Comme à chaque début de mois, les libraires arpentent le Salon des nouveautés pour repérer les titres s’étant démarqués au sein de l’effarante production du mois écoulé. En voici un aperçu, question de s’aiguiser l’appétit livresque…
À signaler dans le secteur général
LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE

LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE ET CANADIENNE

BIOGRAPHIES

André Mathieu, Georges Nicholson, Québec Amérique, 584 p.
Il en a beaucoup été question dans les médias, mais nous ne pouvions passer à côté de ce qui s’affirme d’ores et déjà comme l’incontournable biographie du célèbre musicien et compositeur québécois. Surtout, Nicholson est venu remplir un vide qu’on s’explique mal. Un livre qui redonnera à l’un des plus brillants musiciens de son époque la place qui lui revient dans notre histoire collective.
Oussama ben Laden, portrait de famille. Jean P. Sasson, Najwa ben Laden et Omar ben Laden. Denoël, coll. « impacts », 420 p.
La première des cinq épouses et le quatrième fils du célèbre terroriste sont les premières personnes de son entourage proche à se confier à une journaliste occidentale. Jean Sasson a recueilli leur propos, à travers lequel on pénètre dans le quotidien d’une famille dont le chef de file glisse tranquillement vers le rigorisme religieux pour devenir la figure que l’on connaît aujourd’hui.
Èva Circé-Côté, libre-penseuse, 1871-1949. Andrée Lévesque. Le Remue-ménage.
À travers cette biographie, la seule maison d’édition francophone en Amérique du Nord spécialisée sur la condition des femmes nous présente une femme pionnière et avant-gardiste, autre grande oubliée de notre histoire collective. On y retrace le parcours de cette femme qui a fait fi des conventions de son époque et a posé les jalons des luttes que mèneront les femmes des années 1960 et 1970 au Québec.
Aimé Césaire : 1913-2008. Romuald Fonkoua. Perrin, coll. « Biographies », 392 p.
On le connaît comme un des grands auteurs antillais, et aussi comme un des grands auteurs français tout court. Mais Aimé Césaire était également un homme préoccupé par les questions d’injustice, et à l’avant-scène des luttes du tiers-monde de l’immédiat Après-guerre. Cette biographie revient ainsi à la fois sur les parcours littéraire et politique de cette figure incontournable de la deuxième moitié du 20e siècle.
POLICIER

Le camp des morts, Craig Johnson, Gallmeister, Noire, 313 p.
Little Bird nous avait fait découvrir un nouvel auteur de polar plus que prometteur. On retrouvera donc avec plaisir les enquêtes de Walt Longmire et de son meilleur ami, Henri Standing Bear.
Les derniers jours de Newgate, Andrew Pepper, Rivages Thriller, 397 p.
Qui faisait respecter la loi en Angleterre avant Scotland Yard ? Andrew Pepper nous plonge dans le Londres de 1829 et dans une enquête qui changera le pays au complet. Un récit sombre et passionnant.
Une douce flamme, Philip Kerr, Du masque, 400 p.
La trilogie berlinoise avait transporté de nombreux lecteurs pendant la seconde guerre mondiale et beaucoup avaient poursuivi avec La mort entre autres. Une douce flamme nous relate la cinquième enquête de Bernie Gunther. Cette fois-ci nous sommes en 1950 et Philip Kerr nous transporte jusqu’en Argentine, paradis des criminels nazis en exil. Ça promet un grand plaisir de lecture!
L’épouvantail, Michael Connelly, Seuil, coll. «Policiers», 544 p.
Le Connelly nouveau est arrivé. L’auteur retrouve son héros Jack McEvoy, le journaliste du Poète, pour une nouvelle enquête. Ça ressemble a un bon cru !
Romans noirs, Thierry Jonquet, Folio policier, 1014 p.
Thierry Jonquet nous ayant quitté l’année dernière, il ne nous reste plus qu’à relire ses romans devenus des classiques. Folio ressort dans un recueil quatre de ses romans noirs : Mygale, L’orpailleur, Moloch et La belle et la bête. Pour découvrir ou redécouvrir un des grands du polar français !
SCIENCE-FICTION ET FANTASTIQUE

