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2 mai 2016  par nos libraires

Le choix des lecteurs – Littérature – Avril 2016

Est-ce à cause de la froidure qui a perduré tout au long du mois d’avril, mais toujours est-il que nos lecteurs se sont montrés attachés aux valeurs sûres, à des oeuvres et à des auteurs qui ont fait leurs preuves. La folie printanière et ses découvertes ne tarderont pas…

Littérature québécoise et canadienne

1- Vi, Kim Thúy, 2016, Éditions Libre Expression, 144 p., 9782764811030

En vietnamien, « Vi » désigne ce qui est infiniment petit, microscopiquement petit. Dans ce livre, Vi est le prénom d’une fillette, la plus jeune soeur de trois grands frères, le « petit trésor » qui se retrouve malgré elle dans la grande Vie et ses tumultes. En quittant Saïgon pour Montréal, en visitant Suzhou et Boston, en grandissant aux côtés des héros ordinaires, elle est témoin de l’immensité de la mer, de la multiplicité des horizons, de l’unicité des tristesses, du luxe de la paix, de la complexité de l’amour, de l’infini des possibilités et de la violence de la beauté. Comme une bonne élève, elle regarde, apprend, reçoit. Mais saura-t-elle jamais vivre cette grande Vie?

2- La femme qui fuit, Anais Barbeau-Lavalet, 2015, Éditions Marchand de feuilles, 378 p., 9782923896502

Anaïs Barbeau-Lavalette n’a pas connu la mère de sa mère. De sa vie, elle ne savait que très peu de choses. Cette femme s’appelait Suzanne. En 1948, elle est aux côtés de Borduas, Gauvreau et Riopelle quand ils signent le Refus Global. Avec Barbeau, elle fonde une famille. Mais très tôt, elle abandonne ses deux enfants. Pour toujours. Afin de remonter le cours de la vie de cette femme à la fois révoltée et révoltante, l’auteur a engagé une détective privée. Les petites et grandes découvertes n’allaient pas tarder.

3- Naufrage, Biz, 2016, Leméac éditeur, 136 p., 9782760947238

Frédérick forme un couple heureux avec Marieke. Ensemble, ils ont un fils, Nestor, qui fait leur joie. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si Fred, analyste au module Analyse et statistique du ministère des Structures, n’avait pas soudain été muté aux Archives, ce qui équivaut, il le constate rapidement, à un tablettage en règle…

4- Nirliit, Juliana Léveillé-Trudel, 2015, Éditions La Peuplade, 184 p., 9782924519073

Une jeune femme du Sud qui, comme les oies, fait souvent le voyage jusqu’à Salluit, parle à Eva, son amie du Nord disparue, dont le corps est dans l’eau du fjord et l’esprit, partout. Le Nord est dur – « il y a de l’amour violent entre les murs de ces maisons presque identiques » – et la missionnaire aventurière se demande « comment on fait pour guérir son cœur ». Elle s’active, s’occupe des enfants qui peuplent ses journées, donne une voix aux petites filles inuites et raconte aussi à Eva ce qu’il advient de son fils Elijah, parce qu’il y a forcément une continuité, une descendance, après la passion, puis la mort.

5- Les maisons, Fanny Britt, 2015, Cheval d’août éditeur, 256 p., 9782924491119

Tessa, chanteuse classique convertie en courtière immobilière, vend des maisons et ne va pas bien. Elle élève trois fils qu’elle adore avec un homme qui la chérit. Dans trois jours, elle a rendez-vous avec Francis, un ancien amour qui n’a jamais guéri. Entre-temps, il y aura des visites de propriétés, des cabines d’essayage, des cours de natation, des ponts en bâtons de popsicle à livrer à l’expo-sciences de l’école, des étreintes dans la nuit, des deuils, des rappels de l’enfance, des fantômes, et la peur de vieillir dans l’amertume. Cesse-t-on un jour de désirer ce qu’on a désiré à vingt ans ?

… en poche

1- L’orangeraie, Larry Tremblay, 2016, Éditions Alto, 152 p., 9782896942312

2- La fiancée américaine, Éric Dupont, 2015, Éditions Marchand de feuilles, 878 p., 9782923896496

3- Le poids des secrets Volume 3, Tsubame, Aki Shimazaki, 2015, Leméac éditeur, coll. Nomades, 120 p., 9782760936256

4- Ru, Kim Thúy, 2014, Éditions Stanké, coll 10/10, 144 p., 9782897220020

Littérature étrangère

1- L’arbre du pays Toraja, Philippe Claudel, 2016, Éditions Stock, 208 p., 9782234081109

Un cinéaste au mitan de sa vie perd son producteur et meilleur ami, Eugène. Cette mort l’incite à revenir sur sa propre histoire, les rencontres féminines et professionnelles qui l’ont émaillée, et plus largement à réfléchir sur la place qu’occupe la mort dans la vie. Le tombeau d’Eugène devient alors synonyme de réconciliation avec lui-même.

2- La vie est d’hommage, Jack Kerouac, textes inédits établis et présentés par Jean-Christophe Cloutier, 2016, Éditions du Boréal, 352 p., 9782764624319

Le français, celui que parlait la communauté franco-américaine de Lowell, au Massachusetts, était la langue maternelle de Jack Kerouac. C’est la langue qu’il a parlée exclusivement jusqu’à l’âge de six ans, et celle qu’il a parlée toute sa vie, chez lui, avec sa mère, née Gabrielle-Ange Lévesque à Saint-Hubert-de-Rivière-du-Loup. C’est donc tout naturellement que Jack Kerouac a écrit plusieurs textes en français, tout au long de sa carrière d’écrivain, même après qu’il fut devenu un auteur phare de la littérature américaine. Toutefois, aucun de ces textes n’avait été publié à ce jour, sauf quelques brefs passages qui figurent dans ses romans en anglais. Le recueil intitulé La vie est d’hommage, expression tirée d’une phrase que Kerouac emploie dans son roman Visions of Cody, comprend une novella complète, Sur le chemin (qui est différente de On the Road), un long début de roman intitulé La nuit est ma femme ainsi que des sections importantes de Maggie Cassidy et de Satori in Paris, dont le premier jet a été écrit en français. Y figure également un début de On the Road rédigé en français.

3- La fille de Brooklyn, Guillaume Musso, 2016, Éditions XO, 471 p., 9782845638082

Je me souviens très bien de cet instant. Nous étions face à la mer. L’horizon scintillait. C’est là qu’Anna m’a demandé :  » Si j’avais commis le pire, m’aimerais-tu malgré tout ?  » Vous auriez répondu quoi, vous ? Anna était la femme de ma vie. Nous devions nous marier dans trois semaines. Bien sûr que je l’aimerais quoi qu’elle ait pu faire. Du moins, c’est ce que je croyais, mais elle a fouillé dans son sac d’une main fébrile, et m’a tendu une photo. – C’est moi qui ai fait ça. Abasourdi, j’ai contemplé son secret et j’ai su que nos vies venaient de basculer pour toujours. Sous le choc, je me suis levé et je suis parti sans un mot. Lorsque je suis revenu, il était trop tard : Anna avait disparu. Et depuis, je la cherche.

4- L’assassin qui rêvait d’une place au paradis, Jonas Jonasson, 2016, Presses de la Cité, 381 p., 9782258133532

Après trente ans de prison, Johan Andersson, plus connu sous le nom de Dédé le meurtrier, est enfin libre. Mais ses vieux démons le rattrapent vite : il s’associe à Per Persson (réceptionniste sans domicile fixe) et à Johanna Kjellander (pasteure défroquée) pour monter une agence de punitions corporelles. Le jour où il découvre la Bible et renonce à la violence, Dédé met en danger l’entreprise.

