Le Délivré
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14 mars 2014  par nos libraires

Littératures : les parutions de février

Comme chaque mois, notre équipe de libraires passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour en repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces nouveaux titres, question d’aiguiser votre appétit livresque…

LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE

Réparer les vivants, Maylis de Kerangal, 2014, Verticales, 280 p., 9782070144136* (+)

Réparer les vivants est le roman d’une transplantation cardiaque. Telle une chanson de gestes, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Roman de tension et de patience, d’accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le cœur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l’amour.

On a sauvé le monde, Dominique Fernandez, 2014, Grasset, 592 p., 9782246804659*

Un jeune étranger séjourne à l’Istituto d’Arte de Rome dans les années 1930 pour y poursuivre ses recherches en histoire de l’art sur le peintre Poussin. Il fait sa cour à Giulia Falconieri, jeune aristocrate à la pureté sculpturale, tandis que la sensuelle Wanda, d’origine polonaise, le pourchasse. Mais chacun triche déjà dans ce triangle amoureux, comme si le travestissement des sentiments n’était que la répétition générale du camouflage des identités. Lorsqu’il fait la connaissance d’Igor, fils d’une famille de Russes blancs ayant fui la révolution d’Octobre, le narrateur rencontre son destin. Par amour pour ce garçon, il va devenir un espion au service du régime communiste. À Moscou, où nos deux apprentis agents apportent les documents qu’ils sont parvenus à subtiliser à Rome, les mâchoires du piège se referment sur ces idéalistes dont le régime a su faire ses « idiots utiles »…

L’homme qui avait soif, Hubert Mingarelli, 2014, Stock, 154 p., 9782234074866*

Japon, 1946, pendant l’occupation américaine. Démobilisé depuis peu, Hisao revient de la montagne avec une soif obsédante et des rêves qui le hantent. À bord du train qui doit le conduire vers la femme aimée, il commet une terrible erreur. Descendu pour boire, il voit le train repartir avec sa valise et l’œuf de jade qu’il a prévu d’offrir à Shigeko. Alors qu’un suspens subtil mais intense invite le lecteur à suivre les péripéties d’Hisao courant après sa valise, se dessine la bataille de Peleliu, où il a combattu aux côtés de Takeshi, jeune soldat troublant qui chante dans le noir. Et qui mourra à ses côtés. Dans ce roman aussi puissant que poétique, Hubert Mingarelli évoque avec une rare élégance l’amitié entre hommes et le Japon meurtri par la guerre.

Hisao retrouvera-t-il sa valise et arrivera-t-il jusqu’au mystère Shigeko ?

Le legs d’Adam, Astrid Rosenfeld, 2014, Gallimard, 367 p., 9782070135912*

Berlin, 2004. Le jeune Edward Cohen, propriétaire d’une boutique de mode branchée, tombe sur des notes laissées par son grand-oncle Adam. Ce dernier a dix-huit ans en 1938, et lorsque sa famille s’apprête enfin à quitter l’Allemagne pour se réfugier en Angleterre, il rencontre Anna, une jeune fille qui incarne tout ce dont il a toujours rêvé. Quand cette dernière disparaît, il n’a alors d’autre choix que de partir à sa recherche, en Pologne… Car Adam est un rêveur, élevé par l’excentrique Edda Klingmann, qui lui enseigne qu’il ne faut jamais avoir peur de rien. Il va jusqu’à échanger son identité, travailler pour un dignitaire SS, et pénétrer dans le ghetto de Varsovie pour essayer de retrouver Anna. Plus de soixante ans plus tard, Edward découvre non seulement le récit sidérant de la vie de ce grand-oncle, mais aussi la force du passé. Tout comme le fait qu’une seule rencontre peut changer le cours d’une existence.

Vivre à présent, Nadine Gordimer, 2014, Grasset, 477 p., 9782246802259*

Un couple métissé, Steve, blanc, mi-juif mi-chrétien, et Jabulile, femme zouloue, vétérans de l’ANC, mariés à une époque où les lois raciales le leur interdisaient, se retrouvent en 1994 à Johannesburg dans l’Afrique du Sud post-apartheid. Ils rencontrent d’anciens camarades et des voisins gays sortis eux aussi de l’illégalité. Les uns comme les autres n’avaient aucun mal à savoir qui ils étaient à cette époque, mais comment mener une vie normale dans cette société intégrée, après tant d’années de combat et de clandestinité ? Depuis 1991, la promesse d’une vie meilleure pour tous tarde à se concrétiser, et les inégalités sociales remplacent l’ancienne ségrégation raciale. Un roman passionnant sur ce que signifie être de nos jours sud-africain, avoir des racines et aider à façonner l’avenir de son pays.