ARTS

Après la photographie ? De l’argentique à la révolution numérique, Quentin Bajac, Gallimard, coll. «Découvertes Gallimard», 160 p.
Les saisons de la mode à Montréal, Carole Vallières, à compte d’auteur, 91 p.
Vintage T-shirts, Patrick & Marc Guetta et Alison A. Nieder, Taschen, coll. «Varia», 392 p.
L’Œuvre de l’art, Gérard Genette, Seuil, coll. «Poétique», 803 p.
SCIENCES HUMAINES

Accélération : une critique sociale du temps. Hartmut Rosa. La Découverte, coll. « Théorie critique », 474 p.
Un ouvrage d’une approche peut-être difficile, mais qui devrait stimuler quiconque désirant réfléchir sur le concept de la modernité. Celle-ci serait-elle menacée par l’accélération ? C’est ce à quoi s’attaque l’auteur dans un essai qui nous invite à relire l’histoire moderne à l’aune du concept d’accélération sociale.
Toujours contre le travail. Philippe Godard. Aden, coll. « Petite bibliothèque d’Aden », no. 31, 159 p.
Priver une personne de son travail en vient à la priver de son cerveau et de ses mains, de sa place en société. En ce sens, le travail serait-il la forme supérieure des activités humaines ? Dans cet essai, l’auteur remet en question cette posture qui voudrait que les potentialités humaines ne trouveraient leur matérialisation que dans une seule fin : le travail.
Mainstream : enquête sur cette culture qui plaît à tout le monde. Frédéric Martel, Flammarion, 442 pages
La culture de masse est un phénomène avec lequel toutes les sociétés doivent maintenant composer. Les États-Unis ne sont par contre plus les seuls exportateurs de produits de grande consommation, qu’ils soient manufacturés ou culturels. Comment s’impose tel ou tel contenu, voilà ce sur quoi s’est penché Frédéric Martel, qui annonce le début d’une nouvelle guerre des contenus.
Les pionniers de la ville durable : récits d’acteurs, portraits de villes en Europe. Cyria Emelianoff et Ruth Stegassy. Autrement, coll. « Villes en mouvement », 294 p.
Quelles villes pour demain? Les crises environnementales que nous devons affronter nous poussent à imaginer de nouvelles façons de concevoir la ville et le vivre ensemble. Cet ouvrage survole quelques-unes des initiatives qui émanent du nouveau continent en ce domaine. De quoi inspirer les décideurs d’ici, et ceux et celles qui réfléchissent sur les questions reliées à la ville.

Dix ans de solidarité planétaire : perspectives sociologiques sur la Marche mondiale des femmes. Sous la direction d’Isabelle Giraud et Pascale Dufour. Le Remue-ménage, 245 p.
On oublie parfois que la Marche mondiale des femmes est une initiative qui émane des mouvements de femmes du Québec. Quels sont les objectifs mis de l’avant et quel bilan pouvons-nous faire de ce mouvement ? C’est entre autres à ces questions que s’attaque cet ouvrage, alors que cette année on célèbre dix ans d’actions mondiales menées sous la bannière de ce mouvement.
Désobéissance civile et démocratie : sur la justice et la guerre. Howard Zinn. Agone, coll. « Éléments », 576 p.
Dans cette réédition d’un ouvrage du regretté historien étasunien, l’auteur propose une réflexion sur les façons dont les détenteurs du pouvoir chez notre voisin du sud imposent à la population une idéologie qui garantit leur ascendance sur la masse et musèle toute forme de contestation de l’ordre établi. Les leçons qui en sont tirées, loin d’être exclusives à la société américaine, trouveront aussi une résonance chez nous.
Comment Jésus est devenu Dieu. Frédéric Lenoir. Fayard, coll. « Documents », 327 p.
Les premiers écrits de la chrétienté font une distinction entre Dieu et Jésus, le dernier ne s’étant lui-même jamais clairement identifié au premier. Pourtant, les grands penseurs du christianisme ont progressivement fait du Christ un personnage humain ET divin. Dans cet essai, l’auteur revient sur ce glissement, et le met en lumière pour nous permettre de mieux comprendre la naissance de cette religion.
À voir aussi :
Sari en scooter, Sheila Mc Leod Arnopoulos, Stanké, 368 p. Le délinquant idéal : Performance, discipline, solidarité, Pierre Tremblay, Liber, 263 p.
SCIENCES

