
Déjà un an que nous parcourons le livre en votre compagnie, et c’est avec plaisir et ce désir de partage que notre aventure entre dans sa deuxième année. Il en est paru du livre au cours des dernières 365 journées ! Peut-être trop, diront certains ; et ils auront peut-être raison. Comme le rapportait Steve Proulx dans sa chronique du Voir de cette semaine, pour que les 17 000 écrivains canadiens puissent tirer de leurs écrits un revenu moyen de 30 000$, il faudrait que chaque ménage au pays achète chaque année 50 romans écrits au pays ! En voilà une bien lourde tâche, même pour les plus boulimiques des lecteurs…
En notre qualité de passeur de culture, en tant que libraire, nous espérons avoir su vous aider à vous dépêtrer dans le dédale que constitue l’imposante production livresque. Que ce soit par nos suggestions et nos sélections mensuelles des nouveautés, nous espérons avoir su vous faire découvrir quelques titres qui, à notre avis, ont su se démarquer du lot. Du même souffle, nous espérons que nos entrevues, nos portraits d’auteurs ou nos survols thématiques auront su vous donner l’appel de certaines œuvres et l’envie d’aller plus loin dans la découverte de certains sujets.

La triste réalité des livres pilonnés...
Lectures branchées sur le réel
Si notre ton fut parfois léger et sous le signe de la bonne humeur, nous avons aussi, estimons-nous, su faire preuve de sérieux en vous exposant certaines réalités parfois méconnues du monde du livre. Que ce soit sur la question du pilonnage ou du prix unique du livre, nous avons tenu à vous faire part de problématiques qui, bien qu’à première vue uniquement susceptibles de n’intéresser que les artisans du livre, ont une portée qui dépasse le milieu livresque et concerne toute la collectivité. Cet intérêt collectif, on le retrouve encore plus lorsque nous vous avons fait part de tentatives de censure ou en tentant de suivre les développements de la technologie du livre électronique. Cette volonté de notre part de traiter de questions d’actualité en rapport avec le livre nous a même valu de réaliser que nous avions une influence insoupçonnée auprès de certains artisans des médias, comme en a fait foi notre « démêlé » avec la journaliste Nathalie Collard ! Sans rancune, Nathalie…
Lecteurs de demain

Du côté littérature jeunesse, on compte un total de quarante articles, écrits par six des libraires de notre section. Première constatation (qui n’aurait pas dû nous étonner !), près d’un quart des articles a été dédié à la défense et à la promotion de la littérature jeunesse. Rappelez-vous nos poings brandis avec Les dangers de la littérature jeunesse, qui avait suscité maints commentaires ou Littérature, jeunesse, liberté : vive le désordre !, qui dénonçait la censure en littérature jeunesse. Tout aussi militants, certains articles ont mis à l’honneur la lecture, le goût de lire et la joie d’être passeur, comme Lire, c’est magique ? et Le goût de lire et la médiation de la lecture pour les jeunes.
Deuxième constatation, nos libraires se sont amusés à créer des liens entre les livres pour vous concocter des articles traitant des thématiques précises. Nous avons abordé l’uchronie, la littérature gaie, la tradition des livres de Noël, les jeux d’images, les pirates, le genre du catalogue ou encore le roman sous forme de journal intime.

Marie-Francine Hébert
Outre ces deux grands axes d’exploration, vous avez pu lire cette année des portraits ou entrevues avec des auteurs. Quatre auteures de littérature jeunesse québécoise vous ont visités via le blogue : Christiane Duchesne, Marie-Francine Hébert, Marie-Louise Gay et Lili Chartrand. Avez-vous remarqué ? Aucun auteur québécois masculin ! Ce n’était pas intentionnel, rassurez-vous. Aussi, nous vous promettons du sang d’homme pour l’an prochain ! Soulignons aussi l’entrevue avec l’auteur français Timothée de Fombelle.
Sur Facebook ou directement sur le blogue, vous avez été nombreux à manifester votre intérêt pour nos mini-expositions virtuelles. Drôle de hasard, les expositions réalisées étaient toutes en lien avec la nature : la nuit, la neige et les oiseaux. Une seule s’en écartait, soit les deux expositions consacrées à l’œuvre de Claude Ponti. La visite de ce dernier a d’ailleurs été un des événements majeurs vécus à la Librairie cette année. Un retour sur l’événement avait été mis en ligne pour en faire profiter ceux qui, malheureusement, n’avaient pu être des nôtres.
Chose certaine, tous ces articles avaient un point commun : vous faire découvrir la littérature jeunesse, encore et toujours.
Lectures de bandes

Une année et quelques quarante articles sur la bande dessinée ! Eh oui, on peut assurément faire parler des images, et surtout lorsqu’on les met les unes à côté des autres…
Depuis juin dernier, nous nous sommes efforcés de vous faire connaître la production de quelques auteurs incontournables, tels Fabien Vehlmann, Baru, Jason Shiga ou Christian de Metter. Nous avons replacé dans une perspective critique certains des albums les plus médiatisés de l’année, tels le premier tome de Blast de Manu Larcenet, le cinquième de Magasin général de Loisel et Tripp, Paul à Québec de Michel Rabagliati ou cette reprise en «français québécois» de Tintin, Colocs en stock.
Nous avons également vu comment la bande dessinée et ses images nous permettent de voyager ou de comprendre les réalités vécues par les citoyens du monde, alors que nous nous rendions au cœur du conflit de la Bande de Gaza avec Joe Sacco, que nous explorions les pays de l’ex-Indochine, que nous pénétrions l’univers de la bande dessinée de reportage, que nous tombions en amour avec d’autres cultures, ou que nous allions nous perdre sur une île mystérieuse…

Évidemment, la bande dessinée japonaise n’est pas demeurée en reste, alors que nous jetions un œil sur les mangas culinaires, les mangas sportifs et le puissant thriller Ikigami de Motoro Mase, ou alors que nous cherchions à nous initier à son compétiteur immédiat, la bande dessinée coréenne.
Mais il fut aussi tellement stimulant d’interroger la bande dessinée pour ses modalités propres, alors que nous nous sommes penchés sur la représentation de la musique en bandes dessinées, les personnages qui s’expriment en images, la construction du sens par l’image, les liens entre cartographie et bande dessinée, la lecture esthétique, les potentialités des formes narratives brèves, ou encore sur les paradoxes de l’adaptation vers d’autres supports…
Qu’attendez-vous pour plonger dans les cases ? Vous ne serez pas au bout de surprises…
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Bref, voilà déjà une année à « délivrer » pour vous le livre et son milieu ; une aventure qui se poursuit… Continuez à nous écrire, il nous fait toujours plaisir de vous lire, et n’hésitez pas à nous faire part de vos suggestions et commentaires. En terminant, nous espérons vous avoir aussi fait prendre conscience par la bande de la richesse que constitue un réseau de librairies indépendantes et passionnées !
Le comité éditorial,
David Murray, May Sansregret et Eric Bouchard