EN FORMAT POCHE

 

Le grand Cœur, Jean-Christophe Rufin, 2014, Gallimard/Folio, 574 p., 9782070456154*

Dans la chaleur d’une île grecque, un homme démêle l’écheveau de son destin. Fils d’un modeste pelletier, il est devenu l’homme le plus riche de France. Il a permis à Charles VII de terminer la guerre de Cent Ans. Il a changé le regard sur l’Orient. Comme son palais à Bourges, château médiéval d’un côté et palais Renaissance de l’autre, c’est un être à deux faces. Aussi familier des rois et du pape que des plus humbles maisons, il a voyagé à travers tout le monde connu. Il a vécu la chute, le dénuement avant de retrouver la liberté et la fortune.

Parmi tous les attachements de sa vie, le plus bouleversant fut celui qui le lia à Agnès Sorel, la Dame de Beauté, première favorite royale de l’Histoire de France. Son nom est Jacques Cœur. II faut tout oublier de ce que l’on sait sur le Moyen Âge et plonger dans la fraîcheur de ce livre. Il a la puissance d’un roman picaresque, la précision d’une biographie et le charme mélancolique des confessions.

Une femme aimée, Andreï Makine, 2014, Points, 362 p., 9782757838518*

Oleg Erdmann, cinéaste, voue une passion à Catherine II de Russie. Héroïne de son film, l’impératrice offre de multiples visages : cruelle nymphomane, tsarine républicaine, séductrice des philosophes… De son premier amour brisé à un incroyable voyage secret en Europe, Oleg traque la vérité de la Grande Catherine. Sous le vernis de l’Histoire, il découvre le drame d’une femme qui ne cherchait qu’à aimer.

Dossier K., Imre Kertesz, 2014, Actes Sud/Babel, 202 p., 9782330024833*

Après qu’lmre Kertész eut reçu, en 2002, le prix Nobel de littérature, quantité de rumeurs circulèrent au sujet de son existence. La plupart confondaient la vie du héros d’Être sans destin avec celle de son auteur. Voilà pourquoi, dans Dossier K., Imre Kertész révèle des aspects de son parcours que son œuvre occulte, sans jamais se départir d’une distance ironique qui permet de le découvrir sous un autre jour, presque intimement. Au fil d’un dialogue avec un ami (ou alter ego), l’enjeu se précise : la vérité autobiographique existe-t-elle ? Tout en suivant la chronologie d’une vie meurtrie puis ressuscitée, ce « roman platonicien » s’arrête sur des expériences essentielles, celles qui sont à l’origine de l’œuvre littéraire d’Imre Kertész.

La déesse des petites victoires, Yannick Grannec, 2014, Pocket, 538 p., 9782266235686*

1980. Deux ans après la mort de Kurt Gödel, l’un des plus grands mathématiciens du siècle, ses archives dorment encore dans des cartons. Mandatée par l’université de Princeton pour les récupérer, une jeune documentaliste se voit contrainte de charmer sa veuve, femme acariâtre à présent recluse. Anna Roth comprend vite que, pour gagner sa confiance, il lui faut écouter ce que personne n’a jamais voulu entendre. De la Vienne des années folles à l’Amérique maccarthyste, Adèle Gödel lui narre peu à peu une histoire d’amour jalonnée de petites victoires – sur les préjugés, l’horreur nazie, la folie inhérente au génie… Une passion absolue avec laquelle il a fallu vivre.

Wilderness, Lance Weller, 2014, Gallmeister/Totem, 405 p., 9782351785348*

Sur la côte du Pacifique Nord-Ouest, Abel Truman vit avec son chien pour unique compagnon. Hanté par la guerre civile américaine, il décide de partir pour un ultime voyage vers l’est, guidé par ses souvenirs. Mais un homme au visage déchiré et un Indien aux yeux sans éclat l’attaquent et lui dérobent son chien. Laissé pour mort par ses assaillants, Abel part sur leurs traces à travers les Olympics Mountains menacées par la neige. Sa quête l’entraînera sur la route de son passé et vers une rédemption qu’il n’espérait plus.

