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6 juillet 2011  par Le Délivré

Retour sur les parutions de juin

Comme à chaque début de mois, les libraires arpentent le Salon des nouveautés pour repérer les titres s’étant démarqués au sein de l’effarante production du mois écoulé. En voici un aperçu, question de s’aiguiser l’appétit livresque…

À signaler dans le secteur général

LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE

Le poids du papillon, Erri de Luca, Gallimard, coll. « Du monde entier », 81 p.
Sept histoires qui reviennent de loin, Jean-Christophe Rufin, Gallimard, coll. « Blanche », 163 p.
Les foudroyés, Paul Harding, Le Cherche midi, coll. « Lot 49 », 185 p.
Masterclass et autres nouvelles suédoises, sélection d’Elena Balzamo, Stock, coll. « Cosmopolite », 258 p.


En poche

Théâtre, Georges Feydeau, Omnibus, coll. « Omnibus théâtre », 1216 p.

Georges Feydeau a donné ses lettres de noblesse au théâtre de vaudeville. Omnibus nous offre un volume comprenant douze de ses meilleures œuvres. À travers des pièces pleines d’humour, redécouvrez cet auteur qui utilisait le rire pour mieux critiquer les mœurs de son époque.

Tragédies, Sénèque, Belles Lettres, coll. « Classiques en poche », 640 p.

Dramaturge de l’Antiquité, Sénèque inspira autant Racine, Shakespeare qu’Antonin Artaud. À travers ses tragédies, c’est la dualité au cœur de la nature humaine qu’il explore. Voici une réédition bilingue (latin-français) de sept de ses œuvres marquantes. Un incontournable pour les amoureux du théâtre.

Exit le fantôme, Philip Roth, Gallimard, coll. « Folio », 366 p.
Le cuisinier, Martin Suter, Points, 343 p.
Sang chaud, nerfs d’acier, Arto Paasilinna, Gallimard, coll. « Folio », 241 p.

 

LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE ET CANADIENNE

Un pépin de pomme sur un poêle à bois, Patrice Desbiens, Prise de parole, coll. « Poésie », 60 p.

Rares sont les recueils de poèmes remplis d’humour. Pourtant, on ne peut s’empêcher de sourire en voyant comment Patrice Desbiens dépeint le quotidien des francophones du nord de l’Ontario. Avec des mots simples, des expressions populaires, le poète dresse un portrait tragico-comique d’une communauté qui se bat depuis des décennies pour préserver sa langue et sa culture.

Aussi

Les métropoles culturelles dans l’espace francophone, Lise Gauvin (dir.), Hurtubise, coll. « Constantes », 176 p.

En poche

La Scouine, Albert Laberge, Typo, coll. « Typo roman », 157 p.

Longtemps mis à l’index par le clergé, La Scouine prenait le roman du terroir à contre-pied. Loin d’enjoliver la vie en milieu rural, Laberge dénonçait avec un humour acerbe la dure réalité de ses paysans condamnés à une existence misérable. Une œuvre audacieuse et pleine d’humour.

BIOGRAPHIES

Jean-Jacques Rousseau à 20 ans : Un impétueux désir de liberté, Claude Mazauric, Au diable Vauvert, coll. « 20 ans », 152 p.
La ballade de Bob Dylan, Daniel Mark Epstein, Robert Laffont, 537 p.
Bob Marley : Destin d’une âme rebelle, Francis Dordor, Flammarion, coll. « Pop culture », 492 p.
Adolf Hitler (2 vol., n. éd.), John Toland, Pygmalion, coll. « Histoire », 509 et 503 p.

 

LITTÉRATURE POLICIÈRE

L’armée furieuse, Fred Vargas, Viviane Hamy, 426 p.

Un nouveau Fred Vargas, ça ne se refuse pas. Surtout quand on y retrouve un Adamsberg au meilleur de sa forme. L’armée furieuse, vision d’une jeune femme, est-elle responsable de la mort d’un homme ou la vérité est-elle plus prosaïque ?

La nuit la plus longue, James Lee Burke, Rivages, 474 p.

