Le Délivré

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21 décembre 2011  par Isabelle Melançon

Habibi : changer l’eau en or

L’Américain Craig Thompson, l’auteur de Blankets, charme à nouveau ses lecteurs grâce au scénario enivrant et aux dessins foisonnants de sa nouvelle œuvre, Habibi.

Presque sept ans on été requis pour permettre à Thompson de développer, d’esquisser, d’encrer, et de finalement signer  les 672 pages qui la composent. L’attente en a valu la peine, puisque ce roman graphique est déjà  nominé pour plusieurs prix, faisant notamment partie de la sélection officielle du Festival d’Angoulême.

Entremêlant onirisme et réalité, empli de citations du Coran et de contes bibliques, Habibi offre un récit complexe qui se penche sur les thèmes de  la sexualité, de la pureté, de l’amour et de la foi, à travers l’épopée d’un jeune couple brisé  évoluant dans un Moyen-Orient intemporel – où le palais d’un sultan voisine un dépotoir et un barrage hydroélectrique –, le tout enrobé d’une magnifique  atmosphère orientale digne des Mille et une nuits.

Le couple est composé de la belle Dodola, qui adore raconter des histoires, et du doux Zam, qui raffole de les écouter. Les deux se sont trouvés par hasard lorsque que l’une avait douze ans et l’autre, trois, alors que tous deux étaient détenus par des trafiquants d’esclaves.

Après avoir réussi à fuir, les deux habitent ensemble dans le désert. N’ayant aucune autre manière de marchander pour de la nourriture, Dodola se prostitue auprès des caravanes qui passent, à l’insu de Zam. Alors que les enfants grandissent, des rumeurs au sujet de Dodola, la « courtisane du désert », parviennent aux oreilles du sultan, qui la désire dorénavant dans son harem. La petite famille recomposée  est alors séparée. Ainsi commence une longue quête pour la jeune conteuse et son petit protégé : les deux ne se retrouveront qu’à l’âge adulte.

Le personnage de Dodola est une sorte de Shéhérazade, qui d’abord raconte des histoires à Zam pour l’aider à survivre et à apprendre, mais qui ensuite, tout comme Shéhérazade, est prisonnière des envies et des épreuves d’un sultan qui a peur de l’ennui. Ce dernier lui demande même, pour racheter sa liberté, de changer l’eau en or ! Dodola est forte, elle représente l’intelligence et la sensualité ; toutefois,  son corps, plutôt que vénéré et étreint,  est convoité et maltraité par les hommes… Avec comme résultat  que Dodola  en vient à séparer son esprit de sa chair : pour elle, son corps n’est pas le sien ; il n’est qu’un outil, une marchandise. Ainsi, dans sa quête, le personnage de Dodola doit quitter une prison, celle du sultan, mais également recréer le lien entre son corps et son esprit afin de pouvoir jouir de cette éventuelle liberté.

La quête de Zam propose des épreuves complémentaires à celles de Dodola. Zam est également prisonnier. Voyant comment les hommes de caravane traitent Dodola, ce dernier croit que les pulsions sexuelles qu’il éprouve sont malsaines et doivent être réprouvées. Zam évolue librement dans le monde, mais crée ses propres murs, en s’imposant des limitations très strictes qui transforment son corps et son esprit. Ses pulsions forment une sorte de cage pour lui. Malgré cela, l’amour qu’il éprouve pour Dodola est pur ; mais Zam ne peut le réaliser, puisqu’il refuse d’accepter ou de comprendre sa sexualité.

Le nom de Zam signifie « source » ; tout comme l’eau, celui-ci est constant et déterminé. Il finit par retrouver Dodola. Ensemble, le couple doit acquérir une liberté physique et mentale. Ensemble, ils doivent échapper à l’emprise du sultan ; ensemble, ils doivent apprendre à partager un amour à la fois filial, spirituel et sensuel.

