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10 mars 2010  par Le délivré

Retour sur les parutions de février

Comme à chaque début de mois, les libraires arpentent le Salon des nouveautés pour repérer les titres s’étant démarqués au sein de l’effarante production du mois écoulé, soit près de 2800 titres en février.

En voici un aperçu, question de s’aiguiser l’appétit livresque…

À signaler dans le secteur général

LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE

Sukkwan Island, David Vann, Gallmeister, 191  p.
Zola Jackson, Gilles Leroy, Mercure de France, 139  p.
Comme personne, Hugo Hamilton, Phébus, 336  p.
Le bateau, Nam Le, Albin Michel, 353  p.
La disparition de Paris et sa renaissance en Afrique, Martin Page, L’olivier, 213  p.

LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE ET CANADIENNE

Incertitudes, Josée Bilodeau, Québec Amérique, cool. «Littérature d’Amérique», 136  p.
Chutes libres, Daniel Pigeon, XYZ, coll. «Romanichels», 156  p.
Ce qu’elle voit, Élise Turcotte, Éditions du Noroît, 58  p.
J’écris parce que je chante mal, Daniel Rondeau, 203  p.
jPod, Douglas Coupland, Au diable vauvert, 521  p.

BIOGRAPHIES

Mémoires, Edward Kennedy, Albin Michel, 614  p.
Romain Gary : de Wilno à la rue du Bac, J.M. Catonné, Actes Sud/Solin, 293  p.
Brassard, Guillaume Corbeil, Libre Expression, 287  p.
Alberto Moravia, René de Ceccaty, Flammarion, coll. «Grandes biographies», 678  p.
Saint-Laurent, mauvais garçon, Marie-Dominique Lelièvre, 318  p.

POLICIER

Les ailes du sphinx, Andrea Camilleri, Fleuve Noir, 260  p.

Retour en Sicile. Une nouvelle aventure du commissaire Montalbano, ça ne se refuse pas !

Les disparus de Dublin, Benjamin Black, NIL, 436  p.

Quirke, médecin légiste à Dublin, va se retrouver au centre d’une affaire qui menace la haute société catholique, mais aussi sa propre famille. Il s’agit du premier roman policier signé Benjamin Black, derrière lequel se cache… John Banville.

Quai des enfers, Ingrid Astier, Gallimard, 400  p.

Le corps d’une femme est abandonné dans une barque en face des locaux de la police judiciaire à Paris. Jonathan Desprez prend cela comme un affront, il lance son équipe dans l’enquête. Les quais de la Seine n’ont jamais paru aussi sombres.

SCIENCE-FICTION ET FANTASTIQUE

Sens uniques, Gautier Langevin, Ta Mère, 124  p.
Les portes de la magie, Julia Verlanger, Bragelonne, 664  p.
La dimension des miracles, Robert Sheckley, Le livre de poche, 253  p.

ARTS ET BEAUX LIVRES

La face cachée des fesses, Caroline Pochon et Allan Rothschild, Democratic Books / Arte editions, 260 p.

Il y a mille choses à dire sur les fesses. Il y en a tant à montrer. Qu’elles fassent parler d’elles ou  inspirent des œuvres d’art, elles font l’objet d’innombrables représentations depuis la nuit des temps et sur tous les continents. C’est à travers ces représentations qu’est traquée leur face cachée. Car les fesses permettent de revisiter l’histoire de l’art… et de l’Homme !

Événements attractifs : impact et créativité, Jacobo Krauel, Links, 299 p.

Vaste sélection imagée d’événements culturels et corporatifs à succès des dernières années créés par des designers de renom, cet ouvrage illustre les nouvelles tendances et stratégies créatives où l’architecture, l’éclairage, les nouvelles technologies et les nouveaux matériaux jouent un rôle prépondérant, et sont à la fois festifs et efficaces.

Les papiers peints, Philippe Model et Marie-Pierre Morel, Du Chêne, coll. «Arts décoratifs», 189 p.

Au faîte des tendances depuis quelques années déjà, le papier peint n’en finit pas de vivre une nouvelle jeunesse. Philippe Model nous invite à en découvrir toutes les facettes à travers sa vision de créateur et de décorateur. poétique, onirique, mais aussi technique, historique, pratique, voici un livre d’inspiration très riche, superbement illustré de photographies de Marie-Pierre Morel.

Penser le cinéma, Suzanne Liandrat-Guigues et Jean-Louis Leutrat, Klincksieck, coll. «50 questions», 215 p.

Amateur d’images, l’homme a été défini comme « l’animal qui va au cinéma ». Mais quel bilan peut-on dresser et quel avenir se dessine pour ce moyen d’expression, art très particulier parmi les arts « modernes » ? Peut-être au bout du compte cet ouvrage amène-t-il au jour « le secret de quelque haute liaison » qui justifie le plaisir pris pendant un siècle à aller à la rencontre des films.

SCIENCES HUMAINES

De la nation et du peuple juif chez Renan, Shlomo Sand, Les liens qui libèrent, 123 p.

L’historien israélien poursuit sa réflexion amorcée en 2008 avec Comment le peuple juif fut inventé, sur les fondements du peuple d’Israël. À partir de deux textes peu connus du philosophe et historien Ernest Renan, Sand se demande si on peut considérer les Juifs comme un peuple dans l’acception moderne du terme ou plutôt comme une importante communauté religieuse, à l’orée du monothéisme en Occident. De même, il se demande si l’expansion du judaïsme dans le monde résulte de l’exil d’un peuple ou de conversions religieuses massives sur le pourtour méditerranéen, puis en Russie méridionale et au Caucase.

Le Middle ground : Indiens, empires et républiques dans la région des Grands Lacs, 1650-1815, Richard White, Anacharsis, coll. « essais », 731 p.

Ce véritable pavé retrace un peu plus de cent cinquante ans de cohabitation entre Blancs et Algonquins qui, malgré des logiques conflictuelles et divergentes, sont parvenus ensemble à donner naissance à un monde mutuellement compréhensible, aux intérêts complémentaires.

Après la tragédie, la farce ! ou Comment l’histoire se répète, Slavoj Zizek, Flammarion, coll. « Bibliothèque des savoirs », 241 p.

Les années et les milliards de dollars passent et la misère et l’aliénation, elles, se poursuivent. Mais à chaque nouvel acte de cette tragédie, nous dit le philosophe iconoclaste, la répétition paraît plus terrifiante que la tragédie initiale. Face à un horizon qu’on nous présente comme indépassable et qui lie démocratie et capitalisme, Zizek propose à la gauche de se réinventer et à reconsidérer ce qu’il appelle l’hypothèse communiste.

Les 86 plus gros mensonges sur Wall Street, John R. Talbott, Music and entertainment books, 270 p.

Écrit par un des plus perspicaces observateurs du monde économique et financier aux États-Unis, l’ouvrage revient sur les principaux mensonges qui ont conduit à la débâcle financière que nous avons connue en 2008-2009 et propose des réformes et mesures radicales pour y faire face.