James Lee Burke nous présente la Nouvelle-Orléans après Katrina, dans laquelle Dave Robicheaux affronte le chaos pour sauver la vie d’un homme.

Moscou, cour des miracles, Martin Cruz Smith, Calmann-lévy, 265 p.

L’auteur de Park Gorki revient toujours vers la Russie. Cette fois-ci, il s’agit de celle de Poutine, mais son inspecteur Arkadi Renko a toujours des problèmes avec les régimes, quels qu’ils soient.

Psychose, Robert Bloch, Moisson Rouge, 187 p.

Hitchcock a rendu le personnage de Norman Bates célèbre et la scène de la douche reste l’une des plus fameuses de l’histoire du cinéma ; mais on sait peut-être moins que le tout a été rendu possible par Robert Bloch, qui a écrit le roman original, inspiré par le tueur en série américain Ed Gein. Moisson Rouge nous en présente une nouvelle traduction.

En poche

Le parrain, Mario Puzo, Robert Laffont, 821 p.

Le célèbre Parrain est à nouveau disponible en poche. De quoi replonger dans les règlements de compte de la famille Corleone…

Hypothermie, Arnaldur Indridason, Seuil, 349 p.
Blanc sur noir, Kris Nelscott, Seuil, 503 p.

 

SCIENCE-FICTION ET FANTASTIQUE

Le fantôme du roi, David Gemmell, Bragelonne, 329 p.
Elric : Les buveurs d’âmes, Michael Moorcock, Fleuve noir, coll. « Fantasy », 262 p.
Destination ténèbres, Frank M. Robinson, Denoël, coll. « Lunes d’encre », 484 p.
Daemone, Thomas Day, Le bélial, 214 p.


En poche

L’épouse de bois, Terri Windling, LGF, 413 p.

 

ARTS

100 films : Du roman à l’écran, collectif, Nouveau monde / Scéren, 351 p.
Dictionnaire essentiel du documentaire rock : 100 « rockumentaires » indispensables, Christophe Geudin, ill. de Christophe Gaultier, Autour du livre, coll. « Les cahiers du rock », 175 p.
Geoffroy Tory, imprimeur de François 1er : Graphiste avant la lettre, Stéphanie Deprouw (dir.), Réunion des musées nationaux / Grand palais, 158 p.
Écrits sur l’art moderne (n. éd. revue et augm.), Louis Aragon, Flammarion, 729 p.
La couleur : Cours pratique (n. éd.), David Hornung, Eyrolles, 168 p.

 

CUISINE

Paëlla : 108 recettes, Alberto Herraiz, Phaidon, 192 p.
Noma, René Redzepi, Phaidon, 368 p.
Dictionnaire philosophique et subtil du vin, Thierry Tahon, Milan, coll. « Essais-documents » , 230 p.

 

SCIENCES HUMAINES et HISTOIRE

L’insurrection des patriotes à Beauharnois en 1838 : une révolte oubliée, Marcel Labelle, Septentrion, 300 p.

Si, de la révolte des Patriotes, les historiens se sont souvent penchés sur les événements de 1837, ceux de la fin de 1838 ont parfois souffert d’une attention moins exhaustive. Marcel Labelle vient combler en partie cette lacune en s’attardant à l’insurrection des Patriotes de Beauharnois, en novembre 1838. En croisant les témoignages souvent contradictoires des protagonistes de l’époque, l’historien arrive à retracer le fil des événements et même à suivre le destin de quelques-uns des insurgés après leur déportation en Australie.

Le choc des révolutions arabes, Mathieu Guidère, Autrement, coll. « Frontières », 210 p.

Le printemps arabe amorcé avec le soulèvement tunisien de janvier 2011 a déjà donné lieu à la publication de nombreux ouvrages, souvent écrits à chaud, avant que la poussière ne soit véritablement retombée. Si plusieurs ont davantage l’aspect de longs reportages journalistiques, l’ouvrage de Mathieu Guidère se distingue en ce qu’il propose une analyse politique de la situation qui prévaut dans l’ensemble des pays de la Ligue arabe, autant sur le plan interne qu’au niveau des relations interétatiques régionales et internationales.