Wilderness est une fresque ambitieuse qui décrit la course contre la mort d’un homme à travers l’histoire et le continent américain.

 

LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE ET CANADIENNE

0 LITT Q

Le feu de mon père, Michael Delisle, 2014, Boréal, 128 p., 9782764622940* (+)

Quand Michael Delisle était enfant, ses « oncles », c’est-à-dire les amis de son père, ne disaient pas « arme » mais morceau ou de façon plus métonymique, feu. « J’avais mis mon feu dans le coffre à gant. » « Il s’est débarrassé de son feu. » « Oublie pas ton feu. » Dans ce poignant récit, le poète se remémore son père, le bandit devenu chrétien charismatique, l’homme violent qui ne parlait plus que de Jésus, l’homme détesté qu’on ne peut faire autrement qu’aimer, en dépit de tout. La question qui revient éternellement est celle-ci : où va le feu ?

Petits tableaux, Éloïse Lepage, 2014, XYZ, coll. « Romanichels »,124 p., 9782892618358* (+)

Anne-Si excelle pour crier et noyer ses colères, mais elle peine à chuchoter ses amours. Pourtant, elle aime. Mal peut-être, mais elle aime. Déconstruits dans le temps, ces petits tableaux aux frontières perméables se font écho et mettent en lumière la réalité sexe-drogue-maternité de cette femme qui tombe souvent et qui se relève parfois. Toujours dans le désordre.

Ari et la reine de l’orge, Pan Bouyoucas, 2014, Allusifs, 152 p., 9782923682365* (+)

Dans son royaume de l’orge, Ari, jeune héritier au physique torride, s’ennuie. Promis à de mornes épousailles avec la fille du roi de la bière, ce prince mélancolique ravale nuit après nuit son désir de rencontrer la femme de ses rêves, butant sur les stratégies perverses d’un insurmontable premier amour : sa mère, toute-puissante reine de cet empire agricole. D’une pichenette sadique, celle-ci fait décaler chaque amoureuse potentielle. La souveraine se laisse pourtant piéger par la rencontre accidentelle de son fils chéri avec Moli, apprentie comédienne qui entraîne Ari dans les cimetières, la nuit, pour se livrer à des répétitions brûlantes… À travers ce conte délicieusement tragique et cocasse, Pan Bouyoucas opère au nom de toutes les victimes masculines de la passion maternelle une indispensable catharsis. Au passage, il nous régale d’une galerie de personnages hauts en couleur, joyeux reflets de nos névroses et d’un certain état du monde.

Une brève histoire des Indiens au Canada, Thomas King, 2014, Boréal, 304 p., 9782764622605* (+)

Pour nous, peuples autochtones du Canada, Thomas King est notre Mark Twain; sagace, désopilant, incorrigible, montrant une grande perspicacité quant à ce qui fait de nous et de nos communautés des entités imparfaites, énigmatiques, mais au bout du compte de puissants symboles de liberté. (Richard Wagamese, The Globe and Mail)

Ce que dit l’écorce, Nicolas Lévesque et Catherine Mavrikakis, 2014, Nota Bene, coll. « Nouveaux essais Spirale », p., 9782895184805* (+)

[L]es deux auteurs abordent ainsi une série de sujets : les vêtements, le toucher, le tatouage, les rêves. Sans oublier le deuil, bien entendu : « La mort de l’autre traverse les couches, aussi blindées soient-elles, et transperce notre peau violemment. » Le deuil, encore, « révèle la limite de toute mémoire, de tout langage, de toute représentation et de toute armure. » Et pourtant, ou précisément à cause de cela, « l’humanité, c’est la fabrication de substituts marqués par le deuil ».  (Christian Desmeules, Le Devoir)

 

POÉSIE

Poésie, Théâtre, Essais et Discours, Aimé Césaire, 2013, CNRS et Présence africaine, coll. « Planète libre », 1805 p., 9782271077578*

Des textes inconnus du Cahier d’un retour au pays natal, des essais de poétique et d’esthétique, des poésies et des pièces de théâtre sont rassemblés. Des documents d’archives permettent de mieux comprendre l’œuvre littéraire d’Aimé Césaire (1913-2008), qui inventa en 1935 le néologisme négritude.