Le thème principal de cet ouvrage est bien sûr l’amour (et la sexualité qui y est liée), mais celui de l’écologie est également très présent : le palais du sultan est propre et superbe, mais la ville environnante est polluée et dégoûtante, et, plus loin, le désert n’est que sable et mort. Dans Habibi, l’environnement est à l’image des humains qui le façonnent. Le  barrage, par exemple, retient l’eau comme les personnages retiennent leurs désirs. La pollution s’affirme d’unepart comme métaphore de la souillure et de la recherche de pureté des personnages, et d’autre part sert également à montrer les résultats de la cupidité et de la négligence des antagonistes. Cependant, si on peut aussi évidement y comprendre que Thompson encourage clairement ses lecteurs à préserver la planète, son parti pris écologiste manque malheureusement quelque peu de subtilité.

Tout comme le scénario, les dessins sont composés de multiples couches complexes que le lecteur découvre avec émerveillement lorsqu’il aperçoit  les poèmes et symboles arabes se cachant parmi les décors détaillés. Les dessins sont composés de traits vibrants d’un noir profond.  Les cases sont parsemées de moult ornements. Les personnages sont expressifs et bien caractérisés. Rien que pour le dessin, on relit Habibi encore et encore.

Bref, l’auteur tient son lecteur en haleine grâce à un dessin et un scénario remarquable se penchant sur des thèmes complexes : la sexualité, la religion, l’environnement, etc., soit les mêmes thèmes que ceux exploités dans son œuvre précédente, Blankets. Mais l’environnement unique d’Habibi, ses personnages et leurs souffrances, apportent des réponses différentes à ces thèmes qu’affectionne l’auteur.

Je vous laisse le soin de lire le livre pour découvrir si la jeune Dodola parvient à transformer l’eau en or. Toutefois, je peux vous assurer que Craig Thompson, lui, sait changer l’encre en or…

* * *

Habibi, Craig Thompson, 2011, Casterman, coll. « Écritures », 672 p., 9782203003279*


24 octobre 2011  par Isabelle Melançon

Adorables petits monstres

Qui dit « automne » dit « Halloween ». La saison des feuilles mortes est accompagnée par le traditionnel bal des morts-vivants et des fantômes, alors que défilent dans les rues les enfants en costumes avides de friandises et de frissons. Voici quelques suggestions de bandes dessinées qui vont vous permettre de rentrer dans l’ambiance de cette nuit de l’étrange et qui pourront même vous donner des idées de costumes !

Pour les petits

Voici quelques séries classiques à lire ou à relire à la lumière des lanternes-citrouilles. Fans de sorcières, de vampires et de gobelins, je vous conseille la série Mélusine, qui suit les mésaventures humoristiques d’une « jeune » (119 ans) et jolie sorcière moderne, fille au pair dans un château de Transylvanie. Mélusine doit gérer ses copines maladroites, sa tante, une sorcière plus traditionnelle, et ses employeurs, un fantôme et un vampire, tout en réussissant ses cours de sorcellerie et en cherchant le prince charmant.

Si vous préférez les squelettes, lisez plutôt Pierre Tombal, une série humoristique ayant pour héros un fossoyeur sympathique et joyeux qui aime bien s’occuper de ses « petits pensionnaires » au cimetière, alors que ces derniers cherchent plutôt à agacer les vivants.

Si vous recherchez des crocs plus que des os, jetez-vous sur Monster Allergy, afin de découvrir les aventures de Zick, un garçon allergique possédant le don mystérieux de voir et contrôler les monstres, et d’Elena, sa meilleure amie, fascinée par le monde invisible peuplé de ces mêmes créatures qui se trouve juste au-dessus de leur ville… Ensemble, les deux amis voient ce que les autres n’osent pas regarder et jouent les apprentis détectives pour aider les humains, les fantômes … et même les monstres. Avec ses dessins dynamiques et ses mystères surnaturels, Monster Allergy est une série idéale pour les petits détectives de l’étrange en herbe. Mais n’oubliez pas vos mouchoirs !