Planète ONU : les Nations unies face aux défis du XXIe siècle, Romuald Sciora et Annick Stevenson, Tricorne / Le Monde diplomatique, 296 p. (+CD-ROM)

Première véritable institution internationale sur laquelle nombre d’espoirs se sont fondées, l’ONU semble aujourd’hui battre de l’aile et s’avérer incapable d’assumer le leadership qui devrait lui revenir. Dans cet ouvrage, les auteurs reviennent sur la création de l’institution et son histoire, en les commentant pour mettre en perspective les enjeux qui seront ceux auxquels celle-ci devra faire face dans les prochaines décennies.

Coup de chaud sur l’agriculture, Bernard Séguin, Delachaux et Niestlé, coll. «Changer d’ère», 205 p.

Devant les possibilités que les changements climatiques aient des effets dramatiques sur l’état du climat mondial, l’auteur évalue le portrait que pourrait être celui de l’agriculture… S’il faudra nourrir neuf milliards d’individus en 2050, comment les besoins de chacun pourront-ils être comblés ? Quelles perspectives au Nord? Au Sud ? Voilà quelques-unes des questions abordées dans cet ouvrage nuancé.

Sont également à signaler en février plusieurs parutions dignes de mention chez Lux éditeur. Entre autres, relevons Ce que tout révolutionnaire doit savoir de la répression de Victor Serge, Le Mexique en armes de Laura Castellanos et L’armée canadienne n’est pas l’armée du salut de Francis Dupuis-Déri. D’ailleurs, ne manquez pas lundi prochain notre présentation de cette maison d’édition engagée québécoise.

(sélection et rédaction de David Murray)

PHILOSOPHIE

Lettres, rencontres, souvenirs, Ludwig Wittgenstein et Paul Engelmann, Ilse Somavilla (dir.), L’éclat, coll. «Philosophie imaginaire», 251 p.

Voici un ouvrage qui permet de mieux pénétrer l’œuvre de ce génial philosophe du 20e siècle. Les formes littéraires y étant rassemblées proposent une plongée intimiste dans les marges de sa création philosophique.

Les différents modes d’existence suivi de De l’œuvre à faire, Etienne Souriau, PUF, coll. «MétaphysiqueS», 220 p.

Voici un livre de chevet pour comprendre ce que peut être la nouvelle métaphysique dont l’homme à besoin. Une métaphysique lestée de tout ce langage trop abstrait laissant s’échapper la sève de la vie. Une exposition claire rendue par des phrase précises et vivantes. Un livre important.

Comment vivre - Spinoza : méthodes pour exister, Maxime Rovere, CNRS Éditions, 370 p.

Un livre très agréable qui tient très bien ses promesses : nous apprendre  à explorer notre existence en tenant la main de Spinoza. L’auteur nous propose du même coup une très belle introduction à la lecture de L’éthique, sa grande œuvre…

Gershom Scholem, Maurice Kriegel (dir.), Herne, coll. «Cahiers de l’Herne», 327 p.

Encore un beau travail de la part des éditions de l’Herne, qui nous aide à comprendre sinon à découvrir l’un des grands penseurs juifs du 20e siècle. Pour tous chercheurs et lecteurs qui désirent approfondir intelligemment leurs connaissances du monde juif et de la Kabbale.

(sélection et rédaction de Laurent Borrégo)

La crème de la littérature jeunesse

Le Chef-d’œuvre de Chester, Mélanie Watt, Scholastic, 32 p.

Cette fois-ci, Chester tente d’écrire sa propre histoire, son chef-d’œuvre ! Il cache les outils de Mélanie et, feutre rouge dans le creux de la patte, il nous raconte… euh… une histoire !?! Heureusement, Chester bénéficie des conseils de Mélanie ! À quant la revanche de la petite souris ? Parce que, franchement, elle est bien patiente avec Chester… (MS)

Lucie est partie, Sébastian Loth, Nord Sud, coll. «Grands albums», 58 p.

Lucie est partie est un album empreint de douceur qui aborde la perte d’un être cher. Zelda, une petite oie, tente de comprendre l’absence de son amie Lucie, une tortue qui était âgée de 127 ans. Petit à petit, elle comprend et accepte le départ de son amie. Les illustrations émeuvent, tant par leur symbolique que par leur poésie. (MS)

Un baiser à la figue, Raphaële Frier, ill. de Clotilde Perrin, Mango, coll. «Albums», 32 p.

Un superbe album aux illustrations chatoyantes qui relate une histoire d’amour touchante, colorée et odorante ! En Cyril et Roxane, on retrouve Cyrano de Bergerac et sa bien-aimée, mais dans un univers différent où les odeurs et la peinture deviennent œuvres d’art, magie et tourbillon d’émotions… (MS)

10 idées écolos : Aujourd’hui je protège ma planète, Mélanie Walsh, Scholastic, 24 p.

Cet album qui traite d’écologie est un heureux mélange d’informations, de conseils et de plaisir. Ici, nulle place au ton moralisateur : tout est jeux d’images. Les pages animées et découpées mettent en valeur les illustrations et surprennent à tout coup le lecteur. On adore ! (MS)

La mémoire des ombres, Jean-François Sénéchal, Leméac, coll. «Jeunesse», 261 p.
La douane volante, François Place, Gallimard, 334 p.
Ce que j’ai vu et pourquoi j’ai menti, Judy Blundell, 287 p.
Un endroit où se cacher, Joyce Carol Oates, 300 p.

(sélection et rédaction de May Sansregret, Susane Duchesne et Alice Liénard)

* * *

Et les bandes dessinées, nous direz-vous ? Eh bien, devant l’avalanche de bons titres reçus en février, nous n’aurons d’autre choix que de vous faire patienter jusqu’à vendredi pour vous présenter un super-sélection double-crème !


8 mars 2010  par Le délivré

Questionnaire d’auteur : Pascal Girard

Objet : un questionnaire d’auteur, à quelque part entre ceux de Proust et de Pivot. Contenu : une quarantaine de questions, générales ou indiscrètes. Consigne : choisissez-en une dizaine, celles qui vous interpellent. Notre invité bande dessinée pour mars : Pascal Girard.

* * *

Bibliographie

Jimmy et le bigfoot, La pastèque, 2010, 48 p.
Paresse, La pastèque, 2008, 108 p.
Jeunauteur t.1, sc. de Stéphane Dompierre, Québec Amérique, 2008, 104 p. (le t.2 vient de paraître)
Nicolas, Mécanique générale, 2006, 77 p.
Dans un cruchon, Mécanique générale, 2006, 92 p.

Paresse, le blogue de l’auteur

Entrevue sur Jimmy et le bigfoot sur Voir.ca


5 mars 2010  par Caroline Le Gal

Sens de l’orientation

Dans un monde de plus en plus captivant, innovant, rapide, il devient essentiel de fournir aux étudiants de bonnes sources d’information en matière d’orientation professionnelle. Tout au long du parcours scolaire, des choix devront être faits, et cela n’est pas toujours évident…

En matière d’ouvrages traitant des professions, les Presses de l’Université de Montréal ont créé en 2005 la collection «Profession», dirigée par Benoît Melançon, professeur titulaire et directeur au département des littératures de langue française de l’Université de Montréal. À ce jour, la collection compte quatorze titres, la dernière parution en date traitant de la profession de psychologue.