Main basse sur le riz. Jean-Pierre Boris. Fayard, 219 p.
Le riz est à la base de l’alimentation des deux tiers des habitants de la planète. Pourtant, ils sont loin d’être aussi nombreux à profiter du commerce de cette denrée… Dans ce reportage, l’auteur expose les coulisses du commerce international du riz, nous en présente les principaux acteurs et rend compte des principaux effets pervers de ce marché monopolistique.
Agir avec la nature : vers des solutions durables. Laurent Piermont. Seuil, coll. « Science ouverte », 188 p.
Comment concilier la protection de l’environnement avec la poursuite des activités humaines ? Laurent Piermont tente de proposer des avenues pour réconcilier l’homme et la Nature. Les solutions seront peut-être considérées comme une fuite en avant pour certains, mais ils alimenteront assurément la réflexion et la discussion sur le devenir de nos sociétés modernes.
Pourquoi l’amour est un plaisir : l’évolution de la sexualité humaine. Jared Diamond. Gallimard, coll. « Folio essais », no. 531, 230 p.
L’auteur, spécialiste en biologie évolutionniste, nous explique les principaux facteurs ayant présidé à l’évolution de la sexualité humaine. L’homo sapiens étant une espèce animale unique sur le plan sexuel, Diamond tentent de répondre à la manière dont cette sexualité a évolué et aux fonctions qu’elle remplit.
Sans le nucléaire on s’éclairerait à la bougie : et autres tartes à la crème du discours techno-scientifique. Corinne Lepage et Jean-François Bouvet. Seuil, coll. « sciences humaines », 127 p.
Dénonçant la connivence qui existe parfois entre les scientifiques et certains intérêts politiques et économiques, le couple d’auteurs passe en revue certains des thèmes de l’heure sur le plan scientifique, et expose cette nouvelle alliance entre les discours de la science et du marketing, un mariage contre-nature qui a tendance à confondre profit et bien public, précipitation et progrès. Les auteurs déboutent au passage certains mythes véhiculés par ce nouveau discours techno-scientifique.
PHILOSOPHIE

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(sélection et rédaction de Benoît Desmarais [litt. étr.], Guillaume Cloutier [litt. québ., SF], David Murray [biogr., sc. hum., sciences], Morgane Marvier [pol.], Eric Bouchard [arts], Caroline Le Gal et Laurent Borrego [philo.])
La crème de la littérature jeunesse

J’ai pas dit partez ! et Au lit tout le monde !, Audrey Poussier, coll. «Loulou et compagnie», L’école des loisirs, 22 et 26 p.
Audrey Poussier récidive avec deux nouveaux albums où l’on retrouve, avec grande joie, la bande délirante de personnages animaliers découverts dans Mon pull. C’est avec un humour fin teinté d’ironie que l’auteure et illustratrice aborde dans J’ai pas dit partez ! le thème de la compétition. Pour Au lit tout le monde !, qui traite de manière originale de l’heure du coucher, son écriture offre plutôt une touche de douceur toute molletonnée. On adore ! (MS)
Devant ma maison de Marianne Dubuc, La courte échelle, 120 p.
À mi-chemin entre l’album et le tout-carton, cet album est tout simplement magnifique ! Devant ma maison offre un récit en boucle qui fait voyager le lecteur tant dans le quotidien que dans l’imaginaire. À la fois une histoire et un imagier, on peut le lire aux tout-petits ou laisser ces derniers se glisser dans la multitude de pages offertes. L’écriture foisonne de mots de vocabulaire doux à nos oreilles. Elle crée d’ailleurs un rythme énergique par l’utilisation dans le texte de préposition de lieux - devant, derrière, sur, dans, sous, à côté, au bord de, autour, tout en haut, au fond - que les enfants auront tôt fait de répéter haut et fort. Pour un avant-goût, allez visionner la bande annonce sur le site de La courte échelle. (MS)
Faire, Gita Wolf, Ramesh Hengadi et Shantaram Dhape, trad. d’Alain Serres et Corinne Giardi, Rue du monde, coll. «Coup de cœur d’ailleurs», 40 p.
L’album Faire est une véritable œuvre d’art, et ce commentaire n’est pas une métaphore ! Réalisé en sérigraphie par l’atelier de Tara en Inde et relié à la main, chaque exemplaire est une œuvre unique. Faire nous présente l’art Wali, art traditionnel produit par une tribu de la région de Bombay. Toutes les illustrations sont gratifiées d’un ou deux verbes qui décrivent l’action qui se déroule dans l’image. De pages en pages, le lecteur pénètre dans le quotidien d’un petit village de indien. En fin d’ouvrage, on découvre avec curiosité les détails de cet art traditionnel dont l’artiste Jivya Soma Mashe est un digne représentant. (MS)
Le livre des 100 bonshommes, Masayuki Sebe, Mango, 23 p.
Après Le livre des 100 et Méli-mélo de dinos, Masayuki Sebe nous propose un troisième livre-jeux, où chacune de ses double page donne à voir une illustration dans laquelle s’activent une centaine de bonshommes ! Parmi ceux-ci, l’auteur met le lecteur-joueur au défi de retrouver dix d’entre eux. Mais ce n’est pas tout, car dans les images, les bonshommes eux-mêmes s’adressent au lecteur et le lancent sur de nouveaux éléments à chercher. Un livre-jeux désopilant où tout un chacun pourra se perdre aisément et à volonté ! (MS)
À voir aussi :