Pour les adolescents

Billy Brouillard, c’est l’histoire d’un garçon qui aime la pluie, la solitude et qui a le don de voir ceux que les autres ne voient pas. Dans cette série aux dessins magnifiques et adorables, Billy discute avec les créatures fantastiques et horribles du monde des ténèbres qui l’entoure, dans des aventures ponctuées de poèmes morbides et d’humour noir. À lire absolument pour tout amateur de Tim Burton !

Maintenant, si vous préférez l’action à la poésie, je vous recommande Les Démons d’Alexia, Ashrel ou D.Gray-Man

Dans Les Démons d’Alexia, Alexia, exorciste de haut niveau, est recrutée par le CRPS, c’est-à-dire le Centre de Recherche des Phénomènes Surnaturels. Cette institution remplit le mandat de réguler le plus discrètement possible les interactions entre le monde surnaturel et le nôtre… Si Alexia devient vite une employée indispensable du CRPS, la situation se retourne lorsque ses collègues découvrent qu’elle est la descendante de la sorcière Sarah Perkins, l’ennemie ultime du CRPS. Alexia doit alors décider si elle est sorcière ou exorciste, et ce choix est loin d’être simple ! Avec son mélange d’ingrédients du polar et de Buffy contre les vampires, et grâce à son héroïne complexe et motivée, Les Démons d’Alexia est une série qu’on ne peut s’empêcher de lire d’une traite.

Dans un monde fantastique, Pahn, jeune palefrenier fuyant le royaume d’Orwany, rencontre par hasard Ashrel, qui, lui, fuit un groupe de villageois en colère ! Ceux-ci poursuivent Ashrel car il possède un don bien singulier – celui de réveiller les morts, mais sans pour autant leur rendre la vie… Les deux jeunes gens se retrouvent alors mêlés à des complots royaux et débutent une grande quête. Ashrel construit pour le lecteur un monde riche, dessiné avec un souci du détail poussé, s’inspirant de la mythologie et de la fantaisie, dans lequel évoluent des personnages complémentaires et mystérieux.

Dans la série D.Gray-Man, le monde d’Allen Walker est menacé par des entités maléfiques créées par le malfaisant Comte Millénaire à partir des âmes des défunts. Seule une lignée d’exorcistes spécialement entrainés semble être en mesure de combattre ces créatures, et Allen Walker veux devenir l’un d’entre eux. Mais ses extraordinaires pouvoirs et ses mystérieuses cicatrices trahissent aussi un terrible secret : en effet, il aurait un lien avec le groupe des « Noah », les sbires du terrible comte… Dans ce manga idéal pour les fans de shônen, on retrouve tous les classique du genre : des bonnes bagarres, un groupe de héros attachants, un gros méchant terrible et voilé de mystère… Le tout complété par un découpage dynamique et un trait contrôlé.

Finalement, pour les adultes…

Visitez le monde gore, érotique et humoristique de Junko Mizuno, auteure de manga et illustratrice de renom, grâce aux traductions des ses œuvres La petite sirène, Hansel et Gretel et Cinderalla par les éditions IMHO. Mizuno adapte de façon créative, sombre et mignonne ces contes bien connus en y ajoutant des zombies, des monstres marins, des amputations et des amourettes tragiques. Des bandes dessinées à ne pas manquer pour les mordus de manga et de design graphique.

C’est Arthur de Pins, un autre talentueux illustrateur, qui nous donne la dernière bande dessinée à figurer dans cette sélection. Avec Zombillénium, celui-ci nous invite à un parc d’attractions où monstres et zombies se côtoient pour le meilleur comme pour le pire. Travaillant exclusivement à l’ordinateur, Arthur de Pins façonne un monde fantasmagorique des plus réjouissants, où la sorcière Gretchen doit, à contrecœur, s’occuper de la nouvelle recrue du parc, le récemment décédé Aurélien. Cependant, Aurélien à un potentiel énorme, ce qui attire l’attention des plus hauts placés. Mais ce n’est pas toujours une bonne chose, dans un endroit comme Zombillénium…

Et voilà de quoi nourrir vos cauchemars et vos fous rires pendant quelque temps. Joyeuse Halloween à tous !