5- Marie Curie prend un amant, Irène Frain, 2015, Éditions du Seuil, 357 p., 9782021183061

Le 4 novembre 1911, un journal à grand tirage annonce une nouvelle extravagante : Marie Curie a un amant. La presse et l’opinion s’enflamment. Procès, duels, publication de lettres volées, l’ouragan médiatique est énorme. Marie manque d’y laisser la vie. C’est vrai, elle a une liaison. Veuve depuis cinq ans de Pierre Curie — le chercheur avec qui elle avait découvert le radium et reçu son premier prix Nobel —, elle s’est éprise d’un homme marié, Paul Langevin, ami d’Einstein, et lui aussi savant d’exception. Mais surtout elle dérange. Icône de la science mondiale, elle s’apprête à recevoir un second Nobel. Veuve, génie et amoureuse, c’en est trop. Comme le capitaine Dreyfus vingt ans plus tôt, on l’abrutit de calomnies. On va jusqu’à lapider sa maison.Au plus fort de la tourmente, elle reste fidèle à ses deux passions : Paul, l’amant, et Pierre, son mari tragiquement disparu.Quel secret les unissait ? Pour le comprendre, Irène Frain a interrogé des archives négligées, des photos méconnues, des lieux inexplorés. Et ressuscité, par-delà le thriller médiatique d’une modernité souvent glaçante, une femme-courage prête à tout risquer pour ceux qu’elle aime.

ex-aequo

L’horizon à l’envers, Marc Levy, 2016, Éditions Robert Laffont, 398 p., 9782221157848

Hope, Josh et Luke sont d’inséparables étudiants en neurosciences. Ensemble, ils ont élaboré un extraordinaire projet sur le phénomène de la conscience qu’ils décident de mettre en oeuvre quand l’un d’eux vit une expérience de mort imminente.

… en poche

1- L’amie prodigieuse : enfance, adolescence, Elena Ferrante, 2016, Éditions Gallimard, coll. Folio, 429 p., 9782070466122

2- Le siècle Volume 3, Aux portes de l’éternité, Ken Follett, 2016, Le Livre de poche, 1277 p., 9782253125976

3- L’alchimiste, Paulo Coelho, 2007, Éditions J’ai lu, 190 p., 9782290004449

4- Sur la route : le rouleau original, Jack Kerouac, 2012, Éditions Gallimard, coll. Folio, 611 p., 9782070444694

ex-aequo

La fractale des raviolis, Pierre Raufast, 2015, Éditions Gallimard, coll. Folio, 236 p., 9782070464449

Brooklyn, Colm Tóibín, 2013, Éditions 10/18, 331 p., 9782264056481

Essais littéraires

1- Un fauteuil sur la Seine : quatre siècles d’histoire de France, Amin Maalouf, 2016, Éditions Grasset, 329 p., 9782246861676

En retraçant l’histoire de ses prédécesseurs au 29e fauteuil de l’Académie française, l’académicien revisite l’histoire politique et intellectuelle de la France depuis 1634.

2- Petit éloge de la lecture, Pef, 2015, Éditions Gallimard, coll. Folio, 141 p., 9782070463404

Peut-on voyager à dos de baleine ? Quel est le meilleur remède contre l’insomnie : la lecture parcours ou la lecture par coeur ? Est-il possible qu’un rossignol de trois mètres de long offre un peu de lecture à notre oreille ? Que retenir de notre passage dans une « biblioville » ? Et que vient faire L’Homme au casque d’or de Rembrandt dans ce Petit éloge de la lecture ? De nos pieds au ciel étoile, tout est lecture… Pef nous entraîne dans un voyage sans autre destination que celle du plaisir de lire.

3- Une démarche de chat : notes sur une façon de vivre, Gilles Archambault, 2016, Éditions du Noroît, coll. Chemins de traverse, 52 p., 9782897660017

« Y a-t-il des œuvres que tu tiens pour majeures, que tu admires plus que tout ? Est-ce que toi aussi tu t’es engouffrée dans une quête dont tu sais par avance qu’elle ne se terminera jamais ? Serions-nous tous deux tellement différents de mon ami Flaubert, le chat qui, j’en suis sûr, doit partir en chasse avec l’espoir de dénicher une proie ? Nos proies à nous, ma chère, sont modestes. À peine des morceaux de notre vie que nous souhaitons recréer pour d’éventuels lecteurs. »

Polars

1- Brunetti entre les lignes: Une enquête du commissaire Brunetti, Donna Leon, 2016, Éditions Calmann-Lévy, 299 p., 9782702157176

Guido Brunetti enquête sur la disparition de livres anciens dans une bibliothèque vénitienne. Nickerson, un chercheur américain, est suspecté, mais le commissaire n’est pas convaincu de sa culpabilité. Il s’immerge dans l’univers du marché noir des livres antiques.

2- Le lagon noir, Arnaldur Indridason, 2016, Éditions Métailié, 371 p., 9791022604192

À Reykjavik, en 1979, le corps d’un homme est repêché dans le lagon bleu. La police découvre que la victime est un ingénieur travaillant dans la base américaine de Keflavik et que d’étranges vols sont réalisés entre le Groenland et l’Islande. Tandis que les autorités américaines ne semblent pas prêtes à coopérer, Erlendur et Marion Briem mènent l’enquête.

3- Trois jours et une vie, Pierre Lemaitre, 2016, Éditions Albin Michel, 278 p., 9782226325730

Révolté après avoir vu son voisin abattre son chien blessé, Antoine, un adolescent de 12 ans vivant dans une commune du Jura, tue un petit camarade. Paniqué à l’idée des conséquences de son acte, il décide de dissimuler le crime. Un événement imprévisible survient alors qui remet en cause la situation d’Antoine.

4- La dame de Zagreb, Philip Kerr, 2016, Éditions du Masque, 443 p., 9782702445570

Eté 1943. Goebbels, ministre de la propagande du régime nazi, demande à Bernie Gunther de retrouver Dalia Dresner, star du cinéma allemand, qui se cacherait à Zurich. Le père de l’actrice est un Croate antisémite et sadique dirigeant un camp de concentration. Simultanément, la police suisse lui demande d’enquêter sur une vieille affaire pouvant compromettre des proches de Hitler.

5- Désaxé, Lars Kepler, 2016, Éditions Actes Sud, 588 p., 9782330057923

Un tueur en série voyeuriste poste des vidéos de ses exploits sur Internet juste avant de passer à l’acte. Pour l’un des meurtres, un homme est retrouvé en état de choc après avoir installé le corps mutilé de son épouse dans le lit. Alors qu’il ne se souvient de rien, l’hypnotiseur Erik Maria Bark est sollicité par la police pour l’aider dans son enquête.

… en poche

1- Les nuits de Reykjavik. Une enquête du commissaire Erlendur Sveinsson, Arnaldur Indridason, 2016, coll. Points policiers, 351 p., 9782757857960

2- Les enquêtes du département V Volume 4, Dossier 64, Jussi Adler-Olsen, 2016, Le Livre de poche Thriller, 664 p., 9782253095156

3- Les carnets secrets d’Agatha Christie : cinquante ans de mystères en cours d’élaboration, John Curran, 2013, Le livre de poche, 594 p., 9782253166887

4- Les enquêtes du département V Volume 3, Délivrance, Jussi Adler-Olsen, 2015, Le Livre de poche Thriller, 732 p., 9782253184386

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29 avril 2016  par nos libraires BD

Bandes dessinées : le choix des libraires

Comme chaque mois, notre équipe de libraires spécialisés en bandes dessinées passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces récits complets et autres premiers tomes, question d’aiguiser votre appétit livresque…

BANDES DESSINÉES QUÉBÉCOISES – JEUNESSE

Simone, joli monstre !, Rémy Simard, 2016, Bayard, 56 p., 9782895797531*

Bande dessinée pour enfant, Simone, joli monstre ! raconte les aventures de Simone, seule humaine dans un monde de monstres. La BD déconstruit savamment des situations de tous les jours que vivent les enfants, avec un trait humoristique qui met en vedette des monstres au lieu des humains et ainsi rend Simone, la petite humaine, l’étrangeté au milieu de cette population. Néanmoins, Simone est acceptée par ses amis monstres, même s’ils la trouvent souvent effrayante – étant, pour eux, l’équivalent d’un monstre pour nous. (CH)

