’une belle femme ou se rendre compte que deux personnes ont partagé leurs flores cutanées peut parfois s’avérer gênant… (L’éditeur)

Le chef de Nobunaga T.1, Takuro Kajikawa et Mitsuru Nishimura, 2014, Komikku, 187 p., 9791091610452*

Les amateurs d’Histoire et les gourmets seront ravis de découvrir cette nouvelle série historique relatant les péripéties d’un chef cuisinier amnésique mystérieusement transporté dans le Japon du XVIe siècle. Il ne faut toutefois pas être rebuté par cette prémisse facétieuse, car nous sommes ici devant un récit rigoureux décrivant les efforts d’Oda Nobunaga, seigneur de guerre et fin stratège ayant le désir d’unifier le pays sclérosé par l’éparpillement du pouvoir exercé par la multitude de seigneurs locaux. Habilement, le scénariste Mitsuru Nishimura mêle la réalité et la fiction en accentuant la curiosité de Nobunaga face aux innovations culinaires de Ken qui, à son insu, deviendra une arme stratégique redoutable. (RSH)

BANDES DESSINÉES ÉTRANGÈRES – ADULTES

Un océan d’amour, Grégory Panaccione et Wilfrid Lupano, 2014, Delcourt, coll. « Mirages », 222 p., 9782756062105*

Le maître de la bande dessinée sans texte a encore frappé. Grégory Panaccione, l’auteur des très amusants Toby mon ami et Match fait cette fois dans la collaboration, et pas des moindres, puisqu’il s’associe avec Wilfrid Lupano, le scénariste des Vieux fourneaux et du Singe de Hartlepool. Ce récit d’aventure rocambolesque suit un petit pêcheur breton qui se perd en haute mer. Alors qu’il essaye de survivre, sa femme part à sa recherche à travers le monde et se retrouve mêlée à diverses complications, dont la révolution mexicaine. Une histoire à la fois divertissante, drôle et qui tient son lecteur en haleine tout le long. (BN)

Love in vain: Robert Johnson 1911-1938, Mezzo et Jean-Michel Dupont, 2014, Glénat, 72 p., 9782344003398*

Véritable légende du blues, Robert Johnson a, pendant sa courte vie, composé des chansons légendaires qui ont inspiré les plus grandes figures du rock, dont Jimi Hendrix, Bob Dylan, Keith Richards, Eric Clapton et Robert Plant. Probablement empoisonné par un de ses rivaux à l’âge de vingt-sept ans, Johnson a tout de même eu le temps de faire son lot de conquêtes musicales et amoureuses. Déjà assez grisant, le récit de sa vie gagne en intensité quand on s’attarde aux diverses légendes loufoques qui circulaient à son sujet, dont la plus célèbre est celle de sa rencontre avec le diable. Très bien construit, le récit est rehaussé par de magnifiques illustrations en noir et blanc qui rappellent souvent le pinceau de Robert Crumb et dont la mélancolie sied parfaitement à la vie romanesque du musicien. (BN)

Magic Pen, Dylan Horrocks, 2014, Casterman, 213 p., 9782203081352*

Véritable pavé dans la marre des romans graphiques, Hicksville avait séduit les amateurs du genre en mettant en scène une ville dont la population se délecte des bandes dessinées. Devenu auteur culte, Dylan Horrocks n’avait rien fait de significatif depuis quinze ans à part quelques scénarios pour Batman et Batgirl. Son retour avec Magic Pen reprend la réflexion autour de l’industrie des comics sans sombrer dans la redite; une réflexion qui part d’un auteur victime de la page blanche et qui se retrouve propulsé dans l’univers des bandes dessinées. Un autre récit « feel good » pour les lecteurs et pour les amateurs qui aiment à s’évader par la fiction. (BN)

Le roi des scarabées, Terkel Risbjerg et Anne-Caroline Pandolfo, 2014, Sarbacane, 221 p., 9782848657400*

Librement adapté du roman Niels Lyhne de Jens Peter Jacobsen, Le Roi des Scarabées est une véritable petite perle. Envoûtant depuis la première jusqu’à la dernière page, ce récit nous emmène dans le Danemark du XIXe siècle, où nous suivons l’existence d’Aksel, un jeune homme qui, pour avoir hérité des aspirations romantiques de sa mère, se destine à devenir poète. Seulement, d’apprentissages en désillusions, le temps passe, et Aksel peine à accomplir son œuvre. L’atmosphère que dégage cette histoire est fascinante. Au moyen d’un récitatif très présent et d’un dessin en noir et blanc qui exploite les contrastes avec beaucoup de finesse, cette bande dessinée traduit à merveille les rêves d’absolu et les hautes ambitions de la jeunesse. (SC)

Little Tulip, Boucq et Charyn, 2014, Lombard, coll. « Signé », 84 p., 9782803634170*

L’action se déroule au début des années 70 à New York. Paul possède un petit salon de tatouage et aide occasionnellement la police en dessinant des portraits-robots. Il se retrouve impliqué dans une série de crimes perpétrés par un meurtrier surnommé « Bad Santa » par les policiers. Ces meurtres vont faire ressurgir son passé alors qu’il a été élevé à l’orphelinat, dans un goulag en Sibérie. Notre héros, débrouillard et doué pour le dessin, était alors le tatoueur officiel de l’un des plus puissants chefs de clan criminel du camp. L’album alterne entre ces deux époques pour nous livrer une histoire des plus palpitantes, mélangeant le polar et la BD historique. Le scénario percutant de Charyn et les dessins sans faute de Boucq nous font souhaiter de ne pas avoir à attendre encore 25 ans pour une nouvelle collaboration entre ces deux génies de la BD. (PP)

Les divisions de fer T.1 : Commando rouge : 1946, Ronan Toulhoat et Jean-Luc Sala, 2014, Soleil, 48 p., 9782302040830*

Une uchronie des plus intéressantes ayant pour thème la Seconde Guerre mondiale. 1946, la guerre se poursuit et les Allemands gagnent sur tous les fronts grâce à leur Mekapanzers, sorte de gigantesques robots blindés et surarmés. Un commando soviétique muni d’armure de combats doit s’infiltrer dans une base de l’armée allemande pour s’emparer du « Wilhelm Gustloff », un des plus puissants de ces Mekapanzers. Le cocktail robots nazis géants, mission désespérée et héros improbable est efficace et cette courte série est des plus prometteuse. Un excellent divertissement. (PP)

RÉÉDITIONS et BEAUX LIVRES

Comte Dracula suivi de Frankenstein, Guido Crepax, 2014, Actes Sud, coll. « BD », 192 p., 9782330012915*

Mieux connu pour ses aventures érotiques et cérébrales mettant en scène la très sophistiquée Valentina, Crepax réalisera de nombreuses adaptations de classiques sulfureux dont Histoire d’O et Emmanuelle, mais également plusieurs versions de classiques de la littérature fantastique. Actes Sud, réunit ici en un beau volume, deux œuvres patrimoniales de ce grand spécialiste du dessin réaliste et onirique en noir et blanc. (HB)

Building Stories, Chris Ware, 2014, Delcourt, coll. « Outsider », 9782756035970*

Sans doute l’une des bandes dessinées les plus hors-normes qu’il nous ait été donné de voir, qui réussit à dépasser le simple exercice de style et pose une réflexion pertinente sur la narration et le temps qui passe. Building Stories est un OVNI dans la bande dessinée et encore un nouveau chef-d’œuvre de Chris Ware. (BN)

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Sélection et rédaction d’Hélène Brosseau, Sylvain Cabot, Boris Nonveiller, Patrick Pilote et Réjean St-Hilaire.

