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18 août 2010  par David Murray

Le modèle Amazon face aux indépendants

Le rictus d'Amazon

Le rictus d'Amazon

Le 28 juillet dernier, l’écrivain Dominic Bellavance publiait sur son blogue un billet dans lequel il fustigeait l’initiative lancée par l’éditeur français L’Autre éditions, initiative par ailleurs endossée par un regroupement de libraires indépendants en France, de boycotter le site de vente en ligne Amazon pour la période estivale. Qualifiant l’idée de «pathétique», il dénonce du même coup l’appui des librairies indépendantes québécoises à cette campagne. Il enjoint par le fait même celles-ci à faire preuve d’innovation pour concurrencer le géant Amazon, et ainsi répondre aux besoins des clients dans leur «nouvelles façons de consommer».

Dominic Bellavance

Dominic Bellavance

L’intéressante discussion qui suit son billet pourrait sembler lui donner raison. Mais permettons-nous d’émettre quelques réserves et d’exposer quelques faits concernant Amazon. S’il est vrai que l’incontournable site de vente en ligne peut s’avérer très pratique pour le consommateur, cela n’est pas sans effet sur les différents maillons de la chaîne du livre. Si le consommateur «je-me-moi je sais ce que je veux et je le veux tout de suite au pied de ma porte» semble y trouver son compte, collectivement, il n’est pas si certain qu’il en soit de même.

Dans The trouble with Amazon, un article publié dans le magazine états-unien The Nation (et également paru sur le webzine alternatif Alternet sous le titre How Amazon Kills Books and Makes Us Stupid), Colin Robinson, co-éditeur chez OR Books, expose quelques-unes des facettes du vrai visage d’Amazon. Car à l’instar de l’impact économique des Wal-Mart de ce monde, les bas prix et l’efficacité des achats que propose Amazon entraînent un coût à payer pour les différents acteurs de l’industrie.

Colin Robinson

Colin Robinson

D’entrée de jeu, rappelons-le, Amazon est un géant, dont les moyens sont maintenant à la mesure de ses ambitions insatiables. Depuis sa fondation en 1995, l’entreprise a connu une croissance fulgurante. Seulement l’an dernier, nous rappelle Colin Robinson, ses ventes ont connu une hausse de 28 % par rapport à l’année précédente. Pour 2009, les ventes de l’entreprise ont ainsi totalisé 24,5 milliards de dollars. À titre de comparaison, en 2008, les ventes de livres de tous les détaillants américains étaient d’un peu moins de 17 milliards… Amazon enregistre donc des ventes nettement supérieures à l’ensemble du marché du livre au sud de nos frontières. Soulignons cependant que de ces ventes, le livre en occupe une place de moins en moins importante : 75 % des ventes chez Amazon ne relèvent ainsi pas du milieu livresque. Malgré tout, ces chiffres sont là pour témoigner du poids énorme que représente Amazon dans le milieu du livre.

Jeff Bezos

Jeff Bezos

Évidemment, l’entreprise se targue de satisfaire les besoins des consommateurs : « Amazon offre aux consommateurs ce qu’ils veulent : des bas prix, une vaste sélection et une commodité extrême », comme le souligne le fondateur d’Amazon, Jeff Bezos. Dans un sens, les chiffres pourraient lui donner raison et force est d’admettre, comme nous l’avons déjà relevé, que le site est effectivement très pratique. Mais là où la rhétorique d’Amazon tombe à plat, c’est lorsque l’entreprise soutient qu’elle contribue à la bibliodiversité et qu’elle offre aux auteurs et éditeurs une visibilité à nulle autre pareil. À n’analyser Amazon qu’à travers la lorgnette individuelle du consommateur averti et éclairé, oui, on peut croire qu’on fait de bonnes affaires avec cette compagnie. Mais à regarder le portrait dans son ensemble, le jeu en vaut-il réellement la chandelle ?