BANDES DESSINÉES ÉTRANGÈRES – JEUNESSE

La poudre d’escampette, Chloé Cruchaudet, 2016, Delcourt, coll. « Les enfants gâtés », 26 p., 9782756075839*

Ce qui saute aux yeux immédiatement, c’est la maestria graphique de Chloé Cruchaudet. On connaissait déjà ses qualités de dessinatrice à l’œuvre dans Mauvais Genre et Ida, pourtant l’artiste parvient encore à nous tirer des « oh » d’admiration avec cette splendide bande dessinée jeunesse. La poudre d’escampette est une véritable invitation au rêve, d’enfants, bien entendu. On y suit le peu téméraire Paul Dubreuil, embarqué malgré lui sur le radeau d’une bande de gamins qui cherchent leur place : un ailleurs… parce qu’ailleurs, c’est peut-être mieux. Cette échappée naïve sur un ruisseau idyllique offre une pure tranche de bonheur. Et vous pouvez, en plus, construire le radeau en papier offert à la fin du livre. (SC)

One-Punch Man T.01, One et Yusuke Murata, 2016, Kurokawa, 189 p., 9782368522257*

L’arrivée de cet antihéros était grandement attendue au Québec. Heureusement, One-Punch Man s’est montré à la hauteur des rumeurs qui l’entouraient. Saitama est un héros complètement blasé : en effet, il est tellement fort que personne ne résiste à ses spectaculaires coups de poing. À la recherche d’un sens à sa vie ennuyeuse, il passe le temps en éliminant des nuisibles. Une bonne dose d’humour est concentrée dans ce premier tome, accompagnée par de bonnes bagarres typiques du genre. (CC)

Omega – Alien mégalo sous contrôle T.01, Tomohito Oda, 2016, Kaze, coll. « Shonen », 194 p., 9782820322807*

Premier volume d’une série de trois mangas, Omega raconte l’histoire d’un extraterrestre surpuissant qui se retrouve malgré lui à répondre à une humaine parce qu’il a été piégé par un autre extraterrestre qui voulait en faire son esclave. Omega est donc coincé sur terre et doit faire ce que Shiho lui demande. Contrairement à Fairy Tail et One Piece, où le rôle principal féminin – Lucy, Nami – est un peu effacé ou faible comparé au protagoniste et tient un peu le rôle de princesse à sauver parfois, Shiho est une fille forte qui tient tête aux garçons de son école ainsi qu’au protagoniste masculin, Omega, même s’il est l’être le plus fort de l’univers. Ce manga n’est peut-être pas tout public – on regarde sous la jupe de Shiho, Omega se fait traiter d’obsédé – mais pour les lecteurs et lectrices de 14 ans et plus c’est excellent. Et puis avec une série en trois tomes, on a un autre avantage face à Fairy Tail et One Piece: l’histoire ne risque pas de traîner et de perdre son essence à la longue. (CH)

BANDES DESSINÉES ÉTRANGÈRES ADOS

Une aventure des Spectaculaires T.01: Le cabaret des ombres, Arnaud Poitevin et Régis Hautière, 2016, Rue de Sèvres, 54 p., 9782369811831*

Dans le Paris du début du siècle, une troupe d’artistes de cirque sur le déclin se voit proposer une mission particulière : récupérer l’arme secrète inventée par le professeur Pipolet. Il s’agirait d’une arme si terrible qu’elle serait capable d’anéantir une armée entière. En utilisant diverses inventions farfelues du professeur, nos artistes devront s’improviser superhéros chargés de sauver le monde. La fantaisie qui anime ce récit de bout en bout est d’une réelle efficacité; gaffeurs et souvent inefficaces, nos héros ne parviennent jamais vraiment à cet héroïsme bien peigné que le récit tente de leur faire atteindre. Une comédie d’aventure rythmée et habilement tissée. (SC)

Underwater: Le village immergé T.01, Yuki Urushibara, 2016, Ki-Oon, coll. « Latitudes », 246 p., 9782355929410*

Au milieu d’une ville privée d’eau, Chinami s’effondre suite à un entrainement trop poussé. Elle se réveille dans un village inconnu, mais vaguement familier, où la pluie tombe sans cesse. Elle y rencontre un jeune garçon et un vieil homme. En racontant cette aventure à sa famille, elle lève peu à peu le voile sur cet endroit mystérieux, situé entre le réel et l’imaginaire. On retrouve dans ce manga une agréable poésie, sans toutefois perdre de vue des problèmes plus actuels. (CC)

Roger et ses humains T.01, Paka et Cyprien, 2016, Dupuis, 86 p., 9782800164199*

Roger est un robot créé par l’armée pour être une arme, mais comme l’ingénieur travaillant sur ce projet ne veut pas de ce destin pour Roger, il le cache chez Hugo, son fils. Hugo et sa petite amie adoptent Roger même si telle n’était pas l’intention principale de l’ingénieur. Ne connaissant pas Cyprien d’avance, c’est à l’aveugle que je me suis plongée dans sa bande dessinée. Je n’ai rien regretté. L’humour noir et sarcastique de Roger le robot qui ne peut pas mentir, mais qui est très susceptible, doublé des vannes de la petite amie d’Hugo fait de Roger et ses humains une BD très drôle. Les dessins simples sont accrocheurs. À travers ce format humoristique sont tout de même traités des sujets sociaux tels que le ridicule de la télé-réalité, l’omniprésence de la technologie, le chômage chez les artistes, l’avancement professionnel et le danger du développement d’armes surpuissantes. (CH)

Heartbeats T.01, Risa Konno, 2016, Panini Manga, coll. « Shojo », 192 p., 9782809453508*

La déléguée de classe, Tsukasa, et le nouvel élève, Arima, deviennent meilleurs amis dès l’arrivée de celui-ci. Tsukasa développe toutefois des sentiments un peu différents envers Arima et se fait rejeter lorsqu’elle lui avoue son amour. Ne se laissant pas démonter, Tsukasa lui promet de ne pas jeter l’éponge et d’attendre qu’il partage ses sentiments. À priori un shojo (manga pour filles) tout ce qu’il y a de plus classique – voire cliché – celui-ci se démarque par l’immense impression de douceur qu’il dégage. Le style de dessin fait beaucoup penser à celui d’Io Sakisaka, auteure de Strobe Edge et Blue Spring Ride, et l’histoire est tout aussi attirante que celles de ces autres mangas. Les efforts incessants de Tsukasa font d’elle un personnage tout à fait attachant et ses moments de faiblesse passagers la rendent humaine. (CH)

Spider-Gwen T.01, Jason Rodriguez et Jason Latour, 2016, Panini Comics, coll. « 100% Marvel », 112 p., 9782809453690*

Gwen Stacy est mordue par une araignée radioactive et elle développe des pouvoirs fantastiques. Elle prendra conscience des responsabilités que ces pouvoirs lui imposent lorsqu’elle sera témoin de la mort de son ami Peter Parker. Elle devra éviter les pièges tendus par Frank Castle, le nouveau chef de police qui cherche à l’accuser de ce meurtre, ainsi que résister à la tentation de devenir une super-criminelle aux ordres du Caïd et de Matt Murdock. On revisite l’univers Marvel dans cette nouvelle BD qui mélange les cartes et donne de nouveaux rôles à plusieurs personnages connus. Un univers parallèle vraiment intéressant et rafraichissant par son inventivité. Vive Spider-…Woman! (PP)

BANDES DESSINÉES ÉTRANGÈRES ADULTES

La vraie vie, Grégory Mardon et Thomas Cadène, 2016, Futuropolis, 131 p., 9782754812085*

Mardon et Cadène, l’alliance de ces deux auteurs ne pouvait que nous enthousiasmer, tant ils ont su jusqu’ici proposer des œuvres de qualités. Jean est un trentenaire célibataire. Sa vie est simple. Il travaille en tant qu’employé de mairie, et le soir, son ordinateur lui tient compagnie : Internet, sites d’infos, sites pornos, Tweeter, podcast, jeux en ligne, etc… Jean vit sereinement la vie moderne, en homme de son époque. Évidemment, ça éveille des perplexités; la vie sur les écrans, ce n’est pas la vraie vie, bien sûr. Mais… Et si, en dépit des apparences, la vie avec Internet, c’était la vie quand même? Avec ce récit surprenant et touchant, Cadène prouve une fois encore qu’il sait parler de l’air du temps avec beaucoup de crédibilité. (SC)

