Le Délivré
partager cet article

Article complet

8 avril 2011  par Katia Courteau

Lire aux bébés : une façon d’aimer

Dans son ouvrage Les livres, c’est bon pour les bébés, qui fait maintenant office de référence sur le sujet, Marie Bonnafé fait l’éloge et la démonstration du plaisir que les tout-petits éprouvent grâce aux livres. Les bébés sont des lecteurs ; d’un autre genre, peut-être, mais des lecteurs à part entière. Comme l’explique l’auteure : « Donner à voir et à entendre un récit à un enfant est une expérience qui lui procure autant de joie et d’excitation affective et intellectuelle que la découverte de son image dans le miroir. » (p. 78)

Oui, les bébés aussi aiment les livres. Qu’ils les mâchouillent, les mordent, les goûtent, les balancent au-dessus d’eux, qu’ils les observent fixement ou les parcourent à l’envers, ils les aiment à leur façon et c’est parfait ainsi. Mais il ne s’agit là que de leur rapport à l’objet ; la lecture détient sur eux un pouvoir beaucoup plus vaste que ça. Lorsque qu’un parent fait la lecture à son enfant, le livre devient « créateur » de moments affectifs et de proximité. Papa attrape le livre tout-carton qui attire depuis quelques minutes le regard de bébé. Bien collés tous les deux, papa ouvre la première page et s’exclame devant l’image. Débute alors un moment tendre, un partage.

Beaucoup de livres pour les bébés sont publiés chaque année. Parmi ce vaste choix, je vous présente ceux vers lesquels je reviens sans cesse : mes dix livres fétiches pour les tout-petits.

Mes animaux de Xavier Deneux aux éditions Tourbillon est l’un des premiers livres que j’offre et que je propose pour les plus petits. Illustré en noir et blanc avec de petites touches de rouge ici et là, ce genre de livre, bien que dispensé de couleurs, subjugue les bébés par ses contrastes intenses. En plus des images d’animaux qui attrapent instantanément leur regard, les trouées dans les pages invitent l’enfant lecteur à explorer le livre avec ses doigts.

Dans la même veine, mais cette fois-ci en livre-tissu, Noir, blanc, rouge, chez le même éditeur, se présente avec des languettes de ruban qui donneront envie aux bébés de les attraper, développant ainsi leur motricité fine. Mais ce n’est pas qu’à ce niveau que ce livre-tissu suscite l’éveil, tandis que les sons des pages qui bruissent sous le froissement égaieront aussi bébé. Un autre incontournable des livres en noir et blanc est celui de Tana Hoban, Blanc sur noir. D’une présentation plus simple, où l’on ne retrouve que des images d’objets en noir et blanc, il est parfait comme premier livre pour les petits.

Il y a aussi les livres à ritournelles ! Quoi de plus amusant et rassurant pour un enfant qu’une petite comptine qu’on répète ? Le bébé reconnait les sons et s’en amuse. J’aime particulièrement les livres de Jeanne Ashbé, LA grande dame de la littérature pour la petite enfance. Dans sa série Cachatrou, une formulette se répète à chacune des pages : « Touchatou, cachatrou / par-dessus, par-dessous / mets ton doigt dans le p’tit trou ». On lève le rabat et on découvre une petite ouverture à explorer du bout des doigts !

Certaines comptines nous ont marqués et sont un réel plaisir à réentendre. Vous retrouverez dans la collection « À la queue leu leu » de Casterman un grand nombre d’adaptations joliment illustrées de comptines et autres chansonnettes, où la mélodie et le rythme captivent et amusent les petits. Mon préféré d’entre tous est Pirouette, cacahouète d’Isabelle Carrier.

Avec Un bisou pour… de Malika Doray, dont les albums me réjouissent à chaque fois, le livre devient élément déclencheur d’intégration du parent-lecteur. En effet, après que ce dernier ait lu le passage suivant : « Un bisou pour la panthère / et une bise pour l’ours polaire / Une bise au léopard / et une bise pour le renard », une question est posée : « Et pour toi qu’est-ce qu’il y a ? »

On tourne la page et la réponse explose : « Des bisous, des bisous, des bisous, des bisous [...] », jusque dans le cou de l’enfant ! Imaginez le plaisir de l’enfant qui sent arriver, à chaque relecture, ce moment intense des bisous qui éclatent.