(sélection et rédaction de May Sansregret, Susane Duchesne et Alice Liénard))
La crème des bandes dessinées

Les derniers jours d’un immortel, Gwen de Bonneval et Fabien Vehlmann, Futuropolis, 150 p.
Dans un futur lointain, Elijah, haut gradé de la police philosophique, est médiateur de conflits entre espèces intelligentes aux mœurs incompatibles. Mais vis-à-vis de sa société, où les individus sont immortels et possèdent de nombreux clones d’eux-mêmes, Elijah est en proie à une remise en question de ces dispositions… L’esthétique minimaliste et sixties de Bonneval colle avec charme à la puissante fable d’anticipation introspective mise en scène par Vehlmann, à des années-lumière des clichés du cyberpunk. (EB)
Lydie, Jordi Lafebre et Zidrou, Dargaud, coll. «Long courrier», 60 p.
Dans l’Impasse du Bébé à moustaches, un esprit de corps unit les résidents. Le jour où Camille, une simple d’esprit, affirme que les anges lui ont ramené Lydie, sa fille morte à la naissance, les voisins se laisseront prendre au jeu, et accueilleront de bon cœur cet enfant «imaginaire». Des personnages truculents, des dialogues poétiques et une atmosphère de bon vieux temps : de quoi ravir les nostalgiques de comédie française. (RSL)
Les enfants de l’envie, Gabrielle Piquet, Casterman, coll. «Écritures», 198 p.
Laon est une ville du Sud de la France où une garnison américaine est demeurée en résidence après la Seconde Guerre. En important avec elle son mode de vie, elle aura provoqué une influence durable sur la population locale, dont Basile, fruit d’une courte liaison entre sa mère et un GI de passage. Car Basile nourrit une prégnante obsession pour l’Amérique en général et New York en particulier, obsession se reflétant dans son travail de peinture. La ligne cristalline de Gabrielle Piquet joue le jeu de la transparence et de la superposition avec une surprenante lisibilité, dévoilant lentement les souillures derrière le fantasme. Magistral. (EB)
Le Cahier à fleurs t.1: Mauvaise orchestration, Viviane Nicaise et Laurent Galandon, Bamboo, coll. «Grand Angle», 48 p.
À Paris, en 1983, la prestation d’un violoniste turc est perturbée par un vieillard atteint d’un malaise. Bouleversé par cet incident, le jeune virtuose ira voir le vieil homme qui lui dévoilera les secrets derrière un morceau pour violon dont l’origine remonte au génocide arménien. Le scénariste Laurent Galandon nous dresse, sur un ton intimiste, le drame que vivent les enfants de conflits armés. (RSL)
We are the night t.1 : 20h-01h, Kieran et Antoine Ozanam, Ankama, 74 p.
Très difficile à résumer de par ses nombreux personnages «principaux» (dix-neuf !) et presque autant d’intrigues rattachées, ce titre est le premier tome d’un polar urbain fertile en rebondissements se déroulant au cours d’une seule nuit. On est impressionné par le savoir-faire du scénariste qui tisse sa toile sans nous perdre. Le récit choral peut rappeler les Crash de Paul Haggis, Magnolia de Paul Dean Anderson et autres films de Robert Altman. (SP)