* * *

Pour commander Mélusine (19 t. parus,), Clarke et Gilson, Dupuis, 48 p. ch., 9782800121765.
Pour commander Pierre Tombal (27 t. parus), Hardy et Cauvin, Dupuis, 48 p. ch, 9782800113234.
Pour commander Monster Allergy (20 t. parus), Barbucci, Centomo et Artibani, Soleil, 44 p. ch, 9782302004917.
Pour commander Billy Brouillard (3 t. parus), Bianco, Soleil, coll. « Métamorphoses », 137 p. ch, 9782302003903.
Pour commander Les Démons d’Alexia (7 t. parus), Dugomier et Ers, Dupuis, 48 p. ch, 9782800135793.
Pour commander Ashrel (3 t. parus), Valp, Delcourt, 46 p. ch, 9782756023724.
Pour commander D.Gray-Man (21 t. parus), Katsura Hoshino, Glénat, 196 p. ch, 9782723455848.
Pour commander La petite sirène , Junko Mizuno, IMHO, 143 p., 9782915517095.
Pour commander Cinderalla, Junko Mizuno, IMHO, 107 p., 9782915517002.
Pour commander Hansel et Gretel, Junko Mizuno, IMHO, 130 p., 9782915517040.
Pour commander Zombillenium (1 t. paru), Arthur De Pins, Dupuis, 46 p. ch, 9782800147215.


17 octobre 2011  par Isabelle Melançon

Mon top 10 de la BDQ !

Le Québec profite d’un certain succès dans le monde de la bande dessinée. En effet, bon nombre d’artistes québécois sont édités en Europe par de grands éditeurs tels Dargaud, Delcourt, Casterman, etc. ; citons par exemple les Sherbrookois Delaf et Dubuc, dont la série Les nombrils est publiée chez Dupuis. Le Québec sert également d’inspiration pour des auteurs européens, tels Loisel et Tripp, qui ont concocté ensemble Magasin général, superbe série sur la vie champêtre des années 30 dans un petit village fictif de la région de Charlevoix. Bref, sur la scène internationale, le Québec est à la mode.

Toutefois, qu’en est-il de la bande dessinée québécoise comme telle ? J’entends par bande dessinée québécoise, souvent appelée « BDQ » (ou encore « BDK » dans la décennie 1970), la bande dessinée créée par un ou des Québécois et éditée par une maison d’édition québécoise.

Pendant très longtemps, la BDQ s’est exprimée dans des magazines, des fanzines et des publications à compte d’auteur. Puis, dans les années 1990, quelques maisons d’édition, toujours actives aujourd’hui, ont été créées, dont Les 400 coups et La pastèque… Depuis, la bande dessinée québécoise est de plus en plus présente sous forme d’albums et de romans graphiques, et explore tous les genres, de l’humour à l’aventure, en passant par le polar ou les récits du quotidien.

Donc, la BDQ est présente et bien vivante. Mais quelles sont les meilleurs titres québécois ? Ceux qui enchantent les lecteurs ? Ceux qu’on lit et relit sans arrêt ? Afin de guider les lecteurs avides de bandes dessinées québécoises dans leurs choix de lectures, voici mon palmarès personnel, mon « Top 10 de coups de cœur BDQ » :

Numéro 10. L’Académie des chasseurs de primes est une série mélangeant humour, action et science-fiction, dans laquelle un groupe d’adolescents aux talents divers et mystérieux étudient dans une école reconnue dans tout l’univers pour les capacités de ses gradués à faire régner la justice interstellaire. Cette série est intéressante pour plusieurs raisons : tout d’abord, le dessin de Benoît Godbout est superbe et efficace, et enchantera les lecteurs avides de séries européennes comme Sillage ou Travis ; ensuite, on s’attache rapidement aux personnages et à l’univers détaillé qui les entourent. En somme, cette série est idéale pour les amateurs de space opera et les adolescents.