La révolution du livre numérique : état des lieux, débats, enjeux, Marc Tessier, Bruno Racine, Jean-Noël Jeanneney et al., Odile Jacob, coll. « Penser la société », 208 p.

En notre condition de libraires, nous ne pouvions évidemment pas passer à côté de la parution de cet ouvrage collectif portant sur le livre numérique. Regroupant les réflexions de contributeurs provenant d’horizons divers, le livre analyse les différentes perspectives qu’ouvre ce nouveau médium, autant au niveau de l’intérêt du public que celui des créateurs. Du même souffle, on tente de dresser certaines pistes pour permettre de relever le défi du numérique.

Le capitalisme financiarisé et la crise économique au Québec et au Canada, Olivier Clain et François L’Italien (dir.), Nota bene, 289 p.

Rassemblant des textes issus du Séminaire Fernand-Dumont, qui s’est déroulé à l’île d’Orléans du 21 au 23 octobre 2009, ce livre aborde la crise financière à travers les prismes canadien et québécois. Regroupant les contributions d’économistes, sociologues et autres politologues chevronnés, il analyse les effets de cette crise et montre les limites de la globalisation financière.

Société : intégration, désintégration : Écrits sociologiques, Theodor Adorno, Payot, coll. « Critique de la politique », 394 p.

Le philosophe et sociologue Theodor Adorno, l’un des plus éminents représentants de l’école de Francfort, partage dans ce recueil quelques-unes de ses réflexions sur la culture. Une bonne entrée en matière pour ceux et celles qui s’intéressent à la critique de la société élaborée par cette école de pensée.

Une nouvelle conscience pour un monde en crise : Vers une civilisation de l’empathie, Jeremy Rifkin, Les liens qui libèrent, 648 p.

Jeremy Rifkin est sans conteste l’un des penseurs et essayistes américains les plus pertinents des vingt-cinq dernières années. Dans ce nouveau pavé ambitieux, l’auteur retrace ni plus ni moins que le parcours de l’humanité pour poser un diagnostic sans appel sur les relations de l’homme d’aujourd’hui avec son environnement : le monde moderne n’a jamais été aussi unifié, mais en même temps aussi déchiré, ces déchirures menaçant sous de nombreux aspects le devenir de l’humanité. Afin de sortir de cette impasse, une seule voie de salut : que l’humanité remodèle sa conscience pour remettre à l’avant-plan la notion d’empathie.

Dictionnaire de la désinformation, François Géré, Armand Colin, coll. « Dictionnaire », 320 p.

On peut dire que la démocratisation de l’information a entraîné avec elle une montée de la désinformation, chaque institution tentant de d’influer sur la perception du public à son égard. Un phénomène loin de s’amenuiser avec l’arrivée des nouveaux médias. Cette manipulation du réel n’est évidemment pas sans conséquence sur la santé démocratique de nos sociétés. Dans cet ouvrage-dictionnaire, François Géré propose quelques 300 entrées pour nous permettre d’appréhender le phénomène et nous questionner sur la finalité de l’information.

Aussi :
Histoire de la France des origines à nos jours (n. éd.), George Duby (dir.), Larousse, coll. « Biblio. historique », 1408 p.

 

SCIENCES

Changer le monde : tout un programme !, Jean-Marc Jancovici, Calmann-Lévy, 239 p.
Les scientifiques jouent-ils aux dés ? : Idées reçues sur la science, sous la direction de Richard-Emmanuel Eastes, Bastien Lelu, Le Cavalier bleu, coll. « Idées reçues », 174 p.
25 ans de développement durable, et après ?, Edwin Zaccaï, PUF, coll. « Développement durable et innovation institutionnelle », 237 p.