Cadavre exquis, Pénélope Bagieu, Gallimard, coll. «Bayou», 128 p..
Pénélope Bagieu, qui s’était jusqu’ici fait connaître par son blogue et sa série d’«humour au féminin» Joséphine, nous revient avec une intrigue plus consistante… et des plus rondement menées ! On y fait la rencontre de Zoé, une jeune hôtesse d’accueil œuvrant pour divers Salons (de l’Automobile, des Fromages…), qui n’en peut plus de se morfondre devant le trop peu que la vie a à lui offrir. Désabusée, alors qu’elle n’arrive plus à y croire, son destin croise celui d’un mystérieux écrivain vivant cloîtré. Rencontre qui transformera son existence au-delà de toutes espérances. Un pur bijou de comédie, au trait tendre. (ÉL)
La fille invisible, Julie Rocheleau et Émilie Villeneuve, avec les conseils du Dr Jean Wilkins, Glénat Québec, 48 p.
Alors que sa page couverture semblait trop chercher à en étaler (un galon à mesurer autour de la taille, un autocollant du CHU Sainte-Justine), La fille invisible révèle deux nouveaux talents d’exception dans le paysage de la BDQ. Villeneuve nous livre un formidable objet littéraire hybridant fiction, documentaire et démarche de travail, dans un récit évitant la niaise dramatisation, et dépeignant avec justesse de ton la dynamique des troubles alimentaires ET la réalité adolescente. Rocheleau aborde quant à elle la bande dessinée de manière totalement décomplexée, avec ses mises en page déstructurées et son utilisation rafraîchissante des lumières, couleurs et textures sur une ligne au parfum d’esquisse. (EB)
Pluto t.1-2-3, Naoki Urasawa et Osamu Tezuka, Kana,
L’un des plus importants mangakas du moment, Naoki Urasawa (21th Century Boys, Monster), revisite pour notre plus grand plaisir un épisode mythique de la série Astro Boy d’Osamu Tezuka : « Le robot le plus fort du monde ». Dans un monde futuriste où les machines sont souvent victimes de discrimination, un mystérieux assassin s’affaire à détruire l’un après l’autre les sept robots les plus évolués de la planète. Optant pour une lecture beaucoup plus réaliste et complexe du sujet, Urasawa transcende l’œuvre originale du maître et en libère toute la dimension éthique. Pluto, qui comportera huit tomes, est sans conteste l’une des entreprises SF les plus enthousiasmantes de l’heure. (ÉL)
L’île Panorama, Suehiro Maruo, d’après Ranpo Edogawa, Casterman, coll. «Sakka», 270 p.
Hirosuké, un écrivain raté aux idées de grandeur, voit la chance lui sourire le jour où il apprend le décès d’un richissime homme d’affaire, ami d’enfance perçu jadis par plusieurs comme son sosie. Hirosuké élaborera un morbide stratagème consistant à ressusciter sous les traits du défunt millionnaire, confondant non sans peine les proches de ce dernier. Bientôt à la tête d’une fortune colossale, le délirant faussaire aura tôt fait de mettre en chantier son rêve pharaonique d’une île paradisiaque. Adapté d’un roman publié en 1926, ce manga aux images généreuses nous offre un savoureux cocktail de suspense, de mégalomanie et de flamboyante démesure. (ÉL)
Le chat qui courait sur les toits, René Hausman et Rodrigue, Le Lombard, coll. «Signé», 60 p.
Il était une fois la vie d’un prince héritier longtemps attendu, dont la tête prenait la forme de n’importe quelle créature animale rencontrée, au grand désarroi de ses nobles parents. Rodrigue signe ici un conte beau et original, dont la facture classique devrait plaire particulièrement aux amateurs de théâtre et de De cape et de crocs (l’humour en moins). Hausman l’agrémente d’un fort joli dessin stylisé et détaillé, aux allures rétro, où les animaux sont plus réalistes que les humains. (SP)
Un long destin de sang t.1 : Acte I, Fabien Bedouel et Laurent-Frédéric Bollée, 12 bis, 56 p.
Première partie de deux d’un drame se déroulant en 24 heures, dans Paris et sa banlieue en 1918. On y suit les destins croisés (ou pas) d’une panoplie de protagonistes impliqués de près ou de loin par un massacre de tranchée suspect. On assiste à un scénario prenant, entre thriller et pièce de théâtre, habilement construit et secondé par le graphisme sombrement encré du dessinateur de L’or et le sang. (SP)
BD JEUNESSE