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11 décembre 2014  par nos libraires BD

Les bandes dessinées de 2014 : les palmarès de nos libraires BD

Nous voilà de nouveau placés dans cet exercice presque vain, ne serait-ce que par son idéal inatteignable, mais tout de même divertissant, et utile pour créer quelques conversations et débats pendant les nombreux rencontres et soupers des fêtes: le palmarès de l’année. Sous la forme conventionnelle, mais tout de même contraignante des fameux top dix. La formule est vieille, mais toujours aussi efficace, et si donner simplement  une liste contient  son lot de pièges et de défauts, la diversité des goûts des divers lecteurs soumis à l’exercice donne tout de même un panorama assez diversifié pour pouvoir faire office d’un récapitulatif des œuvres les plus marquantes de 2014. À défaut d’être exhaustif, on peut toujours tenter de viser la pertinence.

L’année 2014 s’est une fois de plus trouvée être très productive du côté de la bande dessinée, et surtout une production très diversifiée. L’œuvre ayant fait le plus grand consensus est le très long et intense Manhwa de Honk Yeon-Sik, Histoire d’un couple avec 4 mentions sur 6. La deuxième bande dessinée la plus nommée est un produit purement québécois : Chroniques du centre-sud de Richard Suicide (3 mentions) a su séduire avec son humour décapant et ses observations cyniques sur un quartier et une époque particulièrement trash de Montréal. C’était une année particulièrement riche pour la bande dessinée d’ici puisque six autres œuvres ont réussi à se hisser au palmarès : le délirant Je sais tout de Pierre Bouchard, le très personnel Journal de Julie Delporte, la continuation de Pascal Girard dans le terrain de l’autofiction avec La Collectionneuse, le pastiche des films d’horreur Les cousines vampires de Cathon et Alexandre Fontaine Rousseau, et le polyphonique témoignage J’aime les filles d’Obom. Il vaut la peine également de nommer l’un des ouvrages marquants de La Pastèque, La famille Carter : don’t forget this song de David Lasky et Frank M. Young.

Dans la production étrangère, la bande dessinée jeunesse a eu d’excellents représentants avec Les Chroniques de Claudette, chasseuse de géants! de Jorge Aguirre et Raphael Rosado, Trik Trak de Stephan Lomp, Des canards trop bizarres de Cecil Castellucci, Star Wars l’académie Jedi de Jeffrey Brown, Caterina de Alessandro Tota et Un été en apnée de Max de Radiguès. On dénote également une présence remarquée des genres biographies (Love in vain, Robert Johnson, 1911-1938 de Jean-Michel Dupont et Mezzo, ainsi qu’Omaha beach, 6 juin 1944, de  Jean-David Morvan, Séverine Tréfouël, Dominique Bertell et Robert Capa) et autobiographies (Carnation de Xavier Mussat et L’arabe du futur de Riad Sattouf).

N’oublions pas également les diverses BD de genre qui jouent brillamment avec leurs codes, tels le sadique Moi, Assassin de Antonio Keko et Altarriba, le rafraîchissant début de série Les Vieux Fourneaux de Lupano et Paul Cauuet, l’expressionniste Docteur Radar : Tueur de savants de Frédéric Bézian et Noël Simsolo (2 mentions), l’anthologie rocambolesque d’espionnage Human Target (2 mentions) de Milligan, Biukovic et Pulido, le polar Fatale de Max Cabanes et Doug Headline, et le très charmant et mélancolique récit de jeunesse Cet été-là (2 mentions) de Mariko Tamaki et Jillian Tamaki. Enfin, ce serait un crime que de ne pas mentionner l’OVNI de l’année, la BD la plus singulière qu’on ait pu voir dans les dernières décennies : Building Stories de Chris Ware, qui, s’il ne réinvente pas complètement son média, réussit à poser une réflexion fascinante sur la narration et la représentation de la vie en fiction.

On pourrait s’étendre encore longtemps, mais il est temps de laisser parler les choix des libraires. Voici donc sans plus attendre le meilleur de 2014.

Boris Nonveiller

 

TOP 10 DE L’ANNÉE SELON PIERRE MONET

1. Wonderball T.1: Le chasseur, Fred Duval, Jean-Pierre Pécau, Fred Blanchard et Colin Wilson, Delcourt, 55 p., 9782756039329*
2. Les vieux fourneaux T.1: Ceux qui restent, Lupano et Paul Cauuet, Dargaud, 56 p., 9782505019930*
3. La Mondaine T.1, Zidrou et Jordi Lafebre, Dargaud, 64 p., 9782505019909*
4. La Mondaine T.2, Zidrou et Jordi Lafebre, Dargaud, 64 p., 9782505019916*
5. Commandant Achab T.5: Toi, mon frère, Stéphane Piatzsek et Stéphane Douay, Casterman, 56 p., 9782203079304*


6. Mystère de la troisième république T.2: Le tueur dévot, Philippe Richelle et Pierre Wachs, Glénat, 56 p., 9782723495592*
7. Mystère de la troisième république T.3: Le complot fasciste, Richelle et Pierre Wachs, Glénat, 56 p., 9782344000649*
8. Perico T.1, Philippe Berthat et Régis Hautière, Dargaud, 64 p., 9782505019268*
9. Détectives T.2: Richard Monroe: who killed the fantastic Mister Leeds?, Herik Hanna et Nicolas Sure, Delcourt, 55 p., 9782756042572*
10. Fatale, Max Cabanes et Doug Headline, Dupuis, 136 p., 9782800152509*

TOP 10 DE L’ANNÉE SELON RÉJEAN ST-HILAIRE

1. Docteur radar: tueur de savants, Noël Simsolo et Frédéric Bézian, Glénat, 64 p., 9782723490788*
2. Histoire d’un couple, Hong Yeon-Sik, Ego comme X, 570 p., 9782910946937*
3. Chroniques du centre-sud, Richard Suicide, Pow Pow, 114 p., 9782924049143*
4. Wet moon T.1, Atsushi Kaneko, Casterman, 256 p., 9782203081482*
5. The black beetle T.1: Sans issue, Franscesco Francavilla, Urban comics, 164 p.,
9782365773706*


6. Un été en apnée, Max de Radiguès, Sarbacane, 60 p., 9782848657042*
7. Je sais tout, Pierre Bouchard, Pow Pow, 108 p., 9782924049167*
8. Punk rock and mobile homes, Derf Backderf, Ça et là, 154 p., 9782916207957*
9. Des canards trop bizarres, Cecil Castellucci et Sara Varon, Rue de Sèvres, 104 p.,
9782369810377*
10. Human Target T.1, Peter Miligan, Edvin Biukovic et Javier Pulido, Urban comics, 392 p., 9782365775359*

TOP 10 DE L’ANNÉE SELON HÉLÈNE BROSSEAU

1. Journal, Julie Delporte, Agrume, 192 p., 9791090743205*
2. Chroniques du Centre-Sud, Richard Suicide, Pow Pow, 114 p., 9782924049143*
3. La collectionneuse, Pascal Girard, La Pastèque, 112 p., 9782923841519*
4. Les cousines vampires, Cathon et Alexandre Fontaine Rousseau, Pow Pow, 112 p., 9782924049181*
5. Histoire d’un couple, Yeon-sik Hong, Ego comme X, 570 p., 9782910946937*
6. L’Arabe du futur T.1: Une jeunesse au Moyen-Orient, 1978-1984, Riad Sattouf, Allary, 158 p., 9782370730145*


7. La famille Carter: Don’t forget this song, David Lasky et Frank M. Young, La Pastèque, 192 p., 9782923841298*
8. J’aime les filles, Obom, L’Oie de Cravan, 92 p., 9782922399882*
9. Docteur Radar: Tueur de savants, Frédéric Bézian et Noël Simsolo, Glénat, 64 p., 9782723490788*
10. Star Wars: L’Académie Jedi, Jeffrey Brown, Scholastic, 160 p., 9781443134132*

TOP 10 DE L’ANNÉE SELON PATRICK PILOTE

1. Une affaire de caractères, François Ayroles, Delcourt, 71 p., 9782756041377*
2. Les vieux fourneaux T.1: Ceux qui restent, Lupano et Paul Cauuet, Dargaud, 56 p., 9782505019930*
3. Omaha Beach, 6 juin 1944, Jean-David Morvan, Séverine Tréfouël, Dominique Bertell et Robert Capa, Dupuis, 97 p., 9782800161983*
4. La Nueve: les républicains espagnols qui ont libéré Paris, Paco Roca, Delcourt, 313 p., 9782756050256*


