Le Délivré
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12 novembre 2010  par David Murray

Des chiffres encourageants pour l’édition québécoise

À l’approche du Salon du livre de Montréal qui se mettra en branle mercredi prochain, on pouvait lire ce matin dans La Presse, sous la plume de Daniel Lemay, que l’industrie du livre au Québec semble plutôt bien se porter. C’est du moins l’avis de quelques-uns des acteurs du monde livre québécois interviewés par le journaliste. Et ce, dans un contexte où les lecteurs n’ont jamais eu accès à autant de livres mis sur le marché.

Selon Richard Prieur, le nouveau directeur de l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL), le marché du livre au Québec représente 810 millions de dollars, tous genres confondus. Un marché dans lequel les éditeurs québécois détiennent 40 % du marché de la littérature générale et 93 % de celui du livre scolaire. Des chiffres qui démontre, selon M. Prieur que « les Québécois dépensent cinq fois plus pour les livres que pour le cinéma… ». Voilà de quoi qui devrait réconforter les artisans du livre.

Richard Prieur

Richard Prieur

Par contre, sans vouloir jouer les rabats-joie, ces chiffres ne nous apprennent rien sur la nature des achats de livres au Québec. Entre autres sur les titres prisés par le lectorat québécois. L’édition scolaire mise à part, quelles sont les titres qui se vendent au Québec ? Est-ce qu’une poignée de gros titres s’accaparent le gros du gâteau ou y a-t-il une diversité telle qu’elle permet aux petits éditeurs d’y trouver leur compte ? Car, bien que plusieurs reconnaissent le dynamisme littéraire de la Belle province, il y en aussi qui considèrent que certains gros éditeurs sont plutôt frileux et manquent d’audace dans leurs choix éditoriaux. C’est entre autres l’avis du poète et romancier Normand de Bellefeuille, dont les propos étaient rapportés dans un autre article de Daniel Lemay ce matin. Pour lui, « certains gros éditeurs ont très rapidement intériorisé la récession et n’évaluent plus les manuscrits littéraires qu’en fonction de leur potentiel de rentabilité comptable. » Ce sont désormais de petits éditeurs aux moyens extrêmement réduits qui se chargent de prendre les risques. Une analyse qui n’est pas très éloignée de celle de l’éditeur André Schiffrin dont nous exposions les positions la semaine dernière.

Normand de Bellefeuille

Normand de Bellefeuille

De même, les chiffres positifs de la vente de livres au Québec ne nous disent rien sur les lieux où sont achetés ces livres. Nous avons plusieurs fois exprimés sur ce blogue nos préoccupations quant à l’emprise de plus en plus grande des Wal-Mart, Costco et autres grandes chaînes au niveau de la vente de livres. Et rien ne nous porte à croire que cette situation ait changé ces derniers temps.

Sinon, Daniel Lemay rappelle à juste titre quelques-uns des défis qui attendent le monde du livre québécois. Entre autres, le désormais inévitable débat entourant le numérique. Avec l’émergence de cette nouvelle filière, un des principaux défis sera de trouver le moyen, comme l’explique Richard Prieur, d’assurer « la cohabitation de méga-entreprises avec les maillons traditionnels de la chaîne du livre, auteurs, éditeurs, distributeurs, libraires et autres, qu’il faut protéger. ». Également au menu des défis auxquels seront confrontés les acteurs du livre, celui de la réforme du droit d’auteur. Un des points les plus discordants du projet de loi fédéral C-32 est celui concernant « l’élargissement de la notion d’utilisation équitable à des fins d’éducation ». Plusieurs auteurs et éditeurs s’inquiètent des pertes de revenus potentiels « si le gouvernement Harper persiste à considérer comme « équitable» donc gratuite, l’utilisation des oeuvres « aux fins d’étude privée, de recherche, d’éducation, de parodie ou de satire » ».

Il reste que, malgré tout, soulignons-le, le livre se vend relativement bien au Québec. Et il s’en publie toujours autant. Quelques 6000 nouveautés annuelles pour le Québec et 63 000 pour la France. Est-ce trop ? Ça, c’est une autre question…

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3 commentaires à cet article

  1. Loula dit :

    Bonsoir, serait-il possible d’utiliser votre photo de pile de livre pour en faire un logo? Merci…

  2. David Murray dit :

    La photo a été glanée sur le web, donc libre à vous de voir pour son utilisation et de vérifier pour une autorisation.

  3. Loula dit :

    Merci…

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