 

PHILOSOPHIE

Peinture et philosophie : un essai de phénoménologie comparée, André Stanguennec, Presses universitaires de Rennes, coll. « Aesthetica », 225 p.
Philosophie de la réalité : critique du réalisme, Jean-François Kahn, Fayard, coll. « Essais », 392 p.
Lâcher prise avec Schopenhauer, Céline Belloq, Eyrolles, coll. « Vivre en philosophie », 181 p.
Les voies du paradoxe et autres essais, Willard Van Orman Quine, Vrin, 555 p.
Spinoza : une philosophie de la joie, Robert Misrahi, Entrelacs, 273 p.

 

PSYCHOLOGIE

Harcèlement moral au travail : Réponses psychosociales, organisationnelles et cliniques, Pascale Desrumaux, Presses universitaires de Rennes, coll. « Psychologies », 235 p.
Psychologie en questions : Idées reçues sur la psychologie, Annick Ohayon et Régine Plas, Le cavalier bleu, coll. « Idées reçues » , 152 p.
L’homme cognitif (n. éd.), Annick Weil-Barais, PUF, coll. « Quadrige », 600 p.

 

( Sélection et rédaction pour le secteur général : litt. étrangère – Chanel De Halleux et Sébastien Veilleux ; biographies, philo et psycho – CDH ; litt. québécoise : SV ; policier – Morgane Marvier ; science-fiction – Guillaume Cloutier ; arts – Eric Bouchard ; sciences humaines et sciences – David Murray ; cuisine – Caroline Le Gal )

La crème de la littérature jeunesse

ALBUMS

Le petit livre des 100 premières fois, Stéphane Daniel, ill. de Ronan Badel, Sarbacane, 208 p.

Les premières fois portent toujours en elle un petit côté spécial, qu’il s’agisse du premier baiser, de la première bataille de boule de neige, de la première visite à l’hôpital ou du premier coucher de soleil. Mais on oublie très souvent que la seconde fois, c’est autre chose… Ce superbe petit album multiplie les émotions : on sourit, on rigole franchement, on y revient, on y réfléchit longtemps après, on est touché et parfois même complètement ému. À lire d’un couvert à l’autre, ou en grappillant au petit bonheur la chance ! (RD)

Un mammouth dans le frigo, Michaël Escoffier, ill. de Matthieu Maudet, L’école des loisirs, 30 p.

C’est bien connu, il arrive qu’on trouve des surprises en ouvrant la porte du réfrigérateur ; mais qui peut prétendre y avoir déjà trouvé un mammouth ? Et d’ailleurs, comment un tel mastodonte peut-il se retrouver dans un lieu si inapproprié à sa taille ? Il y a anguille sous roche, c’est certain ! Fidèle à lui-même, Michaël Escoffier nous offre une histoire pleine d’humour avec une fin, ma foi, assez rigolote ! (RD)

Rossignol, Sébastien Perez, ill. de Benjamin Lacombe, Seuil jeunesse, 36 p.

Dans une colonie de vacances, au fil des jours, chaque enfant trouve un petit bout de tapisserie sur lequel quelques vers lui sont adressés. On découvre que c’est Rossignol qui, par ce moyen détourné, tentait d’entrer en contact avec ses petits camarades. Ce petit garçon timide qui passait inaperçu au sein de la colonie fera preuve d’audace pour trouver sa place. Dans ce récit sensible, plein de poésie, et qui va droit au cœur, le tandem Perez-Lacombe fait encore merveille. Les magnifiques illustrations, touchantes à souhait, recèlent plein de petits trésors à découvrir. Saurez-vous trouver où se cache le petit Rossignol au fil des pages ? (JH)

Le grand papa et sa toute petite fille, Cathy Hors, ill. de Samuel Ribeyron, Milan jeunesse, 26 p.

Quand on est un géant et qu’on rêve d’avoir un enfant, on l’imagine à son image. Mais dans l’histoire de Cathy Hors, le très très grand monsieur a eu une toute petite fille. Alors plutôt que de lui apprendre « à croquer les pommes directement sur l’arbre, [à] papoter avec les oiseaux dans le ciel, […] [à] faire tourner la lune dans tous les sens », le grand papa, se met à genoux pour voir le monde autrement. Une histoire toute en douceur et magnifiquement illustrée. (KC)

Le livre rouge – ou les aventures de Pépin le glouton, Ghislaine Herbéra, Didier jeunesse, 22 p.