5. Kräkaendraggon, Mathieu Sapin et Lewis Trondheim, Gallimard, 47 p., 9782070657605*
6. Divisions de fer T.1: Commando rouge : 1946, Jean-L uc Sala et Ronan Toulhoat Soleil, 48 p., 9782302040830*
7. Moi, assassin, Antonio Keko, Altarriba, Denoël Graphics, 134 p., 9782207116883*
8. Les chroniques de Claudette T.1: Chasseuse de géants!, Jorge Aguirre et Raphael Rosado, Akileos, 202 p., 9782355741630*
9. Trik trak, Stephan Lomp, Bang Editions, 38 p., 9788494069574*
10. Solo T.1: Les survivants du Chaos, Oscar Martin, Delcourt, 107 p., 9782756041704*

TOP 10 DE L’ANNÉE SELON BORIS NONVEILLER

1. Building stories, Chris Ware, Delcourt, ??? p., 9782756035970*
2. Histoire d’un couple, Hong Yeon-Sik, Ego comme X, 570 p., 9782910946937*
3. Carnation, Xavier Mussat, Casterman, 247 p., 9782203087767*
4. Love in vain: Robert Johnson, 1911-1938, Jean-Michel Dupont et Mezzo Glénat, 64 p., 9782344003398*


5. Sept Milliards de chasseurs-cueilleurs, Thomas Gosselin, Atrabile, 68 p., 9782889230143*
6. Calavera, Charles Burns, Cornélius, 64 p., 9782360810895*
7. La technique du périnée, Florent Ruppert et Jérôme Mulot, Dupuis, 104 p., 9782800160795*
8. Le jardin de Mimi, Park Yoon-Sun, Misma, 96 p., 9782916254388*
9. Human Target T.1, Peter Miligan, Edvin Biukovic et Javier Pulido, Urban Comics, 392 p., 9782365775359*
10. Cet été-là, Mariko Tamaki et Jillian Tamaki, Rue de Sèvres, 316 p., 9782369810889*

TOP 10 DE L’ANNÉE SELON SYLVAIN CABOT

1. Cet été là, Tamaki, Mariko et Tamiki Jillian, Rue de Sèvres, 320 p., 9782369810889*
2. Le roi des scarabées, Caroline Pandolfo et Terkel Risbjerg, Sarbacane, 221 p., 9782848657400*
3. Histoire d’un couple, Yeon-sik Hong, Ego comme X, 570 p., 9782910946937*
4. Un album de famille, Asa Grennvall, l’Agrume, 112 p., 9791090743243*
5. Jean-Norbert T.1, Mark Retera, Kramiek, 46 p., 9782889330027*


6. Les vestiaires, Timothé Le Boucher, La Boîte à bulles, 128 p., 9782849532010*
7. Louca T.3: Si seulement…, Bruno Dequier, Dupuis, 56 p., 9782800157412*
8. Chroniques de Centre-Sud, Richard Suicide, Pow Pow, 114 p., 9782924049143*
9. Caterina T.1: Le gang des chevelus, Alessandro Tota, Dargaud, 60 p., 9782205072259*
10. Lune l’envers, Blutch, Dargaud, 55 p., 9782205069983*

Mentions Spéciales:

Aâma T.4: Tu seras merveilleuse ma fille, Frederik Peeters, Gallimard, 94 p., 9782070662517*
De Cape et de Crocs T.11: Vingt mois avant, Alain Ayroles et Jean-Luc Masbou, Delcourt, 49p., 9782756040363*
Minimax, François Donatien, Nouvelle Collection Colosse, 130 p., (Pas d’ISBN)*
La lune est blanche, Emmanuel Lepage et Françcois Lepage, Futuropolis, 240 p., 9782754810289*

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12 novembre 2014  par nos libraires BD

Bandes dessinées : la crème d’octobre

Comme chaque mois, notre équipe de libraires spécialisés en bandes dessinées passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces récits complets et autres premiers tomes, question d’aiguiser votre appétit livresque…

BANDES DESSINÉES QUÉBÉCOISES – ADULTES

La famille Carter : Don’t forget this song, David Lasky et Frank M. Young, 2014, La Pastèque, 192 p., 9782923841298*

La famille Carter est considérée, à juste titre, comme un des piliers de la musique country moderne. De 1926 à 1943, les trois membres de la famille Carter furent célèbres pour leurs arrangements de chansons folk traditionnelles, souvent glanées par A. P. Carter lui-même lors de pérégrinations dans les Appalaches. La première famille de la musique country a laissé une trace indélébile dans l’histoire de la musique. Frank M. Young et David Lasky nous offrent aujourd’hui leur biographie. – L’éditeur

Les Cousines Vampires, Cathon et Alexandre Fontaine Rousseau, 2014, Pow Pow, 122 p., 9782924049181*

Un exercice de style au ton d’épouvante, d’un humour à la fois référentiel et potache, Les cousines vampires arrive en pleine Halloween et apporte un vent de fraîcheur. Le récit suit Camille, une jeune femme pleine de bonne humeur et d’entrain, qui vient rejoindre sa cousine dans le manoir isolé d’un village perdu en rase campagne. Camille tente de faire retrouver la joie de vivre à la compagne qui avait autrefois égayé son enfance, mais la mélancolie hante cet endroit et la nuit approche. Ne se limitant jamais à la parodie, le récit joue bel et bien avec les codes du genre, mais retient aussi une identité propre. On pourrait même dire que la mixture entre la cinéphilie de son scénariste et le ton bon enfant et hystérique de sa dessinatrice se mélangent en un hybride divertissant assez original. On en aurait pris plus! (BN)

BANDES DESSINÉES ÉTRANGÈRES – ADOS

Jean-Norbert T.1, Mark Retera, 2014, Kramiek, 46 p., 9782889330027*

Il y a quelque chose de bien aux Pays-Bas – mis à part les gros sabots, la contemplation des pales de moulins à vent ou les bicyclettes jetées dans les canaux – et c’est l’humour flamand. Mark Retera est Néerlandais et, à l’instar de plusieurs de ses compatriotes bédéistes; qu’on pense à Willem, Joost Swarte ou Theo van den Boodaard, il participe, lui aussi, à cette tradition typiquement hollandaise d’humour de situations qui utilise le cynisme et l’absurde, allant souvent jusqu’à choquer férocement. Son univers très particulier, peuplé de lutins, de pantalons-tonneaux, d’extraterrestres et de Ku-Klux-clowns entarteurs de Noirs est tout à fait hilarant, mais rien ne battra ses gags mettant en scène les témoins de Schtroumpfova. Ô joie absolue, le deuxième volume arrive incessamment, mais attention, le danger de s’étouffer de rire croît avec l’usage. (HB)

Solo T.1 : Les survivants du chaos, Oscar Martin, 2014, Delcourt, 107 p., 9782756041704*

Dans un monde post-apocalyptique, le jeune Solo, un rat humanoïde mutant, doit quitter sa famille pour augmenter leurs chances de survie. Il affrontera seul les pillards, monstres et autres intempéries sévissant dans le désert où il tente de survivre. Il sera capturé par un clan avide de combats de gladiateurs sanglants. Plutôt habile avec les armes blanches, il devra faire face à des adversaires toujours plus dangereux pour gagner sa liberté. Un savant mélange de Mad Max et de Conan le barbare, Solo ramène au goût du jour le style survivant de l’apocalypse, populaire dans les années ’80. Solo va quand même plus loin en se livrant à certaines réflexions sur son humanité et sa place dans ce monde en ruine. À lire. (PP)

BANDES DESSINÉES ÉTRANGÈRES – ADULTES

Les Pénates, Alexandre Franc et Vincent Sorel, 2014, Casterman, coll. « Professeur Cyclope », 68 p., 9782203089693*