Les métiers abordés nous permettent de découvrir le travail et rôle dans notre société des chercheurs, intellectuels, professeurs et universitaires, ainsi que des avancées dans bien des domaines, tant scientifique qu’artistique. Pour découvrir les possibilités de carrières d’un historien, criminologue, philosophe, traducteur ou musicologue, cette collection répond aux attentes.

Son atout majeur réside dans le fait que ce sont les professeurs et universitaires de l’Université de Montréal qui livrent eux-mêmes sur papier leurs évolutions, parcours étudiants et anecdotes, et qui surtout coupent court aux idées reçues sur des univers méconnus du public…

Par exemple, le métier de psychologue ne consiste pas seulement à l’écoute de nos maux et doutes ! L’étude du comportement humain effectué par ces mêmes chercheurs servira aussi notamment aux criminologues dans l’élaboration de profils psychologiques.

Ou encore, qu’il ne suffit pas de savoir par cœur les dates historiques pour se prétendre historien ! Celui-ci aura aussi besoin de la géographie pour mettre ses idées en relief et émettre des analyses… Le vrai chercheur doit savoir replacer les faits dans une perspective dynamique afin de les analyser avec la plus grande impartialité et d’en extraire la bonne lecture.

Comme exemple de parcours atypique (mais en tous points une réussite), je citerai celui du célèbre géographe Rodolphe de Koninck. Avec une écriture passionnée digne d’un récit de voyage, mais surtout autobiographique, l’auteur joue la carte du conteur d’histoires vécues, et nous emmène pour nous parler de sa passion, qui débuta dès son plus jeune âge : la cartographie et les voyages. Passant de l’Afrique à l’Asie, ce livre est un pur bonheur pour les amoureux de voyage en sac à dos !

Entre autres choses, il y souligne un détail, mais quel détail important : le chercheur en géographie ne peut vérifier ses études qu’au travers de voyages en milieu naturel, pour pouvoir analyser ces fameuses recherches fondamentales, étudier leurs potentialités et obtenir des réponses constructives.

Le travail de tous ces universitaires et chercheurs est de comprendre le monde réel, d’en expliquer le fonctionnement et d’en maîtriser les différentes articulations possibles ; c’est le propre de la recherche fondamentale. Celle-ci se complète par la recherche appliquée, qui a pour rôle de développer les potentialités pratiques afin d’établir un mode de fonctionnement usuel pour notre quotidien ; on peut les définir comme étant des repères identitaires.

En somme, cette collection est une réussite complète et mérite d’être connue, car elle nous ouvre les portes des laboratoires de recherches, en nous révélant des éléments sur nos origines, nos émotions, notre langage et même… notre amour pour la musique !

Le partage de connaissances reste un atout majeur de tous ces passés transmis par la voix, couchés sur papier, en noir sur blanc, mais où le lecteur extrait toutes les couleurs qui teintent ses espoirs les plus fous.

* * *

Titres disponibles :

Astronome, Criminologue, Éthicien, Géographe, Historien, Historienne de l’art, Latiniste, Lexicographe, Musicologue, Philosophe, Psychologue, Sinologue, Traducteur, Urbaniste.

La page de la collection sur le site des PUM


3 mars 2010  par Le délivré

Dedieu a son âme

Il y a deux semaines, l’auteur jeunesse bien connu Thierry Dedieu publiait sur son blogue un billet pour le moins étonnant. En effet, il semble qu’il n’y ait plus de place pour son travail d’auteur : dépassé, trop compliqué, trop difficile à vendre pour les « commerciaux » (les représentants, en France), pas assez déclinable en « produits dérivés papeterie »…

Son éditeur (qu’on devine être Seuil jeunesse) lui suggère plutôt de faire « un livre de Noël », ou « un gentil livre avec pleins de couleurs, l’histoire du poney qui voulait se teindre en blonde, ou bien de la sirène recueillie par une maman dauphin, enfin ! un truc de ce genre ».

Pourtant, l’an dernier encore, l’auteur remportait le prix Chrétien de Troyes avec Aagun, et était finaliste du Prix Baobab avec Dieux. Mais être gratifié de prix n’est pas vendre ; il semble même que cela soit souvent « signe du contraire », devant la pléthore de ces titres « qui dégoulinent de miel, avec paillette et tout le toutim ».

L’auteur lance son cri du cœur : doit-il changer de métier ?

Bien sûr, le débat n’est pas nouveau, et les éditeurs ont toujours eu besoin de vaches à lait pour faire tourner la boutique et permettre l’émergence de voix plus personnelles. Mais alors que traditionnellement les bons éditeurs croyaient en leurs auteurs plus difficiles d’accès et avaient à cœur de défendre leur travail, il semble que maintenant tout livre doit se vendre tout seul.

Aujourd’hui, quelle est l’opinion que se font les éditeurs du public ?

* * *

Quelques titres mémorables :

Zoo, Gallimard-jeunesse, coll. «Giboulées», 32 p.
Dieux, ill. de Thierry Murat, L’édune, n.p.
Aagun, Seuil jeunesse, coll. «Albums jeunesse», 36 p.
Yakouba, Seuil jeunesse, 40 p.
Les sciences naturelles de Tatsu Nagata (19 tomes), Seuil jeunesse, coll. «Albums jeunesse», env. 24 p. ch.
Clown d’urgence, Seuil jeunesse, 33 p.

Le blogue de l’auteur


1 mars 2010  par Eric Bouchard

La lecture fragile, ou la mémoire engloutie

L’avènement du livre électronique suscite son lot d’enthousiasme et d’inquiétude, la nature du livre telle qu’on la connaît, et surtout de la chaîne du livre telle qu’est actuellement constituée risquant bien entendu de subir quelques contrecoups.

Dans sa plus récente chronique hebdomadaire, Nicolas Dickner écrivait par ailleurs que dans le débat qui l’entoure, « les mêmes arguments reviennent sans cesse. On prétend qu’il s’agit d’un phénomène dangereux, susceptible d’engendrer une littérature paresseuse, corrompue, viciée, froide, impersonnelle, peu sérieuse, facile, prêt-à-jeter - voire de mener à l’éradication pure et simple de toute littérature.

Je n’entends pas défendre ici le livre électronique. Ma position sur le phénomène est, paraît-il, difficile à cerner - et la raison en est fort simple: je n’ai pas de position. À mes yeux, le livre électronique n’est ni une bénédiction, ni une calamité, mais simplement un fait avec lequel nous devrons bientôt vivre. Dont il faudra tirer parti. »

Et effectivement, il reste qu’un des aspects de la chose dont on entend peut-être moins parler est que le fameux support de la littérature est en mutation depuis son origine.

À cet effet, convoquons la littérature classique avec un de ses illustres représentants, Illusions perdues d’Honoré de Balzac, publié en trois parties entre 1836 et 1843. Derrière ce roman d’apprentissage où Lucien Chardon, un jeune poète de province, tente (et échoue, bien sûr) à se faire un nom dans la Capitale, Balzac se livre entre autres choses à une décortication (assez cynique, par ailleurs) de l’institution littéraire et de la chaîne du livre au grand complet : imprimeurs, écrivains, mécènes, éditeurs, libraires, journalistes, critique et réception publique y passent au crible.