Breizhskin, Craoman et Dav Guedin, 2016, Ankama, coll. « Label 619 », 92 p., 9782359108903*

Trois jeunes skinheads désireux de gagner leurs premiers galons de nazillons partent à la rencontre d’une sommité locale du mouvement fasciste. Au lieu d’un modèle duquel ils pourraient s’inspirer, ils trouveront un skin fou dangereux, qui n’hésitera pas à les mettre à l’épreuve, voire les mettre en danger. Livrés à cette brute sans limites, leur weekend va tourner au cauchemar. Les faits (présentés comme étant inspirés de situations réelles) sont hallucinants. La violence qui y est évoquée est stupéfiante de gratuité. Pour autant, il ne s’agit pas d’un livre qui ne serait que brutalité. Le dessin colle idéalement au sujet, l’ensemble est impeccable de cohérence et, au passage, soulève intelligemment la question de la recherche d’identité, de volonté d’appartenance à un groupe, quand on est un jeune adulte un peu paumé. (SC)

Juliette: Les fantômes reviennent au printemps, Camille Jourdy, 2016, Actes sud, coll. « BD », 240 p., 9782330057510*

Fatiguée de sa vie parisienne, Juliette retourne dans sa ville natale pour quelque temps. Elle y retrouve sa mère débordante d’énergie, son père retraité à la dérive, et sa sœur qui trompe son mari tous les jeudis avec un amant déguisé en loup, en lapin, en fantôme… Camille Jourdy nous avait déjà séduits avec Rosalie Blum, œuvre adaptée au cinéma par Julien Rappeneau en 2016. Avec Juliette, on retrouve la même ambiance, le même charme, faits d’un quotidien ronronnant traversé de quelques éclairs de fantaisie. Et là aussi, l’auteure met en scène cette France provinciale avec un naturel confondant, grâce à un sens du dialogue et de la situation qui sonne juste en permanence (mention spéciale pour les décors, qui sont d’une force d’évocation quasi émouvante). Cette comédie subtile sait créer de vrais moments de drôlerie, où chacun est un peu clown à sa manière : une vraie petite perle. (SC)

L’Oiseau bleu, Takashi Murakami, 2016, Ki-Oon, coll. «Latitudes», 209 p., 9782355928857*

La vie parfaite de Yuki vole en éclats au moment où la voiture familiale sort de la route. Son fils décède sur le coup, et comme si ce drame n’était pas suffisant, son époux se retrouve hospitalisé pour une longue période. Un homme vieillissant doit faire le deuil de ses souvenirs et accepter sa maladie, malgré les autres dont la vie continue. L’oiseau bleu, partagé entre ces deux récits fondamentalement reliés, nous raconte l’histoire de deuils profondément différents. La plume de Takashi Murakami est empreinte de sensibilité et d’espoir, autant dans le dessin que dans le texte. On referme ce manga presque à contrecœur, comme lorsqu’on quitte un vieil ami. (CC)

Championne du monde de flippette: Manuel de survie à l’usage des angoissées et autres anxieuses, Gemma Correll, 2016, Jungle, 109 p., 9782822213226*

Championne du monde de flippette est une bande dessinée qui dépeint les mésaventures des femmes qui sont trop anxieuses dans la vie. Certaines pages comportent des faits qui sont probablement arrivés à toutes les filles ou femmes, anxieuses ou non, alors que d’autres pages exagèrent certaines absurdités de notre société d’aujourd’hui. Je me suis reconnue dès la page 9. Je m’attendais à avoir de la difficulté à être touchée par cette bande dessinée puisqu’elle provient de France et que nous n’avons pas exactement le même mode de vie ou les mêmes expressions, mais au final, c’est généralement facile à comprendre et à y voir une réflexion de soi-même. On ne peut évidemment pas se reconnaître dans toutes les pages puisque la bande dessinée se veut en partie une exagération, mais certaines pages donnent envie de s’exclamer « Oui, c’est tellement moi, ça! » Si quelques gags tombent tout de même à l’eau à cause des différences culturelles, on reste avec le sourire aux lèvres du début à la fin. (CH)

Birthright T.01: Le retour, Andrei Bressan et Joshua Williamson, 2016, Delcourt, coll. « Contrebande », 144 p., 9782756069968*

L’histoire commence par un événement tragique, Mickey un jeune garçon qui s’apprête à fêter ses dix ans, disparait sans laisser de trace alors qu’il jouait dans un parc avec son père. La famille va vivre une année infernale et sera détruite par cet événement, le père est même soupçonné d’avoir tué son fils. Un an après sa disparition, la famille est convoquée par la police pour rencontrer un étrange personnage. Il prétend être Mickey, mais il a visiblement entre vingt et trente ans et il a l’allure de Conan le barbare. Une histoire très bien construite qui mélange les éléments classiques de la fantaisie en y ajoutant plusieurs innovations originales. Un grand plaisir de lecture. À découvrir. (PP)

Sykes, Armand et Pierre Dubois, 2016, Lombard, coll. « Signé », 78 p., 9782803632268*

Un nouveau western dans la collection Signé au Lombard. « Sentence » Sykes est un marshall réputé et craint, il travaille parfois aux limites de la légalité, mais quand il se lance à la poursuite d’un criminel, il attrape toujours sa proie. Ce personnage froid, méticuleux et efficace va devoir affronter un de ses plus grands défis en pourchassant une bande de tueurs sans pitié pour aider un jeune garçon à se venger. Les dessins sont somptueux, le scénario solide, venez chevaucher avec Sykes dans cette BD d’une très grande qualité. (PP)

L’été diabolik, Alexandre Clérisse et Thierry Smolderen, 2016, Dargaud, 160 p., 9782205073454*

Lors de l’été 1967, Antoine a 15 ans et il va vivre une série d’événements étranges qui marqueront sa vie à jamais. Il lui faudra vingt ans pour comprendre et assembler toutes les pièces du puzzle, mais il finira par comprendre ce qui est arrivé à son père lors de cet « été diabolik ». Un style graphique époustouflant et un scénario hyper bien ficelé, que demander de plus! Une œuvre originale, superbe et prenante. L’album garde ses secrets jusqu’aux toutes dernières pages pour notre plus grand plaisir, attention : chef d’œuvre! (PP)

 

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Sélection et rédaction d’Hélène Brosseau, Sylvain Cabot, Cynthia Couture, Christina Huard, Patrick Pilote et Réjean St-Hilaire.

 

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19 avril 2016  par nos libraires jeunesse

Littérature jeunesse : la crème du mois – Mars 2016

Chaque mois, notre équipe de libraires spécialisés en littérature jeunesse passe en revue l’ensemble de l’effarante production du mois écoulé pour en repérer les nouveautés incontournables. Voici un aperçu de ces nouveaux titres et nouvelles séries, question d’aiguiser votre appétit livresque…

ALBUMS QUÉBÉCOIS ET CANADIENS

Sous le parapluie, Catherine Buquet, ill. de Marion Arbona, Éditions Les 400 coups, 32 p., 9782895406679*

« Sous ce parapluie noir d’encre fulmine un homme pressé. Transi de froid, il tente de se frayer un chemin parmi la foule, entre les gouttes, dans ces rues aussi sombres que ses émotions. Mais le décor triste et pluvieux peu à peu s’éclaire : un rayon de lumière jaune vient de la pâtisserie. Et devant celle-ci, un petit garçon salive… Cette histoire est celle d’une rencontre entre un adulte désabusé, dont la vie semble avoir perdu sa saveur, et un enfant plein de gaieté, gourmand et émerveillé. Et malgré l’antithétique situation, ils font ensemble l’expérience d’un de ces moments simples de la vie, qui ici a le goût d’une tarte aux fruits. Une histoire de partage, et de gourmandise aussi, à laquelle les illustrations de Marion Arbona donnent un charme indiscutable. Et les jolies rimes de Catherine Buquet sont une véritable poésie pour les jours de pluie. » (C. Billo)

L’invention de M. Monsieur, Geneviève Côté, Éditions Scholastic, 32 p., 9781443152952*

« Geneviève Côté nous revient avec une nouvelle aventure du sympathique M. Monsieur. Cette fois, le drôle de chat déclenche une catastrophe écologique malgré lui! Grâce au texte simple et aux illustrations enfantines, cet album saura plaire à son public. Côté aborde intelligemment la question de l’empreinte écologique, ainsi que la nécessité de cohabiter de manière harmonieuse avec la nature, sans être moralisatrice. Une belle lecture pour tout le monde! » (P.-A. B.)