Pierre est un universitaire qui n’aime rien tant que de se plonger dans ses livres sur les Romains. Une passion qui l’absorbe au point qu’il revient trop souvent à Véra, sa femme, de s’occuper seule de leur enfant Bérénice. Endolori par la routine, le couple s’use. Si Véra le constate, Pierre n’y voit goutte. De plus, les Pénates, des divinités domestiques romaines, veillent à leur tendre les pièges ordinaires de la vie. Le sujet a beau être très quotidien et raconté sans effets de manche, Alexandre Franc parvient à en tirer un récit plein de grâce, ou le phénomène d’usure du couple est abordé avec beaucoup d’acuité et de délicatesse. (SC)

Album de famille, Asa Grennvall, 2014, l’Agrume, 112 p., 9791090743243*

Le livre commence avec Ragnar, un ami de la famille Johansson. Il leur rend visite régulièrement, car il est, en réalité, attiré par Mari, la fille aînée. Un soir, un peu ivre, il tente un geste envers elle, mais Mari n’est pas du genre à se laisser faire. Ce livre est l’histoire d’une famille salement abîmée. Comme les pièces d’un casse-tête, chaque personnage intervient à tour de rôle pour donner sa version des faits. Le portrait final est épatant, tant Asa Grennvall rassemble suffisamment de psychologie et de finesse d’écriture pour ne rien épargner à ses personnages tout en restant, en fin de compte très nuancé. (SC)

Le Jardin de Mimi, Yoon-Sun Park, 2014, Misma, 96 p., 9782916254388*

Ça commence comme une de ces bandes dessinées documentaires qui donnent des recettes de bouffe et de jardinage avec un train-train de joie de vivre. Non seulement ce serait réducteur de résumer ainsi Le Jardin de Mimi, mais aussi assez faux. La chatte Mimi est la propriétaire d’un jardin auquel elle tient énormément, mais c’est aussi un chat. Un chat anthropomorphisé, mais un chat quand même, avec ses manies de chasseur, son obsession maladive du lait, et son caractère lunatique. En compagnie de ses poules bavardes, de son ami inventeur et des limaces qui tentent de conquérir très lentement son jardin, les aventures décalées de Mimi ne manqueront pas d’amener la bonne humeur chez le lecteur le plus dépressif. (BN)

Vous êtes tous jaloux de mon jetpack, Tom Gauld, 2014, Alto, coll. « Rubato », 128 p., 9782896941766*

L’auteur écossais Tom Gauld a déjà atteint une certaine renommée dans le monde anglo-saxon grâce à ses strips dans The Guardian et ses bandes dessinées à l’humour très particulier. Malheureusement, il n’est que très peu connu dans la francophonie, ne serait-ce que parce que seules deux de ses bandes dessinées ont été traduites en français. Heureusement, c’est un outrage qui est en train de se résorber, puisqu’un recueil de ses meilleurs gags vient d’être traduit. Des histoires de 3, 4, 5 ou 6 cases, ces planches vont droit au but, et quand elles ne font pas rire aux éclats leur lecteur, elles réussissent toujours à le faire sourire, d’un élan peaufiné et sincère. Avec ses blagues littéraires, des réflexions sur la hiérarchie des genres, et ses exercices de style minimalistes (comme le recueil d’histoires à partir d’un jeu d’échecs), Vous êtes tous jaloux de mon jetpack est un assemblage ingénieux, original et vivifiant mêlant savamment l’humour absurde à l’intelligence narrative. (BN)

Le maître des livres T.1, Umiharu Shinohara, 2014, Komikku, 185 p., 9791091610629*

Cette série de manga est une vraie bibliothèque à elle seule! Et pas n’importe quelle bibliothèque : une bibliothèque spécialisée en littérature jeunesse. Les rayons – pardon! – les pages de ce seinen redonnent à cette littérature toutes ses lettres de noblesse et permettent à tous de redécouvrir les classiques du genre. Attention, en suivant plusieurs personnages passionnés du livre, vous courez le risque de suivre le même chemin qu’eux ! (AP)

Moi, assassin, Keko et Antonio Altarriba, 2014, Denoël Graphic, 134 p., 9782207116883*

Enrique Rodriguez Ramirez est un professeur d’histoire de l’art et un spécialiste réputé sur la représentation de la souffrance dans l’art. C’est aussi un tueur en série. Il ne se présente pas comme un maniaque sadique ou pervers, mais plutôt comme un artiste, un chercheur dans l’art du meurtre. Il se sent obligé d’innover pour chacune de ses « créations », chaque meurtre étant une œuvre d’art unique. L’assassin nous explique sa « démarche artistique » et les raisons motivant ses actes. Un album dérangeant et intense, porté par un graphisme superbe. Incontournable. (PP)

Voix de la nuit, Ulli Lust d’après Marcel Beyer, 2014, Çà et là, 364 p., 9782369902034*

Après la parution en 2010 de Trop n’est pas assez, qui lui valut le prix Artémisia de la bande dessinée féminine de l’année, nous attendions calmement un nouvel opus d’Ulli Lust. Notre patience est récompensée avec cette adaptation d’un roman de Marcel Beyer relatant la rencontre d’Hermann Karnau, un acousticien allemand embrigadé par le régime à cause de sa théorie sur la langue allemande, et Helda Goebbels, la fille aînée du ministre de la propagande nazie. Lust joue habilement sur ces deux univers diamétralement opposés en alternant les tons de bichromie pour chacun des protagonistes : tons sombres et violents pour Hermann, trop investi dans son projet pour réaliser l’horreur qui l’entoure ; teintes plus douces et effacées pour Helga, adolescente qui pressent la catastrophe inéluctable qui les attend dans le bunker d’Hitler. Le son est évidemment omniprésent tout au long du récit, faisant office de métronome lugubre annonçant l’apocalypse d’une idéologie. Cet ouvrage dense et envoûtant est à lire à tout prix. (RSH)

INTÉGRALES ET COMPILATIONS

Soulignons la réédition du premier tome de la série Barbarella (Humanoïdes Associés, 9782731697612*) en grand format et numéroté, considéré par plusieurs comme la première bande dessinée pour adultes lors de sa parution en 1964, et d’un recueil de huit contes cruels et iconoclastes de Roland Topor, Strips panique (Wombat, 9782919186624*), parus entre 1962 et 1996. (RSH)

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Sélection et rédaction d’Hélène Brosseau, Sylvain Cabot, Boris Nonveiller, Aurélie Philippe, Patrick Pilote et Réjean St-Hilaire.

* Commandez ces titres sur monet.leslibraires.ca en suivant les hyperliens des ISBN.

 


15 octobre 2014  par nos libraires BD

Bandes dessinées : la crème de septembre

Comme chaque mois, notre équipe de libraires spécialisés en bandes dessinées passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces récits complets et autres premiers tomes, question d’aiguiser votre appétit livresque…

BANDES DESSINÉES QUÉBÉCOISES – ADULTES

Je sais tout, Pierre Bouchard, 2014, Pow Pow, 108 p., 9782924049167*

Savoir des choses, c’est bien. Mais tout savoir, c’est mieux. Ça tombe bien, d’ailleurs, parce que Je sais tout est sans aucun doute le meilleur livre qui soit pour savoir toutes les choses qu’il faut savoir sur les choses dont les gens parlent tout le temps. Des chèques géants aux servants de messe en passant par le saumon et le ballon-balai, tous les sujets de l’heure les plus intemporels sont ici décortiqués avec le genre d’exhaustivité maladive dont raffolent les joueurs de calibre olympique de Quelques arpents de piège. (Résumé de l’éditeur)

BANDES DESSINÉES ÉTRANGÈRES – JEUNESSE

Le voyage d’un hamster extraordinaire, Pauline Martin et Astrid Desbordes, 2014, Albin Michel, coll. « Jeunesse », 127 p., 9782226255013*