Si la croissance d’Amazon lui permet aujourd’hui d’offrir quelques 2 millions de titres et de vendre des best-sellers avec un escompte avoisinant parfois les 50 %, Colin Robinson rappelle que cette croissance a reposé depuis les débuts sur une approche dure et agressive envers les éditeurs. Les pressions que l’entreprise exerce sur ces derniers pour imposer ses conditions sont constantes. Robinson donne entre autres l’exemple de Melville House qui, à l’instar d’autres éditeurs, s’est vu l’objet de menaces de la part de représentants d’Amazon pour, en quelque sorte, «rentrer dans le rang», à défaut de quoi il deviendrait impossible de se procurer les titres de l’éditeur via le site. Bien que critiquant toujours les façons de faire d’Amazon, Melville House a fini par céder, ne pouvant se permettre de faire l’économie du méga-site de vente en ligne, puisque c’est par lui – le marché étant ce qu’il est – que l’éditeur enregistre ses ventes les plus importantes.

Un autre exemple de relation conflictuelle entre Amazon et les éditeurs est celui de MacMillan. La discorde provenait de la manière de fixer le prix des versions électroniques des ouvrages de ce dernier. Sans entrer dans tous les détails, MacMillan proposait grosso modo à Amazon de pouvoir lui-même fixer le prix des versions électroniques en échange d’une remise fixe, ce que refusait obstinément le géant de la vente en ligne. Contrairement à plusieurs éditeurs qui finissent par plier l’échine, MacMillan a finalement eu gain de cause, mais non sans peine. Une partie de son salut est entre autres venue grâce à l’entrée en scène d’Apple dans le marché du livre électronique, le jeu de la concurrence ayant poussé Amazon à assouplir ses politiques.

Il n’y a pas que les éditeurs qui ont maille à partir avec Amazon ; la bibliodiversité en prend aussi pour son rhume ! Sur Amazon, le choix est immense et l’entreprise entend se faire un devoir de vendre tout ce qui se publie, encouragé en cela par les nouvelles possibilités « d’auto-publication » qui ont vu le jour depuis une quinzaine d’années. Mais la façon de procéder d’Amazon rend l’entreprise victime de ce que le professeur de psychologie sociale Barry Schwartz a appelé le paradoxe du choix, à savoir que plus le choix est grand, moins grande s’avère la diversité. C’est qu’à moins d’être un lecteur averti qui sache ce qu’il veut, la méthode Amazon rend très difficiles les heureux hasards de la découverte. Pourquoi ? Parce qu’à la différence d’un libraire qui peut conseiller le lecteur néophyte et le diriger vers de nouvelles découvertes, la méthode de «promotion» d’Amazon repose sur les ventes déjà effectuées et les correspondances de titres. Un contexte qui favorise la redondance de certains titres et qui est peu propice, par exemple, pour faire connaître un nouveau roman ou de nouveaux auteurs.

Un autre effet pervers de la méthode Amazon provient de la course aux bas prix que l’entreprise suscite. Cette course vers le bas tue littéralement les indépendants qui n’ont pas les moyens de participer à la surenchère des rabais. Comme le rappelle Colin Robinson dans son article, ces dernières vingt années ce sont environ la moitié des librairies indépendantes qui ont du fermer leurs portes au pays de l’Oncle Sam ; en effet, cette guerre des prix ne peut être soutenue que par d’autres gros joueurs comme Wal-Mart. Robinson donne entre autres l’exemple d’Under the Dome de Stephen King qui, sous l’effet de la compétition entre les deux géants, a fini par se vendre à 75 % du prix de vente suggéré de 35$ !