Ghislaine Herbéra a créé un univers très original et d’une grande qualité visuelle. Les pages de gauche présentent l’aventure de Pépin, un petit chevalier très gourmand, tandis que celles de droite nous plongent à l’intérieur d’une pièce où s’amusent des enfants, et dans laquelle un petit garçon découvre un livre et en commence la lecture en silence. Les deux histoires, qui s’avèrent en n’être qu’une, se tissent et se répondent merveilleusement. Une mise en abyme qui en émerveillera plus d’un. (KC)

Le roi des Dardanelles, Janusz Stanny, MeMo, coll. « Classiques étrangers pour tous », 28 p.

Il était une fois un roi, un roi qui n’a jamais trouvé de dragon. Bredouille, il rentre chez lui, mais il n’y a point de foule en liesse pour l’accueillir. Serait-il comme le dragon, une image des temps anciens qu’on oublie ? À partir de là, notre roi a de drôles d’idées ; pour commencer, il va s’habiller en smoking ! Le texte magnifique, tout en rimes et qui possède le charme des contes d’autrefois, est habillé d’incroyables illustrations en noir et blanc. Décidément, il ne faudrait pas oublier le dernier roi des Dardanelles. (AP)

ROMANS

Boum ! (éd. revue et augm. de Gridzbi spudvetch !), Mark Haddon, Pocket jeunesse, 192 p.

Ça y est, Mark Haddon récidive avec un roman cette fois-ci dédié à la jeunesse. Dans Boum !, on entre d’abord dans le quotidien d’un jeune Anglais plutôt maladroit et un brin parano. Cependant, le jeune héros sera bien vite entraîné par son ami un peu trop téméraire dans une aventure où la science-fiction nous surprend au détour ! Dans une langue simple mais efficace, l’auteur nous transporte au cœur de son imagination de petit garçon qui n’a pas encore grandi, et ce, pour notre bon plaisir. (ÉT)

Marre de l’amour, Maud Lethielleux, Thierry Magnier, 135 p.

Quoi de plus exaspérant pour un jeune garçon que d’avoir des parents qui s’aiment, qui se font des câlins et qui par-dessus le marché s’embrassent en pleine rue ? Pierrot en a bien marre d’être si différent, avec sa famille non-éclatée. Avec ses amis, il entreprendra donc des manigances pour faire s’éteindre cet amour si insupportable. Dans ce charmant récit, Maud Lethielleux dépeint la vie et l’amour avec des airs légers et naïfs. Avec son écriture si authentique, l’auteure nous parle de la vraie vie de belle façon. (ÉT)

La boulangerie de la rue des dimanches, Alexis Galmot, ill. par Till Charlier, Grasset jeunesse, 74 p.

C’est vraiment la « crème » de juin, ce roman savoureux rempli de religieuses en chocolat et de baguettes pas trop cuites ! On y suit le destin de Jack qui, entouré d’amour et de musique, se révèlera un boulanger de grand calibre malgré les épreuves qu’il doit traverser. Cet hymne à l’amour un brin philosophique nous rappelle que le bonheur est tout simple et qu’il se trouve souvent à la portée de la main. (SD)

Le roman de Sofia, Henning Mankell, Flammarion, 548 p.

Sofia vit au Mozambique, pays ravagé par la guerre. Elle devra quitter son village avec sa famille pour fuir les bandits qui les attaquent constamment. Puis un grave accident – l’explosion d’une mine anti-personnelle – non seulement la privera de ses jambes, mais lui fera aussi perdre sa sœur, Maria. Armée de courage et de persévérance, Sofia va se refaire une vie. Cette histoire vraie bouleverse et donne un bel exemple de solidarité familiale. (SD)

Le livre de Saskia, t.1 : Le réveil, Marie Pavlenko, Scrineo, 350 p.