Et Illusions perdues nous parle même de papier. Le grand ami de Lucien, David Séchard, a repris l’imprimerie paternelle, mais se trouve incapable de la bien gérer dans l’esprit conservateur de Séchard père. Aussi, ce jeune homme passionné de littérature, mais aussi de progrès scientifique, réfléchit-il à un moyen d’en tirer fortune différemment. Voici comment il explique son projet à sa bien-aimée, Ève, la sœur de Lucien, et nous livre de ce fait une page de l’histoire du livre…

« En ce moment, la papier se fait encore avec du chiffon. Le chiffon est le résultat de l’usage du linge, et la population d’un pays n’en donne qu’une quantité déterminée. [...] Si donc, les besoins de la papeterie deviennent supérieurs à ce que la France produit de chiffon, soit du double soit du triple, il faut, pour maintenir le papier à bas prix, introduire dans la fabrication du papier un élément autre que le chiffon. [...]

Quoique la durée du fil, comparée à celle du coton, rende, en définitive, le fil moins cher que le coton, comme il s’agit toujours pour les pauvres de sortir une somme quelconque de leurs poches, ils préfèrent donner moins que plus [...] Ainsi le linge de fil manque. En Angleterre, où le coton a remplacé le fil chez les quatre cinquième de la population, on ne fabrique déjà plus que du papier de coton. Ce papier, qui d’abord a l’inconvénient de se couper et de se casser, se dissout dans l’eau si facilement qu’un livre en papier de coton s’y mettrait en bouillie en y restant un quart d’heure, tandis qu’un vieux livre ne serait pas perdu en y restant deux heures. On ferait sécher le vieux livre ; et, quoique jauni, passé, le texte en serait encore lisible, l’œuvre ne serait pas détruite. [...] La solidité des produits s’en va de toutes parts. [...]

Il y eut donc un jour dans mon atelier une discussion sur les ingrédients dont on se sert en Chine pour fabriquer le papier. Là, grâce aux matières premières, la papeterie a, dès son origine, atteint une perfection qui manque à la nôtre. On s’occupait beaucoup alors du papier de Chine, que sa légèreté, sa finesse rendent bien supérieurs aux nôtres [...] Si nous parvenions à fabriquer à bas prix du papier d’une qualité semblable à celui de la Chine, nous diminuerions de plus de moitié le poids et l’épaisseur de nos livres. Un Voltaire relié, qui, sur nos papiers vélins, pèse deux cent cinquante livres, n’en pèserait pas cinquante sur papier de Chine. Et voilà, certes, une conquête. »

Hum ! Ce passage laisse esquisser que les deux variables selon lesquelles semble de tout temps s’être perfectionné ce support évoluent de manière inverse : autant les avancées technologiques successives ont fait en sorte que pour diverses raisons, l’objet-livre put condenser de plus en plus de contenu, autant, en parallèle, par la modification du support, ce contenu s’en est retrouvé fragilisé. Du Voltaire séchable de 250 livres à son équivalent dissolvable de poids cinq fois moindre.

À ce compte-là, le livre électronique devient la représentation hyperbolique de cette tendance : avoir à sa disposition des bibliothèques complètes condensées sur une simple plaquette ; mais si jadis Archimède «a trouvé» en plongeant un corps dans l’eau, que ne perdra-t-on pas demain en échappant son eBook dans sa baignoire…

* * *

Illusions perdues, Honoré de Balzac, Flammarion, coll. «GF», 664 p. (plusieurs autres éditions disponibles)


26 février 2010  par David Murray

Jeux olympiques sur papier (3) : L’envers de la médaille

Le délivré termine aujourd’hui sa série de billets inspirés par la tenue des Jeux olympiques d’hiver de Vancouver. Et si vous pensiez que nous n’allions qu’idéaliser et glorifier les Jeux, détrompez-vous, puisque après les fleurs, voici le pot ! En tant que gigantesque machine soumise aux tractations des grands de ce monde, les Olympiques sont loin d’être exempts de scandales, manipulations et autres récupérations politiques. Place donc à l’envers des Jeux olympiques via quelques suggestions de lecture.

Ce n’est pas nouveau, les Jeux olympiques ont souvent servi de vitrine politique pour les pays hôtes. À cet égard, le premier exemple qui nous vient en tête est celui des Jeux d’été de Berlin en 1936, cas exemplaire de confusion entre sport et politique, et de propagande par le sport - une pratique qui deviendra en quelque sorte la norme avec la Guerre froide. Octroyés à la capitale allemande avant l’arrivée au pouvoir d’Hitler, les Jeux vont être utilisés par le régime nazi dans un vaste campagne de propagande, entre autres via la réalisation du magnifique film de Leni Riefenstahl, Les Dieux du stade (d’un point de vue cinématographique, le film est effectivement époustouflant). C’est d’ailleurs à cette occasion que l’on instaura pour la première fois le relais de la flamme olympique (eh non, le parcours de la flamme n’est pas une tradition héritée de la Grèce antique, mais bien une création des Nazis !) On se souviendra que la volonté du IIIe Reich de profiter des Jeux pour témoigner des théories de la suprématie aryenne aura été battue en brèche par les exploits de l’athlète noir américain Jesse Owens, grande vedette des Jeux avec quatre médailles d’or. Les Allemands sortiront toutefois largement vainqueurs des compétitions avec 89 médailles, contre 56 pour les États-Unis. Malgré quelques protestations ici et là, ils seront en définitive bien peu à dénoncer les Jeux, tous les grands États ayant été représentés. Il n’y a que les Républicains espagnols qui mirent sur pied des Jeux alternatifs, les Olympiades populaires, dont les compétitions furent interrompues par le soulèvement du général Franco.

Pour avoir un portrait de la manière dont furent instrumentalisés les Jeux de Berlin, on lira 1936, les Jeux Olympiques à Berlin, de Jean-Marie Brohm. Pour un point de vue plus romanesque, les principaux protagonistes de l’époque, auxquels sont greffés quelques personnages fictifs, sont au cœur de l’intrigue du roman d’Alexandre Najjar, Berlin 36, imposante fresque qui brosse le portrait des Jeux de Berlin et qui expose les manœuvres sournoises du nazisme pour s’approprier le cours des événements. Un ouvrage qui n’est pas non plus sans faire le pont entre le passé et le présent.

La manipulation politique des Jeux est naturellement toujours d’actualité. Les jeux de Pékin en 2008 sont d’ailleurs venus nous le rappeler. Nombreux sont ceux à avoir dénoncé la tenue des Jeux dans la capitale chinoise. Entre autres titres, mentionnons Le livre noir des J.O. de Pékin, de Fabien Ollier et Marc Perelman, qui soutiennent qu’aujourd’hui plus que jamais, c’est l’argent qui domine les Jeux olympiques, et qui déplorent le fait que l’attribution des Jeux n’ait pas poussé le régime chinois à améliorer son bilan en matière de droits humains. Mais est-ce vraiment aux Jeux de pousser les États à modifier leur comportement, pourrait-on se demander. Parmi les autres exemples de titres pourfendant la tenue des Jeux dans l’Empire du milieu, mentionnons L’envers des médailles : les JO de Pékin 2008 d’Alain Bouc chez Bleu de Chine, qui rend compte de l’envers du miracle chinois qui a jusqu’ici occasionné le déplacement de 3,7 millions de personnes ; et Pékin 2008, pourquoi la Chine a déjà gagné de Luc Richard aux Mille et Une nuits, dans lequel l’auteur revient lui aussi sur l’illusion de l’ouverture démocratique supposée accompagner l’attribution des Jeux au régime chinois.

