Le Délivré
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19 juillet 2010  par David Murray

La littérature 2.0

Déjà, nous avons eu droit au roman écrit en «langage SMS», le fameux sociolecte qui a pris forme et s’est généralisé avec l’explosion du web 2.0, que ce soit via les messageries instantanées, les courriers électroniques, les forums Internet ou autres sites de réseaux sociaux. L’heure est à l’émergence d’une littérature sous le signe du texto !

Le Japon connaît d’ailleurs une mode de ces romans rédigés sur téléphone cellulaire. On les appelle les keitai roman et on en dressait l’an dernier un top 10 afin de récompenser les meilleures œuvres écrites « sur le pouce » au pays du soleil levant. Il n’y a pas que l’Asie qui soit touchée par ce phéno- mène, puisqu’en Italie un certain Roberto Bernocco a publié un roman de science-fiction rédigé sur un Nokia 6630 pendant dix-sept semaines de transport en commun, comme on peut l’apprendre sur le blogue Actualitté.com.

Mais voilà qu’une nouvelle étape a été franchie dans la sphère de la littérature 2.0 le 14 juillet dernier avec la parution sur papier du premier roman publié sur Twitter… Intitulé The French Revolution, le livre a été publié chez Soft Skull Press. Il aura fallu à son auteur, Matt Stewart, environ quatre mois pour twitter, à coups de 140 caractères, les 95 000 mots du roman. Une expérience ardue, aux dires de l’auteur, pour qui le célèbre site de micro-blogues n’est pas très adapté au roman (le contraire nous aurait surpris !) L’auteur avait décidé de tenter l’expérience afin de trouver de nouvelles façons de toucher le public ; dans la même veine, il travaille aussi actuellement avec la société Ricoh Innovations pour lancer une application pour l’iPhone basée sur son livre, peut-on lire sur technaute.cyberpresse.ca.

Contrairement aux romans SMS, dont la qualité littéraire est souvent discutable et qui n’ont pas eu l’heur de susciter l’adhésion de la critique, le roman de Stewart semble avoir reçu un accueil favorable, un chroniqueur du San Francisco Chronicle le comparant même à La conjuration des imbéciles, de John Kennedy O’Toole.

Ce qui nous amène à nous demander : quel intérêt porter à cette littérature « nouvelle génération » ? Sommes-nous devant une réelle « révolution » ou simplement un phénomène amusant et divertissant ? Si on regarde l’histoire de la littérature, on réalise que de tout temps les écrivains ont usé de multiples supports pour pondre leurs œuvres. En ce sens, le portable ou le clavier n’en constitueraient que de nouveaux avatars à travers lesquels des œuvres brillantes pourront forcément surgir un jour ou l’autre. Mais d’un autre côté, la planète 2.0 carburant plus souvent qu’autrement à l’instantanéité et à la consommation rapide, n’y a-t-il pas plutôt un risque que ces « auteurs 2.0 » ne sombrent rapidement dans l’oubli ? La question est lancée…

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2 commentaires à cet article

  1. Annie Bacon dit :

    Si je ne m’abuse, “the french revolution” n’était qu’un roman normal coupé pour rentrer dans le médium qu’est Twitter, un peu comme les permiers films à la télé n’était que du théâtre filmé d’une traite avec une seule caméra. Pas très adapté. (pour mon opinion de ce que devrait être une fiction Twitter, voir le billet suivant sur mon blogue: http://www.romanjeunesse.com/2010/04/26/ce-que-devrait-etre-une-fiction-twitter/)

    Par contre les médias sociaux de manière plus large sont déjà de belles plate-formes pour découvrir de nouveaux projets intéressants. On pense, entre autre, aux blogues transformés en format Papier, tel le livre de Mère Indigne et des (z)imparfaites. Pour Twitter, le compte de @shitmydadsays a non seulement été transformé en livre (http://shitmydadsays.com/book) mais deviendra également un “sitcom” à la télé américaine. Je suis donc tout à fait d’Accord lorsque vous dites que “le portable ou le clavier n’en constitueraient que de nouveaux avatars à travers lesquels des œuvres brillantes pourront forcément surgir un jour ou l’autre”.

    Par contre, si le 2.0 carbure à la consomation rapide, il carbure également à la consomation fréquente. Bien loin de sombrer dans l’oubli, les auteurs finissent plutôt par faire parti du quotidien de leurs lecteurs, un lien possiblement plus fort que celui généré par le livre.

  2. [...] à la lecture d’un article publié sur le blogue de la librairie Monet, soit La Littérature 2.0, je leur ai laissé un long commentaire, que j’ai cru bon de partager ici avec vous sur mon [...]

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