Le phénomène se manifeste aussi chez nous et touche les indépendants d’ici, comme en témoignent la fermeture récente de la Librairie Blais de Rimouski (événement commenté avec saveur par Foglia dans La Presse), ainsi que celle, annoncée, de la Librairie Boule de Neige, spécialisée dans la philosophie et les pratiques de santé orientales. Le propriétaire de cette dernière, Pierre Grenier, affirmait à Rue Frontenac que « l’arrivée des librairies virtuelles et la vente de livres dans les grandes surfaces comme Costco ont sonné le glas des petites entreprises comme la sienne. »

Cette course aux prix les plus bas a aussi des répercussions sur les éditeurs, auxquels on demande sans cesse d’accorder des remises de plus en plus grandes aux détaillants comme Amazon. Dans un tel contexte, les éditeurs ont désormais tendance à se tourner davantage vers les blockbusters pour s’assurer de faire leurs frais, au détriment des nouveaux auteurs et des œuvres moins accessibles dont le risque d’échec devient plus difficile à assumer. Sans promotion adéquate, les auteurs de la relève écopent donc. Étant au bout de la chaîne, ces derniers sont d’ailleurs ceux qui semblent le plus pâtir du succès des géants tels qu’Amazon.

Amazon n’est donc pas nécessairement le meilleur gardien de la diversité culturelle et les méthodes de l’entreprise, à l’instar des autres géants de l’industrie tels que Wal-Mart et Costco, pourraient avoir des effets dévastateurs à cet égard si la tendance actuelle se poursuit. Colin Robinson rapportait que l’American Booksellers Association tire d’ailleurs la sonnette d’alarme, elle qui soutient que « si laissées sans contrôle… les politiques prédatrices de tarification vont dévaster non seulement l’industrie du livre, mais notre capacité collective à maintenir une société dans laquelle le plus large éventail d’idées est toujours accessible à la population. » (notre traduction)

Peinture de Pierre-Luc Bartoli

Peinture de Pierre-Luc Bartoli

Si on peut reconnaître avec Dominic Bellavance que les librairies indépendantes ne devraient pas se contenter de seulement « mettre des livres sur les tablettes », mais faire preuve d’innovation et investir de nouveaux créneaux tels que le livre électronique, ne perdons pas de vue le rôle qu’occupent tous ces libraires dans la promotion d’une réelle diversité culturelle et dans leur fonction de passeur de savoirs et de culture. Le rôle du libraire pourrait assurément à lui seul faire l’objet d’un autre billet, mais mentionnons simplement en terminant qu’encenser Amazon au détriment du libraire indépendant parce que ce dernier serait moins rapide et plus cher, c’est adopter une attitude très nombriliste et individualiste des choses. Et c’est oublier que les Amazon de ce monde ne constituent jamais un portail d’ouverture à la culture digne de ce nom. Comme le souligne un commentateur du billet de Dominic Bellavance, un certain Monsieur de La Marnierre, « Les supermarchés du livre de type entrepôt ou sur le réseau ne sont que de pauvres moyens de se procurer un livre qu’on connaît déjà. Le commerce y gagnera, la culture y perd beaucoup. Mais la culture est morte, il ne reste que les « industries culturelles », qui m’indiffèrent. Je suis finalement bien content de n’avoir plus beaucoup de temps à vivre dans ce monde-là. » En espérant que le monde qui survivra à cet homme ne sera pas celui qu’il dépeint amèrement… et qui apparaît comme celui où nous mènera le modèle Amazon.

* * *

Le paradoxe du choix : Et si la culture de l’abondance nous éloignait du bonheur ?, Barry Schwartz, Marabout, coll. «Société», 252 p.

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6 commentaires à cet article

  1. Dominic Bellavance dit :

    Avec un peu de recul (et moins d’émotions, je l’avoue), je réitère que mon billet n’est pas une louange envers Amazon, mais plutôt une mise en garde à l’attention des librairies contre le danger qui les menace.

    Je suis conscient qu’Amazon exerce une pression sur le milieu du livre, et de différentes manières. Mais la loi du marché restera la loi du marché.

    En gros (et bien malheureusement), la majorité des gens s’en fout d’acheter leurs livres chez Wal-Mart, Zellers ou Renaud-Bray. Tant qu’ils obtiennent ce qu’ils veulent et qu’ils paient des prix raisonnables. Je n’invente rien; c’est comme ça.

