

Hier matin, en librairie, nous avons été abasourdies, renversées, éblouies! Une nouvelle cuvée de livres de La courte échelle venait d’arriver… Nouvelle cuvée ? Enfin presque. En fait, ce sont des rééditions de grands classiques de la maison - Ani croche, Notdog, Sophie et plusieurs autres - publiés sous forme d’anthologie contenant 3 ou 4 titres par volume. Je tiens à souligner ce nouvel arrivage, car la direction artistique effectuée sur ces livres est époustouflante ! Chaque livre attire l’œil, fait saliver, invite à le saisir et, surtout, donne l’envie incontrôlable de tourner les pages et de le lire ! Et ce, même si on a déjà lu ces aventures. Mon propos peut sembler banal, mais trop de textes souffrent, enfermés derrière une couverture anonyme ou pire répulsive ! Au Québec, la littérature pour la jeunesse doit oser et rivaliser avec l’originalité de la présentation des œuvres étrangères. La concurrence est féroce, qu’on se le dise!
Avec sa nouvelle lancée esthétique, La courte échelle se hisse au sommet ! Elle a choisi d’éclater l’idée de collection pour créer des livres uniques, à la personnalité franche et explosive. De la première à la quatrième de couverture, sans oublier la tranche, toutes les parties du livre sont exploitées, voire réinventées. On retrouve du vernis sélectif sur certaines couvertures, du relief ou des brillants. Les jeux de typographie sont à chaque fois inventifs et originaux. Bref, Jean-François Lejeune, directeur artistique, et Sara Bourgoin, responsable du design graphique de cette production, ont su relever un défi de taille : donner à ces textes un aspect matériel au caractère distinctif et accrocheur, tout en créant un ensemble de livres cohérents. C’est à parier que la nouvelle génération de jeunes lecteurs s’appropriera ces personnages hauts en couleur qui ont marqué l’histoire de la littérature jeunesse québécoise.

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Je profite de l’occasion de cette vague d’éblouissement pour revenir sur la série Pavel, également publiée à La courte échelle. Encore une fois, toute l’équipe est ravie, car le premier tome de la série, Plus vivant que toutes les pornstars réunies, fait partie des finalistes du prix du Gouverneur Général du Canada 2009. Sur un ton plus officiel, je félicite Matthieu Simard et La courte échelle pour cette prestigieuse nomination de la part de toute l’équipe de la librairie. À mon avis, Pavel de Matthieu Simard a sans conteste marqué le paysage de la littérature québécoise pour adolescents. L’écriture de l’auteur se caractérise par une forte littérarité et un ton tout à fait juste pour le public adolescent. Disons que Simard ose avec talent !
Or, certains adultes demeurent sceptiques à la lecture des titres percutants des épisodes de Pavel. Le titre Plus vivant que toutes les pornstars réunies m’a valu quelques regards étonnés. « Est-ce que ça parle de pornographie? » disent certains envahis par une peur frileuse. Heureusement, la plupart se laisse convaincre grâce à des arguments bien sentis. Je leur dis qu’il faut voir plus loin, car avec Simard rien n’est laissé au hasard. Le titre est réinvesti dans l’œuvre d’une manière plus que signifiante et recherchée.

Si vous avez une réserve sur cette série ou si vous en êtes un adepte, allez-vite lire le billet de Martin Desgagnés sur le blog de La courte échelle (ma collègue Alice m’a fait remarquer qu’il porte le même prénom que le narrateur de Pavel !). Cet autre Martin, donc, est un enseignant qui témoigne de l’effet Pavel dans sa classe de 6e année. C’est carrément jubilatoire! Il a su profiter de la passion dévorante de ses élèves pour cette série afin de créer un incroyable projet pédagogique. Nous lui disons « Bravo Monsieur pour votre audace! »
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Un brin de nostalgie en terminant…
Comme les lecteurs et lectrices de mon âge, ma rencontre avec les Éditions La courte échelle remonte au début de mon adolescence. À 12 ans, j’ai été l’heureuse gagnante de la série complète de la collection Roman + (moi qui ne gagnais jamais rien !), alors que la dite collection comptait à l’époque une douzaine de titres seulement ! Mon souvenir le plus intense lié à ce prix est la frayeur qui m’a terrassée en lisant l’effroyable Terminus cauchemar de Denis Côté ! Depuis, j’ai grandi et La courte échelle aussi…
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- Fred, vol. 1, Marie-Danielle Croteau, La courte échelle, 2009, 184 p.
- Rosalie, vol.1, Ginette Anfousse, La courte échelle, 2009, 265 p.
- Les Jumeaux Bulle, vol.1, Bertrand Gauthier, La courte échelle, 2009, 180 p.
- Marilou Polaire, vol 1, Raymond Plante, La courte échelle, 2009, 184 p.
- Andréa-Maria et Arthur, vol.1, Chrystine Brouillet, La courte échelle, 2009, 357 p.
- Ani Croche, vol 1, Bertrand Gauthier, La courte échelle, 2009, 240 p.
- Notdog, vol 1, Sylvie Desrosiers, La courte échelle, 2009, 362 p.
- Sophie, vol 1, Louise Leblanc, La courte échelle, 2009, 185 p.
- Plus vivant que toutes les pornstars réunies, Pavel, épisode 1, Matthieu Simard, coll. Epizzod, La courte échelle, 2008, 37 p.
- Terminus cauchemar, Denis Côté, coll. Ado, La courte échelle, 2005, 153 p.
Mots-clefs : direction artistique, graphisme, La courte échelle, matthieu simard, pavel

Pavel fait du bien à la littérature jeunesse québécoise. Une écriture exceptionnelle!
Merci! C’est super gentil. Je l’apprécie beaucoup.
Matthieu
C’est un défi de toujours se renouveler et d’être d’actualité. Merci de partager notre enthousiasme.
Hélène Derome
éditeur
On appelle ça un lifting éclatant de couleurs ! Très attrayant en effet.