Numéro 9. Le suicide de la déesse mélange suspense, enquête, anticipation et philosophie. Et si notre planète avait engendré les êtres humains avec pour objectif ultime de mettre fin à ses jours ? Voilà le point de départ du Suicide de la Déesse, une création littéraire que composent Ariane et ses quatre coéquipiers dans le cadre d’un travail universitaire. Des dizaines d’années plus tard, la déesse, oubliée par ses créateurs, apparaît de nouveau dans leurs vies ; leur texte a été diffusé sur Internet et les conséquences sont dévastatrices : il a inspiré une secte suicidiste cherchant à accélérer le processus fatal au nom de la Déesse. À travers les personnages, l’auteur nous immerge dans une critique écologique teintée de mysticisme. Ici, il n’est pas seulement question de  « sauver la planète », mais aussi de comprendre les désirs qui motivent les gens à la détruire, à adhérer à une telle secte… Le livre de Simon Labelle est une fable inquiétante et délicieuse.

Numéro 8. Nicolas raconte le deuil du personnage principal pour son petit frère. Le livre se divise en plusieurs petites séquences de dessins rapides mettant en scène des événements prenant place sur une vingtaine d’années. Pascal Girard montre les bons et les mauvais souvenirs du personnage, qui oscille entre mélancolie, apathie et humour, comme c’est souvent le cas lorsqu’on vieillit avec un deuil. Le ton est juste, l’émotion soutenue. Les sentiments complexes sont exprimés avec efficacité grâce à un trait simple et nerveux.

Numéro 7. Horus est un livre jeunesse incomparable mélangeant humour, histoire antique et action. Nofret est une jeune égyptienne, qui, comme plusieurs jeunes filles de son âge, se demande si elle devra se résoudre à se marier. Mais les dieux lui réservent un tout autre avenir… Puis, alors que le pharaon Touthmôsis III et sa tante se disputent le trône royal, le conflit royal est interrompu par le dieu Horus, qui revient sur terre sous la forme d’un petit garçon à tête de faucon. Menacé par d’autres dieux, ce dernier est sauvé de justesse par la jeune Nofret. Le dessin de Johane Matte, superbe et dynamique (ce qui est bien normal de la part d’une vétérane des studios Dreamworks), les rebondissements de l’histoire et les personnages recherchés sauront captiver les jeunes et les moins jeunes !

Numéro 6. Bien que cette série d’Iris et Zviane soit publiée chez Delcourt, parce que son « édition originale » est un blogue, je me considère en droit de l’ajouter à mon palmarès ! L’ostie d’chat, c’est l’histoire de Jasmin Bourvil, Jean-Sébastien Manolli et du chat immonde dont ils partagent la garde. L’histoire se concentre sur la vie de tous les jours – à la fois humoristique et triste – des personnages. Le quotidien des personnages mélange des sujets plus sérieux, tels les troubles familiaux ou mentaux, avec des complications amoureuses et des gaffes de fêtards éméchés… L’ostie d’chat, c’est simple, drôle et savoureux. Au Québec comme en Europe, la série a déjà de nombreux admirateurs.

Numéro 5. La fille invisible est une bande dessinée sensible et unique qui parle d’un problème important : celui de l’anorexie et de la boulimie. Le livre suit d’une part le personnage de Flavie, une jeune fille ayant une opinion déplorable d’elle-même, qui décide de suivre un programme amaigrissant pour devenir… une nouvelle Flavie, et d’autre part le personnage de la journaliste, qui interroge un médecin spécialiste des troubles alimentaires. Au final, l’album de Émilie Villeneuve et Julie Rocheleau présente le problème avec un ton critique et informatif, tout en créant un environnement où évoluent des personnages captivants.

Numéro 4. La vie, ça va vite. Et la vie en ville, encore plus. Cependant, la vie ralentit parfois, notamment lors de pannes d’électricité générales. C’est d’ailleurs grâce à l’une d’elles au cœur d’un été que deux jeunes voisins, qui habituellement s’ignorent, passeront un moment ensemble. Ma voisine en maillot est une ode au quotidien, aux amourettes et aux petites choses de la vie.  Le lecteur est séduit pas le rythme lent du récit et le style de dessin léger de Jimmy Beaulieu.