Tarzanette et le roi du petit déjeuner, Pierrette Dubé, ill. de Marie-Ève Tremblay, Éditions Les 400 coups, coll. « Grimace », 32 p., 9782895406808*

« La méchante petite poule est de retour, et cette fois, elle aura fort à faire avec un propriétaire de restaurants spécialisés en petits déjeuners particulièrement retors. C’est avec beaucoup de plaisir qu’on la voit imaginer des mauvais coups pour chasser le “Roi du petit déjeuner” et rendre la liberté aux autres poules. Le texte de Pierrette Dubé et les illustrations de Marie-Ève Tremblay forment un tout cohérent d’une redoutable efficacité. Et quand on voit le mur de trophées de la petite poule à la fin de l’album, on se surprend à attendre avec impatience le prochain infortuné qui croisera sa route. Un coup de cœur qui a du mordant! » (P.-A. B.)

La doudou qui ne sentait pas bon, Claudia Larochelle, ill. de Maira Chiodi, Éditions de la Bagnole, coll. « Klaxon », 26 p., 9782897141547*

« Pour sa première incursion en littérature jeunesse, Claudia Larochelle vise juste avec une histoire remplie de tendresse sur la relation particulière qui unit un enfant et sa doudou. Non seulement c’est une bonne idée que de donner le rôle principal à la doudou Jeanne, mais les péripéties sont assurées de faire vivre une gamme d’émotions aux jeunes enfants. Les illustrations de Maira, quant à elles, donnent vie à la doudou en vadrouille. Le trait enfantin appuie à merveille le texte de Larochelle, en plus de surprendre avec les expressions faciales exagérées qui fonctionnent très bien dans le contexte. Bref, un album drôle et surprenant, à lire avec vos tout-petits, idéalement quand la doudou est au lavage! » (P.-A. B.)

Le bon petit livre, Kyo Maclear, ill. de Marion Arbona, Éditions Scholastic, 40 p., 9781443149648*

« Rien n’est aussi tragique que de perdre le livre qui nous habite tant qu’on ressent le besoin de s’y replonger sans cesse. C’est pourtant ce qui arrive au personnage de cet album, ce jeune garçon contrarié qui trouve le réconfort dans Le bon petit livre. Inconsolable, après avoir erré pendant plusieurs saisons consécutives, il retrouve sa trace… et le laisse aller. Après tout, un bon petit livre, c’est comme un bon vin, cela prend de la valeur en vieillissant, et son souvenir reste ancré en nous pour l’éternité! Le texte de Kyo Maclear, qui nous a donné entre autres Fourchon et Virgina Wolf à la Pastèque, est parfaitement en symbiose avec les illustrations aux couleurs riches de Marion Arbona. Cet album plaira à tous les lecteurs qui sont encore et toujours emportés par le même « bon petit livre », lu et relu à maintes reprises au fil des saisons. » (Catherine B.)

Pas grave d’être une épave, Mélanie Perreault, ill. de France Cormier, Éditions Espoir en canne, 36 p., 9782924485071*

« Pas grave d’être une épave » est un de ces albums outils, regorgeant de vocabulaire et de matière propice au lancement de longues et passionnantes discussions avec les enfants. Toute en rimes, l’histoire de ce petit bateau intrépide et jovial nous transporte en mer, à la découverte de la faune et de la flore maritime, mais aussi de l’impact néfaste de l’homme sur celles-ci. On évoque, avec un brin d’humour bienvenu, des sujets environnementaux comme la surconsommation de nourriture, la surpêche en mer, ou encore l’extinction des espèces (pauvre petit thon…). Mais les thèmes récurrents que sont l’amitié et la solidarité sont également abordés, ainsi que la vieillesse, un passage obligé qui n’est finalement pas une si grosse fatalité! (C. Billo)

ALBUMS ÉTRANGERS

La vérité sur mes incroyables vacances, Davide Cali, ill. de Benjamin Chaud, Éditions Hélium, 42 p., 9782330057299* 

« Après Je n’ai pas fait mes devoirs parce que… et Je suis en retard parce que…, Davide Cali et Benjamin Chaud nous offrent un troisième opus tout aussi rigolo et détaillé que les précédents. Les aventures de ce jeune garçon et de son fidèle acolyte canin nous emportent dans une excitante chasse au trésor autour du monde et au-delà! L’enseignante tient un plus grand rôle dans cette aventure que dans les précédentes… pour le plus grand plaisir des lecteurs et lectrices! À quand le prochain? » (Catherine B.)

Avec trois brins de laine (on peut refaire le monde), Henriqueta Cristina, ill. de Yara Kono, Éditions des Éléphants, 32 p., 9782372730174*

« Les Éditions des Éléphants ont collaboré avec Amnesty International pour deux albums : celui-ci et Interdit aux éléphants. Inspiré d’une histoire vraie,  Avec trois brins de laine (on peut refaire le monde) raconte l’histoire d’exil d’une famille vers un pays de droits, mais où les apparences sont trompeuses… La maman, grâce à ses aptitudes de tricot, trouvera une façon de faire en sorte que les chandails aux couleurs uniformes se transforment en des œuvres d’art et contribuent à différencier les enfants les uns des autres. On y parle d’individualité, mais aussi (et surtout) d’une collectivité unie dans un pays d’accueil un peu froid aux premiers abords, pays qui se réchauffera grâce aux beaux chandails chauds colorés (re)tricotés par la mère et sa fille. » (Catherine B.)

Petit Elliot dans la grande ville, Mike Curato, Éditions Casterman, coll. « Les albums Casterman », 36 p., 9782203098206*

« Être un tout petit éléphant dans une ville aussi spacieuse que New York, ce n’est pas de tout repos. Pourtant, Petit Elliot, malgré toutes les difficultés que sa petite taille engendre, apprendra grâce à une souris encore plus petite que lui qu’ensemble, ils peuvent arriver à leurs fins, ou plus spécifiquement le joli comptoir de pâtisseries! Si la représentation de la ville nous donne envie de prendre immédiatement un train en direction de New York, ce sont les personnages qui viennent nous réchauffer le cœur et l’esprit et nous rappellent l’importance des amis dans nos vies. » (Catherine B.)

Satanés lapins!, Ciara Flood, Éditions Circonflexe, coll. « Albums », 36 p., 9782878338119*

« Un ours grincheux et solitaire se retrouve un beau matin assailli par ses nouveaux voisins, une famille d’adorables lapins! Si ceux-ci cherchent à se faire un nouvel ami et sont pleins de bonnes intentions, M. Ours, lui, tient égoïstement à sa tranquillité et à son confort. Mais la gentillesse désarmante des petits rongeurs risque bien de le faire changer d’avis… Ciara Flood nous offre un album dégoulinant de tendresse, aux couleurs chaudes et aux personnages terriblement expressifs! Une histoire qui célèbre l’amitié et réchauffera les coeurs les plus endurcis! » (C. Billo)

Libérez-nous, Patrick George, Éditions L’École des Loisirs, coll. « Pastel », 46 p., 9782211227896*

« Peu d’ouvrages destinés à la jeunesse adressent le problème de l’exploitation animale. Cet album sans texte s’avère donc un cas bien particulier. Grâce à des acétates sur lesquelles sont imprimés des motifs animaliers, Patrick George présente deux cas distincts : celui d’un animal dans sa forme exploitée par l’homme (des chaussures en peau d’alligator, de la soupe aux ailerons de requins, un ours solitaire dans un zoo) et sa forme libre, dans le paysage auquel il appartient, mais dont il est trop souvent séparé. Ces symboles lourds de sens feront affluer les réactions et réflexions des enfants, souvent plus sensibles à la cruauté envers les animaux que les adultes, qui sont habitués à sa présence omniprésente. » (Catherine B.)