    On a beau vouloir éduquer les consommateurs, on aura beau écrire 1000 billets portant sur la fragilité du monde du livre, je ne crois pas qu’on arrivera à faire tourner la vapeur. Les mots ne suffisent pas. Demander aux gens d’aller dans les librairies indépendantes et de payer plus cher pour avoir un moins bon service (si on considère seulement le service en ligne), c’est comme demander à une rivière de couler du fleuve vers la montagne.

    Les marchands ne peuvent pas demander au marché de s’ajuster à eux. Ce sont les marchands qui doivent s’ajuster au marché.

    C’est pourquoi je disais, dans mon billet, que les librairies doivent se réinventer. Ils doivent trouver de nouvelles manières d’attirer du monde à l’intérieur de leur commerce. Reste à trouver comment…

  2. Brigitte dit :

    J’entends vos dires, mais le commerce c’est aussi l’affaire des consommateurs! Si certains marchands font le choix de résister et de travailler de façon équitable, pourquoi le consommateur ne pourrait-il pas en faire de même? Si je veux lire un livre en sachant que la chaîne du livre qui m’a rendu l’acte possible demeure pour qu’elle puisse m’en offrir d’autres, je dois être consciente que ma façon de consommer a un impact sur ce que je consomme. Si les best-sellers m’ennuient, en tant que lectrice, pourquoi m’acharner à donner mon argent à des financiers voraces qui ne savent lire que les chiffres de vente de ces produits de masse?
    Si l’éducation citoyenne du consommateur n’est plus de mise, ou passée date, ou insuffisante…que proposez-vous, monsieur Bellavance, aux libraires que vous dites vouloir mettre en garde? (comme s’ils n’étaient pas déjà conscients, depuis belle lurette, de l’immense épée de Damoclès qui les menace constamment!).
    Il est plus que temps de mettre un terme aux manigances walt-martiennes de ce monde. La guéguerre entre Amazon et Apple n’est qu’une bataille de Titans qui, sur leur passage, écrasent tout ce qui se trouve sous leurs pieds: nous!
    Dotons-nous de gouvernements qui aient le bien-être de la nation avant le leur. Sans volonté et appui politique par le biais de règlementations sévères, les indépendants se voient contraints de n’user que d’armes légères, tel qu’un appel au boycott…mais pour que la politique fasse son oeuvre, encore faut-il que la population votante soit consciente des enjeux, on en revient toujours à l’inévitable concept d’éducation…

  3. Gen dit :

    Je seconde Dominic : je suis loin d’aimer acheter mes livres sur Amazon, mais des fois c’est la seule option. Or, il nous en faudrait d’autres.

    Et surtout : pourquoi n’a-t-on un prix plancher sur les livres? Ou un prix fixe comme en France?

    Ça, me semble que ce serait une bataille à livrer pour les libraires et les éditeurs…

  4. Dominic Bellavance dit :

    Brigitte : Essentiellement, je dis qu’on devrait améliorer l’expérience client dans les librairies, trouver quelque chose d’original, un concept, n’importe quoi pour qu’une visite en boutique soit plus agréable qu’une visite sur Amazon. Le client qui vous aurait abandonné serait naturellement incité à retourner dans votre commerce. On n’aurait même pas besoin de l’éduquer.

    Mais je l’ai déjà dit, ça. Je me répète.

  5. Benoit dit :

    Je trouve tristement drôle qu’on invite les libraires, qui font métier de vendre des mots, à vendre un « concept » en affirmant que « Les mots ne suffisent pas. »
    On veut, dit-on, une « expérience d’achat ».
    Oui oui, je sais, on peut aussi vendre du chocolat ou du savon avec des livres (Jean Coutu fait ça très bien) et loin de moi l’idée de jeter la pierre au libraire qui tente de grossir sa marge en vendant des produits « connexes » à marge plus conséquente.
    Mais je constate qu’en effet, comme Monsieur de la Marnierre, je me sens de plus en plus comme un dinosaure appartenant à un monde dans lequel bouquiner dans une librairie est, en soi, une expérience agréable, irremplaçable. C’est comme acheter son fromage chez Hamel. C’est du trouble se déplacer pour aller au marché, tellement pas pratique et, comme consommateur, j’ai bien le Droit, me semble, d’avoir mon fromage chaque soir sans avoir à courir aux antipodes.
    Si seulement je pouvais recevoir ça par la poste…
    Amazon le fait bien, pourquoi pas Renaud-Bray ?

