Le Délivré

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9 août 2010  par Anne-Pascale Lizotte

La Mémoire d’un peuple

NOTE : Le délivré sera en vacances jusqu’à la mi-août. Il ne vous laisse cependant pas en plan, alors que ces prochains jours vous pourrez lire une sélection des meilleurs articles que nos libraires ont publiés au fil des ans dans les pages du journal Le libraire.

La Bibliothèque du Nouveau Monde nous régale cette saison de trois nouveaux ouvrages s’ajoutant à la liste déjà fort impressionnante des titres parus dans cette prestigieuse collection des Presses de l’Université de Montréal. Gourmands lecteurs, voici donc venue l’occasion rêvée de vous inviter hardiment à renouer avec nos racines littéraires ! Laissez-vous happer par l’univers de trois hommes plus grands que nature : Louis Dantin, Albert Lozeau et Claude Gauvreau.

C’est tout l’héritage d’un peuple qui se dessine à travers ces figures de proue de la littérature québécoise du 20e siècle. La BNM a rassemblé pour nous, dans l’ordre chronologique de leur première parution, les Essais critiques de Louis Dantin, qui fut tour à tour critique exceptionnel de la culture québécoise et précieux mentor auprès d’une panoplie d’écrivains majeurs. On nous présente également les Œuvres poétiques complètes d’Albert Lozeau, révélant un poète empreint d’une sensibilité étonnante de lucidité. Paraissent finalement les Lettres à Paul-Émile Borduas de Claude Gauvreau.

Pour chaque ouvrage édité, nous retrouvons une introduction situant l’auteur et d’importants éclaircissements sur divers aspects du texte étudié. Dans plusieurs cas, l’ajout de documents inédits s’inscrit en parallèle et assure une juste interprétation de l’œuvre globale. Depuis maintenant vingt-cinq ans, la BNM concrétise un formidable élan d’appro- priation de notre patrimoine littéraire en insufflant une seconde vie aux textes fondamentaux de notre littérature. L’ensemble des œuvres présen- tées dans cette magnifique collection témoigne d’une vaste entreprise en mouvance, peuplée de découvertes de textes inédits révélant parfois des pans entiers de notre foisonnante histoire culturelle. Par la voie d’éditions critiques établissant le texte authentique des œuvres étudiées ainsi que leur lisibilité dans un contexte contemporain, la Bibliothèque du Nouveau Monde propose une relecture des textes fondamentaux jalonnant plus de 450 ans d’histoire littéraire. Le corpus d’éditions critiques dirigé de main de maître par l’éminent homme de lettres Jean-Louis Major étudie notre patrimoine littéraire selon trois grandes étapes : les écrits de la Nouvelle-France, les textes du 19e siècle, puis finalement les œuvres du 20e siècle, siècle de la modernité s’étendant jusqu’à l’apparition du Nigog. Auda- cieuse pléiade, gardienne de notre héritage littéraire, la BNM s’attarde aux genres littéraires pratiqués selon les époques : récits de voyage, roman, poésie, journal, conte, nouvelle, essai, satire, polémique, théâtre, chronique et correspondance.

Grâce au travail rigoureux d’une multitude de chercheurs chevronnés, c’est une véritable tradition de l’édition critique qui a vu le jour dans nos milieux universitaires. La Bibliothèque du Nouveau Monde reflète la couleur de notre héritage culturel et contribue au miroitement de celui-ci par-delà nos frontières. À l’instar de notre littérature, elle est en évolution constante et chacune des œuvres éditées reconfigure l’appréciation de l’ensemble de la collection destinée à tous les amoureux de l’histoire littéraire tout en s’érigeant comme un outil indispensable à la recherche. Puisse-t-elle continuer de nous révéler le vrai visage de ceux qui furent les pionniers de notre société.

* * *

Essais critiques (2 volumes), Louis Dantin, éd. d’Yvette Francoli, PUM, coll. «Bibliothèque du Nouveau Monde», 995 p. ch.
Œuvres poétiques complètes, Albert Lozeau, éd. de Michel Lemaire, PUM, coll. «Bibliothèque du Nouveau Monde», 688 p.
Lettres à Paul-Émile Borduas, Claude Gauvreau, éd. de Gilles Lapointe, PUM, coll. «Bibliothèque du Nouveau Monde», 459 p.