Les animaux de la clairière sont invités par le cousin d’ours à se rendre sur la banquise. Hamster suivra ses congénères à contrecœur, malgré son désir de se rendre plutôt sur la lune pour visiter ses supposés cousins… Titre clin d’œil aux récits de Jules Verne, ce qu’il a de vraiment extraordinaire dans ce voyage est sans contredit le caractère exécrable de ce hamster, prétentieux, méprisant, mythomane et gourmand et qui, malgré tous ses défauts, est pourtant accepté par ses amis, lui qui se croit si supérieur et exceptionnel. À partir de 6 ans. (HB)

BANDES DESSINÉES ÉTRANGÈRES – ADULTES

Chez les toubibs, Gus Bofa, 2014, Cornélius, coll. « Victor », 128 p., 9782360810857*

Avant tout, rappelons que Gus Bofa était un dessinateur formidable, largement au-dessus de la meute. Il possédait un trait unique, plus libre, plus léger, et dix fois plus mordant que tous les Alain Saint-Ogan ou Hergé de son époque. Pour notre bonheur, toute son indépendance d’esprit, toute son insoumission, percent à merveille dans Chez les toubibs, recueil de dessins d’humour tiré de son expérience personnelle (initialement publié en 1917). En 1915, Bofa a été grièvement blessé à la jambe. Il a refusé l’amputation que lui offraient les médecins, puis a été baladé d’hôpital en hôpital pendant un an. De cette expérience, il a tiré une série de dessins, cruels et vifs, sur les tristes travers des services de santé en temps de guerre. Le soldat n’y est plus qu’un numéro, voire un organe, soumis à l’inconséquence des chirurgiens. C’est souvent drôle et toujours hallucinant. De surcroît, le livre est superbe, comme toujours avec Cornélius. (SC)

Le chant du cygne T.1 : Déjà morts demain, Cédric Babouche, Xavier Dorison et Emmanuel Herzet, 2014, Le Lombard, 64 p., 9782803634088*

En pleine guerre 14-18, une poignée de poilus se retrouvent détenteur d’un curieux document : la pétition de la Côte 108. Une pétition signée par tant de soldats qu’on lui prêterait le pouvoir de renverser l’Assemblée, et par conséquent l’espoir de faire cesser la boucherie. Encore faut-il que la fameuse pétition arrive jusqu’à Paris, entre les mains de l’homme adéquat. Mis au pied du mur par les autorités, les soldats n’ont plus d’autres choix que de déserter pour porter eux-mêmes le document. Les scénaristes Xavier Dorison (WEST, Long John Silver, Human Stock Exchange et tant d’autres…), et Emmanuel Herzet (Duelliste, Narcos) tissent un récit solide et impeccablement tendu. Quant au dessin, Babouche montre toute sa maîtrise de l’aquarelle avec des ambiances colorées particulièrement généreuses. Une lointaine influence manga se perçoit dans le dynamisme et les choix de cadrages (on pense à Miyazaki), pour un résultat des plus séduisant. (SC)

Mort au Tsar T.1 : Le gouverneur, Thierry Robin et Fabien Nury, 2014, Dargaud, 60 p., 9782205071665*

Après la bande dessinée historique très convaincante sur la mort de Staline, le duo Robin et Nury se surpasse en revenant aux sources de la révolution communiste en Russie. La première partie de Mort au Tsar se déroule en 1904 et suit l’attentat sur la vie du gouverneur général de Moscou, Sergueï Alexandrovitch, un événement clé dans les coulisses de la révolution d’octobre. Il s’est fait beaucoup d’écrits sur cet assassinat politique (Camus, entre autres, s’en est inspiré pour écrire sa pièce, Les Justes), mais on s’est souvent davantage attardé au sort des révolutionnaires qu’à celle du gouverneur. Sans manichéisme, ce premier tome réussit habilement à montrer la tension qu’a connue le principal intéressé, et plusieurs ambiguïtés morales qui peuvent hanter un dirigeant en période de discorde. Le tout sous un ton de thriller politique. (BN)

Supercrooks : Le Casse, Leinil Yu et Mark Millar, 2014, Panini Comics, coll. « Best of Fusion Comics », 128 p., 9782809438314*

Un plan de cambriolage à la Ocean’s 11, dans un univers sanglant de super héros, du style Kick-Ass mais avec de super pouvoirs, c’est ce que propose Supercrooks. L’intrigue réunit une équipe de criminels paumés dotés de pouvoirs surnaturels. À cause des super héros, être hors-la-loi est devenu très dangereux, mais une clique décide de s’attaquer au légendaire super méchant à la retraite, le Bâtard, dont l’un des pouvoirs est de faire exploser des têtes à distance. Mêlant les genres, Supercrooks est une histoire de vol de banque totalement délirante avec des poussées d’adrénaline et de l’hémoglobine à volonté. Comme pour Superior, Nemesis et Kick-Ass, Mark Millar joue brillamment avec les codes des comics tout en établissant une psychologie réaliste des personnages et un style narratif brutal, éclaté et sans concession. (BN)

Tripoli, Youssef Daoudi, 2014, Glénat, 86 p., 9782723489317*

Cette bande dessinée nous montre les débuts sur la scène internationale de ce tout jeune pays que sont les États-Unis au début du XIXe siècle. À cette époque, le commerce dans la mer Méditerranée est menacé par les états barbaresques d’Afrique du nord et les États-Unis doivent payer un lourd tribut au pacha de Tripoli. La capture d’une frégate américaine par les pirates barbaresques incitera le président Jefferson à mettre sur pied une opération d’envergure pour renverser le pacha et mettre sur le trône de Tripoli un prince plus favorable aux intérêts américains. Cette opération marquera la première intervention de l’armée américaine hors de ses frontières, nous sommes en 1804. Un style graphique agréable et précis, une documentation exemplaire, voilà les ingrédients parfaits pour nous raconter cette page méconnue de l’Histoire. À découvrir. (PP)

14-18 T.1 : Le petit soldat (Août 1914), Étienne Le Roux, Loïc Chevalier et Corbeyran, 2014, Delcourt, coll. « Histoire et histoires », 55 p., 9782756035307*

Cette année marque le centenaire de la Première Guerre mondiale et de nombreux ouvrages sur le sujet nous sont présentés. Dans cette abondance de proposition, la série 14-18 est un excellent choix. Le premier tome est très bien réalisé, on nous présente le destin d’un groupe d’amis engagés ensemble dès le début du conflit. La vie des civils restés à l’arrière est aussi abordée puisqu’on nous raconte l’histoire des femmes de nos héros. Un album très bien documenté, abordant le conflit sous de multiples facettes et traitant aussi de la vie sociale du début du XXe siècle en France. Une série très prometteuse, prévue en 10 volumes (2 tomes pour chaque année du conflit). (PP)

Human Target T.1, Javier Pulido, Peter Miligan et Edvin Biukovic, 2014, Urban Comics, coll. « DC Essentiels », 392 p., 9782365775359*

Christopher Chance, surnommé la Cible humaine, est un aventurier qui adopte l’apparence et le mode de vie de ses clients menacés de mort. Engagé pour remplacer un pasteur noir dont les sermons attisent la haine de dealers californiens, Chance éprouve de plus en plus de difficulté à dissocier le vrai du faux. Avec une précision chirurgicale et un sens du rythme machiavélique, Peter Miligan tisse un thriller labyrinthique explorant les tréfonds de l’âme humaine. À lire de toute urgence! (RSH)

Fatale, Cabanes et Manchette, 2014, Dupuis, coll. « Aire Libre », 136 p., 9782800152509*

L’œuvre de Jean-Patrick Manchette, maître du néopolar décédé en 1995, a marqué son époque, et trois de ses onze romans ont déjà été adaptés en bande dessinée. On ne peut donc que se réjouir de l’initiative du fils de l’auteur, Doug Headline, qui fait à nouveau équipe avec le dessinateur Max Cabanes dans cette transposition du roman Fatale. On y suit Aimée Joubert, séduisante jeune veuve fraîchement débarquée dans la ville portuaire de Biéville, et son accession au cercle fermé de la haute bourgeoisie municipale, théâtre de grenouillage où chacun tente de tirer avantage de cette nouvelle venue. Mais quelles sont ses véritables motivations? Avec ce polar social très littéraire, Manchette poursuit son travail de sape de l’idéologie bourgeoise. (RSH)

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Sélection et rédaction d’Hélène Brosseau, Sylvain Cabot, Boris Nonveiller, Patrick Pilote et Réjean St-Hilaire.