Taupe a un souci, Sang-Keun Kim, Éditions de la Pastèque, 44 p., 9782923841885*

« Pour son premier album, Sang-Keun Kim nous offre une magnifique histoire toute en douceur, sur le thème de l’amitié. Le texte est emprunt de poésie, et sa structure répétitive parvient à créer un rythme qui lui est propre. Les illustrations sont tout simplement irrésistibles. Chaque animal a une personnalité qui lui est propre, et qui transparaît dans sa gestuelle et ses expressions faciales. Il s’agit d’un album touchant qui ravira parents et enfants. Un gros coup de cœur. »

Yéti, Taï-Marc Le Thanh, ill. par Rébecca Dautremer, Éditions Gautier-Languereau, 40 p., 9782012202832*

« D’aussi loin que je me souvienne, je me suis toujours demandé s’il existait vraiment. » Une jeune fille rêve de rencontrer le Yéti. Tout au long de l’album, on la verra progresser vers son but, un pas à la fois. Elle le rêvera, avant de s’aventurer vers l’inconnu, malgré la longueur du voyage, les doutes qui l’assaillent, la difficulté du chemin. L’écriture fluide de Taï-Marc Le Thanh porte à merveille cette histoire, apportant la touche d’espoir et de douceur permettant au récit de s’élever vers les sommets où vivent les rêves… Et en écho, on a le trait fluide et velouté de Rébecca Dautremer, qui mène le récit encore plus loin, avec son Yéti suivant la jeune fille. Veille-t-il sur elle? La rêve-t-il comme elle le rêve? Est-il un rêve qui l’accompagne, la supporte, la pousse vers son but? Le tout baignant dans une ambiance des années folles, on ressort de cette lecture avec l’envie de concrétiser ses rêves… (J. H.)

La piscine, JiHyeon Lee, Éditions Kaléidoscope, 48 p., 9782877678803*

 « Allez-y, n’ayez pas peur. Plongez dans “La piscine”. Et surtout, allez au-delà, bien au-delà de la surface… Ce bel album sans texte, premier ouvrage de l’auteure et illustratrice coréenne, nous offre une fabuleuse plongée en apnée loin des corps flottants, serrés les uns contre les autres, à la surface du bassin. C’est là, sous l’eau, que deux enfants se rencontrent, fuyant cette foule qui les étouffe, et partent à la découverte d’un monde aquatique peuplé de créatures imaginaires. Dans cette piscine aux profondeurs infinies, ils affrontent leurs peurs et déploient leur imagination à l’extrême… Un album que l’on lit et relit, comme si l’on prenait de grandes bouffées d’air frais. » (C. Billo)

Moi, Dieu Merci, qui vis ici, Thierry Lenain, ill. d’Olivier Balez, Éditions Albin Michel jeunesse, coll. « Panda Poche », 40 p., 9782226324610*

« Près de huit ans après la sortie de cet album coup-de-poing, cette édition en petit format, et donc à petit prix, pourrait difficilement être plus d’actualité. Inspiré d’une histoire vraie, cet album d’une grande sensibilité permet au lecteur de se retrouver dans la peau d’un sans-papiers d’origine angolaise, Dieu Merci, de son départ de l’Angola jusqu’à son arrivée en France. On y critique notamment la colonisation des pays d’Afrique et leurs répercussions néfastes dans ces sociétés contemporaines, mais également le racisme qu’on rencontre malheureusement encore dans les pays occidentaux. Les illustrations viennent appuyer toute la poésie contenue dans le récit de Dieu Merci de son Angola natale à la France. Un livre à raconter absolument aux enfants de tous les milieux afin de discuter de la question du racisme et de la colonisation. » (Catherine B.)

Le chien-chien à sa mémère, Agnès de Lestrade, ill. de Clotilde Delacroix, Éditions Sarbacane, coll. « Album », 44 p., 9782848658438*

« Des illustrations en noir, blanc et rouge toutes simples étaient plus qu’appropriées pour raconter cette histoire d’adoption animale : le début d’une grande histoire d’amour entre ledit chien-chien et sa mémère,  la mémère qui rencontre son pépère, le chien ne sait absolument plus où se mettre. La tendresse manifestée entre les membres de cette famille saura attendrir les cœurs les plus endurcis. Cet album peut assez bien dédramatiser des situations parfois inconfortables pour les enfants, qui ont parfois peur qu’on les remplace par d’autres. » (Catherine B.)

L’ours qui jouait du piano, David Litchfield, Éditions Belin, coll. « Albums jeunesse », 32 p., 9782701196701*

« Dans ce magnifique album, David Litchfield propose une histoire touchante sur l’amitié, la musique et l’importance du retour aux sources. À partir d’un point de départ improbable – un ours qui trouve un piano dans la forêt et qui, à force de pratique, devient un grand pianiste – il tisse une histoire qui sonne vraie et qui vient nous chercher. La chute, quant à elle, saura à coup sûr tirer une larme du lecteur le plus endurci! Les illustrations de Litchfield viennent appuyer discrètement le texte, et il a su rendre à la perfection toutes les postures et mimiques de l’ours musicien, ce qui contribue pour beaucoup à nous le rendre sympathique. Bref, un énorme coup de cœur pour cette œuvre poignante, que vous voudrez relire encore et encore. » (P.-A. B.)

Petit point, Giancarlo Macri, Carolina Zanotti, Éditions Nuinui, 45 p., 9782889355662*

« Imaginez le livre ouvert. La reliure fait office de frontière. La page de gauche, c’est le pays des points blancs, la page de droite celui des points noirs. Les petits points noirs ont ce qu’il faut pour bien vivre : des maisons, des jeux, et à manger. Les petits points blancs, eux, n’ont pas cette chance… Et ils voudraient bien aller vivre chez les points noirs. Appuyé par un graphisme minimaliste, le tandem Macri et Zanotti raconte la pauvreté et l’immigration. La peur de l’autre, peur de sa différence, qu’il prenne toute la place. Mais on parle aussi de coopération, d’intégration. Un album essentiel en ces temps troubles… » (J. H.)

Interdit aux éléphants, Lisa Mantchev, ill. de Taeeun Yoo, Éditions des Éléphants, 40 p., 9782372730143*

« Les Éditions des Éléphants ont collaboré avec Amnesty International pour deux albums : celui-ci et Avec trois brins de laine (on peut refaire le monde). Interdit aux éléphants explique aux enfants la discrimination grâce à une situation fantaisiste avec laquelle ils pourront s’identifier : des animaux de compagnie un peu inusités se font refuser l’accès au Club des animaux. Ensemble, ils décident de créer un lieu où tous les animaux familiers sans exception pourraient se retrouver et partager du bon temps. Sans parler des nombreux cas de systèmes politiques racistes que la Terre a connus et endure encore aujourd’hui, cet album fera comprendre aux plus jeunes que c’est par les plus petits gestes d’acceptation et d’entraide que l’on fait une grande différence. » (Catherine B.)

Maurice et Léopold,  Vanya Nastanlieva, trad. par Marie-Andrée Dufresne, Éditions Les 400 coups, 32 p., 9782895406884*

« Grâce au tendre coup de crayon de Nastanlieva, Maurice et Léopold prennent vie sous nos yeux. Maurice, petite souris, imite son nouvel ami l’ours. Leurs petites mimiques adorables charmeront le lecteur, la douceur du texte les bercera. Véritable câlin littéraire, « Maurice et Léopold » offre aux petits un doux moment de complicité. » (J. H.)

