
Le dimanche 18 septembre 2011, les lauréats du Prix jeunesse des libraires du Québec seront dévoilés. Les libraires auront fait leur choix parmi les 18 titres finalistes. Dans un article précédent, je vous ai présenté la sélection finale des titres québécois, mais comme pour le volet adulte, ce prix comporte aussi une catégorie hors Québec. Voici donc les titres étrangers publiés durant la dernière année qui ont séduit les membres du jury par leur grande qualité.
1re catégorie : 0-4 ans

Un premier livre qui nous a tous charmés par son propos et la simplicité de ses illustrations combien efficaces et adorables est Cou-ci Cou-ça de Anne Louchard. Comment les girafes, affublées de ce cou interminable, font-elles pour dormir ? L’album, cartonné avec volets, propose une série d’hypothèses des plus craquantes jusqu’à la finale toute poétique.
Super Beige de Samuel Ribeyron est, quant à lui, irrésistible avec son allure d’anti-héros beige et morne. Ce n’est pourtant pas l’envie de sauver le monde qui lui manque à ce petit bonhomme ! À son grand désarroi, tous ceux à qui il offre son aide semblent satisfaits de leur propre condition. Mais un héros est un héros ! Fabuleux d’originalité !
Dans une approche plus tendre, Sur ma tête, d’Émile Jadoul, nous fait entrer dans l’imaginaire des enfants avec le petit Gaston qui se rend compte qu’un oiseau jaune a élu domicile sur sa tête. Pourtant, il n’y a que lui qui puisse le voir… Un album d’une grande douceur tout en simplicité comme M. Jadoul sait si bien le faire.
2e catégorie : 5-11 ans

Jo Hoestlandt nous a habitués à des textes forts. Le bébé tombé du train ne fait pas exception. Ce court roman illustré (ou album, c’est un objet difficile à identifier) raconte l’histoire d’Anatole, un vieil homme solitaire qui, un jour, trouve un bébé dans son jardin, aux abords du chemin de fer. Il en prendra soin, le nourrira, l’aimera. Mais un jour, au loin, une femme vient vers eux… L’une des histoires les plus touchantes que j’ai pu lire sur le sujet de la déportation juive.
Quel réjouissant album que ce Charles à l’école des dragons ! Impressionnant, d’abord, par ses magnifiques illustrations qui sont soutenues par le très grand format que l’éditeur Seuil jeunesse a bien osé confectionner. Il n’en fallait pas moins pour faire honneur à Charles, jeune dragon, venu au monde avec de trop longues ailes et de trop grosses pattes griffues pour pouvoir voler. À l’école des dragons, Charles préfère donc écrire des poèmes plutôt que de s’élancer dans le ciel. Mais il suffit parfois d’un petit rien du tout pour se surprendre soi-même. Les talents combinés d’Alex Cousseau (texte) et Philippe-Henri Turin (illustrations) en font un album exceptionnel, tant du point de vue visuel que textuel.
Thème touchant que celui du deuil. Arnaud Almeras et Robin l’abordent tout en finesse dans Là où mamie est partie… « Peut-être qu’elle se sent légère comme les cosmonautes ? » se demande son arrière petite-fille. Plusieurs autres questions se succéderont dans sa tête de jeune fille. Mais elle ne trouvera qu’une seule véritable réponse, celle qui compte le plus : jamais, elle n’oubliera sa mamie.
3e catégorie : 12-17 ans

Le roman de Watt Key, Alabama Moon, nous prend au cœur. Moon, dix ans, a toujours vécu avec son père reclus au fin fond de la forêt de l’Alabama. Ce dernier, vétéran du Vietnam, entretient une haine vorace contre le gouvernement et a appris à son fils à ne jamais dépendre des autres. Mais lorsque Moon se retrouve seul, après la mort de son père, il doit faire un choix : suivre les préceptes de celui qui lui a tout appris ou écouter son instinct et aller vers les autres. Un roman captivant, d’une grande profondeur psychologique !
Avec Terrienne, Jean-Claude Mourlevat réussit à combler une fois de plus nos attentes. La sœur d’Anne a disparu depuis la célébration de son mariage un an plus tôt. Ensuite, silence radio… Jusqu’au jour où Anne perçoit un son venu d’ailleurs, un appel à l’aide. C’est en traversant le passage vers l’autre monde, là où respirer peut s’avérer dangereux, qu’Anne commence sa quête. Des notes d’étrange merveilleux, d’aventure et de suspense nous tiennent en haleine du début jusqu’à la fin. Les images fortes de symboles nous restent longtemps en tête.
À la fois intrigue policière, roman d’aventures et histoire d’amour, Vango de Timothée de Fombelle est une saga incroyable ! Dès les premières lignes, le rythme est lancé avec une course poursuite dans le Paris de 1934. Vango doit fuire plus d’une menace : d’abord la police qui l’accuse, mais aussi des forces mystérieuses qui ne le lâchent pas. Son aventure l’amènera loin, très loin et pourtant peut-être plus près de lui-même qu’auparavant.
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Maintenant que la production littéraire jeunesse de la dernière année a été découverte, scrutée, savourée, n’imaginez pas que c’est terminé. Les nouveautés ne cessent d’arriver et nous dénichons déjà certains romans, albums et livres pour les tout petits qui feront partie de nos lectures d’exception pour le prochain Prix jeunesse des libraires du Québec. Mais avant, nous avons tous rendez-vous le 18 septembre pour le dévoilement des premiers lauréats.
Cou-ci Cou-ça, Anne Louchard, Minéditions, 14 p.Super Beige, Samuel Ribeyron, Le Vangeur masqué, 26 p.
Sur ma tête, Émile Jadoul, L’École des Loisirs, coll. « Pastel », 36 p.
Le bébé tombé du train, Jo Hoestlandt, ill. par Andrée Prigent, Oskar, coll. « Trimestre », 47 p.
Charles à l’école des dragons, Alex Cousseau, ill. par Philippe-Henri Turin, Seuil jeunesse, 40 p.
Là où mamie est partie…, Arnaud Alméras, ill. par Robin, Nouvel Angle, 30 p.
Alabama Moon, Watt Key, trad. par Maïca Sanconie, Bayard, coll. « Millezime », 453 p.
Terrienne, Jean-Claude Mourlevat, Gallimard, 386 p.
Vango, Timothée de Fombelle, Gallimard, 370 p.

