La très grand solitude de l’écrivain pragois Franz Kafka, André Roy, 2014, Herbes rouges, 76 p., 9782894194218*

Franz Kafka est mort à Kierling, près de Vienne, le 3 juin 1924, par une journée grise et triste, un mois avant l’anniversaire de sa naissance. Depuis, son nom n’a cessé de se propager, son œuvre d’être lue, son influence de s’étendre. Aurait-il été heureux de se voir ainsi évoqué? Qu’on lise encore ses textes si incléments dans l’observation du monde? Sa pensée fut aiguë, extralucide. Son corps, dont il se méfiait comme d’un traître en puissance, fut le lieu où ses désirs étaient séparés de lui : celui d’une écriture célibataire. C’est de ce corps, que chaque jour il bichonnait (le physique était important chez lui), qu’il tira un cancrelat, un blai­reau et son terrier, un pont d’où l’on saute, une muraille de Chine, une Amérique nouvelle, une colonie disciplinaire, un homme arrêté sans motif, un château enfoui sous la neige, un artiste du jeûne… Et c’est de ce corps qu’éclatait une rage amoureuse contre laquelle il luttait constamment.

Nous ne sommes pas seules, Hélène Dorion et Carol Bernier, 2014, Éditions d’art Le Sabord, coll. « Excentriq », 124 p., 9782924085080*

Une écrivaine qui fait souffler le vent de l’âme. Une artiste amoureuse de la lumière. Une amitié née du désir simple de créer un livre différent. Entre 2008 et 2012, Hélène Dorion et Carol Bernier ont échangé des lettres, mais aussi des objets, des œuvres. Pendant ces quatre années, elles sont sorties de leurs zones de confort respectives pour s’inventer un terrain de jeu commun où tout est permis : évoquer les aspérités de la vie, dessiner, écrire, s’exprimer sur le geste créatif et la transformation intérieure à laquelle il invite.

Toujours jamais, Paul Chanel Malenfant, 2014, Hexagone, coll. « Écritures », 192 p., 9782896480487* (+)

Récit ? fragments de fiction ? poésie en prose ? Ces genres se confondent où alternent dérives apocalyptiques et scènes intimistes. En ce texte passionnel, entre les travaux et les jours de Pointe-au-Père, dans le Bas-du-Fleuve, et le secret bien gardé d’un voyage de noces, des personnages fantasmatiques se croisent : un médecin excessif, sa femme languissante, une prostituée de la Côte-Nord, un enfant perdu, un écureuil visionnaire… Sous le choc de la violence qu’ils subissent ou font subir et tentent en vain d’exorciser, ils vivent dans un univers brutal, ravageur, ravagé. Leurs chemins conduisent vers l’inconnu, l’irrationnel, tandis qu’ils s’enlisent dans l’horreur de la nuit des temps. Le poète livre un texte à la sensualité brute, dénuée de sentimentalisme. Les amours sans bonheur, liées à des rituels, s’apparentent aux sacrifices. Seule la beauté du monde et des paysages tient lieu de salut.

Monsieur Blacquieres, Louis-Philippe Hébert, 2014, La Grenouillère, 72 p., 9782923949543*

Bien étonnant ce Monsieur Blacquières qui reprend conscience sur son lit d’hôpital. Le monde autour de lui n’est plus sous son contrôle. Les gens entrent et sortent, mettent ses affaires dans des boîtes puis disparaissent. On nettoie autour de lui, on balaie, on dispose. Étonnante excursion au cœur même du monde funéraire, ce livre de poésie raconte une histoire qui en dit beaucoup sur la réalité de notre existence.

EN FORMAT POCHE

 

Kaléidoscope, ou Les aléas du corps grave, Michel Beaulieu, 2014, BQ, 160 p., 9782894063477*

Rarement aura-t-on vu un recueil démontrant de façon si éclatante comment la construction du poème suscite une conscience nouvelle, qui ne console de rien mais que rien, semble-t-il, ne pourra épuiser. (Martin Bélanger)

Kaléidoscope est une pièce maîtresse du poète Michel Beaulieu, et très certainement une œuvre majeure de la poésie de langue française. (Paul Bélanger)

Une tonne d’air suivi de Un drap. Une place., Maude Smith Gagnon, 2014, Triptyque, 144 p., 9782890319004* (+)

À gauche de la route, dans la lisière d’herbes et de sable, une longue tige pointe vers le ciel, garnie de fleurs pourpres effilées au sommet. Cette plante vivace se contente d’un sol pauvre pour survivre. Elle offre une résistance au froid. Il s’agit de l’épilobe. On l’appelle aussi la fleur du camionneur. Une espèce commune.