    http://www.amazon.com/grocery-breakfast-foods-snacks-organic/b/ref=sa_menu_gro7?ie=UTF8&node=16310101

    La concurrence d’Amazon, c’est E-Bay, Apple, Google et autres WalMart, PAS les librairies, pas même les plus grandes. Amazon n’est pas une librairie mais une plateforme de vente.
    Inutile de tenter de les concurrencer car leur jeu n’a rien à voir avec la culture. Il s’agit effectivement du sacro-saint marché, celui qu’on a dérégulé et qui depuis, ne cesse de nous exploser au visage. Je constate que la seule réponse qu’a à nous donner ceux qui ne favorisent pas l’instauration du prix unique au Québec, est que ce n’est pas une panacée. En effet, ça ne règle pas tout. Alors pourquoi essayer si ça ne règle pas tout, n’est-ce pas? Et toujours, on nous parle d’un courant irréversible. C’est comme ça et ça NE PEUT PAS être autrement. Alors, pourquoi lutter ? Suivez le courant, allez, cesser de résister au « progrès »…
    Qui parle de manque d’imagination ?…

    Je termine en rappelant qu’Amazon ne fait effectivement faire aucune découverte à personne. Il fut un temps, vers 1999-2002, pendant lequel Amazon a tenté de constituer une équipe éditoriale qui aurait fonctionné comme un Voir à même son site. Ça n’a pas duré car il aurait fallu constituer une ligne éditoriale, autrement dit avoir une personnalité, pas juste un « branding ».
    Une plateforme stocke et fait la promo de ce qui vend. C’est un endroit ou l’on peut constater, via la liste des best-sellers mise-à-jour à chaque heure, quels blips sociaux-culturels font des vagues, blips qui proviennent d’Oprah, de Pitchfork, du NYT, de partout SAUF d’Amazon.
    La mécanique est simple: un nouvel auteur, Junot Diaz ou David Sedaris ou Lorrie Moore par exemple, sont repérés par des libraires qui les invitent pour des lectures, des promos. Pendant quelques années, ce sont des auteurs un peu « underground » soutenus par les indépendants. Vous regardez le palmarès du Village Voice par exemple. Peu de Stephen King ou de Nora Roberts mais des noms moins connus, vendus dans des librairies indépendantes, de Seattle à Boston. Il se créé alors un « buzz » qui finit un jour par atteindre le fameux palmarès d’Amazon. Si vous comptez sur Amazon pour vous faire découvrir le prochain Dave Eggers, vous risquez d’attendre longtemps…

    Mais le citoyen qui se considère d’abord comme un consommateur n’a pas besoin qu’on lui explique quoi que ce soit, pourvu qu’il puisse consommer comme il l’entend.
    Pourtant, n’y a t-il pas des gens qui deviennent soucieux d’acheter des produits « équitables » ?
    Si vous achetez une brique de Stephen King ou J.K. Rowling chez Costco au prix soi-disant « raisonnable » de 21 ou 23 dollars sans vous posez de question (pas plus que pour les autres produits d’ailleurs…), vous n’êtes effectivement peut-être plus tout à fait un citoyen mais un enfant de Pavlov…
    Mais je sais: maintenant que Costco existe, on ne vas revenir en arrière, le monde est comme ça, arrêtez de rêver. Soyez réaliste.
    (Mais alors, à quoi bon la littérature ? Pardon ? Je suis hors-sujet ? Je m’excuse.)

    Le problème avec les libraires, c’est qu’ils sont plattes. Ils devraient téléphoner à Louis-José Houde ou Martin Matte pour faire la promo du prix unique.
    Ça serait « concept ».

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