Les quatre quarts t.1: La taverne d’Ali-Baba, Simon Léturgie, Serge et Brigitte Carrère, Weissengel, 12 bis, 48 p.
À l’instar des trois mousquetaires, les cinq membres des Quatre quarts sont animés par une soif de justice ; mais c’est leur passion pour la nourriture qui cimente leur amitié ! Cette série d’aventures gastronomiques est tout à fait réjouissante et, de plus, agrémentée de fiches-recettes en fin d’album. (RSL)
Walter le loup t.1: La nuit du bébé-garou, José Luis Munuera, 47 p.
Le paisible Walter le loup est embêté par un bébé qui lui tète le doigt sans répit. Mais quand, à la lueur de la pleine lune, le poupon s’avère être un loup-garou, le pauvre lupin se retrouve dans une poursuite infernale causée par une révolte de villageois. Ce récit énergique et hilarant n’est pas sans rappeler l’irrévérence et le rythme endiablé des classiques de Tex Avery. (RSL)
Borgnol t.1 : Les bons amis, Florence et Bénédicte Dupré la Tour, Gallimard, 48 p.
Borgnol est un ours polaire grognon et mollasson, quoiqu’imposant, qui chasse sa pitance sur les rives glacées de la Baie d’Hudson. Mais pour avoir été délivré d’un piège mortel par un petit piaf, il a dû jurer ne plus jamais s’attaquer aux créatures constituant son habituel régime. Évoluant dorénavant sous les moqueries des bestioles hilares, Borgnol ravale son orgueil… et se découvrira même un sentiment nouveau d’amitié. Le trait gonflable de Florence Dupré la Tour sied à merveille les tribulations du clown patibulaire et de sa brochette d’amis aux belles gueules d’ahuris ! (EB)
Hôtel étrange t.01 : Le printemps en hiver, Katherine et Florian Ferrier, Sarbacane, 38 p.
21 mars. On frappe à la porte : aucune réponse. Devant l’Hôtel Étrange s’amoncellent déjà les vacanciers pour la nouvelle saison, mais les employés de l’établissement dorment encore à poings fermés. L’hiver n’a pas bougé d’un flocon et la rumeur court qu’on aurait kidnappé le printemps. Mais qu’est ce que c’est que c’t'histoire ? S’amorce alors une joyeuse chasse aux mystères peuplée de personnages tous aussi attachants que saugrenus. Une fort belle bande dessinée pour les tous-petits. (ÉL)
Petit Pierrot : Décrocher la Lune, Alberto Varanda, Soleil, coll. «Soleil jeunesse», 56 p.
Les premiers lecteurs seront enchantés de faire la connaissance de Pierrot la Lune au fil de ces saynètes poétiques et philosophiques pouvant générer des discussions en classe ou à la maison. L’attention apportée aux expressions de Pierrot confère une belle touche de dynamisme au dessin simple d’Alberto Varanda. (RSL)
(sélection et rédaction d’Eric Bouchard, Réjean St-Hilaire, Sébastien Patenaude et Éric Lacasse)
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Bonnes lectures !
Mots-clefs : mai 2010, Salon des nouveautés

Je viens de terminer de lire Éva Circé-Coté d’Andrée Lévesque et je veux vous remercier pour la découverte de cette femme extraordinaire. Elle m’a permis de mieux comprendre le début du XXe siècle, étant né en 1933, sous la mainmise de l’Église, et de l’éducation ?
Le livre de Éva Circé-Coté sur Papineau m’a fait découvrir la vraie histoire des Patriotes… Quelle femme ! À la page 438, comme conclusion : «Les inégalités sociales sont plus prononcées qu’à son époque.» Que c’est donc vrai, car ce que je vis présentement, je me croirais au XIXe siècle et non au XXIe siècle, dans la province de Québec.
Raymond Dufort