Jeux olympiques et récupération politique semblent donc aller de pair. Pour un aperçu général de leurs entremêlements, on pourra lira Le pouvoir des anneaux : les jeux olympiques à la lumière de la politique, 1896-2004, sous la direction de Pierre Milza, Jacques Jequier et Philippe Tétart, publié chez Vuibert.

Ces diverses manipulations et récupérations ont d’ailleurs poussé certains observateurs à questionner la pertinence même de la tenue de Jeux olympiques, dont l’organisation est souvent aussi synonymes de gouffre financier pour les États hôtes. C’est entre autres l’avis d’Olivier Villepreux dans  Feue la flamme : pour en finir avec les Jeux olympiques. Dans cet essai, l’auteur soutient que le « Comité international olympique, pour assurer d’abord sa survie puis sa prospérité, a confié ses intérêts aux entreprises privées et aux chaînes de télévision, afin d’offrir aux spectateurs une image idéalisée de la mondialisation néo-libérale ». La célébration planétaire des vertus pacifistes et généreuses sensées accompagner les Jeux peine à masquer la réalité qui est plutôt faite de dopage, compétition effrénée, sur-publicité, pressions psychologiques, déplacements de population, etc. Un propos qui trouve un écho chez Henri Charpentier et Alain Billouin dans Périls sur les jeux Olympiques : trop vite, trop haut, trop fort ? au Cherche-Midi, dans lequel les auteurs s’inquiètent des maux qui gangrènent les Jeux et qui menacent les valeurs de l’olympisme. À lire également, La face cachée des Jeux olympiques d’Andrew Jennings, dans lequel l’auteur nous entraîne dans les coulisses du Comité international olympique et aborde les scandales qui entachent l’organisation. Au Québec, l’écrivain et journaliste Laurent Laplante s’est lui aussi joint au concert de protestations en publiant Pour en finir avec l’Olympisme, chez Boréal.

L’argent étant désormais le nerf de la guerre, les appels au boycott qui accompagnent parfois la tenue des Jeux resteront cependant, en bout de ligne, bien souvent sans effet. Pour les Jeux de Pékin, par exemple, les 4 milliards de téléspectateurs et 1,7 milliard de dollars de droits télévisuels suffisent à eux seuls à démontrer l’ampleur des intérêts économiques en jeu. Mais pour un aperçu des tentatives de boycott des Jeux à travers l’histoire, on pourra lire l’ouvrage d’Éric Chol, Faut-il boycotter les JO?, chez Larousse.

Les Jeux ont aussi été affaire de drames en parallèle. On se rappellera entre autres les Jeux de Mexico en 1968, tenus dix jours après une fusillade sur la place des Trois-Cultures de la capitale mexicaine, faisant des centaines de morts chez les manifestants, dont les événements sont entre autres relatés dans le polar de Paco Ignacio Taibo II, Pas de fin heureuse, et analysés par Octavio Paz dans Critique de la Pyramide. Des Jeux au cours desquels les coureurs Tommie Smith et John Carlos, respectivement 1er et 3e au 200 mètres, levèrent le poing lors de la remise des médailles pour protester contre la ségrégation raciale, un geste courageux qui leur valut une exclusion de l’équipe américaine et une expulsion à vie des Jeux olympiques. Comme quoi l’affirmation politique lors des Jeux n’est pas permise pour tout le monde… Malheureusement, aucun ouvrage n’existe en français sur les deux célèbres athlètes. On pourra se rabattre sur l’autobiographie en anglais de Tommie Smith, Silent Gestures : The Autobiography of Tommie Smith, parue chez Temple Press.

Autre drame : Munich, 1972. Le 5 septembre 1972, huit terroristes palestiniens du commando « Septembre Noir » s’introduisent dans le village olympique et prennent neuf athlètes israéliens en otage. Les Jeux sont alors suspendus pendant près de 18 heures pour permettre les pourparlers. Les négociations achoppent et l’événement prend une tournure dramatique, alors que la police allemande donne l’assaut à l’aéroport de Munich, à partir duquel les terroristes doivent s’envoler avec les otages à destination du Caire. Les 9 otages israéliens sont tués, ainsi que 5 des 8 terroristes palestiniens, et un policier allemand. Au total, 18 personnes trouveront la mort dans cet épisode tragique. Malheureusement, il n’existe que trop peu d’écrits sur ces événements dans la langue de Molière. Ils sont par contre généralement évoqués dans divers ouvrages traitant de terrorisme et du conflit israélo-palestinien.

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Quand ce n’est pas la manipulation politique ou les drames politiques, ce sont les scandales sportifs qui entachent les Jeux, et ceux-ci ne datent pas d’hier. Déjà, en 1912, l’Américain Jim Thorpe fut victime d’une injustice lorsqu’il s’est vu confisquer ses médailles pour avoir joué comme semi-professionnel quelques années auparavant. Et quatre ans plus tôt, en 1908, l’épreuve du marathon donna lieu à un événement plutôt dramatique. Tous les observateurs s’attendaient alors à ce que Tom Longboat de la réserve des Six-Nations au Canada remporte la course, mais celui-ci doit abandonner un peu plus de dix kilomètres avant l’arrivée. Des rumeurs se répandent comme quoi il aurait été drogué par des membres de son entourage afin de gagner un pari. Entre-temps, comme le rappelle l’Encyclopédie canadienne de l’Institut Historica Dominion, « au stade, l’Italien Dorando Pietri s’approche de la ligne d’arrivée en titubant, après avoir déjà chuté à cinq reprises. Lorsque l’Américain John Hayes arrive à son tour, tout porte à croire qu’il vaincra l’Italien. Toutefois, l’officiel en chef du marathon, Jack Andrew, peu enclin à laisser un Américain l’emporter, bondit de l’estrade et traîne le coureur italien de façon à ce qu’il franchisse la ligne d’arrivée en premier. La victoire illégale est cependant de courte durée, car les Américains protestent et Hayes finit par obtenir la médaille d’or » ! Plus près de nous, on se rappelle les manipulations dont ont fait l’objet les notes attribuées lors des compétitions de patinage artistique, dont les Canadiens David Pelletier et Jamie Salé ont entre autres faits les frais. Cet épisode est relaté par Marie-Reine Le Gougne dans Glissades à Salt Lake City, chez Ramsey.

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Certains ne se contentent pas seulement de critiquer la tenue des Jeux olympiques, mais s’attaquent au sport en général comme manifestation sociologique de la décadence moderne, rien de moins ! C’est entre autres le propos de Marc Perelman dans Le sport barbare : critique d’un fléau mondial, paru chez Michalon. Dans cet ouvrage et d’autres de sa bibliographie, l’architecte et philosophe soutient qu’en tant que « rouleau compresseur de la modernité décadente, le sport lamine tout sur son passage et devient le seul projet d’une société sans projet ».

