Le Délivré
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2 septembre 2011  par Rhéa Dufresne

Pourquoi eux ? (Première partie)

En plein cœur de l’été, alors que je lisais un roman qui me laissait sur mon appétit, je me suis demandée où prenait racine mon intérêt lorsque je lis ? Pourquoi j’aime certains romans alors que d’autres me laissent de marbre ?

J’ai mis quelques jours à mettre mes idées en place et à trouver une réponse. Elle n’est pas parfaite, à vous de voir s’il en va de même de votre côté, mais à mon sens ça tient à trois choses : les personnages, l’atmosphère ou l’univers créé et l’histoire elle-même. L’idéal, bien sûr, c’est de retrouver tout ça dans le même livre, mais, en ce qui me concerne, ce n’est pas essentiel. Au contraire, j’ai très souvent usé d’un de ces prétextes pour poursuivre mes lectures…

Je vous propose une brève explication, en trois temps (et trois articles), de ma réflexion.

Qui sont ces personnages marquants ?

De toute évidence, pour moi, un héros est un personnage fort, plus grand que nature. Un héros pas du simple fait qu’il soit au centre de l’histoire mais plutôt parce qu’il se démarque de ceux connus jusqu’alors. Ce personnage rehausse l’intérêt d’une classique histoire d’amour, pimente une énième course-poursuite ou colore notre vision du quotidien. Il ne peut ressembler à l’enseignante, au petit voisin, à la copine ou au grand frère, il se doit d’être différent et surtout d’être vrai dans sa différence. Il n’est pas nécessairement un modèle à suivre, ne fait pas toujours les bons choix et n’est pas sans reproche mais il est unique, exceptionnel. Il est…

À la limite de la caricature, marginal et déjanté, comme Abel Francis Sandro héros de Mes idées folles. Jeune surdoué doublé d’un cynique revenu de tout qui devient psychiatre et qui fait preuve d’une lucidité déstabilisante laissant le lecteur abasourdi devant tant de constats à la fois drôles et pathétiques.

À la fois courageux, téméraire, débrouillard et attachant mais fait preuve d’une naïveté qui le désarme face aux contraintes de la vie en société. C’est le cas de Moon qui a grandi, isolé, en compagnie de son père dans la grande forêt de l’Alabama et qui doit, suite au décès de ce dernier, batailler pour sa liberté.

Elle est en avance sur son époque, désireuse de franchir les obstacles, de repousser les limites d’une société bien pensante, de briser des carcans et de sortir des sentiers battus pour vivre en accord avec sa personnalité. C’est le portrait de Sally Lockhart, l’héroïne de Philip Pullman, qui nourrit des ambitions bien différentes des jeunes filles du Londres de l’époque victorienne.

Elle a, comme la Stella de Marie-Louise Gay, sa propre vision du monde, des explications teintées de poésie, des réponses fantaisistes, une curiosité et une vivacité qui donne envie de partir à la découverte du monde qui nous entoure.

Enfin, comme j’aime bien le penser, puisque dans les romans comme dans les rêves, tout est possible, cet être d’exception peut aussi être un animal. Je pense à Tuffy, le sympathique mais bien prétentieux chat imaginé par Anne Fine. Un félin sans complexe quant à sa nature profonde qui raconte sa vie avec un ton toujours irrévérencieux autant envers ses « ennemis naturels » qu’envers ses maîtres qu’il a, visiblement, bien du mal à comprendre.

Des héros comme ça, on peut en rencontrer plusieurs au fil de nos lectures. Dans mon cas,  chaque fois que j’entrevois derrière un portrait, une péripétie ou un retournement de situation, l’ombre d’un grand personnage, l’étincelle s’allume et la lectrice est comblée.

Mes idées folles, Axl Cendres, Sarbacane
Alabama Moon, Watt Key, Bayard
La série Sally Lockhart, Philip Pullman, Gallimard jeunesse
Journal d’un chat assassin, Anne Fine, École des loisirs
La série Stella, Marie-Louise Gay, Dominique et compagnie

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Un commentaire à cet article

  1. [...] revient alors en tête un article de Rhéa, paru dans Le délivré, il y a déjà quelque temps. Un article sur les héros attachants et comment, à eux seuls, ils [...]

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