Des livres pour les bébés un peu plus grands… (à partir de 18 mois environ)

Les livres tout-carton sont rarement publiés au Québec, mais une perle a vu le jour à La courte échelle : Devant ma maison de Marianne Dubuc. Cette forme poétique de l’imagier présente une suite d’objets associés les uns aux autres, dévoilant l’univers familier des enfants par de belles illustrations tout en douceur.

Cou-ci Cou-ça d’Anne Louchard est un livre adorable ! La page couverture, qui montre seulement le cou d’une girafe, pose comme question : « Comment les girafes font-elles ? » En dépliant le large volet vers le haut, sa mignonne bouille apparait, les yeux fermés, et la suite de la question est dévoilée : « …pour dormir avec ce cou interminable planté sur leurs épaules ? » Ensuite, pour répondre à cette question, chaque double-page pose une hypothèse rigolote… Et la fin nous fait craquer ! Vous n’avez pas une idée ?

Dans la collection « Caché trouvé » de Milan, Koji Ishikawa s’amuse à poser des devinettes aux petits à travers questions, indices visuels et découpes… C’est brillant, joli et amusant ! Et la réponse est donnée une fois la page tournée. Mon chouchou : Où sont les animaux ?

Ces mêmes éditions Milan viennent de nous donner Poussez pas, de la talentueuse Martine Perrin. Ce livre permet aux enfants d’explorer leur propre imaginaire par le travail qu’ils doivent accomplir pour compléter les images tronquées d’animaux à la course. L’histoire débute dès la page couverture, où on ne voit que la partie arrière d’une autruche. Puis, en première page, le devant du même animal est présenté avec la patte en action ! « L’autruche court derrière… » : là, se repose la devinette, car une fois de plus, on ne voit que la partie arrière du prochain animal, et ainsi de suite… Jusqu’au moment où : « STOP ! », la lumière est rouge à l’intersection ! Ce qui provoque une énorme bousculade, juste avant que les animaux reprennent leur course folle… une fois la lumière verte, évidemment !

Il y a un choix infini de livres pour les tout-petits. Ces quelques suggestions sauront peut-être vous éclairer, mais, surtout, retenez ceci : il n’est jamais trop tôt pour faire la lecture à un enfant.

* * *

Les livres, c’est bon pour les bébés, Marie Bonnafé, Hachette littératures, coll. « Pluriel », rééd. 2003, 202 p.
Mes animaux, Marie-Odile Fordacq et Franck Girard, ill. de Xavier Deneux, Tourbillon, coll. « Blanc noir », 2007, 19 p.
Noir, blanc, rouge, collectif, Tourbillon, 2009, 10 p.
Blanc sur noir, Tana Hoban, Kaléidoscope, 1993, 12 p.
Cachatrou : C’est mon oreille, Jeanne Ashbé, L’école des loisirs, 1996, 18 p.
Pirouette, cacahouète, Isabelle Carrier, coll. « À la queue leu leu », Casterman, 2004, 24 p.
Un bisou pour…, Malika Doray, L’école des loisirs, Coll. « Loulou et compagnie », 2008, 26 P.
Devant ma maison…, Marianne Dubuc, La courte échelle, 2010, 120 p.
Cou-ci Cou-ça, Anne Louchard, Minedition, coll. « Un livre à volets Minedition »2010, 20 p. dépl.
Où sont les animaux ?, Koji Ishikawa, Milan jeunesse, coll. « Caché trouvé », 2008, 34 p.
Poussez pas, Martine Perrin, Milan jeunesse, coll. « Albums Milan premier âge », 2010, 38 p.

Mots-clefs : , , , , , , , , , , , , ,


3 commentaires à cet article

  1. Alice dit :

    On a les mêmes dans notre top 10!!! Tiens, tiens, comme c’est bizarre! ;-)

  2. Luce Beaulieu dit :

    Est-ce que ces livres sont disponibles en librairie (une seule idéalement) ou en ligne, encore une fois idéalement un seul commerçant)?

    Merci!

  3. Katia dit :

    Oui, tous ces livres sont disponibles à notre librairie Monet! N’hésitez pas à nous appeler pour faire une réservation ou en faire la commande. Ou, alors, de passer en librairie pour découvrir ces petits bijoux!

Ajouter votre commentaire



Commentaire


© 2007 Librairie Monet