Le petit bonhomme et le monde, Sylvie Neeman, ill. d’Ingrid Godon, Éditions La Joie de lire, 40 p., 9782889083091*

« Ce magnifique album est empreint d’une grande douceur. Le texte de Neeman est doux-amer, mais la finale vient tout arranger. Les illustrations de Godon, avec leur trait incertain et leurs couleurs pastel, sont sublimes et se marient parfaitement à l’histoire. Un album touchant, qui nous amène à nous rappeler l’importance de s’entourer de gens qu’on aime. » (P.-A. B.)

Mon cousin Momo, Zachariah Ohora, Éditions Little Urban, 36 p., 9782374080192*

« Pour les parents ou les enseignants qui cherchent des albums pour expliquer l’empathie à leurs jeunes lecteurs, Mon cousin Momo est une bénédiction! Les cousins de Momo avaient bien hâte à son arrivée, mais ils s’attendaient à ce qu’il fasse absolument tout comme eux. De son côté, Momo a une vision du monde bien à lui. Si la première réaction des cousins est d’être en colère contre ses différences, ils essaient finalement de jouer à la manière de Momo et découvrent que lorsqu’on regarde le monde en se mettant dans la peau de l’autre, on fait plusieurs chouettes découvertes! Un outil tout à fait pertinent pour les enfants qui ont de la difficulté à mesurer l’étendue de leurs paroles. » (Catherine B.)

C’est peut-être une pomme, Yoshitake Shinsuke, Éditions Kaléidoscope, 32 p., 9782877678896*

« Cet album est un hommage délirant à l’imagination débridée des enfants. À partir d’un événement extrêmement banal, un garçon revient de l’école et trouve une pomme sur la table de la cuisine, on se retrouve plongée dans des réflexions plus absurdes et plus colorées les unes que les autres. Le texte répétitif est très efficace dans sa simplicité, et les illustrations parviennent à rendre exactement le fruit (désolé pour le jeu de mot!) des réflexions du jeune garçon. Le tout est très bien construit et extrêmement drôle. Yoshitake Shinsuke signe ici un album incroyable, qu’on prendra plaisir à relire encore et encore. » (P.-A. B.)

Une livraison très spéciale,  Philip C. Stead, ill. de  Matthew Cordell, Éditions Le Génévrier, coll. « Est-Ouest », 36 p., 9782362900693*

« Philip C. Stead nous raconte ici la touchante histoire de Lily, une petite fille intrépide qui veut remédier à la solitude de sa grand-tante Joséphine d’une manière peu banale… Entamant un drôle de voyage, au cours duquel elle fera des rencontres loufoques, elle montrera sa détermination et son grand coeur, pour un final plein de tendresse! Un bel album dont les illustrations fantaisistes de Matthew Cordell (qui ne sont pas sans rappeler celles du célèbre Quentin Blake) complètent habilement le texte un brin farfelu de Stead. » (C. Billo)

Attention! Ne pas toucher, Tim Warnes, Éditions Mijade, coll. « Albums », 32 p., 9782871429487*

« Tom la taupe et son ami Grumbo l’alligator sont de retour pour une nouvelle aventure! Cette fois encore, l’humour bon enfant de Tim Warnes fonctionne. On rit aux éclats de la maladresse de Tom et Grumbo et on se demande bien comment ils réussiront à se tirer de ce fâcheux pétrin. La chute est efficace et se poursuit jusque sur la page de garde à la fin de l’album, ce qui permet d’en profiter au maximum. Les illustrations sont craquantes, et Warnes n’hésite pas à jouer avec les étiquettes de Tom et Grumbo pour ajouter des touches d’humour ici et là, au gré de ce qui se produit dans l’image. Bref, un album coup de cœur à consommer sans modération! » (P.-A. B.)

CONTES

Les yeux d’Otonashi, Isabelle Wlodarczyk, ill. de Sacha Poliakova, Éditions Didier Jeunesse, coll. « Grands contes », 40 p., 9782278078691*

« Un magnifique album qui déploie sous les yeux des lecteurs la grandeur de la nature et les sentiments profonds de respect qu’entretiennent l’un pour l’autre un peintre réputé et son apprenti. Un doux conte sur la transmission et la maîtrise de l’art, mais également sur le passage entre les générations. Les illustrations de la nature sont spectaculaires, encore plus grâce aux contrastes entre les personnages, aux traits définis au crayon, et les détails à l’aquarelle des fleurs et du paysage. À voir! » (Catherine B.)

ROMANS QUÉBÉCOIS ET CANADIENS

La bande des quatre t.2, Alain M. Bergeron, François Gravel, Martine Latulippe et Johanne Mercier, Éditions FouLire, 320 p., 9782895912682*

« Dur, dur de faire des choix… C’est pourtant inévitable. Pour Coccinelle, cela veut dire qu’elle devra choisir entre ses fidèles compagnons du camp et un camp de théâtre, discipline qu’elle adore! Bien entendu, quelle histoire d’amitié ne connaît pas un jour ou l’autre quelques désagréments? Les amis se mettent parfois le pied dans la bouche (oui oui, même par courriel!), mais finissent toujours par se réconcilier, même à distance. J’ai bien hâte de voir ce que réserve l’avenir à cette charmante et délirante Bande des quatre, surtout que ce tome se termine sur un angoissant suspense! À quand le tome 3? » (Catherine B.)

La cache T. 2 : L’ambre bleu, Sandra Dussault, Éditions Québec Amérique, coll. « Magellan », 424 p., 9782764430804*

« Dans le dernier tome de ce dyptique de science-fiction, Sandra Dussault relève les enchères déjà importantes à la fin de “L’effet jus d’orange” et nous offre un roman riche en rebondissements. On retrouve avec plaisir les personnages du tome précédent, mais même si la cache est ouverte, ils ne sont pas sauvés pour autant. Dussault nous rive à notre siège pour une promenade en montagnes russes de plus de 400 pages. Et elle réussit l’exploit de boucler toutes les intrigues, de répondre à toutes les questions et d’offrir une fin ouverte douce-amère dans un deuxième roman. Compte tenu de la tendance lourde des séries à rallonge, saluons donc le talent d’une auteure exceptionnelle qui nous aura fait vivre de nombreuses émotions aux côtés de ses personnages, dans un univers à mi-chemin entre la science-fiction et le fantastique. Un énorme coup de cœur pour une œuvre magistrale! » (P.-A. B.)

ROMANS ÉTRANGERS

Les enquêtes d’Alfred et Agatha T.2 : Qu’est-il arrivé à Snouty Jones?, Ana Campoy, Éditions Bayard Jeunesse, 215 p., 9782747050821*

« Tout aussi intriguant et bien ficelé que le premier tome, Qu’est-il arrivé à Snouty Jones? nous entraîne dans une série de péripéties palpitantes afin de retrouver Snouty, la petite chienne à deux queues d’Agatha, qui fut enlevée pendant la nuit. Les jeunes lecteurs auront l’occasion de découvrir dans ce second tome un autre célèbre écrivain, Sir Arthur Conan Doyle, et l’univers du tout aussi célèbre personnage Sherlock Holmes! Ils pourront aiguiser leurs sens de la déduction afin de trouver un sens aux indices laissés suite à a disparition de leur fidèle compagnonne canine. On a déjà hâte de lire la suite des aventures de ces deux super détectives passionnés et passionnants! » (Catherine B.)

Les yeux du dragon, Stephen King, Éditions Flammarion, coll. « Grands formats », 480 p., 9782081373815*

« Un peu plus de vingt ans après sa première traduction en français, Les yeux du dragon a droit à une magnifique réédition aux éditions Flammarion. L’objet-livre lui-même est magnifique, avec une couverture noire et brillante où sont percées deux ouvertures qui laissent voir les yeux du titre. L’éditeur a également eu l’excellente idée de reproduire les illustrations originales en noir et blanc à l’intérieur du roman. Ces imitations de gravures ajoutent une touche de merveilleux à une histoire captivante qui n’est pas sans rappeler les contes pour enfants. À ceci près que cette fois, c’est Stephen King qui en est l’auteur! À mettre entre les mains de tous les adolescents amateurs de fantasy ou à tous les lecteurs qui aiment Game of thrones. Un classique à découvrir! » (P.-A. B.)