Cette critique du sport est aussi celle que nous offre Albert Jacquard dans Halte aux jeux!, chez Stock. Le célèbre généticien et philosophe s’y questionne à savoir si les Jeux olympiques peuvent réellement être considérés comme des « jeux », et si nous pouvons toujours parler de sport, leur mission bienfaitrice semblant avoir été dévoyée depuis leur restauration par Pierre de Coubertin.

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Et Vancouver maintenant : des jeux propres, verts, au nationalisme gentil et inoffensif ? Ne nous leurrons pas, les Jeux à la canadian cachent aussi leur lots de coûts sociaux, de déplacement de population, de nettoyage social, de dégâts environnementaux, de promoteurs qui profitent des Jeux pour développer leurs projets, de récupération politique (sous couvert d’unité canadienne) et de répression politique (la ville de Vancouver ayant, avant la tenue des Jeux, mis en place des dispositions pour interdire toute manifestation anti-olympique). Vancouver, comme toutes les grandes villes, a aussi une face cachée et sombre, que certains auteurs ont tenté de nous faire partager, comme Élise Fontenaille avec Les Disparues de Vancouver ou Anaïs Airelle avec Pourquoi j’meurs tout le temps ? Certains groupes sociaux sont venus rappeler ces réalités, pendant que certaines nations autochtones ont tenu à souligner le fait qu’ils n’ont jamais cédé leurs terres aux colonisateurs blancs, d’où leur campagne Pas de Jeux olympiques sur des terres autochtones volées.

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Les Jeux olympiques demeurent une grosse machine. Une machine qui a son envers du décor. S’il est toujours bon de rappeler ce revers de la médaille, il ne faudrait peut-être pas non plus se faire d’illusions sur le rôle des Jeux comme vecteur de changement. S’ils peuvent servir de vitrine pour exposer certains des maux qui rongent notre monde, il n’en revient peut-être pas aux athlètes de porter sur leurs épaules ce lourd fardeau.

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  1. 1936, les Jeux Olympiques à Berlin. Jean-Marie Brohm. André Versailles, 244 p.
  2. Berlin 36. Alexandre Najjar. Plon, 288 p.
  3. Le livre noir des J.O. de Pékin. Fabien Ollier et Marc Perelman. City, 301 p.
  4. L’envers des médailles : les JO de Pékin 2008. Alain Bouc. Bleu de Chine, coll. « Chine en poche », 79 p.
  5. Pékin 2008, pourquoi la Chine a déjà gagné. Luc Richard. Mille et Une nuits, 194 p.
  6. Le pouvoir des anneaux : les jeux olympiques à la lumière de la politique 1896-2004, sous la direction de Pierre Milza, Jacques Jequier et Philippe Tétart. Vuibert, coll. « Sciences, corps et mouvements », 351 p.
  7. Feue la flamme : pour en finir avec les Jeux olympiques. Olivier Villepreux. Gallimard, coll. « Petite collection », 109 p.
  8. Périls sur les jeux Olympiques : trop vite, trop haut, trop fort ? Henri Charpentier et Alain Billouin. Le Cherche-Midi, 283 p.
  9. La face cachée des Jeux olympiques. Andrew Jennings. Archipel, 320 p.
  10. Pour en finir avec l’Olympisme. Laurent Laplante. Boréal, coll. « Pour en finir avec », 224 p.
  11. Faut-il boycotter les JO ? Éric Chol. Larousse, coll. « A dire vrai », 125 p.
  12. Pas de fin heureuse. Paco Ignacio Taibo II. Rivages, coll. « Rivages/Noir », no. 268, 168 p.
  13. Le labyrinthe de la solitude, suivi de Critique de la Pyramide. Octavio Paz. Gallimard, coll. « NRF essais », 264 p.
  14. Silent Gestures : The Autobiography of Tommie Smith. Tommie Smith. Temple Press, 288 p.
  15. Glissades à Salt Lake City. Marie-Reine Le Gougne. Ramsey, 204 p.
  16. Le sport barbare : critique d’un fléau mondial. Marc Perelman. Michalon, 91 p.
  17. Halte aux jeux! Albert Jacquard. Stock, 126 p.
  18. Les Disparues de Vancouver. Élise Fontenaille. Grasset, coll. « Ceci n’est pas un fait divers », 195 p.
  19. Pourquoi j’meurs tout le temps ? Anaïs Airelle. Écosociété, 136 p.


24 février 2010  par Eric Bouchard

Jeux olympiques sur papier (2) : L’esprit du sport

Cette semaine, Le délivré succombe à la fièvre olympique ! Après une recension de titres sur l’histoire des jeux et de grandes figures sportives lundi, attardons-nous aujourd’hui aux valeurs sportives, et plus particulièrement à l’esprit  sportif comme embrayeur au dépassement individuel.

Le sport trouve un grand allié dans la bande dessinée japonaise, qui l’a célébré à travers de nombreuses séries captivantes. Relevant principalement du shônen, où il décline les valeurs de l’amitié, du courage et du dépassement de soi, le manga sportif peut sortir de ce cadre pour traiter d’aspects sociaux ou révéler des contenus esthétiques autrement intéressants.

La série best-seller Slam Dunk de Takehiko Inoue met en vedette une bande de voyous nouvellement arrivés dans un lycée, un cercle de durs à cuire manifestant leur sens de la camaraderie de façon plutôt explosive ; ainsi, Hanamichi, leur chef, n’hésite pas à répliquer d’un coup de boule à l’un de ses fidèles si celui-ci s’aventure à railler ses défaites amoureuses ! Puis, sur les conseils d’une jolie étudiante fan de basket qu’il tente de séduire, Hanamichi s’inscrit dans l’équipe de l’école. Il réalisera cependant que sa grande taille ne suffit pas à faire de lui un bon joueur, et il devra se plier avec ténacité à une discipline de fer pour gagner sa place…

Si le récit tourne autour de l’apprentissage, et des interactions amoureuses et scolaires dans les premiers tomes, il s’émancipe par la suite, se concentrant progressivement sur la dynamique des échanges sportifs, et culminant dans un ultime tome où le lecteur se retrouve totalement immergé dans l’effort de l’équipe ; en effet, les 200 pages de ce tome 31 sont consacrées à la dernière minute de jeu d’un match de championnat ! On assiste alors à une saisissante dilatation temporelle, où chaque mouvement compte, où chaque seconde doit être employée de manière optimale pour la victoire…

S’il peut sembler contenir une certaine «violence», on constatera que cette dernière relève davantage de l’humour slapstick dans lequel baignaient les Charlie Chaplin, Three Stooges et autres Looney Tunes des générations précédentes… Ce qu’on lira entre autres dans ce manga, c’est la transformation de jeunes rétifs à l’autorité, qui, plutôt que de finir dans un gang de rue, sont parvenus, à travers leur équipe sportive, à se revendiquer une toute autre appartenance.

Slam Dunk a joui d’une popularité sans précédent dans son pays d’origine : ses 31 tomes se sont vendus à 110 millions d’exemplaires en 14 ans, en faisant le manga le plus vendu par tome de toute l’histoire ! L’auteur reprendra d’ailleurs intelligemment ses thèmes dans sa série suivante, Real, avec cette fois le basket-ball en fauteuil roulant, démontrant de surcroît qu’on peut assouvir sa passion malgré son handicap.