Saskia a 18 ans et mène une vie normale, avec une mère qu’elle adore, des amis, un chien et un vélo. Mais Saskia porte aussi une pierre étrange qui lui vient d’avant son adoption. Un jour, un jeune homme commence à la suivre. Le temps et les questions passent, mais aucune réponse ne vient éclaircir ce mystère. Puis c’est une jeune femme qui commence à la suivre à son tour… L’univers de ce premier tome est loin d’être manichéen, les personnages sont attachants et on a le droit à de belles parts de magie, d’aventure et de romance. On attend le deuxième volume de cette trilogie avec impatience ! (AP)

DOCUMENTAIRE

Les animaux du Québec, collectif, Auzou, 29 p.

Ils se font plutôt rares, les documentaires sur les animaux de chez nous… Eh bien, une nouvelle série de documentaires animaliers parue chez Auzou dédie une de ses parutions à la faune québécoise ! Les photos y sont d’une grande qualité et les textes de même. Cette collection dans l’ensemble très variée saura plaire aux premiers lecteurs avides de connaissances nouvelles ! (ÉT)

( Sélection et rédaction de Rhéa Dufresne, Joëlle Hodiesne, Katia Courteau, Aurélie Philippe, Élise Tanguay et Susane Duchesne )

La crème des bandes dessinées

Chroniques de la métropole, Golo et Dibou, Futuropolis, 202 p.

Une femme d’affaires française et un bédéiste égyptien se donnent rendez-vous à quelques occasions à Gournah, un petit village touristique situé au pied de la vallée des rois en Égypte. Dans ce récit qui oscille entre autobiographie, documentaire et portrait de mœurs de villageois attachants, on se laisse emporter à travers les aquarelles ensoleillées de Golo pour finalement succomber au charme des photographies de Dibou, qui viennent ancrer ce récit dans le quotidien. (RSH)

Lomax : Collecteurs de folk songs, Frantz Duchazeau, Dargaud, 118 p.

En 1933, modestement équipés d’un phonographe-enregistreur et de rouleaux de cire, John Lomax et son fils, Alan, pionniers du field recording, parcourent le Deep South américain pour recueillir, en pleine ségrégation raciale, les chants des musiciens folks noirs. Dans ce « biopic » au parfum documentaire qui s’installe doucement pour rapidement prendre aux tripes, Duchazeau, à l’image des deux musicologues, se fait avec talent le porte-voix d’une culture musicale étouffée, et atteint une belle confiance dans son trait jeté pour créer des images vivantes, aux textures vibrantes. Une réussite. (EB)

Mojo, Georges Van Linthout et Rodolphe, Vents d’Ouest, coll. « Intégra », 192 p.

Slim Whitemoon est un guitariste de blues talentueux doublé d’un charmeur invétéré. Ayant quitté son Mississipi natal pour tenter sa chance à Chicago, il sera confronté à la crise économique de 1929 et au racisme. Toutefois, il pourra s’en sortir grâce à sa bonne étoile, le fameux mojo des bluesmen, et participer à une tournée avec de jeunes groupes britanniques au milieu des années 60. Rodolphe mélange habilement réalité et fiction pour nous brosser un portrait sombre et réaliste de ces pionniers du blues delta. (RSH)

Beauté, t.1 : Désirs exaucés, Kerascoët et Hubert, Dupuis, 48 p.

Plongez dans un univers de conte délicat, coloré et digne des frères Grimm grâce au premier tome de Beauté. Morue est une Cendrillon qui sent le poisson et qui se croit inutile parce qu’elle est née avec un visage disgracieux. Une fée lui offre un vœu, et Morue devient la beauté incarnée aux yeux de tous. Malheureusement, sa beauté est si grande qu’elle lui attire des ennuis et cette ancienne souillon se trouve rapidement mêlée à des complots politiques et féériques. L’univers de Beauté, tendre et cruel, est un mélange de superbes illusions et de tristes dérisions, un peu comme l’héroïne elle-même. Une découverte à ne pas manquer pour tout bédéphile. (IM)

Le montreur d’histoires, Raphaël Beuchot et Zidrou, Le Lombard, 97 p.