L’orthophoniste, Mim, ill. de Jess Pauwels, Éditions Magnard jeunesse, coll. « Mes premiers romans », 48 p., 9782210961302*

« Voici l’histoire peu banale d’Alex Morphème, un orthophoniste ayant pour patient… un petit dragon! Le spécialiste s’embarque (à ses risques et périls) dans une rééducation enflammée, afin d’aider la malheureuse créature à surmonter ses difficultés de prononciation. Un très bon roman pour des premiers lecteurs, aux chapitres courts et aux illustrations colorées, qui dépeint avec justesse et humour le quotidien d’un métier où le maître mot est bien la persévérance! » (C. Billo)

Isis, 13 ans, 1,60 m, 82 kilos, Sophie Rigal-Goulard, Éditions Rageot, coll. « Rageot romans », 153 p., 9782700251432*

« Trop souvent, j’ai lu des romans qui traitent d’obésité chez les adolescents qui étaient moralisateurs et encouragent les jeunes souffrant d’embonpoint à ne s’aimer comme ils sont que lorsqu’ils sont atteints de problèmes médicaux qui justifient ledit embonpoint. La confiance en soi, pourtant, ne devraient pas dépendre de notre forme physique ou de notre apparence. Dans ce roman, les lecteurs découvriront Isis à travers les lettres qu’elle envoie à son père, qui a quitté sa mère alors qu’Isis n’était encore qu’un petit bout de chou. Bien qu’elle souffre d’embonpoint, elle apprendra que ce n’est pas son corps qui l’empêche de faire des activités qui lui font du bien, le théâtre par exemple, mais bien son manque de confiance en elle. Un roman épistolaire intelligent sur le quotidien d’une jeune adolescente talentueuse qui apprend à découvrir tout de qu’elle est capable d’accomplir si elle cesse de s’empêcher de vivre en raison du rapport qu’elle entretient avec son corps. À lire! » (Catherine B.)

DOCUMENTAIRES

Mon cher Van Gogh, Raphaëlle Frier, Éditions Bulles de savon, 144 p., 9791090597457*

« La collection à laquelle appartient ce documentaire nous avait déjà proposé cet alliage de lettres et de courtes fictions pour nous faire découvrir, ou redécouvrir, la vie et l’œuvre de Voltaire. Si l’idée d’écrire a posteriori des lettres à des personnages historiques influents est une idée absolument rafraîchissante, la sensibilité de Van Gogh en fait un sujet de choix. Van Gogh, qui signait simplement de son prénom comme d’un appel à la familiarité à son public, qui dans la noirceur la plus totale, celle de l’âme, a su illustrer malgré tout les merveilles de la nature avec une vision unique et encore inégalée, n’est pas le peintre favori d’autant d’amateurs d’art pour rien. Abordant à la fois l’œuvre et l’humain derrière, ainsi que son apport à l’art contemporain, ce documentaire-fiction inspirera de nombreux lecteurs, peintres, artistes dans l’âme. J’espère redécouvrir avec autant de passion les prochains personnages historiques que cette collection, « Mon cher… », nous offrira. » (Catherine B.)

Dis, comment ça pousse?, Françoise de Guibert, ill. par Clémence Pollet, Éditions De La Martinière Jeunesse, 86 p., 9782732475851*

« Grâce à cet album documentaire aussi simple qu’original, les enfants sauront tout sur les végétaux de notre alimentation. De quel pays, de quel arbre ou plante proviennent-ils? Par exemple, saviez-vous que le kiwi pousse sur l’actinidier? Que les pommes sont originaires d’Asie centrale avant d’être présente sur tout le globe de par les mouvements migratoires humains? Qu’on taille les poiriers en espalier pour en faciliter la cueillette? Avec brio et saveur, « Dis, comment ça pousse? » nous donne envie de nourrir le corps et l’esprit! » (J. H. )

Les autochtones d’Amérique du Nord, S. N. Paleja, Éditions Bayard Canada, 48 p., 9782895796794*

« Voici un documentaire original, pertinent et très bien fait sur les différentes nations autochtones qui peuplent l’Amérique du Nord. Grâce à une infographie colorée et claire, l’auteur est en mesure d’intégrer de nombreuses informations sans jamais être ennuyant. Séparé en parties thématiques, ce livre constitue un incontournable pour tous ceux et celles qui souhaitent en apprendre davantage sur les populations autochtones de notre continent. L’auteur a eu la bonne idée de proposer une chronologie très large, partant des débuts de la présence autochtone jusqu’à leur situation actuelle. Vraiment, Bayard nous offre ici un documentaire intelligent et bien construit. À lire! » (P.-A. B.)

Monsieur Chocolat : Le premier clown noir, Bénédicte Rivière, ill. de Bruno Pilorget, coll. « Grands portraits », Éditions Rue du monde, 45 p., 9782355044052*

« Combinant biographie et album, la collection « Grands portraits » nous permet parfois de mettre de l’avant des personnages historiques oubliés ou négligés par l’Histoire, malheureusement souvent issus de minorités culturelles. Est l’un d’eux : Rafael Padilla, fils d’esclaves revendu à un marchand portugais. Après s’être enfui, il deviendra Monsieur Chocolat, le premier clown noir, mais également le premier clown à se produire dans les hôpitaux pour divertir les enfants malades. Des illustrations d’une beauté époustouflantes, un récit émouvant, des rappels douloureux de l’Histoire des Noirs sous un angle parfois moins abordé; il s’agit sans aucun doute de l’un de mes documentaires préférés de l’année. » (Catherine B.)

TOUT-CARTONS

Au voleur, Michaël Escoffier, ill. de PisHier, Éditions Les 400 coups, coll. « Mes premiers coups », 28 p., 9782895406822*

« Un nouvel album d’Escoffier est toujours une bonne nouvelle. Lorsqu’en plus il est illustré par PisHier, c’est véritablement la fête! Cette histoire fera rigoler les petits à coup sûr avec de pauvres animaux victimes d’un voleur bien particulier. Quant à la chute, elle est réussie et convient parfaitement au public visé. Les illustrations de PisHier ajoutent une dimension loufoque à cette histoire en plus d’y insuffler une bonne dose de folie grâce aux mimiques des animaux. Un livre à mettre entre toutes les (petites) mains! » (P.-A. B.)

Les haïkus des tout-petits, Alain Serres, ill. de Judith Gueyfier, Éditions Rue du monde, 68 p., 9782355044106*

« Ces petits poèmes ancrés dans le quotidien des bébés éveilleront les sens de vos tout-petits et déclencheront dès leur plus tendre enfance l’amour des mots. Les puristes de l’art japonais du haïku seront quelque peu déçus, puisqu’il ne s’agit pas vraiment de haïkus, mais plutôt de courts poèmes en prose qui comportent beaucoup plus que 17 syllabes. À ma connaissance, aucun tout-carton n’avait encore exploré le domaine de la poésie de cette manière, mais j’espère en voir de nouveaux bientôt! » (Catherine B.)

Cacophonie, Zidrou, ill. de Sébastien Chebret, Éditions Les 400 coups, coll. « Mes premiers coups », 30 p., 9782895406815*

« Le duo Zidrou-Chebret est de retour! Cette fois, ils nous entraînent dans un voyage tout en musique au fond de l’océan. Avec un texte simple à la structure répétitive, Zidrou met en scène une histoire rigolote et sympathique où sont conviés de bien curieux musiciens. Quant aux illustrations de Sébastien Chebret, elle sont craquantes et donnent vie à l’histoire de son comparse. Un tout-carton idéal pour les petits mélomanes et les amateurs de la faune sous-marine! » (P.-A. B.)

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Sélection et rédaction de Caroline Billo, Catherine Bond, Pierre-Alexandre Bonin, Susane Duchesne, Sarah Dufresne-Landry, Joëlle Hodiesne, Aurélie Philippe, Louise Pratte et Sonia Simard.

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