L’œuvre de Mitsuru Adachi tourne également autour du sport, et plus particulièrement du base-ball. Dans H2, Hiro, un talentueux jeune lanceur, voit sa carrière s’effondrer lorsqu’un médecin lui diagnostique un «coude de verre». Fier sportif, il se rabat sur le soccer, mais change d’avis à la suite du mépris qu’infligent les joueurs de son équipe aux membres du club amateur de base-ball du collège. C’en est trop pour Hiro, qui renoue avec son ancienne passion pour lui rendre ses honneurs, alors que la course au championnat commence !

Deux extraits de H2, de Mitsuru Adachi.

Si les trames des shônens tournent sensiblement autour des mêmes motifs, tout l’art d’Adachi réside dans de savoureux dialogues, une galerie de personnages bien campés, de nombreux clins d’œil au lecteur, et surtout, un sens du découpage d’une grande sophistication. Revenons sur la notion de temps : le baseball américain est le sport champêtre par excellence, duquel on dit que le temps n’y existe pas. Est-ce la raison qui permet à Adachi d’y exercer des constructions elliptiques si inventives, en n’y présentant pas temps la consécution des actions que le parfum, le thème, l’instant du jeu ? En cela, l’auteur connaît à coup sûr le base-ball sur le bout de ses doigts, car ne dit-on pas du jeu que plus on en connaît les règles, plus on est libre d’y faire ce qu’on veut ?

Ainsi, comme l’expliquait Scott McCloud dans L’Art invisible, le manga se démarque des écoles européenne et américaine de la bande dessinée par l’étonnante variété des types d’enchaînements entre les cases qu’elle y propose. La série Ping-pong de Taiyou Matsumoto illustre parfaitement cette analyse : l’extrême rapidité des pongistes offre un environnement permettant à l’auteur de multiplier les explorations temporelles et spatiales.

Dans ses pages exaltantes, Matsumoto ne se contente pas d’illustrer des échanges de balles, il propose une incroyable somme de plans fragmentés, telles des bases de données, comme si le récit s’exprimait plutôt par la somme que par l’enchaînement des cases. Comme quoi le plaisir contagieux du sport se transmet aussi par sa pure dimension esthétique…

Slam Dunk, (31 t.), Takehiko Inoue, Kana, env. 192 p. ch.

Real, (8 t. parus), Takehiko Inoue, Kana, coll. «Big Kana», env. 218 p. ch.

H2 (20 t. parus), Mitsuru Adachi, Tonkam, coll. «Sky», env. 188 p. ch.

Ping Pong, (5 t.), Taiyou Matsumoto, Delcourt, coll. «Fûkei», env. 208 p. ch.

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Poursuivons à présent sur notre thème avec un essai…

La valeur de l’Olympisme en elle-même peut-elle constituer un modèle éducatif ? C’est sur cette question que philosophes, historiens, responsables politiques, enseignants, acteurs du monde sportif et socio-économique ont échangé afin de comprendre les véritables significations de ces valeurs, sans pour autant éluder une démystification entre les utopies qu’elles génèrent et les réalités de la pratique quotidienne. (DM)

Les valeurs de l’Olympisme : Un modèle éducatif en débat, Michaël Attali, Jean Saint-Martin, Simon Leveque, Lucien Brunetti, Jean Bizet, L’Harmattan, coll. «Espaces et temps du sport», 286 p.

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Finalement, petit clin d’œil avec la collection jeunesse «Tous champions» de l’éditeur Belin, qui cultive à sa façon l’esprit des Jeux Olympiques… Comment l’éléphant s’y prendra-t-il pour participer au concours de saut en hauteur ? Est-il possible pour l’équipe des souris de remporter la course de canoë face aux puissants ours ? La loutre et le castor peuvent-ils espérer rester amis amis même s’ils se battent l’un contre l’autre pour remporter la compétition de natation ?

Les trois titres de cette collection s’adressant aux jeunes lecteurs dépeint l’esprit olympique en évoquant divers aspects de la compétition. Belin mélange souvent fiction et documentaire dans son catalogue jeunesse, et ici joint à ses petites aventures amusantes un supplément documentaire où sera détaillé le sport olympique servant de toile de fond au récit, puis recensés les équivalents animaliers de cette épreuve, les rigolotes animaliades. On y apprend par exemple que le groupé est cette nage où les animaux forment une file indienne au milieu d’un lac ou d’un étang : Le premier de la file bouge les bras et le dernier, les jambes. C’est une nage d’équipe, non-compétitive et synchronisée. Les nageurs au centre de la file mettent de l’ambiance en chantant des chansons dans un joyeux brouhaha.

L’important, c’est de participer, Victoria Pérez-Escriva, ill. de Claudia Ranucc, Belin, coll. «Tous champions», 30 p.
L’union fait la force, Victoria Pérez-Escriva, ill. de Claudia Ranucc, Belin, coll. «Tous champions», 30 p.
Que le meilleur gagne !, Victoria Pérez-Escriva, ill. de Claudia Ranucc, Belin, coll. «Tous champions», 30 p.

(avec la participation de David Murray)


22 février 2010  par David Murray

Jeux olympiques sur papier (1) : Histoire et biographies

Cette semaine, Le délivré se plonge dans l’actualité sportive ! Succombant à la fièvre olympique, nous avons relevé pour vous une brassée de titres embrassant la saga des Jeux. Dans ce premier volet, voici quelques ouvrages survolant les Jeux à l’aune de l’Histoire, et d’autres évoquant des grands grands noms du sport. Pour le meilleur et pour le pire…

Contrairement à ce que l’on pourrait être tenté de croire, la littérature olympique ne pleut pas. Du moins, pas autant que que le nombre de médailles qui déferlent à chaque olympiade. Si chaque édition voit la parution d’un album souvenir, ceux-ci disparaissent généralement assez rapidement de la circulation (si vous cherchez par exemple l’album commémoratif des Jeux de Montréal, on vous suggère d’aller fouiner dans les bouquineries !). Voici néanmoins quelques titres dignes de mention.

Question beaux livres, soulignons chez Hors Collection, JO Nostalgie : L’album d’une passion, un ouvrage qui retrace les grands moments des Jeux et qui dresse le portrait des grands athlètes qui en ont jalonné l’histoire : les Nadia Comaneci, Jesse Owens, Tommy Smith, Carl Lewis et autres Mark Spitz. Également dignes de mention, le magnifique coffret Les Jeux olympiques : d’Athènes à Athènes, 1896-2004 par les gens de L’Équipe, et Le monde olympique de Peter Murray chez Grund.

En ce qui concerne l’histoire des Jeux, on lira entre autres l’ouvrage de Jean-Paul Brouchon, Histoires des Jeux olympiques : de Zeus à Pékin. Celui-ci relate les grands moments des Jeux de l’histoire moderne, mais aussi les épisodes de désillusion comme Berlin en 1936, avec sa réappropriation par le régime nazi, Munich en 1972, avec la terrible prise d’otages d’athlètes israéliens, et Montréal en 1976, qui a vu l’apparition du boycott politique. On se souviendra en effet que plusieurs États essentiellement africains avaient décidé de boycotter les Jeux pour protester contre la présence de la Nouvelle-Zélande, qui s’était rendue en Afrique du sud de l’apartheid pour participer à un match de rugby à XV. Ce boycott ouvrait la voie à ceux de 1980 à Moscou, de la part de plusieurs États du camp occidental, et de 1984 à Los Angeles, où les états du Bloc de l’est leur rendaient la pareille.