 

THÉÂTRE

PIG, Simon Boulerice, 2014, Leméac, coll. « Théâtre Leméac », 96 p., 9782760904330* (+)

Paul a neuf ans, deux mères, pas de père, et il préfère porter des chemises de nuit plutôt que des pyjamas. Son espoir secret : devenir une muse, et quitter sa maison de bois pour une villa de marbre. Un baby-sitter l’initie au cinéma inquiétant de Polanski et à la beauté surréelle de Sharon Tate. Un soir d’Halloween où il a troqué en cachette son costume de cochonnet contre une fabuleuse robe de princesse, Paul se dissout dans la nuit noire… À la manière des peintres naïfs dont les toiles, très détaillées, regorgent de motifs nets et de couleurs franches, Simon Boulerice dessine personnages et atmosphères sous une forme apparemment anodine où le tragique affleure par vagues. Tissant un entrelacs de références littéraires, cinématographiques et biographiques, la pièce oscille entre Rosemary’s Baby et Les trois petits cochons, et interroge la foi, le quotidien et la fiction.

Louis Jouvet, Louis Jouvet, 2013, Actes Sud, coll. « Mettre en scène », 97 p., 9782330023928* (+)

Entré dans le monde théâtral par la régie, Louis Jouvet a également exercé les activités de décorateur, scénographe, créateur de lumières, comédien et metteur en scène. Sélection de notes personnelles, d’articles, de conférences témoignant de la démarche artistique d’un homme de théâtre complet.

Une âme douce, Alexandre Minkine, 2014, Éditions des Syrtes, 262 p., 9782940523047* (+)

Ces textes analysent le théâtre de Tchekhov à travers les conversations d’A. Minkine avec des metteurs en scène et avec une actrice. Ils évoquent également les courriers adressés par l’auteur à sa femme Olga Knipper, à son éditeur Souvorine, etc. Ils proposent notamment une lecture de La cerisaie et de La mouette.

Don Juan revient de la guerre, Ödön von Horvath, 2014, L’Arche, coll. « Scène ouverte », 78 p., 9782851818287* (+)

Après la Grande Guerre, Don Juan traverse l’Allemagne en crise, à la recherche de sa fiancée.

 

LITTÉRATURE POLICIÈRE

L’homme qui a vu l’homme, Marin Ledun, 2014, Ombres Noires, 462 p., 9782081308084*

Iban Urtiz, journaliste, enquête sur la disparition de Jokin Sasko, militant supposé de l’ETA. Il reçoit rapidement des menaces. Opiniâtre, Iban découvre que le cas Sasko est loin d’être isolé et que de nombreuses disparitions de sympathisants se répètent depuis plusieurs années. De leur côté, Pinto et Garcia, des mercenaires, ont reçu des ordres pour que la vérité n’éclate jamais… (Résumé de l’éditeur)

Sa maîtrise du suspense, la profondeur psychologique de ses personnages – même les pires salauds ont leurs raisons – et son sens du dialogue acéré concourent à la réussite de ce thriller explosif, complexe et passionnant. Accrochez-vous ! (François Lestavel, Paris Match, 30 janvier 2014)

Les chiens de Belfast, Sam Millar, 2014, Seuil, coll. « Policier », 264 p., 9782021135695*

Enfant, le détective privé Karl Kane a assisté au viol et au meurtre sauvage de sa mère. Il mène l’enquête sur des meurtres violents, assortis de tortures de plusieurs citoyens de Belfast qui se trouvent être liés à la prison de Woodbank. Reste à prouver les liens entre ces meurtres et ceux, antérieurs de quelques années, de plusieurs femmes qui n’étaient pas toutes des prostituées. (Résumé de l’éditeur)

Malgré ces embardées narratives, compensées par un sens de l’action et des dialogues percutants, pimentés de métaphores, Sam Millar nous a rendu sacrément attachant ce faux dur à l’humour noir et ravageur. (Christine Rousseau, Le Monde, 6 février 2014)

Empty mile, Matthew Stokoe, 2014, Gallimard, coll. « Série noire », 415 p., 9782070138807*

Lorsque Johnny revient à Oakridge après une période d’exil, le passé semble oublié. Huit ans plus tôt, son flirt avec Marla, la fiancée de son meilleur ami, avait provoqué l’accident qui laissa son frère Stan intellectuellement diminué. Il renoue avec Marla et crée son entreprise. Mais une nouvelle incartarde avec la jeune femme réveille les rancœurs et provoque des catastrophes en série.