Tous les titres de la collection sur le site des PUM

* Date originale de publication : 1er novembre 2002


23 juillet 2010  par Anne-Pascale Lizotte

La genèse d’une exposition

Depuis maintenant 6 ans, la Librairie Monet présente un programme d’une dizaine d’expositions par année. Au cours des saisons, nous avons exploré différentes formes d’arts : la photographie, la peinture, la sculpture, l’art des marionnettes, les maquettes ou encore les travaux d’enfants réalisés dans le cadre de programme d’arts plastiques. À cela s’ajoutent parfois des expositions thématiques où les artistes réfléchissent sur un sujet imposé.

Cet été, la galerie l’aire libre présente une exposition sur l’histoire du jazz à Montréal. Ce projet d’exposition est né de la rencontre avec un livre. En 2009 paraissait chez Lux, un éditeur qui ne cesse de nous surprendre, la traduction d’un ouvrage de John Gilmore : Une histoire du jazz à Montréal. Formidable travail de recherche, le livre de Gilmore retrace près d’un demi-siècle d’histoire. L’auteur s’attarde à la période allant de 1920 à 1970 et démontre à quel point Montréal fut un centre névralgique, une ville incontournable dans l’histoire du jazz en Amérique du nord. Il revisite ce qu’on appelait autrefois les folles nuits de Montréal avec un souci du détail remarquable. On a droit à une plongée fascinante au coeur des lieux mythiques qui accueillaient, soir après soir, les plus grands noms du jazz : Oscar Peterson, Myron Sutton, Johnny Holmes, Louis Metcalf, Steep Wade, Maury Kaye, René Thomas, Oliver Jones, Charlie Biddle, Willy Girard, pour ne nommer que ceux-là. Dans cette contribution majeure à l’histoire du jazz, Gilmore met en lumière les facteurs qui ont contribué à faire de Montréal une des plus importantes ville de jazz : la prohibition, la ségrégation raciale aux États-Unis, la grande dépression des années 1930 et la Seconde Guerre mondiale ; tous des éléments sociaux et économiques profondément liés à l’essor du jazz dans la métropole.

Lors de la préparation d’une telle exposition, une question s’impose : quoi montrer, quels éléments privilégier, quel angle adopter ? La somme d’information est si colossale que cela mérite réflexion. Pourquoi ne pas débuter nos recherches en suivant les pas de l’auteur. Premier arrêt : le service d’archives de l’Université Concordia abondamment cité dans l’ouvrage. En effet, c’est au sein de ce service d’archives que nous retrouvons les fonds les plus importants concernant la riche histoire du jazz. Après avoir passé plusieurs heures devant l’écran où défilent les nombreuses archives numériques, nous voilà prêt pour la sélection. Photographies d’époque, portraits de musiciens, affiches ; les documents recueillis sont prêtés par l’université Concordia. L’exposition commence à prendre forme !

Les recherches se dirigent ensuite vers le Centre d’Histoire de Montréal. Il y a de cela quelques années, le CHM présentait l’exposition Jazz : Les folles nuits de Montréal, un parcours musical et audiovisuel faisant revivre les grands moments du jazz à Montréal. Quelques coups de fil plus tard, nous voilà en route pour cette institution du Vieux-Montréal où nous avons eu accès à quelques éléments typiques de l’époque qui nous intéresse. Partitions musicales, cartes postales, 78 tours, et… une collection d’allumettes appartenant au pianiste jazz Billy Georgette ! L’on nous glisse lors de cette visite les coordonnées du musicien afin d’obtenir la permission d’exposer sa collection. Véritable passionné du jazz, Monsieur Georgette accepte de nous rencontrer dans son petit appartement du centre-ville. Et là, oh surprise ! Il nous dévoile sa formidable collection personnelle. Chaque recoin de l’appartement recèle de petits trésors ! Les bibliothèques ont peine à contenir la quantité phénoménale d’albums photos et de coupures de journaux patiemment rassemblées au fil du temps. Quelle découverte ! Non seulement il accepte de nous prêter sa collection d’allumettes des boîtes de nuit de jazz de l’époque, mais voilà qu’il se met à ouvrir ses nombreux albums conçus comme des scrapbooks en nous partageant ses précieux souvenirs. Quelle rencontre exceptionnelle ! S’ajoutent donc à notre récolte plusieurs photos, articles de presse et petits objets représentatifs de l’époque qui nous intéresse.

