C’est la canicule, c’est l’été ; voilà bien un temps qui nécessite quelques rafraîchissements ! Et pourquoi ne pas délecter nos papilles d’une bonne bière fraîche ? Et en la matière, disons que nous avons l’embarras du choix. Fini le temps où nous ne pouvions choisir qu’entre les produits Molson, Labatt et O’Keefe ! Avec les micro-brasseries québécoises qui pullulent depuis le milieu des années 1980 et l’arrivée sur nos tablettes de plusieurs bières étrangères, l’amateur peut parfois avoir de la difficulté à s’y retrouver. Voici donc quelques suggestions pour séparer le bon grain de l’ivraie en matière brassicole.

Pour constater l’étendue du chemin parcouru par l’univers de la bière au Québec, quoi de mieux que d’en survoler l’histoire. Pour ce faire, on lira Histoire de la bière au Québec, de Sylvain Daignault, paru aux éditions Broquet. L’ouvrage retourne aux bouillies consommées par les colons en Nouvelle-France, pour ensuite remonter le fil de l’histoire de cette incontournable boisson en abordant au passage la vaine entreprise de Jean-Talon, la création de la brasserie Molson, les développements technologiques opérés par la révolution industrielle, les défuntes Champlain et Dow – de triste mémoire pour certains ! -, pour arriver à l’émergence d’une nouvelle génération de brasseurs artisans qui font aujourd’hui le bonheur des disciples de saint Arnould, dont c’était justement la fête hier….

Avec la « révolution » micro-brassicole, la bière a pris du lustre et est aujourd’hui dégustée pour ses qualités gustatives au même titre que le vin. Un des pionniers qui a contribué à rendre à la bière ses lettres de noblesse est Michael Jackson – non pas le chanteur ! -, qui a consacré nombre d’ouvrages à l’univers brassicole. Celui qu’on a aussi découvert par ses films documentaires The Beer Hunter a contribué à faire prendre conscience aux gens des vertus de la bière en tant qu’élément important de la vie sociale, et produit gastronomique. Parmi les ouvrages qu’il a publiés, on lira entre autres La Bière, paru dans la collection « Le spécialiste » des éditions Grund, qui dresse le portrait de quelques-unes des plus célèbres bières de la planète.

Maintenant, pour prendre la mesure de la richesse du milieu brassicole québécois, deux ouvrages s’imposent. Le premier est Le guide de la bonne bière au Québec, de Mario D’Eer chez Trécarré. Après avoir survolé son histoire, décrit ses principaux procédés de fabrication et présenté les différents styles de la bière, le « biérologue » québécois nous présente chacune des micro-brasseries de la province. Le développement de celles-ci est tel qu’un an après sa parution l’ouvrage devrait déjà être mis à jour ! Mario d’Eer considère d’ailleurs le Québec comme étant le paradis de la bière : en effet, le fait que la province ne possède pas de tradition brassicole qui lui soit propre – contrairement à l’Allemagne, l’Angleterre ou la Belgique – a amené les brasseurs d’ici à développer des bières de tous les styles, auxquelles on ajoute de plus en plus une touche locale. À la lecture du livre de d’Eer, on ne peut que constater la richesse de la production brassicole d’ici.

L’autre ouvrage qu’on prendra plaisir à consulter est Les microbrasseries du Québec de Jean-François Joannette et Guy Lévesque, paru chez Broquet. Reprenant l’argument de Mario d’Eer voulant que le Québec soit le meilleur endroit au monde pour déguster des bières de spécialité, les auteurs nous présentent quelques-unes des plus innovantes microbrasseries québécoises dans un ouvrage aux riches photographies. Un livre qui donne soif !

Sinon, pour guider le consommateur lorsqu’il se retrouve devant les frigos, on pourra aussi lire le livre d’Alain McKenna et Richard Prieur qui vient de paraître aux éditions Transcontinental, Les 100 meilleures bières 2010. En plus de présenter les principales caractéristiques de quelques-unes des meilleures bières à se retrouver sur le marché, les auteurs y vont de suggestions selon différentes thématiques. Ainsi, on lira avec intérêt les sections « 10 bières à éviter à tout prix », « 10 bières exotiques », « 10 bières désalcoolisées », « 10 bières d’après-match » et « 10 bières pour grands voyageurs ».

Finalement, pour ceux qui voudraient s’adonner au plaisir de faire leur propre bière, malgré le fait que les meilleurs ouvrages soient en anglais, on pourra lire le livre de Jean-François Simard Comment faire de la bonne bière chez soi, paru chez Trécarré. L’ouvrage constitue une bonne introduction pour le brasseur en herbe. Pour poursuivre l’apprentissage, on pourra ensuite facilement se tourner vers la Toile, qui recèle de multiples ressources et recettes pour parfaire un art qui, vous le constaterez si vous décider d’y plonger, n’est pas si sorcier !
Sur ce, je vous dis à la bonne vôtre !
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Histoire de la bière au Québec, Sylvain Daignault, Broquet, 182 p. La bière, Michael Jackson, Grund, coll. « Le spécialiste », 288 p. Le guide de la bonne bière au Québec, Mario D’Eer, Trécarré, 294 p. Les microbrasseries du Québec, Jean-François Joannette et Guy Lévesque, Broquet, 280 p.Les 100 meilleures bières 2010, Alain McKenna et Richard Prieur, Transcontinental, 264 p. Comment faire de la bonne bière chez soi, Jean-François Simard, Trécarré, 271 p.

En tête d'article et ci-contre : illustrations de la bédéiste Gigi Perron pour le site du bar et brasseur Le cheval blanc
Mots-clefs : bière, dégustation, Mario D'Eer, micro-brasseries, paradis de la bière, saint Arnould


Je possède le guide de la bonne bière au Québec et les microbrasseries du Québec. Deux excellents livres que je vous recommande!
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Un bon résumé qui donne soif! Ah mais il manque à cette liste un excellent livre qui sera en librairie dès le 27 octobre (et dont je viens de recevoir la copie de presse): La Route des grands crus de la bière, aux Éditions Québec-Amérique, par Martin Thibault et David-Lévesque Gendron!