Dans le même registre, on lira Jeux olympiques : un siècle de passions, de Patrick Clastres aux éditions Les quatre chemins. Aussi, Un siècle d’olympisme : les JO de 1896 à nos jours, de Geoffroy Deffrennes chez La Renaissance du Livre, un ouvrage qui entend replacer chaque édition dans son contexte local et politique. Sinon, afin de rappeler la mémoire des oubliés de l’olympisme, on lira Les hommes libres et l’Olympe de Fabrice Delsahut.

Dans la catégorie des petits ouvrages qui vont à l’essentiel, on notera dans la collection «Découvertes Gallimard» Jeux olympiques : la flamme de l’exploit, de Françoise Hache-Bissette. Sur les Jeux de l’Antiquité, on lira avec intérêt ce livre d’une sommité en la matière, 1000 ans de Jeux olympiques, 776 av. J.-C./2621 ap. J.-C., aux éditions Perrin. Et pour un miscellanée amusant de l’olympisme, on lira l’ouvrage de Béatrice Dugué et Nicolas Fauveau, Petite anthologie du sport et de l’olympisme.

En ce qui concerne les biographies, impossible de passer à côté du père des Jeux olympiques modernes, Pierre de Coubertin, personnage non conformiste s’il en est un ! Pour prendre la pleine mesure de l’homme, on lira l’imposante biographie de Daniel Bermond intitulée simplement Pierre de Coubertin, aux éditions Perrin. Se basant entre autres sur les archives familiales du Baron, il plonge dans ce qui fut pour cet aristocrate le combat d’une vie. Mais le parcours de celui qu’on présente comme l’un des plus grands promoteurs de l’activité sportive en est aussi un marqué par les contradictions, et un état d’esprit bien de son temps. Ses déclarations ont parfois fait de lui un défenseur des peuples colonisés, mais aussi de la mission civilisatrice de l’homme blanc ! Aussi, ses prises de position à l’égard des femmes auraient de quoi faire bondir même les féministes les plus modérées… Et c’est sans oublier, la veille de sa mort, l’appui indéfectible qu’il maintint envers la tenue des Jeux olympiques de Berlin de 1936 !

Finalement, pour les nostalgiques des Jeux de Montréal, on pourra toujours se ressasser les exploits de la Roumaine Nadia Comaneci, avec la biographie que lui a consacré Réjean Tremblay aux éditions La Presse.

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JO nostalgie : l’album d’une passion, Bernard Morlino, Hors Collection, 111 p.
Les Jeux olympiques : d’Athènes à Athènes, 1896-2004, (coffret 2 vol.), L’équipe, 559 p.
Le monde olympique, Peter Murray, Grund, 192 p.
Histoires des Jeux olympiques : de Zeus à Pékin, Jean-Paul Brouchon, Jacob-Duvernet, 188 p.
Jeux olympiques : un siècle de passions, Patrick Clastres, Les quatre chemins, coll. «L’invention du sport», 123 p.
Un siècle d’olympisme : les JO de 1896 à nos jours, Geoffroy Deffrennes, La Renaissance du livre, coll. «Les beaux livres du patrimoine», 341 p.
Les hommes libres et l’Olympe, Fabrice Delsahut, L’Harmattan, coll. «Espaces et temps du sport», 192 p.
Jeux olympiques : la flamme de l’exploit, Françoise Hache-Bissette, Gallimard, coll. «Découvertes Gallimard», 159 p.
1000 ans de Jeux olympiques, 776 av. J.-C./2621 ap. J.-C., Moses I. Finley et H.W. Pleket, Perrin, coll. «Tempus», 217 p.
Petite anthologie du sport et de l’olympisme, Béatrice Dugué et Nicolas Fauveau, City, coll. «Documents», 208 p.
Pierre de Coubertin, Daniel Bermond, Perrin, coll. «Biographies», 429 p.
Nadia, Réjean Tremblay, La Presse, 96 p.

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Côté bandes dessinées, quelques biographies valent le détour. Marcel Couchaux, autrefois connu sous le nom de Coucho lorsqu’il publiait dans les pages de Pilote ou de Fluide Glacial au début des années 80, fait un retour à la BD en 2006 avec Zatopek - Les années Mimoun, ouvrage autobiographique où il remonte aux origines de son goût pour le sport, en y superposant les destins de ses deux idoles de jeunesse, les redoutables coureurs Emil Zatopek et Alain Mimoun.

L’Américain James Sturm s’était déjà frotté au baseball en imaginant dans Le swing du golem l’étonnant parcours d’une équipe juive dans les États-Unis des années 20. L’an dernier, avec Black Star, il s’attelait à la figure héroïque de Satchel Paige, ce lanceur tout-étoile des ligues nègres à la motion si particulière ! Dans ces deux œuvres de Sturm, les enjeux des matchs sont dynamisée par le sombre atmosphère de ségrégation raciale en toile de fond…

C’est également la figure du racisme qui grimace dans Championzé, le surprenant portrait de Battling Siki, qui devint en 1922 le premier Africain champion du monde de boxe. La vie aura été ingrate pour ce Sénégalais d’origine, exhibé comme singe savant ou bête de foire, et n’ayant jamais réussi à être reconnu dans la métropole française, même après avoir battu à plate couture l’intouchable Georges Carpentier.

Puis dans 199 combats, c’est le scénariste Jean-Blaise Djian lui-même qui va rencontrer l’Arménien Michel Papazian, autre boxeur méconnu ayant pourtant été lui aussi, dans les années 50 cette fois, le plus talentueux de sa génération. Mais sa vie fut broyée par les remous de l’Histoire et l’URSS de Staline… Un témoignage à hauteur d’homme qui vous envoie au tapis ! (EB)

Zatopek - Les années Mimoun, Marcel Couchaux, 6 pieds sous terre, 52 p.
Black Star, Rich Tommaso et James Sturm, Delcourt, 90 p.
Championzé, Eddy Vaccaro et Aurélien Ducoudray, Futuropolis, 117 p.
199 combats, Nicolas Brachet, Jean-Blaise Djian et Michel Papazian, Emmanuel Proust, 56 p.

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Et pour les plus jeunes ? Il semble que la boxe détienne également une place de choix au sein de la littérature jeunesse… Si on ne peut qu’être ravis par les somptueuses illustrations de François Roca célébrant la légende de Cassius Clay (Mohamed Ali, champion du monde), on sera déchiré par Champion, la funeste histoire de VictorYoung Perez, pugiliste ayant traversé l’enfer d’Auschwitz, dans laquelle l’auteur Gilles Rapaport assène ses coups de pinceaux comme des directs au lecteur…

Mohamed Ali, champion du monde, Jonah Winter, ill. de François Roca, Albin Michel jeunesse, 37 p.
Champion, Gilles Rapaport, Circonflexe, 32 p.

(avec la participation d’Eric Bouchard)



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