Arrêt suivant : la phonothèque québécoise. Une visite sur place nous permet de découvrir une panoplie impressionnante de disques 78 tours et 33 tours. Certaine des pochettes représentent des oeuvres d’artistes qui furent influencés par le jazz.

Mais un élément, et non le moindre, manque toujours: la musique ! Difficile de présenter une exposition sur l’histoire du jazz sans trame sonore. Nous n’avons d’autre choix que de faire appel à un spécialiste. Gilles Boisclair, responsable de la section jazz chez Archambault accepte de nous concocter une sélection de pièces musicales marquantes. La voiture chargée de toutes nos découvertes et remplie d’informations et d’anecdotes sur cette époque fascinante, nous voilà en route pour la librairie !

Comme le jazz fut une source d’inspiration pour plusieurs grands artistes, de Basquiat, en passant par Andy Warhol, Boris Vian et Dubuffet, nous avons l’idée d’inclure une touche contemporaine à notre exposition. Un appel de projet est lancé aux artistes en arts visuels. C’est le projet du photographe Douglas Capron qui est retenu. Il s’agit d’une magnifique série de portraits de musiciens ayant foulés la scène montréalaise.

Nous voilà donc fin prêt pour le montage !

Comme le témoigne notre parcours, chaque exposition a sa propre histoire faite de rencontres et de découvertes. Et c’est ainsi que nous vous invitons à venir revisiter tout un pan de notre histoire à la galerie l’aire libre jusqu’au 29 août. Bonne visite !


19 mars 2010  par Anne-Pascale Lizotte

L’aire libre présente « Jazz »

Tout au long de l’été 2010, la Librairie Monet et L’aire libre présentent Jazz, une exposition qui retrace l’histoire montréalaise de ce courant musical en redécouvrant les lieux mythiques qui ont accueilli les Oscar Peterson, Myron Sutton, Johnny Holmes, Louis Metcalf, Steep Wade, Maury Kaye et René Thomas. Le Café Montmartre, le Rockhead’s Paradise, le El Moroco et le Café St-Michel revivent à travers une foule de documents d’archives réunis pour l’occasion.

Jazz conviera également le visiteur à un véritable voyage musical tout en le plongeant au cœur des événements marquants de l’âge d’or du jazz à Montréal : la prohibition, l’arrivée du maire Drapeau, la formation du premier syndicat de musiciens noirs et la Révolution tranquille au Québec ; autant de facteurs liés à l’essor du jazz dans la métropole.

De Matisse à Basquiat, en passant par Dubuffet, Pollock, Calder et Boris Vian, affichistes, peintres, cinéastes et écrivains furent fortement influencés par le jazz. Et vous, l’êtes-vous ? L’aire libre invite les artistes en arts visuels ou multimédia à soumettre leur projet d’exposition ou d’événement.

Les œuvres ou projets d’événements soumis devront être inspirés par l’histoire du jazz à Montréal, la musique jazz ou encore les grands noms ou lieux mythiques qui ont marqué ce courant musical. Le comité de sélection prendra en compte les notions de pertinence, de cohérence et de qualité artistiques.

Les candidats doivent fournir les documents suivants :

  • - Une courte lettre de présentation ;
  • - Une description détaillée du projet (200 mots max.) ;
  • - La liste des œuvres présentées, avec les titres, les techniques et matériaux utilisés, ainsi que les dimensions en centimètres ;
  • - Une courte biographie (100 mots max.) ;
  • - La démarche artistique en lien avec le projet (200 mots max.) ;
  • - Un dossier de presse, s’il y a lieu (5 pages max.) ;
  • - Un dossier visuel sur CD-ROM ou DVD-ROM (10 images max.).

Et les projets doivent être déposés à la Librairie Monet au plus tard le 30 avril 2010.

Pour toute information supplémentaire, n’hésitez pas à me joindre à annepascale@librairiemonet.com.



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