 

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10 septembre 2014  par nos libraires BD

Bandes dessinées : la crème d’août

Comme chaque mois, notre équipe de libraires spécialisés en bandes dessinées passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces récits complets et autres premiers tomes, question d’aiguiser votre appétit livresque…

BANDES DESSINÉES ÉTRANGÈRES – PREMIERS LECTEURS

Myrmidon T.3 : Dans l’antre du dragon, Thierry Martin et Loïc Dauvillier, 2014, Éditions de la Gouttière, 32 p., 9791092111125*

Myrmidon est un jeune garçon qui n’hésite pas à troquer son pyjama pour des costumes qui le mèneront à l’aventure. Après avoir côtoyé Indiens et extraterrestres, le voici maintenant aux prises avec des dragons peu commodes. Comme à leur habitude, les auteurs usent d’astuces graphiques pour distancer le rêve du réel et ils se permettent même, ce coup-ci, d’enfermer leur héros dans une case, se jouant ainsi des codes du genre. Par sa structure répétitive et ses aventures rocambolesques, Myrmidon est une série sans texte qui plaira aux fans de la série Petit Poilu. Dès 3 ans. (RSH)

BANDES DESSINÉES ÉTRANGÈRES – JEUNESSE

Chevaliers de la chouette T.1, Ben Fiquet, 2014, Glénat, coll. « Tchô ! », 88 p., 9782723493994*

Laissez-vous entraîner dans les aventures de Manille, un jeune garçon qui rêve de devenir chevalier. Orphelin élevé dans un couvent, notre petit héros va s’associer aux Chevaliers de la chouette, une confrérie honorable mais frappée d’une étrange malédiction, pour vivre des aventures incroyables. Une princesse en péril, un baron perfide et assoiffé de pouvoir, des créatures fantastiques et effrayantes, tous les éléments des contes fantastiques sont réunis pour une histoire merveilleuse et captivante. Ajoutez à cela un soupçon de technologie étrange et anachronique bien intégré à l’histoire et vous obtenez un petit bijou en BD jeunesse. À voir ! (PP)

BANDES DESSINÉES ÉTRANGÈRES – ADOS

Un été en apnée, Max de Radiguès, 2014, Sarbacane, 60 p., 9782848657042*

Après avoir raconté la fugue du jeune Simon, en quête de son amour perdu dans 520 km, Max de Radiguès réussit à se surpasser dans le récit parallèle qu’est Un été en apnée. Cette fois-ci, on suit les vacances de Louise, l’ex de Simon, qui l’a laissé par l’entremise d’un statut Facebook. Alors que 520 km lui laissait à peine la parole, seulement quelques bribes de conversations téléphoniques et une vague excuse (« mon père me trouve trop jeune pour avoir des relations »), on a droit cette fois à sa version des faits. Sans être une suite, cette histoire complémentaire jette un nouveau regard sur l’album précédent, mais peut aussi être appréciée indépendamment de ce dernier. Max de Radiguès prouve une fois de plus qu’il maîtrise l’art de capter la mentalité de l’adolescence et l’esprit des vacances avec des dialogues intelligents, authentiques et à l’aide d’un trait simple, mais élégant. (BN)

Magda Ikklepots, Krystel et François Debois, 2014, Ankama, 58 p., 9782359104882*

Découvrez les aventures extraordinaires d’une sympathique sorcière qui vit dans un monde alternatif où la magie existe. Magda, une jeune sorcière enregistrée par le recensement des magiciens, survit à Paris grâce à des petites arnaques. Elle va cependant être impliquée dans une enquête de police touchant à la magie et qui lui révélera des choses sur son passé. Cette BD au graphisme superbe et à l’histoire pleine de rebondissements nous annonce la naissance d’une nouvelle héroïne qui fera sa marque dans la BD fantastique. Grâce à son univers, bien construit et cohérent, Magda s’impose dès son premier tome comme une incontournable du genre. (PP)

Le nouveau Tom Sawyer T.1, Ume, 2014, Komikku, 191 p., 9791091610513*

Fraîchement débarqué de Tokyo, Chiharu Kano est rapidement subjugué par la nature sauvage d’Hatena Jima, l’archipel le plus éloigné du Japon, quand il photographie un garçon chevauchant une raie manta. Ce dernier, prénommé Rindô, entraînera rapidement notre héros dans d’étranges aventures. Ume, le duo derrière l’excellente série Giga Tokyo toybox, transpose habilement l’univers de Tom Sawyer en incorporant les mœurs et la technologie contemporains dans un Japon séculaire influencé par les rites ancestraux. (RSH)

BANDES DESSINÉES ÉTRANGÈRES – ADULTES

La nuit de la Saint-Jean, Reetta Niemensivu, 2014, Cambourakis, coll. « Bande Dessinée », 96 p., 9782366240900*

Tradition ancestrale finlandaise, la nuit de la Saint-Jean est l’occasion pour la population campagnarde de fêter le solstice d’été. À cette latitude, durant cette période de l’année, le soleil ne se couche pas et la nuit reste claire. C’est donc une occasion rêvée pour passer une nuit blanche et célébrer. Reetta Niemensivu, jeune auteure originaire de cette contrée, nous gâte ici avec le récit passionnant et graphiquement éblouissant de ce dramatique fait divers – souvenir raconté par sa grand-mère – d’une de ces nuits où un orage violent transforma les célébrations en tragédie, alors que la foudre enflamma l’église où toute la population locale s’était réunie. (HB)

Angie Bongiolatti, Mike Dawson, 2014, Ça et là, 230 p., 9782916207988*

Après avoir raconté avec brio les cruautés ordinaires de l’adolescence masculine dans un camp scout (Troupe 142, Ça et Là, 2013), Mike Dawson évoque cette fois l’entrée dans l’âge adulte. Là où l’instabilité professionnelle est de mise, où l’on commence à parler des moments de bravoure de sa vie étudiante au passé, sans même s’en apercevoir. Angie Bongiolatti, jeune militante politique engagée, est le centre d’attraction de différents personnages, essentiellement masculins. Chacun d’eux se frottera au militantisme d’Angie, l’adoptera ou le rejettera. Bien plus chaleureux qu’un discours théorique sur le militantisme, l’angle de Dawson reste résolument celui du rapport humain. Sobrement, il juxtapose les tranches de vie et propose, à travers un récit riche, ce regard partial sur une question de société des plus actuelles. (SC)

Tourne-disque, Raphaël Beuchot et Zidrou, 2014, Le Lombard, 95 p., 9782803632190*

Aux yeux de la critique, le cas Zidrou commence à devenir triplement suspect. Mais attendons un instant, avant de sortir la potence. D’accord, le succès rencontré par ses albums devient systématique, ce qui est toujours louche. Ensuite, la part accordée aux bons sentiments dans ses histoires (vous avez dit consensuel ?) porte à croire que l’auteur pose un regard tendre sur l’humanité, carrément louche. Et pour finir, l’auteur produit beaucoup, dès lors toute présomption d’innocence est enterrée, et l’on ne peut qu’être face à un indigne faiseur. Oui, oui, bien sûr… sauf que le livre est bon. On assiste à la complicité inattendue entre un violoniste renommé et un domestique noir dans le Congo belge des années 20. C’est graphiquement solide comme le chêne et l’ensemble est raconté avec retenue. Si vraiment la bienveillance vous donne de l’urticaire, renoncez. Mais si vous êtes prêt à accepter l’idée que, après tout, la bienveillance n’est pas un crime, c’est délicieux. (SC)