Le jardin de bronze, Gustavo Malajovich, 2014, Actes Sud, coll. « Actes noirs », 524 p., 9782330027094*

Sans relâche durant dix ans, des pavés de Buenos Aires aux confins de l’Entre Rios, un homme cherche sa fille Moira, disparue à la sortie du métro. (Résumé de l’éditeur)

Poétique et ténébreux, naviguant entre l’univers de Joseph Conrad et celui de Jean Cocteau, ce thriller s’aventure avec audace sur les rives escarpées du fantastique. Une véritable sensation ! (François Lestavel, Paris Match, 15 janvier 2014)

Ce qui n’est pas écrit, Rafael Reig, 2014, Métailié, coll. « Noir », 238 p., 9782864249436*

Carlos emmène son fils Jorge en montagne pour le week-end. Carmen, son ex-compagne et la mère de l’enfant, tombe sur le manuscrit d’un polar laissé par Carlos. Au fil de sa lecture, elle y voit des menaces à peine voilées et des sous-entendus inquiétants. Elle appelle Jorge mais celui-ci ne répond plus…

EN FORMAT POCHE

 

La faille souterraine et autres enquêtes, Henning Mankell, 2014, Points, coll. « Policier », 513 p., 9782757838556*

Cinq enquêtes des débuts de Wallander en tant que policier, alors qu’il n’a que 21 ans, avant qu’il ne rencontre Mona et ne devienne le père de Linda.

Nécrologie, Paul Cleave, 2014, Livre de poche, coll. « Thriller », 451 p., 9782253164999*

Théodore Tate, un ancien policier, s’est reconverti en détective privé. Alors que la police est occupée à chasser le Boucher de Christchurch, le tueur en série qui terrorise la ville, Tate est mandaté pour s’occuper d’une exhumation. La découverte de trois cadavres et l’inconnue dans le cercueil l’entraîne dans une spirale infernale.

Profanation, Jussi Adler-Olsen, 2014, Livre de poche, coll. « Thriller », 571 p., 9782253179030*

En 1987, l’enquête sur le meurtre d’un frère et d’une sœur s’était arrêtée faute de preuves, jusqu’à ce qu’un lycéen s’accuse lui-même sept ans plus tard. Le dossier ressurgit inexplicablement sur le bureau de l’inspecteur Carl Morck, qui décide, accompagné de son assistant Assad, de reprendre l’investigation.

Une histoire d’amour radioactive, Antoine Chainas, 2014, Gallimard, coll. « Folio policier », 304 p., 9782070456178*

Javier et Plancher, deux policiers, enquêtent sur des disparitions de malades en phase terminale qui ont décidé de quitter l’hôpital après avoir croisé le chemin d’une très belle jeune femme. Au cours de leurs investigations, Javier et Plancher tombent amoureux. Mais Plancher ignore que Javier mène son enquête dans son coin et qu’il croise la mystérieuse jeune femme. Bientôt, Javier tombe malade.

La belle vie, Matthew Stokoe, 2014, Gallimard, coll. « Folio Policier », 512 p., 9782070456192*

Installé à Los Angeles, Jack rêve en vain de télévision ou de cinéma. Un jour, après qu’elle s’est fait enlever un rein contre une grosse somme d’argent, la prostituée avec qui il vivait disparaît puis est retrouvée mutilée dans un dépotoir du centre-ville. Jack commence alors une longue descente aux enfers dans le milieu de la prostitution.

 

SCIENCE-FICTION ET FANTASTIQUE

Le casino perdu suivi de Orages en terre de France, Michel Pagel, 2014, Les Moutons électriques, coll. « Bibliothèque voltaïque », 381 p., 9782361831271* (+)

L’ouverture de mystérieuses portes a permis les échanges entre quatre planètes faisant jusqu’alors partie d’espaces-temps distincts et non compatibles. Les inimitiés s’accroissent et quatre champions s’affrontent afin d’affirmer la suprématie de leur planète. Suivi par une uchronie dans laquelle la guerre de Cent Ans ne s’est jamais terminée.