En pleine Afrique subsaharienne, « Il était une fois », un marionnettiste itinérant aux histoires pleines de vie, retourne sur sa terre natale pour confronter ses démons, en l’occurrence le chef de police local, un tyran imbu de lui-même qui, ayant décrété les histoires interdites, lui a coupé les mains. Ce conte au goût merveilleux comme un fruit gorgé de soleil, mais douloureux comme une déchirure au cœur, nous rappelle la beauté, l’effet et le caractère fondamental du rêve dans nos vies. Quelle belle surprise au Lombard (!) que cette lecture infiniment pertinente dans notre triste époque neo-con, où la culture n’est plus qu’un méprisable accessoire économique. (EB)

Une longue route, Fumiyo Kouno, Kana, coll. « Made in », 213 p.

Troisième œuvre de cette auteure attachante à paraître dans cette même collection, Une longue route parcourt le quotidien de Sôsuke Oimatsu, fils à maman et incorrigible coureur de jupons, et Michi Tendô, jeune fille naïve et lunatique, qui, mariés malgré eux, devront graduellement apprendre à s’apprivoiser. Kouno s’amuse gentiment avec son lecteur par une narration déroutante et souvent à double sens. Ce manga présenté en une série de courts chapitres de quelques trois ou quatre pages s’avère poétique, touchant et subtil. (HB)

Je ne suis pas un homme, t.1, Usamaru Furuya, Casterman, 256 p.

En cherchant l’inspiration pour un nouveau manga, l’auteur tombe sur un site personnel autobiographique intitulé Je ne suis pas un homme, où un jeune adulte à qui tout semblait vouloir réussir raconte sa brutale descente aux enfers. Avec une narration exemplaire et des mises en pages inventives, Furuya confirme son statut d’auteur d’exception dans cette adaptation de La déchéance d’un homme d’Osamu Dazai. Si ce récit cru, dans lequel eros et thanatos habitent et régissent les pulsions, n’épargne personne, il nous convie aussi à une exploration des frontières de l’existence, à une réflexion sur la condition morale de l’homme. Pour lecteurs avertis. (EB)

Nosferatu, t.1 : Si vis pacem, Stefano Martino et Olivier Peru, Soleil, 48 p.

Après nous avoir agréablement surpris l’automne dernier avec le premier tome de la série Zombies, Olivier Peru entame un diptyque vampirique. Nosferatu, le premier vampire de l’histoire, revient à la vie dans un bidonville de Bombay après y avoir été laissé pour mort durant la Seconde Guerre mondiale. Les seigneurs vampires, menés par un ancien centurion romain, tenteront de le détruire pour de bon, mais une troupe de chasseurs de vampires est à l’affût. La grande force de ce récit réside dans la mise en place de la rivalité entre deux vampires sur une période de deux millénaires, admirablement rendue grâce à de nombreux retours dans le temps. (RSH)

Ne passons pas sous silence quelques rééditions dignes de mention : celle de La chasse-galerie, superbe adaptation expressionniste de Vincent Vanoli du texte fondateur d’Honoré Beaugrand (La pastèque), et celle de Little Ego, du grand maître italien Vittorio Giardino (Drugstore), une réinterprétation coquine de l’immortel Little Nemo de Winsor McCay. Du côté des éditions intégrales, citons également celle des quatre tomes de Réflexions d’une grenouille de Kazuo Iwamura (Autrement), initiation à la rêverie philosophique pour le jeune public, ainsi que celles des deux diptyques à saveur mythologique de Christian Rossi et Serge Le Tendre, Tirésias et La gloire d’Héra (Dargaud). Finalement, Delcourt nous a débarqué une flopée d’éditions anniversaire dans le cadre de ses 25 ans d’existence, dont deux belles intégrales, celles d’Ayako, puissant drame historique d’Osamu Tezuka, et de New York trilogie, chroniques sociales où le grand Will Eisner jette un regard sur sa ville natale. (EB)

( Sélection et rédaction de Réjean St-Hilaire, Eric Bouchard, Isabelle Melançon et Hélène Brosseau )

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Un commentaire à cet article

  1. Sophie Lit dit :

    Très intéressant, comme toujours! La section jeunesse regorge de titres qui me font envie, merci!

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