Carnation, Xavier Mussat, 2014, Casterman, 247 p., 9782203087767*

Véritable plongée dans la psyché de son auteur, Carnation surprend à la fois par l’épaisseur de son intrigue et par son dessin surchargé de métaphores. Après une introduction touffue qui sert de mise en contexte, l’auteur Xavier Mussat fait une véritable introspection sur la relation amoureuse qui a empoisonné sa vie. Très intellectualisé, ce récit est un véritable champ de bataille émotif où la rationalité est la seule manière de ramasser les morceaux et reprendre tranquillement sa vie à zéro. Il s’agit à la fois d’un ressouvenir très personnel – une tentative d’expliquer à ses proches pourquoi il est disparu du radar pendant plus de dix ans – et une réflexion universelle sur les relations sociales, le mal de vivre, et l’interdépendance. Sans compromis, Carnation est un nouveau jalon dans la bande dessinée autobiographique, et, déjà, un incontournable dans le genre. (BN)

La saga de Ra’s Al Ghul, Mike Barr, Jerry Bingham, Norm Breyfogle, Tom Grindberg et Dennis O’Neil, Urban Comics, coll. « DC Nemesis », 296 p., 9782365775397*

Ra’s Al Ghul ou « La tête du démon » est l’un des ennemis les plus étranges mais aussi les plus féroces de Batman. Âgé de plusieurs siècles grâce à ses puits de Lazare, il vise à rétablir un certain équilibre dans le monde, la plupart du temps en éradiquant la majorité de l’humanité. Sa relation avec le chevalier noir est d’autant plus intéressante qu’il se trouve entre les deux ennemis un profond respect qui n’est balancé que par leurs convictions morales radicalement différentes. Thalia, la fille de Ra’s Al Ghul, est d’ailleurs, avec Catwoman, l’une des principales relations amoureuses de Batman. Pour la première fois publiés en français, les trois récits regroupés dans ce volume – écrits entre 1987 et 1992 – sont devenus des classiques que se doit de connaître tout fan des aventures du plus grand détective du monde. (BN)

L’Arabe du futur T.1 : Une jeunesse au Moyen Orient, 1978-1984, Riad Sattouf, Allary Éditions, 158 p., 9782370730145*

Riad Sattouf revient à l’autobiographie en racontant cette fois son enfance en Libye et en Syrie. Le lecteur découvre donc la vie au Moyen-Orient à travers le regard d’un Arabe blondinet de 3 ans. L’humour de Sattouf est au sommet de sa forme alors qu’il jette un regard rétrospectif sur sa famille, et plus particulièrement sur son père, rempli de contradictions, à la fois autoproclamé athée, et partisan fier du Coran, défenseur des valeurs modernes et grand croyant des dictateurs arabes. Le récit réussit à aborder les conditions difficiles de la famille Sattouf, telles la pauvreté et la tyrannie, sur un ton comique, créé notamment par l’incompréhension du jeune narrateur qui, par exemple, associe Dieu à Brassens. Riad Sattouf ne réinvente pas ici l’autobiographie, mais il lui donne un joli souffle. (BN)

SpyGames T.1 : Dissidents, Jung Gi Kim et Jean-David Morvan, 2014, Glénat, coll. « Grafica », 48 p., 9782723487023*

Voici les Jeux olympiques du monde de l’espionnage. Depuis 132 ans, dans l’ombre et à l’insu de la majorité de l’humanité, les services de renseignements de différents pays mettent en jeu des secrets d’État. Ils se livrent ensuite à une lutte sans merci où tous les coups sont permis pour mettre la main sur le grand prix : l’accès aux secrets mis en jeux par les participants. Cette année cependant, un groupe d’agents indépendants vient brouiller les cartes et tenter de voler les secrets : le chaos s’installe. Une idée de scénario originale, une intrigue bien ficelée, une série à lire. (PP)

Omaha Beach, 6 juin 1944, Dominique Bertail, Robert Capa, Bernard Lebrun et Jean-David Morvan, 2014, Dupuis/Magnum, coll. « Aire libre », 97 p., 9782800161983*

Une BD documentaire incontournable. Les auteurs nous font revivre le débarquement de Normandie grâce aux célèbres photos de Robert Capa, le seul photographe à avoir débarqué avec la première vague d’assaut sur Omaha Beach, à l’aube du jour J. L’album se découvre en deux temps : la première partie, en BD, nous présente Robert Capa et le débarquement. Dans la seconde partie, nous retrouvons une reproduction de ses photos accompagnée de commentaires, ainsi qu’une biographie du photographe. Nous avons là une BD très intéressante, qui traite d’un événement majeur de l’histoire de l’humanité d’une façon originale et inédite. (PP)

ANTHOLOGIE, COMPILATION ET ÉDITION DE LUXE

Les Éditions Fluide Glacial célèbrent joliment les 80 ans de Marcel Gotlib, créateur de la revue en 1975, avec cette anthologie incroyable, Gotlib et toutes ces sortes de choses… ( 9782352072652* ), truffée d’éditoriaux, de romans-photos, de paroles de chansons… et de planches célèbres. Bien-pensants s’abstenir.

Sur le front japonais, il faut souligner la parution de 24 histoires d’un temps lointain ( Kana, 9782505061298* ), un recueil de courts récits de science-fiction de Matsumoto empreints d’humanisme et quelques apparitions d’avatars d’un pirate interstellaire.

Soulignons également l’heureuse initiative de Panini avec la réédition en grand format du cultissime thriller d’Urasawa, 20th Century boys deluxe T.1 (Panini manga, 9782809440133*), nous permettant ainsi d’apprécier un peu plus la maîtrise graphique de l’auteur. (RSH)

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Sélection et rédaction d’Hélène Brosseau, Sylvain Cabot, Boris Nonveiller, Patrick Pilote et Réjean St-Hilaire.

* Commandez ces titres sur monet.leslibraires.ca en suivant les hyperliens des ISBN.


12 août 2014  par nos libraires BD

Bandes dessinées : la crème de juillet

Comme chaque mois, notre équipe de libraires spécialisés en bandes dessinées passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces récits complets et autres premiers tomes, question d’aiguiser votre appétit livresque…

BANDES DESSINÉES ÉTRANGÈRES JEUNESSE

Rien n’arrête Bidule Chouette, Cati Baur et Gwendoline Raisson, 2014, L’école des loisirs, 56 p., 9782211217835*

Bidule Chouette, rien ne l’arrête. Rien… sauf peut-être ses chaussures qui ne veulent plus avancer, ou encore; le petit étang qui amortit la chute de sa course endiablée. Mais, pour sûr, quand vient le temps pour Bidule de défendre Ramone El Cochon, pas même le terrible gros monstre à grandes dents baveux et méchant qui veut dévorer son copain, là vraiment, cette mignonne emplumée, rien ne l’arrête… Petites leçons de vie et de courage concoctées par la prolifique auteure de livres jeunesses Gwendoline Raisson en trois courtes histoires agrémentées des jolis dessins expressifs de Cati Baur, qui nous avait offert la délicieuse adaptation en bandes dessinées du roman Les quatre sœurs. À partir de 5 ans. (HB)

Les trois pires histoires de pirates, Perceval Barrier et Thomas Bretonneau, 2014, L’école des loisirs, coll. « Album », 68 p., 9782211215701*