Les furies de Boras, Anders Fager, 2014, Mirobole éditions, coll. « Horizons pourpres », 345 p., 9791092145144* (+)

Des contes d’épouvante empreints d’humour noir et peuplés de loups-garous, de cerbères, de vampires, de poulpes géants, d’extraterrestres, etc.

L’évangile cannibale, Fabien Clavel, 2014, ActuSF, coll. « Les trois souhaits », 300 p., 9782917689585* (+)

Paris, 2025. Alors que les zombies envahissent le monde, les personnes âgées d’une maison de retraite tentent de s’organiser pour survivre.

Feed T. 3 : Red flag : Révoltez-vous !, Mira Grant, 2014, Bragelonne, coll. « Fantasy », 501 p., 9782352947189* (+)

L’oligarchie à la tête de l’Amérique post-zombie monte en puissance. Menacés par le pouvoir, les blogueurs affrontent également des savants prométhéens et un ours mort-vivant.

Sans crier gare surgit la nuit, Bernard Pasobrola, 2014, Vie du rail, coll. « Rails noirs », 252 p., 9782918758389* (+)

Un homme atteint d’amnésie suite à un accident cérébral est pensionnaire dans un institut de neurothérapie près de Grenoble. Six mois plus tôt, il a perdu sa fille, décédée dans un incendie criminel dans le centre de Montpellier. Un neurobiologiste à la tête d’un nouveau parti propose une refondation psychique de la société pour effacer les traces négatives du cerveau des patients.

EN FORMAT POCHE

 

Le soldat chamane, Robin Hobb, 2014, J’ai lu, coll. « Fantasy », 9782290082355* (+)

Jamère Burvelle, 15 ans, est élève à l’École royale de cavalerie au royaume de Gernia. Il est tiraillé entre ses deux êtres, celui qui le lie à l’humanité et celui qui le rattache à la nature primitive que le monde civilisé détruit peu à peu. Recueil des deux premiers tomes de la saga.

Métrozone T. 1 : L’équation de la vie, Simon Morden, 2014, Panini Books, coll. « Éclipse », 383 p., 9782809436204*

Samuil Petrovitch a survécu aux retombées nucléaires de l’Armageddon et se cache dans la Métrozone londonienne, la dernière ville d’Angleterre. Il sauve la vie de la fille d’un chef yakuza et se retrouve malgré lui au cœur d’une complexe équation. D’autant que la mafia russe s’en mêle et qu’une intelligence artificielle prend le contrôle de la Métrozone. Prix Philip K. Dick 2012 pour la trilogie.

La Légende de McNeil, Jonathan Reynolds, 2014, Six Brumes, coll. « Nova », 162 p., 9782923864167* (+)

Spécialiste de la littérature d’horreur et de fantastique pour les jeunes, Jonathan Reynolds revisite une œuvre ancrée dans ses origines bromptonvilloises, « La Légende de McNeil ». Ce récit met en scène la rencontre de quatre jeunes campeurs avec une histoire qui a fait frissonner le mythique Canton de Brompton de l’auteur : la mort et le retour du sorcier Henry McNeil.

Les cordelettes de Browser, Tristan Garcia, 2014, Gallimard, coll. « Folio », 305 p., 9782070453337* (+)

Dans un univers qui menace de se rétrécir, David Browser, un spationaute explorateur, découvre la brèche du cosmos et bloque accidentellement le temps. Condamnés à l’éternel présent, les humains peuvent cependant revivre et modifier leur vie en manipulant des cordelettes enfouies dans la console individuelle. Plusieurs récits suivent une série de personnages survivant dans un temps immobile.

Basse-Fosse T. 1 : Le baiser du rasoir, Daniel Polansky, 2014, Gallimard, coll. « Folio SF », 465 p., 9782070449231* (+)

Des enfants mutilés sont découverts dans la mystérieuse ville de Basse-Fosse. Prévôt, un ancien soldat au passé trouble, est le seul à pouvoir arrêter l’assassin. Premier roman.

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Tous les textes sont des éditeurs, sauf lorsqu’il y a mention d’auteur.

Sélection : litt. étrangère – Benoit Desmarais ; litt. québécoise, poésie, théâtre et science-fiction – Maxime Nadeau ; policier – Morgane Marvier.

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