Numéro 3. Un ardent militant gauchiste élève seul sa fille, Alberte ; à son grand désespoir, celle-ci est un chef-d’œuvre de superficialité. Pour remédier à la situation, le père impose à sa fille le port permanent de la burqa ! Burquette propose une série de gags montrant comment Alberte et son père font face à cette situation et comment leur relation évolue grâce à ce vêtement lourdement chargé par sa signification politique et sociale. Il s’agit à la fois d’une critique sociale intelligente et de gags familiaux absurdes. Francis Desharnais puise à même l’actualité pour la restituer sous une forme légère et hilarante.

Numéro 2. Stéphanie, qui connaît un succès mitigé en tant que pigiste, commence à trouver sa vie un peu vaine. Elle dépend du salaire de son chum, à qui appartient la maison, et rêve d’avoir des enfants et des chats, alors que ce dernier ne s’intéresse ni aux uns ni aux autres. Stéphanie finit par « adopter » le chat de son amie lorsque cette dernière quitte le pays. Son chum, gravement allergique, la met au défi : c’est le chat ou lui… Mais Stéphanie choisit le chat ! Valentin d’Yves Pelletier et Pascal Girard explore les effets de la routine et l’importance des petits bonheurs qui nous motivent à vivre cette dernière avec le sourire. Cette bande dessinée drôle et intimiste, qui plaira aux amateurs de chats, fait aussi la promotion des antihistaminiques !

Numéro 1. On ne présente plus Michel Rabagliati, dorénavant un grand nom de la bande dessinée québécoise. Ses livres racontent le quotidien d’un homme dans différentes situations et à différents âges de sa vie avec humour, sensibilité et finesse. Paul en appartement, qui se déroule principalement à Montréal, est mon préféré de la série. Car la métropole y est dessinée sous tous les angles, avec un souci du détail époustouflant ! Dans ce tome, Paul, l’alter-ego de l’auteur, emménage avec sa petite amie dans leur premier appartement, au cours des années 1980. Le récit mélange des séquences montrant les études en graphisme de l’auteur, son emménagement avec sa copine Lucie et d’autres où le couple garde les deux filles de la sœur de Lucie. On ressent bien la nostalgie de l’auteur, et le récit est aussi intéressant pour un baby boomer que pour un adolescent qui vient d’emménager ; en effet, peu importe l’âge du lecteur, certaines expériences transcendent les époques…

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Pour commander L’Académie des chasseurs de primes (3 t. parus), Yanick Champoux, Michel Lacombe et Benoit Godbout, Les 400 coups, coll. « Rotor », 64 p. coul., 978284596105.
Pour commander Le suicide de la déesse, Simon Labelle, Les 400 coups, coll. « Mécanique générale », 72 p. n&b, 9782922827446.
Pour commander Nicolas, Pascal Girard, Les 400 coups, coll. « Mécanique générale », 80 p. n&b, 9782922827293.
Pour commander Horus, t.1 : L’enfant à la tête de faucon, Johane Matte, Les 400 coups, coll. « Rotor », 64 p. coul., 9782895404118.
Pour commander L’ostie d’chat, t. 1, Iris et Zviane, Delcourt, 158 p. n&b., 9782756025971.
Pour commander La fille invisible, Émilie Villeneuve et Julie Rocheleau, Glénat Quebec, 46 p. coul., 9782923621197.
Pour commander Ma voisine en maillot, Jimmy Beaulieu, Les 400 coups, coll. « Mécanique générale », 60 p. n&b, 9782922827217.
Pour commander Burquette (2 tomes), Francis Desharnais, Les 400 coups, coll. « Strips », 84 p. n&b, 9782895403661.
Pour commander Valentin, Yves Pelletier et Pascal Girard, La pastèque, 136 p. coul., 9782922585919.
Pour commander Paul en appartement, Michel Rabagliati, La pastèque, 120 p. n&b, 9782922585223.

 



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