D’entrée de jeu, on peut être intrigué par le sens du titre de cet album. En quoi ces histoires de pirates sont-elles pires que les autres ? Sont-elles les plus sanglantes et cruelles ou alors, tout simplement, les plus mauvaises de toutes ? Ces trois histoires, excellentes, s’amusent plutôt à détourner les thèmes habituels de la piraterie tout en utilisant les codes et la culture de celle-ci comme hameçons de lecture. Par exemple, l’auteur utilise les accessoires du capitaine, comme dans Le garçon qui n’avait pas de perroquet, où le jeune Richard se départira par empathie de son chapeau, bandeau et crochet en les offrant aux créatures démunies de son île, ce qui lui vaudra une récompense magique à la mesure de son geste. Autant d’autres valeurs d’amitié, de partage, de liberté de choix et de travail d’équipe seront abordées dans ce très brillant petit album, orné des également « pires » pages de garde jamais contemplées. À partir de 6 ans. (HB)

Chroniques de Claudette T.1 : Chasseuse de géants!, Rafael Rosado et Jorge Aguirre, 2014, Akileos, 202 p., 9782355741630*

Claudette est une petite fille dégourdie et aventurière qui n’a qu’un objectif : chasser et tuer des géants pour devenir célèbre. Elle a réussi à enrôler sa meilleure amie – Marie, une princesse stagiaire – et son petit frère – Gaston, apprenti pâtissier et forgeron – dans sa quête. Les trois amis vont vivre des aventures palpitantes et rocambolesques qui vont les faire grandir et leur apprendre des choses sur eux-mêmes. Un album très drôle qui ne se prend pas au sérieux, malgré quelques petites leçons de morale, mais sans le ton moralisateur. Les enfants développent leur amitié et découvrent que parfois les apparences peuvent être trompeuses. Un petit bijou, à lire en famille. À partir de 10 ans. (PP)

BANDES DESSINÉES ÉTRANGÈRES ADULTES

Iba, Pierre Maurel, 2014, Casterman, coll. « Professeur Cyclope », 132 p., 9782203088047*

Album après album, Pierre Maurel n’en finit pas de nous surprendre. Il livre ici un récit chargé d’angoisse dessiné avec un aplomb remarquable. Élise souffre d’une récente rupture amoureuse. Entre deux crises de larmes, elle retrouve de façon récurrente Iba, l’amie imaginaire de son enfance. Malheureusement, Élise semble être devenue la proie de cette figure de cauchemar. L’étrangeté de ce récit savamment dosé s’étend comme une ombre, on frissonne. (SC)

J’ai pas volé Pétain mais presque…, Bruno Heitz, 2014, Gallimard, coll. « Bayou », 90 p., 9782070655694*

Il est très fort ce Bruno Heitz. Dès les quatre premières pages, il est capable de composer une évocation de la campagne française d’une saveur irrésistible. Avec son dessin à peu près aussi sophistiqué qu’une Citroën 2CV, Heitz  nous emmène sur la piste des voleurs du cadavre du fameux Maréchal Pétain. Comme dans C’est pas du Van Gogh mais ça aurait pu et J’ai pas tué De Gaulle mais ça a bien failli, c’est encore le brave Jean-Paul qui conduit l’enquête comme il peut. L’intrigue est surprenante à souhait, le récit est mené d’une main de maître. Encore une petite merveille de Bruno Heitz. (SC)

Ed the happy clown, Chester Brown, 2014, Cornélius, 256 p., 9782360810840*

Paru en fascicules dans le comicYummy Fur pendant les années quatre-vingt, l’épopée surréaliste Ed the happy clown est le classique de Chester Brown. Malheureusement, ce chef-d’œuvre de surréalisme trash improvisé n’a malheureusement jamais été traduit en français….jusqu’à maintenant. Le lecteur francophone pourra enfin découvrir les aventures du clown éponyme qui vont du burlesque au scatologique en passant par l’allégorie politique. L’épopée expérimentale de Brown contient, entre autres, un homme qui ne peut s’empêcher de déféquer, des vampires, un pénis dont le gland est remplacé par la tête de Ronald Reagan issu d’une autre dimension et bien d’autres choses. Cela étant dit, cet apparent ramassis de n’importe quoi retrouve une cohérence autonome qui fait d’Ed the happy clown un classique hétéroclite à ne pas manquer. (BN)

Gavrilo Princip : l’homme qui changea le siècle, Henrik Rehr, 2014, Futuropolis, 232 p., 9782754810982*

Tout le monde connaît, ne serait-ce que de nom, l’archiduc Franz Ferdinand et son assassinat qui furent, après un demi-siècle de tensions internationales et de montées nationalistes, l’élément déclencheur de la Première Guerre mondiale. Ce qu’on connaît moins, c’est son meurtrier, le serbe de Bosnie Gavrilo Princip, qui mit le feu aux poudres et enflamma le vingtième siècle. L’histoire peut paraître anecdotique, mais c’est à travers ce fait divers qu’Henrik Rehr profite de l’occasion pour rendre palpable, avec une vigueur plutôt surprenante, l’atmosphère politique et sociale particulièrement chargée de l’époque. Princip est un homme de son temps, un temps révolu, résolu et dépassé. Comprendre ses nuances n’en demeure que plus difficile… et essentiel. (BN)

Choc T.1 : Les fantômes de Knightgrave, Éric Maltaite et Stéphane Colman, 2014, Dupuis, 88 p., 9782800157573*

On revisite ses classiques avec cette excellente BD sur l’adversaire de Tif et Tondu. L’album vise vraisemblablement un public un peu plus âgé que celui de la série originale, mais le résultat final est des plus intéressants. On découvre l’origine de ce méchant énigmatique et on comprend mieux pourquoi il s’est tourné vers le crime. La vie ne lui a pas fait de cadeaux et la terre entière va payer. Une bonne histoire où s’entremêlent le passé et le présent, le criminel revisitant certains lieux et des souvenirs de son enfance lui revenant en mémoire. Le bandit en deviendrait presque sympathique alors qu’il orchestre un attentat majeur avec de multiples bombes dans un aéroport. Un album à découvrir. (PP)

Alexandre, L’Épopée T.1 : Un roi vient de mourir, Gildas Java, David Chauvel, Michaël Le Galli, 2014, Glénat, coll. « Grafica », 64 p., 9782723481236*

Alexandre le Grand est une figure mythique de l’histoire. Ses conquêtes hors du commun et tout ce qu’il a réalisé lors de sa courte vie lui accordent une place particulière dans l’histoire de l’humanité. Les auteurs nous présentent ici ses aventures à travers le regard de Pyrrhus et Eurydice, deux jeunes nobles, ami d’Alexandre, mais ayant tout perdu lors de la disgrâce de leur père sous le règne du roi Philippe. Nos héros verront la montée au pouvoir d’Alexandre et les luttes internes causées par l’avènement d’un nouveau roi. Quelques autres personnages secondaires (un vétéran en quête d’un trésor, l’assistant du médecin d’Alexandre…) nous montrent aussi comment se déroulait la vie à cette époque. Un album aux dessins somptueux et doté d’une riche documentation, à lire. (PP)

BEAUX LIVRES ET INTÉGRALES

C’est en grande partie grâce au casting d’Arnold Schwarzenegger, dans les années 80, que Conan le barbare a été connu du grand public. Et, pourtant, le Cimmérien fit sa première apparition en 1932 dans les pages du magazine Weird Tales pour ensuite être célébré par des dizaines de romans, des centaines de bandes dessinées et des films cultes. Cette monographie écrite par un spécialiste du personnage, richement illustrée et contenant de nombreux documents rares, raconte la longue histoire de cette icône populaire. Conan : Sur les traces du Barbare ( Huginn & Muninn, 9782364801608* ). (HB)

Le revoici! Intuable, bien que longtemps introuvable, le premier héros moderne de la bande dessinée québécoise paraît enfin pour petits et grands en version intégrale. Entre pastiche, parodie et aventures rocambolesques, les péripéties de Michel Risque ( La Pastèque, 9782922585971* ) ont beau dater de presque un demi-siècle, leur humour et leur satire politicosociale, qui ne se prend jamais trop au sérieux, n’ont pas pris une ride. À découvrir ou redécouvrir. (BN)

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Sélection et rédaction d’Hélène Brosseau, Sylvain Cabot, Boris Nonveiller, Patrick Pilote et Réjean St-Hilaire.

 

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